La fileuse d’argent de Naomi Novik

J’ai acheté ce livre suite à la chronique d’une blogeuse et si je ne peux pas dire que ce fût une mauvaise lecture, les conditions dans lesquelles je l’ai lu font que ce ne sera pas un coup de cœur, sans compter quelques choix de la part de l’auteure qui m’ont laissé perplexe.

J’ai dû faire face à une grosse panne de lecture lorsque j’ai commencé à lire les aventures de Myriem la fileuse d’argent, en effet lisant surtout pendant le trajet aller et retour qui me mène à mon lieu de travail et prenant les transports en commun je me suis retrouvé à suffoquer sous un masque pendant quarante minutes, difficile de se concentrer sur la lecture quand vous avez l’impression que l’on vous a bâillonné alors que les températures ont brusquement augmenté.

UN CONTE MODERNE ET FÉMININ

Malgré tout j’ai passé un agréable moment à la lecture de ce conte moderne où les princesses et les filles de fermes tiennent le premier rôle. Les premiers chapitres où l’on suit Myriem reprenant en main l’affaire de son père sont extrêmement réussies. Sa détermination et son courage nous dressent le portrait d’une héroïne moderne et attachante. De plus son métier de prêteur sur gages, d’habitudes réservés à des seconds rôles, offre une entrée en matière originale.

NARRATION MULTIPLE ET STYLE POÉTIQUE

La suite m’a un peu plus compliquée les choses. Est-ce parce que j’ai l’habitude de voir écris le nom du personnage narrateurs à chaque chapitre comme le fait G. R. R. Martin dans le trône de fer ? mais le fait est que j’ai trouvé le changement de narrateurs un peu abrupt, à chaque changement de narrateurs il me fallait plusieurs lignes pour savoir quel personnage je suivais ce qui est gênant pour la lecture, surtout que l’on change parfois plusieurs fois de narrateurs dans un même chapitre. Les deux autres héroïnes qui nous sont présentées dans la suite du récit sont elles aussi attachantes et figurent parmis les meilleures personnages féminins qu’ils m’est été donné de lire cette année.

Cet élément reste subjectif, d’autres que moi se plongeront sans doute avec plaisir dans cette polyphonie sans problème. L’autre souci que m’a posé cet ouvrage est que j’ai eu du mal à saisir les enjeux de l’intrigue, certains éléments primordiaux sont introduits de manière étrange, j’ai parfois eu l’impression d’avoir loupé une page ou deux, ce qui commence à faire beaucoup avec le problème de narration. Est-ce dû à ce problème de concentration évoqué plus haut ou bien suis-je resté hermétique au style poétique de l’auteure ?

Il faut dire que le style de Novik est très axé sur la poésie, cela contribue à accorder une ambiance de conte de fées aux aventures des personnages. Rapidement on se retrouve plonger dans une ambiance cotonneuse, où la neige fait office d’épaisse couverture enrobant le lecteur dans une douce langueur. Ce style homogène aussi plaisant soit-il empêche le récit de décoller. Les différentes mésaventures des héroïnes ont du mal à prendre de l’ampleur alors même que les intrigues politiques dans lesquelles elles se retrouvent impliquées sont crédibles et solides. L’auteure réussit néanmoins à conclure son récit grâce à un final épique.

Ces défauts, complètement subjectifs au demeurant, n’empêchent pas la fileuse d’argent d’être une bonne lecture avec des personnages féminins saisissants handicapés par un style un peu trop langoureux.

Curon saison un sur Netflix, sale ambiance en Italie du nord

Synopsis: Une femme retourne dans son village pour la première fois depuis 17 ans. Mais lorsqu’elle disparaît mystérieusement, ses enfants doivent affronter un sombre héritage.

Un village reculé, un lac artificiel recouvrant un ancien village dont seul le clocher de l’église reste visible, une forêt mystérieuse et un retour aux sources qui n’annonce pas que du bon il n’en fallait pas plus pour me convaincre de jeter un œil sur la nouvelle série italienne de Netflix.

La série est une création du scénariste Ezio Abbate et du réalisateur Ivano Fachin, au casting on retrouve une majorité d’acteurs italiens à la carrière nationale, beaucoup de nouvelles têtes donc mais on pourra noter la présence de Valeria Bilello, vu dans la série sense 8, Luca Lionello, qui a joué dans la passion du Christ, ou encore Federico Russo, qui n’est autre que le présentateur de la version italienne de the voice.

