La vache mange de l’herbe qu’elle mâche plusieurs fois, se sert de sa queue comme tapette à mouche, est sacrée en Inde
La Vache, de Tatsu Nagata, poursuit avec brio la série des documentaires animaliers aussi pédagogiques que délicieusement décalés portés par l’inénarrable « professeur japonais ».
Pensé pour les enfants de maternelle, l’album expose des faits essentiels sur la vache — son alimentation, sa rumination, son usage ingénieux de la queue ou encore son statut sacré en Inde — dans une langue simple, directe et immédiatement accessible. Le texte, volontairement factuel et faussement scolaire, joue sur un humour discret mais constant, renforcé par des illustrations impertinentes qui détournent les codes du livre documentaire traditionnel.
La Vache réussit une nouvelle fois à conjuguer transmission du savoir et plaisir de lecture, en invitant les plus jeunes à observer le monde animal avec curiosité et amusement. Un album intelligent, joyeusement absurde et parfaitement adapté aux premières découvertes scientifiques.
ASIN : B0FRFB6VG7 Éditeur : SEUIL JEUNESSE Date de publication : 2 janvier 2026 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 32 pages ISBN-13 : 979-1023521399
Retrouvons l’illustre professeur japonais pour une nouvelle leçon. Le crocodile a des dents qui repoussent tous les deux ans, a le sang froid, avale sans mâcher…
Le Crocodile, signé Tatsu Nagata, s’inscrit dans la savoureuse série des documentaires animaliers menés par l’illustre « professeur japonais », aussi sérieux qu’impertinent.
Destiné aux enfants de maternelle, l’album transmet des connaissances scientifiques simples et précises — dents qui repoussent, sang froid, façon de se nourrir — dans un langage clair, direct et volontairement naïf. Le ton, faussement professoral, joue sur le décalage et déclenche le rire, tandis que les illustrations, volontairement loufoques, détournent les codes du documentaire classique.
À la fois pédagogique et réjouissamment absurde, Le Crocodile réussit le pari d’initier les plus petits à la découverte du monde animal sans jamais les ennuyer. Un album malin, drôle et parfaitement adapté à une première approche documentaire.
ASIN : B0FR8BPTHK Éditeur : SEUIL JEUNESSE Date de publication : 2 janvier 2026 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 32 pages ISBN-13 : 979-1023523409
Seuil’issime, pour découvrir ou redécouvrir les plus grands albums du Seuil jeunesse dans le format et au prix du poche : voilà une idée brillantissime !
Méchant Charles, d’Alex Cousseau et Philippe-Henri Turin, marque le retour réjouissant — et grincheux — du célèbre dragon poète dans une version poche aussi accessible qu’élégante, au sein de la collection Seuil’issime.
Toujours aussi expressif, Charles traverse une crise de mauvaise humeur mémorable. À travers un texte finement rythmé et plein d’humour, Alex Cousseau joue avec les émotions enfantines, donnant corps à la colère sans jamais la juger. En miroir, les illustrations puissantes et sensibles de Philippe-Henri Turin déploient un univers graphique riche, où le trait et la couleur traduisent avec justesse les tempêtes intérieures du héros.
Sous ses airs bougons, Méchant Charles reste un album d’une grande tendresse, qui parle aux enfants comme aux adultes, rappelant que même les dragons ont droit à leurs mauvais jours. Une redécouverte idéale d’un classique du Seuil jeunesse, désormais proposé dans un format poche intelligent, à petit prix, sans rien perdre de sa force littéraire et artistique.
ASIN : B0FRDLKWWH Éditeur : SEUIL JEUNESSE Date de publication : 2 janvier 2026 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 48 pages ISBN-13 : 979-1023522853
Entre votre stress et votre paix intérieure, il existe un espace. Ce carnet, unique en son genre, vous apprend à l’habiter.
10 minutes par jour pour penser moins et mieux : Ma, signé par David Perroud, propose une approche singulière et profondément contemporaine du bien-être mental. À mi-chemin entre carnet guidé, outil de transformation intérieure et manifeste contre la surcharge cognitive, cet ouvrage s’inscrit dans la lignée des pratiques douces mais exigeantes, qui misent sur la régularité plutôt que sur la performance.
