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C’est une petite victoire pour les animaux : le dictateur Silvio a dû se résoudre à organiser un vote… et donc peut-être à remettre son mandat en jeu !
Avec Le Sang du Roi, Xavier Dorison et Félix Delep signent un final éblouissant à leur réinterprétation moderne de La Ferme des animaux. En quatre volumes, la série s’est imposée comme l’une des bandes dessinées les plus fortes de la décennie, un récit politique aussi limpide que bouleversant, où l’allégorie animale transcende son cadre pour toucher au cœur de notre époque.
Ce dernier tome s’ouvre sur une première fissure dans le règne du taureau-despote Silvio : contraint d’organiser un vote, il est pour la première fois obligé de jouer selon des règles qui ne sont pas les siennes. Bien sûr, rien n’est jamais simple au Château : intimidation, manipulation, coups bas… le tyran n’a pas l’intention de céder son pouvoir sans combattre. La campagne qui s’engage est aussi violente que déloyale, et rappelle avec une acuité glaçante la grande mécanique de toute dictature en bout de course.
En face, le Mouvement des Marguerites rassemble ses forces. Miss B, César et Azélar incarnent trois figures essentielles de la résistance : la détermination, la justice et le courage moral. Dorison met en scène avec une finesse rare la stratégie de la désobéissance civile : comment se révolter sans se renier ? Comment résister quand l’ennemi maîtrise la peur, les armes et la propagande ? Comment rallier un peuple brisé ?
Le scénario livre un récit tendu, profondément humain — ou plutôt profondément animal — où l’émotion et la politique avancent main dans la patte. Rien n’est manichéen, tout est juste.
Côté dessin, Félix Delep atteint des sommets. Son trait, d’une expressivité stupéfiante, transforme chaque regard en combat, chaque silence en cri. Les scènes de foule, les moments d’intimité, la rage et l’espoir… tout est d’une puissance visuelle rare. Les planches débordent de vie, d’instinct, d’énergie. Un prodige, tout simplement.
Le message du diptyque final s’impose alors avec force :
la liberté ne s’arrache pas par la violence, mais par la persévérance, l’unité et la dignité retrouvée.
Le Château des Animaux ne se contente pas de rendre hommage à Orwell — il le prolonge, le réinvente, le rend brûlant d’actualité. Une BD politique, sensible, nécessaire, qui rappelle que les contes sont parfois le miroir le plus honnête de nos sociétés.
Éditeur : CASTERMAN Date de publication : 12 novembre 2025 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 96 pages ISBN-10 : 2203235276 ISBN-13 : 978-2203235274
