Les Chimères de Vénus T3 de Alain Ayroles (Auteur), Etienne Jung (Illustrations)

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Hélène Martin, a réussi à atteindre l’île magnétique et à y retrouver son fiancé, le poète Aurélien d’Hormont. Elle n’a à présent plus qu’une hâte : regagner la Terre avec lui. Seulement, il semblerait qu’une étrange énergie gorge l’île. Elle déraille le temps et attire irrésistiblement Aurélien…

Avec Les Chimères de Vénus – Tome 3, Alain Ayroles et Étienne Jung livrent un nouvel épisode d’une ampleur romanesque saisissante, où la science-fiction rétro flirte plus que jamais avec la tragédie amoureuse et le souffle de l’aventure feuilletonesque.

Nous sommes en 1874, sur une planète Vénus rêvée, fantasmatique, héritière directe des grands récits d’anticipation du XIXᵉ siècle. Hélène Martin a accompli l’impossible : atteindre la mystérieuse île magnétique et retrouver Aurélien d’Hormont, son fiancé poète, disparu dans les méandres de cette planète étrangère. Leur réunion, pourtant, ne marque pas la fin du périple. Elle en constitue au contraire le cœur le plus inquiétant.

Car l’île est imprégnée d’une étrange énergie, l’éthérite, capable de bouleverser les lois du monde. Le temps s’y dérègle, les perceptions se troublent, et Aurélien semble peu à peu happé par cette force invisible, comme si Vénus elle-même refusait de le laisser repartir. L’amour devient alors un combat contre l’irrationnel, contre une planète vivante qui agit telle une chimère insaisissable.

En parallèle, la tension politique atteint son paroxysme. Le sous-marin du général Mercadet, accompagné de l’ambitieux et manipulateur duc de Chouvigny, s’apprête à annexer l’île. La quête scientifique se transforme en conflit impérial, révélant la cupidité humaine face à une ressource dont la puissance dépasse toute compréhension. L’éthérite n’est plus seulement un mystère : elle devient un enjeu stratégique, capable de faire basculer l’équilibre des puissances terrestres.

Alain Ayroles poursuit ici son remarquable travail d’écriture : dialogues ciselés, ironie discrète, humanisme sous-jacent et sens aigu du rythme. Le récit entremêle avec une grande maîtrise romance, aventure, science et critique du colonialisme, dans une montée dramatique parfaitement orchestrée. Chaque personnage est tiraillé entre désir intime et ambition collective, donnant à l’ensemble une profondeur émotionnelle rare.

Le dessin d’Étienne Jung sublime cette fresque rétrofuturiste. Son trait élégant, précis et foisonnant évoque aussi bien la gravure scientifique que l’illustration vernienne. Les décors vénusiens fascinent par leur étrangeté organique, tandis que l’île magnétique semble presque douée de conscience. La mise en couleur, subtile et atmosphérique, accompagne la dérive temporelle et accentue la sensation de malaise progressif.

Avec ce troisième tome, Les Chimères de Vénus affirme pleinement son ambition : celle d’un grand récit d’aventure à l’ancienne, nourri d’une modernité thématique puissante. Derrière les dirigeables, les sous-marins et les savants barbus se dessine une réflexion vertigineuse sur le progrès, la possession et le prix à payer lorsque l’humanité prétend s’approprier l’inconnu.

Un volume dense, somptueux et envoûtant, qui fait basculer la série vers une dimension plus tragique encore — et confirme Les Chimères de Vénus comme l’une des œuvres les plus brillantes du paysage de la bande dessinée contemporaine.

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES Date de publication ‏ : ‎ 28 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 72 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2810202427 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810202423

Gardiens de fer – Tome 01 de Christophe Alliel

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Dans un monde asservi par les machines, un garçon et son chien pourraient bien rallumer l’étincelle de la révolte.

el réussit un équilibre subtil entre récit d’apprentissage, science-fiction post-apocalyptique et aventure populaire. La relation entre le garçon et son chien donne au récit une dimension affective forte, renforcée par un enjeu bouleversant lorsque Dumpling est grièvement blessé. Le choix de Soni — vendre son mécha pour sauver son compagnon — déclenche une spirale dramatique qui l’entraîne dans les bas-fonds d’une cité corrompue, entre gangs violents et arènes clandestines.