Au cœur du livre se trouve le concept japonais du Ma : cet espace invisible mais essentiel entre deux choses, deux gestes, deux pensées. Là où nos vies occidentales tendent à saturer chaque instant, David Perroud invite au contraire à redonner une place au vide, à l’intervalle, à la respiration mentale. Ce n’est pas un simple appel à la méditation, mais une méthode structurée, pensée pour s’intégrer au quotidien sans bouleverser l’agenda ni culpabiliser le lecteur.
Construit comme un journal de 66 jours, l’ouvrage repose sur une promesse claire : dix minutes par jour suffisent pour modifier durablement notre rapport aux pensées anxieuses et répétitives. Loin des discours abstraits, le livre s’appuie sur les apports récents de la neuroplasticité, expliquant avec pédagogie comment l’attention, lorsqu’elle est entraînée avec constance, peut littéralement remodeler nos circuits mentaux. Chaque page devient ainsi un espace d’expérimentation intime, où l’écriture sert de médiation entre le tumulte intérieur et le calme recherché.
La force du livre réside dans son ton juste : jamais prescriptif, toujours accompagnant. David Perroud ne promet ni illumination instantanée ni bonheur permanent, mais une relation plus apaisée à soi-même, construite pas à pas. Le dispositif du carnet — questions ouvertes, exercices simples, temps de pause assumés — favorise l’appropriation personnelle et laisse au lecteur la liberté de cheminer à son rythme.
Élégant dans sa forme, sobre dans son propos, 10 minutes par jour pour penser moins et mieux s’adresse autant aux lecteurs déjà familiers des pratiques introspectives qu’à ceux qui s’en méfient ou pensent ne « pas savoir méditer ». Un ouvrage précieux, accessible et intelligent, qui rappelle que le changement intérieur ne naît pas de l’accumulation, mais de l’espace que l’on accepte enfin de se donner.
Éditeur : JOUVENCE Date de publication : 13 janvier 2026 Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 244 pages ISBN-10 : 2889840603 ISBN-13 : 978-2889840601
Depuis 50 ans, l’Angleterre est en quarantaine : les âmes des défunts ne trouvent plus le repos et hantent les vivants.
Agence Lockwood & associés T1 : Les fantômes, c’est mon métier ouvre une série aussi jubilatoire que sombre, dans laquelle Jonathan Stroud déploie tout son talent pour mêler fantastique, aventure et humour britannique très sec.
Depuis cinquante ans, l’Angleterre vit sous la menace permanente du Problème : les morts refusent de quitter le monde des vivants. Les fantômes hantent les maisons, les rues et les monuments, et le moindre contact peut s’avérer fatal. Face à ce danger invisible, seuls les adolescents, plus sensibles aux manifestations surnaturelles, sont capables de détecter et de combattre les esprits. Une situation aussi absurde qu’inquiétante, devenue la norme dans une société organisée autour de la peur… et du profit.
C’est dans ce contexte que Lucy Carlyle, jeune chasseuse de fantômes talentueuse mais fauchée, rejoint la petite agence Lockwood & associés. À sa tête, Antony Lockwood : charismatique, imprudent, légèrement arrogant et farouchement indépendant. L’agence, minuscule face aux grandes firmes ultra-capitalisées du secteur, survit tant bien que mal, entre missions dangereuses et dettes accumulées. Rapidement, une enquête qui semblait anodine va révéler des enjeux bien plus inquiétants que prévu.
Jonathan Stroud excelle dans l’installation d’une atmosphère à la fois oppressante et ludique. Les scènes de chasse aux fantômes sont tendues, parfois franchement effrayantes, mais toujours traversées par un humour pince-sans-rire qui désamorce la terreur sans jamais la nier. L’univers est remarquablement construit : règles claires du surnaturel, hiérarchie sociale fondée sur la peur, adultes incompétents laissant les adolescents risquer leur vie – un choix narratif qui renforce la dimension critique du récit.
La grande force du roman réside aussi dans ses personnages. Lucy, narratrice lucide et ironique, apporte une voix moderne et attachante. Lockwood, figure ambiguë, fascine autant qu’il intrigue, tandis que les relations au sein de l’agence se construisent sur la confiance, le danger et une solidarité forgée dans l’urgence. Derrière l’aventure fantastique, le roman parle aussi de solitude, de classe sociale et de la difficulté à trouver sa place dans un monde verrouillé.
