BD Mortelle Adèle – Tome 22 – Bande de Compotes ! de Mr Tan (Auteur), Diane Le Feyer (Illustrations)

Mortelle Adèle n’aime pas les nazebroques, et encore moins les flagadas du cerveau ! Avec sa nouvelle catapulte, la voilà bien décidée à envoyer sur la lune le premier qui viendra lui casser les pieds ! Alors gare à vous… BANDE DE COMPOTES !

Avec Bande de Compotes !, Mortelle Adèle signe un retour explosif et irrésistible dans ce 22ᵉ tome publié chez Mr Tan & Co. Toujours aussi insolente, imaginative et redoutablement lucide, la petite fille la plus impertinente de la BD jeunesse continue de dynamiter le quotidien avec son humour mordant et ses inventions farfelues.

« Dans la vie, y’a deux catégories de gens : les potes, et les compotes ! » annonce-t-elle d’emblée. Et comme toujours, Adèle n’a pas sa langue dans sa poche — ni sa catapulte dans sa boîte à jouets. Entre deux expériences scientifiques catastrophiques et quelques piques bien senties à ses parents, son chat Ajax ou ses camarades de classe, elle décrète la guerre aux « nazebroques » et aux « flagadas du cerveau ». Résultat : un festival de répliques assassines, de bêtises géniales et de situations absurdes, servies avec le panache qu’on lui connaît.

Le duo Mr Tan / Diane Le Feyer fonctionne à merveille. Le premier continue de livrer des dialogues ciselés, pleins de réparties cultes et de double lecture — entre satire tendre et humour ravageur — tandis que la seconde fait rayonner son talent graphique. Les dessins de Le Feyer, d’une énergie débordante et d’une expressivité réjouissante, traduisent à la perfection l’univers d’Adèle : un mélange de chaos joyeux, de couleurs éclatantes et de mouvement perpétuel.

Ce 22ᵉ tome prouve, s’il en était encore besoin, que la série n’a rien perdu de sa fraîcheur ni de sa causticité. Mortelle Adèle reste la voix libre et délirante d’une génération d’enfants qui ne se contentent pas d’obéir, mais questionnent, rient, testent — et s’affirment. Sous son humour déjanté se glisse toujours un petit fond de philosophie : celui de l’audace, de la différence et de la liberté d’être soi.

Mortelle Adèle, c’est l’irrévérence joyeuse érigée en art de vivre — et ce nouvel album, plein de punch et de tendresse cachée, en est la plus belle démonstration.

Éditeur ‏ : ‎ Mr Tan & Co Date de publication ‏ : ‎ 9 octobre 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 80 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2494678374 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494678378

L’enfance du Père Noël de Sébastien Perez (Auteur), Benjamin Lacombe (Illustrations)

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Bien loin de Londres, Paris ou New York se trouve un tout petit pays recouvert d’une forêt de pins et de bouleaux. Il y a fort longtemps, ce pays vit naître un bébé aux joues rondes que ses parents prénommèrent Nicolas. En 20 histoires et 4 chansons, suivez les premiers pas de ce jeune garçon au regard curieux et au coeur tendre, devenu personnage légendaire.

Avec L’Enfance du Père Noël, le tandem magique formé par Sébastien Perez et Benjamin Lacombe signe un album somptueux, empreint de poésie, de tendresse et de merveilleux. Ensemble, ils revisitent l’un des plus grands mythes de notre imaginaire collectif : celui du Père Noël, en nous racontant non pas sa légende telle qu’on la connaît, mais son enfance, sa formation, ses premiers émerveillements — la genèse d’un destin extraordinaire.

Loin du tumulte des grandes villes, dans un petit pays recouvert de pins et de bouleaux, naît un bébé aux joues rondes et au regard brillant. Ses parents le nomment Nicolas. À travers vingt histoires courtes et quatre chansons, Sébastien Perez déroule le fil d’une enfance lumineuse : un garçon curieux, bienveillant et rêveur, dont la générosité naturelle et l’amour des autres finiront par forger le futur Père Noël. On le voit apprendre à écouter les animaux, à comprendre les saisons, à réchauffer les cœurs — autant de petites leçons de vie qui bâtissent la légende.

