Les Sept Rejetons du dragon de RYOKO KUI

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Un nid de dragons apporte une trêve longtemps espérée, un jeune loup-garou peine à communiquer, un peintre sans-le-sou est bien décidé à faire vivre ses créations, mais dans tout ce remue-ménage, quelle place pour les sirènes ?

Les Sept Rejetons du dragon marque un nouveau retour éclatant de Ryoko Kui, autrice devenue incontournable de la fantasy contemporaine grâce à son imagination foisonnante et à son sens unique du décalage. Après L’École des dragons sur la montagne et Le Terrarium dans mon tiroir, elle poursuit son exploration d’univers parallèles avec ce troisième recueil, composé de sept histoires courtes indépendantes, toutes reliées par un même goût pour la magie du quotidien et l’humanité des créatures fantastiques.

Dragons, loups-garous, sirènes, peintres fauchés ou royaumes en quête de paix : chaque récit installe en quelques pages un monde crédible, drôle et souvent touchant. Ryoko Kui excelle dans l’art de suggérer des univers immenses à partir de situations simples, parfois absurdes, toujours profondément humaines. Derrière les dragons et les sortilèges, ce sont surtout des histoires de communication, de coexistence, de création artistique et de solitude qui se dessinent.

Son écriture se distingue par une fantasy intimiste, loin des grandes batailles épiques. L’autrice préfère les instants suspendus, les malentendus, les détails du quotidien et les relations entre individus — humains ou non. L’humour, omniprésent, n’empêche jamais la mélancolie de s’infiltrer subtilement, donnant à l’ensemble une tonalité douce-amère particulièrement séduisante.

Graphiquement, le trait de Ryoko Kui reste immédiatement reconnaissable : expressif, chaleureux, faussement simple mais d’une précision redoutable. Les créatures sont inventives, les décors vivants, et chaque planche respire la générosité visuelle. On retrouve ce sens rare du rythme et du regard, capable de faire exister une émotion en quelques cases.

Avec Les Sept Rejetons du dragon, Ryoko Kui confirme son talent exceptionnel de conteuse. Un recueil lumineux, drôle et profondément inventif, qui démontre une fois encore que la fantasy peut être à la fois magique, accessible et bouleversante — un véritable bijou pour les amateurs d’imaginaire comme pour les lecteurs curieux de récits hors normes.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 21 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 272 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203293780 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203293786 Poids de l’article ‏ : ‎ 286 g

Le Chemin derrière la maison de Jérémie Gasparutto

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Jérémie Gasparutto offre avec cet album une pérégrination hallucinée au fil de ses pensées.

Le Chemin derrière la maison de Jérémie Gasparutto est une œuvre singulière, profondément sensorielle, qui se lit comme une traversée intérieure autant que comme un voyage à travers les paysages du monde. L’auteur y déploie une pérégrination hallucinée, portée par le fil libre de la pensée, où chaque page semble surgir d’un souffle, d’un souvenir ou d’une émotion. Des plages ouvertes aux forêts profondes, des tempêtes aux naufrages, des courses effrénées aux silences apaisants, le récit avance sans frontières nettes, suivant le mouvement même de la vie.

L’album se distingue par une narration presque instinctive, qui refuse les cadres classiques pour privilégier l’expérience. Le lecteur est invité à se laisser guider, à accepter de perdre ses repères pour mieux entrer dans l’imaginaire foisonnant de Gasparutto. Les générations se croisent, la nature devient mémoire, et le monde se transforme en terrain de jeu poétique où le réel dialogue constamment avec le rêve.

Graphiquement, l’ouvrage impressionne par sa richesse et son énergie. Les planches débordent de détails, de couleurs et de textures, oscillant entre explosion visuelle et délicatesse contemplative. Chaque image semble animée d’un mouvement propre, comme si le dessin respirait au même rythme que les pensées de l’auteur.

À la fois étonnant, parfois déroutant, mais toujours habité, Le Chemin derrière la maison est un livre qui ne se contente pas de se regarder : il se ressent. Un hommage vibrant à la vie, au temps qui passe et à la puissance de l’imaginaire, qui invite à ralentir, à rêver et à renouer avec ce chemin intime que chacun porte en soi.

