Une employée modèle de Jean-Christophe Tixier

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Sylvie est une femme sans histoires. Employée de mairie efficace, investie dans une association paroissiale, discrète jusqu’à l’effacement.

Avec Une employée modèle, Jean-Christophe Tixier signe un roman noir d’une redoutable finesse psychologique, qui transforme une existence ordinaire en vertige moral.

Sylvie est l’archétype de l’invisible : employée municipale irréprochable, bénévole investie, femme discrète jusqu’à l’effacement. Elle incarne la norme, le respect des règles, la vie rangée. Lorsque son frère Antoine, joueur compulsif criblé de dettes, lui confie qu’il est menacé de mort, Sylvie franchit une ligne qu’elle pensait infranchissable. Pour le sauver, elle orchestre sa disparition : faux papiers, plan de fuite, nouvelle identité. Une opération menée avec une efficacité troublante, presque naturelle.

C’est là que le roman bascule. Ce qui devait rester un acte unique, dicté par l’urgence et l’amour fraternel, devient un révélateur. Sylvie découvre en elle une aptitude insoupçonnée à contourner la loi, à manipuler, à décider. Peu à peu, l’illégalité cesse d’être une transgression pour devenir un espace de liberté. L’engrenage est lancé, et avec lui une question centrale, aussi dérangeante que captivante : et si enfreindre les règles était, pour Sylvie, la seule manière d’exister enfin ?

Jean-Christophe Tixier excelle dans l’art de l’ambiguïté morale. Il ne juge jamais son personnage, mais l’accompagne au plus près, dans ses contradictions, ses élans, ses justifications intimes. Le suspense ne repose pas tant sur l’intrigue criminelle que sur l’évolution intérieure de Sylvie, sur cette lente métamorphose d’une femme « modèle » en stratège de l’ombre. Le roman interroge subtilement la place des femmes invisibilisées, la violence sourde des existences normées, et la fascination du passage à l’acte.

L’écriture est précise, tendue, sans fioritures inutiles. Chaque geste compte, chaque décision a un poids. Le quotidien administratif, les détails banals de la vie de Sylvie contrastent avec la gravité de ses actes clandestins, renforçant le malaise et la tension. Cette sobriété stylistique donne au récit une efficacité redoutable.

Éditeur ‏ : ‎ Albin Michel Date de publication ‏ : ‎ 11 février 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 336 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2226508090 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2226508096

Le Visage du créateur de Laurent-Frédéric Bollée (Auteur), Cristiano Spadoni (Illustrations)

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Fin des années 90, un père et son fils pêcheurs, remontent dans leurs filets un mystérieux débris estampillé du logo de la NASA.

Avec Le Visage du créateur, Laurent-Frédéric Bollée et Cristiano Spadoni livrent une bande dessinée grave, pudique et profondément humaine, qui revient sur l’un des traumatismes les plus marquants de l’histoire contemporaine : l’explosion de la navette Challenger, le 28 janvier 1986.

Le récit s’ouvre à la fin des années 1990, loin des pas de tir et des images d’archives. Un père et son fils, pêcheurs, remontent dans leurs filets un débris portant le logo de la NASA. Ce fragment venu de l’océan agit comme un déclencheur intime : pour le père, c’est le retour brutal d’un souvenir enfoui, celui du drame de Challenger, survenu dix ans plus tôt. À partir de ce point d’ancrage modeste et quotidien, le livre déploie une narration à la fois historique et introspective, où la grande Histoire se mêle aux blessures silencieuses des individus.

Plutôt que de reconstituer frontalement la catastrophe, Bollée choisit un angle sensible et mémoriel. Il s’attache aux conséquences humaines du drame : les vies brisées, les espoirs fauchés, la sidération collective d’un pays entier figé devant ses écrans. Challenger n’est pas seulement ici un accident technologique, mais un basculement symbolique, la fin d’une certaine innocence liée à la conquête spatiale, et la révélation brutale de la fragilité humaine face à la démesure des ambitions.

Le scénario avance avec retenue, évitant toute emphase. Les faits sont là, précis, documentés, mais toujours mis au service d’une réflexion plus large sur la responsabilité, la mémoire et la transmission. Le regard du père, relayé par celui de l’enfant, inscrit le drame dans une temporalité longue : comment un événement collectif continue-t-il à résonner, des années plus tard, dans des existences ordinaires ?

