L’Appel du loup: Raven Blade, T1 de Anthony Ryan| 10 juin 2020


Célébré dans tout le Royaume Unifié pour son génie militaire après avoir vaincu le mal sans nom, Vaelin Al Sorma s’est détourné de la gloire, préférant vivre en paix dans les Hauts Confins. Mais des bruits courent sur l’approche de la Horde d’Acier, une armée menée par un homme se prenant pour un dieu. Vaelin découvre alors que Sherin, son amour perdu il y a longtemps, est leur captive. 

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Chronique : Après la trilogie blood song qui a fait sa renommée dans le milieu de la fantasy littéraire, Anthony Ryan revient avec une nouvelle saga qui prend à nouveau place dans le royaume unifié.
Un seul objectif semble avoir motivé l’auteur pour cette nouvelle saga, l’efficacité. La fantasy militaire n’a plus de secret pour lui, il sait comment mener sa barque pour captiver le lecteur pendant 500 pages. Alors certes cela manque un peu d’originalité, on y retrouve tous les ingrédients traditionnels de ce genre de saga, un peuple guerrier assoiffé de conquête, un chef de guerre ambitieux et égocentrique, sans oublier le mal ancien mais encore mystérieux qui tire les ficelles dans l’ombre. Rien de bien original en somme, David Gemmel et James Barclay on déjà contés des histoires similaires il y a quelques années déjà. Mais ce n’est pas parce que la recette est connue que le plat n’en est pas moins agréable en bouche.

Le royaume unifié ayant déjà été le théâtre de la saga précédente, les héros, que les lecteurs familiers de cet univers retrouveront avec plaisir, embarquent pour un nouveau continent largement inspiré par la Chine antique. Les nouveaux lecteurs peuvent cependant se lancer sans crainte dans la lecture de ces chroniques d’un voyage en Orient car l’auteur prend le temps durant les premiers chapitres de résumer l’intrigue de ses précédents ouvrages. Concernant le voyage en lui-même le choc des civilisations aurait pu être accentué notamment en évoquant les traditions culinaires par exemple ou les rapports hommes-femmes qui ont l’air d’être complexes.


Mais il ne s’agirait pas d’oublier que nous avons affaire à un saga de fantasy militaire et qui dit militaire dit bataille, combat et tripaille. Sur ce point là ce premier tome ne déçoit pas, ça tranche, ça entaille, ça perfore, ça découpe plus vite que le lecteur ne peut tourner les pages. Le dernier tiers du livre est consacré à un siège qui rappellera à tous ce que le mot épique signifie. Sans doute la partie du récit la plus immersive, même si, bien entendu, l’histoire principale stagne un peu durant cette bataille rangée.

Le fait de ne pas avoir encore lu la saga Blood song m’a empêché de pleinement apprécier le système de magie qui suit ses propres règles complexes à base d’immortalité, de chant magique capable de prouesses, de dons faisant penser aux superpouvoirs de certains héros de comics et de pierres antiques aux capacités encore brumeuses. mais cette absence de référence ne m’a pas empêché de me passionner pour la quête désespérée de Vaelin Al Sorna.

En l’état ce premier tome de Raven blade fait office de divertissement plaisant mais manquant un peu d’originalité. Il ne reste plus qu’à espérer que l’auteur parvienne à trouver un équilibre entre l’enchantement du voyage dans des contrées inconnues et l’action frénétique et sanglante.

Note : 9/10

 

  • Broché : 504 pages
  • Editeur : Bragelonne (17 juin 2020)
  • Collection : Raven Blade (1)
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028104214

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Bloodborne tome 3 le chant des corbeaux, une mélopée ésotérique et hermétique

Alors que les joueurs attendent désespérément un nouveau volet, l’univers de Bloodborne continue d’exister à travers cette adaptation en comics publié par titan comics aux U.S.A et par Urban comics en France.

C’est déjà le troisième volume de cette adaptation et la formule commence à être rodé. Le scénariste Aleš Kot s’empare d’un personnage ou d’un concept présenté dans le jeu vidéo de From software et le met en scène sur quatre numéros mensuels avant de passer à un autre.

SOLITUDE ET INTROSPECTION INTÉRIEURE

Bloodborne possède un univers riche où Lovecraft côtoie l’angleterre du XVIII siècle mais le jeu a également la réputation d’avoir l’intrigue la plus cryptique parmis la production vidéo-ludique. Les lecteurs qui espèrent des éclaircissements sur l’univers ou l’intrigue risquent d’être déçus. Difficile de savoir quelle est la part personnelle apportée par le scénariste mais nul doute qu’il doit respecter un cahier des charges précis de la part des créateurs du jeu vidéo. Et parmis ces charges doit certainement figurer celles de signer une intrigue la plus ésotérique possible, au risque de perdre un peu le lecteur. Le second tome se penché sur la fameuse église du remède, l’un des antagonistes du jeu, et proposait une intrigue plus terre à terre, centrée sur les dérisoires ambitions humaines.