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES Date de publication ‏ : ‎ 21 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 152 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2810205469 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810205462

Seuls T16 : La prisonnière d’Antésalem de Fabien Vehlmann (Auteur), Bruno Gazzotti (Illustrations)

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Les Cinq ne sont pas revenus indemnes de leur expédition sur l’île au bord du monde mais ils savent désormais où Jezabel est retenue captive.

Seuls – Tome 16 : La prisonnière d’Antésalem de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti marque un tournant majeur dans la saga. Après l’expédition sur l’île au bord du monde, les héros reviennent profondément transformés et découvrent que Jezabel est toujours vivante, retenue captive dans les ruines d’Antésalem, vestiges d’une guerre ancienne. Tandis que Dodji part à sa recherche aux côtés du Maître-Fou, le monde qu’ils ont laissé derrière eux s’embrase. Saul, désormais Imperator, convaincu d’agir pour le Bien, déploie une force redoutable : les Séraphins, une milice d’enfants-soldats fanatisés, prêts à se sacrifier pour sa cause. Avec une tension dramatique constante, Fabien Vehlmann fait basculer la série vers une réflexion puissante sur le pouvoir, l’embrigadement et la violence idéologique, sans jamais perdre la clarté qui a fait le succès de Seuls. Le décor d’Antésalem, véritable cité fantôme chargée de mémoire, devient le symbole d’un passé qui menace de se répéter. Le dessin précis et expressif de Bruno Gazzotti, renforcé par une colorisation plus sombre, sublime cette montée en intensité et donne aux affrontements une ampleur nouvelle. Ce seizième tome agit comme un volume charnière : la survie n’est plus l’enjeu principal, désormais il faut choisir quel monde mérite d’être sauvé, et à quel prix. Plus mature, plus politique et plus tragique, Seuls confirme ici son statut de grande saga d’aventure contemporaine, capable de grandir avec ses lecteurs et de les confronter à la complexité du monde.

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES Date de publication ‏ : ‎ 21 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 48 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2810206163 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810206162

Put Your Soul on Your Hand and Walk

« Put Your Soul on Your Hand and Walk » est ma réponse en tant que cinéaste, aux massacres en cours des Palestiniens.

Il est des films qui naissent du cinéma. Et d’autres qui naissent de l’urgence. Put Your Soul on Your Hand and Walk appartient à cette seconde catégorie : une œuvre forgée dans la nécessité absolue de témoigner, là où les images manquent, là où les voix sont étouffées, là où la réalité se dérobe sous les bombardements.

Face aux massacres en cours à Gaza, la cinéaste Sepideh Farsi choisit de filmer autrement — à distance, dans la fragmentation, dans l’échange fragile de pixels et de sons. Le film repose sur une rencontre déterminante : celle de Fatem Hassona, jeune femme gazaouie qui documentait la guerre depuis l’intérieur, caméra à la main, au cœur même de ce qu’elle appelait sa « prison de Gaza ».

De cette relation singulière naît un lien vital. Fatem devient les yeux de la réalisatrice sur le terrain ; Sepideh Farsi, depuis l’extérieur, devient un relais, un passage, une respiration vers le monde. Ensemble, elles inventent une forme de cinéma sans précédent : un film tissé de messages vocaux, de vidéos compressées, d’appels instables, de silences contraints. Une correspondance filmée traversée par la peur, l’épuisement, mais aussi par une détermination farouche à continuer de regarder.

Le dispositif, d’une extrême simplicité apparente, se révèle d’une puissance bouleversante. Ici, aucune reconstitution, aucun commentaire surplombant. Seulement la persistance d’un dialogue, maintenu pendant près d’un an malgré les coupures d’électricité, la destruction des infrastructures et la menace constante de la mort. Chaque image devient un acte de résistance.

Le film interroge profondément la nature même du cinéma. Que peut une caméra lorsque tout s’effondre ? Que signifie filmer quand survivre est déjà un combat ? Put Your Soul on Your Hand and Walk ne prétend jamais expliquer le conflit. Il montre ce que les chiffres et les discours ne peuvent saisir : l’attente, la peur diffuse, la fatigue des corps, la banalité tragique du quotidien sous les bombes.

Fatem Hassona n’est pas une simple témoin. Elle est une présence lumineuse, une conscience en éveil, une voix qui refuse de se taire. Sa parole, parfois douce, parfois traversée d’une lucidité implacable, donne au film une humanité rare. Elle parle de sa ville, de sa famille, de sa peur de mourir, mais aussi de son désir obstiné de vivre, de transmettre, de rester digne.

