Un verre de colère (23 février 2017) de Nassar,Raduan

« Je restai à l’attendre déjà tendu et prêt, savourant en silence le coton du drap qui me couvrait, et bientôt je fermais les yeux pensant aux artifices que j’emploierais (parmi tous ceux que je connaissais), et sur ce je repassais seul dans ma tête tant de choses que nous faisions, comment elle vibrait aux signes initiaux de ma bouche et à l’éclat que je forgeais dans mes yeux où je faisais affleurer ce qui existait en moi de plus louche et de plus sordide, sachant qu’elle, transportée par mon envers, devrait crier : c’est ce salaud que j’aime ». Raduan Nassar a publié trois livres avant d’abandonner la littérature au début des années 1980. En 2016, il a reçu le prix Camões, le plus prestigieux prix littéraire de la langue portugaise. Roman devenu culte au Brésil et redécouvert dans le monde entier, Un verre de colère est un bijou – indiscret – d’ingéniosité.

Chronique :  Le récit de Nassar brosse le portrait d’une femme aux multiples facettes, allant du désintéressement total à la perversité la plus noire, qui vit dans un monde qu’elle s’est aménagé au milieu des autres, qu’elle aide de toutes ses forces et de toutes les manières possibles, mais où elle restera définitivement seule. Un étrange récit, écrit avec une grande finesse et une profonde connaissance de l’âme humaine, qui laisse cependant un goût amer.

Note : 8/10

 

  • Poche: 96 pages
  • Editeur : Folio (23 février 2017)
  • Collection : Folio

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D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds (2 février 2017) de Stefánsson,Jón Kalman

«Était-ce ce qu’il venait de vivre en mer, était-ce pour cette raison qu’il ne voyait vraiment Margrét que maintenant ? Il peinait tant à détacher d’elle son regard qu’il s’était entaillé la main gauche avec le couteau. Une coupure profonde. Le sang avait coloré la lame avant de goutter sur le poisson. Il avait levé la tête vers Margrét. Ils s’étaient regardés droit dans les yeux, le sang coulait, c’était septembre, les montagnes parsemées d’entailles avaient blanchi en une nuit, le voile de neige qui les couvrait était si léger qu’il ne parvenait pas à adoucir les arêtes acérées et leur colère noire.» À travers trois générations, le portrait d’une Islande sauvage, âpre et nostalgique se dessine. On y croise Ari, éditeur exilé au Danemark, et le douloureux souvenir de sa mère ; son grand-père Oddur, capitaine courageux, mais aussi sa grand-mère Margrét, à la sensualité rare. Au croisement de la folie et de l’érotisme, la plume de Jón Kalman Stefánsson nous saisit, avec simplicité, de toute sa beauté.

Chronique : Quitter l’Islande à tout prix, à n’importe quel prix…pour mieux y revenir quelques années après, transformé.
Ari, au passé lourd, a quitté son île natale, pour se rendre à Copenhague, pensant y retrouver l’apaisement. Meurtri, en pleine crise de la cinquantaine, il m’éloigne des siens, espérant reconstruire une vie meilleure. Mais la capitale danoise n’aura pas raison de ses angoisses. Son exil salutaire ne sera pas à la hauteur de ses espérances. Mélancolique, nostalgique, il retournera à Keklavik.
Le climat cruel, le déchaînement des éléments, l’isolement et la solitude donnent du corps au récit des auteurs nordiques. Les ténèbres assombrissent les émotions et déchaînent les passions. L’absence de chaleur, le manque de divertissement, la météo hostile contraignent les Islandais au repli sur soi. L’alcool est une porte de sortie, la seule distraction des endroits reculés du monde. Les communautés sont réduites. Les habitants donnent l’image d’êtres étouffés, à bout de souffle, sans espoir d’avenir meilleur. Cette saga sur 3 générations a la puissance narrative des plus grands auteurs scandinaves.

Note : 9/10

 

  • Poche: 480 pages
  • Editeur : Folio (2 février 2017)
  • Collection : Folio

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Guerre et Térébenthine (23 février 2017) de Stefan Hertmans

Quand Stefan Hertmans entreprend la lecture des centaines de pages de notes laissées par son grand-père, il comprend que cette vie-là vaut la peine d’être racontée. Une enfance très pauvre à Gand, le rêve de devenir peintre, puis la césure indélébile de la Grande Guerre dans les tranchées de Flandre sont les étapes d’une existence emblématique de tout un siècle. Mais l’histoire d’Urbain Martien ne se réduit pas à ce traumatisme. Panorama puissant du siècle dernier, Guerre et Térébenthine est aussi une poignante saga familiale et le récit d’une passion.