L’introduction du tournoi First Strike, où humains et Phantoms s’affrontent dans des combats de méchas titanesques, injecte une énergie spectaculaire au récit. Mais au-delà du pur divertissement, l’album interroge la domination, la propagande et la mémoire de la guerre. Derrière les affrontements d’acier se cache une question essentielle : que reste-t-il de l’humanité quand elle n’a plus le droit de choisir ?

Graphiquement, l’album impressionne par la lisibilité de l’action, la puissance des machines et la finesse accordée aux expressions des personnages. Les décors industriels, les carcasses de robots et les cités verticales composent un monde crédible, oppressant, parfaitement cohérent. Les scènes de combat, dynamiques et spectaculaires, n’éclipsent jamais la narration ni l’émotion.

Avec ce premier tome, Gardiens de fer s’inscrit dans la grande tradition de la SF d’aventure tout en affirmant une identité propre. Entre hommage assumé aux récits de méchas et regard sensible sur la survie et la loyauté, Christophe Alliel propose un album généreux, rythmé et déjà chargé de promesses.

Un lancement solide et captivant, qui donne envie de suivre Soni et Dumpling jusqu’au bout de cette révolte naissante — là où l’acier pourrait bien finir par céder face au courage.

  • Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD
  • Date de publication ‏ : ‎ 2 janvier 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 64 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2344067132
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344067130

Mickey et le roi des pirates de Joris Chamblain (Scenario), Dav (Dessins)

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Entre Dickens et Pirates des Caraïbes !

Avec Mickey et le roi des pirates, Joris Chamblain et Dav livrent une relecture ambitieuse et résolument romanesque de l’univers Disney, mêlant aventure, mystère et souffle épique dans un album à la croisée de Dickens, du récit maritime et du conte fantastique.

L’intrigue s’ouvre dans un Londres de 1850 magnifiquement recréé, noyé de brume, de docks grouillants et de quartiers industriels menacés par l’effondrement économique. La disparition du légendaire sou-fétiche de Picsou ne provoque pas seulement la ruine du plus riche canard du monde : elle déséquilibre toute la ville, plongeant usines et habitants dans le chaos. Picsou, lui-même méconnaissable, dilapide sa fortune comme s’il avait perdu toute raison.

Face à cette catastrophe inexplicable, Mickey endosse le rôle d’un jeune reporter déterminé, animé par un sens aigu de la justice. Accompagné de Pluto, il se lance dans une enquête qui dépasse rapidement le simple vol pour révéler une toile de complots, de légendes oubliées et de pirates surgis du passé. Sur sa route se greffent Dingo, embarqué dans une mission mystérieuse outre-Atlantique, et Donald, fuyant un héritage dont il pressent le danger. Peu à peu, leurs destins s’entrelacent autour d’un secret ancien, bien plus vaste qu’ils ne l’imaginaient.

Le scénario de Joris Chamblain impressionne par sa construction dense mais limpide, alternant enquête, humour, action et révélations successives. Les personnages Disney sont respectés dans leur essence tout en gagnant une profondeur nouvelle : Mickey devient un véritable héros d’aventure, Donald un héritier tourmenté, Dingo un compagnon aussi imprévisible qu’essentiel. L’ensemble évoque les grands romans-feuilletons du XIXe siècle, avec un sens du rythme et du suspense particulièrement maîtrisé.

Graphiquement, Dav signe un travail remarquable. Son trait expressif s’adapte parfaitement à l’ambiance sombre et fantastique du récit. Les décors — docks londoniens, clubs de milliardaires, tavernes des Açores — regorgent de détails et plongent le lecteur dans une atmosphère riche, presque cinématographique. Les jeux d’ombres, la dynamique des scènes d’action et la lisibilité des planches renforcent l’immersion.

À travers cette aventure haletante, l’album interroge subtilement la notion de richesse, de pouvoir et de responsabilité. Un simple sou peut-il réellement décider du destin d’un homme… ou du monde entier ? Entre trahisons, révélations et légendes maritimes, la course contre la montre devient aussi une quête morale.

À la fois hommage à l’univers Disney et récit d’aventure mature, Mickey et le roi des pirates s’impose comme une réussite majeure de la collection. Un album généreux, sombre juste ce qu’il faut, accessible à tous les publics mais suffisamment riche pour séduire les lecteurs adultes. Une aventure palpitante qui prouve que Mickey peut, lui aussi, voguer vers des territoires narratifs audacieux sans jamais perdre son âme.

