Vaisseau d’arcanes d’Adrien Tomas/ éditions Mnémos / 28 août


Sof, jeune infirmière courageuse et intelligente, en a tout à fait conscience lorsque son frère, éminent journaliste à la plume acérée, est frappé par un éclair qui le laisse à peine capable de se déplacer, son esprit à jamais perdu dans les méandres de l’Arcane.

Chronique : Alors que la rentrée se profile à grands pas certains d’entre nous ressentent peut-être le besoin de s’évader loin, très loin de cette morosité ambiante matinée de crise sanitaire persistante. Ça tombe bien l’auteur français Adrien Tomas et les éditions Mnémos nous ont concoctés un voyage dépaysant qui vous laissera le souffle court et les cheveux aux vents.

Précisons tout d’abord que cette série s’inscrit dans un cycle plus large se déroulant dans le même univers que la série engrenages et sortilèges mais peut se lire de manière complètement indépendante. Vaisseau d’arcane sera d’ailleurs une série à suivre sur deux tomes uniquement. Un détail que je trouve fort appréciable car cela n’exigera pas au lecteur un degré d’investissement sur plusieurs années comme nombre de saga fantastique.

Plutôt que d’opter pour une phase d’introduction à l’univers et d’exposition des enjeux, une tactique somme toute classique, l’auteur a choisi de nous plonger immédiatement au cœur de l’action. On fera connaissance avec les personnages plus tard, il s’agit d’abord d’échapper au danger. Pourtant ne vous y tromper pas  un charme certain se dégage de la plume de l’auteur lorsqu’il décrit la ville de Mirwald, une merveille technologique à l’ambiance steampunk savoureuse.

Tout le génie de Tomas est d’avoir su intégrer le portrait de ses personnages à l’intrigue. Ainsi leur caractère se révèle au fil du voyage mouvementé qui est le leur. Sof se révèle plus qu’une simple infirmière désespérée, elle est débrouillarde, instinctive et sait se servir de sa tête. Sa détermination et son courage ont tôt fait de lui ouvrir les portes du panthéon des héroïnes fantastiques. Son frère Solal est plus en retrait dans ce premier tome mais nul doute que l’intrigue lui réserve un rôle prédominant par la suite. Le personnage de Nym est une autre grande réussite. Ses actions sont clairement machiavéliques, calculatrices et mortelles la plupart du temps pourtant il nous est impossible de le détester tant l’auteur le dépeint comme un idéaliste aigrie, persuadé que sa cause est juste. Le gouverneur Gabba do occupe pour sa part le rôle de triste pion, très passif dans ce présent volume, on espère le voir développer un esprit plus retors dans le second volume.

Le seul bémol que je pourrais trouver au choix de l’auteur de nous emporter directement au cœur de l’action est que l’on a du mal à croire au couple formé par Sof et le capitaine Nikolai Magnus. La narration fait que leur romance n’a pas le temps d’exister et ce personnage a du mal à dépasser le cadre du gentil héros brave et confiant. Un défaut mineur au milieu d’un voyage enchanteur et extrêmement bien rythmé.

En plus d’un système de magie complexe oscillant entre don et malédiction, l’auteur a réussi à  bâtir une intrigue politique qui, bien que previsible pour qui a l’habitude de ce genre de récit, se révèle plaisante à suivre. Depuis la saga du trône de fer, j’ai tendance à trouver les intrigues de pouvoir poussives et forcés là il n’en est rien. Le recit se met en place naturellement, bien que je le répète, les twists n’ont rien de renversant non plus.

Une saga rafraîchissante, qui s’adresse à un large public, connaisseur de la fantasy ou curieux qui souhaite s’initier. L’écriture dynamique et fluide de l’auteur permet à des lecteurs de tous âges de s’immerger dans cet univers passionnant.


Je trouve la couverture de toute beauté

  • ISBN-10 : 2354087837
  • ISBN-13 : 978-2354087838
  • Dimensions du produit : 15.5 x 3.3 x 21 cm
  • Éditeur : Mnémos Editions (28 août 2020)
  • Nombres de pages : 380

Terminal 4 d’Hervé Jourdain éditions fleuve noir / 27 août

Hervé Jourdain fait partie de ces anciens flics qui ont échangé l’arme de service contre la plume, avec terminal 4 il signe son sixième polar et semble avoir définitivement trouvé sa place dans le milieu très concurrentiel du polar. Celle d’un conteur de crimes societal aux ramifications complexes.

Une fois la lecture terminée on ne peut que constater que l’auteur maîtrise son intrigue du prologue jusqu’à l’épilogue et ce malgré les multiples pistes empruntée par les enquêteurs tout au long des trois cents pages qui composent l’ouvrage. Grande était ma crainte de voir l’enquête criminelle noyée sous les nombreux thèmes de société qu’il aborde. Mais il n’en est rien, l’auteur parvient à équilibrer parfaitement son intrigue tout en évoquant des thèmes actuels tels que l’écologie, la politique, le business aéronautique, la concurrence déloyale entre taxis et vtc et même le terrorisme. Évidemment tous ces sujets s’entremêlent à travers des fausses pistes et finissent par se rejoindre dans un final qui manque un peu d’éclat mais à le mérite d’être constant et souligne l’aspect procédural de la plume de l’auteur.

