Avec ce sixième volume de A Business Proposal, le manhwa romantique phénomène poursuit son irrésistible mélange de comédie, de tendresse et de tension amoureuse. Après plusieurs tomes pleins de rebondissements et de quiproquos, ce nouvel épisode recentre le récit sur les dynamiques de couple et les petits chaos du quotidien amoureux — preuve que même après la passion initiale, l’amour reste une aventure pleine de surprises.
Alors que Yeongsuh et Sunghoon filent le parfait amour et préparent leur mariage, Hari et Taemu continuent, eux, de jongler entre fierté et sentiments. Hari, toujours indépendante et spontanée, refuse de se plier aux conventions : pas question que Taemu la demande en mariage — c’est elle qui fera le premier pas ! Une idée qui, évidemment, ne manque pas de faire grincer des dents le séduisant PDG, plus habitué à diriger qu’à attendre. Entre ces deux fortes têtes, les étincelles fusent et les émotions se bousculent.
Mais l’arrivée du nouveau secrétaire, bien décidé à se rapprocher d’Hari, vient jeter une ombre sur cette idylle haute en couleurs. Jaloux, Taemu voit rouge, tandis qu’Hari tente de préserver à la fois son espace et son couple. Cette comédie romantique pétillante continue d’explorer avec humour et finesse les relations modernes — entre affirmation de soi, jeux de pouvoir et tendresse sincère.
Graphiquement, Perilla livre encore un dessin éclatant de vitalité. Les expressions sont savoureuses, les situations finement chorégraphiées, et chaque plan respire la comédie de mœurs. Les dialogues vifs, les réactions exagérées et les moments de vulnérabilité donnent au récit une légèreté charmante, sans jamais tomber dans la superficialité.
Ce sixième tome confirme la réussite du manhwa : un équilibre parfait entre romance contemporaine et satire sociale, où l’amour s’écrit autant dans les maladresses que dans les gestes tendres.
Éditeur : Kotoon
Date de publication : 16 octobre 2025
Édition : Illustrated
Langue : Français
Nombre de pages de l’édition imprimée : 304 pages
Quand deux sœurs se déchirent, une lutte sans merci commence !
Avec I Don’t Trust My Twin – Tome 3, Gwat et Garamdal poursuivent leur saisissant drame familial teinté de stratégie, de jalousie et de vengeance. Ce troisième opus, plus tendu que jamais, plonge le lecteur dans un tourbillon d’intrigues et de manipulations, où amour, trahison et pouvoir s’entrelacent avec une intensité captivante.
Depuis le premier tome, I Don’t Trust My Twin s’impose comme une œuvre singulière au croisement du thriller psychologique et du manhwa aristocratique. On y retrouve deux sœurs jumelles, Laurencia et Ersia, prisonnières d’un destin cruel où la rivalité et les rancunes d’enfance deviennent des armes redoutables. Ici, Laurencia poursuit son plan minutieux pour contrer son ex-fiancé Berylt, un stratège aussi charismatique que dangereux. Mais plus elle avance, plus la trahison se resserre autour d’elle — car les signes ne trompent plus : sa propre sœur semble liée à son pire ennemi.
Pour lever le voile sur la vérité, Laurencia engage un espion chargé de surveiller Ersia. Ce choix, dicté par la peur autant que par la colère, marque un tournant majeur dans l’histoire. Les tensions s’aiguisent, les masques tombent, et les sœurs se retrouvent face à face dans une lutte aussi glaciale qu’intime, où chaque regard peut être une menace et chaque sourire, une arme.
Le duo Gwat / Garamdal excelle une nouvelle fois dans la construction dramatique : dialogues tranchants, rythme maîtrisé, cliffhangers constants. Le dessin, d’une élégance redoutable, joue sur les contrastes entre la beauté des décors aristocratiques et la noirceur des sentiments. Les cadrages subtils, les détails vestimentaires et l’expressivité des visages traduisent avec brio cette guerre silencieuse entre deux âmes jumelles, miroir l’une de l’autre mais séparées par la haine et la peur.