L’intrigue de ce tome est plus introspective et solitaire. On suit Eileen, la traqueuse de chasseurs fous, durant son errance à travers une Yharnam enneigée. Pas de dialogues, juste les ruminations mentales d’Eileen alors que sa santé mentale se détériore et que le voile de la réalité se fissure de plus en plus. Une intrigue qui a le mérite d’être fidèle à la création de Miyasaki mais qui laisse cependant un goût d’inachevé. Quant au lecteurs qui découvriront l’univers de Bloodborne avec ce comics, ils pourraient bien rester bloqués aux portes de la ville derrière un haut portail en fer forgé vu l’hermétisme de l’oeuvre.

PLANCHES DE SANG

En ce qui concerne la partie graphique, j’avoue avoir été déçu par les premières planches de Piotr Kowalski dans les premiers tomes, j’attendais un style plus organique, plus gothique. Les croquis de Kowalski me semblaient trop éthérés et figés pour représenter l’univers glauque et dangereux de Bloodborne. Mais force est de reconnaître que l’artiste livre des planches d’une grande beauté et moins gore que précédemment, sa représentation de Yharnam sous la neige sont splendides et la lune de sang omniprésente éclaire les pages d’une lumière écarlate et inquiétante. L’architecture labyrinthique de la ville transparaît dans les cases tout comme l’ambiance glauque instaurée par le jeu vidéo. Sur ce point là en particulier l’oeuvre est une réussite.

Après trois tomes et douze numéros, il faut reconnaître que l’adaptation de Bloodborne en comics est une semi-réussite. Le scénario est cryptique, tout comme l’œuvre originale, mais ne propose pas malheureusement ses différents niveaux de lecture et d’interprétations, les planches magnifiques de Piotr Kowalski offrent un voyage graphique qui ne pourra ravir que les fans déjà conquis par l’univers de Bloodborne.

Résumé: Eileen le Corbeau traque une espèce de monstres bien particuliers : ses pairs corrompus par une vie de Chasse. À l’oeuvre avec l’un d’entre eux, elle le laisse cependant prendre la fuite. Empoisonné et guidé par ses instincts bestiaux, le fugitif rôde en ville, entassant les corps sur son passage. Au même moment, le voile de la réalité menace de se déchirer à Byrgenwerth. À la recherche du chasseur, Eileen se débat avec sa propre santé mentale et ces visions qu’elle ne comprend pas. Le sang et la mort envahissent Yharnam et ceux qui la suivent…

  • Public : 15+
  • Collection : URBAN GAMES
  • Date de sortie : 13 mars 2020
  • Pagination : 112 pages
  • EAN : 9791026818526
  • Contenu vo : Bloodborne vol.3 A Song of Crows (#9-12)
  • Voir fiche série

Batman: detective tome 2 : médiéval, des chevaliers en carton-pâte

Peter Tomasi est un auteur de comics qui est parvenu à me séduire grâce à deux séries qu’il a écrite pour DC, Batman et robin et, plus récemment, superman. Ses dialogues sont un délice et il n’a pas son pareil pour tisser des liens parentaux forts entre les héros emblématiques de l’éditeur de comics et leurs héritiers.

Il reprend la série Batman: detective, une énième itération consacrée au chevalier noir de Gotham, après le run ambitieux de James Tynion IV déjà publié par urban en sept volumes. Le premier volume du run de Tomasi, intitulé mythologie, développé l’idée d’un batman constamment sur le qui-vive, anticipant les situations avant qu’elles ne se présentent. Un batman que l’on peut voir à peu près partout depuis une bonne décennie et le scénariste semblait vouloir poursuivre dans cette voie héritée de Grant Morisson et Scott Snyder.

BATMAN EST L’ENNEMI

Dans ce second volume le scénariste recycle une idée que l’on a déjà pu lire dans les précédentes séries consacrées au protecteur de Gotham. Une idée qui consiste à placer Batman face à des ennemis qui remettent en cause son existence et son concept même de justice. Les antagonistes ne peuvent plus se contenter d’être des mafieux ou des fous dangereux, ils doivent mettre batman face à ces contradictions et faire trembler les fondations de son univers. Ainsi Snyder dévoilait l’existence d’une société secrète, la cour des hiboux, qui remettait en cause la connaissance que Bruce Wayne pensait avoir sur la ville qu’il considère comme la sienne. James Tynion IV créait le syndicat des victimes, et même si ses membres se sont révélés plus complexes que ne le laissait prévoir leur première apparition, l’idée est là: instiller l’idée que batman est plus néfaste pour Gotham que bénéfique. Pourtant dans l’intrigue qui nous intéresse aujourd’hui aucun élément nouveau ou original ne vient épaissir le propos du scénariste, qui semble ici en petite forme.

Batman se retrouve donc encore une fois face à un ennemi qui, en plus de posséder autant de ressource technologique que lui, a su fédérer autour de lui des ennemis de Batman de seconde zone connu pour leurs ego démesurés. Mais même en passant au-dessus de ces incohérences le récit manque d’entrain et de consistance. Le scénariste semble en roue libre et ne paraît pas savoir où mener son histoire ni comment lui donner de l’ampleur. Le fait de retrouver le tandem père-fils avec batman de nouveau accompagné de Damian Wayne ne suffit pas à rendre l’intrigue intéressante même si Tomasi excelle toujours à écrire le dynamique duo.