L’assassinat de Fatem, le 16 avril 2025, lors d’une attaque israélienne visant sa maison, bouleverse irréversiblement la nature du film. Ce qui était un journal de guerre devient une œuvre-mémoire. Ce qui était un échange vivant se transforme en testament cinématographique. Chaque image acquiert soudain une dimension tragique et sacrée : celle d’une voix désormais réduite au silence.

Sans pathos ni démonstration, Sepideh Farsi signe un geste de cinéma politique au sens le plus noble du terme. Un cinéma qui ne cherche pas l’effet, mais la présence. Qui ne parle pas à la place de, mais avec. Qui ne transforme jamais la souffrance en spectacle.

Put Your Soul on Your Hand and Walk est un film sur la transmission quand tout s’effondre, sur la responsabilité de regarder, sur la nécessité de porter la parole de ceux à qui l’on refuse le droit d’exister. Il rappelle que filmer peut être un acte vital, et que parfois, tenir une caméra revient à tenir une main à distance.Voici une chronique presse professionnelle – édition DVD, rédigée dans un ton éditorial sobre et culturel, prête à publication (magazine, site cinéma, dossier presse), incluant image / son / bonus avec entretien de la réalisatrice.


Put Your Soul on Your Hand and Walk – Édition DVD

L’édition DVD de Put Your Soul on Your Hand and Walk prolonge l’expérience bouleversante du film de Sepideh Farsi dans un écrin respectueux, pensé avant tout comme un support de transmission et de mémoire.

Œuvre née de l’urgence, du dialogue à distance et de la résistance par l’image, le film trouve ici une édition qui accompagne avec sobriété la puissance de son propos, sans jamais chercher à l’esthétiser artificiellement.


Image

Le transfert respecte pleinement la nature singulière du film.
Composé majoritairement de vidéos captées à distance — appels mobiles, images compressées, fichiers envoyés dans l’instabilité des réseaux gazaouis — le long métrage revendique une texture brute, parfois heurtée, souvent fragmentée.

L’édition DVD n’en gomme jamais les aspérités. Les variations de définition, les artefacts numériques, les coupures visuelles font partie intégrante du langage du film. L’image conserve cette matière fragile, presque tremblante, qui devient le reflet direct des conditions de tournage.

Les rares séquences filmées hors champ de guerre, plus stables visuellement, créent un contraste saisissant avec les images venues de Gaza, accentuant encore la tension entre deux mondes séparés par la violence et la distance.

Un respect total de l’intention artistique, sans lissage ni artificialisation.


Son

Le travail sonore constitue l’un des piliers émotionnels du film, et l’édition DVD en restitue toute la complexité.

Voix enregistrées à la volée, respirations, silences, saturations, coupures de communication : chaque élément sonore participe à la dramaturgie. Le mixage conserve volontairement ces imperfections qui traduisent l’urgence et la précarité des échanges.

Les paroles de Fatem Hassona, souvent captées dans des conditions extrêmes, demeurent bouleversantes de proximité. Le spectateur entend parfois le monde s’effondrer autour d’elle — explosions lointaines, bruits sourds, interférences — sans jamais tomber dans l’effet spectaculaire.

Le rendu sonore privilégie l’intime à la démonstration, renforçant la sensation d’un dialogue suspendu au bord du silence.


Bonus – Entretien avec la réalisatrice

Le supplément principal de cette édition est un entretien approfondi avec Sepideh Farsi, d’une grande valeur documentaire et humaine.

La cinéaste y revient sur la genèse du film, née d’un sentiment d’impuissance face aux massacres en cours et de la nécessité de trouver une autre manière de filmer quand l’accès au territoire est impossible.

Elle évoque sa rencontre avec Fatem Hassona, la construction progressive de leur relation, la confiance mutuelle, mais aussi la responsabilité morale de filmer une personne exposée à un danger permanent. Le dialogue éclaire les choix éthiques fondamentaux du film : ne jamais voler une image, ne jamais contraindre la parole, laisser l’autre décider de ce qui peut être montré.