Le dessin de Cristiano Spadoni accompagne cette approche avec une grande justesse. Son trait réaliste, parfois presque austère, privilégie les ambiances aux effets spectaculaires. Les silences, les regards, les paysages marins ou les images figées de la catastrophe portent une charge émotionnelle forte. La composition des planches, souvent épurée, laisse respirer le récit et renforce l’impression de gravité sourde qui traverse l’album.

Le Visage du créateur se distingue ainsi par son refus du sensationnalisme. Il ne cherche ni à glorifier ni à accabler, mais à comprendre et à faire ressentir. En interrogeant ce que signifie créer, explorer, repousser les limites — et en assumer les conséquences — l’album pose des questions toujours actuelles sur le progrès, le risque et le prix humain de l’ambition.

Une bande dessinée sobre et puissante, qui transforme un drame historique en méditation universelle sur la mémoire et la responsabilité. Un ouvrage important, aussi émouvant qu’intelligent, qui rappelle que derrière chaque grande tragédie se cachent des visages, des familles et des silences que le temps n’efface jamais.

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES Date de publication ‏ : ‎ 11 février 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 264 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2810205302 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810205301

Les Lionnes – Saison 1 : Explication de la fin

Les Lionnes est disponible sur Netflix. Si vous souhaitez connaître l’explication de la fin de la saison 1, lisez la suite. Attention spoilers.

Série originale française, Les Lionnes raconte la trajectoire de quatre femmes que tout oppose socialement, mais que la violence du système et des hommes va réunir. Trois femmes pauvres et une femme riche, mais affectivement prisonnière, décident de s’unir pour reprendre le contrôle de leur vie, quitte à franchir des lignes irréversibles.

Au fil de huit épisodes, le groupe enchaîne trois braquages de plus en plus risqués, multipliant les erreurs, mais survivant contre toute attente dans un engrenage qui les dépasse.

Des destins brisés qui convergent vers la fuite

Rosa est la première à réaliser l’ampleur du piège dans lequel elle vit. Les dettes cachées de son mari l’ont réduite à survivre avec 30 euros par semaine, sans aucune échappatoire. Kim, sa meilleure amie, souffre de troubles bipolaires et vit dans une précarité constante, sans véritable perspective d’avenir.

Sofiia, quant à elle, se bat pour nourrir ses enfants. Travaillant de nuit, elle est jugée négligente par les services sociaux français, qui menacent de placer ses enfants en famille d’accueil à cause de la moisissure dans son logement. Lorsqu’elle perd son emploi, accusée à tort d’avoir volé un gâteau, elle comprend que tout peut s’effondrer à tout moment.

Face à cet étau, les femmes en viennent à une conclusion brutale : voler de l’argent est peut-être leur seule chance de survie.

Une fin marquée par la trahison et les sacrifices

Dans le final de la saison 1, le maire remporte les élections. Mais sa victoire est de courte durée. Le service des fraudes débarque à son domicile et l’arrête, le désignant comme le cerveau présumé des braquages.

La révélation est cinglante : c’est Chloé qui a alerté les autorités. Les enquêteurs expliquent à Michel qu’ils ont retrouvé des reçus de paiements effectués en son nom, directement liés à l’argent volé. Lorsque Michel confronte Chloé devant eux, elle joue la surprise et affirme que c’est lui qui lui aurait demandé de dépenser l’argent le plus vite possible. Un mensonge qui scelle son sort.

Mais le véritable coup de grâce survient lorsqu’on apprend qu’Alex a été grièvement blessée par balle lors des événements au port — une blessure qu’elle a dissimulée au reste du groupe. Cette révélation fait voler en éclats le plan initial : brûler la cargaison de cocaïne d’Ezechiel et fuir ensemble au Portugal.

Qui est mort dans la fin des Lionnes ?

Face à l’urgence, Kim décide d’emmener Alex à l’hôpital, exhortant Rosalie et Sofiia à partir sans elles. Après avoir incendié la cargaison, les femmes prennent la route à bord de trois véhicules distincts. Très vite, un barrage de police les intercepte, et le comportement instable d’Alex relance une poursuite à grande vitesse.