La procédure donc, c’est avec cet angle narratif qui peut être rebutant pour certains que l’auteur a décidé de se faire un nom. Cela pourra rappeler Michael Connelly parfois. La plume est factuel, technique aussi et le récit mené à un rythme intense ne contient que peu d’action mais là où Connelly sait à merveille nous faire pénétrer le monde judiciaire et policier, Jourdain ne le fait qu’une fois sur deux. Il prend par exemple le temps de nous expliquer le cas de la minorité ouïghours ou le trafic de civelle mais moins pour nous inviter dans le fonctionnement interne de cette unité de police du bastion. Il manque un élément, des détails sur les procédures qui rythment la vie des hommes en bleus. Détails qui nous permettraient de nous tenir au côtés de ses enquêteurs chevronnés, on a souvent l’impression de rester sur le banc à l’accueil du commissariat au lieu d’embarquer avec eux dans leurs voitures de fonction. C’est d’autant plus dommage que l’enquête et les différents interrogatoires sont passionnants à suivre.

D’un autre côté l’auteur impose un rythme tendu, constamment sur la corde raide, à ses personnages mais aussi à ses lecteurs. Aidée en cela par l’usage immodéré de virgules. Certaines phrases font parfois plusieurs lignes voire un paragraphe entier. On finit parfois la lecture le souffle court. C’est un style qui en vaut un autre, au milieu de ses phrases hachées les personnages dépeint par l’auteur tentent d’exister mais le côté linéaire de la narration empêche à ces deux enquêtrices d’acquérir leurs propres voix malgré les efforts de caractérisation louables de la part de l’auteur. Quant à leur collègue et chef d’équipe Guillaume, son côté bourru et violent offre les seuls moments incohérents de l’intrigue. Ce personnage torturé et à fleur de peau mériterait un développement plus conséquent et subtil mais en l’état il n’offre rien de plus qu’un ressort violent peu convaincant.

Ce polar societal et procédural, malgré un rythme effréné un peu artificiel avec cette profusion de virgules, s’avère extrêmement convaincant tant il remue des sujets délicats qui agitent notre société. L’intrigue part d’un fait divers sordide avant de prendre une tout autre ampleur sans jamais oublier l’aspect humain de l’enquête. Un polar parfait pour tous ceux qui veulent s’informer tout en se divertissant en cette rentrée qui s’annonce mouvementée à bien des niveaux.

Résumé: Aux abords de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, alors que le soleil n’a pas commencé à pointer, les pompiers se démènent pour étouffer les flammes qui ravagent une dizaine de voitures. Ce qu’ils ne savent pas encore, c’est que dans le coffre de l’une d’elles, un cadavre carbonisé les attend…
Lola Rivière et Zoé Dechaume, conduites dans les environs par les hasards d’une autre enquête, arrivent sur place les premières. Déterminées à résoudre cette affaire, les deux jeunes femmes vont rapidement s’apercevoir que l’aéroport est une zone qui cristallise de multiples tensions. Conflits entre taxis et VTC clandestins, militants installés à proximité des pistes pour s’opposer au projet du nouveau terminal, et luttes politico-économiques autour de la pollution atmosphérique générée par l’aéronautique, les enjeux sont nombreux et les fils à démêler ne manquent pas pour atteindre la vérité…

  • Broché : 320 pages
  • Poids de l’article : 399 g
  • ISBN-10 : 2265154628
  • ISBN-13 : 978-2265154629

Ceci n’est pas une chanson d’amour d’Alessandro Robecchi / 20 août 2020

Allez-y monter, n’ayez pas peur, M. Robecchi est un nouveau chauffeur, certes, mais il a l’habitude des rues de Milan et le trajet mouvementé qu’il nous a concocté promet son lot de surprises. N’oubliez pas d’attacher votre ceinture.

Embarquez donc dans ce polar polyphonique où chaque duo de protagonistes pourrait s’apparenter à un véhicule. Notre duo de Gitans vengeurs fait penser à un fourgon utilitaire. Fonctionnel mais efficace pour un travail sanglant qui ne laisse pas de place au hasard, un conseil si vous croisez sa route, changez de voie. Le second duo, constitué de deux assassins aux punchlines aussi percutantes qu’une rafale de mitraillette, pourrait évoquer une voiture italienne alliant prestige, élégance et puissance, une Ferrari Grancabrio par exemple. Enfin le véhicule emprunté par le personnage principal Carlo Monterossi aidé de la journaliste Nadia Federici, aux caractères bien trempé, pourraient être une ancienne voiture italienne, une fiat topolino par exemple. Rien d’éblouissant au premier abord dans la carrosserie mais la pratique a souvent démontré que ces vieilles carrioles en ont encore sous le capot, le démarrage peut-être un peu difficile parfois mais la mécanique est solide.