L’entretien prend une dimension particulièrement poignante lorsque la réalisatrice aborde la mort de Fatem, survenue après la finalisation du film. Elle explique comment cet événement transforme irrémédiablement l’œuvre, désormais traversée par une mission mémorielle : préserver une voix que la guerre a tenté d’effacer.

Ce bonus apporte un éclairage essentiel sur le dispositif, la fabrication du film et la place du cinéma face à la destruction.

Le Serment de Mathieu Gabella (Avec la contribution de), Mathieu Mariolle (Avec la contribution de), Mikaël Bourgouin (Dessins)

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Et si soigner, c’était dominer ?

Avec Le Serment, Mathieu Gabella et Mathieu Mariolle livrent un thriller fantastique d’une redoutable efficacité, où la médecine devient un instrument de pouvoir, et le serment d’Hippocrate un champ de bataille moral. Porté par le dessin âpre et nocturne de Mikaël Bourgouin, l’album plonge le lecteur dans un huis clos aussi clinique qu’angoissant, à la frontière du polar urbain et du récit de science-fiction.

Alexandre, ancien médecin radié de l’Ordre, exerce désormais dans l’ombre. Il soigne ceux que personne ne veut voir : braqueurs blessés, criminels en fuite, trafiquants à l’agonie. Dans ce monde souterrain, il n’est plus un homme, mais une fonction : « le Docteur ». Anonyme, méthodique, protégé par des protocoles stricts, il a compris une vérité dérangeante — celui qui soigne détient un pouvoir absolu sur celui qui souffre.

Ce fragile équilibre vole en éclats lorsqu’un inconnu s’introduit sans difficulté dans son sanctuaire médical. Zacharie affirme être victime d’une morsure vampirique et prévient : à la tombée de la nuit, il se transformera. Alexandre dispose d’une seule journée pour empêcher l’inévitable.

Ce point de départ, volontairement spectaculaire, sert de déclencheur à un récit bien plus profond qu’un simple thriller surnaturel. Très vite, Le Serment délaisse le folklore vampirique pour s’aventurer sur un terrain bien plus troublant : celui de la manipulation du vivant, de la mutation génétique et du vertige scientifique. Les analyses médicales révèlent des anomalies crédibles, inquiétantes, presque plausibles. Le fantastique se teinte alors d’un réalisme glaçant.

L’un des grands succès de l’album réside dans son questionnement éthique. Alexandre n’est pas un héros traditionnel. Cynique, pragmatique, parfois glaçant, il assume pleinement son rapport de domination sur ses patients. Le soin n’est plus altruiste : il devient une monnaie d’échange, un moyen de contrôle, parfois même une arme. En posant une question simple — soigner, est-ce sauver ou posséder ? — le récit ouvre un vertigineux débat moral.

La narration, tendue et parfaitement rythmée, exploite à merveille le huis clos. Les heures s’égrènent, la nuit approche, et chaque décision prise par Alexandre repousse un peu plus la frontière entre médecine et transgression. Les dialogues sont précis, souvent acérés, et la tension ne faiblit jamais.

Graphiquement, Mikaël Bourgouin livre un travail d’une grande cohérence. Son trait réaliste, presque brut, s’appuie sur des jeux d’ombres marqués, une palette sombre et une mise en scène très cinématographique. Les corps, les visages et les lieux transpirent la fatigue, la peur et la violence contenue. Le lecteur est enfermé dans ce laboratoire clandestin comme dans une salle d’opération sans issue.

Mais Le Serment ne se contente pas d’un suspense efficace. À mesure que l’intrigue progresse, les auteurs déploient une dimension historique et politique inattendue, interrogeant l’évolution de la médecine, ses dérives potentielles et la tentation de dépasser l’humain au nom du progrès. Le vampire devient alors moins un monstre qu’un symptôme.

Thriller nerveux, récit fantastique intelligent et réflexion philosophique sur la science et le pouvoir, Le Serment impressionne par son ambition maîtrisée. Rarement la bande dessinée de genre aura su conjuguer aussi efficacement tension narrative, profondeur thématique et impact visuel

Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD Date de publication ‏ : ‎ 2 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 136 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 234404521X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344045213

La Belle et le Vampire – L’Intégrale de K.A. Linde

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Pour Reyna, vendre son corps n’est pas un choix mais une question de survie.