Le texte de Perez, ciselé et musical, trouve un équilibre rare entre conte intemporel et émotion universelle. Il parle à la fois aux enfants émerveillés et aux adultes nostalgiques, rappelant que la bonté et l’imaginaire sont des valeurs à cultiver dès l’enfance. Les quatre chansons, intégrées au récit, prolongent cette atmosphère douce et féérique, comme autant de refrains à fredonner près du sapin.

Les illustrations de Benjamin Lacombe, somptueuses comme toujours, transforment chaque page en un véritable écrin. Son trait délicat, son jeu de lumière et de textures, ses rouges profonds et ses bleus glacés donnent à l’ensemble une dimension quasi cinématographique. On y retrouve cette sensibilité unique, à la frontière du réalisme et du rêve, qui fait de Lacombe l’un des plus grands illustrateurs contemporains.

L’Enfance du Père Noël est plus qu’un livre : c’est un objet d’art et d’émotion, une célébration de la douceur, de la transmission et de la magie de l’hiver. À lire en famille, à voix haute, ou à offrir comme un trésor à ouvrir chaque année, à la lueur des guirlandes.

Éditeur ‏ : ‎ MARGOT Date de publication ‏ : ‎ 15 octobre 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 104 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 249479725X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494797253

Le Noël de Minusculette de Kimiko (Auteur), Christine Davenier (Illustrations)

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Tous les animaux et les fées du domaine sont en train de préparer la soirée de Noël. Même Maurice, qui d’habitude hiberne, a été réveillé par Gustave. Pourtant, tout ne se passe pas comme prévu, car un drôle de personnage s’est invité à la fête. Heureusement, Minusculette est là pour calmer les tensions.

Avec Le Noël de Minusculette, Kimiko et Christine Davenier nous offrent un nouvel épisode plein de douceur et de féérie dans l’univers tendre et poétique de la petite fée préférée des enfants. Comme toujours, la magie de Minusculette opère au cœur de la nature, là où les animaux, les saisons et les émotions s’entrelacent dans une harmonie bienveillante.

Cette fois, toute la forêt est en effervescence : les animaux et les fées s’affairent pour préparer la grande fête de Noël. Les guirlandes scintillent, les gâteaux cuisent, la joie flotte dans l’air… Même Maurice, l’ours qui d’ordinaire hiberne, a été réveillé par son ami Gustave pour participer aux préparatifs. Mais la fête prend une tournure inattendue lorsqu’un drôle de visiteur surgit sans prévenir, semant la confusion et quelques petites querelles. Heureusement, Minusculette, fidèle à elle-même, déploie sa gentillesse et sa sagesse pour rétablir la paix et rappeler à chacun le véritable esprit de Noël : la générosité, le partage et l’amitié.

Le duo Kimiko–Davenier continue d’enchanter les jeunes lecteurs avec cette histoire simple, lumineuse et pleine d’humanité. Le texte, fluide et musical, se lit comme une berceuse d’hiver, tandis que les illustrations délicates et colorées de Christine Davenier illuminent chaque page. Son trait souple et vivant, ses teintes pastel et sa sensibilité aux détails font de cet album une petite merveille à regarder et à relire.

Le Noël de Minusculette s’impose comme un conte chaleureux et rassurant, idéal pour accompagner les soirées de décembre. C’est une invitation à ralentir, à s’émerveiller des petites choses et à retrouver, à hauteur d’enfant, la beauté de l’entraide et de la bienveillance.

Éditeur ‏ : ‎ EDL Date de publication ‏ : ‎ 15 octobre 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 32 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2211345654 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2211345651

Un génie dans le désert de Ludovic Lecomte (Auteur), Barroux (Illustrations)

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Pour un manchot et un ours polaire, le désert, c’est l’enfer : trop de soleil, pas assez d’eau. Ils marchent derrière un chameau, qui déblatère à propos de ses mamies. Elles lui racontaient des histoires de voeux et de magie. Soudain, dans le sable, une lampe… comme dans le conte de ses mamies ?

