Into the night saison 1 / Netflix

J’ai fait un peu le tour des séries sur Netflix. Je suis loin d’avoir épuisé ma liste mais côté nouveauté je suis à peu près à jour. Voilà sans doute pourquoi la bande annonce de cette série belge a su me happé et que j’ai lancé le premier épisode sans trop savoir à quoi m’attendre. J’aurais du y réfléchir à deux fois tant la série s’avère décevante sur de nombreux points.

Les créateurs se sont d’abord tiré une balle dans le pied en choisissant un casting international ne maîtrisant pas forcément le français. Il en résulte une cacophonie d’accent qui m’a personnellement empêcher de suivre tous les dialogues. Cela reste subjectif mais il faut le savoir avant de lancer la série surtout que j’ai pu me rendre compte que les acteurs belges on le même défauts que certains acteurs français, ils n’articule pas assez. Ajoutons à cela un jeu d’acteur hasardeux pour certains et une écriture franchement maladroite par moment et vous aurez saisi le problème.

Comment ça mon personnage est mal écris ?

Le point fort de cette première série belge estampillée Netflix est son synopsis accrocheur entre apocalypse mondiale et huis-clos oppressant. Un pitch qui nécessite de se concentrer sur l’action et l’aspect sensationnel surtout au vu du format court, six épisodes de quarante minutes, et du budget de la série qui n’a pas grand chose à voir avec celui de Stranger thing forcément. Mais ce choix n’excuse pas toutes les errances du scénario. Malgré deux premiers épisodes plutôt corrects, qui parviennent à instaurer une tension et une atmosphère angoissante, la suite peine à convaincre. L’aspect huis-clos est rapidement évacué par des expéditions de première nécessité qui sont justifiées mais qui annulent le côté anxiogène qui faisait la force des premiers épisodes.

L’écriture des personnages reste le gros point faible de cette saison. On a droit à des comportements incohérents comme lorsque deux personnages qui se détestent cordialement en viennent aux mains sans raison alors même qu’ils poursuivent un objectif commun et qu’ils sont pris par le temps. Les dialogues font parfois preuve d’un surréalisme affligeant comme lorsqu’un personnage confesse à un autre qu’il est heureux que cette tragédie se soit produite car cela a permis à leur petit groupe d’être réunis. Plus de la moitié de la population mondiale vient de succomber mais lui il est content de pouvoir craindre pour sa vie, de tenter désespérément de se ravitailler en carburant et nourriture et de trouver un terrain d’entente avec le reste des survivants.

J’appelle mon agent qu’il me sorte de cette galère

Les personnages sont introduits par un flash-back au début des épisodes, comme le faisait jadis la série lost, sans que cela ne permette d’approfondir leur personnalité ni que l’on ne puisse s’attacher à eux ni craindre pour leur vie.

Malgré un bon potentiel de départ, into the night se révèle être une déception francophone de plus pour Netflix. Quant à moi je vais fouiller à nouveau ma liste pour tenter de trouver un programme plus solide.

Synopsis : Lorsque le soleil commence soudain à tout tuer sur son chemin, les passagers d’un vol de nuit en partance de Bruxelles tentent de survivre par tous les moyens, coincés dans un avion condamné à faire le tour de la Terre…

Depuis 2020 / 40min / Drame, Science fiction, Thriller
De Jason George (XIII)
Avec Pauline Etienne, Laurent Capelluto, Stefano Cassetti
Nationalité Belgique
Chaîne d’origine Netflix

Black science de Rick Remender et Mateo Scalera

Synopsis: Grant McKay, fondateur de la Ligue Anarchiste Scientifique, a accompli l’impensable en créant le Pilier, un artefact capable de plier les arcanes de la Science Interdite à sa volonté et offrant à l’humanité la possibilité de voyager à travers les dimensions. Seul problème : un incident technique est venu perturber la première expédition avec pour résultat de piéger Grant, ses deux enfants et son équipe de scientifiques entre les dimensions de l’Infinivers, à la merci de mondes plus hostiles les uns que les autres. Seule solution face à l’inconnu : aller de l’avant.