Au même moment, Malik, policier et amant secret de Chloé, est appelé en renfort alors qu’il se trouve chez le maire. Comprenant que ses amies sont sur le point d’être arrêtées, Chloé le convainc de l’emmener avec lui.

La course-poursuite atteint alors son paroxysme. Alors que Malik est sur le point de rattraper la voiture de Kim, Chloé saisit le volant et provoque volontairement un accident spectaculaire, faisant basculer le véhicule.

Pendant ce temps, la police continue de traquer les autres voitures. C’est alors que Rosalie fait le choix le plus radical. Elle freine brutalement au milieu de la route, juste après le passage des voitures de Kim et Sofiia, bloquant les forces de l’ordre et leur offrant une chance de s’échapper.

La série s’achève sur l’image choc de la reddition de Rosalie. Le sort d’Alex, de Chloé et de Malik reste volontairement flou, laissant planer le doute sur d’éventuelles morts ou arrestations.

Une fin ouverte, amère et profondément politique

La saison 1 de Les Lionnes se conclut sans réponse définitive, mais avec un message clair : dans un monde construit contre elles, la solidarité féminine devient une arme, mais toujours au prix d’un sacrifice. La liberté des unes repose sur la chute des autres.

Une fin tendue, tragique et volontairement incomplète, qui prépare le terrain pour une éventuelle saison 2… tout en laissant les spectateurs face à leurs propres interrogations.

Salvador – Saison 1 : Explication de la fin

La série espagnole Salvador s’impose comme un thriller politique sombre et frontal, explorant les mécanismes de la haine, de la manipulation et de la justice biaisée dans une société minée par l’extrémisme. À travers un récit tendu et sans concession, la série démonte les rouages d’un système où les idéaux servent souvent de paravent à des intérêts bien plus cyniques.

Un drame intime au cœur du chaos politique

Au centre de l’histoire se trouve Salvador « Salva » Aguirre, ambulancier au passé marqué par la toxicomanie. Fragilisé, en rupture avec sa fille Milena, il tente tant bien que mal de se reconstruire. Mais sa vie bascule lorsque des violences éclatent dans la ville après un match de football, révélant l’ampleur d’un mouvement néonazi organisé : les Âmes blanches.

Le choc est total lorsque Salva découvre que Milena fait partie de ce groupuscule. Peu de temps après, dans un climat de tensions extrêmes, la jeune femme est victime d’une attaque ciblée et mortelle. Sa mort devient alors le point de départ d’une quête de vérité douloureuse pour son père, contraint de fouiller les zones les plus obscures de la ville pour comprendre ce qui s’est réellement passé.

Une fin amère : quand le système se protège lui-même

Dans les derniers épisodes, la série abandonne toute illusion de justice réparatrice. Ignacio annonce à Martin sa promotion au poste prestigieux de chef de la sécurité de l’ambassade d’Espagne à Washington. En parallèle, Martin est rétrogradée à un simple poste de police de quartier, à Tétouan, un secteur périphérique de Madrid.

Le message est limpide : dans cet univers, ceux qui servent docilement le récit officiel sont récompensés, tandis que ceux qui tentent de faire éclater la vérité sont mis à l’écart.

Ignacio a parfaitement joué son rôle. Il a fourni à Dávila le bouc émissaire dont il avait besoin, relayé le discours le plus opportun et veillé à ce que certaines vérités ne voient jamais le jour. Martin, à l’inverse, a pris tous les risques : infiltration des Âmes blanches, aveux obtenus de Julia, et menace directe de révéler l’identité des véritables instigateurs du mouvement.

Son objectif n’était pas la gloire, mais l’apaisement d’une ville artificiellement maintenue dans un climat de peur, de haine et de division.

Une critique frontale du pouvoir et de l’extrémisme

La conclusion de Salvador refuse délibérément toute catharsis. Là où beaucoup de séries choisissent une fin optimiste, celle-ci opte pour un réalisme glaçant : on peut sacrifier quelques exécutants, mais les véritables architectes du chaos s’en sortent toujours.

Dávila, Alejandro et leurs semblables ne sont pas mus par une idéologie sincère. Le nationalisme blanc n’est qu’un outil. Leur véritable arme, c’est la division. Plus la société est fracturée, plus elle devient manipulable, dépendante, malléable.