Accessible, rythmé et visuellement très évocateur, Les fantômes, c’est mon métier pose les bases d’une saga addictive, capable de séduire aussi bien les jeunes lecteurs que les amateurs de fantasy urbaine plus mature. Un premier tome efficace, intelligent et terriblement divertissant, qui prouve que Jonathan Stroud maîtrise à la perfection l’art du fantastique populaire de qualité.
Éditeur : RUE DE SEVRES Date de publication : 14 janvier 2026 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 64 pages ISBN-10 : 2810207283 ISBN-13 : 978-2810207282
La reine de la littérature noire vous présente ses plus belles nouvelles rassemblées dans un recueil à la fabrication ultra soignée.
J’aime votre peur s’impose comme une porte d’entrée idéale – et redoutablement efficace – dans l’univers de Karine Giebel, figure incontournable de la littérature noire contemporaine. Avec ce recueil de quatorze nouvelles, l’autrice propose une traversée dense et maîtrisée de son œuvre, condensant en peu de pages ce qui fait la singularité et la puissance de son écriture.
Thriller psychologique, récit d’angoisse, mystère, texte engagé ou échappée romanesque : la diversité des formes et des tons témoigne d’une remarquable liberté narrative. Karine Giebel joue avec les codes du genre pour mieux les détourner, surprendre et désarçonner le lecteur. Chaque nouvelle fonctionne comme un piège soigneusement refermé, où la tension s’installe dès les premières lignes et ne se relâche qu’au moment de la chute, souvent implacable.
Au cœur de ces récits, on retrouve les thèmes chers à l’autrice : la violence sous toutes ses formes, la cruauté ordinaire, l’injustice sociale, mais aussi la capacité de résistance face à l’effondrement. Les personnages, toujours finement dessinés, luttent contre la noirceur du monde et celle, plus intime, qui les habite. Victimes, bourreaux ou simples témoins, ils restent longtemps en mémoire, tant leurs trajectoires sont chargées d’émotions et de contradictions.
Ce qui frappe particulièrement dans J’aime votre peur, c’est l’équilibre entre ténèbres et humanité. Si Karine Giebel ne recule jamais devant la brutalité des situations qu’elle décrit, elle laisse toujours affleurer des lueurs de résilience, de courage ou d’amour. Ces éclats fragiles, souvent arrachés à la souffrance, donnent aux textes une profondeur émotionnelle rare et évitent tout sensationnalisme gratuit.
La fabrication soignée de l’ouvrage renforce encore l’impression de recueil-manifeste : une œuvre pensée comme un écrin, à la hauteur de textes qui condensent le meilleur du savoir-faire de l’autrice. J’aime votre peur est ainsi bien plus qu’une compilation : c’est une déclaration d’intention littéraire, un panorama cohérent et percutant de l’univers de Karine Giebel.
Un livre à la fois exigeant et accessible, qui séduira les lecteurs fidèles autant qu’il convaincra celles et ceux qui souhaitent découvrir une écriture noire, engagée et profondément humaine.
Éditeur : Pocket / Recamier Date de publication : 27 novembre 2025 Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 444 pages ISBN-10 : 2266361074 ISBN-13 : 978-2266361071
Comment s’échapper de sa cage ? C’est l’obsession des fauves mais aussi celle de Tony, dix-sept ans, lorsqu’il rejoint un cirque itinérant après avoir fui la violence de son père. Faire face aux bêtes, affronter ses propres démons…
Fauves marque un tournant plus sombre et plus viscéral dans l’œuvre de Mélissa Da Costa, confirmant sa capacité à explorer, livre après livre, les zones de fracture de l’âme humaine. Avec ce roman, l’autrice quitte les refuges intimes et les reconstructions douces pour plonger dans un univers de tension brute, où le danger devient un langage et la peur un moteur de survie.
À travers Tony, dix-sept ans, adolescent cabossé par la violence paternelle, Mélissa Da Costa met en scène une fuite qui n’a rien d’une échappatoire confortable. Le cirque itinérant qu’il rejoint n’est pas un havre, mais une arène. Un lieu où l’on apprivoise le risque, où l’on vit au contact de fauves qui incarnent autant la menace que la liberté. Face aux bêtes sauvages, Tony apprend à se confronter à ce qui l’habite : la rage, la honte, le désir de disparaître et celui, plus puissant encore, de se sentir vivant.