Avec La Belle et le Vampire, K.A. Linde propose une relecture sombre et sensuelle du mythe vampirique, à la croisée de la dystopie sociale et de la romance fantastique. Réunie ici en intégrale, la saga déploie un univers brutal où la survie impose des choix impossibles et où le désir devient à la fois arme, refuge et menace.

Dans ce monde ravagé par la misère, les vampires règnent en maîtres absolus. L’humanité, réduite à une main-d’œuvre et à une ressource sanguine, n’a qu’un moyen d’échapper à la faim : se vendre à l’élite immortelle. Reyna n’est ni une héroïne naïve ni une élue providentielle. Elle est une survivante. Lorsqu’elle accepte de devenir la compagne de sang de Beckham Anderson, puissant vampire aussi redouté que convoité, elle croit connaître les règles du jeu. Offrir son sang, obéir, se taire.

Mais rien ne se déroule comme prévu.

Beckham refuse de se nourrir d’elle. Derrière son autorité glaciale et son charisme inquiétant se cache une complexité qui déstabilise Reyna autant qu’elle la met en danger. Le pouvoir qu’elle pensait subir devient ambigu, presque inversé. Désir et peur s’entremêlent, et chaque nuit révèle que l’attraction entre eux est aussi profonde que destructrice.

K.A. Linde excelle dans la construction psychologique de ses personnages. Reyna s’impose comme une héroïne moderne, lucide, marquée par la violence sociale mais déterminée à ne jamais redevenir une simple victime. Son regard sur le monde vampirique — ses codes, ses privilèges et ses hypocrisies — constitue l’un des moteurs les plus forts du récit.

Beckham, quant à lui, échappe rapidement aux archétypes du vampire dominateur. Derrière la figure du prédateur se dessine un homme prisonnier de ses propres règles, hanté par la culpabilité, la peur de perdre le contrôle et un désir qu’il juge dangereux. Leur relation se construit dans la tension permanente : ni totalement consentie, ni totalement contrainte, toujours instable.

La force du roman réside dans cette ambiguïté constante. La Belle et le Vampire ne cherche pas à idéaliser la domination ni à embellir la violence du système dans lequel évoluent ses personnages. Au contraire, l’autrice interroge frontalement la marchandisation des corps, les rapports de classe, le consentement sous contrainte et la manière dont le pouvoir transforme même les sentiments les plus sincères.

L’écriture est fluide, immersive, portée par une atmosphère nocturne dense. Les scènes de palais vampiriques, de rues misérables et de cérémonies sanglantes dessinent un monde cohérent, oppressant, où le danger est permanent. Le rythme, alternant tension politique, romance sombre et révélations progressives, maintient une véritable addiction de lecture.

Cette intégrale permet d’apprécier pleinement l’évolution de la saga : d’un récit centré sur la survie individuelle, elle glisse peu à peu vers une réflexion plus large sur la révolte, la liberté et la possibilité — ou non — d’échapper à un ordre fondé sur l’exploitation.

Entre La Belle et la Bête, dystopie sociale et romantasy noire, La Belle et le Vampire s’impose comme une œuvre intense, portée par des personnages imparfaits et profondément humains, même lorsqu’ils ne le sont plus tout à fait.

Une saga addictive, sombrement romantique, qui explore avec finesse le prix du pouvoir, le poids du désir et la difficulté d’aimer dans un monde bâti sur le sang.

Éditeur ‏ : ‎ Milady Date de publication ‏ : ‎ 14 janvier 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 784 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2811236244 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2811236243

L’Affaire des 3 petits cochons (ingrats) de Marie-Sabine Roger (Auteur), Marjolaine Leray (Illustrations)

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Une réécriture savoureuse et hilarante du conte des Trois petits cochons.

Avec L’Affaire des 3 petits cochons (ingrats), Marie-Sabine Roger et Marjolaine Leray livrent une relecture aussi malicieuse qu’intelligente du célèbre conte populaire. Oubliée la version sage et moralisatrice : ici, le récit se transforme en véritable enquête, menée tambour battant, où les certitudes volent en éclats et où les héros d’hier ne sont peut-être pas aussi irréprochables qu’on l’imaginait.