La série le martèle jusqu’à sa dernière scène : tant que les citoyens ne prendront pas conscience de ces mécanismes, la roue de l’injustice continuera de tourner, écrasant toujours les mêmes, au profit d’une infime élite.

Une fin sombre, dérangeante, mais terriblement lucide — et qui donne à Salvador toute sa force politique.

The Junction de Norm Konyu

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Lucas Jones réapparaît sur le pas de la porte de son oncle, dans sa ville natale de Medford, après 12 ans d’absence. La joie des retrouvailles laisse rapidement place aux doutes et au mystère.

Avec The Junction, Norm Konyu confirme magistralement la singularité de son univers et s’impose, après Downlands, comme l’un des auteurs les plus troublants et sensibles du roman graphique contemporain.

Le point de départ est d’une simplicité désarmante, presque banale : Lucas Jones réapparaît un jour sur le pas de la porte de son oncle, dans la petite ville de Medford, après douze années d’absence. Mais très vite, l’évidence se fissure. Lucas n’a pas vieilli. Il a toujours 11 ans. Son père, disparu le même jour que lui, reste introuvable. Et surtout, l’enfant est muré dans un silence inquiétant. À partir de là, The Junction déploie une enquête à la fois rationnelle et profondément métaphysique, menée par un inspecteur et une psychologue qui tentent de recomposer l’irreprésentable à partir d’indices fragmentaires : quelques Polaroids et un journal intime.

C’est dans ce carnet que le récit bascule pleinement. Lucas y décrit Kirby Junction, une ville hors du temps où les maisons surgissent sans prévenir, où les habitants attendent indéfiniment un train qui n’arrive jamais. Norm Konyu orchestre avec une grande finesse cette narration gigogne, faisant dialoguer le présent de l’enquête et l’univers mental – ou surnaturel – du journal. Plus l’histoire avance, plus la frontière entre réel, souvenir et imaginaire devient poreuse, jusqu’à troubler profondément le lecteur.

Derrière son vernis fantastique, The Junction est avant tout un récit sur la perte, le deuil et l’impossibilité de faire son deuil. Comme dans Downlands, Konyu s’intéresse à ce moment suspendu où l’absence devient une présence obsédante, où l’on reste bloqué à un carrefour émotionnel sans parvenir à avancer. La ville de Kirby Junction apparaît alors comme une métaphore saisissante : celle d’un lieu où l’on attend, où l’on refuse le mouvement, où le temps s’est arrêté pour ne pas affronter la douleur.

Graphiquement, Norm Konyu déploie une patte immédiatement reconnaissable. Son dessin épuré, presque enfantin en apparence, est traversé par une inquiétante étrangeté. Les décors semblent à la fois familiers et décalés, les visages figés dans une mélancolie sourde. La mise en page, très maîtrisée, joue sur les silences, les répétitions et les ruptures, renforçant cette sensation de malaise diffus. Chaque page contribue à installer une atmosphère à la fois douce et oppressante.

Les influences revendiquées – Twin Peaks, le cinéma de Spielberg des années 80 – ne sont jamais plaquées. Elles nourrissent un imaginaire personnel, teinté d’un absurde très britannique, qui donne à The Junction une tonalité unique. Le fantastique n’y est jamais démonstratif : il surgit par touches, comme un symptôme de blessures enfouies.

Œuvre lente, mélancolique et profondément émotive, The Junction touche juste par sa retenue et sa capacité à évoquer l’indicible. Norm Konyu signe ici un roman graphique d’une grande maturité, aussi déroutant que bouleversant, qui confirme son talent pour raconter l’absence, le manque et ces zones floues où l’enfance, le souvenir et la perte se confondent. Une lecture marquante, qui continue de résonner longtemps après la dernière page.

Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD Date de publication ‏ : ‎ 21 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 176 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2344069720 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344069721

Sibylline, chroniques d’une escort girl de Sixtine Dano

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À tout juste 19 ans, Raphaëlle ressemble à toutes les jeunes filles de son âge.