Là où Fauves impressionne, c’est dans sa manière de faire dialoguer l’animal et l’humain. Les cages, les numéros, l’odeur de la sciure et la proximité de la mort deviennent des métaphores limpides de l’enfermement intérieur. Le cirque est un monde à part, régi par ses propres lois, où chaque personnage porte ses blessures et ses contradictions. Mélissa Da Costa excelle à donner chair à cette communauté marginale, sans jamais tomber dans le folklore ni l’idéalisation.
L’écriture, plus tendue que dans ses précédents romans, se fait charnelle, presque haletante. Les scènes dans l’arène, chargées d’adrénaline, alternent avec des moments d’introspection d’une grande justesse émotionnelle. La violence n’est jamais gratuite : elle est regardée en face, interrogée, parfois dépassée. Le roman pose alors une question centrale, obsédante : comment rompre le cycle de la brutalité sans devenir soi-même une bête ?
Roman d’apprentissage, récit de survie et méditation sur la liberté, Fauves s’impose comme une œuvre puissante et inconfortable, qui refuse les réponses faciles. Mélissa Da Costa y affirme une voix plus âpre, mais toujours profondément empathique, capable de transformer la peur et la colère en matière littéraire. Un livre qui marque, qui secoue, et qui confirme l’autrice comme l’une des figures majeures du roman français contemporain.
Éditeur : Albin Michel Date de publication : 7 janvier 2026 Édition : 1er Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 484 pages ISBN-10 : 2226483543 ISBN-13 : 978-2226483546
C’est une nouvelle année, donc vous savez ce que ça veut dire, non ? Harlan Coben a une nouvelle série sur Netflix. Et le plus grand choc, c’est qu’elle ne met pas en scène Richard Armitage. À la place, on retrouve James Nesbitt dans le rôle de Simon, un homme à la recherche de sa fille fugueuse. On y voit des sectes, des tueurs, de nombreuses morts, et des mensonges au cœur de cette série en 8 épisodes. Une fin qui révèle la personne responsable de la mort d’Aaron, tout en laissant un goût amer, puisque la série se termine sur un énorme mensonge.
Fin expliquée
Quand on arrive à la fin de la série, elle nous tient littéralement en haleine jusqu’à la toute dernière image. Avec les différentes intrigues en cours, on voit que, pendant que Simon est convoqué pour voir Rocco une dernière fois — celui-ci affirmant avoir des informations sur la localisation de Paige — Ash et Dee se rendent au domaine pour tuer Aaron, sans savoir qu’il est déjà mort.
À ce stade, on apprend qu’Aaron était un enfant issu de la secte The Shining Truth, destiné à hériter d’une fortune, ce qui faisait de lui une cible. Ash et Dee pensent alors que Simon est à leurs trousses, car Elena a reçu un message de lui sur son téléphone, message qu’ils découvrent après l’avoir tuée. Ils suivent Simon dans le sous-sol, où ils tendent une embuscade à Rocco et le tuent, Luther étant également abattu dans l’échange de tirs. Ash est tué, puis Dee, en poursuivant Simon, est projetée par-dessus le balcon avant de pouvoir le tuer et fait une chute mortelle.
Cet acte est commis par un membre de The Shining Truth, une mère qui tentait de prévenir son fils et qui ne faisait pas réellement partie de la secte. Elle ne voulait pas que son enfant soit tué et refusait l’idée que les fils soient pourchassés. En tuant Dee, elle pensait empêcher d’autres meurtres.
Après cela, Simon se retrouve à l’hôpital. Une fois rétabli, il rend visite à sa femme Ingrid, toujours dans le coma depuis qu’elle a été blessée par balle par Luther au début de la saison. C’est là qu’il retrouve Paige, assise au chevet de sa mère. La fille qu’il cherchait désespérément est finalement venue à lui. Elle était en centre de désintoxication depuis un certain temps et essayait de remettre sa vie sur les rails après la mort d’Aaron.
Même si la quête pour retrouver Paige est terminée, la question de savoir qui a tué Aaron reste en suspens. Lorsque Ingrid se réveille et rentre chez elle, Paige révèle à son père que c’est elle qui a tué Aaron, justifiant son acte par le fait qu’il la menait sur une mauvaise voie. À ce moment-là, on pense que la série va se conclure sur Simon gardant un ultime secret : celui que sa fille est une meurtrière. Mais ce n’est pas la vérité.