Voilà donc le voyage proposé par l’auteur dans les rues d’une ville de Milan où la misère côtoie le luxe. Un voyage mené à un rythme intense sans arrêts inutiles mais sans non plus de réelles surprises. La plume de l’auteur, non le moteur plutôt, rugit d’une férocité impitoyable qui ne laisse pas l’occasion de reprendre son souffle tandis que la narration, la carrosserie qui entoure toute cette mécanique, luit d’un humour mordant rappelant les meilleures scènes des tontons flingueurs. Les passagers attentifs remarqueront, ça et là, quelques petits chocs sur cette carrosserie qui sont autant de marques d’une certaine mélancolie qui s’invite parfois dans l’ouvrage, notamment par le biais du personnage de Carlo, moins flamboyant et épicurien que son image de producteur de télévision ne pourrait le laisser penser au départ.

Ce personnage est d’ailleurs le seul vraiment développé, les autres duos faisant plus office de ressort narratif. Ce pauvre bougre, qui se retrouve embarqué malgré lui dans cette folle course-poursuite, est un concentré de cynisme qui cache une profonde solitude et une amertume assumée envers le monde du spectacle audiovisuel.

Ce polar italien, mené sur les chapeaux de roues, s’avère une lecture très agréable, le compagnon idéal d’un été brûlant qui s’achève.

« Vous continuez à penser que Milan est une ville grise. Libre à vous. Mais il y a parfois des aubes, et pas si rarement, où un bleu pâle à couper le souffle se dispute l’horizon avec un rose qui ne veut pas partir, et c’est une danse qui vaut la peine d’être vue. »

Note : 9/10

Résumé: Carlo Monterossi, homme de télévision d’une tentative d’assassinat. N’ayant qu’une confiance limitée- au mieux- dans les compétences des équipes de police chargées de l’enquête, il fait appel aux services d’un ami journaliste et d’une spécialiste du numérique pour comqui peut bien lui en vouloir autant. En parallèle, des Gitans justiciers et des tueurs à gages professionnels semblent suivre des pistes similaires. Tout cela se passe à Milan et nous offre un panorama terriblement noir des arcanes de cette ville, de la haute bourgeoisie aux milieux d’ultra-droite. Savoureux…et inquiétant.

  • Broché : 320 pages
  • Editeur : DE L AUBE (20 août 2020)
  • Collection : L’Aube noire
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2815938219

1793 de Niklas Natt Och Dag, quand l’attente de lecture se confronte à la réalité

L’attente de lecture, c’est-à-dire ce que s’attend à lire le lecteur en lisant la quatrième de couverture ou les différentes critiques, est tel un bateau. Si l’ouvrage répond à nos attentes les voiles se gonflent et l’on est emporté par le récit, au contraire si la lecture nous déroute on risque de rester à quai.

C’est exactement ce qui m’est arrivé avec ce roman suédois, le premier de l’auteur, dans un tel cas de figure les torts sont toujours partagés. Je me suis sans doute un peu trop emballé à la lecture du résumé. Je me suis tout de suite imaginé une grande fresque historique sur fond d’enquête criminelle. Le siècle choisi pour l’intrigue ainsi que le pays avaient tout me happer, moi qui aie toujours envie de me divertir tout en apprenant des faits historiques et sociaux. La Suède est un pays qui est, au mieux à peine évoqué dans nos livres d’histoire, au pire complètement ignoré. Tandis que l’année peut sans doute être considéré comme charnière pour l’Histoire européenne, une période sombre, pleine de bruit et d’une fureur contenue durant des siècles. Un programme alléchant mais qui ne tient que partiellement ses promesses.

La fresque historique se résume finalement à des anecdotes sur les guerres d’influences au sein de la justice suédoise et ne prenne qu’une place secondaire dans le récit. En ce qui concerne la retranscription de la société suédoise de l’époque, on est très vite plongé dans la glaciale ville de Stockholm. L’immersion est convaincante mais l’auteur a tendance à se reposer un peu trop sur l’aspect misérable d’une société qui n’a pas encore effectué sa mue. Les conditions de vie sont déplorables, la vie humaine n’a aucune valeur si la bourse est vide et la religion contrôle d’une main de fer la vie des citoyens. Nos différents protagonistes pataugent dans la boue, la neige fondue, l’alcool et le sang. On a parfois l’impression d’être dans un roman de Victor Hugo ou de Dickens. Certes cela reste crédible, l’indice de bonheur était très bas à l’époque mais la misère est un peu trop appuyée et finit par desservir le récit.

Mais la véritable déception tient à l’intrigue. Autant pour l’aspect historique je veux bien admettre que j’en attendais peut-être un peu trop, autant pour l’intrigue plate et sans saveur l’auteur en est le seul responsable. Tout commençait plutôt bien avec une enquête criminelle menée par un vétéran de guerre alcoolique et un enquêteur tuberculeux. Ajouter à l’ ambiance crépusculaire de Stockholm cela promettait une intrigue poisseuse et glauque avec la corruption ambiante en embuscade. Puis tout s’écroule lors de la deuxième partie du récit qui nous introduit un nouveau narrateur, de nouveaux personnages et une nouvelle intrigue. La rupture est trop brutale, d’autant plus que cette partie du récit s’avère dispensable, anéantie tout suspens et aurait pu être résumée en un ou deux chapitres.