À 19 ans, Raphaëlle semble être une jeune fille ordinaire, fraîchement arrivée à Paris pour ses études d’architecture. Entre les cours, les nuits blanches à travailler sur ses maquettes, et les soirées à refaire le monde avec ses amis, elle partage les préoccupations de beaucoup de jeunes adultes. Mais sous cette apparence banale, Raphaëlle cache un secret : certains soirs, elle devient Sibylline, une escort girl qui se glisse dans les draps d’hôtels parisiens et récolte des billets verts.

Avec son premier roman graphique, Sixtine Dano crée la surprise et offre une oeuvre à la fois intime et puissante. À travers l’élégance de l’encre et du fusain, l’autrice explore des thèmes profonds et actuels : le passage de l’enfance à l’âge adulte, les questionnements existentiels qui marquent cette période charnière de la vie, mais aussi les rapports de pouvoir dans une société où le patriarcat et le capitalisme façonnent les individus et leurs choix.

Sibylline n’est pas qu’un simple récit d’une jeune fille qui se cherche ; c’est une réflexion sur la féminité et ses multiples facettes, un portrait moderne de l’émancipation dans un monde où les jeunes femmes, souvent contraintes de naviguer dans des systèmes d’exploitation et de domination, tentent de s’approprier leur destin. Sixtine Dano parvient à rendre ce processus à la fois douloureux et émancipateur, tout en restant profondément humaine.

Au-delà de son aspect intime, ce roman graphique se veut aussi politique : il interroge le rôle des femmes dans la société contemporaine et l’impact de la culture du capitalisme sur leur indépendance et leur sexualité. C’est dans cette tension entre le désir de liberté et les contraintes imposées que Sibylline trouve toute sa force.

Sixtine Dano, avec une maîtrise parfaite du dessin et du scénario, parvient à transcrire avec une grande finesse l’évolution de son personnage principal, en mettant en lumière les conflits intérieurs de Raphaëlle face à un monde qui ne lui laisse que peu d’options. le récit est intense, poignant, et l’illustration magnifique, ajoutant une dimension visuelle à une réflexion qui est loin de se limiter à l’anecdote.

Sibylline est un roman graphique moderne et nécessaire, qui ne laisse pas indifférent. Une pépite graphique qui offre bien plus qu’une simple histoire : une réflexion sur les défis, les choix et les luttes que les femmes doivent affronter pour s’émanciper dans une société inégale. À découvrir sans hésiter.

Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD Date de publication ‏ : ‎ 29 janvier 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 264 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2344060049 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344060049

L’Abriparapluie de Aurélie Castex

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Il pleut dans le jardin. Mais heureusement, Elias a un parapluie. Un grand parapluie ouvert sur le monde, prêt à accueillir tous ceux qui en ont besoin.

Avec L’Abriparapluie, Aurélie Castex signe un album d’une grande douceur, qui parle aux enfants avec simplicité et touche les adultes par sa profondeur symbolique.

Sous une pluie fine, presque musicale, Elias ouvre son parapluie. Un geste anodin, presque instinctif. Pourtant, ce parapluie devient bien plus qu’un objet : il se transforme en espace de refuge, en lieu de rencontre, en promesse d’accueil. Autour de lui se rassemblent peu à peu des animaux que l’on a l’habitude de craindre ou d’éviter : la mouffette, le hérisson, l’ours, le loup… Tous trouvent place sous cette toile ouverte sur le monde, sans condition ni jugement.

Le récit, à hauteur d’enfant, aborde avec une grande justesse des thèmes essentiels : la peur de l’autre, la différence, l’exclusion, mais surtout la force des gestes simples. Offrir un abri, c’est reconnaître l’autre, lui faire une place, créer du lien. Sans jamais être démonstratif, l’album montre comment la solidarité naît naturellement lorsque l’on accepte de partager.

Visuellement et narrativement, chaque page agit comme un cocon. La forêt humide devient un espace chaleureux, presque intime. On ressent la pluie, le bruissement des feuilles, la proximité des corps, jusqu’à cette sensation très forte de communauté improvisée, fragile mais sincère. La progression des scènes mène doucement de l’abri à la fête, de la crainte à la confiance.