Les acteurs s’en sortent bien dans l’ensemble

BUIO IN ITALIANO

La série a le mérite de poser une ambiance dès les premières minutes, aidée en cela par la géographie de la vallée où se situe l’action. Une lumière bleu-gris imprègne l’ensemble des sept épisodes, le clocher qui pointe au beau milieu du lac fait son petit effet également et le générique est plutôt réussi. Une ambiance qui ne sera pas sans rappeler les séries à grand mystère tel Twin peaks ou Dark pour rester dans le périmètre de Netflix. Le thème du double est omniprésent et sera au centre de cette première saison.

TEEN-SHOW OU AUTRE CHOSE

La comparaison s’arrête là cependant car installer une ambiance est une chose, en faire quelque chose de palpitant en est une autre. La série échoue à poser ses enjeux et préfère enchaîner les scènes de lycée prolongeant ainsi la malédiction des teen-show Netflix aussi intéressant que les conditions d’utilisation de Google. Il faut malheureusement attendre l’épisode quatre pour que l’histoire se lance enfin, soit la moitié de la saison, alors qu’entre-temps ni le passé du village, pourtant prometteur, ni les personnages ne sont suffisamment développés. Le casting s’avère convaincant mais il est difficile de faire croire à son personnage lorsque celui-ci n’est pas suffisamment écrit.

L’ambiance est là mais n’est jamais approfondi

MON DOUBLE ET MOI

L’histoire s’emballe durant les trois derniers épisodes, enchaînant aussi les facilités scénaristiques mais où moins la serie se montre enfin divertissante et esquisse même un début de réflexion sur le thème de l’identité, du refoulement, du moi et du surmoi mais tout cela reste esquissé en surface par manque de temps. Aussi prometteur et mystérieux que soit son thème, on regrette que le lac garde tous ses mystères à la fin du dernier épisode. Ce genre de série se doit d’avancer des pistes, amenant souvent à leur tour d’autres questions, pour maintenir l’attention du public mais la série a la caméra entre deux genres, la série a suspense et serie pour adolescents, et peine ainsi à convaincre qui que soit.

Nationalité Italie

Chaîne d’origine Netflix

Hoshi sommeil levant, parcours d’une âme cabossée

Hoshi avait su me séduire avec son premier opus il suffit d’y croire qui mettait en avant une chanteuse en mal d’amour armé de mélodies imparables et de textes sociaux bien pensé. Avec ce deuxième album la jeune artiste confirme son coup d’essai.

RÉVEIL SONNANT ET TRÉBUCHANT

Moins imprégnée de social que son prédécesseur, cette nouvelle galette se révèle plus personnelle, l’album s’ouvre et se ferme sur l’image du miroir qui reflète un portrait que la chanteuse ne supporte pas. Tout au long des quatorze pistes Hoshi va trainer son mal-être avec l’énergie de l’espoir que lui offre la fougue de la jeunesse. Armé de sa guitare et de sa plume malicieuse l’artiste impose son univers à mi-chemin du Japon, de Jacques Brel, de Gainsbourg et des arts de la rue. Certaines chansons s’agrémentent de mélodies électro qui achèvent de donner une couleur pop à l’ensemble. En alternant chanson personnelle, sommeil levant, SQY par exemple et hymne générationnel comme marche ou rêve, amour censure ou encore enfants du danger Hoshi instaure un dialogue où chacun pourra se reconnaître dans les thèmes crèves cœur qu’elle aborde. Au milieu des traditionnelles chansons de rupture l’album aborde des sujets de société en faisant ressurgir les angoisses qui nous habitent tous lorsque l’on regarde un instant l’état du monde. Coule mascara et enfants du danger pose un regard amer sur le monde sans jamais être moralisateur. Le duo avec la chanteuse Corine, larme de croco, apporte une touche de douceur bienvenue avant qu’Hoshi ne reparte en guerre contre ses démons ou ceux de notre société.

IN FRENCH PLEASE

Les textes d’Hoshi confirment une chose, il est encore possible de s’amuser avec la langue française en usant et abusant des jeux de mots, allitérations et autres figures de style bien trouvée. Autre point positif Hoshi a banni la pratique du franglais qui consiste à mélanger parole en français et en anglais dans la même chanson. Pratique ridicule qui s’est largement répandu dans la variété française ses dernières années au point qu’il me devient impossible d’écouter certains artistes qui font preuve, selon moi, d’une fainéantise d’écriture. En rompant avec cette mode Hoshi apporte un souffle d’air frais à la scène musicale française.