Lorsque l’on retrouve nos deux protagonistes principaux, après plus de deux cents pages de digressions, l’intrigue a perdu toute saveur, sabordé par des flashbacks inutiles, et ce n’est pas les ultimes soubresauts que l’auteur cherche à faire passer pour d’incroyables révélations qui vont rehausser l’ensemble.

Le navire avait quitté le port et le voyage s’annonçait fabuleux, mouvementé mais captivant mais au final le voilier s’est échoué sur les récifs d’une narration maladroite et d’une intrigue loin d’être révolutionnaire.

Résumé: 1793. Le vent de la Révolution française souffle sur les monarchies du nord. Un an après la mort du roi Gustav III de Suède, la tension est palpable. Rumeurs de conspirations, paranoïa, le pays est en effervescence. C’est dans cette atmosphère irrespirable que Jean Michael Cardell, un vétéran de la guerre russo-suédoise, découvre dans un lac de Stockholm le corps mutilé d’un inconnu. L’enquête est confiée à Cecil Winge, un homme de loi tuberculeux. Celui-ci va bientôt devoir affronter le mal et la corruption qui règnent à tous les échelons de la société suédoise, pour mettre au jour une sombre et terrible réalité.

  • Broché : 448 pages
  • Editeur : Sonatine (4 avril 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2355846960

Le Manuscrit des Damnés (Thriller) de Mathieu Bertrand | 10 avril 2020

Royaume des Francs, 1135 : L’Abbé Suger entreprend la rénovation d’une église Carolingienne qui deviendra l’Abbaye de Saint- Denis, nécropole des rois de France. France, juillet 2013 : A son retour de Jérusalem, où il a caché la couronne d’émeraudes, Paul Kaminsky, agent du service des enquêtes spéciales du Vatican et ancien Franc-maçon, est envoyé à Paris par le Saint-Siège.

Achathttps://amzn.to/2PAnuMu

Chronique : Les romans ésotériques ce n’est pas compliqué ça passe ou ça casse. C’est un genre hasardeux qui peut vite verser dans le ridicule voire même le complotisme ridicule, non je n’ai pas parler de Da Vinci code. Même s’il n’évite pas certains écueils ce roman édité par la jeune maison d’éditions eaux troubles se révèle une lecture plaisante.

Avoir un intérêt pour les grands mystères archéologiques de notre monde et les théories ésotériques religieuses les plus improbables sont les deux conditions sine qua non pour pouvoir apprécier cette lecture. La pyramide de Gizeh est furtivement évoqué au début de l’ouvrage avant que l’intrigue ne se concentre sur l’histoire de la religion catholique. Le duo d’enquêteurs, composé d’un prêtre loin des canons officiels et de la dernière représentante de la secte des assassins, est convaincant même s’ils auraient mérité d’être un peu plus caractérisé. En l’état on suit les péripéties à travers les édifices religieux Francais mais ces deux héros ont du mal à dépasser le statut d’être de papier malgré leur potentiel indéniable.

L’intrigue constitue le point fort du roman. Sans temps mort, on suit les aventures de Kaminsky et d’Elaheh qui percent un à un tous les mystères qui se dressent face eux. L’auteur, passionné d’histoire, distille des détails historiques divertissants qui apportent un cachet évident au roman. Les théories exposées deviennent de plus en plus farfelues à mesure que l’on avance dans le récit et que le surnaturel prend une place de plus en plus importante mais si l’on accepte ce postulat, le plaisir de lecture répond présent. L’auteur coche toutes les cases du cahier des charges d’un thriller ésotérique sont cochés, les francs-maçons, l’opus dei, les mystères millénaires et les théories invraisemblables mais le rythme effréné de l’intrigue permet de ne pas s’appesantir sur ces clichés du genre.

L’ensemble se révèle palpitant pourtant on ne peut s’empêcher de considérer que toute cette aventure manque de muscle. Les obstacles qui jalonnent le parcours de nos deux protagonistes disparaissent un peu trop facilement et le final s’avère précipité et manque cruellement de développement et d’atmosphère. C’est d’ailleurs un reproche que l’on pourrait faire de manière générale à l’ouvrage, un manque d’ambition et d’ampleur dans la narration qui font stagner le récit au niveau des lectures plaisantes mais oubliables.