Je suis en train de tomber amoureux…de l’application izneo et des nombreuses offres qu’elle propose. En l’occurrence les éditions urban proposent une réduction sur sa collection urban indies, qui regroupe plusieurs comics indépendants écrits par les grands noms de l’industrie du comic book en creator-owned, c’est-à-dire que leurs créations leurs appartiennent entièrement ce qui n’est pas le cas lorsqu’ils écrivent pour les big two, Marvel et DC.

L’offre initiale concerne les trois premiers tomes de chaque série mais les huit premiers tomes de la série dont je vais vous parler sont tous proposer au tarif dérisoire de 2,99 € ce qui signifie que vous pouvez accéder aux trente premiers épisodes pour moins de 23,92 €. Mêmes les épisodes uniques à la parution hebdomadaires vendues dans les comics shops américains coûtent plus cher. L’occasion était donc trop belle pour passer à côté de ce comic qui me faisait de l’oeil depuis un moment.

Black science donc, puisque c’est d’elle qu’il s’agit ,comme ne le laissait pas deviner le titre de l’article. En lisant le premier épisode une référence évidente va venir à l’esprit des lecteurs, en tout cas des trentenaires, ce sera la série sliders qui narrait les mésaventures d’un groupe d’explorateurs perdus dans les dimensions mais en vérité l’héritage remonte à plus loin que ça. Grant Mckay et ses compagnons d’infortune s’inscrivent dans l’héritage laissé par Homère et son Odyssée. Black science est donc une modernisation d’une épopée bien connue dans laquelle le scénariste y poursuit l’étude de son thème fétiche.

Le comic est mené d’une main de maître par le scénariste Rick Remender. Ce dernier fait partie de ces scénaristes qui se passionnent pour un thème qu’ils vont développer tout au long des différentes œuvres qu’ils écrivent en y mettant beaucoup d’eux-mêmes. Le thème favori de Remender ? La paternité, désirée ou non, et son corollaire, l’éducation que l’on transmet à notre descendance et comment celle-ci influence le caractère et le devenir de nos enfants. C’est un thème fondateur pour cet auteur. On le retrouve dans la plupart de ses oeuvres, que ce soit en creator-owned, dans les séries Fear agent ou Low, ou bien dans ses runs pour Marvel sur uncanny avengers ou uncanny x-force. Le portrait qu’il dresse de son personnage principal, Grant Mckay, est loin d’être élogieux, mari volage et père absent. Il fait aussi preuve d’une certaine arrogance, jugeant que son génie et son travail l’exempt de ses responsabilités familiales. Un personnage à déconstruire donc, ce que Remender va s’employer à faire au travers d’un périple sans temps morts où le danger est présent à chaque croisement.

Le rythme est effréné, rappelons que Remender n’a qu’une vingtaine de pages par épisodes pour faire avancer son récit. Tout va donc très vite. L’auteur a recours à une technique courante dans les comics, la double narration. Pendant que les bulles de dialogues vont se centrer sur ce qui se passe à l’instant, des cases de monologue intérieur vont nous permettre de faire connaissance avec le personnage en tête d’affiche de l’épisode et ses tourments intérieurs. Un choix qui s’explique par l’aspect compressé du récit et le manque de pagination mais c’est le système des comics américains qui veut ça. C’est une technique que j’ai toujours trouvée un peu indigeste mais cela n’enlève rien à l’ingéniosité du scénario et la maîtrise de son scénariste. L’autre défaut que je pourrais faire ne concerne pas la série directement, il est inhérent à la lecture d’un comic sur tablette et je ne suis sans doute pas le seul à l’avoir expérimenté. Les auteurs de comics adorent étaler la lecture sur des doubles pages où la narration se fait horizontalement d’un bout à l’autre de la double page. Cette technique est souvent bluffante en version physique mais elle perd beaucoup de son effet sur tablette malheureusement.