Avec Un génie dans le désert, Ludovic Lecomte et Barroux signent un album à la fois drôle, poétique et absurde, dans la lignée des grandes fables contemporaines qui parlent aux enfants tout en amusant les adultes. Ici, le dépaysement est total : imaginez un manchot et un ours polaire perdus sous un soleil de plomb, errant dans un désert brûlant à la suite d’un chameau bavard et nostalgique. Pour ces deux créatures du froid, le sable est un enfer : trop chaud, trop sec, trop… tout. Mais leur improbable périple prend une tournure magique lorsqu’ils découvrent, enfouie dans le sable, une lampe mystérieuse, comme sortie tout droit d’un conte des Mille et Une Nuits.

À partir de ce point de départ loufoque, Ludovic Lecomte tisse une histoire à plusieurs niveaux de lecture : une aventure pleine d’humour et de rebondissements pour les plus jeunes, mais aussi une fable douce sur le rêve, l’amitié et la différence. Le trio dépareillé – l’ours grognon, le manchot philosophe et le chameau conteur – incarne cette humanité maladroite et touchante que l’on retrouve souvent dans les récits de l’auteur. Sous l’humour, le texte aborde subtilement des thèmes universels : l’adaptation, la quête de sens, la magie des histoires qu’on se transmet.

Les illustrations de Barroux apportent toute leur chaleur et leur expressivité à ce conte. Son trait simple, presque naïf, fait éclore les émotions dans les vastes étendues de sable. Les teintes ocre et dorées contrastent avec les silhouettes blanches des animaux polaires, créant un choc visuel aussi cocasse que poétique. Chaque page respire la lumière, le silence, la fantaisie.

Un génie dans le désert est un album qui joue avec les codes du conte classique pour en faire une petite comédie du décalage et de la solidarité. Derrière ses dialogues pleins d’esprit et ses situations absurdes, on y sent la tendresse d’un auteur qui célèbre la force de l’imagination et l’art de croire encore un peu à la magie.

Éditeur ‏ : ‎ EDL Date de publication ‏ : ‎ 22 octobre 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 40 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2211349307 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2211349307

Notre affaire – Une BD de combat et d’espoir de Collectif

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Deux journalistes, Louise Colcombet et Mathieu Palain, ont réuni vingt-trois dessinateurs et douze experts, femmes et hommes venus du monde entier, pour raconter en BD ce procès historique et remonter aux origines de la domination masculine.

Dix ans après #MeToo, le choc du procès Mazan et le courage de Gisèle Pelicot ont rappelé que le combat contre les violences sexuelles est loin d’être terminé. Avec Notre affaire – Une BD de combat et d’espoir, deux journalistes engagés, Louise Colcombet et Mathieu Palain, rassemblent vingt-trois dessinateurs et douze experts venus du monde entier pour répondre, en images et en mots, à une question brûlante : et maintenant, que fait-on ?

Ce projet collectif monumental mêle reportage, témoignage et analyse, pour dresser un état des lieux sans concession des violences faites aux femmes et des mécanismes de domination masculine. Mais loin de se limiter à la dénonciation, l’ouvrage explore aussi des pistes de transformation concrètes : éducation, justice, travail, médias, masculinités, prévention… Chaque récit éclaire une facette du problème et propose un horizon d’espoir, une possibilité d’action.

La bande dessinée devient ici un outil d’enquête et d’engagement, capable de transmettre l’émotion brute des témoignages tout en donnant une portée universelle au propos. Les styles graphiques se succèdent et se répondent — du réalisme au symbolisme, du noir et blanc épuré aux planches colorées — pour créer un chœur visuel puissant et pluriel. Chaque dessin, chaque case, porte la mémoire des victimes, la colère des témoins et la volonté d’un changement durable.

Sous la coordination de Colcombet et Palain, Notre affaire assume sa dimension militante : c’est un livre de combat, mais aussi de réparation et d’espoir. En retraçant l’histoire longue de la domination masculine, les auteurs rappellent que rien n’est inéluctable — et que la compréhension collective est la première étape de la libération.

Rarement une BD aura su conjuguer avec autant de justesse journalisme, pédagogie et émotion. Ce n’est pas seulement un ouvrage à lire : c’est une œuvre à partager, à transmettre, à débattre.

