Dans une société qui ne jure que par la superstition, Koyô révolutionne la médecine.
Avec ce sixième tome, Remède Impérial confirme son statut de pépite du manga historique et médical, mêlant avec finesse tensions politiques, enquêtes de terrain et portrait d’une héroïne en avance sur son temps. Tohru Himuka continue de développer un univers impérial où superstition et rationalité s’affrontent, et où chaque diagnostic devient un acte de courage.
Au palais, Koyô traverse une période d’ennui faute de patients… jusqu’à l’arrivée d’un militaire borgne, dont l’unique œil restant semble atteint d’une maladie inquiétante. La scène, tendue et superbement mise en scène, rappelle à quel point la praticienne marche sur un fil : en cherchant la vérité médicale, elle laisse échapper un mot de trop et déclenche l’indignation d’un patient déjà en souffrance, menant à un conflit qui révèle toute la fragilité de sa position de femme et de scientifique dans une société dominée par les croyances.
En parallèle, loin du palais, Keiun, Sai et U Hyô poursuivent leur enquête dans la province du Prunier. Le rythme s’accélère et l’intrigue prend une tournure presque policière lorsque les recherches du trio les conduisent à un enfant de Rocheclaire, village rongé par une mystérieuse maladie. Entre rumeurs, symptômes inquiétants et peurs populaires, la narration sème les indices d’un fléau qui pourrait bien dépasser le simple cas isolé.
Tohru Himuka joue sur deux tableaux avec une grande maîtrise :
d’un côté, la médecine empirique de Koyô, où chaque consultation devient un acte politique ;
de l’autre, les enquêtes de terrain, qui éclairent les tensions sociales et les inégalités sanitaires de l’empire.
Le dessin, précis et élégant, magnifie autant les décors impériaux que les scènes d’émotion intime. La série continue de briller par sa dimension pédagogique, mais aussi par son humanisme profond : les personnages ne sont jamais réduits à leurs fonctions, leurs blessures intérieures deviennent aussi importantes que les maux qu’ils cherchent à soigner.
ASIN : B0FC1FN1DN Éditeur : Kurokawa Date de publication : 13 novembre 2025 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 196 pages ISBN-13 : 979-1042019013
Anormalité détectée : un médium vient de se transformer en Ghost Account ! Et sa puissance est colossale !
Avec ce quatrième tome, Dead Account franchit un cap décisif et s’offre sa première grande apothéose : la conclusion du tournoi inter-classes, véritable champ de bataille émotionnel et spectaculaire, où chaque combat révèle un morceau d’histoire et de rage contenue. Shizumu Watanabe confirme ici tout son talent pour mêler action nerveuse, enjeux psychologiques et montée en tension implacable.
Au cœur du récit, Sôji voit enfin se dessiner la possibilité de participer à l’exorcisation de K le mélancolique, l’entité responsable de la mort de sa sœur Akari. Pour lui, ce tournoi représente bien plus qu’un test scolaire : c’est le seul chemin vers la vengeance et la vérité. Chaque affrontement devient alors une épreuve intime, un passage obligé pour affûter ses flammes, mais aussi pour affronter ses propres limites.
Watanabe joue brillamment avec les révélations et les surprises, et le tome se permet un moment choc : l’apparition d’un médiumn transformé en Ghost Account, une anomalie terrifiante dont la puissance dépasse tout ce que les élèves ont affronté jusque-là. La transformation de Ban Ashina, ultime adversaire de Sôji et partisan secret de K, offre un climax aussi dramatique que visuellement fulgurant.
Entre feu et glace, vie et mort, le duel final condense tout ce qui fait la force de la série :
un rythme nerveux,
des planches percutantes,
des pouvoirs spectaculaires,
des héros profondément humains, blessés mais déterminés.
La colère, la loyauté et les cicatrices du passé s’entrechoquent dans un volume où chaque page renforce l’impression d’un monde dangereux, imprévisible, où l’ombre de K se fait toujours plus oppressante.
Un tome charnière, intense et explosif, qui referme le tournoi sur une note épique et prépare avec force la prochaine étape de la série. Dead Account continue de s’affirmer comme un shônen nerveux, sombre et émotionnellement chargé, impossible à lâcher.