UN TRAVAIL GRAPHIQUE SOIGNÉ

Aux crayons on retrouve Brad Walker, qui signe ici un travail correct mais sans génie non plus. Les couleurs sont assurées par Nathan Fairbairn et David Baron, le rendu donne au comic un aspect rond ,gentillet, au ton colorés voir flashy, bien loin de l’aspect nerveux et sombre de la précédente série detective comics. Un choix qui contribue à donner une identité visuelle propre à ce nouveau run.

Ce second tome me prouve une fois de plus qu’il n’y a pas de valeur sûre. Que ce soit en littérature, en musique ou dans le septième art ce n’est pas parce qu’un auteur nous a captivés avec une histoire, un album ou film qu’il faut pour autant se jeter sur sa nouvelle œuvre car le risque d’être déçu est toujours présent. Une leçon que je n’ai pas finie de recevoir malheureusement.

Résumé: Après avoir passé un test dans un simulateur où chaque année Batman exorcise ses démons et se confronte à sa propre mort, Bruce Wayne reprend la mission de sa vie : protéger Gotham.
Mais l’apparition d’un mystérieux chevalier vêtu d’une armure lourde, armé d’une épée et visiblement très au fait des activités de l’homme chauve-souris, va lancer une véritable joute : le Chevalier Noir contre le Chevalier d’Arkham !

SCÉNARISTE : TOMASI PETER – DESSINATEUR : Brad Walker

Des enfants trop parfaits de Peter James, un thriller trop imparfait

Peter James fait partie de ces auteurs best-sellers, auteurs d’une dizaines de thrillers à succès, à côté desquels je suis passé complètement à côté durant tant d’années. Il était temps de combler ce manque.

Je vais être honnête je ne m’attendais pas à grand grand-chose. La réputation de l’auteur et les différentes quatrièmes de couverture que j’ai parcourues dressaient le portrait d’un auteur de blockbuster facile d’accès et sans prise de tête. J’ai choisi cet ouvrage parmis les cinq qui figuraient dans les rayons de ma médiathèque. Le thème me paraissait prometteur et je pensais qu’avec un peu de chance une réflexion autour de l’eugénisme se développerait.

Et bien malgré mes attentes très basses l’auteur est parvenu à me décevoir sur tout les points. L’intrigue est plate et ne démarre qu’aux environs de la page 400, certains polars psychologiques ont un rythme plus frénétique que cette histoire. Si au moins l’auteur profitait de la mise en place interminable de son intrigue pour faire part d’un début de réflexion autour de l’eugénisme et de la procréation assistée mais non surtout pas il ne faudrait pas stimuler les neurones des lecteurs partiellement endormis.

Les personnages sont donc sans relief aucun. Je ne suis même pas parvenu à les détester tant leurs personnalités sont établies de manière maladroite. Le couple formé par Naomi et John est passif au possible et se contente du rôle de pion durant l’ensemble de l’intrigue. Les antagonistes qui orbitent autour d’eux ne sont pas mieux décrits, le docteur Dettore est prétentieux mais sa vision du monde et du futur de l’humanité reste brouillonne et sous-développés tandis que les inévitables fanatiques religieux sont justes très très méchants parce que jouer à Dieu c’est pas bien.

Pire l’auteur s’avère incapable de conclure décemment son intrigue et après plus de 500 pages d’incohérences et de longueurs, la fin abrupte s’avère aussi incompréhensible que l’ensemble de l’intrigue. Au moins c’est cohérent.

Je ne retiendrais qu’une chose de cette lecture décevante, je peux barrer le nom de Peter James de la liste des auteurs qu’il me reste à découvrir et c’est déjà ça de pris.

Résumé: Naomi et John ont perdu leur fils unique, emporté par une maladie génétique rare à l’âge de 4 ans. Aujourd’hui, des années plus tard, ils se sentent enfin prêts à refonder la famille dont ils ont toujours rêvé. Lorsqu’ils entendent parler du docteur Dettore, généticien visionnaire, ils voient en lui l’homme providentiel. Dettore connaît une méthode infaillible pour que leur prochain enfant ne soit pas atteint de la même pathologie. Comment résister à la promesse d’un bébé en bonne santé ? Ils auraient pourtant dû être alertés par la liste qu’on leur a remise : choix de la couleur des yeux, de la taille, des traits de caractère, des aptitudes sportives… Trop tard pour faire marche arrière. Naomi est enceinte, et déjà quelque chose ne tourne pas rond.