Enfin je ne pourrais pas clore cet article sans parler du talentueux Mateo Scalera dont les dessins énergiques et colorés permettent aux idées les plus folles du duo de prendre forme. Vous voulez trembler pour le sort de nos héros tout en les regardant sauter du haut d’une tortue géante sur lesquelles ont été bâti des cités maya ? Vous voulez lire leur infiltration d’un camp d’amérindiens disposant d’une technologie futuriste en pleine guerre mondiale ? Scalera offrent tout ceci à ses lecteurs ébahis et tout ça dans le premier tome de la série. Les mondes parallèles s’enchaînent tandis que nos dimensionnautes, comme ils s’appellent eux-mêmes, font face à leurs erreurs, parfois mortel.

Black science est donc une excellente surprise, qui vient de s’achever au U.S.A. au numéro 42, dont je n’ai pas encore découvert tous les rebondissements de son intrigue à tiroir. Voilà pourquoi vous m’excuserez sans doute de vous quitter sur cette conclusion un peu abrupte pour me remettre à la lecture de ce passionnant comic.

26 comics delcourt à découvrir gratuitement

Comme de nombreux autres éditeurs depuis le début du confinement, delcourt a décidé de mettre à la disposition des lecteurs les premiers tomes de ces séries les plus emblématiques.

Pour en profiter il suffit d’être détenteur d’une liseuse style Kindle ou kobo ou de télécharger une application de lecture de comics et de créer un compte, l’offre de delcourt apparaîtra très vite. Pour ma part je me suis servie de izneo. Une application à l’utilisation simple doté d’un menu attrayant et d’une interface fluide.

L’offre de delcourt permet à tous les amateurs de bandes dessinées de profiter des tomes 1 de nombreuses séries. L’offre regroupe 26 comics en tout et parmi eux on retrouve certains titres prestigieux. En tête the walking dead de Robert Kirkman mais aussi les autres séries de ce dernier tel que invincible, oblivion song, le maître voleur, techjacket et les gardiens du globe.

Mais l’offre ne s’arrête pas là et propose aussi de découvrir le riche univers de Mike Mignolia avec Hellboy et sa série dérivée B. P. R. D. Todd McFarlane est également au rendez-vous avec ses héros maudits Spawn et Haunt, tandis que Ed Brubaker colore les cases du neuvième art d’un noir d’encre avec ses séries Criminal et Velvet qui n’ont rien à envier aux polars littéraires les plus sombres. Kill or be killed complète cet univer avec une touche de fantastique en prime.

Cette offre inespérée vous permettra également de découvrir la magnifique série de Mark Waid, Irrecuperable, une relecture sans concessions du mythe de Superman. Si vous ressentez l’envie de vous plonger dans la suite de cette saga terriblement addictive vous aurez l’agréable surprise de découvrir les 6 autres tomes au prix de 9,99 euros. Le tout formant une saga complète.

Enfin l’offre ne serait pas complète sans la participation du génialisme scénariste et dessinateur Terry Moore avec deux de ses œuvres, Rachel Rising et surtout son chef d’œuvre Stranger in paradise que delcourt propose sous forme d’intégrale atteignant les 600 pages. L’offre permet donc d’acquérir ce pavé afin de faire connaissance avec Katchoo et Francine, sans doute le duo le plus drôle et touchant de la bande dessinée américaine.

À noter que cette offre est disponible jusqu’au premier juin 2020.

Deadwind saison 1 un vent mauvais souffle sur la Finlande

Le polar nordique et moi ça n’a jamais vraiment pris. Pourtant Dieu sait que j’aime les étendues glacés mais malheureusement je suis resté aussi imperméable à ce style qu’une parka quechua à une tempête hivernale.

Aussi aurais-je dû me méfier quand j’ai repêché des limbes du catalogue de Netflix cette série finlandaise de 2018 mais comme d’habitude je me suis laissé tenter par son pitch accrocheur.

Travailler pour la mission sociale peut s’avérer dangereux

Grand mal m’en a pris, cette saison, la seule pour l’instant, souffre d’une dilution de son intrigue sur douze épisodes inégaux en termes de suspens. Les fausses pistes se multiplient et certains rebondissements ont clairement été écrits pour rallonger l’intrigue qui aurait facilement pu tenir sur six ou huit épisodes. La palme en revient à l’épisode huit où l’un des enquêteurs est victime d’une thérapie peu orthodoxe. Cette scène accomplit l’exploit d’être ridicule tout en étant inutile dans la progression de l’enquête.