Éditeur ‏ : ‎ Iconoclaste Date de publication ‏ : ‎ 28 août 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 340 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2378805284 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2378805289

Les Grandes Oubliées – Pourquoi l’histoire a effacé les femmes de Titiou Lecoq (Auteur), Marie Dubois

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Le livre phénomène de Titiou Lecoq en bande dessinée
De tout temps, les femmes ont agi. Elles ont régné, écrit, milité, créé, combattu, crié parfois. Et pourtant elles sont pour la plupart absentes des manuels d’Histoire.

Avec Les Grandes Oubliées, Titiou Lecoq et Marie Dubois transforment un essai essentiel en une bande dessinée aussi claire que percutante, rendant enfin visible ce que l’Histoire avait effacé : la place des femmes dans la construction du monde. Adaptée du livre phénomène de Titiou Lecoq, cette BD poursuit la même mission avec un outil d’une efficacité redoutable — la puissance de l’image alliée à la rigueur du propos.

Des chasseuses de la préhistoire aux militantes contemporaines, des reines oubliées aux savantes invisibilisées, Les Grandes Oubliées traverse les siècles pour montrer que les femmes ont toujours été présentes, actives, et souvent décisives, mais qu’elles ont été effacées, marginalisées ou minimisées par les récits dominants. Lecoq déconstruit les mythes hérités d’une historiographie patriarcale : non, les hommes n’ont pas “tout inventé”, et non, les femmes n’étaient pas confinées à la sphère domestique.

Le texte, fidèle à la verve de Titiou Lecoq, est à la fois pédagogique, drôle et incisif. On y retrouve son ton vif, son humour mordant, et sa manière unique de vulgariser des savoirs complexes sans jamais les simplifier. La bande dessinée, portée par le dessin fluide et expressif de Marie Dubois, donne chair et visage à ces héroïnes effacées : guerrières, inventrices, artistes, penseuses, résistantes… toutes reprennent ici leur place dans le grand récit collectif.

Le travail graphique, riche et inventif, parvient à conjuguer la force documentaire et la vitalité narrative. Chaque planche illustre à merveille la complémentarité entre le texte et l’image : on apprend, on sourit, on s’indigne, on s’émerveille. C’est à la fois un livre d’histoire, un manifeste féministe et un outil de transmission, accessible à tous les publics — adolescents, enseignants, curieux, et passionnés d’Histoire.

Les Grandes Oubliées en bande dessinée, c’est une porte d’entrée vivante et engagée dans un sujet brûlant : la réhabilitation des femmes dans le récit universel. En rendant ces destins visibles, Titiou Lecoq et Marie Dubois rappellent que l’Histoire n’est jamais figée — et que l’écrire à nouveau, c’est déjà réparer une injustice.

Éditeur ‏ : ‎ Iconoclaste Date de publication ‏ : ‎ 18 septembre 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 236 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2378805144 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2378805142

La Vie ressemble à ça de Titiou Lecoq

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Des textes difficiles et des astuces de ménage.

Avec La Vie ressemble à ça, Titiou Lecoq signe un livre à la fois intime, politique et profondément universel. Comme un patchwork d’émotions, de réflexions et de gestes du quotidien, ce recueil hybride — entre journal, manifeste et carnet de bord — dresse le portrait d’une existence de femme contemporaine, tiraillée entre la pensée et la lessive, la colère et la tendresse, le travail intellectuel et les tâches ménagères.

L’autrice, connue pour ses essais sur la charge mentale et la place des femmes dans la société, y rassemble des textes courts, des poèmes, des souvenirs, des fulgurances. Tout ce que le monde considère comme incompatible — la philosophie et les coquillettes, le féminisme et la lessive, la douleur du monde et la douceur domestique — cohabite ici avec une évidence bouleversante. Car, écrit-elle, « le trivial nourrit l’abstrait ».

Titiou Lecoq parle depuis ce lieu souvent invisible : celui de la pensée qui s’élabore dans le bruit du quotidien. Elle écrit en changeant la litière des chats, en écoutant Foucault tout en consolant un enfant, en pleurant sur les féminicides pendant qu’elle prépare le dîner. Ce contraste, loin d’être une contradiction, devient la matière même de son écriture — une écriture lucide, drôle, vibrante, qui fait du banal un acte de résistance.