Une lecture qui remplit allègrement son aspect divertissement honnête dont l’apport d’un surnaturel assumé confère une réelle identité mais qui pêche par son manque de développement et d’ambition. Espérons que les prochaines aventures de ce duo atypique nous livreront un récit doté d’une véritable atmosphère.

cvt_le-manuscrit-des-damnes_13461500058688609718954.jpg

  • Editeur : Eaux Troubles Editions (3 juillet 2020)
  • Collection : Thriller
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2940606420

Empire des chimères d’Antoine Chainas, quand le style et l’intrigue se parasite mutuellement

Résumé: 1983. La disparition d’une fillette dans un petit village. L’implantation dans la région d’un parc à thèmes inspiré d’un jeu de rôles sombre et addictif, au succès phénoménal. L’immersion de trois adolescents dans cet Empire des chimères qui semble brouiller dans leurs esprits la frontière entre fiction et «vraie vie». Tragédie locale, bouleversement global et mondes alternatifs, Empire des chimères nous entraîne dans un labyrinthe vertigineux dont les ramifications finissent par se rejoindre au cœur de tous les possibles.

Achat:https://amzn.to/3fMWu70

Chronique : Cet empire des chimères est un exemple parfait qu’une plume raffinée et élégante ne suffit pas toujours à produire un ouvrage de qualité.

Car du style il y en a dans ce pavé de plus de 600 pages. L’auteur, Antoine Chainas, possède une plume contemplative teintée de mélancolie. Sous sa plume le village de Lensil, où se situe la majorité de l’action, prend vie. À travers sa description d’un petit village embaumé dans une douce langueur, il parvient à doter son ouvrage d’une réelle atmosphère. Le bruissement des feuilles dans les arbres, la lente course des saisons, la caresse des astres solaires et lunaires. Tous ces éléments contribuent à l’atmosphère champêtre du début de l’ouvrage. L’auteur intègre avec subtilité une obscurité, une noirceur qui se fait de plus envahissante. Malheureusement plus on avance dans l’intrigue, moins cette atmosphère se fait prégnante au profit d’une intrigue nébuleuse qui ne tient pas toutes ses promesses.

À l’image des moisissures qui rongent lentement les habitations de Lensil, certaines parties de l’intrigue m’ont fait l’effet de parasite venu entaché et alourdir une intrigue qui n’en avait nul besoin. Je pense notamment à toute l’intrigue secondaire concernant les dirigeants américains de la société Lawney. Non seulement les intrigues parallèles de ces différents personnages ne tiennent pas la comparaison avec les autres qui sont développées dans l’ouvrage mais en outre les personnages se révèlent moins intéressants. Non pas qu’ils ne soient pas suffisamment décrit et leur psychologie pas assez solides, au contraire, mais leurs personnages ne s’intègre jamais véritablement à l’empire conté par l’auteur. Comme si l’ambiance campagnarde décrite dans les premières pages rejetait ces personnages et leur intrigue de col blanc. Pourtant, d’habitude, ce sont les passages consacrés à ces personnages immoraux que je préfère mais en l’occurrence ceux-ci ne parviennent pas à retenir mon attention.

De manière générale, l’auteur s’avère plus doué pour instaurer une ambiance que pour incarner ses personnages. Le garde-champêtre est celui qui dispose de l’écriture la plus complète mais cependant il restera à l’écart des éléments de l’intrigue les plus cryptiques, l’auteur refuse de faire de lui un héros qui ferait la lumière sur les ténèbres qui entourent le village. Les autres personnages sont à l’avenant, pauvres témoins impuissants d’une intrigue qui les dépassent. Une mention particulière pour Denis Davodeau, petit homme mesquin enserré dans sa médiocrité et sa jalousie, ressassant inlassablement les mêmes griefs du passé. Une preuve supplémentaire que chaque homme plante lui-même les clous dans son cercueil.

L’intrigue constitue le principal atout et le défaut majeur en même temps. Le prologue nous laisse présager un mystère centenaire, une malédiction fatale qui traverse l’histoire humaine mais au final, le squelette sur lequel se bâtit l’intrigue se révèle bien fragile. L’auteur ne parvient jamais à donner une réelle épaisseur à son récit. Les éléments sur lesquels il repose ne prennent pas suffisamment d’ampleur pour se révéler passionnant, l’enquête sur la disparition de la fillette est plate et sans saveur tandis que la mythologie mise en place autour du jeu de rôles est loin de suffire pour rendre la lecture intense. Les différents arcs scénaristiques ne s’imbriquent jamais entre eux, ce qui donnent l’impression que les personnages ne sont jamais véritablement impliqués. Si on ajoute à ça les lenteurs qui jalonnent le récit on se retrouve avec un ouvrage ambitieux mais bancal et qui ne délivrent pas suffisamment de réponses pour être suffisamment captivant.

Nul ne pourra nier que l’auteur possède une plume, un style qui confère à son ouvrage une identité propre, une atmosphère fait d’une sombre mélancolie. Mais qui ne suffit malheureusement pas à faire de cet empire des chimères un polar inoubliable.

ob_f2b3dc_empire-des-chimeres1841898125993187267.jpg

  • Broché : 672 pages
  • Editeur : Gallimard (6 septembre 2018)
  • Collection : Série noire
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2072777208

Le petit lebanski de Stéphane Chamak, quand la vie vous ricoche sur la figure

Je me trouvais devant la porte. Au centre, une vieille poignée argentée avait l’allure d’un gros poing américain. Comme me l’avait indiqué le chauffeur black, le battant était légèrement entrebâillé. Je suis resté quelques secondes figé, les mains dans les poches, nerveux comme une pucelle à sa première sauterie. Dans ma poitrine, mon cœur distribuait des battements en rab. D’un côté, j’étais impatient de savoir de quoi il en retournait. De l’autre, j’étais quasi certain qu’une fois passé cette foutue porte, mon existence – déjà de magnitude 8 sur l’Échelle des Emmerdes – allait franchir un palier supplémentaire.