ASIN : B0FC1NJY8R Éditeur : Kurokawa Date de publication : 13 novembre 2025
Découvrez l’explication de la fin de la Saison 3 de Tulsa King sur Paramount+ ! Attention, spoilers.
La troisième saison de Tulsa King explore un thème unique : « bourbon et sang ». Dwight “The General” Manfredi, toujours incarné par Sylvester Stallone, se lance dans une guerre ouverte contre un puissant magnat local de l’alcool, lui-même impliqué dans la mafia, pour prendre le contrôle d’une distillerie clé.
Depuis sa sortie de prison après 25 ans d’enfermement, Dwight s’est reconstruit un empire criminel à Tulsa. Au début de la saison 3, cet empire prospère : il a su fédérer autour de lui une équipe solide composée d’escrocs, de tueurs et de cerveaux. Mais de nouveaux obstacles se dressent — à commencer par Jeremiah Dunmire (Robert Patrick), patron impitoyable de l’industrie locale de l’alcool.
Dunmire tente d’acheter la petite distillerie montée par Theo Montague (Brett Rice). Lorsque Theo choisit finalement de vendre à Dwight plutôt qu’à lui, les hommes de Dunmire incendient sa maison et le tuent. Ce meurtre pose les bases d’un affrontement sanglant… et voilà ce qu’il faut comprendre de la fin de cette saison.
Explication de la fin de la Saison 3 de Tulsa King
En fin de saison, Musso arrive au Bred-2-Buck Saloon. Dwight l’emmène dans la salle de surveillance, où Musso lui présente un document crucial : un permis fédéral TTB, extrêmement difficile à obtenir. La série n’en détaille pas l’importance, mais ce type de permis permet de vendre en gros de l’alcool à travers l’ensemble du territoire américain.
Jusqu’ici, Montague Distilleries ne pouvait distribuer légalement qu’à Tulsa. Ce permis ouvre la porte à un commerce national légal — autrement dit, une fortune potentielle. Dwight vient de gagner un avantage colossal dans la guerre du bourbon.
En échange, Dwight rend à Musso la clé USB contenant les aveux audio de Deacon, responsable de la mort du partenaire de Musso. Musso demande où se trouve le corps. Dwight lui confirme que personne ne le retrouvera jamais, caché quelque part dans les cryptes du domaine Montague. Musso, satisfait, repart.
Mais ce deal pose plusieurs problèmes.
La valeur juridique de la confession est discutable. Elle est uniquement audio, facilement falsifiable à l’ère de l’IA, et obtenue sous la contrainte.
La voix de Deacon est presque méconnaissable après la violence subie, rendant l’aveu potentiellement inutilisable au tribunal.
Au fond, cette confession n’était pas destinée à la justice, mais à la vengeance personnelle de Musso, heureux d’apprendre que Dwight a éliminé Deacon.
Le final : ouverture sur “NOLA King” ?
Les dernières minutes de la saison installent clairement la suite : un possible spin-off ou une extension intitulée NOLA King, avec Dwight, Russell et toute l’équipe réunis autour d’un dîner.
Plusieurs questions restent volontairement en suspens :
Joanne souffre-t-elle d’un stress post-traumatique après avoir été retenue en otage si longtemps par Jeremiah ?
Dwight et son équipe seront-ils poursuivis pour avoir massacré Jeremiah et ses hommes ?
Le nouvel empire de Dwight survivra-t-il à ce nouvel élargissement… ou attirera-t-il encore plus d’ennemis ?
Dans une ville grise et sans passé, Joy est une jeune femme orpheline qui vit sa foi avec intensité et ne quitte presque jamais son église. Un jour, elle fait la rencontre d’Andriy, un jeune homme qui se fait agresser sous ses yeux. Elle se convainc bientôt que leurs destins sont liés…
Pour son premier long-métrage, Camille Lugan s’empare d’un sujet délicat : la foi, le besoin de croire, et la manière dont une jeune femme tente de donner du sens à sa solitude dans un monde qui semble avoir perdu le sien. Selon Joy se déroule dans une ville anonyme, sans couleur ni mémoire, décor presque désertique où évolue Joy, incarnée avec une grande retenue par Sonia Bonny. Orpheline, entièrement tournée vers sa religion, elle vit dans un rapport quasi fusionnel avec son église, seul lieu où elle semble exister pleinement.