Paru le : 13/03/2014

Thématique : Thriller

Auteur(s) : Auteur : Peter James

Éditeur(s) : Fleuve éditions

Collection(s) : Fleuve noir Thriller

Contributeur(s) : Traducteur : Raphaëlle Dedourge

ISBN : 2-265-09480-3

Rusty puppy de Joe R. Lansdale, osez monter sur le ring

Si vous êtes amateurs de la langue anglaise vous savez que rusty puppy se traduit par chiot rouillé. Quel titre étrange pour un polar mettant en scène deux détectives privés dans un texas qui étouffe sous la poussière et les tensions raciales. Un titre qui interpelle et qui finira par avoir une explication et croyez-moi les seuls chiots dont vous allez entendre parler dans ce récit sont purement fictifs car seules les molosses les plus hargneux parcours les rues de Camp rapture.

ROUND D’OBSERVATION

Les intrigues de Lansdale ne sont pas d’une surprise renversante, on peut même dire que dans cette dernière enquête de Collins et Hap en date l’intrigue est un peu cousue de fil blanc. Elle se laisse suivre avec plaisir mais elle ne va pas vous retourner le cerveau et vous faire confondre le nord et le sud.

L’atmosphère n’est pas non plus la plus étudiée que j’ai eu l’occasion de goûter. La faute est un manque d’approfondissements dans le background de la ville et du texas en général. La ségrégation et les tensions raciales sont bien présentes mais le contexte n’est pas détaillé, ça manque de corps. Et oui vous avez bien lu j’ai parlé de ségrégation, si elle n’est plus institutionnalisée à travers un ensemble de lois immondes elle est pourtant toujours présente dans les faits. C’est toujours étrange pour un Français comme moi qui a l’habitude d’une certaine mixité sociale mais le quadrillage des quartiers selon la couleur de peau est une réalité aux U.S.A, il suffit de voir le chapitre relatant l’arrivée de Hap dans la cité ghetto de camp rapture pour se rendre compte comment cette séparation des quartiers et des races est culturelle dans ce pays. C’est peut-être juste un détail mais moi ça me sidère.

QUE LE COMBAT COMMENCE

Pour en revenir à nos molosses si l’intrigue n’est pas la plus surprenante ni l’atmosphère la plus dense, qu’est-ce qui fait la force de ce récit ? Deux choses, les personnages et les dialogues. Les personnages principaux sont immédiatement attachants, leur duo fonctionne à merveille et les voir échanger punchlines après punchlines est un délice. Les dialogues sont de pures morceaux de bravoure me faisant parfois penser aux dialogues qu’affectionne Quentin Tarantino dans ses films, en plus concis évidemment.

Des dialogues qui s’apparentent à match de boxe où toutes les règles sont abolies. Toute l’intrigue est construite de cette manière, uppercut, contre, direct du droit, l’auteur ne vous laissera pas souffler avant la dernière page et un final à la hauteur de son talent de boxeur narratif.

Les pages de ce polar sont un ring dans lequel l’auteur n’a pas fini nous faire danser. Voilà pourquoi Joe R. Lansdale est un grand nom du polar malgré ce que ces intrigues pourraient nous laisser penser de prime abord.

Résumé: Hap Collins, plouc autoproclamé, et Leonard Pine, noir, gay et républicain vétéran du Vietnam, ne sont pas les plus malins des détectives. Et ils ont une fâcheuse tendance à se mettre dans l’embarras.
Quand les deux compères se penchent sur le cas d’un jeune Noir assassiné par la police, ils mettent le doigt dans un engrenage qui les mènera jusqu’à un réseau de combats clandestins. Au cours de leur enquête, Hap et Leonard se retrouveront confrontés à des flics corrompus, des tueurs à gages sans scrupule et même à une vampire naine assoiffée de vengeance (à moins qu’il s’agisse simplement d’une gamine au caractère exécrable).
Ce n’est pas la première fois qu’ils subissent menaces, intimidations et agressions, mais que faire quand vos ennemis sont les représentants de la loi en personne ?

304 pages, 155 x 225 mm

ISBN : 9782207139592 / Gencode : 9782207139592
Code distributeur : B26825

Catégorie > Sous-catégorie : Policiers > Romans noirs

Pays : États-unis

Collection Sueurs Froides
Parution : 24-10-2019

La théorie des poignées de main de Fabienne Betting, études scientifiques et aventure humaine

Résumé: Antoine Cavallero, doctorant en statistiques, a pris pour sujet de sa thèse l’idée selon laquelle tout individu peut être relié à n’importe quel autre via six degrés de séparation maximum. Lors d’un colloque, un éminent professeur, irrité par son arrogance, l’invite à mettre sa théorie en pratique. Piqué au vif, l’étudiant accepte et se lance dans un tour du monde pour vérifier ce postulat.

Chronique : La première fois que j’ai entendue parler de la fameuse théorie des six degrés de séparation, il ya plusieurs années, j’ai ressenti une sensation de vertige. Imaginez un peu si cette théorie s’avérait vraie chacun d’entre nous se retrouverait liée d’une manière ou d’une autre à chaque habitant de la planète, voilà une idée qui avait le don de me faire tourner la tête car cela me faisait prendre conscience de l’immensité de notre monde et en même temps de son côté minuscule. Avec ce roman Fabienne Betting se propose de mettre en pratique cette théorie en la mettant à l’épreuve du chaos engendré par l’homme et son égoïsme.