DE L’AVANT, TOUJOURS

Une chose en particulier m’a interpellé sur cet album, c’est la manière dont Hoshi parvient à retranscrire son état de jeune artiste et à le faire résonner avec notre époque. Cet album cohérent est le journal intime d’une jeune femme qui refuse de se taire mais également celui d’une toute jeune artiste qui a conscience qu’elle a encore tout à prouver. En témoigne son utilisation du champ lexical du mouvement. Si l’on se penche sur les textes on pourra noter que beaucoup de moyens de transport différents sont invoqués, en vrac j’ai noté le train, le bateau, le vélo, le métro et même le skate. Mais cela ne s’arrête pas là, Hoshi est constamment en mouvement comme le prouvent les paroles suivantes, « je cours dans la nuit », « vos sourires me font avancer » sommeil levant, « alors on cherche un sens/ prendre la route de l’essence/ pour avancer d’un tour  » enfants du danger, « tu sais pour pouvoir marcher droit » amour censure, « je prends la fuite » migracoeur. Ce ne sont que quelques exemples parmis d’autres, Hoshi ne cesse d’évoquer les demi-tour, les détours mais toujours dans l’idée d’avancer, de progresser malgré les obstacles que l’on pourrait rencontrer. Une quête pour le futur dans lequel, espérons-le, s’engouffrera le public. En tout cas moi elle a su me séduire avec sa voix rocailleuse mais puissante qui révèle les fêlures d’une artiste prometteuse.

Lady Gaga chromatica, de la pop massive et stridente

Lady Gaga doit faire face à une problématique de taille, elle est une artiste indéniablement pop, comme a su le prouver son premier album the fame, à l’heure où la pop n’existe plus. De nos jours on parle de pop urbaine ou d’electro-pop mais la pop légère et dansante comme Madonna ou Kylie Minogue savaient en faire est loin derrière nous. Mais comme collaborer avec le dernier dj ou rappeur à la mode ne l’intéresse pas elle a opté pour la technique de l’éternelle réinvention, après l’échec de son album artpop elle a su séduire les amateurs de jazz avec ses reprises de standards sur l’album cheek to cheek en duo avec Tony Bennett puis elle s’est lancé dans une pop-folk matiné d’electro avec son album Joanne avant de se découvrir un talent d’actrice dans le film A star is born dont elle a signé la B.O. Aujourd’hui sept ans après la sortie de Artpop elle tente de renouer avec son univers pop en sortant chromatica, un album qui cristallise l’attente de ses fans.

ENJEUX ET ATTENTES

L’enjeu est de taille Lady Gaga doit reconquérir son public de la première heure tout en se positionnant enfin sur le marché du streaming et faire face à une concurrence féroce sur le terrain des divas pop. Pour le streaming son équipe a opté pour des chansons courtes comme cela se fait maintenant, une tracklist plus conséquente et des featurings avec des grands noms de la pop actuelle, à savoir Ariana Grande et le girls-band blackpink. Du côté du public l’attente est grande également, on espère renouer avec la Lady Gaga de la fin des années 2000 qui avait dominé la pop avec ses hymnes dance.

HOMOGENICA

Las, force est de constater que le projet tombe à plat malgré la production solide de bloodpop aucune mélodie ne se détache efficacement et l’album paraît très homogène malgré son titre. On se retrouve vite noyé dans des vagues de synthé ou le chant de Lady Gaga tente de nous maintenir à flot, chant ou hurlement il est parfois difficile de faire la différence. Comment l’artiste qui a su émouvoir avec Always remember us this way peut se contenter d’asséner ses paroles, parfois assez navrantes, sans parvenir à dégager une seule émotion mise à part la lassitude qui s’empare de l’auditeur au fur et à mesure de l’écoute. Les chansons sont ni émouvantes, ni entraînantes. Cet album est une massue assourdissante chargée de rappeler à tous que ni Lady Gaga ni la dance pop ne sont mortes.

On ne peut pas reprocher à Lady Gaga de se lancer à fond dans chacun de ses projets, elle est impliquée et ne cherche pas à rentrer dans le courant musical actuel malheureusement cela ne suffit pas à livrer un projet suffisamment accrocheur pour la ramener sur le devant de la scène. L’album est cohérent mais manque cruellement de spontanéité, de légèreté et de cette touche de fantaisie nécessaire pour faire de cet album une réussite pop.

Vetâla saison 1 sur Netflix des zombies sauce curry

Synopsis: Alors qu’il est en mission pour déplacer les indigènes de la forêt de Campa afin de construire une route, Sirohi et son équipe déchaînent sans le vouloir la malédiction de la montagne Betaal qui fait des ravages sur le peuple et menace de mettre fin à la civilisation telle que nous la connaissons.

