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Au fil des rencontres et des dangers qui ponctuent son voyage, Sid parvient enfin à trouver La Ville.
Avec C’est où, le plus loin d’ici ? – Tome 3, Boss, Rosenberg Tyler et Matthew livrent une conclusion puissante et profondément humaine au premier cycle de cette série de science-fiction dystopique aussi âpre que bouleversante.
Au terme d’un long périple marqué par la fuite, la peur et l’apprentissage de la survie, Sid atteint enfin La Ville, ce lieu presque mythique dont l’existence semblait incertaine. Cette arrivée n’est pas un aboutissement confortable, mais le point de bascule du récit. La Ville révèle peu à peu sa véritable nature : une société organisée, régie par des règles implacables, où l’ordre apparent dissimule une violence plus insidieuse encore. Sid y découvre les raisons de sa différence, ce mal étrange qui transforme son corps, et surtout la place qu’on cherche à lui assigner dans un système qui tolère mal ce qui échappe à la norme.
Le scénario frappe par sa justesse émotionnelle. Sans jamais tomber dans le pathos, le récit explore des thèmes lourds : le contrôle des corps, la peur de l’altérité, la reproduction des violences sociales, mais aussi la transmission, l’attachement et la résistance intime. Sid n’est pas une héroïne idéalisée : elle doute, souffre, se trompe, mais avance, portée par une détermination farouche à protéger ce qui lui reste de plus précieux. Cette humanité fragile fait toute la force du livre.
Graphiquement, l’album maintient une atmosphère oppressante et tendue. Le dessin, sec et expressif, sert parfaitement un univers rude, où chaque décor semble hostile et chaque visage marqué par la fatigue ou la résignation. La mise en scène, très maîtrisée, renforce le sentiment d’urgence et d’enfermement, notamment dans les séquences situées au cœur de La Ville, où l’espace lui-même devient un instrument de domination.
En refermant ce troisième tome, une idée s’impose avec évidence : C’est où, le plus loin d’ici ? n’est pas seulement un récit de fuite géographique, mais une quête existentielle. Ce premier cycle se conclut sur une affirmation forte et lucide : face à des systèmes qui broient, se battre pour sa vie et celle de ses proches est déjà un acte de résistance. Une conclusion dense, courageuse et mémorable, qui confirme la série comme l’une des propositions les plus sensibles et percutantes de la bande dessinée de science-fiction contemporaine.
Éditeur : CASTERMAN Date de publication : 4 février 2026 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 192 pages ISBN-10 : 2203296135 ISBN-13 : 978-2203296138