Achat :https://amzn.to/3gIJYXF

Chronique : Dans ce roman tout est une question d’équilibre, l’auteur, Stéphane Chamak possède une plume qui joue l’équilibriste entre comédie burlesque, polar d’action et récit intime.

L’immersion est immédiate, le récit débute sur les chapeaux de roue et ne s’arrêtera qu’en de très rares occasions. Le personnage principal est attachant, sorte de mélange entre Joe Dalton pour la taille et la nervosité, François Pignon pour l’aspect poissard sans oublier un soupçon de Sam Spade, le représentant des detectives dur à cuire, pour l’allure de l’ensemble du recit. Ses mésaventures versent rapidement dans le burlesque, avec un vocabulaire familier voire vulgaire par moments. Un côté populaire qui donne le sourire dans un premier temps mais qui finit par lasser quelque peu, surtout que d’autres passages du récit déploient un autre genre de champ lexical. Cependant cette partie de l’intrigue se révèle solide, classique dans son déroulement, il ne faut pas s’attendre à d’énormes retournements de situation, mais avec des dialogues savoureux et des personnages secondaires bien brossés et hauts en couleurs.

Aussi distrayante soit cette partie du récit, ces dans ces moments plus intimes que l’auteur dévoile tout son talent. Ces chapitres agissent comme une véritable respiration dans une intrigue qui va à cent à l’heure. Alors que le reste de l’intrigue se compose de réparties mordantes et de scènes d’action, ces chapitres, consacrés à la relation entre le personnage principal et son père, sont constitués de monologues intérieurs finement écrits. Sur un thème universel, les relations parents- enfants, l’auteur prouve que son style ne s’arrête pas à la comédie, le style se fait plus contemplatif, à la limite de la poésie parfois. Même si ce cher narrateur ne peut s’empêcher de revenir au sarcasme au moins une fois par paragraphes. La relation complexe décrite par les yeux du narrateur est crédible, touchante et constitue le cœur du récit.

Au final, une fois l’ouvrage refermé, on aura eu le plaisir de découvrir un récit à mi-chemin entre l’enquête de détective hard-boiled, un récit de vie intime sur la difficulté de dire que lon s’aime et une comédie d’action malheureusement un peu redondante, le tout émaillé de références populaire qui font souvent mouche. Une jolie découverte.

403893338410295789625031424.jpg

 

  • Format : Format Kindle
  • Taille du fichier : 992 KB
  • Nombre de pages de l’édition imprimée : 261 pages
  • Vendu par : Amazon Media EU S.à r.l.
  • Langue : Français
  • ASIN : B07D451T13

 

Les chiens de chasse de Jørn Lier Horst, un polar calibré et solide

Il en va dans le monde du polar comme dans la littérature blanche, il y a autant d’auteurs que de livres, là où certains vont se concentrer sur l’ambiance, les personnages ou le contexte historique de leurs ouvrages, d’autres vont livrer une histoire qui manquera peut-être d’ambition ou d’ampleur mais aura le mérite d’être solide.C’est exactement le cas avec le second roman de Jørn Lier Horst.

L’ancien inspecteur de police connaît son affaire.Sa plume est certes dépourvue des aspérités qui pourraient contribuer à lui accorder du crédit auprès des lecteurs qui attendent surtout de leurs lectures une plongée immersive dans une ambiance glauque ou oppressante mais son style est efficace et sert avant tout le but premier de l’auteur, raconter une enquête criminelle. Pour cela il use d’un rythme constant, des chapitres courts qui vont droit au but et des personnages crédibles bien qu’un peu désincarné à l’image du chef adjoint Vetti qui aurait mérité un peu plus de hargne dans sa description.

Il faut dire que l’auteur n’a pas choisi la facilité en créant le personnage de William Wisting. Ce brillant inspecteur, dévoué à son métier, n’est pas alcoolique, il s’entend bien avec ses deux enfants, il a réussi à refaire sa vie après la mort de sa première femme. Un personnage positif et doux qui tranche avec la pelletée d’enquêteurs cyniques, écorchés vifs et psychologiquement instables que l’on peut voir à peu près partout ailleurs dans le paysage du polar. Pourtant, même si l’on prend plaisir à le suivre lors de son enquête, il manque un petit quelque chose pour en faire une figure incontournable du roman policier. Sa fille Line souffre elle aussi de ce côté un peu lisse malgré son professionnalisme et sa relation complice avec son père.