Chronique : Rédigé en flamand, mais depuis traduit dans de nombreuses langues, « Guerre et térébenthine » est l’histoire d’un grand-père, racontée par son petit-fils sur base de récits, de notes, de documents divers retrouvés par cet homme qui réalise, en 2014, combien la vie de son grand-père vaut la peine d’être contée.
Sans jamais le rendre compliqué et impossible à suivre, il y a de multiples portes d’entrée, dans ce livre. On peut l’aborder sous l’angle de la filiation et des transmissions de savoir et savoir-être qui passent de génération en génération L’auteur nous parle d’un grand-père qui, en 1914 n’était qu’un enfant de quelque 17-19 ans, devenu brusquement adulte par sa confrontation à l’engagement au front de la Grande Guerre. Pas du tout inintéressante de réaliser qu’à l’époque, l’adolescence n’avait pas encore été inventée. Prenant et dérangeant de réaliser combien fut brutal l’entrée en âge adulte pour ces mômes envoyés à la boucherie, au nom d’un patriotisme continuellement rappelé par les officiers qui donnaient des ordres… parfois de très loin et sans grands risques pour eux.
Une autre entrée est ce regard sur le mépris avec lequel les officiers francophones donnaient des ordres aux fantassins flamands, les moquant, les humiliants et donnants, par là, une raison valable au flamandisme qui allait se développer jusqu’au radicalisme actuel de certains de nos chantres politiques belges. Nos querelles, bien Belges, entre certains « Flamands et Wallons' » ont des racines trempées dans cet humus humain qui a été enseveli dans les tranchées des plaines flamandes et des eaux croupissantes de l’Yser.
Une troisième porte d’entrée, royale celle-là, est l’évolution des techniques et modes de vie des peintres, restaurateurs de fresques ou copistes, ou encore, artistes créateurs picturaux. Les descriptions des métiers du pinceau et de la capacité des peintres à appréhender le monde, dans ses joies comme dans ses peines, occupent une belle place dans ce récit.
Encore plus grande est la place réservée à la description détaillée des conditions de vie dans les tranchées, de l’âpreté des combats, la désuétude des soins et les convalescences qui n’étaient que des intermèdes entre deux retours au front, deux retours en enfer!
Un livre qui ouvre à une réflexion et, cependant, offre un moment de détente, de bonheur au lecteur.

 

  • Poche: 432 pages
  • Editeur : Folio (23 février 2017)
  • Collection : Folio

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Marcovaldo ou Les saisons en ville (16 février 2017) de Calvino,Italo et Rueff,Martin

« Il attendit la chute. Et elle advint : mais ce fut un plongeon de bas en haut. Sur le bord des rapides, en cette saison d’eau basse, des bancs de boue s’étaient accumulés, certains d’entre eux reverdis par de maigres buissons de roseaux et de joncs. La barge s’échoua de toute sa carène plate, faisant sauter toute la cargaison de sable et l’homme qui s’y trouvait enterré. Marcovaldo se trouva projeté dans les airs comme par une catapulte, et à ce moment il vit le fleuve sous lui. Ou plutôt : il ne le vit pas, il vit seulement le grouillement de gens dont le fleuve était plein ». Il appartient à Calvino d’avoir su inventer un personnage pour dire notre rapport aux villes : Marcovaldo, ce pauvre ouvrier dont nous sommes invités à suivre les aventures étonnantes et drôles, pleines de fantaisie, de poésie et de grâce. « Livre pour enfants ? demande Calvino. Livre pour jeunes lecteurs ? Livre pour grands ? ». En tout cas, livre pour tous et livre pour aujourd’hui.

Chronique : Nous nous retrouvons avec ce livre dans le monde de Charlot et de Hulot… poésie… le travail en tant que mal nécessaire, avec résignation, avec constance… la vie coule entre les doigts comme du sable… et… l’imagination ! la créativité! la fuite de l’esprit dans le monde imaginaire! …
Ce livre dont les chapitres quasiment indépendants mais dont la somme montre le rythme monotone, lourd évolue quelque part entre le rêve et l’imaginaire, en évitant aussi soigneusement la grande aventure que son auteur les excès de style. Avec cette œuvre inclassable et pleine d’humour, Calvino démontre qu’il y a de l’intérêt, et pour tout dire, de la poésie en toutes choses.