La vérité, c’est qu’Ingrid a en réalité tué Aaron, le tenant pour responsable d’avoir entraîné Paige dans cette spirale. Cependant, la série réserve un dernier retournement de situation sombre et dérangeant : Ingrid faisait autrefois partie de la secte The Shining Truth, et Paige et Aaron n’étaient pas en couple. Ils étaient en réalité demi-frère et demi-sœur.
Paige faisait des recherches sur ses gènes et son histoire familiale, et c’est ainsi qu’elle découvre qu’Aaron et elle étaient liés par le sang. Ce détail était d’ailleurs sous nos yeux depuis le début : il y avait deux matelas dans l’appartement où ils vivaient, et non un seul, montrant qu’ils ne dormaient pas ensemble. Comme le dit Simon : pourquoi un jeune couple dormirait-il sur des matelas séparés ?
J’ai aimé le fait que cet indice soit dissimulé de manière si subtile, juste sous nos yeux, sans que l’idée ne me traverse l’esprit. Une fois révélé qu’Ingrid était la mère d’Aaron — et qu’après avoir fui la secte, elle ignorait qu’Aaron était son fils — on comprend qu’elle a en réalité tué son propre enfant.
Paige ne veut pas que Simon révèle à Ingrid qu’Aaron était son fils, car elle pense que cela la briserait totalement. Ainsi, même si Simon promet de ne plus avoir de secrets au sein de la famille, celui-ci restera enfoui, pour préserver la santé mentale d’Ingrid.
Les secrets sont précisément ce qui a détruit la famille au départ, puisque Paige n’a jamais révélé à ses parents qui était réellement Aaron. Ce qui a causé leur chute devient donc le fondement de leur avenir.
Le lent travelling final vers Simon, le montrant face aux deux femmes les plus importantes de sa vie — sa fille et sa femme — illustre parfaitement le conflit qui le ronge intérieurement. Son visage troublé montre qu’il ne pourra jamais se débarrasser de ce secret, et qu’il le portera en lui pour l’éternité. Qui sait, ce cycle destructeur pourrait bien recommencer. Même si ce secret protège Ingrid, il pourrait détruire la santé mentale de Simon.
La toute dernière image le montre regardant directement la caméra, comme s’il nous posait la question : que ferions-nous à sa place ? Garder le secret ou dire à la personne que l’on aime qu’elle a tué son propre enfant ?
En dehors de la mort d’Aaron et de la responsabilité d’Ingrid, on apprend également que la secte The Shining Truth est exposée et démantelée. Le corps d’Elena est retrouvé, des funérailles ont lieu auxquelles Simon assiste, et l’on découvre aussi l’existence de la fille biologique du mari d’Elena, qu’il lui avait cachée.
Critique de Run Away
En ce qui concerne les séries adaptées des romans de Harlan Coben, j’ai l’impression de dire la même chose chaque année. Elles manquent souvent de profondeur. Le jeu d’acteur est très superficiel, peu convaincant, donnant parfois l’impression de regarder un soap opera comme Hollyoaks. L’écriture du scénario n’est pas particulièrement stimulante.
Cela dit, la série se regarde facilement et sait parfaitement créer des cliffhangers efficaces, au point de nous donner envie de lancer l’épisode suivant. Cela m’est arrivé à plusieurs reprises pendant le visionnage.
L’intrigue autour de Dee et Dash aurait presque pu être une série à part entière. J’ai plutôt apprécié de les suivre dans leur traque méthodique des personnes figurant sur leur liste noire. En revanche, l’aspect secte m’a semblé ajouté tardivement et ne m’a pas vraiment captivé. J’ai trouvé que cela compliquait inutilement l’histoire, même si le reste des intrigues s’imbriquait plutôt bien.
J’ai été profondément choqué par la mort d’Elena. C’était probablement mon personnage préféré, et je ne pensais absolument pas qu’elle allait mourir. J’ai lancé l’épisode suivant immédiatement pour comprendre ce qui lui était arrivé.
Concernant la disparition de Paige, même si je comprends le désespoir de Simon, c’est l’intrigue qui m’a le moins convaincu. Elle apparaît simplement au chevet du lit d’hôpital à la fin, ce que j’ai trouvé décevant. Toute la série repose sur sa fuite, les accusations contre elle, et l’argent que Simon dépense pour la retrouver… pour qu’elle réapparaisse soudainement à la toute fin.