L’Abriparapluie est un album lumineux, profondément humaniste, qui invite à regarder autrement celles et ceux que l’on rejette trop vite. Un livre précieux pour ouvrir le dialogue avec les enfants sur l’accueil, la tolérance et l’empathie, et rappeler, avec une grande délicatesse, que l’hospitalité commence parfois par un simple parapluie ouvert sous la pluie

ASIN ‏ : ‎ B0FRDKFXH5 Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 6 février 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 40 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023522433

Connemara avec Mélanie Thierry (Acteur), Bastien Bouillon (Acteur) de Alex Lutz (Réalisateur)

Issue d’un milieu modeste, Hélène a quitté depuis longtemps les Vosges. Aujourd’hui, elle a la quarantaine. Un burn-out brutal l’oblige a quitter Paris, revenir là où elle a grandi, entre Nancy et Epinal.

Adapté du roman Connemara, Connemara marque une nouvelle étape dans le cinéma d’Alex Lutz, qui délaisse ici la verve comique pour une mise en scène feutrée, presque pudique, au service d’un récit profondément mélancolique.

Hélène, incarnée avec une justesse bouleversante par Mélanie Thierry, a quitté depuis longtemps les Vosges, son milieu modeste et ses rêves de jeunesse. À la quarantaine, un burn-out brutal la contraint à abandonner Paris et à revenir « là d’où elle vient », entre Nancy et Épinal. Elle y retrouve une forme de stabilité : un travail, une maison, une qualité de vie rassurante. Et pourtant, quelque chose manque.

Un soir, sur le parking impersonnel d’un restaurant franchisé, le passé surgit sous les traits de Christophe Marchal, ancien hockeyeur adulé des années lycée, aujourd’hui interprété par Bastien Bouillon. Ce visage familier ravive un désir enfoui, une promesse jamais formulée. Leur liaison, inattendue et fragile, devient le cœur battant du film : la rencontre de deux trajectoires qui se sont éloignées, de deux France qui ne se comprennent plus tout à fait mais rêvent encore, l’espace de quelques instants, de s’aimer.

Alex Lutz filme cette idylle sans emphase, avec une infinie délicatesse. Les silences comptent autant que les mots, les regards disent plus que les aveux. La mise en scène privilégie les cadres simples, les paysages des Vosges baignés d’une lumière douce, comme suspendue. Chaque plan semble chargé d’un poids invisible : celui des choix passés, des renoncements et des vies parallèles que l’on n’a pas vécues.

Connemara n’est pas seulement une histoire d’amour tardive ; c’est le portrait d’une génération confrontée à ses désillusions, à la violence sociale feutrée, à l’écart grandissant entre les origines et la réussite supposée. À fleur de pellicule, le film capte ce moment précis où l’on comprend que vivre, parfois, consiste à apprendre à survivre à ses propres rêves.

Une œuvre sensible, mélancolique, profondément humaine, qui laisse longtemps résonner en nous l’écho de ce qui aurait pu être.

🎥 Image

Le master vidéo se montre globalement solide. La définition est précise, avec un rendu fidèle des paysages vosgiens et des décors du quotidien, souvent filmés dans des teintes naturelles et légèrement désaturées.
Le grain cinéma est bien respecté, sans lissage excessif, ce qui conserve à l’image sa texture organique. Les contrastes sont maîtrisés, même dans les nombreuses scènes en lumière douce ou crépusculaire, chères à la mise en scène d’Alex Lutz. Les noirs restent stables, jamais bouchés, et les visages – essentiels dans ce film de regards et de silences – bénéficient d’un très beau rendu.


🔊 Son

La piste sonore (VF) fait le choix de la discrétion, en parfaite adéquation avec le ton du film. Les dialogues sont clairs, bien centrés, et jamais écrasés par la musique ou les ambiances.
Le mixage met en valeur les silences, les respirations, les bruits de fond du quotidien (parking, intérieurs, paysages), renforçant cette impression de réel et d’intimité. La musique, utilisée avec parcimonie, s’intègre harmonieusement à l’ensemble sans chercher à surligner l’émotion. Un travail subtil, qui privilégie l’écoute attentive plutôt que l’effet.