  • Éditeur ‏ : ‎ Glénat Disney
  • Date de publication ‏ : ‎ 2 janvier 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 80 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2344051112
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344051115

La Nouvelle Cheffe de clan – tome 6 de Roah Kim (Auteur), Mon (Auteur), Antstudio (Auteur)

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Une jeune femme décide de changer son destin et devient cheffe de famille.

e course contre la montre, rythmée par l’urgence médicale, les pressions politiques et les manœuvres en coulisses. Chaque décision compte, chaque retard peut être fatal. Astira n’est plus seulement une héritière brillante : elle s’impose comme une cheffe en devenir, capable de prendre des risques, d’assumer ses choix et de porter sur ses épaules la vie des autres.

La relation avec Perez gagne ici en profondeur. Leur alliance, faite de respect, de confiance et de non-dits, apporte une dimension humaine bienvenue au récit. Leurs échanges, souvent sobres mais chargés de sens, renforcent l’émotion et donnent toute sa densité au combat qu’ils mènent ensemble.

Graphiquement, Antstudio continue d’impressionner par la clarté de la mise en scène et l’élégance des décors. Les visages, expressifs, traduisent avec finesse la pression, la fatigue et la détermination qui traversent les personnages. Les scènes de laboratoire comme celles de confrontation politique bénéficient d’un découpage fluide, renforçant la sensation d’urgence permanente.

Ce sixième tome marque ainsi une étape essentielle dans la série : le pouvoir ne se conquiert plus seulement par l’intelligence ou l’anticipation, mais par le courage de choisir, même lorsque tout peut s’effondrer. Entre drame familial, stratégie de clan et montée en puissance d’une héroïne déterminée à réécrire son destin, La Nouvelle Cheffe de clan confirme son statut de référence du webtoon de fantasy politique.

  • Éditeur ‏ : ‎ Kotoon
  • Date de publication ‏ : ‎ 22 janvier 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 272 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2494102944
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494102941

Ce cri que personne n’entend de Jan-Erik Fjell (Auteur), Jørn Lier Horst (Auteur)

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Norvège, le pays où la nuit domine le jour

Avec Ce cri que personne n’entend, Jan-Erik Fjell et Jørn Lier Horst signent un polar nordique d’une intensité remarquable, à la fois profondément humain et implacablement sombre, fidèle à la grande tradition scandinave du genre.

Ancien militaire devenu enquêteur indépendant, Markus sillonne les routes désertes de Norvège à bord de son van. Il vit en marge, dort près des fjords, traverse les villages oubliés et consacre son existence à un podcast consacré aux affaires criminelles non résolues. Parmi elles, une l’obsède depuis quinze ans : la disparition de Leah, une fillette volatilisée sans laisser de traces. Aucun corps, aucun suspect, seulement le silence — et ce cri que personne n’a jamais entendu.

Dès les premières pages, le roman impose une atmosphère lourde et hypnotique. Les paysages norvégiens deviennent un véritable personnage : rivières glacées, montagnes abruptes, fermes isolées battues par le vent. Une nature magnifique mais hostile, miroir des blessures enfouies et des secrets que chacun préfère taire. Fjell et Horst exploitent cette géographie avec une précision quasi cinématographique, donnant au récit une puissance sensorielle rare.

Le personnage de Markus s’inscrit dans la lignée des grands enquêteurs nordiques : solitaire, hanté par le passé, guidé moins par la gloire que par un besoin presque vital de vérité. Sa voix de podcasteur, moderne et intime, apporte une dimension contemporaine au polar, tout en interrogeant notre rapport à la mémoire, à la médiatisation du crime et au besoin collectif de comprendre l’incompréhensible.

L’enquête progresse lentement, méthodiquement, sans artifices. Les auteurs privilégient la tension psychologique à l’action spectaculaire. Chaque témoignage, chaque retour sur le passé révèle les failles d’une communauté rurale refermée sur elle-même, où la culpabilité se transmet parfois de génération en génération. Rien n’est jamais totalement noir ou blanc, et la vérité, quand elle se rapproche, s’avère souvent plus douloureuse que le mystère lui-même.

La force du roman réside aussi dans son regard profondément empathique sur les victimes. Ce cri que personne n’entend n’est pas seulement un roman policier : c’est une réflexion poignante sur l’oubli, la persistance du deuil et la violence du silence. Que devient une famille quand aucune réponse ne vient ? Comment vivre quand le passé refuse de se taire ?

