Si vous souhaitez comprendre la fin de Lucy, le film de science-fiction réalisé par Luc Besson avec Scarlett Johansson, voici une analyse complète de sa conclusion.
À l’origine, Lucy semble suivre les codes classiques du thriller de vengeance : une jeune étrangère livrée à elle-même dans un pays qu’elle ne connaît pas, kidnappée par un réseau criminel violent à Taïwan, puis brutalement transformée par les circonstances. Mais très vite, le film bascule vers une tout autre dimension.
À mesure que l’intrigue progresse, ce récit de survie devient une fable de science-fiction métaphysique, où l’héroïne acquiert des capacités surhumaines qui dépassent largement le cadre du film d’action traditionnel.
Une ouverture symbolique
Le film s’ouvre sur une séquence marquante : l’apparition de Lucy, l’australopithèque dont le squelette fut découvert en 1974 et souvent considéré comme l’un des plus anciens ancêtres de l’humanité.
Une voix off de Scarlett Johansson accompagne ces images :
« La vie nous a été donnée il y a un milliard d’années. Qu’en avons-nous fait ? »
Dès cette première scène, Lucy annonce son véritable sujet : l’évolution de l’intelligence humaine, bien plus que la vengeance ou le pouvoir.
Que se passe-t-il à la fin de Lucy ?
À la fin du film, Lucy atteint progressivement 100 % de ses capacités cérébrales grâce à la drogue synthétique CPH-4. À ce stade ultime, elle n’est plus soumise aux lois physiques humaines.
Elle commence alors à transcender :
- le temps
- l’espace
- la matière
- la causalité
Son esprit voyage à travers les époques, jusqu’à la préhistoire, où elle se retrouve face à la Lucy originelle.
Dans une scène hautement symbolique, elle tend la main pour toucher celle de son ancêtre, dans une image qui évoque directement La Création d’Adam de Michel-Ange.
Autour d’elle, l’univers se décompose : les cellules se forment, les planètes apparaissent, le temps s’inverse, comme si Lucy observait la naissance et la fin du monde simultanément.
Lucy devient-elle une entité divine ?
Une fois les 100 % atteints, Lucy n’a plus besoin de corps physique. Elle se désintègre progressivement pour ne laisser derrière elle qu’un dispositif noir, sorte de clé universelle contenant l’intégralité de son savoir.
Elle transmet alors au professeur Norman toutes les connaissances accumulées au cours de son évolution.
Ce geste représente :
- la transmission du savoir
- l’héritage de l’humanité
- la possibilité d’une évolution collective
Lucy ne cherche plus à survivre ni à se venger : elle devient un vecteur de connaissance.
Un paradoxe temporel volontaire
La scène du contact entre Lucy et son ancêtre introduit un possible paradoxe temporel.
On peut interpréter cette séquence comme :
- Lucy retournant dans le passé pour insuffler l’intelligence à la première humaine
- ou une simple représentation symbolique de la continuité de la conscience
Le film suggère que le temps n’est pas linéaire, mais dépend entièrement de notre capacité à le percevoir.
Comme Lucy l’explique au professeur Norman :
« Le temps nous paraît réel uniquement parce que nous le vivons de façon limitée. »
Ce qui semble impossible ou paradoxal pour un humain utilisant 10 % de son cerveau devient parfaitement cohérent pour une conscience ayant atteint son plein potentiel.
La signification de la dernière phrase
Dans les toutes dernières secondes, Lucy répète la phrase du début :
« La vie nous a été donnée il y a un milliard d’années. Maintenant, vous savez quoi en faire. »
Cette réplique s’adresse autant au professeur Norman qu’au spectateur.
Elle constitue un appel à la responsabilité humaine :
le savoir n’a de valeur que par ce que l’on choisit d’en faire.
Pourquoi n’y a-t-il jamais eu de Lucy 2 ?
Malgré son immense succès commercial — plus de 460 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget d’environ 40 millions — Lucy n’a jamais connu de suite.
La raison principale tient à sa conclusion :
- Lucy dépasse l’humanité
- devient omniprésente
- fusionne avec le temps et la matière
Il devient alors presque impossible de poursuivre l’histoire sans en annuler le sens.
Plus de dix ans après sa sortie en 2014, aucun projet officiel de Lucy 2 n’a été annoncé par Universal Pictures, malgré l’évident potentiel financier.
Une fin ouverte mais définitive
La fin de Lucy n’est pas conçue comme un cliffhanger, mais comme une élévation philosophique. Le film se termine là où il a commencé : sur la question de l’intelligence humaine et de sa responsabilité.
Lucy n’est plus un personnage —
elle devient une idée.
Une œuvre imparfaite scientifiquement, souvent critiquée pour son postulat des « 10 % du cerveau », mais qui reste une fable métaphysique spectaculaire, assumée et singulière dans le paysage du cinéma de science-fiction.

Nous ne sommes même pas à 1% à ce jour. Pas prêts. Un temps pour tout. Pour le moment, il faut encore apprendre un peu, évoluer. Et la fin sera le début. Ainsi de suite, avec quelques changements.
J’aimeJ’aime