Après Ghoul, un huis-clos horrifique efficace sortie en 2018, le studio blumhouse et Netflix livrent leur nouvelle collaboration hindoue, en partenariat avec la boîte de production indienne red chillies production.

Au casting on retrouve des acteurs habitués aux productions Netflix tel que Viinet Kumar Singh présent dans la série Bard of blood et Jitendra Joshi à l’affiche du seigneur de Bombay.

Je garde un bon souvenir de leur précédente série Ghoul, qui offrait en quatre épisodes un spectacle angoissant et tendu. C’est pourquoi je me suis lancé dans cette nouvelle production en toute confiance malgré l’absence de doublage en français.

GOULE FATIGUÉE

Pourtant cette V. O. S. T. F. imposé n’est pas le plus gros souci pour les spectateurs. L’action étant privilégiée, les dialogues n’ont pas une importance capitale. Le co-réalisateur des épisodes, Patrick Graham, multiplie à outrance les montages rapides et nerveux tentant en vain d’instaurer un climat d’urgence alors que dans le même temps chacun des quatre épisodes souffrent de longueurs. La technique de la caméra à l’épaule est souvent utilisée, donnant l’impression que l’on est dans un jeu vidéo mais cache par ailleurs une pauvreté de réalisation. Les scènes de batailles contre les zombies sont plates et celles de carnages cannibales sont souvent filmées hors-champ, sans doute par manque de budget. Le design assez moyen des zombies et les jump-scares inutiles enfoncent encore plus le clou dans le cercueil du show.

UNE ÉCRITURE BÉANTE

Ajoutons à cela des écueils évidents dans l’écriture des personnages. Ce genre de série n’exige pas un développement approfondi de chaque personnage, ceux-ci sont d’ailleurs suffisamment présentés dans le premier épisode pour permettre de lancer l’aventure, mise à part le personnage de l’industriel véreux, trop caricatural. Mais à mesure que les épisodes s’accumulent les incohérences s’enchaînent, les personnages agissent de manière parfois complètement stupide et les facilités scénaristiques finissent d’enlever toute crédibilité à cette nuit en enfer. C’est d’autant plus dommage que la plupart des acteurs se révèlent convaincants malgré les failles dans l’écriture.

Des acteurs charismatiques mal servis par une écriture pauvre

Si les producteurs étaient partis sur l’idée de réaliser un film, ils auraient pu livrer un métrage sans génie mais efficace et dont les défauts auraient pu être noyés dans une effervescence horrifique d’une heure et demie, malheureusement le format série dessert fortement le programme qui perd en saveur à mesure que les zombies se repaissent de chair humaine.

Les mystères du trône de fer de Thierry Soulard

Quelle est la principale vertu d’un passionné de la saga du trône de fer ? La patience ? Certes il en faut lorsqu’on sait que cela fait presque dix ans que les lecteurs attendent assidûment la suite de cette fresque épique, mais non il ne s’agit pas de la patience. Une mémoire encyclopédique ? Oui surtout si on commence à prendre en compte le nombre impressionnant de personnages que compte la saga, mais non il ne s’agit pas de ça. La capacité de déduction ? Oui c’est bien ça, l’attention aux petits détails et la capacité à en tirer des théories recevables voilà bien la vertu indispensable lorsque l’on se proclame fanatique du monde de Westeros.

UN JEU DE PLUMES

Heureusement pour nous Thierry Soulard, l’auteur du présent ouvrage se révèle être un fin connaisseur de l’œuvre de G. R. R. Martin. Il est membre du site francophone consacré à la saga, la garde de nuit et a compilé une somme d’informations colossale sur la saga mais également sur le style littéraire développé par George R. R. Martin. Un style simple souvent déconsidéré car après tout il ne s’agit que de fantasy n’est-ce pas ? Un style qui recèle cependant bien des sens cachés comme l’auteur va s’évertuer à nous le démontrer. L’analyse va se reposer sur les différentes traductions du texte mais aussi énormément sur l’œuvre originale en anglais ce qui prouve le travail acharné réalisé pour produire ce qui est à ce jour l’exploration la plus poussée de la plume de G. R. R. Martin.

UNE VALSE AVEC LES MOTS

La lecture des cinq intégrales parues à ce jour est bien sûr indispensable, celle du témoignage du mestre Gyldayn paru dans l’ouvrage Feu et sang est chaudement recommandée mais toutes les théories concernant ce livre sont clairement expliquées et se situent dans la dernière partie du livre. Enfin il est vivement recommandé d’être à jour des différentes théories qui parsèment la saga, pour rappel celles-ci sont toutes disponibles sur le site de la garde de nuit. L’auteur nous invite à un autre genre de voyage au sein de Westeros. Pas de danse avec des dragons ni d’expéditions au-delà du mur non ici il va plutôt s’agir d’une valse avec les mots afin d’en extraire tout le sel, avec les termes phares de l’auteur pour dévoiler les nombreux mystères et sens cachés derrière des phrases en apparence anodines.

