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Alors que Ralf et Ursula poursuivent leur enquête sur les No Name, Åke, un haut placé du NNB, est assassiné. Un étrange message est retrouvé sur son corps.
Avec ce deuxième tome, NONAME quitte le terrain de l’exposition pour entrer pleinement dans celui du vertige. Là où le premier volume posait les règles d’un monde gouverné par le pouvoir des prénoms, cette suite en explore désormais les failles, les mensonges et la violence systémique.
Ralf et Ursula poursuivent leur enquête sur les mystérieux No Name, ces individus privés d’identité officielle, rejetés hors du cadre légal et devenus l’angle mort du système. Mais l’équilibre déjà fragile du Nordic Name Bureau vacille lorsqu’Åke, l’un de ses membres les plus influents, est retrouvé assassiné. Sur son corps, un message énigmatique laisse entendre que ce meurtre n’est pas un simple acte isolé, mais le symptôme d’une guerre idéologique en train de naître.
À partir de ce point de rupture, le récit prend une ampleur nouvelle. NONAME cesse d’être uniquement une enquête surnaturelle pour devenir un thriller politique, où chaque personnage incarne une position morale face au pouvoir : obéir, détourner les règles, ou les faire exploser.
Ralf, jusqu’ici fonctionnaire loyal malgré ses doutes, commence à soupçonner que la vérité se trouve du côté de ceux que le système qualifie de monstres. Sa quête personnelle le pousse à retrouver une figure du passé, révélant peu à peu que personne, pas même les enquêteurs, n’est innocent dans l’ordre établi.
La grande force de ce tome réside dans sa capacité à complexifier son univers sans jamais le diluer. Les notions de prénom, d’héritage et de destin prennent une dimension plus tragique encore. Le nom n’est plus seulement une source de pouvoir : il devient un instrument de domination sociale, un outil de sélection et d’effacement.
Rafal Jaki affine ici son écriture avec une grande maîtrise. Les dialogues gagnent en gravité, la narration se fait plus tendue, parfois étouffante. Le rythme s’accélère sans perdre sa profondeur, laissant volontairement le lecteur dans une zone d’inconfort permanent. Rien n’est jamais totalement expliqué, et cette part d’ombre nourrit l’intensité du récit.
Visuellement, Machine Gamu poursuit son travail remarquable. Son dessin gagne en contraste, multipliant les jeux d’ombres et les compositions fragmentées. Les visages se déforment sous le poids des révélations, tandis que les décors — couloirs administratifs, zones interdites, rues anonymes — deviennent le reflet d’une société qui se fissure. Chaque planche participe à cette sensation d’effondrement progressif.
Ce tome 2 marque également un basculement émotionnel. L’univers n’est plus observé de l’extérieur : il atteint désormais ses personnages de plein fouet. La frontière entre bourreaux et victimes s’efface, laissant place à une vérité plus dérangeante : le système n’est pas corrompu, il fonctionne exactement comme prévu.
NONAME interroge alors frontalement notre rapport à l’identité, à la normalisation et à la peur de ceux qui échappent aux cases. Que devient un individu lorsqu’il n’a plus de nom ? Est-il libre… ou condamné à l’invisibilité ?
Avec ce deuxième volume, la série confirme son ambition littéraire et politique. Rarement un manga contemporain aura su mêler aussi efficacement concept fantastique, critique sociale et tension narrative.
Un tome dense, sombre et profondément intelligent, qui transforme l’enquête en acte de résistance et annonce une suite où plus rien — ni les noms, ni les institutions, ni les personnages — ne pourra rester intact.
ASIN : B0FVDY98NT Éditeur : Kurokawa Date de publication : 15 janvier 2026 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 192 pages ISBN-13 : 979-1042022006