Tout bascule lorsqu’elle croise Andriy (Volodymyr Zhdanov), agressé sous ses yeux. Cet événement, qui pourrait n’être qu’un fait divers, devient pour elle un signe. Joy s’attache à cet inconnu comme à une évidence, persuadée que leurs destins doivent se rejoindre. Le film suit alors cette conviction intime, parfois fragile, parfois inquiétante, sans jamais la juger.
Camille Lugan filme cette relation naissante avec une grande précision, dans une mise en scène volontairement épurée. La ville grise, les espaces vides, les silences insistants : tout concourt à placer le spectateur dans la tête de Joy, dans cette zone où le réel et la croyance se mélangent. C’est d’ailleurs ce qui fait la singularité du film : il n’explique pas, il observe. Il laisse place au doute, aux émotions brutes, à cette frontière ténue entre ferveur et obsession.
Asia Argento apporte à l’ensemble une énergie plus sombre, presque imprévisible, tandis que Raphaël Thiéry incarne une présence à la fois rude et profondément humaine. Ces personnages secondaires enrichissent le parcours de Joy et donnent au film un relief supplémentaire.
Scénariste diplômée de la Fémis — on lui doit notamment des collaborations sur des projets de Daniel Auteuil et Rebecca Zlotowski — Camille Lugan signe ici un premier long-métrage cohérent, habité et maîtrisé. Après ses courts-métrages remarqués, dont La Persistente sélectionné à la Semaine de la Critique, elle confirme une vraie sensibilité de récit.
Selon Joy est un film sobre, troublant, qui parle de foi mais aussi d’isolement, et de la manière dont certains cherchent désespérément un signe pour avancer. Un premier film qui laisse une empreinte discrète mais durable.
Célébrez l’héritage de Fullmetal Alchemist avec cet hommage au manga emblématique qui suit la quête de deux frères pour récupérer leurs corps déchiquetés par l’alchimie.
Ce coffret réunit deux ouvrages complémentaires :
• Une compilation de gags en 4 cases (“yonkoma”)
Arakawa y déploie tout son sens du comique, déjà bien connu des lecteurs :
parodies des scènes mythiques,
détournements burlesques de personnages dramatiques,
absurdité assumée qui contraste délicieusement avec la noirceur de la série.
Ces petites saynètes rappellent combien Arakawa maîtrise l’art de passer du tragique au comique sans jamais trahir ses personnages.
• Le livre commémoratif des 20 ans
Un volume exceptionnel qui plonge dans les coulisses de la saga :
réflexions personnelles de Hiromu Arakawa,
témoignages des équipes ayant travaillé sur les animés, films, jeux vidéo, romans et autres adaptations,
analyses de construction de l’univers,
archives, illustrations, croquis et documents rares.
Ce livre se lit comme un voyage au cœur de la création, montrant comment Fullmetal Alchemist est devenu un phénomène mondial, porté autant par la vision précise de son autrice que par la force de son message humaniste. Avec sa fabrication soignée et son contenu éditorial généreux, ce coffret s’impose comme un hommage complet à l’œuvre et à sa résonance culturelle. Il offre autant une plongée nostalgique pour les lecteurs de la première heure qu’une découverte fascinante des coulisses pour les passionnés de manga et de création.
Un objet de collection élégant, drôle, émouvant et passionnant, qui rappelle pourquoi Fullmetal Alchemist reste, vingt ans après, un chef-d’œuvre indémodable
ASIN : B0D8WL4VB9 Éditeur : Kurokawa Date de publication : 13 novembre 2025 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 368 pages ISBN-13 : 979-1042016722
Magalie est une star du web hors sol et sans morale qui gagne des fortunes en postant des contenus choc sur les réseaux
Avec L’Accident de piano, Quentin Dupieux poursuit son exploration du réel détraqué, de l’absurde chirurgical et de la satire grinçante. Une nouvelle fois, le cinéaste transforme une situation en apparence anodine — un accident sur un tournage — en un labyrinthe narratif déjanté, où la bêtise humaine, la manipulation et l’ego surdimensionné deviennent les véritables moteurs du chaos.