Ce troisième tome creuse encore la psychologie des personnages, dévoilant les failles sous la froideur, les blessures sous la vengeance. On y sent poindre une tragédie imminente, où l’amour et la haine deviennent indissociables.
Éditeur : Kotoon
Date de publication : 16 octobre 2025
Édition : Illustrated
Langue : Français
Nombre de pages de l’édition imprimée : 272 pages
Si un génie vous offrait un seul et unique vœu, que demanderiez-vous ?
Avec ce sixième volume de Mon vœu le plus sincère, Kiri conclut une série d’une rare sensibilité, où le fantastique se mêle à l’émotion pure pour explorer les thèmes de l’amour, du destin et du renoncement. Ce dernier tome vient refermer une histoire qui, derrière son apparente simplicité, pose une question universelle : si vous aviez droit à un seul vœu, oseriez-vous en payer le prix ?
Le vœu d’Api a enfin été exaucé, et une nouvelle vie s’ouvre pour elle et pour Oxlov, celui qui obtient enfin le rêve de toute une existence : devenir parent. Pourtant, cette joie porte en elle une profonde mélancolie. Praince, désormais étranger aux yeux d’Api, doit s’éloigner jusqu’à ses vingt ans. Ce n’est qu’à ce moment-là que sera révélé si son vœu était vraiment « le plus sincère ». En filigrane, Kiri interroge le sens du sacrifice, de la mémoire et du lien invisible qui relie les êtres, même séparés.
L’autrice livre ici un dernier volume empreint de douceur et de nostalgie, où chaque planche respire l’émotion contenue. Son trait délicat, presque vaporeux, capte à merveille les silences et les regards. Le découpage, d’une grande justesse, donne au temps une texture particulière : lente, suspendue, comme si chaque case était une bulle de souvenir prête à éclater. La magie n’y est jamais un prétexte, mais le miroir poétique d’un sentiment profondément humain : celui de vouloir protéger, aimer, et laisser partir.
Entre l’intensité du drame et la lumière de l’espoir, Mon vœu le plus sincère s’achève sur une note à la fois déchirante et apaisée, fidèle à la tonalité du récit depuis ses débuts. Kiri y confirme son talent pour créer des univers empreints de spiritualité et d’émotion, où les vœux ne sont jamais gratuits et les miracles toujours teintés de larmes.
Éditeur : Kotoon
Date de publication : 16 octobre 2025
Édition : Illustrated
Langue : Français
Nombre de pages de l’édition imprimée : 272 pages
Demain il va neiger ! Voilà qui annonce une inoubliable dernière journée de vacances avec Burku, l’amie troll d’Hilda.
Avec Le Réveil de l’Homme de glace, Luke Pearson nous offre une nouvelle aventure tendre et haletante du duo le plus attachant du pays des trolls : Hilda et Twig, son fidèle renard-cerf. Véritable ode à la nature, à l’amitié et au courage, ce second tome prolonge l’univers enchanteur et poétique de la série originale, tout en mettant cette fois Twig sous le feu des projecteurs.
Alors que la neige est annoncée, Hilda s’apprête à vivre une dernière journée de vacances magique avec son amie Burku, la jeune troll. Mais la poudreuse tarde à tomber, et la déception pointe son nez. C’est alors que Twig, animé d’une idée un peu trop audacieuse, décide d’aller réveiller l’Homme de glace, une créature mythique qu’il a repérée dans la montagne. Mauvaise idée : la bête se réveille furieuse, et une tempête d’une intensité surnaturelle s’abat sur la vallée. Commence alors une course contre la montre où le courage et la solidarité seront les seules armes capables d’apaiser les forces du froid.