Comparé à juste titre à Henning Mankell pour son ton mélancolique et sa gravité morale, Jørn Lier Horst trouve ici, avec Jan-Erik Fjell, un partenaire idéal. Leur écriture conjointe allie rigueur policière — héritée de l’expérience d’enquêteur de Horst — et profondeur psychologique, donnant naissance à un thriller aussi glaçant qu’émouvant.

ASIN ‏ : ‎ B0G4VJJX7L Éditeur ‏ : ‎ MARTINIERE BL Date de publication ‏ : ‎ 3 avril 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 384 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1040124061

L’Homme que j’ai épousé: Un thriller psychologique captivant aux rebondissements palpitants de Alison James

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Êtes-vous sûre de bien connaître votre mari ?

Avec L’Homme que j’ai épousé, Alison James livre un thriller psychologique redoutablement efficace, fondé sur une angoisse universelle : et si la personne avec qui vous partagez votre vie n’était pas celle que vous croyez ?

Tout commence par un contraste brutal. Alice Gill découvre qu’elle est enceinte — un instant de bonheur absolu — aussitôt brisé par l’irruption de la police à sa porte. Son mari, Dominic, vient de mourir. Accident ? Meurtre ? Le choc est total. À la morgue, Alice identifie formellement le corps. C’est bien son époux. Du moins, elle en est certaine… jusqu’à ce que le frère de Dominic, avec qui celui-ci était en conflit depuis des années, affirme l’impensable : l’homme dans le cercueil n’est pas Dominic Gill.

Dès lors, le roman bascule dans une mécanique de doute et de paranoïa savamment orchestrée. Qui ment ? Le frère, animé par la rancœur ? La police, trop pressée de classer l’affaire ? Ou Alice elle-même, aveuglée par l’amour et le choc du deuil ? Peu à peu, les certitudes s’effritent, et chaque détail du passé conjugal prend une teinte inquiétante.

Alison James excelle dans l’art du thriller domestique, où le danger se cache dans l’intime. Son écriture fluide et tendue installe un climat de malaise constant : regards qui changent, souvenirs contradictoires, zones d’ombre jamais éclaircies. Le lecteur avance aux côtés d’Alice, partagé entre empathie et suspicion, pris dans un engrenage où la vérité semble toujours se dérober.

Au-delà du suspense, le roman interroge la confiance absolue que l’on accorde à celui que l’on aime, la fragilité de l’identité et la violence des secrets enfouis. La maternité imminente d’Alice ajoute une tension supplémentaire : comment se reconstruire quand tout ce que l’on croyait solide menace de s’écrouler ?

L’Homme que j’ai épousé se dévore d’une traite. Rythmé, haletant et habilement construit, le récit multiplie les retournements jusqu’à un final aussi glaçant qu’imprévisible.

Éditeur ‏ : ‎ Bookouture Accessibilité ‏ : ‎ En savoir plus Date de publication ‏ : ‎ 29 janvier 2026 Langue ‏ : ‎ Français Taille du fichier ‏ : ‎ 1.6 MB Lecteur d’écran  ‏ : ‎ Pris en charge Confort de lecture ‏ : ‎ Activé Word Wise ‏ : ‎ Non activé Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 363 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 978-1805507055

Les Preuves de Suzie Miller

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Tessa, brillante avocate anglaise qui défend sans états d’âme les hommes accusés d’agressions sexuelles, se retrouve sur le banc des victimes après un viol conjugal.

Avec Les Preuves, Suzie Miller signe un premier roman d’une puissance rare, à la fois implacable et profondément humain. Adapté de sa pièce phénomène Prima Facie, jouée dans le monde entier, ce texte franchit la scène pour devenir un récit littéraire incandescent, qui interroge frontalement la justice, la notion de vérité et la violence institutionnelle faite aux victimes.

Tessa est une brillante avocate pénaliste anglaise. Issue d’un milieu populaire, elle a gravi un à un les échelons d’un système qu’elle maîtrise parfaitement. Elle défend, avec intelligence et conviction, des hommes accusés d’agressions sexuelles. Elle croit au droit, à la procédure, à la rationalité judiciaire. Elle sait plaider, démonter un témoignage, pointer la moindre faille. Jusqu’au jour où ce système se retourne contre elle.

Après une relation consentie devenue viol conjugal, Tessa bascule du côté des plaignantes. Et soudain, tout ce qu’elle pensait savoir s’effondre. Les mots changent de sens. Les mécanismes juridiques qu’elle utilisait deviennent des armes. La présomption d’innocence, la charge de la preuve, la temporalité judiciaire, l’examen du comportement de la victime : chaque étape révèle une machine patriarcale froide, méthodique et profondément violente.

