L’histoire : Alec Deeran est un mercenaire. Accompagné de son dragon, et d’une étrange succube à laquelle il s’est lié il y a des années de cela, il se retrouve mêlé à une histoire d’enlèvement : celui du fils de la reine de Redfelt, son ancienne maîtresse. Quand l’épée mystique Magoris, connue pour retenir en elle les âmes des dragons qui ont essayé de renverser le royaume, est demandée en rançon, l’affaire se corse quelque peu.
Mon avis : Erik Wietzel a d’abord pour lui d’être un auteur français, s’attaquant à un univers classique, plus souvent connu pour être un territoire anglo-saxon. Magicien, passage à l’âge adulte, enfance corrompue, dragons et peuples nomades… Une histoire de reine au fort caractère, mais aussi mère aimante, et d’un homme décidé à vivre seul, sur la route, un gitan qui éprouve pourtant des sentiments pour cette dernière.
Alors, le scénario est effectivement assez téléphoné. Mais certaines apparitions sont pourtant assez intéressantes, comme la succube, Shen Sey, qui accompagne notre héros. Certes, elle est agaçante, dans ce rôle de « fais-moi l’amour » « j’ai pas envie » « t’as pas le choix » « alors ok ». Mais c’est un personnage secondaire assez mystérieux, et intrigant, avec ses failles et un rôle nuancé, ni bonne ni mauvaise. Autre défaut, peut-être, les facilités romanesques, de qui tombe amoureux de qui. Ce qui est fait dans le choix de narrer un récit relativement court et classique. Ça se bastonne dans tous les sens, lancer de couteaux ou de jeux de flammes, trahison et amour, cruauté et quête…
Car oui, on passe d’un personnage à un autre, d’une quête dans une quête, de rebondissement en rebondissement. L’univers reste assez peu expliqué. Au détour d’une phrase, nous pouvons comprendre les relations de Redfelt avec ses voisins, l’art d’une magie ou d’un peuple nomade. Mais cela signifie aussi que c’est assez simplifié, et on manque un peu de relief. On dirait une nouvelle, extraite d’un récit plus vaste, hanté de contes et de légendes. Ou plutôt une esquisse, d’un univers bien plus grand. Bref, une mise en bouche, agréable et rapide à lire, mais qui manque peut-être de champs.
Note 7/10