Dans ce nouvel épisode, Luke Pearson déploie tout son art du récit à hauteur d’enfant : un équilibre parfait entre aventure, émotion et humour. Son univers graphique, reconnaissable entre mille, mêle la douceur des paysages nordiques à une expressivité pleine de mouvement et de tendresse. Les planches regorgent de détails, les couleurs évoquent la chaleur des foyers et la beauté glacée des montagnes, tandis que les expressions de Twig et Hilda traduisent tout un éventail de sentiments – peur, émerveillement, fierté, et cette indéfectible amitié qui lie les deux héros.
Sous des airs de conte hivernal, Le Réveil de l’Homme de glace rappelle subtilement les valeurs fondatrices de la série : l’entraide, la curiosité, le respect du vivant et la force du pardon. Twig, souvent en retrait dans les aventures précédentes, prend ici une dimension nouvelle : celle d’un petit héros maladroit mais profondément loyal, prêt à tout pour réparer ses erreurs.
Éditeur : CASTERMAN
Date de publication : 5 novembre 2025
Langue : Français
Nombre de pages de l’édition imprimée : 64 pages
À Ardmuir, tout le monde sait que Willow Stokes est une arnaqueuse.
Avec A Curious Kind of Magic, Mara Rutherford signe une comédie romantique enchantée, pleine de charme et de mystère, où l’amour, la magie et les faux-semblants s’entrelacent dans une atmosphère délicieusement britannique.
Dans la petite ville côtière d’Ardmuir, tout le monde pense que Willow Stokes est une charlatane. Sa boutique d’artefacts magiques, autrefois florissante, n’est plus qu’un théâtre d’illusions : les objets qu’elle vend n’ont aucun pouvoir réel. Jusqu’au jour où elle rencontre Brianna Hargrave, une jeune femme étrange venue chercher refuge — et qui, elle, possède un véritable don : tout ce qu’elle touche devient magique. Un pouvoir aussi fascinant que dangereux, dont elle espère enfin se libérer grâce à un grimoire ancien disparu depuis des siècles.
Entre les deux femmes se noue alors un pacte fragile, unis par l’intérêt autant que par la nécessité : Willow veut sauver son commerce en exploitant la magie de Brianna, et Brianna a besoin de Willow pour retrouver le mystérieux grimoire. Mais à mesure que les secrets s’effritent et que la confiance s’installe, leurs destins se lient d’une manière inattendue, au cœur d’un univers où le surnaturel s’invite dans le quotidien.
L’écriture de Mara Rutherford, fine et évocatrice, déploie un charme feutré, entre thé fumant, ruelles pavées et mystères anciens. On y retrouve toute la saveur d’un cosy fantasy : une magie discrète, des personnages nuancés et des dialogues vifs, pleins d’esprit. Et lorsque surgissent un apprenti imprimeur aussi agaçant que séduisant et un collectionneur aussi charmant que menaçant, la romance se teinte d’un suspense léger et d’une mélancolie douce-amère.
L’autrice explore avec sensibilité la frontière entre l’illusion et la vérité, entre le besoin de croire et la peur de décevoir. Ses héroïnes, vulnérables mais résilientes, incarnent cette idée lumineuse : la véritable magie n’est pas toujours dans les sorts ou les grimoires, mais dans les rencontres et la confiance.
ASIN : B0FC5YY1YM
Éditeur : MARTINIERE J
Date de publication : 24 octobre 2025
Langue : Français
Nombre de pages de l’édition imprimée : 416 pages
Le Père Noël n’a pas la vie facile, et encore moins la nuit du 24 décembre. D’ailleurs, saviez-vous que beaucoup de ses tournées ont bien faillies êtres annulées ? Grâce à ce calendrier de l’avent, les enfants découvriront, en découpant eux-même les double-pages, toutes les péripéties auxquelles le Père Noël a échappé pour pouvoir livrer ses cadeaux.