Sous son regard, la vie ordinaire devient un espace politique et poétique, où chaque geste répété prend valeur de symbole. L’autrice relie les petites tâches aux grandes causes, les émotions intimes aux fractures sociales, avec cette intelligence bienveillante et acérée qui la caractérise.

La Vie ressemble à ça n’est pas un livre à lire d’un trait, mais à picorer, à relire, à garder près de soi. C’est un miroir de nos existences imparfaites et pleines, un texte qui dit la beauté et la fatigue d’être au monde, sans fard ni posture.

Éditeur ‏ : ‎ Iconoclaste Date de publication ‏ : ‎ 25 septembre 2025 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 243 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2378805195 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2378805197

La tournée de Maxime Rossi

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Comme chaque matin à 5 heures, l’infirmier embarque dans sa vieille Mercedes et part sillonner la campagne. De village en village, de maison en maison, il accompagne la vieillesse, la maladie, la solitude. Chaque porte ouverte est l’occasion d’une rencontre. Au travers de ces vies fragiles s’esquisse une réflexion sur le soin et le lien. Mais aujourd’hui, ce n’est pas une tournée comme une autre…*

Chaque matin à cinq heures, un infirmier monte dans sa vieille Mercedes et entame sa tournée. De hameau en hameau, de ferme isolée en pavillon fatigué, il soigne, écoute, rassure. Il connaît chaque nom, chaque silence, chaque douleur. Dans cette routine empreinte d’humanité, Maxime Rossi tisse un roman d’une justesse rare, inspiré de sa propre expérience d’infirmier et de pompier volontaire. Mais ce matin-là, quelque chose change. Ce ne sera pas une tournée comme les autres.

À travers ces visites quotidiennes, l’auteur dresse un portrait bouleversant du monde rural et de ceux qui y vieillissent dans l’ombre. Il y a les corps fatigués, les gestes qui tremblent, les souvenirs qui s’effilochent, mais aussi la tendresse, les rires, les confidences partagées autour d’un café. Chaque porte qu’il pousse devient un miroir de la fragilité humaine. En creux, c’est aussi le portrait d’un homme confronté à la souffrance des autres et à la sienne propre, cherchant à comprendre pourquoi il soigne, et ce qu’il espère réparer à travers ce dévouement sans relâche.

La plume de Maxime Rossi surprend par sa maturité et sa délicatesse. Son écriture, dépouillée mais lumineuse, restitue la poésie discrète des gestes du soin, la beauté des instants suspendus entre la vie et la mort. Loin de tout pathos, il écrit avec pudeur et justesse sur la fin de vie, la solitude, la mémoire, mais aussi sur la solidarité et la dignité.

La tournée est bien plus qu’un récit de terrain : c’est une ode à la bienveillance et à la présence, un hommage à ces soignants du quotidien qui deviennent les derniers témoins d’un monde en train de disparaître. Ce premier roman révèle un écrivain à la voix profondément humaine, capable de transformer la routine en poésie et le soin en acte littéraire.

Éditeur ‏ : ‎ Iconoclaste Date de publication ‏ : ‎ 2 octobre 2025 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 178 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2378805403 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2378805401

KAAMELOTT – Le retour du Roi : un film imparfait mais nécessaire | Analyse complète sans spoiler

Rien ne va plus au royaume de Logres.
Le château de Kaamelott a été détruit depuis plus de dix ans. Le roi Arthur n’est plus que l’ombre de lui-même, les chevaliers sont dispersés, et les dieux semblent avoir tourné le dos à l’humanité.
Et pourtant… l’espoir n’est pas tout à fait mort.

Kaamelott : deuxième volet, partie 1.
Alexandre Astier reprend enfin le flambeau, et signe un film à la fois immense, étrange, imparfait, mais profondément habité.
Un film qui, à sa manière, parle du temps qui passe, de la mémoire, et du pouvoir de la création.