On utilise souvent l’expression « intrigue à tiroirs » pour parler de ses enquêtes où les scénaristes nous manipulent jusqu’au dernier épisode. Mais à force d’ouvrir des tiroirs pour les refermer l’épisode suivant puis les rouvrir ensuite on prend le risque de désintéresser le spectateur ou de l’embrouiller sans raison. Et c’est exactement ce qui s’est produit sur moi, à tel point que je n’avais qu’une hâte c’était que le dernier épisode s’achève enfin pour apporter enfin un point final à cette saison. Le scénario ne souffre pas d’incohérences , en tout cas aucune que j’ai pu relever, mais l’aspect alambiqué a agi comme à repoussoir sur moi m’empêchant de m’investir dans les trop nombreux rebondissements.

L’écriture des personnages m’a également posé problème. Cela reste subjectif mais le personnage de Sofia Karppi m’a paru antipathique. Les personnages de policier investi au maximum dans leur mission ne me posent aucun problème à condition de faire preuve d’un peu d’empathie. Sa relation avec ses enfants est complètement ratée, les producteurs préférant mêmes se débarrasser d’eux par une pirouette scénaristique après avoir plombé le récit, qui n’en avait pas besoin, avec une sous-intrigue à la résolution bâclée. Seul le duo d’enquêteurs formés par Sofia Karppi et Sakari Nurmi parvient à nous faire ressentir une certaine complicité après plusieurs faux départs.

Ces deux là vont apprendre à s’apprivoiser

Et pourtant cette enquête criminelle sur fond de réchauffement climatique et d’espionnage industriel avait un potentiel captivant mais se retrouve sabordée par une écriture maladroite et un étirement inutile de son intrigue.

Beastars ou quand Zootopie rencontre le studio ghibli

Lorsque Netflix a annoncé il y a deux ans vouloir investir massivement dans la production d’anime japonais, beaucoup ont eu les yeux qui ont brillé et ont trépigné d’impatience comme à l’annonce de la seconde génération de Pokémon. Au final l’année 2019 se sera révélée plutôt terne en matière d’ajouts originaux sur la plateforme. En effet hormis devilman crybaby on ne peut pas vraiment dire que la production d’anime ait particulièrement brillé, n’evoquons même pas le désastre saint seiya. C’est pourquoi l’arrivée de beastars, adapté du manga de Paru Itagaki, apparaît comme une véritable lueur d’espoir pour les abonnés.

À L’instar de nombreuses autres séries ayants des animaux anthropomorphes en vedette, les personnages évoluent dans un monde moderne, semblable au Japon actuel. En apparence tout va bien dans cet univers qui ne sera pas sans rappeler l’excellent Zootopie, pourtant Beastars se démarque très rapidement par son traitement plus mature et sérieux des thèmes abordés.

Le club de théâtre est le seul où herbivores et carnivores se côtoient

Très vite on se rend compte que de fortes dissensions secouent ce monde un peu trop idyllique. Les rapports entre carnivores et herbivores sont sources de tension malgré l’instauration d’un régime végétarien. Le parallèle avec notre société qui repose encore trop fréquemment sur les rapports dominants et dominés est évident. Mais la série traite aussi de nombreux autres sujets, l’addiction, le communautarisme, l’acceptation de soi et l’affirmation de son identité. Sans oublier une bonne petite romance impossible.

Car l’anime a ceci d’original qu’elle navigue entre shõjo et Shõnen. L’intrigue se concentre sur Leboshi, mal à l’aise dans son corps de loup gris, et Haru ,qui voudrait tellement que le monde la voit autrement que comme une petite lapine qui n’inspire rien d’autre que de la pitié. Leur relation suit les codes connus de la romance adolescente mais les deux personnages sont si finement écrits que cela n’est pas gênant. Le passage à l’âge adulte reste bien évidemment le thème moteur de cette première saison avec une psychologie toute étudié pour que l’on apprécie le parcours de nos protagonistes sans trouver le temps long.