Le nombre de morts et la manière dont elles sont montrées sont particulièrement violents. La série ne détourne pas le regard, ce qui est assez rafraîchissant, même si cela m’a surpris au départ.
Côté interprétation, j’ai trouvé la majorité des performances assez faibles. Seuls trois acteurs m’ont réellement convaincu : James Nesbitt (Simon), Ruth Jones (Elena) et Maeve Courtier-Lilley (Dee). Pour les autres, on a souvent l’impression qu’ils récitent leur texte, avec un niveau proche du théâtre scolaire. C’est particulièrement flagrant pour Ash et Sam, le fils de Simon.
Globalement, cela frôle souvent le niveau d’un soap. C’est sans doute pour cela que j’ai du mal à vraiment apprécier les séries de Harlan Coben : je n’arrive jamais à m’immerger totalement, et le jeu d’acteur ne correspond pas à la gravité des thèmes abordés.
Alors, est-ce que la série vaut le coup ? Malgré ses faiblesses, elle reste regardable. Elle ne pousse pas vraiment à s’attacher aux personnages ni à s’investir émotionnellement, mais elle est prenante. On comprend pourquoi elle est numéro un sur Netflix : elle donne constamment envie de connaître la suite.
L’intrigue peut devenir confuse par moments, et l’aspect secte frôle parfois le ridicule, mais l’ensemble permet de se laisser happer pendant huit heures sans avoir l’impression de perdre son temps. À titre de comparaison, Fool Me Once était meilleure, et Missing You l’an dernier aussi.
Run Away est divertissante, mais il ne faut pas en attendre trop. Si vous avez déjà vu les autres séries de Harlan Coben, vous savez exactement dans quoi vous vous engagez.
Contient 14 films en Blu-ray : – La Vie des morts – La Sentinelle – Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle) – eSTheR KaHN (nouvelle restauration) – Léo en jouant dans la compagnie des hommes – Rois & reine (nouvelle restauration) – « Un conte de Noël » (nouvelle restauration) – « Jimmy P. (Psychothérapie d’un Indien des Plaines) » – « Trois souvenirs de ma jeunesse » – « Les Fantômes d’Ismaël » – « Roubaix, une lumière » – « Tromperie » – « Frère et soeur » – Spectateurs ! – un livret (28 pages) – 6 cartes postales – une planche de stickers
Avec ce Coffret Desplechin – 14 films, c’est tout un pan du cinéma français contemporain qui se trouve réuni dans un écrin éditorial ambitieux et cohérent. Plus qu’une simple compilation, ce coffret propose une traversée sensible et intellectuelle de l’œuvre d’Arnaud Desplechin, cinéaste majeur de l’intime, de la parole et de la complexité des êtres.
La sélection embrasse l’ensemble de sa filmographie, des débuts fulgurants (La Vie des morts, La Sentinelle) aux œuvres plus récentes (Frère et sœur, Spectateurs !), en passant par les films devenus emblématiques (Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle), Rois & reine, Un conte de Noël). Les nouvelles restaurations, particulièrement soignées, redonnent une vigueur saisissante à des films souvent très dialogués, où la précision des regards, des silences et des corps est essentielle.
Visionner ces films dans leur continuité permet de mesurer la cohérence profonde du cinéma de Desplechin : une obsession pour la famille comme champ de bataille affectif, pour la psychanalyse, la mémoire, la culpabilité et la transmission. On y retrouve cette manière unique de faire cohabiter le romanesque et l’autobiographique, la légèreté apparente et la douleur brute. Des œuvres comme Trois souvenirs de ma jeunesse ou Tromperie prennent une résonance particulière replacées dans cet ensemble, comme des variations tardives sur des thèmes fondateurs.
Le coffret se distingue aussi par la richesse de ses compléments matériels. Le livret de 28 pages, les cartes postales et la planche de stickers ne relèvent pas du gadget, mais participent d’une véritable volonté éditoriale : accompagner le spectateur dans une relation presque charnelle à l’œuvre, fidèle à l’idée d’un cinéma vécu, pensé, revisité.