C’est un projet rare, audacieux, presque anachronique dans le paysage du cinéma français.
Car oui, produire un film de fantasy en France, aujourd’hui, tient presque de l’exploit.
Et ce simple fait, déjà, force le respect.
Astier n’est pas seulement un auteur, un acteur ou un compositeur : il est un bâtisseur, un artisan qui a voulu tout porter, tout orchestrer, tout écrire lui-même.
Et même si tout ne fonctionne pas, même si certaines longueurs s’étirent comme une journée sans fin, il faut reconnaître la beauté de la démarche.

Ce deuxième volet, c’est d’abord une œuvre de cinéma total.
Derrière la caméra, Jean-Marie Dreujou livre une photographie somptueuse.
Les paysages respirent la légende, la poussière, la magie, la mélancolie.
On retrouve cette lumière si particulière, à la fois dorée et grise, qui donne au monde de Kaamelott une texture presque tactile.
La direction artistique de Philippe Chiffre fait le reste : chaque costume, chaque arme, chaque recoin de décor semble raconter une histoire.
C’est un film qui se regarde comme une tapisserie — riche, foisonnante, parfois confuse, mais d’une beauté indéniable.

Les effets spéciaux, signés Cousin Bizarre, n’ont rien à envier aux productions américaines.
Deux créatures en particulier — qu’on devine plus qu’on ne les voit — apportent une vraie dimension mythologique au récit.
Ici, l’univers de Kaamelott s’ouvre enfin : il respire, s’élargit, gagne en souffle.

Alors pourquoi, malgré tant de beauté, le film laisse-t-il certains spectateurs sur le bord du chemin ?
Parce qu’Astier a voulu trop en dire, peut-être.
Trop en donner.
Comme un roi qui, au moment du banquet, voudrait que tout le monde soit rassasié, quitte à ce que le festin devienne indigeste.

Le film dure deux heures et dix-neuf minutes.
Et parfois, on les sent passer.
Le problème, ce n’est pas tant la durée que la dispersion.
Il y a trop de personnages, trop de visages, trop d’histoires secondaires qui se croisent sans vraiment se rencontrer.
Au lieu de se concentrer sur quelques figures fortes — Arthur, Lancelot, Guenièvre —, Astier a voulu faire revenir presque tout le monde.
Résultat : une impression de puzzle éclaté, où chaque pièce est belle, mais où l’ensemble se cherche encore.

Et pourtant, au milieu de cette profusion, il y a des éclats sublimes.
Des moments suspendus, des silences, des regards, des fragments d’émotion pure.
Anne Girouard, par exemple, incarne une Guenièvre bouleversante.
D’une innocence fragile, elle devient soudain le cœur battant du film.
Dans ses scènes, la caméra se calme, la fureur retombe.
Et tout à coup, on entend battre quelque chose de profondément humain.

Alain Chabat, en duc d’Aquitaine, apporte une respiration bienvenue.
Un personnage apaisé, presque zen, qui tranche avec la nervosité ambiante.
Dans ses échanges avec Arthur, on retrouve l’humour pince-sans-rire, cette douceur absurde qui faisait la force de la série.

Parce qu’il faut bien le dire : le ton général du film est plus tendu, plus sec, plus grave.
Les personnages s’énervent, crient, s’affrontent sans cesse.
Ce qui fonctionnait dans les épisodes courts devient ici un peu épuisant.
L’énergie de Kaamelott, autrefois vive et rythmée, se transforme parfois en fracas permanent.

Mais derrière ce tumulte, on sent autre chose.
Un désarroi.
Une fatigue du pouvoir.
Un roi qui doute, un monde qui s’effondre, une humanité qui cherche encore son Graal intérieur.
Et c’est là que le film trouve sa vraie profondeur.
Sous la surface d’un divertissement de fantasy, Kaamelott : deuxième volet raconte l’usure du mythe, la nostalgie d’un monde révolu, et la difficulté de continuer à rêver.

Il faut parler de Perceval, bien sûr.
Le grand absent.
Celui qu’on ne voit pas, mais qu’on entend.
Ses lettres, tout au long du film, sont comme des bougies dans la nuit.
Elles rappellent la naïveté, la pureté, la lumière qu’on avait oubliée.
Perceval devient une sorte de fantôme bienveillant, une présence à distance qui relie le passé au présent.
Et quelque part, cette absence dit tout : Kaamelott n’est plus ce qu’il était, mais il reste fidèle à son âme.