Viens là que je te fasse un gros câlin

La qualité de l’animation saute aux yeux dès les premières minutes, l’anime a bénéficié d’une production aux petits soins. Le rendu sur les nombreux élèves de races différentes, sur leur pelage ou leur fourrure est impressionnant. Les scènes d’action, à défaut d’être chorégraphié de manière originale, sont fluides, on note un ou deux ralentissements dans l’animation mais rien de grave. Les personnages sont en 3D mais les décors sont dessinés à la main, ce qui contribue à donner une réelle identité visuelle aux élèves du lycée de Cherryton et à l’environnement dans lequel ils évoluent.

Non ce n’est pas ce que vous croyez…enfin je crois

Le seul reproche que je pourrais faire à cette première saison et de lancer une intrigue en introduction avant de prendre une direction complètement différente par la suite. Le mystère original n’est pas oublié pour autant mais il paraît quand même étrange de ne pas l’avoir un tant soit peu développé au cours des douze épisodes. Ceci n’enlève rien à la qualité de cette série qui a su m’aggriper avec sa production léchée et ses personnages attachants.

Depuis 2019 / 24min / Aventure, Comédie, Drame, Romance, Animation
Nationalité Japon
Chaîne d’origine Netflix

Il processo un thriller juridique à voir sur Netflix

Synopsis : Le meurtre d’une adolescente touche une procureure liée à la victime, un avocat qui cherche à faire avancer sa carrière et une suspecte qui clame son innocence.

Netflix , aussi connue comme la plateforme de streaming boulimique qui ajoute du contenu plus vite que vous ne vous pouvez le regarder, a récemment acquis une série policière italienne qui vaut son coup d’oeil.

La série a été créée par Alessandro Fabbri et réalisé par Stefano Audenino ,deux auteurs chevronnés du paysage audiovisuel italien. Au casting on retrouve Vittoria Puccini, véritable star en Italie, ainsi que Francesco Scianna, qui a joué notamment dans le temple de ben-hur et dans la série Maltese diffusée sur France télévisions. Camilla Filippi complète le casting principal.

Comme l’indique le titre on se retrouve au cœur d’un procès et ce dès le deuxième épisode. Les spectateurs habitués au polar où on suit l’enquête pas à pas risquent d’être déstabilisé. Ici on restera principalement dans l’enceinte du tribunal et tout le sel de la série va se situer dans le duel que se livrent la procureure et l’avocat de la défense. La série est réglée comme du papier à musique. L’introduction des épisodes montre un morceau de l’interrogatoire qui va donner le ton de l’épisode, puis le passage à la barre va emporter le spectateur dans des flashbacks classiques mais qui permettent de bien se rendre compte de la complexité de reconstituer les derniers instants de la victime.

La série vaut surtout pour son trio d’acteurs principaux, qui endossent à merveille leurs rôles. Camilla Filippi parvient à nous toucher dans son désespoir tout en incarnant une femme richissime et hautaine tandis que Ruggero Barone, le personnage de Francesco Scianna, se révèle beaucoup plus complexe que ne le laisse présager une scène d’introduction manquant de finesse. Vittoria Puccini campe une magistrate investie dans son métier au point de perdre de vue les priorités. Son rôle est le plus difficile, tant, l’actrice doit composer avec une gamme de sentiments variés mais celle-ci s’en tire de manière honorable. L’évolution de la relation entre son personnage, Elena Guerra, et celui de Scianna et un pur régal parfaitement maîtrisés par les scénaristes.

La tension est agréablement équilibrée tout au long des huit épisodes. Alors qu’une révélation conséquente nous est livrée dès le premier épisode, la bataille pour le verdict s’enclenche et ni Guerra ni Barone ne reculeront devant rien pour parvenir à leurs fins. Les quatres derniers épisodes emmagasinent une tension qui ne sera relâchée qu’à la toute dernière minute du dernier épisode.

Les séries policières ont tendance à étirer de manière artificielle leurs intrigues pour remplir leurs quotas d’épisodes. Il processo évite ce défaut grâce à une intrigue au suspense savamment dosé et un trio d’acteurs impeccables.