Dans cette version décalée, le loup est accusé, les cochons se posent en victimes… mais très vite, le lecteur comprend que la vérité est plus nuancée. Les trois petits cochons se révèlent surtout particulièrement ingrats, prompts à accuser plutôt qu’à assumer leurs propres responsabilités. Le conte devient alors un savoureux procès, rythmé par des rebondissements absurdes, des témoignages douteux et une mauvaise foi assumée.

Le texte de Marie-Sabine Roger brille par son humour fin et son sens du dialogue. Elle joue avec les codes du polar et du récit judiciaire tout en conservant la simplicité et l’accessibilité propres à la littérature jeunesse. Derrière la farce se cache une vraie réflexion sur la responsabilité, le point de vue, la rumeur et la facilité avec laquelle on désigne un coupable.

Les illustrations de Marjolaine Leray accompagnent parfaitement cette mécanique comique. Son trait expressif, volontairement exagéré, accentue les situations burlesques et donne aux personnages une personnalité immédiatement identifiable. Les cochons y sont délicieusement agaçants, le loup tour à tour soupçonné, dépassé ou résigné, et chaque page déborde d’énergie visuelle.

L’album fonctionne ainsi à plusieurs niveaux : les plus jeunes s’amusent de l’histoire et de ses situations cocasses, tandis que les lecteurs plus aguerris savourent la finesse du détournement et l’ironie du propos. La lecture à voix haute se révèle particulièrement efficace, tant le rythme et les dialogues appellent le jeu et la théâtralité.

L’Affaire des 3 petits cochons (ingrats) s’inscrit dans la grande tradition des contes revisités, mais avec une personnalité bien à elle : irrévérencieuse sans être méchante, drôle sans jamais tomber dans la facilité, et surtout très juste dans sa manière de rappeler que toute histoire dépend de celui qui la raconte.

Un album réjouissant, intelligent et délicieusement impertinent, qui offre un nouveau souffle à un classique intemporel et donne furieusement envie de relire les contes… en se méfiant des apparences.

ASIN ‏ : ‎ B0FRFTLVMX Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 16 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 48 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023521610

The Ride-on King – Tome 15 de Yasushi Baba

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Alexandre Ploutinov, Président à vie de la Prussie, pensait avoir tout dompté… jusqu’à ce qu’il débarque dans un monde fantastique peuplé de centaures et de dragons !

Après quatorze volumes d’aventures aussi déjantées qu’épiques, The Ride-On King poursuit son étonnant numéro d’équilibriste entre parodie politique, fantasy classique et véritable récit d’aventure. Avec ce quinzième tome, la série confirme qu’elle ne se limite plus à son concept initial — aussi savoureux soit-il — pour déployer une narration de plus en plus dense et émotionnelle.

Alexandre Ploutinov, président à vie de la Prussie et amateur invétéré de montures, poursuit sa route vers l’Yggdrasil aux côtés de Kanya. Mais là où l’on pourrait attendre une simple progression héroïque, Yasushi Baba prend une nouvelle fois le lecteur à contre-pied : l’arrivée sur place débouche sur… un examen d’entrée à l’académie de magie. Une situation absurde, évidemment taillée sur mesure pour confronter l’autorité inébranlable de Ploutinov à un système scolaire aux règles aussi strictes qu’incompréhensibles.

Cette séquence, riche en humour, fonctionne à merveille. Le décalage entre la stature politique surhumaine du héros et les exigences bureaucratiques de la magie académique produit une comédie efficace, tout en permettant d’approfondir l’univers et ses institutions. Derrière la blague, l’auteur continue d’explorer sa satire des systèmes de pouvoir, qu’ils soient politiques, militaires… ou pédagogiques.

En parallèle, le récit bascule vers un registre plus dramatique avec l’intrigue consacrée à Saki. Accompagnée de Bell, elle retourne dans le Margraviat occidental, territoire qu’elle avait fui autrefois. Ce retour aux origines marque l’un des arcs émotionnels les plus forts de la série. Les terres sont ravagées par une invasion de monstres, tandis que sa famille — son père et son frère — se retrouve acculée par un ancien fiancé cynique, prêt à sacrifier les siens pour préserver son propre pouvoir.

Cette double narration donne au tome une structure particulièrement efficace. D’un côté, l’humour absurde et la légèreté assumée de Ploutinov ; de l’autre, un drame politique et familial beaucoup plus sombre, qui rappelle que The Ride-On King sait aussi manier la tension et la tragédie.