Suzie Miller écrit avec une précision chirurgicale. Son style, tendu et sans fioritures, épouse la pensée de Tessa, son intelligence, puis sa sidération, sa colère et sa solitude. Le roman ne cherche jamais l’émotion facile : il expose les faits, les raisonnements, les silences. Et c’est précisément cette rigueur qui rend la lecture bouleversante. La question centrale — où sont les preuves ? — devient un cri, une absurdité, une violence supplémentaire infligée à celles dont le corps est pourtant la seule scène du crime.

Les Preuves n’est pas seulement un roman sur le viol : c’est un texte sur le pouvoir du langage, sur la manière dont la loi peut broyer celles qu’elle prétend protéger, sur l’écart vertigineux entre la justice théorique et la réalité vécue. Suzie Miller ne dénonce pas frontalement : elle démontre. Et cette démonstration est imparable.

Vendu à plus de 150 000 exemplaires et unanimement salué par la presse internationale, le roman s’impose comme un texte essentiel, à la fois littéraire, politique et profondément nécessaire. Un livre qui secoue, dérange, éclaire — et dont on ne ressort pas indemne.

Éditeur ‏ : ‎ L’Archipel Date de publication ‏ : ‎ 26 février 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 336 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2809852987 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2809852981

Planetarium Ghost Travel T0 de Sakana Sakatsuki

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L’espace n’a jamais été aussi envoutant qu’en expédition à travers les étoiles aux côtés de 303, le nonchalant et énigmatique employé de la compagnie Planetarium Ghost Travel.

Avec Planetarium Ghost Travel T0, Sakana Sakatsuki ouvre les portes d’un univers d’une poésie rare, à la frontière du rêve, de la science-fiction et de la méditation existentielle. Ce volume zéro, composé d’illustrations et d’histoires courtes réalisées avant la sérialisation de la série, agit comme un carnet de voyage cosmique, intime et profondément mélancolique.

Nous suivons 303, employé nonchalant et énigmatique de la compagnie Planetarium Ghost Travel, chargé d’explorer des planètes endormies, figées dans un silence absolu. Leurs habitants, plongés dans un sommeil sans retour, forment les vestiges d’une humanité suspendue dans le temps. À chaque escale, le voyage devient moins une mission professionnelle qu’une errance contemplative, où l’espace n’est plus hostile mais délicatement habité par la mémoire et l’absence.

Le trait de Sakana Sakatsuki, d’une finesse saisissante, donne naissance à des décors stellaires baignés de nuit et de lumière douce. Les planches respirent le vide, la lenteur et la solitude, transformant chaque planète en tableau. Loin du spectaculaire, l’autrice privilégie les silences, les regards, les instants suspendus — une approche qui évoque autant la science-fiction contemplative que la poésie graphique.

Ces récits courts dévoilent les fondations émotionnelles et thématiques de la série : la disparition, la trace laissée par les civilisations, la douceur du dernier contact, mais aussi la fragile persistance du lien humain. 303, figure presque fantomatique lui-même, devient le passeur entre les vivants et les absents, entre le mouvement et l’immobilité.

À travers ce tome introductif, Planetarium Ghost Travel T0 se révèle être bien plus qu’un préquel : c’est une porte d’entrée sensorielle, une invitation à voyager sans bruit parmi les étoiles, là où chaque planète raconte une histoire qu’il faut apprendre à écouter.

Un ouvrage d’une beauté singulière, empreint de calme et de nostalgie, qui séduira les amateurs de science-fiction intimiste et de récits contemplatifs — une œuvre qui se lit comme on observe le ciel nocturne : lentement, en silence, et le cœur grand ouvert.

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES Date de publication ‏ : ‎ 7 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 258 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2810209340 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810209347

Space Projekt U.M.O. Eric Serra

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Cet album est le récit d’un voyage imaginaire dans l’espace, à bord de la Station Spatiale Internationale, à travers les émotions ressenties au fil des différentes étapes. Le compositeur et producteur, également multi-instrumentiste et interprète de cet opus, nous invite à fermer les yeux et à partager ce périple avec lui. Décollage immédiat !!!

Avec Space Projekt U.M.O., Éric Serra propose bien plus qu’un album : une véritable expérience sensorielle et cinématographique, fidèle à l’ADN du compositeur mythique du Grand Bleu, de Léon ou de GoldenEye. Ici, aucune image à l’écran, mais un film intérieur que chacun est invité à projeter en soi.