Sur le plan technique, les Blu-ray offrent un confort de visionnage à la hauteur de l’ambition du projet, respectant les textures originales tout en gagnant en lisibilité. Cette édition s’adresse autant aux cinéphiles avertis qu’aux spectateurs désireux de découvrir un auteur dont chaque film dialogue avec les autres.
Dense, exigeant, profondément humain, ce coffret s’impose comme une référence. Une invitation à se perdre — et se retrouver — dans un cinéma de la parole et des failles, où penser et ressentir ne sont jamais dissociés. Un indispensable pour comprendre l’œuvre d’Arnaud Desplechin, et, à travers elle, une certaine idée du cinéma français.
Classé : Tous publics Dimensions du colis : 18 x 14,4 x 12,9 cm; 1,35 kilogrammes Réalisateur : Arnaud Desplechin Format : Blu-ray Durée : 13 heures et 20 minutes Date de sortie : 2 décembre 2025 Acteurs : Chiara Mastroianni, Ian Holm, Roch Leibovici, Summer Phoenix, Thibault de Montalembert Sous-titres : : Français Langue : Français (Audio DTS-HD High Resolution), Français (Audio DTS-HD High Resolution) Studio : Le Pacte ASIN : B0FL88GW64
Une mère célibataire et ses deux filles arrivent à Taipei pour ouvrir une petite cantine au cœur d’un marché nocturne de la capitale taiwanaise. Chacune d’entre elles doit trouver un moyen de s’adapter à cette nouvelle vie et réussir à maintenir l’unité familiale.
Avec Left Handed Girl, la réalisatrice Tsou Shih-Ching livre un film d’une grande délicatesse, à la frontière du drame social et du portrait intime, qui capte avec une précision rare les fragilités du lien familial face au déracinement. Ancré dans le tumulte sensoriel des marchés nocturnes de Taipei, le film raconte l’installation d’une mère célibataire et de ses deux filles dans une ville aussi vibrante qu’indifférente.
Dès les premières scènes, le décor devient un personnage à part entière. Les néons, les odeurs de friture, la foule compacte et le vacarme permanent contrastent avec la solitude intérieure des protagonistes. La petite cantine qu’elles ouvrent agit comme un fragile refuge, mais aussi comme un révélateur de tensions enfouies. Chacune des trois femmes affronte cette nouvelle vie à sa manière, entre désir d’émancipation, sentiment d’abandon et besoin vital de rester soudées.
La mise en scène de Tsou Shih-Ching se distingue par sa sobriété. Elle privilégie les gestes du quotidien, les silences, les regards qui s’évitent ou se cherchent. Le récit progresse sans effets appuyés, laissant au spectateur le soin de percevoir les micro-fractures qui menacent l’équilibre familial. Cette approche quasi documentaire donne au film une authenticité bouleversante, sans jamais tomber dans le misérabilisme.
Janel Tsai incarne la mère avec une retenue remarquable. Son jeu, tout en intériorité, traduit la fatigue d’une femme qui porte seule la responsabilité du foyer, tout en tentant de préserver ses filles de ses propres renoncements. À ses côtés, Nina Ye impressionne par la justesse avec laquelle elle exprime les contradictions de l’adolescence : le besoin de liberté face à la peur de trahir les siens. La cadette, plus silencieuse, agit comme un miroir sensible de cette cellule familiale en recomposition.
Au-delà de son récit intime, Left Handed Girl esquisse une réflexion plus large sur la place des femmes dans une société urbaine en perpétuel mouvement, où la réussite économique se paie souvent d’une grande solitude. Le film parle de transmission, de résilience et de cette capacité à réinventer une famille malgré les fractures.
Œuvre discrète mais profondément humaine, Left Handed Girl touche par sa douceur mélancolique et par la justesse de son regard. Un cinéma du sensible, qui s’attarde sur l’essentiel : la difficulté d’aimer et de rester ensemble quand tout pousse à la dispersion.
Rapport de forme : 2.35:1 Classé : Tous publics Dimensions du colis : 17 x 14 x 14 cm; 85 grammes Réalisateur : Tsou Shih-Ching Format : Blu-ray Durée : 1 heure et 48 minutes Date de sortie : 22 janvier 2026 Acteurs : Blaire Chang, Huang Teng-Hui, Janel Tsai, Ma Shi-Yuan, Nina Ye Sous-titres : : Français Langue : Mandarin (DTS-HD 5.1) Studio : Le Pacte ASIN : B0FWG3548W