Yasushi Baba réussit ici un bel équilibre entre comédie et gravité. Les enjeux de Saki permettent d’enrichir considérablement son personnage, jusque-là souvent cantonné au second plan. Son passé, ses blessures et son courage prennent une nouvelle dimension, apportant une profondeur bienvenue à l’ensemble du casting.

Graphiquement, le manga conserve son style clair et dynamique. Les scènes d’action gagnent en ampleur, notamment dans les séquences liées à l’invasion monstrueuse, tandis que les expressions faciales continuent de porter une grande partie de l’humour — spécialité de la série. Le charisme presque caricatural de Ploutinov reste un moteur visuel redoutablement efficace.

Ce quinzième volume confirme que The Ride-On King n’est plus seulement une parodie amusée de l’isekai, mais une œuvre capable de construire un véritable monde, avec ses conflits, ses héritages et ses dilemmes moraux. Derrière l’excentricité de son héros se cache désormais un récit solide, porté par des personnages secondaires de plus en plus nuancés.

Entre examens de magie improbables, dragons, intrigues politiques et drames familiaux, ce tome marque une étape importante dans la montée en puissance de la série.

The Ride-On King – Tome 15 réussit à divertir autant qu’à émouvoir, prouvant une fois de plus que l’aventure peut être aussi absurde que sincère — tant qu’elle se vit à dos de créature majestueuse.

ASIN ‏ : ‎ B0FVDY9M14 Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 15 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042021894

Soul Eater Perfect Edition – Tome 13 de Atsushi Ohkubo

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Retrouvez les célèbres faucheurs d’âmes dans une nouvelle édition Perfect pour le plus grand plaisir des fans de la licence !

Avec ce treizième volume de la Perfect Edition, Soul Eater entre dans l’une de ses séquences les plus sombres et les plus intenses. Atsushi Ohkubo poursuit son basculement progressif du shōnen explosif vers une œuvre profondément existentielle, où le combat n’est plus seulement physique mais mental, presque philosophique.

Au cœur de ce tome, une question simple et brutale : jusqu’où est-on prêt à aller pour obtenir le pouvoir que l’on désire ?

Après la destruction des vices dissimulés dans le Livre d’Eibon, Black☆Star s’engage seul vers l’ultime paragraphe afin de sauver Death the Kid. Une avancée qui prend rapidement des allures de descente aux enfers. Car Kid, confronté à une entité de pure démence, semble perdre pied, prisonnier d’une logique déformée où la raison et la symétrie — piliers de son identité — s’effondrent.

Ce tome marque un moment crucial dans l’évolution des personnages. Black☆Star, longtemps présenté comme un combattant excessif, bruyant et guidé par l’orgueil, révèle ici une maturité nouvelle. Sa quête de puissance ne repose plus uniquement sur le désir de surpasser les dieux, mais sur une conviction plus intime : protéger ceux qui comptent, quitte à se briser lui-même.

Le face-à-face entre Black☆Star et Kid est l’un des plus forts de la série. Il ne s’agit pas simplement d’un affrontement spectaculaire, mais d’un choc de visions du monde. D’un côté, la folie née du doute et de la perte de repères ; de l’autre, une détermination brute, presque primitive, qui refuse l’abandon. Les coups portés deviennent alors un langage, une tentative désespérée de ramener l’autre à la réalité.

Graphiquement, Atsushi Ohkubo livre certaines de ses planches les plus marquantes. Les déformations visuelles liées à la démence atteignent un niveau rarement égalé dans le manga grand public. Les corps se tordent, les décors se fragmentent, les visages perdent leur humanité. Le lecteur est plongé dans une esthétique cauchemardesque où le monde semble littéralement se fissurer.

La Perfect Edition sublime ce travail visuel : grand format, qualité d’impression renforcée, noirs profonds et détails plus lisibles permettent d’apprécier pleinement la richesse graphique et la créativité hallucinée de l’auteur.

Mais au-delà du spectaculaire, ce tome se distingue par sa portée thématique. Soul Eater interroge frontalement le prix du pouvoir, la frontière fragile entre ambition et folie, et la manière dont les idéaux peuvent devenir des prisons mentales. La démence n’est plus un simple antagoniste : elle devient une tentation permanente, un raccourci séduisant pour ceux qui refusent la peur et la faiblesse.