Ozark la perle noire de Netflix

Ozark est une série qui, bizarrement, ne fais pas tellement parler d’elle. Elle ne suscite pas le même engouement que la casa de papel et n’est pas vraiment mise en avant par la plateforme. Pourtant cela fait maintenant trois saisons que la série de Bill Dubuque et Mark Williams répand sa noirceur dans les eaux calmes des lacs des Monts Ozark.

Souvent comparée à breaking bad, la série a su pourtant imprimer sa marque et si elle traite de thèmes communs elle s’en éloigne dans sa manière de les exposer. Techniquement aussi les showrunners ont pris le contrepied de leur modèle. Breaking bad baignait dans la chaude lumière du Nouveau-Mexique ? Pour Ozark ce sera une ambiance bleu gris et un paysage dominé par la nature.

Là où breaking bad mettait l’accent sur la métamorphose progressive d’un personnage principal, à savoir Walter White, Ozark embarque toute une famille dans une lente descente aux enfers. Si Marty Byrde, brillamment interprété par Jason Bateman, occupe le rôle titre, la série met en avant beaucoup d’autres personnages, à commencer par sa femme wendy, dont le rôle est tenu par la merveilleuse Laura Linney, qui va se révéler au fil des épisodes aussi impitoyable que déterminée. Le reste du casting est à l’avenant de ces têtes d’affiche et offre de beaux jeux d’acteurs.

Tout va bien on te dit papa va tout régler

Avec des épisodes qui atteignent souvent les soixante minutes on pourrait se méprendre et croire que les scénaristes usent de remplissage pour l’écriture mais il n’en ait rien. Le scénario de la série est dense et complexe et mérite d’être exposé clairement pour ne pas perdre le spectateur. De plus la psychologie des personnages est un moteur essentiel à la qualité de la série. La durée des épisodes et le rythme de ceux-ci sont donc justifiés lorsqu’on prend en compte la finesse de l’écriture.

Cette troisième saison a l’avantage de ne pas avoir à poser les enjeux et peut entrer directement dans le vif du sujet. La famille Byrde joue toujours un jeu aussi serré, entre cartels de drogue, enquête du FBI et voisins haineux. Les relations entre les différents personnages atteignent leur paroxysme alors que l’étau se resserre petit à petit autour de Marty Byrde et de ses proches.

Elle ne parvient pas cependant à éviter quelques écueils, notamment avec l’arrivée inopinée du frère de Wendy, Ben, interprété par Tom Pelphrey. Si ce dernier, avec ses faux airs de Keanu Reeves, offre une composition saisissante et permet de mettre en lumière une pathologie méconnue, à savoir la bipolarité, son écriture souffre d’une précipitation inédite dans une série qui prend d’habitude son temps pour poser ses intrigues. Son role central aura des répercussions irrémédiables sur le destin de plusieurs personnages mais ses relations avec certains d’entre eux et surtout leur intensité soudaine paraît artificiel et semblent avoir été écrit pour faire apparaître encore plus de tensions dans le clan Byrde.

Appelle moi encore une fois John Wick et je vais me fâcher très très fort

Ozark est une série qui parle des pièges que l’on se tend à soi-même et qui ont des conséquences irréversibles sur les gens que l’on aime. Le thème de l’aveuglement et de la fuite en avant y sont aussi débattus. Ozark est un collet posé sur un lapin qui n’a pas encore senti le piège se refermer sur lui. C’est, à ce jour, l’une des perles de Netflix à visionner de toute urgence.

C’est moi ou ça commence à craindre sévère ?

Depuis 2017 / 52min / Drame, Thriller
Nationalité U.S.A.

BRASIER NOIR de Greg Iles / actes sud

Résumé: Ancien procureur devenu maire de Natchez, Mississippi, sa ville natale, Penn Cage a appris tout ce qu’il sait de l’honneur et du devoir de son père, le Dr Tom Cage. Mais aujourd’hui, le médecin de famille respecté de tous et pilier de sa com­munauté est accusé du meurtre de Viola Turner, l’infirmière noire avec laquelle il travaillait dans les années 1960. Penn est déterminé à sauver son père, mais Tom invoque obstinément le secret professionnel et refuse de se défendre. Son fils n’a alors d’autre choix que d’aller fouiller dans le passé du méde­cin. Lorsqu’il comprend que celui-ci a eu maille à partir avec les Aigles Bicéphales, un groupuscule raciste et ultra-violent issu du Ku Klux Klan, Penn est confronté au plus grand di­lemme de sa vie : choisir entre la loyauté envers son père et la poursuite de la vérité.