UNE TEMPÊTE DE RÉVÉLATIONS

C’est incroyable le nombre d’éléments disséminés par G. R. R. Martin et qui pourtant échappent à notre regard. Cet ouvrage permet non seulement de faire la lumière sur les dernières intrigues toujours en suspens mais se permet aussi de lancer de nouvelles pistes de réflexion. Les mystères sur lesquelles Thierry Soulard lève le voile rappelle aux lecteurs que Martin est un maître dans l’art de balader ses lecteurs et que la saga n’a pas fini de nous surprendre. Solidement documenté, l’ouvrage revient sur des éléments essentiels de l’intrigue en révélant combien des petits détails sont en vérité d’une importance capitale dans la compréhension de l’intrigue. Si vous êtes persuadé d’avoir entièrement décortiqué les mystères du trône de fer, la lecture de cet ouvrage vous prouvera qu’il n’en ait rien.

L’ouvrage se dévore à une telle vitesse que l’on aurait aimé pouvoir poursuivre l’exploration de la prose de Martin, simple en apparence mais si riche de sens caché.

Note : 10/10

  • Broché : 304 pages
  • Editeur : PYGMALION (29 mai 2019)
  • Collection : FANTASY
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2756428973
  • ISBN-13 : 978-2756428970

The Eddy / la mini-série jazzie de Netflix

On aura beau critiquer Netflix pour sa propension à produire tout et n’importe quoi il faut reconnaître que la plateforme a parfois le nez creux et permet de mettre en avant des productions que l’on aurait difficilement imaginées être financées les canaux habituels. La mini-série The Eddy est de celle-ci, une excellente surprise supervisée par Damien Chazelle, réalisateur de La la land, et du scénariste Jack Thorne qui était déjà aux manettes de la récente série His dark materials.

Avec deux premiers épisodes réalisés en 16 mm par Damien Chazelle en personne le microcosme du bar de jazz parisien acquiert une identité visuelle indéniable et un charme qui accroche le regard dès les premières minutes. Même si la caméra numérique fait son apparition au troisième épisode, l’équilibre visuel est tout de même conservé. Le casting est international autant devant que derrière la caméra, on y parle français, anglais, arabe et même polonais. The Eddy est une tour de Babel moderne dans laquelle les membres se retrouvent autour d’un langage commun, le jazz.

Un groupe réuni par une seule passion : le jazz

JAZZ MOI UNE HISTOIRE

En plus de mettre sur le devant de la scène un style de musique absent de la plupart des shows télévisés, le jazz structure la narration de la série avec ses répétitions de groupe, ses prestations scéniques portées par l’envoûtante Joanna Kulig. La musique est la raison de vivre des protagonistes, ça pulse, ça vibre, ça improvise et surtout cela permet d’unifier la série autour d’une passion commune, la musique. Une unification nécessaire étant donné la narration décousue.

Laissez vous captiver par la ravissante Joanna Kulig

CHŒURS ET ÂMES

En effet chacun des huit épisodes se concentrent sur un membres de ce groupe hétéroclite. Ces tranches de vie se révèlent inégales mais dans l’ensemble elles constituent l’âme de la série, on suit les peines et les déboires de ces musiciens un peu paumés et broyés par le système avec plaisir. Évidemment certains personnages sont plus mis en avant que d’autres en l’occurence c’est le trio Elliot, Julie et Amira qui occupent le plus de temps à l’écran. Ces personnages sont respectivement interprétés par Andre Holland, dont l’écriture maladroite va finalement plomber le récit, Amanda Stenberg, épuisante au début mais qui se révélera plus profonde au fil du récit et enfin Leila Bekhti, qui livre là une composition sans fausse note.

Éblouissante Leila Bekhti

NOTES CRIMINELLES

L’intrigue générale s’articule autour d’une enquête criminelle et des problèmes de gestion du club. Si cela permet de propulser la série avec un final choc lors du premier épisode, il faut reconnaître que cette enquête tire en longueur et sa résolution sera en demi-teinte. Alors qu’elle devrait dynamiser le récit elle finit par plomber le rythme du show. C’est d’autant plus regrettable qu’elle empêche d’apporter un véritable arc narratif au personnage d’Elliot qui fait preuve d’un comportement aberrant au fur et à mesure que la pression se révèle intenable. D’abord déterminé à prendre sur lui et à régler lui-même la menace pesant sur le club avant de finir par demander de l’aide à ses proches sans que cela ne soit pertinent.