Les personnages décrits dans ce récit ne sont pas les plus transcendants que vous aurez l’occasion de lire, ils peuvent même paraître assez banals mais c’est sans doute voulu par l’auteure car cette aventure humaine se doit d’avoir un visage auquel on peut s’identifier facilement. Le propos de l’auteure est ailleurs. Il s’agit de mettre en valeur le travail scientifique face aux réalités du terrain.

En effet le défi auquel doit se confronter Antoine, le personnage principal, est de taille. La théorie est mis à mal par la tragédie que tous les peuples ont connu au cours de leur histoire, la guerre. La guerre ainsi que le chaos et la destruction qu’elle engendre rendent quasi impossible d’étayer cette chaîne universelle si prometteuse. Cette quête déterminée nous offre les meilleurs passages du livre, le voyage entrepris par Antoine se révélera être une aventure humaine qui lui fera tisser encore plus de liens que ne pourrait le faire aucune théorie.

L’autre obstacle qui se dressera face à notre jeune chercheur est plus basique mais tout aussi universel. Il s’agit de la nature humaine et son égocentrisme tout simplement. L’auteure tente de retranscrire la frénésie qui s’empare des internautes dès qu’un sujet devient viral mais son traitement reste malheureusement superficiel et un peu trop scolaire. Le récit manque de chaleur dans son ensemble. En l’occurrence un personnage secondaire aurait mérité d’être développé plus profondément. La mesquinerie humaine, virtuelle ou bien réelle, peuvent donner du corps à un récit sous une plume plus acérée.

L’ouvrage reste une lecture plaisante mais les lecteurs habitués aux fresques plus dense, prenant place à travers le monde entier, risquent de rester sur leur faim. L’auteure à fait le choix d’un récit court, sans fioritures, mais le monde du SSR esquissé dans ce roman aurait pu devenir une magnifique toile avec plus de développement.

Note : 8,5/10

Paru le : 18/06/2020
Thématique : Littérature Française
Auteur(s) : Auteur : Fabienne Betting
Éditeur(s) : Editions les Escales
Collection(s) : Domaine français
ISBN : 2-36569-462-4

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Les contes du seum de Paul Séré, des coeurs qui battent dans le béton

Résumé: « Avoir le seum » : être énervé, en colère, agacé ou dégoûté.
Une légende du braquage, tombée dans le coma après une mauvaise chute dans une usine de carboglace, se réveille trente ans plus tard au cœur de la cité de Belaire, où les codes ont bien changé.
Une star du foot ruinée revient dans cette même cité, contrainte et forcée de vivre chez ses parents.
Et puis, il y a aussi ceux qui croient avoir une idée de génie : livrer plus de 300 kg de cannabis au milieu des tours en se faisant passer pour des policiers… Sauf que la livraison se déroule pendant une nuit d’émeutes.
Sans oublier le pitbull qui rêve d’obtenir le prix Goncourt.
Tout ce joyeux petit monde se croise dans la cité du Seum.
Quoi de plus relaxant que d’observer des gens galérer alors qu’on est posé à lire tranquillement dans son canapé ?

Chronique : Humoriste, auteur de pièces de théâtre et de one-man show, acteur et maintenant écrivain, on peut dire que l’artiste Paul séré aime ajouter des cordes à son arc. Connu avant tout pour sa participation à la célèbre émission Jamel Comedy club, l’humoriste délaisse les planches de théâtre pour nous livrer sa vision de la banlieue.

Un humoriste est avant tout un observateur de notre société, capable d’extirper nos travers pour nous faire rire, c’est pourquoi son style reste très empreint d’un humour acide ou burlesque qui dépoussière l’image de la banlieue. La première nouvelle nous plonge dans l’esprit d’un pitbull moins féroce qu’il n’y paraît alors que le récit consacré à Omar nous invite dans une patrouille de police inhabituelle qui invoque l’esprit de Louis De Funès.

L’humour fait souvent mouche mais cependant c’est lorsqu’il s’amuse à disséquer les relations entre ses différents protagonistes que l’auteur fait mouche. Tony, le footballeur paumé, a bien des comptes à régler avec sa famille et son père en particulier tandis que l’étoile montante Karim mériterait un développement plus conséquent mais pas forcément dans le contexte de cette nouvelle dystopique.

En effet si le personnage est intéressant la nouvelle dont il est le personnage principal ainsi que celle mettant en avant un braqueur qui se réveille dans un monde qui a bien changé m’ont semblé les moins convaincantes car trop diffuse avec des fins souvent abrupte surtout celle consacrée à Denis.

S’il faut reconnaître un talent de conteur indéniable à Paul Séré ce recueil de nouvelles fait office de mise en bouche agréable mais pas assez rassasiante surtout lorsqu’on entrevoit tout le talent narratif dont il fait preuve. On se prend alors à espérer un récit sans concessions sur la banlieue plus dense avec cette touche d’humour qui le caractérise et ses portraits touchants de personnages à fleur de peau mais avec une conclusion plus travaillé.