Note : 8/10

 

  • Broché: 240 pages
  • Editeur : Folio (16 février 2017)
  • Collection : Folio

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Archibald tome 3 : Opération Trolls !1 mars 2017) de Kim Hyun-Min

Trois jeunes Trolls échappent à une horde de Gobelins et se réfugient chez nos héros. Ils ont
grand besoin d’aide ! Pour Monk et Archibald, nos apprentis détectives, c’est le début d une nouvelle aventure.
Alors que Monk flaire la douce odeur de l’or, ils
s’enfoncent dans les entrailles de la Terre à la
recherche d’une mine où les pauvres Trolls travaillent, sous la menace de cruels Gobelins. À leur tête règne le terrible Tounk, qu’Archibald devra affronter en combat singulier !

Chronique : Voici le retour d’ Archibald qui est un jeune garçon solitaire, amateur d’enquêtes, de monstres . Cette histoire peut ce lire indépendamment du tome 2. Avec ses mystères, Trolls, chien borgne qui parle, accessoires ensorcelés, magie, enquêtes et indices, Archibald tous les ingrédients pour les séduire: le trait cartoonesque digne des Scoubidou , des couleurs vives, avec un superbe dessin rond et expressif;  un univers peuplé de monstres et de magie, le duo atypique et bien entendu l’énigme à résoudre.           Un scénario fluide, dynamique pour un troisième tome réussi et qui on espère parti vers un quatrième.

Note : 9/10

 

  • Album: 48 pages
  • Editeur : SARBACANE (1 mars 2017)
  • Collection : BD Jeunesse

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Cinémonstres : L’abominable Docteur Mouche (1 mars 2017) de Stéphane Tamaillon et Laurent Audouin

Brooks, la fille du célèbre réalisateur Harry Hausen, et son ami Pikwik le ouistiti atterrissent avec toute l’équipe en Transylvanie pour tourner un film sur Frankenstein. Dès le début, l’ambiance est lugubre. En principe, c’est le professeur Peekaboo qui doit les recevoir dans son manoir… mais de Peekaboo, point. À la place, un bossu nommé Igor (sosie à pleurer de rire de Marty Feldman dans Frankenstein Junior) les entraîne dans de sombres corridors… D’étranges expériences se préparent et
Brooks va devoir sauver la situation !

Chronique : Troisième tome de Ciné Monstres  de  Stéphane Tamaillon et Laurent Audouin qui nous amène en plein dans l’horreur.Toujours remplis de références les parents reconnaîtront le film qui a inspiré cette aventure : La Mouche quant aux plus jeunes, ils auront tout simplement le plaisir de découvrir une histoire complètement folle, une jeune héroïne pleine de courage qui est de retour, des adultes colériques, trouillards et pas très débrouillards, et un bossu nu nom d’Igor et un professeur  pas net… Cette suite ravira les amateurs de mystère et d’horreur. L’écriture de Stéphane Tamaillon est efficace et énergique, les jeux de typographies et de bulles façon BD donnent encore plus de pep’s et les inventions de mots du père de Brooks enrichissent l’humour déjà bien présent de l’histoire et des personnages. Les illustrations de Laurent Audouin, riches et colorées, souvent en pleine page, se marient parfaitement. Un duo qui fonctionne à merveille et que l’on a hâte de retrouver pour un tome 4.

Note : 9,5/10

 

  • Album: 48 pages
  • Tranche d’âges: 3 années et plus
  • Editeur : SARBACANE (1 mars 2017)
  • Collection : Cinémonstres

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Son Chat-chat à sa Chouchoute (1 mars 2017) de Agnès de Lestrade et Clothilde Delacroix

Sa Chouchoute vit bien tranquille dans sa maison : elle adore ses bégonias, pétunias, hortensias. Et Maurice et Germaine, ses poissons rouges. Elle n’invite jamais personne, ah ça surtout pas !
Mais un beau jour, un chat-chat tombe dans le jardin de sa Chouchoute. Et vas-y que je te piétine les pétunias, et vas-y que j’affole les poissons rouges et que je dégouline sur le tapis et que je griffe le canapé… Sa Chouchoute est furieuse!
D’autant que chaque jour, ça recommence. Et puis un matin, plus rien. D’abord soulagée, Chouchoute commence à regretter le malappris.