Ce treizième volume agit comme un point de rupture dans la narration. Les certitudes tombent, les héros vacillent, et la victoire n’est plus jamais garantie. Le ton est plus grave, parfois presque tragique, annonçant une dernière ligne droite où le monde lui-même semble au bord de l’effondrement.

Soul Eater Perfect Edition – Tome 13 confirme toute la puissance de la série : un shōnen d’action capable de mêler humour noir, énergie viscérale et réflexion profonde sur l’identité, la folie et le sacrifice.

Un volume intense, sombre et magistral, qui rappelle pourquoi Soul Eater demeure l’une des œuvres les plus singulières et audacieuses du manga contemporain.

Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 15 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 248 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2380716137 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2380716139

My Home Hero – Tome 26 de Naoki Yamakawa (Auteur), Masashi Asaki (Dessins)

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Que seriez-vous prêt à faire pour protéger votre famille ?

Après vingt-cinq volumes d’une tension constante, My Home Hero atteint avec ce tome 26 un point de bascule émotionnel et moral particulièrement fort. Plus que jamais, la série rappelle ce qui fait sa singularité : un thriller familial où la violence n’est jamais gratuite, mais toujours la conséquence directe d’un amour devenu absolu.

Depuis le début, Tetsuo Tosu agit par nécessité, par instinct paternel, par peur de perdre sa famille. Mais à mesure que les cadavres s’accumulent et que les mensonges s’enchevêtrent, une question n’a cessé de grandir : jusqu’où peut-on aller pour protéger ceux qu’on aime sans devenir soi-même un monstre ?

Ce vingt-sixième tome ne cherche plus à esquiver cette interrogation. Il l’affronte frontalement.

Alors que les événements se resserrent autour de la famille Tosu, les lignes morales se brouillent définitivement. Les alliances vacillent, les anciens ennemis changent de visage, et les choix posés dans l’urgence deviennent irréversibles. Le récit adopte une tonalité plus grave, presque funèbre, où chaque décision semble porter le poids d’une condamnation.

La phrase qui traverse le volume — « J’aime… mon père… » — agit comme un choc. Elle cristallise tout le paradoxe de la série : l’amour filial comme moteur de survie, mais aussi comme poison lent. Car aimer, dans My Home Hero, n’est jamais une bénédiction simple. C’est une responsabilité écrasante, parfois destructrice.

Naoki Yamakawa poursuit son travail d’écriture au scalpel. Le suspense ne repose plus uniquement sur les retournements de situation, mais sur la psychologie des personnages. Le lecteur connaît désormais les règles du jeu ; ce qui fascine, c’est de voir comment chacun tente d’y survivre sans perdre totalement son humanité.

Tetsuo, figure ordinaire devenue stratège du crime, apparaît plus fragile que jamais. Sa lucidité s’accompagne d’un épuisement palpable. Chaque manipulation, chaque mensonge supplémentaire semble l’éloigner un peu plus de l’homme qu’il était. Pourtant, il continue. Non par goût du sang, mais parce qu’il n’existe plus de retour possible.

Le dessin de Masashi Asaki accompagne parfaitement cette noirceur croissante. Les visages sont marqués, les regards souvent vides ou hagards. Les silences prennent autant de place que les dialogues, et la violence — rare mais brutale — frappe toujours sans emphase. La mise en scène privilégie l’attente, la peur diffuse, la menace invisible qui plane sur chaque page.

Ce tome 26 se distingue aussi par son rythme maîtrisé. Moins explosif que certains volumes précédents, il installe une tension psychologique lourde, presque suffocante. Le danger n’est plus seulement extérieur : il est désormais intérieur, inscrit dans les liens familiaux eux-mêmes.

My Home Hero n’a jamais été un simple polar. À ce stade de la série, il s’impose comme une tragédie moderne, où le héros n’est pas celui qui gagne, mais celui qui accepte de se perdre pour sauver les siens.

Ce nouveau volume confirme la maturité exceptionnelle du manga. Sans chercher la surenchère, il approfondit son propos sur la paternité, la culpabilité et le prix réel de la protection.

Un tome bouleversant, tendu et profondément humain, qui prépare une conclusion où chaque amour pourrait bien devenir une condamnation.

ASIN ‏ : ‎ B0FVF17FZZ Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 15 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042021603