Au centre du film : Magalie, influenceuse amorale et hors-sol, incarnée avec une liberté désarmante par Adèle Exarchopoulos. Dupieux lui offre l’un de ses rôles les plus radicaux : celui d’une jeune femme prisonnière d’un monde d’images et d’artifices, incapable de percevoir la réalité qu’elle déforme à longueur de vidéos. L’“accident” qui donne son titre au film marque une bascule : lorsqu’elle se retire en montagne pour échapper au scandale, Magalie découvre qu’elle est désormais prise au piège d’un chantage, et que la machine médiatique qu’elle pensait maîtriser se retourne contre elle.
Dupieux orchestre cette spirale avec sa précision habituelle : montage ciselé, dialogues décalés, situations déraillantes mais rigoureusement écrites. L’absurde n’est jamais gratuit : il devient un révélateur, un miroir déformant mais implacable de notre époque saturée d’images performatives.
Autour d’Exarchopoulos, le casting excelle. Jérôme Commandeur, en assistant patient mais au bord de la rupture, apporte une douceur mélancolique inattendue. Sandrine Kiberlain, dans un rôle entièrement habité par la folie douce, injecte une énergie jubilatoire. Karim Leklou, quant à lui, pose une gravité discrète qui stabilise le film au moment où tout menace d’exploser.
La mise en scène, faussement simple, relève du tour de force : Dupieux filme les montagnes comme un décor mental, un refuge impossible où la vérité finit toujours par se fissurer. L’humour est omniprésent, mais jamais confortable : le rire se teinte d’un malaise délicieux, propre au cinéma de Dupieux, où le bon sens est continuellement malmené et où le non-sens finit par révéler l’essentiel.
L’Accident de piano est une œuvre plus noire qu’il n’y paraît, une satire sur la toxicité des images, la solitude contemporaine et la logique implacable des réseaux, qui broient aussi bien les victimes que ceux qui cherchent à en tirer profit. Un film lucide, tordu, hilarant, qui confirme la place de Quentin Dupieux comme l’une des voix les plus singulières du cinéma français.
Un petit bijou de cynisme maîtrisé, porté par des acteurs flamboyants et un réalisateur en état de grâce.
🎬 Image
La restauration et le master du film offrent une image d’une netteté remarquable, parfaitement adaptée à l’esthétique dupieuxienne : contrastes marqués, lumière froide en montagne, couleurs légèrement désaturées qui renforcent le malaise comique propre au réalisateur. Les scènes d’intérieur, plus feutrées, gagnent en précision, avec un grain maîtrisé qui conserve le naturel du tournage. Le résultat : une image propre, stable, volontairement minimaliste, fidèle à l’esprit décalé de Dupieux.
🔊 Son
La piste sonore met en valeur le travail si reconnaissable de Mr. Oizo, alias Quentin Dupieux derrière les platines. Le mixage fait ressortir :
les ambiances étranges et feutrées, typiques de son univers,
les ruptures sonores, utilisées comme éléments de comédie,
une bande-son électronique subtile, qui accompagne les glissements vers l’absurde sans les alourdir.
Les dialogues sont parfaitement clairs, même dans les scènes où l’action se dérègle. L’ensemble offre une expérience sonore précise, nerveuse et cohérente avec l’humour noir du film.
📀 Bonus
L’édition propose deux suppléments particulièrement intéressants pour prolonger l’expérience :
• Making-of de la bande-son (Mr. Oizo)
Un module passionnant qui dévoile le travail musical de Dupieux : manipulation de sons, création de motifs électroniques, construction d’une ambiance sonore entre farce et tension. Un bonus rare qui permet de comprendre comment la musique devient un moteur de la comédie absurde.
• Scènes de répétition
Des extraits bruts qui révèlent le processus de jeu, l’énergie des comédiens et la direction d’acteurs de Dupieux, entre liberté totale et précision millimétrée. Une plongée intime dans la mécanique comique du film.