Chronique : L’Histoire de l’humanité s’écrit en lettres de sang et les romanciers ont justement pour mission de mettre en lumière cette violence que chaque homme porte en lui. Certains des plus sanglants chapitres de cette histoire ont déjà été maintes fois porté à notre connaissance, d’autres reste encore à écrire. Les auteurs qui se penchent sur ces épisodes historiques nous livrent ainsi des récits sidérants mais aussi fascinants par ce qu’ils révèlent sur la nature humaine. L’ouvrage dont je vais parler aujourd’hui rentre tout à fait dans cette catégorie.

L’auteur, Greg Iles, s’attaque donc à l’épineux problème du racisme dans le sud des États-Unis. L’auteur s’est énormément documenté sur cette période pour le moins emplie de haine. Son récit dense et néanmoins passionnant renvoie l’Amérique à son héritage haineux et à la question raciale toujours irrésolue plus de quarante ans après la fin de la ségrégation.

Malgré la pléthore de personnages et un récit qui s’étale sur quatre décennies, l’auteur parvient à conserver une clarté dans sa narration. On sait qui est qui et quelle est la place de chacun dans le récit. Et au vu de la complexité de l’intrigue c’est une qualité qui mérite d’être relevé.

Évidemment avec plus de mille pages au compteur l’auteur n’échappe pas à quelques longueurs mais globalement le rythme est soutenu et chaque chapitre fait progresser l’histoire.

La fin, quant à elle, se révèle peut-être un peu trop classique. On a droit au sempiternel face à face entre les héros et les criminels, qui vont commettre l’erreur de tous les criminels arrogants, parler trop longtemps avec leurs prisonniers, alors qu’ils auraient pu s’en tirer sans être inquieté. Hormis ce point noir l’ouvrage est d’une qualité et d’une densité rare et captive le lecteur en quelques pages à peine.

Ce premier tome de la trilogie tient toutes ses promesses et annonce le meilleur pour la suite. Une saga qui rappelle les plus belles heures de la saga millénium.

Note : 9/10

  • Broché : 1056 pages
  • Editeur : Actes Sud (2 mai 2018)
  • Collection : Actes Noirs
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2330103328
  • ISBN-13 : 978-2330103323

Les radley de Matt Haig

Résumé: Ils n’ont qu’une addiction : le sang. Mais depuis plus de vingt ans, ils ont décidé de renoncer à leur péché mignon et de se désintoxiquer. Pas facile d’être un vampire urbain au XXIe siècle ! Dans une banlieue british tout ce qu’il y a de plus respectable, les Radley essayent désespérément de se comporter comme « des gens normaux ». Mais des vampires de souche peuvent-ils définitivement refouler leurs désirs et leurs instincts ? Pas sûr… À contre-courant de toutes les histoires de vampires d’hier et d’aujourd’hui, l’Anglais Matt Haig renouvelle le genre avec ce roman, féroce et brillante satire de notre société et aussi pur plaisir de lecture… et d’angoisse.

Chronique : C’est dix ans après sa sortie que je m’intéresse enfin à ce roman, publié en 2010 alors que la saga twilight occupait les écrans et le cœur des adolescentes. Le roman surf allègrement sur la vague vampirique qui a déferlé au début de cette décennie et qui, personnellement, m’a très vite lassé mais comme je suis toujours curieux de voir ce qu’un auteur est capable de proposer sur le thème des vampires je me suis lancé dans la lecture de ce roman.

Le résultat est à mi-chemin entre la série true blood, pour l’intégration très classe moyenne des suceurs de sang, et la saga twilight pour l’aspect société secrète décadente qui régit les règles de vie des vampires. Un aspect qui reste en arrière-plan, le récit préférant se concentrer sur les tourments de la famille Radley.

