Drone De Simon Bouisson | Par Simon Bouisson, Fanny Burdino Avec Marion Barbeau, Eugénie Derouand, Cédric Kahn

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Une nuit, Émilie, une jeune étudiante, remarque qu’un drone silencieux l’observe à la fenêtre de son appartement.

Simon Bouisson, connu pour ses explorations du numérique et de ses dérives, signe avec Drone un thriller psychologique ancré dans notre époque ultra-connectée. À travers le regard d’Émilie (Marion Barbeau), une étudiante qui voit sa vie envahie par une présence invisible mais omniprésente, le film joue sur une tension progressive qui transforme la fascination en terreur.

Une angoisse subtile et contemporaine

L’idée de départ est aussi simple qu’efficace : un drone anonyme qui observe une jeune femme. D’abord perçu comme un élément anodin, presque bienveillant, il devient peu à peu un outil de harcèlement, une menace sourde qui grandit dans l’ombre. Bouisson tisse une atmosphère oppressante où la frontière entre sécurité et intrusion s’efface lentement. Le spectateur, comme Émilie, oscille entre paranoïa et réalité, se demandant si la menace est véritable ou si elle découle d’une angoisse intérieure.

Une mise en scène immersive

La réalisation joue sur une mise en scène minimaliste mais redoutablement efficace. Plans serrés, angles de vue subjectifs, bruits mécaniques feutrés : tout contribue à instaurer une tension latente. La présence du drone, souvent filmé à hauteur d’œil ou en plongée, évoque un regard omniscient qui ne quitte jamais sa cible. Cette sensation d’être traqué sans pouvoir identifier son bourreau confère au film une atmosphère proche du cauchemar éveillé.

Un propos fort sur notre rapport à la surveillance

Au-delà du thriller, Drone pose des questions troublantes sur notre époque. Dans un monde où caméras de surveillance, objets connectés et IA infiltrent chaque recoin de notre quotidien, jusqu’où s’étend réellement notre vie privée ? Le film interroge le consentement, la traçabilité de nos mouvements et la manière dont la technologie, censée nous protéger, peut devenir une arme contre nous.

Une performance habitée

Marion Barbeau, révélée dans En corps de Cédric Klapisch, livre ici une interprétation captivante. Son jeu, tout en retenue et en fragilité, donne corps à cette spirale anxiogène. Face à elle, Cédric Kahn incarne un rôle mystérieux, ajoutant une couche supplémentaire de tension à l’intrigue.

Un film efficace, mais qui aurait pu aller plus loin

Si Drone réussit à installer un climat inquiétant, il lui manque peut-être une montée en puissance plus marquée dans son dernier acte. Certains spectateurs pourraient rester sur leur faim, espérant un final plus percutant ou une révélation plus audacieuse. Cependant, la force du film réside dans son réalisme : l’horreur n’a pas besoin d’effusion de sang pour être terrifiante.

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