Rapport de forme : 1.77:1 Classé : Tous publics Dimensions du colis : 18,7 x 13,7 x 1,4 cm; 70 grammes Audio description : : Français Réalisateur : Quentin Dupieux Format : PAL Durée : 1 heure et 24 minutes Date de sortie : 4 novembre 2025 Acteurs : Adèle Exarchopoulos, Clara Choï, Jérôme Commandeur, Karim Leklou, Sandrine Kiberlain Langue : Français (Dolby Digital 2.0), Français (Dolby Digital 5.1) Studio : Diaphana
Torchfire, le deuxième tome explosif de la Trilogie des Torches, en format relié…
Avec Torchfire, deuxième volet incandescent de La Trilogie des Torches, Moira Buffini embrase à nouveau son univers de fantasy politique et poétique. Après le souffle de révolte du premier tome, cette suite plonge au cœur des flammes — celles de la guerre, de la passion et du pouvoir. Le résultat : un récit haletant et viscéral, à la croisée de la fable dystopique et de l’épopée intime.
Depuis la révolte de Northaven, les Torches — ces femmes et hommes porteurs du Chant, ce pouvoir ancien capable de soulever des foules — sont devenus des symboles de résistance. Mais l’étincelle de la liberté s’accompagne d’un lourd tribut. Elsa, Kaira, Piper et Rye, quatre voix unies par le feu du destin, se battent désormais pour survivre dans un monde fracturé entre Ayland et Brightland, où chaque décision peut faire basculer la paix fragile dans le chaos.
Buffini signe une œuvre d’une intensité rare, où la poésie du langage se mêle à la brutalité de la guerre. Chaque chapitre alterne les points de vue, révélant la complexité des personnages : Elsa, la meneuse idéaliste rongée par la culpabilité ; Kaira, déchirée entre loyauté et vengeance ; Rye, qui découvre la fragilité de ses certitudes ; et Piper, incarnation d’un courage lumineux dans un monde qui s’assombrit. Ensemble, ils forment un chœur tragique dont la voix s’élève contre l’oppression.
La grande force de Buffini réside dans sa manière d’unir lyrisme et réalisme, d’allier la grandeur des légendes à une réflexion contemporaine sur la résistance, le corps, la mémoire et la puissance du collectif. Le Chant, métaphore de la parole et de la révolte, devient ici un cri d’émancipation universel : “Nous sommes les Torches. Traquées ou célébrées, nous ne resterons plus cachées.”
Les descriptions sont d’une beauté envoûtante — paysages brûlés, citadelles de cendre, silhouettes drapées dans la lumière des flammes. L’écriture, nerveuse et poétique, transforme chaque scène en un tableau vibrant. Et derrière la fureur, Buffini glisse une tendresse infinie pour ses héros : des âmes qui refusent d’abandonner, même face à l’inéluctable.
Torchfire confirme ainsi tout le talent de Moira Buffini pour tisser une saga aussi épique que sensible. Entre complots, amitiés sacrifiées et amours impossibles, le roman embrase le cœur de son lecteur et le laisse haletant, suspendu au fil incandescent du destin.
ASIN : B0FC5WS92N Éditeur : MARTINIERE J Date de publication : 31 octobre 2025 Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 576 pages ISBN-13 : 979-1040121664
C’est l’anniversaire de Greg ! Et vous êtes tous invités… au chaos !
Vingt tomes déjà, et Greg Heffley n’a rien perdu de son sens du désastre ! Dans Gâteau et chaos, Jeff Kinney célèbre l’anniversaire de son anti-héros préféré avec une comédie aussi hilarante que catastrophique. Fidèle à l’esprit de la série, ce nouveau volume offre une avalanche de gags, de quiproquos et de situations absurdes, servie par le trait toujours aussi expressif et le ton ironique qui ont fait le succès planétaire du Journal d’un dégonflé.
Cette fois, Greg décide de marquer le coup : organiser LA fête d’anniversaire parfaite, celle dont tout le collège parlera. Mais évidemment, entre une liste d’invités qui lui échappe, une déco qui s’effondre et des “surprises” qui tournent à la panique, le rêve vire rapidement au cauchemar. Et quand la famille Heffley s’en mêle, le chaos atteint des sommets !
Jeff Kinney a ce talent rare : raconter la banalité du quotidien avec une justesse comique universelle. À travers les mésaventures de Greg, il épingle les travers de l’adolescence — le besoin de reconnaissance, la maladresse, la peur du ridicule — tout en livrant un récit au rythme effréné, parfait pour les jeunes lecteurs. Le ton reste à la fois moqueur et bienveillant, et les illustrations pleines d’énergie amplifient chaque gag avec une efficacité redoutable.