Chronique : Son Chat-chat à sa Chouchoute de Agnès de Lestrade et Clothilde Delacroix est une histoire attachante, on accroche de suite aux illustrations. Ici il n’y a  que trois couleurs : le blanc de la page, le noir des lignes et les quelques touches de rose par-ci par-là.Cet album raconte la belle histoire d’amitié entre un chat et sa maîtresse. Leur complicité, leur quotidien où chaque activité est réalisée à deux. Et puisn un matin plus rien… Rassurez-vous, le récit se termine bien, dans la joie et les léchouilles ! Il y a peu de texte, si bien qu’une fois l’histoire lue avec les parents, l’enfant peut recommencer seul et ré-écrire l’histoire à son goût.

Note : 9,5/10

 

  • Album: 48 pages
  • Tranche d’âges: 3 années et plus
  • Editeur : SARBACANE (1 mars 2017)
  • Collection : ALBUMS (HORS CO

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Qu’est-ce que tu fabriques ? (1 mars 2017) de Blanquart Audrey et Roque Justin

En une centaine de pages, des activités simples ou plus élaborées sont présentées par des enfants d’âge varié, photographiés en situation. Pour les créations les plus pointues, afin d’assurer un rendu final impeccable, des formes graphiques aux motifs flashy et modernes sont proposées sous forme de cartes détachables/paper toys : pas besoin de découper !
Autant d’idées pour se bricoler de bons moments ensemble. Et c’est facile : dès 6 ans !

Chronique : Les Éditions Sarbacane nous offrent un magnifique livre de Blanquart Audrey et Roque Justin conçu pour jouer et grandir afin d’encourager la motricité fine, l’observation et la déduction à un âge ou apprendre passe par l’action et le toucher;  ce livre leur propose d’expérimenter leur motricité en jouant à des activités simples .Grâce aux 46 cartes à détacher l’enfant pourra s’amuser à créer de nouvelles idées de bricolage et peut faire marcher son imagination et créer ce qu’il souhaite selon son désir. !Les illustrations sont très jolies et pleines de couleurs.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 88 pages
  • Editeur : SARBACANE (1 mars 2017)
  • Collection : ACTIVITES

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La Coccinelle – Haikus pour les enfants (1 mars 2017) de Patrick Gillet et Toni Demuro

C’est l’histoire d’un petit coléoptère, la coccinelle
à 7 points, la bête à bon Dieu, fameux
porte-bonheur… sous forme de 28 haïkus
drôles et accessibles, à hauteur d’enfant dès 3
ans. Une narration légère relie ces minipoèmes entre eux, illustrés de peintures à la texture fine comme de la soie.

Chronique :  Qu’est ce que le haiku ?
Suffit-il de dire que, conformément à la tradition japonaise, le haiku respecte une contrainte syllabique selon le schéma: 5/7/5 ? Que les 17 syllabes du poème le plus court du monde marquent le temps d’une respiration, d’un souffle? Que les nombres impairs y expriment la suspension et l’inachèvement? Ou encore que le Haiku suggère une saison, de façon plus ou moins implicite, au moyen d’un mot de saison (kigo) ou d’une évocation subtile?
Patrick Gillet et Toni Demuro nous offre haïkus qui va vous permettre de découvrir vous et vos enfant sur le thème de la coccinelle  de belles créations poétique  et, qui sait, partagerez peut-être le temps d’un éclair les sentiments, impressions ou images qu’y décelaient leurs auteurs. Le haiku est en effet une forme artistique que chacun pourra aborder, sans autre formation que son ouverture sur le monde et les mots.
Ne vous passez pas de ces quelques pages,et vivez mot près mot ces véritables instantanés de vie. Tout simplement.

Note : 9/10

 

  • Album: 64 pages
  • Tranche d’âges: 3 années et plus
  • Editeur : SARBACANE (1 mars 2017)
  • Collection : ALBUMS (HORS CO

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Les Formes Atelier Montessori (9 mars 2017) de Bobby George et June George

Ce livre n’est pas un livre sur les formes comme les autres ! Il est basé sur la pédagogie Montessori qui connait un grand succès depuis plus d’un siècle. La méthode ? Partir du concret pour aller vers l’abstrait.

Chronique : Bobby George et June George nous offre un superbe livre sur les formes pour aider les plus petits dans leurs apprentissage. Un régale pour les parents et les enfants. Mais il est vrai que si vous acheter ce livre pour « apprendre » les formes aux enfants on à le cercle, carré, triangle, hexagone… fait découvrir les formes, le tracé et nom des basiques… et surtout, il plait! Complémentaire avec les chiffres pour l’apporche Montessori.

Note : 9,5/10

  • Broché: 20 pages
  • Editeur : De la Martinière jeunesse (9 mars 2017)
  • Collection : LIVRES ACTIVITE

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