Note : 8/10

Paru le : 11/06/2020
Thématique : Littérature Française
Auteur(s) : Auteur : Paul Séré
Éditeur(s) : Cherche Midi
ISBN : 2-7491-6365-X

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Harrison Harrison de Daryl Gregory, on ne badine pas avec Lovecraft

Ce n’est pas compliqué, vous me mettez Lovecraft sur la quatrième de couverture ou à défaut le champ lexical qui a forgé son oeuvre, des mots comme profondeurs, grand ancien, ou encore horreurs tentaculaire et vous avez déjà captivé mon attention. Ajoutez à cela une édition soignée de la part de le Bélial avec effet relief sur la couverture créé avec une sorte de papier glacé délicieux au toucher et les illustrations intérieurs de Nicolas Fructus, gothique et glauque juste comme il faut et vous tenez un ouvrage plein de promesses. Reste à voir s’il va les tenir parce qu’une belle édition ne suffit pas toujours à assurer une belle lecture.

FAIS MOI PEUR…OU PAS

Daryl Gregory avait déjà su me séduire avec son premier roman L’éducation de Stony Mayhall qui possédait cependant un ton plus mature et tendre. Avec ce quatrième ouvrage l’auteur s’essaie à un jeu d’équilibriste dans un univers très codifié et il faut reconnaître qu’il sait doser les différents éléments de son récit même si de manière personnelle j’aurais préféré que l’univers lovecraftien soit plus présent.

Le récit oscille tout au long de ses 300 pages entre le récit d’aventures, le récit initiatique, la comédie et le récit d’horreur. Ce dernier élément sera celui qui restera le moins développé. C’est un peu dommage surtout que la description du collège de Dunnsmouth laissait entrevoir une atmosphère bien glauque, digne des meilleures nouvelles de Lovecraft mais malheureusement pour moi l’auteur a décidé de laisser cette prometteuse ambiance dans les abysses et de se concentrer sur d’autres aspects de son récit.

MERCREDI MÈNE L’ENQUÊTE

Et une fois que mon petit cœur de lecteur eut digéré le fait que l’univers de Lovecraft resterait juste une toile de fond je dois reconnaître que j’ai passé un agréable moment de lecture. L’auteur parvient à nous passionner pour le destin de ce cher Harrison au carré qui se remet bien vite des étrangetés auxquelles il doit faire face à tous les coins de rues. Entre humour décalé et enquête façon club des cinq chez les gothiques le livre est suffisamment divertissant malgré le manque d’épaisseur de son atmosphère.

Quant au final il m’a laissé un arrière-goût d’inachevé, un côté brouillon qui tranche avec le reste du récit plus maîtrisé. Cependant malgré le côté inabouti de ce final il m’a quand donné envie de retrouver Harrison dans le roman Nous allons tous très bien merci dont le présent ouvrage est un prequel.

Résumé: Harrison a un problème avec l’océan. Qui a sans doute à voir avec le fait que lorsqu’il était tout gamin, « quelque chose s’y est passé »… Un quelque chose proprement horrible dont il n’a aucun souvenir conscient, mais qui a coûté la vie à son père, lui vaut une prothèse carbonée en guise de jambe droite, et des douleurs fantômes pour occuper ses nuits. Or, la thalassophobie, quand votre mère est océanographe, c’est assez compliqué. Surtout quand cette dernière se pique de mener une mission improbable au large de Dunnsmouth, petite bourgade portuaire typique de Nouvelle-Angleterre, avec ses pignons, son vieux phare, son architecture georgienne typique, son collège au style gothique suranné et ses habitants aux allures de poissons morts. À moins que ce ne soit l’imagination d’Harrison qui en rajoute un brin… Il faut dire que le poisson, Harrison, il n’aime pas beaucoup ça. Or voilà que sa mère disparaît à son tour, victime d’un accident alors qu’elle disposait des balises en haute mer…

Paru le : 27/02/2020
Thématique : Science Fiction
Auteur(s) : Auteur : Daryl Gregory
Éditeur(s) : le Bélial
Collection(s) : Non précisé.
Contributeur(s) : Directeur de publication : Olivier Girard – Traducteur : Laurent Philibert-Caillat
ISBN : 2-84344-961-8

Dark souls par-delà la mort de Damien Mecheri et Sylvain Romieu

Avant de vous parler de ce diptyque fabuleux que sont les deux ouvrages consacrés aux jeux du studio from software, il faut que je vous raconte un peu mon parcours avec les créations du studio japonais.