Si l’on parvient à faire abstraction de cette partie de l’intrigue, on aura le plaisir d’assister à une lettre d’amour au jazz mais également au monde cosmopolite nocturne. Sans oublier ces portraits touchants de musiciens à fleur de peau.

Un duo père fille qui joue à je t’aime moi non plus

Depuis 2020 / 60min / Drame, Comédie musicale, Musical

Chaîne d’origine Netflix

5 ballades méconnues de Mylène Farmer

Oui vous avez bien lu. Ça ne va pas être un article sur la dernière série Netflix, ni sur le dernier polar à la mode (d’ailleurs à ce sujet il ne me reste que deux livres à lire et ma bibliothèque ne rouvre pas avant juin…c’est la panique !!!).Non aujourd’hui j’aimerais vous parler dune artiste qui m’accompagne depuis des années et j’espère que l’évocation de son nom ne vous fera pas fuir, il s’agit de Mylène Farmer que j’aimerais vous faire découvrir à travers cinq ballades méconnues.

Mylène, j’ai été un grand fan de cette artiste de la fin des années 90 jusqu’au début des années 2010. La période de l’album Innamoramento restera une époque bénie pour moi, j’ai connue la longue absence du début des années 2000 jusqu’à la sortie en 2005 de l’album Avant que l’ombre, la résidence à Bercy puis la sortie du septième album point de suture en 2008 et la tournée qui l’a accompagné durant laquelle j’ai eu la chance de la voir lors d’une des dates de la à Toulouse.

Durant la décennie qui s’achève, une espèce de frénésie s’est emparée de Mylène. Elle publie quatre albums en dix ans avec parfois à peine deux ans d’écart entre deux albums là où auparavant il fallait patienter trois ou quatre ans entre chaque sortie d’albums. C’est durant cette décennie que j’ai un petit peu décroché, je me tenais informé des nouveautés et je me précipitait à chaque nouvel album pour l’écouter mais petit à petit une forme de lassitude s’est installée. Je reproche à ces quatres albums, à savoir Bleu noir (2010), Monkey me (2012), Interstellaire (2015) et enfin le petit dernier Désobéissance ( 2018 ), un côté inabouti, des productions parfois maladroites ou datées, des textes assez pauvres voire ridicules et un manque d’investissement de la part de Mylène. Je me suis tourné vers d’autres artistes tout en replongeant parfois dans son univers lors de moments nostalgiques tout en regrettant l’époque des grands albums.

Mais avec le confinement un phénomène particulier s’est produit. On s’est tous plus ou moins tournés vers des valeurs refuges, que ce soit en littérature, musique, série ou autres domaines du divertissement. On a tous ressentit ce besoin de trouver du réconfort avec des œuvres et des artistes que l’on connaît par cœur. Un moyen comme un autre de se réconforter en cette période troublée. Pour moi l’artiste refuge a été Mylène Farmer et ce n’est que récemment que m’est venu à l’esprit l’envie de partager cette passion sur le blog.

Mais trêve de digressions il est temps de partir à la découverte de ces titres méconnus de la rousse libertine.

5. Un jour ou l’autre

Cette chanson clôture l’album Interstellaire et j’ai dû l’écouter à peine deux ou trois fois, aller quatre pour les besoins de l’article, car je déteste quand Mylène part dans les aigus. C’est peut-être paradoxal pour un fan de celle qui possède une voix cristalline mais je la préfère dans des registres plus graves. Je trouvais également la chanson sirupeuse et incomparable par rapport à ses autres grandes ballades. Mais la version live que Mylène a livrée lors de sa résidence de 2019 à la défense arena a dépoussiéré la chanson, la batterie insuffle une puissance bienvenue tandis que Mylène, par sécurité sans doute, reste dans des tons plus grave et rend supportable l’écoute. L’occasion pour moi de redécouvrir cette chanson et de me rendre compte que son texte est sans doute le plus travaillé de cet album.

4. Tous ces combats

Cette ballade a le malheur d’être perdue au milieu de nombreuses autres sur l’album Avant que l’ombre mais ça n’enlève rien à ses qualités. La production est épurée et la voix de Mylène est très bien mise en avant. Le texte n’offre rien d’original mais reste plus travaillé que certains textes plus récents. Avec cette chanson toute douce Mylène fait ce qu’elle sait faire de mieux et c’est tant mieux.