Pensé comme le journal sonore d’un voyage imaginaire dans l’espace, l’album nous embarque à bord de la Station spatiale internationale. Dès les premières notes, la gravité terrestre semble s’effacer. Les nappes électroniques, les pulsations organiques et les textures synthétiques dessinent un environnement flottant, presque tactile, où chaque son évoque une étape du périple : le compte à rebours, le décollage, l’apesanteur, la solitude cosmique, la contemplation silencieuse de la Terre.

Compositeur, producteur, multi-instrumentiste et interprète, Éric Serra signe une œuvre profondément personnelle, presque méditative. Loin de la démonstration technique, Space Projekt U.M.O. privilégie l’émotion pure : celle du vertige face à l’infini, du calme absolu après la poussée des moteurs, de la poésie qui naît dans le vide spatial. L’album avance comme une dérive contrôlée, alternant tensions électroniques, respirations ambient et envolées mélodiques discrètes mais puissantes.

On retrouve la patte Serra : ce mélange singulier de science-fiction, de mélancolie et de spiritualité. La musique ne cherche jamais à illustrer l’espace de manière spectaculaire, mais plutôt à traduire ce que l’on ressent lorsqu’on s’y trouve — l’isolement, la fragilité humaine, la beauté hypnotique du cosmos.

À écouter idéalement au casque, dans l’obscurité, Space Projekt U.M.O. devient une traversée intime, presque contemplative. Un album qui invite à fermer les yeux, ralentir le temps et accepter de se laisser porter, comme en orbite.

Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 0,5 x 14 x 12,5 cm; 64 grammes Fabricant ‏ : ‎ Polydor Label ‏ : ‎ Polydor ASIN ‏ : ‎ B0G1ZMYVDX Pays d’origine ‏ : ‎ France

Les Cités obscures – La Théorie du grain de sable: Intégrale de BENOIT PEETERS / FRANCOIS SCHUITEN

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Brüsel, 21 juillet 784. Constant Abeels répertorie avec patience les pierres qui se matérialisent mystérieusement dans les différentes pièces de son appartement.

Avec La Théorie du grain de sable – Intégrale, Benoît Peeters et François Schuiten livrent l’un des chapitres les plus vertigineux et fascinants de la mythique série Les Cités obscures. Œuvre à part dans ce cycle majeur de la bande dessinée européenne, cet album concentre tout ce qui fait la singularité et la puissance de cet univers : une rigueur quasi scientifique, une poésie métaphysique troublante et une réflexion profonde sur l’équilibre du monde.

À Brüsel, cité rationnelle par excellence, de minuscules anomalies surgissent : des pierres identiques apparaissent dans des appartements, du sable s’accumule inexorablement, des corps perdent du poids sans s’altérer. Des phénomènes infimes, presque absurdes, mais dont la répétition vient fissurer la logique même de la ville. Comme souvent chez Peeters et Schuiten, l’étrangeté s’infiltre par le détail, jusqu’à provoquer un effondrement global des certitudes.

L’enquête menée par Mary Von Rathen, figure emblématique de la saga, agit comme un fil conducteur entre science, politique et mysticisme. La quête rationnelle se heurte à l’inexplicable, tandis que les fondations idéologiques de Brüsel — cité du contrôle, de la norme et de la planification — vacillent face à l’irruption du chaos. À travers le personnage énigmatique de Gholam Mortiza Khan, c’est la confrontation entre cultures, croyances et visions du monde qui se joue.

Graphiquement, François Schuiten atteint ici des sommets. Son dessin monumental, d’une précision architecturale saisissante, transforme Brüsel en un organisme vivant, oppressant et fragile à la fois. Chaque planche est un tableau, chaque façade, chaque intérieur raconte la démesure d’une ville qui croyait maîtriser son destin. La mise en page, le noir et blanc nuancé et les perspectives vertigineuses renforcent la sensation d’un monde sur le point de basculer.

Cette édition intégrale permet d’apprécier toute la cohérence et la profondeur de ce récit majeur, où la science-fiction se mêle à la philosophie, à la politique et à l’onirisme. La Théorie du grain de sable n’est pas seulement une enquête fantastique : c’est une méditation sur la fragilité de nos systèmes, sur l’illusion du contrôle et sur la façon dont une simple anomalie peut révéler la faillite d’un monde entier.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 21 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 128 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203300000 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203300002