Avec son inventivité malicieuse et son sens inimitable du rythme visuel, Thierry Dedieu signe un album de Noël pas comme les autres, à la fois drôle, poétique et participatif. Derrière ce titre plein de promesses — Les 24 fois où la tournée du Père Noël faillit être annulée — se cache un calendrier de l’Avent-livre qui transforme l’attente de Noël en une aventure jubilatoire.
Chaque jour, les enfants découvrent une nouvelle péripétie rocambolesque vécue par le Père Noël. Une tempête de neige, un renne enrhumé, une panne de traîneau, un costume trempé ou un lutin en grève : il s’en est fallu de peu, vingt-quatre fois, pour que la grande tournée n’ait pas lieu ! Grâce à un ingénieux système de découpage progressif des double-pages, les jeunes lecteurs deviennent acteurs de leur lecture — un rituel aussi amusant que magique pour patienter jusqu’au 24 décembre.
Fidèle à son style, Thierry Dedieu joue avec le ton et les contrastes : un humour fin et complice, des images fortes, parfois démesurées, toujours pleines d’énergie. Les dessins, riches en détails et en clins d’œil, mêlent tendresse et ironie, rappelant que même le plus grand des héros peut connaître des imprévus. Derrière la légèreté du propos, l’auteur glisse une belle leçon de persévérance et de solidarité : malgré les obstacles, l’esprit de Noël finit toujours par triompher.
Entre livre à découper, recueil d’histoires et objet de fête, cet album s’impose comme un incontournable des bibliothèques familiales. Chaque page révèle un univers visuel fort, empreint de l’élégance graphique et du sens du détail propres à Dedieu.
ASIN : B0FC5KN6GH
Éditeur : SEUIL JEUNESSE
Date de publication : 17 octobre 2025
Édition : Illustrated
Langue : Français
Nombre de pages de l’édition imprimée : 104 pages
Petit Ours a fait un beau dessin. Il demande à Poule de le porter à sa grand-mère. Grand-mère, ravie, donne un bisou à Poule pour Petit Ours. En chemin, Poule rencontre Grenouille, et lui confie le bisou. Grenouille, qui a envie de prendre un bain, donne le bisou au chat… Le bisou de Grand-mère arrivera-t-il jusqu’à Petit Ours ?
Avec Un bisou pour Petit Ours, Else Holmelund Minarik et Maurice Sendak, le duo mythique à l’origine de la série Petit Ours, livrent un classique tendre et malicieux de la littérature enfantine. Publié pour la première fois il y a plusieurs décennies et désormais réédité dans une superbe version reliée, ce petit bijou d’humanité continue de séduire les nouvelles générations par sa simplicité et son charme intemporel.
L’histoire commence par un geste d’amour universel : Petit Ours a dessiné un joli dessin pour sa grand-mère. La Poule, messagère appliquée, se charge de le lui apporter. En retour, la grand-mère confie à la Poule un bisou à transmettre à son petit-fils. Mais sur le chemin du retour, le bisou voyage de patte en patte, de la Poule à la Grenouille, puis au Chat, chacun transmettant l’affection avec sa propre fantaisie. Ce petit bisou devient ainsi le héros d’un voyage plein de rebondissements et de douceur, où l’amitié et la bienveillance circulent comme un fil invisible reliant tous les êtres.
Le texte d’Else Holmelund Minarik, d’une écriture simple et rythmée, parle directement au cœur des tout-petits : la répétition, la musicalité des phrases et le comique de situation participent à la joie de la lecture à voix haute. On y retrouve la saveur des contes de transmission, où les petits gestes d’amour deviennent des aventures à part entière.
Les illustrations de Maurice Sendak, pleines de tendresse et de détails, donnent vie à ce monde miniature avec une précision et une chaleur incomparables. Son trait délicat, expressif et feutré, fait de chaque animal un personnage attachant, à la fois humain et poétique. Le jeu des regards, les postures, les petits décors bucoliques créent une atmosphère douce et rassurante, parfaite pour les moments de lecture partagés avant le coucher.
