La Fille du train de Paula HAWKINS

Synopsis:

Depuis la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller et revenir de Londres. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe une jolie maison. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants qu’elle aperçoit derrière la vitre : Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait, heureux, comme Rachel a pu l’être par le passé avec son mari, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte. Mais un matin, elle découvre un autre homme que Jason à la fenêtre. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…

Critiques:

Avec ce premier livre, Paula Hawkins ne révolutionne pas le thriller. Vous y trouverez un mort, une enquête et un meurtrier, le tout dans un dénouement assez prévisible. Rien qui ne change les codes. Alors pourquoi un succès aussi impressionnant ? Sa force, La fille du train le doit à ton son aspect psychologique et humain, à ses personnages dont cette fille dans le train, Rachel. L’enquête n’est qu’un prétexte pour nous parler de Monsieur et Madame tout le monde. Le sujet du livre, c’est eux, c’est vous, c’est nous avec nos façades parfaites et nos sombres secrets.

La narration originale de La fille du train s’effectue à trois voix, celles de Rachel, Megan et Anna. Trois femmes que tout semble opposer mais qui vont être unies par une ville, son train et son meurtre (et d’autres choses que nous découvrirons au fil des pages). Avec une répartition de la parole bien construite, elles vont, l’une après l’autre, nous donner leurs points de vue, nous révélant leurs pensées les plus intimes sur les événements du livre.

Et cette proximité va nous révéler trois femmes toute aussi antipathique l’une que l’autre. Mais Paula Hawkins réussie à les rendre humaines, surtout Rachel. A vrai dire, je me suis même retrouvée en elle (sans les canettes de Gin tonic dans le sac) : une femme pas parfaite qui veut juste bien faire les choses. Pourtant, Rachel a vraiment tout pour déplaire : alcoolique, divorcée, chômeuse, squatteuse, menteuse et trop curieuse. Vraiment l’inverse d’un portrait idyllique. L’anti-héroïne par excellence. Celle, paradoxalement, à laquelle nous finissons par nous y attacher. Et Megan et Anna ne sont pas mieux.
Mais Rachel est malade, très malade. Ca n’excuse rien, bien au contraire. Sa dépression et son alcoolisme atteignent leur paroxysme la nuit du meurtre de Megan. Victime d’un grave black-out, Rachel ne se souviendra de rien. Paula Hawkins va jouer avec la mémoire de Rachel comme elle joue avec le lecteur. Entre fausses pistes et rebondissements, l’auteur fait monter la tension et vient rythmer l’intrigue de La fille du train.

L’écriture hyper réaliste de Paula Hawkins va donc vous captiver. Qui a tué Megan ? Qui sont vraiment les trois héroïnes ? Quel est le lien ? Rachel va-t-elle se souvenir ? Tout un tas de questions qui vous tiendra sans difficulté en haleine. Mais des réponses qui auront aussi comme effet de vous rappeler que quelque part, nous sommes tous un peu voyeur dans l’âme.

Note : 8/10

celine-online_la-fille-du-train_paula-hawkins_couverture

Laisser un commentaire