Alors oui, le film est imparfait.
Oui, il est long, bavard, inégal.
Mais il est sincère.
Et cette sincérité, aujourd’hui, vaut de l’or.

C’est une œuvre qui ne cherche pas à plaire à tout le monde, mais à exister pleinement.
Un rêve personnel transformé en fresque collective.
Un film français qui ose parler de magie, de chevalerie, de dieux, de foi, de désillusion — et même d’amour.

Dans un paysage saturé de blockbusters interchangeables, Kaamelott reste un ovni.
Un film artisanal à l’échelle d’un mythe.
Un pari fou mené par un seul homme, épaulé par une troupe fidèle.

Et quand le générique arrive, avec cette petite surprise finale, on se surprend à sourire.
Pas parce que c’est spectaculaire, mais parce que c’est humain.
Parce qu’on sent qu’Astier, malgré la fatigue, malgré les critiques, n’a pas dit son dernier mot.

Ce deuxième volet, c’est un passage.
Un entre-deux.
Comme une journée qui se répète avant le véritable renouveau.
Un jour sans fin…
Mais peut-être nécessaire pour que le roi, un jour, retrouve enfin son trône.

Hansel et Gretel de Stephen King (Auteur), Maurice Sendak (Illustrations)

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Il était une fois… Un frère et une soeur abandonnés dans une forêt lugubre par leurs parents, trop pauvres pour les nourrir. Une maison faite de pain dépices et de sucre dorge. Une horrible sorcière qui mange des enfants… Heureusement, comme tous les contes de fées, Hansel et Gretel finit bien ! Une adaptation inédite et fascinante du célèbre conte des frères Grimm.

Quand Stephen King s’empare d’un conte des frères Grimm, la forêt devient plus sombre, la peur plus palpable, et l’enfance, plus fragile que jamais. Avec cette réécriture de Hansel et Gretel, accompagnée des illustrations magistrales de Maurice Sendak, l’auteur américain revisite l’un des mythes fondateurs de la littérature enfantine et en révèle toute la profondeur inquiétante.

L’histoire, on la croit connue : un frère et une sœur abandonnés dans une forêt par des parents misérables, une maison de pain d’épices irrésistible, une sorcière carnassière et une lutte désespérée pour la survie. Mais sous la plume de Stephen King, ce récit ancestral se charge d’une intensité émotionnelle et symbolique nouvelle. Le décor familier se mue en théâtre de l’abandon, de la faim et de la peur, où les ténèbres extérieures reflètent les angoisses intérieures des enfants.

King reste fidèle à la trame originelle, mais son écriture, à la fois sensorielle et tendue, accentue la tension dramatique, la cruauté du monde adulte et la force de résilience de l’enfance. La forêt n’est plus seulement un lieu de perdition : elle devient un personnage à part entière, dense, inquiétante, presque vivante. Le texte, tout en sobriété, dégage une poésie sombre, où la lumière – celle de la fraternité et de l’espoir – ne brille qu’après avoir traversé les ténèbres.

Les illustrations de Maurice Sendak, somptueuses et profondément expressives, complètent ce travail de réinvention. Son trait, tout en finesse et en mouvement, explore la frontière entre le rêve et le cauchemar. Ses personnages, à la fois vulnérables et courageux, portent sur leurs visages toute la gravité du conte. Chaque planche est une œuvre à part entière, où la douceur de l’enfance côtoie la menace tapie dans l’ombre.

Cette édition devient ainsi un objet littéraire fascinant, fruit de la rencontre entre deux géants de l’imaginaire. King insuffle une modernité et une tension psychologique inédites à un récit millénaire, tandis que Sendak lui rend toute sa puissance visuelle et émotionnelle.

Hansel et Gretel version Stephen King n’est pas qu’un conte : c’est une fable sur la survie, la peur et le courage, une œuvre qui parle autant aux adultes qu’aux enfants, et qui nous rappelle que les contes de fées, à l’origine, n’ont jamais cessé d’être terrifiants.

Éditeur ‏ : ‎ EDL Date de publication ‏ : ‎ 15 octobre 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 56 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2211348815 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2211348812