RUDES LEÇONS

Le premier jeu auquel j’ai pu m’essayer fût Bloodborne, je n’avais alors que vaguement entendu parler du studio et de leurs diptyque dark souls, mais les quelques images que j’avais glanées ici et là sur leur dernière production m’avaient mis l’eau à la bouche. Bloodborne se présentait en effet comme un jeu lugubre, à l’ambiance glauque et l’atmosphère crépusculaire où la mort et la folie semblaient omniprésentes. Pour un amateur de gothique et de dark fantasy tel que moi il n’en fallait pas plus pour m’aguicher. Le mot difficile revenait très souvent dans les quelques articles que j’avais lu mais à l’époque je ne m’en n’étais pas préoccupé en bon joueur assisté que j’étais. C’est donc en toute confiance que j’ai lancé Bloodborne persuadé que je serais là encore guidé vers la victoire à coup de nombreux checkpoints, de tutoriel complet et d’une difficulté ajustable à tout moment.

Terrible fut la leçon que le jeu m’affligea afin de me débarrasser de mes illusions. Les dix, non plutôt, les vingt premières heures de jeu furent un véritable sacerdoce, je ne compte plus le nombre de fois où l’écran fatidique annonçant notre mort est apparu sous mes yeux effarés. Puis petit à petit, en suant sang et eau, je suis parvenu à appréhender les mécaniques de jeu et à progresser. Le jeu m’avait déjà captivé par son univers unique mais le sentiment d’accomplissement que je ressentais à franchir les épreuves qu’il mettait sur la route me motiver à poursuivre ma route dans les rues de Yharnam, malgré la difficulté croissante. Par la suite Dark souls 3 devait confirmer ma passion pour cet univers avant que je ne me lance dans la découverte des autres jeux de la licence.

Pourtant malgré les heures passées à arpenter les terres désolées de Lothric ou à lire les descriptions des tenues et des armes, de nombreuses questions demeuraient sans réponses sur le scénario et l’ensemble du lore. Car l’aspect cryptique des jeux de from software est une autre de leurs particularités, peu de cinématiques, des personnages qui parlent par énigmes ou qui mentent, il n’est pas aisé de saisir tous les tenants et les aboutissants de l’histoire. C’est pourquoi je me suis mis à la recherche d’ouvrage s’intéressant aux oeuvres de Hidetaka Miyasaki. Et je ne dois pas être le seul puisqu’au moment où j’ai commencé à chercher le premier tome était en rupture de stock et vendu en occasion à un prix beaucoup trop élevé. J’ai dû attendre la réédition pour pouvoir me le procurer.

Amateurs d’ambiance gothique ? Vous serez servie

PAR-DELÀ LES JEUX

Loué soit le soleil car mes prières furent entendues, les deux livres rédigés par Damien Mecheri et Sylvain Romieu reviennent non seulement sur la genèse de la création des différents titres formant la collection nommée soulborne mais aussi sur le scénario de chacun d’eux. Les zones d’ombre sont éclaircies à l’aide de théories solidement étayées tandis que les personnages secondaires et les boss ont droit à un récapitulatif complet de leur histoire.

S’il se contentait juste de résumer l’histoire et de d’aligner les portraits, l’ouvrage serait déjà satisfaisant mais les deux auteurs ne s’arrêtent pas là. Ils s’emparent des thèmes et des symboles mis en avant par la licence pour mieux en extraire toute la richesse. Ils permettent ainsi aux lecteurs de saisir quelque chose que la plupart des joueurs avaient assimilés, ne serait-ce que de manière instinctive, à savoir que ces créations vidéo-ludique ne sont pas seulement des objets de divertissement mais des oeuvres à part entière. Des oeuvres denses avec des thématiques fortes et à la puissance évocatrice indéniable. Les deux auteurs mettent en lumière, de manière ordonnée, les différentes thématiques qui sous-tendent toute la license, que ce soit la réincarnation, la nature humaine, la destinée, la notion de désir, la quête du savoir qui mène à la folie ou bien encore l’eschatologie. Le tout est présenté de manière claire et amène le lecteur à regretter que la plongée dans cet univers ne dure pas plus longtemps.

Bien sûr les ouvrages s’adressent avant tout aux joueurs qui ont eu l’occasion de se frotter aux cinq jeux du célèbre studio mais il serait dommage de passer à côté du travail passionné auquel se sont prêté les auteurs.

Pour finir il faut souligner le travail de la maison d’édition third qui agrémente le texte d’illustrations des artistes Hubert Griffe et Alexandre Dainche et offre un écrin classieux aux écrits de deux passionnés de jeux vidéo.

Dark souls par delà la mort volume 1

Paru le : 05/03/2020
Auteur(s) : Auteur : Damien Mecheri Auteur : Sylvain Romieu
Éditeur(s) : Third éditions
Collection(s) : RPG
Contributeur(s) : Préfacier : FibreTigre
ISBN : 2-37784-133-3
Pages : 327

Dark souls par delà la mort volume 2

Paru le : 31/08/2017
Auteur(s) : Auteur : Damien Mecheri Auteur : Sylvain Romieu
Éditeur(s) : Third éditions
Collection(s) : RPG
Contributeur(s) : Préfacier : Kévin Cicurel – Postfacier : Benoît Renier – Illustrateur : Hubert Griffe
ISBN : 979-10-94723-76-0

Netflix et le cas 13 reasons why

La mise en ligne début juin de la saison quatre de la série 13 reasons why a été l’occasion d’assister à la fin d’une longue agonie. Une mise à mort annoncée dont les signes étaient visibles pour qui voulait bien se donner la peine de les voir. Des signes que les dirigeants de Netflix ont peut-être déjà su interprétés afin de pallier aux critiques.