Un bisou pour Petit Ours est une fable sur la force du lien, la transmission et la circulation de l’amour. C’est un livre qui apaise, qui réunit et qui rappelle que même les plus petits gestes peuvent faire un très long chemin.
Éditeur : EDL
Date de publication : 5 novembre 2025
Langue : Français
Nombre de pages de l’édition imprimée : 40 pages
Au détour d’un sentier sinueux, derrière le tronc d’un vieux chêne ou sous un tapis de mousse, prête l’oreille et ouvre l’oeil… C’est ici que naît la magie des contes ! Peut-être croiseras-tu Hansel et Gretel, Raiponce, ou encore Cendrillon… Laisse-toi emporter par les envoûtantes illustrations de cette forêt enchantée et (re) découvre avec plaisir huit contes classiques !
Avec Au pays des contes, Helen Mortimer et Gabriella Barouch signent un album somptueux et intemporel, une véritable porte ouverte vers le merveilleux. Ce recueil réunit huit contes classiques parmi les plus aimés — Hansel et Gretel, Raiponce, Cendrillon et d’autres histoires fondatrices — dans une édition luxueuse qui séduira aussi bien les enfants rêveurs que les adultes nostalgiques.
Dès les premières pages, le lecteur est invité à s’aventurer “au détour d’un sentier sinueux, derrière le tronc d’un vieux chêne ou sous un tapis de mousse”… La narration, fluide et élégante, conserve la simplicité et la musicalité des contes d’origine, tout en les adaptant avec justesse à la sensibilité contemporaine. Helen Mortimer insuffle une douceur moderne à ces récits millénaires, sans jamais en trahir la morale ou la portée symbolique.
Mais c’est surtout le travail visuel de Gabriella Barouch qui fait de cet ouvrage un véritable objet d’art. Ses illustrations, d’une beauté hypnotique, oscillent entre réalisme poétique et atmosphère onirique. Les textures délicates, les jeux de lumière et les nuances de couleur évoquent un univers entre rêve et nature, où chaque page devient une fenêtre ouverte sur la magie. Son trait précis, presque tactile, donne vie à des forêts profondes, à des châteaux diaphanes et à des personnages expressifs, empreints d’émotion et de mystère.
Au pays des contes est bien plus qu’une simple compilation : c’est une traversée sensorielle, une célébration de l’imaginaire collectif. Le livre réussit à retrouver ce frisson particulier de l’enfance — celui de l’attente, du danger apprivoisé, de la morale apprise sans qu’on s’en aperçoive.
Entre émerveillement et mélancolie, cet album rend hommage à la puissance du conte comme berceau de la culture et refuge de l’âme. À lire à voix haute, au coin d’un feu ou sous une lampe de chevet, pour transmettre la magie d’histoires qui ne vieillissent jamais.
Éditeur : KALEIDOSCOPE
Date de publication : 19 novembre 2025
Langue : Français
Nombre de pages de l’édition imprimée : 64 pages
Regretting You est la dernière adaptation d’une histoire de Ken Hoover portée à l’écran. Le film suit deux couples liés par une sœur commune. Lorsqu’un accident tragique provoque la mort de deux membres de la famille, les mensonges et secrets enfouis dans les deux relations commencent à ressurgir. Morgan, la mère, tente de protéger sa fille Clara de la vérité, mais le traumatisme et le poids de ses propres regrets — la sensation d’avoir gâché sa vie dix-sept ans plus tôt — finissent par creuser un fossé entre elles.
Voyons ensemble la fin du film et ce qu’elle signifie. Voici la critique complète et l’explication de la fin de Regretting You. ⚠️ Attention, cette analyse contient des spoilers.
Critique du film
Dans l’ensemble, j’ai trouvé le film correct, sans être exceptionnel. En le comparant à It Ends With Us, j’ai personnellement préféré ce dernier. Cependant, Regretting You propose des thèmes forts et poignants, notamment celui des mauvais choix de vie et du regret d’avoir suivi une voie qu’on n’a jamais voulue.