🎁 Bonus – Interview d’Alex Lutz (6 min)

Seul bonus de cette édition, mais non des moindres : une interview d’environ six minutes d’Alex Lutz.
Le réalisateur y revient avec beaucoup de sincérité sur son rapport au roman de Nicolas Mathieu, sur son désir de filmer les « vies ordinaires » sans les juger, et sur la dimension profondément sociale et intime de Connemara. Lutz évoque également son approche de la mise en scène, son travail avec les comédiens et l’importance des non-dits. Un complément court mais éclairant, qui prolonge intelligemment le film et en affine la lecture.

Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 13,5 x 1 x 17,5 cm; 90 grammes Audio description : ‏ : ‎ Français Réalisateur ‏ : ‎ Alex Lutz Format ‏ : ‎ PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 50 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 14 janvier 2026 Acteurs ‏ : ‎ Bastien Bouillon, Clémentine Célarié, Eliot Giraud, Jacques Gamblin, Mélanie Thierry Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ Studiocanal ASIN ‏ : ‎ B0FVN9WJ32

Unfamiliar Saison 1 : Explication de la fin !

Qui est la taupe ? Quelle vérité est cachée à Nina ?
⚠️ Spoilers

Disponible sur Netflix, Unfamiliar s’inscrit dans la lignée des thrillers allemands soignés qui ont fait la réputation de la plateforme. En six épisodes denses, la série mêle espionnage, drame familial et secrets enfouis, avec en toile de fond une réflexion sur l’identité et les mensonges construits par amour. Un exercice solide, porté notamment par un visage familier aux fans de Dark, souvent citée comme la référence absolue du genre.

La révélation centrale : la taupe était Ben

Le final de la saison 1 révèle que Ben, récemment arrivé pour remplacer Gregor, était en réalité la taupe au sein du BND. Julika, analyste brillante mais émotionnellement fragilisée, comprend progressivement qu’une infiltration est à l’œuvre, notamment après que Josef a réussi à localiser la planque de Gregor.

Pour détourner les soupçons, Ben orchestre une manipulation méthodique visant Alice, agente du BND et compagne de Julika. Profitant de son russe approximatif et de sa présence lors de l’affrontement entre Josef, ses hommes, Simon et Meret, il suggère qu’Alice pourrait être compromise. Amoureuse, Julika refuse d’abord d’y croire, avant d’admettre que le doute est possible.

Alice tente de se défendre : si elle n’a pas tiré, c’est faute de renforts. Julika n’étant pas une agente de terrain, elle ne pouvait pas l’épauler sans risque. Trop tard. Ben assassine Alice et maquille son meurtre en suicide. La série reste volontairement floue sur la méthode, Ben admettant simplement que l’opération n’a pas été simple.

Simon et Meret face à leur passé

Dans le même temps, Simon et Meret affrontent Josef et ses hommes lors d’une opération qui tourne mal. Simon est grièvement blessé. Leur fille Nina, laissée dans l’ignorance, attend ses parents sur un parking, accompagnée de Katya. Avant de disparaître, Meret lui a confié une clé USB contenant la vérité.

Inquiète, Nina visionne la vidéo et découvre que ses parents sont d’anciens agents secrets, loin de la vie ordinaire qu’ils lui ont toujours présentée. Un détail majeur reste toutefois absent : son adoption. La vidéo, enregistrée six ans plus tôt, ne mentionne ni la Biélorussie ni Katya, que Meret croyait morte à l’époque.

Katya, la vérité et la trahison finale

Sur le point de révéler à Nina qu’elle est sa mère biologique, Katya est interrompue par l’arrivée de Simon et Meret. À l’hôpital, Meret supplie Katya d’attendre le « bon moment ». Mais Katya refuse désormais de se taire.

Dans la dernière séquence de Unfamiliar, elle contacte Julika et lui fait une proposition radicale : livrer la localisation de Simon et Meret en échange d’un passage sûr pour elle et Nina. Épuisée par les demi-vérités, Katya choisit de forcer le destin, quitte à trahir ceux qui ont élevé son enfant. Nina, au centre de ce jeu d’adultes, reste totalement inconsciente de ce qui se trame autour d’elle.

Une conclusion amère et introspective

Après son hospitalisation, Simon est opéré de son anévrisme et son état s’améliore. Meret entrevoit enfin une issue : quitter Berlin et recommencer ailleurs. Mais Simon est rongé par la culpabilité. Seize ans plus tôt, il a volé l’enfant d’une autre femme pour sauver son mariage. Il finit par l’admettre : cette décision, prise par peur de perdre Meret, était une erreur irréparable.