Ce vingtième tome, qui marque deux décennies d’aventures loufoques, rappelle pourquoi Journal d’un dégonflé est devenu un classique de la littérature jeunesse contemporaine : un humour accessible à tous, des personnages attachants malgré (ou grâce à) leurs défauts, et cette capacité à transformer les pires catastrophes en éclats de rire.
ASIN : B0FC5P84HS Éditeur : SEUIL JEUNESSE Date de publication : 7 novembre 2025 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 224 pages ISBN-13 : 979-1023521429
Deux rivaux. Un secret. Et un hiver pour tout changer.
Avec Comme un film de Noël, Elle McNicoll signe un roman d’hiver à la fois lumineux et mélancolique, entre comédie romantique et introspection douce-amère. Loin des clichés de saison, l’autrice réinvente les codes du “Christmas movie” pour y insuffler une profondeur inattendue : derrière les guirlandes et la neige, elle parle de reconstruction, de pardon et de la difficulté d’assumer ses vérités dans un monde qui préfère les apparences.
À Lake Pristine, tout le monde adore Jasper Montgomery — jeune femme modèle, discrète, bienveillante, presque parfaite. Mais sous cette image de fille prodige, Jasper cache des blessures et des secrets qu’elle n’a jamais osé affronter. Lorsqu’elle revient dans sa ville natale pour les fêtes, ce n’est pas pour retrouver la magie de Noël, mais pour dire adieu à ce lieu qui la hante depuis toujours. Son plan, bien sûr, vole en éclats lorsqu’elle recroise Arthur Lancaster, son ancien rival de lycée. Arthur a un projet un peu fou : tourner un film sur Lake Pristine, cette ville trop parfaite pour être vraie.
Leur confrontation, d’abord piquante, devient une complicité inattendue. Entre sarcasmes et confidences, ils réapprennent à se voir tels qu’ils sont — imparfaits, fragiles, profondément humains. À mesure que les jours raccourcissent et que la neige recouvre le passé, Jasper commence à douter : et si cette ville qu’elle voulait fuir contenait encore un morceau d’elle-même ?
Elle McNicoll, autrice déjà remarquée pour ses romans sensibles (A Kind of Spark, Show Us Who You Are), prouve une nouvelle fois son talent pour mêler légèreté et gravité. Son écriture, à la fois vive et pleine d’empathie, donne chair à des personnages qui luttent pour trouver leur place — face aux autres, mais surtout face à eux-mêmes. Sous ses airs de romance hivernale, le roman aborde avec finesse la pression sociale, les blessures familiales et la force de se réinventer.
Et pourtant, la magie opère. Entre les répliques drôles, les dialogues intimes et les descriptions d’une ville scintillante sous la neige, Comme un film de Noël offre tout ce qu’on aime dans ce genre d’histoires : de l’humour, des émotions vraies, et cette étincelle de chaleur qui nous réconcilie avec l’hiver et avec nous-mêmes.
ASIN : B0FC5H96S2 Éditeur : MARTINIERE J Date de publication : 7 novembre 2025 Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 400 pages ISBN-13 : 979-1040120278
The Beast in Me est une série Netflix sur laquelle je suis tombé par hasard. Normalement, je repère très vite ce genre de programmes, mais je ne l’ai remarquée qu’hier, en tête d’affiche de l’application. Une fois lancée, j’ai été immédiatement accroché. L’histoire suit une mère ayant perdu son fils, prisonnière de son deuil, et son voisin, un homme monstrueux au sens propre comme figuré, qui se nourrit de cette douleur, la manipule, et tente de la transformer en une version de lui-même, quitte à la pousser à remettre en question sa morale. Le sujet est vraiment fascinant. Matthew Rhys livre une performance hypnotique, habitée par une rage froide et contrôlée, dans le rôle de Nile Jarvis.