L’idée de découvrir que les deux personnes que vous aimez le plus — votre mari et votre sœur — vous trahissaient en secret, mais de ne plus pouvoir leur en vouloir parce qu’ils sont morts, est un concept psychologique fascinant. On voudrait être en colère, mais on est aussi anéanti.
Le film illustre bien ce paradoxe. Néanmoins, j’ai trouvé que le deuil de Morgan et Jonah (le mari de la sœur décédée) restait un peu en arrière-plan, alors qu’il aurait pu être plus déchirant. Sans doute parce que la révélation de la trahison anesthésie en partie leur douleur.
La scène d’ouverture est très réussie : elle prépare l’accident fatal de Chris (le mari de Morgan) et Jenny (la sœur de Morgan). Je ne savais pas qui allait mourir — et lorsque j’ai découvert que les deux étaient amants et morts ensemble, j’en suis resté bouche bée.
Au début, le film nous fait croire que Jonah et Morgan ont une liaison, notamment avec le regard qu’ils échangent dans le van et le test de grossesse d’il y a des années — mais on apprend qu’ils n’ont jamais été infidèles. C’est un retournement habile, qui renforce la pureté de leur lien et rend la trahison de Jenny et Chris encore plus odieuse.
Thèmes principaux
Le film gère bien la question du traumatisme individuel. Morgan projette sur sa fille ses propres regrets : elle a peur que Clara répète ses erreurs, notamment dans sa relation avec Miller, un garçon qu’elle juge trop semblable à Chris. Mais en réalité, Miller est davantage comme Jonah — l’homme que Morgan aurait voulu aimer.
Ainsi, lorsque Morgan finit par accueillir Miller dans la famille, cela symbolise son acceptation du passé et la réconciliation avec sa fille.
Ce qui fonctionne moins bien
La réconciliation entre Morgan et Clara est un peu précipitée. Il suffit que Clara, ivre dans un cimetière, découvre l’infidélité de son père pour qu’elle change soudainement d’attitude et dise à sa mère :
“Tu mérites d’être heureuse.”
Étant donné que Chris était le parent auquel elle tenait le plus, et Jenny son modèle, cette réaction manque de réalisme émotionnel.
Quant à la relation Clara/Miller, elle est mignonne et agréable à regarder, mais pas particulièrement marquante. Le vrai cœur du film reste le duo mère-fille, et c’est là que l’émotion fonctionne le mieux.
Interprétations et jeu d’acteurs
Le casting principal est solide, mais Allison Graham (Morgan) livre, selon moi, la performance la plus faible. Ses scènes de disputes avec Clara sonnent souvent faux. En revanche, Dave Franco (Jonah) est convaincant, et leurs scènes ensemble sont réussies.
Les dialogues, parfois un peu plats (“tu es punie”, “tu ne comprends pas”), n’aident pas à donner de la profondeur.
La bande-son, en revanche, est un vrai plus : la chanson When You Were Young des Killers en ouverture donne le ton. Comme le dit Jonah dans une scène :
“La musique te ramène toujours quelque part.” Et cette chanson, en effet, évoque immédiatement la nostalgie de la jeunesse.
La fin expliquée
La fin de Regretting You explore plusieurs thèmes essentiels :
Les regrets et leur influence sur la génération suivante.
Les mensonges et la manière dont ils détruisent les liens familiaux.
L’acceptation de soi et du passé.
Morgan et Jonah regrettent de ne pas s’être choisis plus tôt. Ils ont toujours été loyaux envers leurs conjoints respectifs, contrairement à Chris et Jenny, qui ont agi selon leurs désirs et en ont payé le prix ultime.
Leur relation renaissante à la fin symbolise une seconde chance — celle d’une vie plus honnête.
Les mensonges traversent tout le film :
Ceux de Chris et Jenny, l’adultère.