3. Il n’y a pas d’ailleurs

Retour en 1990 avec cette ballade sombre et mélancolique. Beaucoup ont reproché à l’artiste d’avoir écrit une ode au suicide alors qu’il suffit de prêter attention aux paroles pour se rendre compte que c’est tout le contraire. Cet hymne à la renaissance partage un thème commun avec la chanson précédente, ce sont toutes les deux des odes à la résilience, elles nous invitent à trouver la force en nous pour braver nos peurs et remonter la tête hors de l’eau. La chanson mériterait d’être remasterisé. Elle a été interprétée sur scène lors de la tournée Mylenium tour.

2. Pardonne moi

Cette ballade est la seule à avoir bénéficié d’une exploitation en single avec un clip épuré en noir et blanc mais son succès d’estime me pousse à l’ajouter à cette liste. Cette fois-ci Mylène fait un décompte de ces romances brisées à l’aide d’un lexique qui emprunte beaucoup aux contes de fées et à l’image du prince charmant. Pas une ode à la joie donc mais une chanson magnifique où Mylène susurre plus qu’elle ne chante. Les chœurs arabisants du pont final enrobent le titre d’une atmosphère envoûtante et planante. Une pépite que vous pourrez retrouver uniquement sur la compilation les mots.

1. Et si vieillir m’était conté

Dans cette ballade puissante, Mylène se livre à cœur ouvert sur le temps qui passe et les ravages qu’il provoque sur nos pauvres enveloppes mortels. Tout est parfait dans cette chanson, la production rock mais qui s’ouvre sur des notes de pianos, les arrangements qui vont crescendo, les chœurs baroques sans oublier le texte très travaillé mais pas abscons comme Mylène va en écrire parfois. Sans doute la chanson que je préfère dans tout son répertoire.

Voilà on a en fini pour ce tour d’horizon de ceux que je considère comme étant plus belles ballades de cette artistique certains adorent alors que d’autres conspuent. J’espère que cet article différent de ceux que vous retrouver d’habitude sur le blog vous aura plu. Une fois n’est pas coutume on parle d’autre chose que séries ou livres. Cela ne veut pas dire que cela va devenir une habitude mais je tenais à partager un petit morceau de ma passion pour cette artiste qui possède un répertoire solide mais dont en met souvent en avant les mêmes chansons.

Juanita (2019) sur Netflix avec Alfre Woodward

Alors que le monde reprend sa course effréné vers la surconsommation, j’ai la chance d’être de repos, de ne manquer de rien et d’avoir une liste de programme à voir sur Netflix aussi longue que les conditions d’utilisation Google. Voilà pourquoi j’ai décidé de me lancer dans le visionnage de ce film qui somnolait parmi la pléthore de films que j’ai ajoutée à ma liste.

WONDERFUL ALFREE

Grand bien m’en a pris, Juanita de Clark Johnson est une agréable surprise. Le métrage n’offre rien d’original mais se montre rafraîchissant et offre en plus un rôle de premier plan à une actrice formidable, Alfre Woodward, dont vous reconnaîtrez forcément le visage déterminé pour l’avoir vu dans de nombreux seconds rôles que ce soit au cinéma ou à la télévision. Mère meurtrie dans captain america : civil war, femme au foyer pétrie de secret dans la saison deux de desperate housewiwes ou encore esclave affranchie dans twelve years of slave. Cette actrice fantastique, engagée dans la lutte contre le SIDA et l’égalité en Afrique du Sud, porte le film sur ces épaules. Elle illumine chaque scène de son talent et de son charisme. Sa seule présence au générique mérite que vous lanciez la lecture.

Alfre Woodward, une grande dame

STUCK IN A GREY MONDAY

Le reste du casting se montre à la hauteur même si le fait que le scénario se concentre sur Juanita éclipse un peu le reste de sa famille. Il ne s’agit pas d’un film familial où chaque membre de la famille aura droit à son arc narratif mais d’un parcours de vie interrompu qui doit reprendre son cours. Le film a le mérite de mettre en avant une cinquantenaire qui étouffe entre un boulot ingrat et une famille qui la sollicite un peu trop. Juanita sent que la grisaille du quotidien est en train d’anéantir le peu de force qu’il lui reste alors sur un coup de tête elle décide de prendre un ticket de bus pour Butte dans le Montana.