Et pourtant malgré ces personnages un peu fades, l’ouvrage mérite le détour pour son intrigue rondement menée. L’auteur sait où il va, il est tel un capitaine qui doit mener son vaisseau d’un port à un autre tout en évitant les tempêtes et les récifs. Lorsque l’on y regarde de plus près nombreux sont les dangers qui guettaient son intrigue, une ancienne enquête qui fait l’objet d’une révision, un meurtre qui n’a, a priori, rien à voir avec l’enquête principale, une jeune fille qui disparaît. L’auteur aurait pu s’entraîner par le fond de bien des manières mais il parvient à garder le cap en gardant en tête les éléments de l’intrigue qui doivent figurer en premier plan et ceux doivent rester en arrière. Parfois il ne faut pas plus qu’une intrigue maîtrisée pour livrer un divertissement convaincant.

Maintenant il ne reste plus qu’à Horst qu’à travailler sa plume afin de gagner en profondeur et en densité et doter ses personnages d’un supplément d’âme. En l’état c’est bien la seule chose qui manque à l’auteur pour nous immerger complètement dans les brumes norvégiennes.

Résumé: Dix-sept ans après son incarcération pour l’enlèvement et le meurtre de la jeune Cecilia Linde, Rudolf Haglund retrouve la liberté, Et son nouvel avocat affirme être en mesure de démontrer que Haglund a été condamné sur la base de preuves falsifiées. William Wisting, à l’époque jeune policier en charge de l’enquête, est devenu une figure exemplaire et respectée, incarnant l’intégrité et les valeurs d’une institution souvent mise à mal dans l’opinion publique. Au cœur d’un scandale médiatique et judiciaire, suspendu de ses fonctions, Wisting décide de reprendre un à un les éléments du dossier. Les policiers auraient-ils succombé au syndrome des «chiens de chasse», suivant la première piste que leur indique leur instinct, au risque d’en négliger d’autres, et s’acharnant à étayer leurs soupçons pour prouver la culpabilité supposée de leur «proie» ? Ou l’enquête aurait-elle été manipulée ? Mais par qui, et dans quel but ?

  • Broché : 480 pages
  • Editeur : Gallimard (8 mars 2018)
  • Collection : Série noire
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2072695007

L’arbre aux morts de Greg Iles, l’arbre qui cache le désert

Chers lecteurs je crois que l’on est face à un cas typique d’auteur dépassé par son oeuvre. Vous savez lorsqu’un auteur à un matériel de base si conséquent qu’il ne sait pas quoi en faire et se retrouve englué dans une intrigue ambitieuse mais pompeuse.

Que les choses soient claires dès le début, malgré les nombreux défauts que j’ai relevés lors de ma lecture et mon avis final mitigé, j’ai passé un bon moment de lecture. Maintenant que ça c’est dit on va passer aux choses sérieuses.

L’aspect redondant et verbeux des 400 premières pages pose déjà un sacré problème de rythme. Les cent premières pages ne sont qu’un immense résumé du tome précédent, au moins personne ne sera perdu lors de la lecture. J’ai même envie de dire que ceux qui n’ont pas lu le premier tome peuvent tenter la lecture de celui-ci, les événements précédents sont tellement ressassés et rabâché que nul ne se sentira perdu.

Ensuite on part sur une longue exposition d’une énième théorie concernant l’affaire criminelle la plus célèbre des Usa. C’est intéressant, c’est très bien expliqué, étayé mais c’est beaucoup trop détaillé et sur beaucoup trop de pages. Toute cette partie de l’intrigue est exposée avec la subtilité d’un poids lourd sur l’autoroute et enterre tout suspens car on se doute bien où veut nous emmener l’auteur.

Après cette longue exposition l’intrigue s’emballe et on assiste alors à certaines ellipses curieuses, soit l’auteur a pris la décision de passer sous silence certains faits, soit l’éditeur original a décidé de mettre la main à la pâte en forçant l’auteur à élaguer son récit. Toutefois les nombreuses explosions et autres fusillades apparaissent plus comme des péripéties assez inutiles tandis que l’intrigue fait toujours du surplace mis à part lors des chapitres consacrés à l’escapade macabre dans les marais, très réussis et captivants. Malgré tout on ne peut refermer l’épais ouvrage sans se demander s’il y a vraiment matière à en faire une trilogie aussi volumineuse.

Une chose au crédit de l’auteur il parvient à rendre complexe et terriblement humain un personnage aussi haineux que Snake Knox, un seul chapitre suffit pour faire de lui un être perclus de souffrances métamorphosés en haine dirigée vers le monde entier. D’ailleurs les passages consacrés à la terrifiante famille Knox sont une véritable respiration au milieu d’une narration pompeuse, ou plutôt une plongée en apnée dans de noires abysses. Ces personnages détestables sont une vraie réussite et attachants, d’une certaine manière. J’aimerais croisée plus souvent des personnages malsains aussi finement écris.