Ceux de Morgan envers sa fille, pour la protéger.
Ceux de Clara envers Miller, qu’elle utilise pour se venger.
Mais lorsque tous les secrets éclatent, tout s’apaise : Morgan et Jonah peuvent enfin s’aimer ouvertement, Clara accepte Miller, et la famille se retrouve unie autour d’un film, activité symbolique qui rappelle les moments partagés avec le père — désormais recréés avec la mère.
Plus de secrets, plus de mensonges, plus de regrets. Le cercle est enfin brisé.
Conclusion
Regretting You n’est pas un film inoubliable, mais il se regarde avec plaisir. Le twist central surprend, le message touche juste, et le jeu collectif maintient l’émotion. C’est un drame familial classique, idéal pour un dimanche après-midi — ni trop léger, ni trop lourd.
À 20 minutes de l’impact d’un missile nucléaire sur les États-Unis
Ce film s’intéresse aux multiples points de vue entourant ce qui se passerait si un missile balistique intercontinental (ICBM) était en vol au-dessus du nord-ouest de l’océan Pacifique et devait s’écraser dans la région métropolitaine de Chicago, provoquant une dévastation massive et un énorme nombre de victimes.
A House of Dynamite avait beaucoup à dire, et sa fin abrupte a été conçue pour nous laisser réfléchir à ce que nous venions de regarder pendant deux heures — et pour nous forcer à répondre nous-mêmes à la question du sort de cette attaque potentielle.
Alors, voyons ensemble les thèmes plus profonds du film et décryptons cette fin si importante et soudaine. Voici l’explication de la fin de A House of Dynamite. Attention, cette analyse contient des spoilers.
Explication de la fin
La fin de A House of Dynamite m’a vraiment surpris. Tout le film repose sur un compte à rebours de 20 minutes, et dans les films de ce genre, on s’attend généralement à une résolution. Mais ici, on n’a rien eu de tel — et ce sentiment de frustration était volontaire.
Le dernier point de vue présenté est celui du président des États-Unis, la personne la plus puissante du pays. Alors que le missile s’approchait de Chicago, on voyait qu’il était, lui aussi, aussi impuissant que tous les autres. Personne n’avait de réponse, ni de solution. On ignorait qui était à l’origine de l’attaque. Il n’y avait aucun moyen de la tracer. Ils avaient tenté de détruire le missile à l’aide des satellites DSP, mais ils avaient échoué.
Le président se retrouvait donc face à un choix impossible :
laisser le missile frapper et perdre des vies,
ou riposter à l’aveugle, perdre quand même des vies, mais montrer que les États-Unis ne se laisseraient pas attaquer sans réagir.
Il y aurait de toute façon des morts américaines… mais la vraie question était : combien d’innocents ailleurs dans le monde mourraient aussi ce jour-là ?
Le sens du titre
Le titre, A House of Dynamite, est une métaphore du monde dans lequel nous vivons : un monde plein de bombes, de plans de riposte, de murs prêts à exploser à tout instant — mais dans lequel nous continuons simplement à vivre comme si de rien n’était.
Le film illustre cette idée : le monde pourrait littéralement exploser et ramener la planète à l’état où elle était lorsque les dinosaures ont été anéantis par une météorite — symbolisé par le jouet du fils d’Olivia Walker, que l’on voyait dès la scène d’ouverture. Nous avons aujourd’hui notre propre météorite, prête à frapper.
L’impuissance des dirigeants
La fin montre aussi que, malgré tous les protocoles et plans de défense, personne ne sait vraiment quoi faire. Personne ne veut assumer la responsabilité. Les différentes institutions ont des réponses diplomatiques ou militaires contradictoires — montrant que même les puissants sont divisés.
Le président, désespéré, demande même conseil à sa femme — qui n’a pourtant aucun rôle officiel dans la prise de décision.