JUST FEELS GOOD

Évidemment elle va y faire des rencontres qui vont changer son regard sur la vie, l’amour et ses choix sinon n’y aurait pas d’histoire. C’est la partie la plus facile et convenue du film mais elle permet aux seconds rôles de briller à leur tour. Mention spéciale à l’actrice Ashlie Atkinson et à Blair Underwood dans son propre rôle. Le film reste gentillet dans sa proposition, nul doute qu’une véritable reconstruction intérieure ne se fait pas en assistant à un festival indien et en faisant des œufs pochés mais le tout reste fluide et agréable à regarder.

Sans la prestation flamboyante d’Alfre Woodward, le film n’aurait été qu’un feel-good de plus. Ce petit bonbon sans prétention se révèle l’évasion idéale en cette période de sinistrose.

On sent une complicité entre les acteurs

Outer Banks saison 1 / Netflix

C’est peu dire que le public adolescent est chouchouté sur la plateforme Netflix. Tous les mois environ une nouvelle série prenant pour cible ce public friand mais versatile s’ajoute au catalogue déjà bien rempli du géant du streaming. On a donc droit à des péripéties d’adolescents dans toutes les situations et univers imaginables, dans un monde sans adultes, avec ou sans magie. Le genre peut s’adapter à bien des genres mais c’est bien souvent les mêmes codes qui se répètent inlassablement donnant à toutes ces séries un aspect fade et impersonnel. Lorsque outer banks débarqua je ne pensais pas autrement, pour tout vous avouer chers lecteurs je l’ai lancé afin de bénéficier d’un bruit de fond pendant que je rédige des chroniques sur le blog, quelle ne fût pas ma surprise en constatant que la série parvenait à capter mon attention.

Mettons-nous d’accord tout de suite la série ne casse pas trois pattes à un canard mais si on la compare aux autres séries du même genre présentes sur Netflix elle relève du chef-d’oeuvre. On évite les sous-intrigues sentimentales bancales et lassantes. La série tient plus du récit d’aventure que du teen drama, elle remplit donc tout à fait son rôle de divertissement léger.

L’action est censée se situer près de la ville de Wilmington, dans l’archipel de outer banks mais en raison d’une loi discriminatoire en Caroline du Nord concernant les citoyens transgenre la production a pris la décision de déménager en Caroline du sud, dans des décors qui tienne de la carte postale. Ce qui apporte une plus-value face à toutes ces autres séries qui utilisent des lycées génériques qui se ressemblent tous. L’aspect social sert de toile de fond à un récit moins léger qu’il n’y paraît, il faut dire qu’entre misère social, alcoolisme, lutte des classes, ouragan, sans oublier toutes les bestioles qui vous guettent lorsque vous mettez un pied dans l’eau, on ne s’ennuie pas au pays des « pogues ».

Une destination de vacances pour certains, le quotidien pour d’autres

L’alchimie entre les quatre personnages qui composent le groupe d’amis en quête d’un trésor légendaire est palpable. Leurs interactions semblent naturelles et on ressent une complicité touchante entre chacun d’eux. Les jeunes acteurs sont tous charismatiques et déroulent une partition honnête. Leur groupe accorde à la série un petit côté club des cinq sympathiques et dynamique. Les scénaristes tentent d’apporter un background à chacun des personnages, à part pour Kiara qui se contente du rôle de love interest. Ces apports, entre foyer dysfonctionnel et avenir incertain, sont de factures classiques mais s’avèrent solides et crédibles. À ce quator originel viendra s’ajouter une cinquième aventurière sans que cela ne soit forcé, les showrunners parvenant à créer un équilibre entre tension dramatique et moments de complicité.

On a peut être pas de bus mais on des bateaux

L’intrigue se déroule gentiment sur les six premiers épisodes, avec tout de même de grosses ficelles, avant de se transformer en une chasse à l’homme bête et méchante. J’ai largement préféré la chasse au trésor des premiers épisodes plutôt que fuite en avant qui fait surtout du surplace. Les deux antagonistes principaux sont soit stupide, soit schizophrène mais le fait est que la menace qu’ils représentent n’est guère crédible. Les deux n’auront pas besoin ni de la police, incompétente, ni de la bande de héros pour se tirer une balle dans le pied.

Un quator touchant et unis

Malgré une fin de saison qui se contente de jouer la carte de l’action un peu vaine, Outer banks se révèle être un honnête divertissement qui tranche singulièrement avec les autres séries à destination des adolescents.

Synopsis: En déterrant un secret enfoui depuis longtemps, des ados déclenchent une série d’événements malencontreux qui les entraînent dans des aventures inoubliables.

Depuis 2020 / 49min / Drame
Nationalité U.S.A.

Chaîne d’origine Netflix