La série développe deux questions centrales : qui a tué Madison, la femme de Nile disparue plusieurs années plus tôt, et qui est responsable de la mort de Teddy Fenick, le conducteur qui a percuté la voiture d’Aggie, causant la mort de son fils Cooper. Aggie, autrice incapable d’écrire à cause de son blocage et de sa culpabilité, n’arrive pas à avancer depuis qu’elle a répondu à un appel professionnel au volant, juste avant l’accident fatal. Lorsque Nile, homme controversé à cause de la réputation criminelle de sa famille et accusé d’avoir tué sa femme, emménage à côté, elle décide de l’utiliser comme matériau pour son livre : un sujet qui attirerait l’attention du public et lui permettrait de gagner de l’argent. Officiellement, cela aiderait aussi Nile à blanchir son nom, mais en réalité Aggie se sert de lui pour transmettre des informations à l’agent du FBI Abbert. Quand Nile découvre cela, il tue Abbert — un meurtre qui ravive en lui le souvenir de l’assassinat de Madison, qu’il avait tuée car elle collaborait elle aussi avec Abbert pour exposer les méfaits de sa famille.
Nile découvre ensuite qu’Aggie essaie de prouver qu’il est coupable, notamment grâce à un carnet et une fausse lettre censée faire croire à un suicide de Madison. Il enlève puis tue Teddy, et dépose son corps dans la chambre de Cooper, dans la maison d’Aggie, afin qu’elle soit accusée du meurtre. Une vengeance motivée par leur passé commun, et par la trahison qu’il ressent : il était convaincu qu’ils étaient « amis », dans une vision totalement psychotique. Juste avant l’arrestation d’Aggie, celle-ci va voir Nenah, l’épouse actuelle de Nile, et lui explique qu’elle sait qu’il a tué Madison, et que Nenah a toujours su qui il était vraiment : un homme violent, manipulateur, instable. Nenah confronte alors Nile, enregistre secrètement ses aveux, et les remet à la police. Il est condamné à trois peines de prison à perpétuité. En prison, il est finalement assassiné sur ordre de son oncle Rick, qui estime que Nile a toujours été un problème, celui qui a causé l’AVC de Martin et ruiné l’héritage familial. Nile meurt donc assassiné, victime d’un karma implacable : comme le dit Aggie, « on récolte ce que l’on sème ».
Le thème principal de la série concerne la frontière fragile entre le bien et le mal. Nile tente sans cesse d’attirer Aggie vers son côté, utilisant sa douleur pour tenter d’en faire un monstre comme lui. Il croit qu’elle veut savoir ce que l’on ressent en tuant quelqu’un. Elle veut comprendre pour écrire, mais refuse toujours de franchir la ligne. Pour Nile, Teddy devait mourir parce qu’il n’avait pas été puni — et il est convaincu qu’Aggie voulait, au fond d’elle-même, qu’il fasse justice. Son comportement est bestial, instinctif, animé par une vengeance permanente. Aggie, elle, est à un cheveu de devenir comme lui, mais elle finit par accepter sa part de responsabilité dans la mort de Cooper et commence enfin son deuil. Elle cesse de s’accrocher au passé, comme en témoigne son attitude face au nouveau compagnon de Shel. Un autre thème crucial est celui de l’héritage : la manière dont toute une vie peut être détruite par un seul individu. Martin rêvait de transmettre un nom respecté, mais Nile a tout détruit.
J’ai trouvé cette série plutôt bonne, d’autant qu’elle m’a surpris : aucune bande-annonce, aucune promo remarquée. Les performances sont solides : Claire Danes incarne magnifiquement la douleur d’Aggie, même si le personnage peut agacer parfois. Matthew Rhys, lui, porte la série : il est glaçant, inquiétant, fascinant. Sa confession à Nenah est un moment terrifiant, superbement interprété. Visuellement, la série est splendide : un mélange de modernité brillante et de grain presque argentique, qui renforce la tension permanente. J’aurais préféré une saison plus courte — six épisodes auraient suffi — mais l’ensemble reste captivant. La mort brutale de l’agent Abbert est l’un des moments les plus marquants, rappelant d’ailleurs la métaphore de Moby Dick : Nile était sa baleine blanche, et cela finit mal pour le capitaine. Au final, oui, la série vaut le coup : une œuvre idéale à binge-watcher le week-end, visuellement superbe, parfaitement jouée, avec une ambiance envoûtante et un Matthew Rhys exceptionnel. Une série prenante, que l’on dévore sans regret.