On ne va pas y aller par quatre chemins l’ultime saison de la série de Brian Yorkey est une catastrophe. Je ne vais pas m’épancher sur les éléments qui font de ce final interminable un désastre absolu, il suffit de chercher sur internet pour trouver des critiques qui feront le tour de tout ce qui ne va pas dans ce qui est l’une des premières séries Netflix originale.

La question est de savoir si Netflix a pris conscience du problème car le déclin de la série se faisait sentir bien avant cette fatidique saison quatre. À travers cet article je vais tenter d’apporter quelques réponses.

13 RAISONS PUIS 26 PUIS 39

Revenons un instant aux sources du projet. La série est d’abord inspirée d’un livre éponyme de Jay Asher dont l’intrigue est reproduite dans la saison un mis en ligne en 2017. Le livre aborde des sujets graves qui secouent la jeunesse à travers une narration originale. Netflix récupère le projet de film et le transpose en une série de treize épisodes. À l’époque le défi pour Netflix est important, il s’agit de se positionner sur le public adolescent avec une série au ton sérieux abordant des sujets difficiles. Le pari est réussi malgré quelques longueurs et maladresse dans le traitement de thèmes épineux. À la surprise générale la série est renouvelée pour une saison deux.

L’erreur initiale se situe sans doute là, car ni le concept narratif de la série ni son intrigue n’appelait à une suite. Dès lors les scénaristes vont s’embourber dans un schéma narratif qui ne fait plus sens, handicapés par une structure en 13 épisodes qui dessert l’ensemble à coups de remplissage et d’intrigues secondaires sous-développés. La troisième saison va précipiter la chute avec une intrigue policière bancale et poussive qui banalise la série avec toujours autant de remplissage sans compter les nouveaux personnages introduits aux forceps et l’écriture des personnages navrantes par moments. Le discours de Jessica en fin de saison aussi honorable et poignant soit-il ne suffit pas à sauver l’ensemble.

Tout part donc de là, de cette volonté d’entériner un succès sans que cela ne se justifie vraiment, de fidéliser un public alors que les rumeurs autour de plateforme de streaming concurrentes se faisaient déjà entendre. Toute la question est de savoir si Netflix a suffisamment retenu la leçon pour que plus jamais nous n’ayons à assister à un tel naufrage.

LA POURSUITE INCESSANTE DU SUCCÈS

À priori on pourrait croire que c’est le cas. Les sujets de société n’ont pas disparu de la plateforme, le format a juste changé, ces programmes sont dorénavant catalogués en tant que mini-série. C’est notamment le cas de dans leur regard, qui évoque un fait divers sordide et aborde le problème du racisme de manière frontale, on peut citer également Unorthodox qui traite du sujet de l’intégrisme religieux en 4 épisodes ou encore Unbelievable, qui en 6 épisodes, met en avant le thème du viol de façon juste et poignante. Ces mini-série à tendance sociale ont le mérite de former un tout qui permet à Netflix de continuer à mettre en avant des sujets de société épineux sans avoir à s’acharner à leur apporter une suite. Quant à la série the end of the fucking world deux saisons ont suffi pour clore ce récit de rébellion adolescente nihiliste. Ces projets limités par leur format profitent le plus souvent d’une exposition médiatique qui leur permet d’assurer leur avenir dans le catalogue.

Le casting et les créatrices de la mini Unbelievable

D’un autre côté la plateforme a mis en ligne en deux ans plusieurs séries qui visent le public adolescent. Je ne vais pas m’amuser à toutes les cités, retenons notamment the society, ou the order. Leurs points en commun n’est pas tant de proposer des intrigues romantiques sur fonds de mystères très mystérieux que de s’inscrire dans un format feuilleton très classique qui les rend toutes assez homogènes et surtout où tout concept narratif original est absent. Le but évident est de garder un public captif mais d’un autre côté je ne peux m’empêcher de penser que Netflix cherche désespérément à reproduire un autre succès récent de son catalogue, la série dark.

Cette série magnifiquement écrite et interprétée semble avoir lancé un nouveau genre sur la plateforme, celui du programme à grand mystère avec des adolescents en personnage principaux. Sauf qu’il est difficile d’atteindre la profondeur et la maîtrise de cette série. L’exemple le plus récent est la série italienne curon qui reprend les codes de dark sans pourtant atteindre le niveau du programme allemand.

L’influence de dark se fait ressentir à chaque minutes

Et j’ai bien peur que la politique d’engorgement de Netflix nous fasse encore assister à ce genre de déclinaison, peut-être avec la série sex education qui est l’autre succès ado récent de Netflix. Ce sera alors à nous, public serivore toujours en quête de nouveautés, à savoir faire le tri parmi la centaine de programmes qui nous sont proposés chaque jour par ces géants du divertissement.