Chaque membre de la famille a droit à son portrait psychologique et il ne faut pas longtemps pour comprendre que sous le vernis fortement écaillé, les Radley sont au bord de l’implosion. La relation entre le mari, Peter, et sa femme Helen bat de l’aile tandis que leurs deux enfants, Rowan et Clara, sont en pleines crises d’adolescence. Une mise en situation somme toute classique mais efficace. Le problème est que l’auteur ne parvient jamais à en faire quelque chose d’intéressant ni à instaurer la moindre tension dans son récit.

Il faut dire qu’il n’est pas aidé par son style, complètement plat et creux, c’est un premier roman certes mais quand on s’attaque au thème du vampire on s’attend à un minimum d’ambiance, à ce que la petite vie tranquille de cette bourgade anglaise soit quelque peu malmenée par la présence de ces créatures nocturnes mais non, rien, le récit, très calme et propre, se contente de mettre en scène le vaudeville même pas amusant d’un couple de vampires.

Ce ne sont pas les enfants qui vont sauver le récit, Clara devient inutile après sa première crise alors que Rowan se révèle être un véritable charmeur après avoir passé la moitié du récit à se lamenter sur son sort. Le seul personnage un peu intéressant, Will, le frère de Peter, est sabordé par un auteur qui ignore totalement où mené son récit pourtant son passé, sa relation entre chaque membre de la famille, sa psychologie, auraient mérité d’être approfondi.

L’histoire enchaîne les incohérences et les facilités scénaristiques pour, au final, livrer un récit sans envergure qui ne fait de mal à personne. Au grand dam des amateurs des créatures sanguinaires qui auraient bien aimé retrouver le frisson ressentit à la lecture des plus grandes oeuvres portant sur le sujet.

Note: 4/10

  • Broché : 416 pages
  • Editeur : Albin Michel (29 septembre 2010)
  • Collection : Littérature étrangère
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2226218548
  • ISBN-13 : 978-2226218544

The mire / Netflix

Netflix a l’habitude de surcharger son catalogue avec quantité de productions diverses et variées. Difficile parfois pour les projets intéressants de faire surface, noyé entre une énième série pour ados ou un obscur film de science-fiction au budget limité. Voilà pourquoi je me décide à faire la chronique de cette série policière polonaise de bonne facture.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser la série n’est pas une production Netflix, sous le titre original de rojst elle a été diffusée en 2018 en Pologne, la plateforme a racheté les droits pour une diffusion internationale. Elle a été réalisée par Jan Holoubek et produire par showmax. Les deux acteurs principaux sont Andrzej Seweryn ,qui a notamment joué dans la liste de Schindler, et Dawid Ogrodnik. Les deux acteurs sont convaincants dans leurs rôles de deux journalistes aux méthodes différentes mais acharnés tous les deux à faire toute la lumière sur ce double meurtre d’une prostituée et d’un membre haut-placé du parti communiste.

C’est la fête au village

On constate très vite que les moyens ont été investis à tous les niveaux de la production, images, son, décor, direction artistique et musique. Netflix a su dénicher une pépite issue de l’Europe de l’est.

Alors certes on pourra reprocher aux polonais de ne pas être les maîtres du rire et de rester hanté par le passé. L’ambiance est certes pesante mais distille un suspens savamment dosé. L’image est froide, presque clinique, mais illumine d’une lumière crue les zones d’ombre de cette petite ville de Pologne. On aimerait voir autant de série française s’attaquer à la part sombre de l’histoire de notre pays.

Les cinq épisodes de la série sont à l’image de son titre, un véritable bourbier duquel il sera difficile de s’extraire sans payer le prix fort. La tension s’échelonne d’épisodes en épisodes et les scénaristes ont été assez malins pour ne pas la faire retomber lors d’un épilogue qui réserve encore bien des surprises. Il est juste dommage que l’histoire locale ne soit pas mieux mise en avant et arrivent tardivement dans le récit.

Une très bonne surprise pour qui aime les polars à l’ambiance glaçante, au jeu d’acteur tout en retenue et au scénario finement maîtrisé.