Mais le véritable problème que m’a posé l’ouvrage ce n’est pas son intrigue mais l’incapacité de l’auteur à dépasser son postulat de western moderne où la confrontation finale entre les héros et les criminels doit forcément se faire les armes à la main. Et ce alors même qu’il développe des personnages qui se battent inlassablement pour la vérité et la justice et que la mémoire d’un personnage décédé est entretenue tout au long de l’intrigue et notamment lors d’un émouvant éloge funèbre. Malgré le combat mené par la famille Cage pour faire la lumière sur les crimes des aigles bicéphales, l’auteur choisit toujours la voie de la facilité. En plus de rendre obsolète les idéaux de ces propres personnages cela oblige l’auteur à certaines pirouettes judiciaires qui frôlent l’incohérence. Mais la vérité et la justice n’ont pas l’air d’être la priorité de l’auteur surtout lorsque l’on voit comment les différentes forces de l’ordre sont tournées en ridicule. L’épilogue offre une ultime bourde de la part du FBI. Une facilité scénaristique à la limite de l’incohérence qui place définitivement la trilogie dans la catégorie thriller d’action bourrin. Ce qui est dommage lorsque l’on voit le potentiel de la saga.

Résumé: L’ancien procureur Penn Cage et sa fiancée, la journaliste Caitlin Masters ont failli périr sous la main du riche homme d’affaires Brody Royal et de ses Aigles bicéphales, une branche radicale du Ku Klux Klan liée à certains des hommes les plus puissants du Mississippi. Mais la véritable tête des Aigles est un homme bien plus redoutable encore : le chef du Bureau des Enquêtes Criminelles de la police d’État de Louisiane, Forrest Knox. Pour sauver son père, le Dr Tom Cage – qui fuit une accusation de meurtre et des flics corrompus bien décidés à l’abattre –, Penn devra pactiser avec ce diable de Knox ou le détruire, tandis que Caitlin lève le voile sur des meurtres non résolus datant de l’époque des droits civiques qui pourraient ne pas être sans lien avec les événements d’un certain 22 novembre 1963 à Dallas.

  • Broché : 976 pages
  • Editeur : Actes Sud (2 janvier 2019)
  • Collection : Actes Noirs
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2330118090

Le 7e Fléau de James ROLLINS| 11 juin 2020

Résumé : Deux ans après avoir disparu dans le désert soudanais, le professeur Harold McCabe, à la tête d’une expédition archéologique britannique, réapparaît au milieu des sables, mais s’effondre avant de pouvoir raconter son histoire. L’autopsie met au jour une étrange découverte : quelqu’un aurait commencé à momifier le corps du professeur, alors qu’il était encore en vie.

Achat : https://amzn.to/2DsKTgt

Chronique : Le moins que l’on puisse dire c’est que la crise sanitaire que nous traversons à porter un coup fatal au blockbuster au cinéma, mais comme la nature a horreur du vide les blockbusters sont toujours présents, le nouvel ouvrage de James Rollins en est la preuve.

Au vu de la quatrième de couverture, je m’attendais à une lecture distrayante et pas grand chose d’autres pourtant j’ai eu le plaisir de me retrouver face à une lecture entraînante. James Rollins est un baroudeur expérimenté dans le domaine du thriller d’action. Il sait mener sa barque tout au long des 500 pages du récit. Son style est propre, sans éclat mais efficace mis à part son utilisation répétitive et inutile des points d’exclamation hors des dialogues. Le rythme effréné maintient l’attention du lecteur, l’action est sans temps mort. Les scènes d’actions sont contées de manières claires et carrées. Les personnages sont suffisamment décrits et incarnés pour qu’ils soient plus que des êtres de papiers mais pas non plus pour en faire des héros inoubliables. À ce titre l’antagoniste principal manque de stature pour faire en sorte qu’il rejoigne le rang des industriels mégalomanes qui émaillent les pages de ces récits d’action-espionnage. L’immersion dans l’intrigue est immédiate, en une cinquantaine de pages on sait que l’on est face à un thriller solide qui va tenir ses promesses.

Les éléments scientifiques disséminés tout au long de l’ouvrage, en plus d’être passionnant pour quiconque possède un esprit curieux, accordent un crédit au récit. L’auteur expose ces éléments de manière simple sans être pompeux. Évidemment la fin du récit verse dans le crypto-scientifique mais c’est le jeu dans ce genre d’ouvrage. L’action se divise en deux zones géographiques, et si celle qui se déroule au Groenland m’a moins convaincu, toute celle qui se déroule en Afrique m’a rappelé les meilleurs moments de la saga Indiana Jones ou les heures de jeu devant Tomb raider ou Uncharted. Le style visuel et cinématographique de l’auteur aide beaucoup.

James Rollins livre ici un récit solide, qui ravira tous les lecteurs amateurs de thriller d’action qui veulent se distraire et s’instruire au passage. Il manque peut-être juste un soupçon de style pour faire de cette nouvelle aventure de la force sigma autre chose qu’un épisode standard qui s’oubliera vite.

Note: 8/10

  • 41icimnz+tl3960286929994657520..jpg
  • Broché : 544 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (11 juin 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2265143944