Cette séquence met en lumière le chaos total qu’un tel scénario provoquerait : des visioconférences avec des gens courant dans tous les sens, la peur de perdre leurs proches, la nécessité de se déshumaniser pour continuer à “faire son travail”.
Les gens allaient mourir, et personne ne pouvait rien y faire.
Les drames personnels
Beeringer évoque sa femme enceinte de six mois, le président appelle la sienne, et Reed Baker parle à sa fille, à Chicago. Ces échanges rappellent les liens humains essentiels, les émotions les plus simples, face à la catastrophe mondiale.
Et c’est justement après cet appel à sa fille que Reed Baker se jette du toit. Il venait d’apprendre que sa fille, sans doute condamnée, n’allait pas mourir seule : elle allait marcher vers son travail avec quelqu’un qu’elle aimait. Cette pensée l’a apaisé. Il savait qu’elle ne mourrait pas terrorisée et isolée.
Mais il n’avait plus personne : sa femme était morte, sa fille allait mourir — il ne voyait plus de raison de vivre.
La portée universelle
Le film nous rappelle que ce genre d’événement pourrait se produire sans que nous en sachions rien. Le compte à rebours de 20 minutes nous montre des scènes ordinaires : des gens marchant dans la rue, attendant chez le médecin, souriant. Personne ne sait qu’un missile se dirige vers leur pays.
C’est aussi cela, la réalité de la menace nucléaire.
La coupure finale en fondu au noir
La fin du film — cette coupure brutale en noir — survient à plusieurs moments, chaque fois qu’un point de vue change. Mais la dernière, au moment des crédits, semble nous renvoyer notre propre reflet : c’est à nous de décider de la suite.
Le président a-t-il riposté ? A-t-il laissé le pays se faire frapper sans réagir ?
C’était une situation sans issue. Mais tout indique qu’il a probablement ordonné une contre-attaque contre un pays dont il ignorait s’il était vraiment coupable.
Cette coupure en noir prolonge le malaise et le message du film : ce scénario pourrait être notre réalité à tout moment. Une simple erreur, et tout ce que nous avons vu pourrait se produire.
Nous vivons, vous, moi, et tous les autres, dans une “maison de dynamite.”
Le parallèle avec Gettysburg
Le film accorde aussi une importance particulière à la reconstitution de la bataille de Gettysburg, la plus sanglante de la guerre de Sécession américaine, avec plus de 50 000 morts.
Ce parallèle souligne combien la guerre moderne est différente : une seule frappe nucléaire pourrait tuer des millions de personnes — comme celle visant Chicago.
Critique du film
J’ai beaucoup aimé ce film. Je m’attendais à quelque chose de bon, mais pas à une œuvre aussi captivante.
Le compte à rebours est une trouvaille brillante : il installe une tension constante. Les multiples points de vue sur la même période créent une richesse narrative fascinante. On entend d’abord des bribes de conversation, puis on découvre plus tard ce qu’il s’est vraiment passé — comme avec Reed Baker.
Le choix de conclure sur le président est également excellent.
Le style de mise en scène, caméra à l’épaule, façon documentaire, renforce le réalisme et m’a rappelé Succession avec sa tension et ses cadrages nerveux.
La musique est remarquable : omniprésente, elle crée une atmosphère oppressante. Lors du dilemme final du président, un motif sonore rappelle À l’Ouest, rien de nouveau, incarnant la mort et la fatalité.
Les acteurs sont excellents : aucun ne surjoue, chacun a sa place. Jared Harris se distingue, notamment dans la scène où il dit :
“Ma fille est à Chicago.” Une phrase simple, mais d’une puissance déchirante.
Idris Elba livre aussi une performance solide, pleine d’humanité et de panique contenue.
Le message passe. L’histoire est forte. L’ambiance est crédible. La musique et la réalisation sont justes.
Un excellent thriller politique. À voir un soir de week-end, avec un sachet de pop-corn : vous ne le regretterez pas.