NONAME – Tome 1 de Rafal Jaki (Auteur), Machine Gamu (Dessins)

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Dans un monde où le prénom d’une personne détermine ses pouvoirs, Ralf et Ursula travaillent pour le Nordic Name Bureau (NNB), chargé de contrôler ceux qui les attribuent.

Avec NONAME, Rafal Jaki — déjà remarqué pour son sens aigu des univers dystopiques — livre un premier tome aussi conceptuel que viscéral, porté par une idée forte : dans ce monde, le prénom détermine les pouvoirs, la destinée et parfois même la place sociale.

Un simple mot devient identité, arme ou condamnation.

Dans cette société régie par l’onomancie, le Nordic Name Bureau (NNB) agit comme une autorité de contrôle. Son rôle : surveiller ceux qui attribuent les prénoms, prévenir les abus et maintenir un fragile équilibre entre les individus. C’est au sein de cette institution que travaillent Ralf et Ursula, deux enquêteurs que tout oppose, mais unis par une même lassitude face à un système qu’ils servent sans vraiment y croire.

Lorsqu’ils sont appelés à enquêter sur la disparition inexpliquée d’une mère et de son enfant, l’affaire semble d’abord banale. Mais très vite, la piste mène à un homme nommé Bodil — un prénom chargé de symboles et de conséquences. À partir de cette rencontre, le récit bascule dans une spirale plus sombre, où chaque nom cache une vérité, et où l’identité devient une prison.

Le manga déploie alors une réflexion vertigineuse sur la fatalité sociale, la transmission et le poids du langage. NONAME interroge ce que signifie être nommé, étiqueté, défini avant même d’avoir choisi qui l’on est. Le prénom n’est plus un héritage affectif : il devient un verdict.

Graphiquement, Machine Gamu impressionne par un trait nerveux et anguleux, parfois brutal, qui épouse parfaitement l’atmosphère froide et bureaucratique du récit. Les décors urbains, massifs et oppressants, évoquent une Europe du Nord dystopique, entre brutalité industrielle et mysticisme ancien. Les visages marqués, presque sculptés, renforcent le sentiment d’un monde figé où chacun porte sur lui le poids de son nom.

La narration, volontairement dense, refuse toute facilité. Le lecteur avance à tâtons, comme les enquêteurs eux-mêmes, découvrant peu à peu les règles de ce monde inquiétant. Cette exigence renforce l’immersion et donne au récit une vraie maturité, rare pour un premier tome.

Mais NONAME ne se contente pas d’un concept brillant. Il s’attache aussi à ses personnages, à leurs failles, à leurs doutes. Ralf incarne l’obéissance fatiguée ; Ursula, la colère contenue. Tous deux évoluent dans un univers où même la rébellion semble déjà écrite à l’avance.

Entre polar surnaturel, dystopie politique et fable philosophique, NONAME – Tome 1 pose les bases d’une série ambitieuse, sombre et profondément contemporaine. Une œuvre qui parle de contrôle social, de déterminisme et de liberté individuelle sans jamais sacrifier le suspense ni l’émotion.

Un manga aussi stimulant qu’inquiétant, qui transforme une simple question — comment t’appelles-tu ? — en interrogation existentielle majeure.

Un premier volume dense, audacieux et prometteur, qui marque une entrée remarquable dans le paysage du manga de genre.

ASIN ‏ : ‎ B0FVDLBR6Z Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 15 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 208 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042020903

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