La saison 1 de Unfamiliar se conclut ainsi sur une tension morale forte, sans résolution nette. Entre espionnage et tragédie intime, la série rappelle que certains secrets, même dissimulés par amour, finissent toujours par réclamer leur dû. Une fin sombre, prometteuse, et ouverte vers une saison 2 où la vérité pourrait enfin éclater.

La Défense Lincoln – Saison 4 : explication de la fin

Qui a tué Sam Scales et pourquoi Mickey a-t-il été piégé ?
⚠️ Spoilers

Disponible sur Netflix, La Défense Lincoln conclut sa saison 4 sur un final dense et politique, où vérité judiciaire, manipulation institutionnelle et enjeux de réputation s’entremêlent étroitement autour de Mickey Haller.

Un piège minutieusement orchestré

La saison s’ouvre sur un choc : le corps de Sam Scales est retrouvé dans le coffre de la mythique Lincoln de Mickey, lors d’un contrôle de routine mené par l’agent Collins. Immédiatement accusé, Mickey est incarcéré et se retrouve au cœur de l’affaire la plus personnelle et la plus dangereuse de sa carrière.

Avec l’aide de Lorna, il tente d’abord de faire face à la procureure Dana, surnommée « Death Row Dana ». Mais la pression judiciaire et l’épuisement de Lorna finissent par fragiliser leur défense. C’est alors que Maggie revient dans l’équation, renforçant l’équipe au moment crucial du procès.

Les éléments factuels établissent rapidement que Sam a été abattu dans le garage de Mickey, alors que celui-ci se trouvait chez lui. Son corps a ensuite été dissimulé dans la voiture afin de faire croire à une tentative d’élimination du cadavre dans le désert. Une mise en scène presque parfaite, déjouée uniquement par une plaque d’immatriculation manquante.

Le véritable coupable : une vengeance déguisée

Pour prouver son innocence, Mickey doit identifier le véritable meurtrier et le mobile. L’enquête révèle un lien décisif entre Sam Scales et Alex Garizian, figure de la pègre arménienne déjà connue de Mickey.

Garizian était à la tête d’une vaste escroquerie baptisée Bleeding the Beast, via sa société Biogreen. Le système reposait sur des subventions fédérales pour du biocarburant fictif : les mêmes barils étaient simplement réétiquetés et recyclés pour simuler une production inexistante. Sam, chauffeur routier impliqué dans l’opération, a commencé à détourner de l’argent à son profit.

Lorsque Garizian découvre la trahison, il saisit l’occasion idéale pour régler deux comptes à la fois. Sam est exécuté, et Mickey — déjà responsable de pertes financières pour Garizian lors du procès Lisa Trammel — est choisi comme coupable idéal. Le meurtre devient une arme de vengeance.

Le rôle trouble du FBI

Alors que Mickey et son équipe reconstituent patiemment le puzzle, le FBI intervient en coulisses. Les agents expliquent au procureur général que Mickey est innocent, mais surtout que son procès menace une enquête fédérale de longue haleine sur Biogreen. Si Mickey appelle le FBI à la barre, l’opération s’effondre.

Sous pression, les poursuites sont abandonnées. Mais Mickey refuse une victoire en demi-teinte. Être libéré ne suffit pas : il veut laver son nom publiquement. Il exige alors que Dana organise une conférence de presse affirmant clairement son innocence, afin de restaurer sa réputation, celle de son cabinet et de sa famille.

Un twist final majeur

Dans les toutes dernières minutes de la saison, Mickey croise une femme mystérieuse à l’épicerie, interprétée par Cobie Smulders. Visiblement désireuse de lui parler mais tétanisée par la peur, elle finit par lui sauver la vie dans un parking… avant de révéler sa véritable identité : elle est sa sœur.

Si la série suit les romans de Michael Connelly, elle serait sa demi-sœur, partageant le même père que Mickey. Dans les livres, Mickey Haller est notamment lié à Harry Bosch — un personnage absent de la série pour des raisons de droits. Cette nouvelle sœur pourrait donc devenir une solution narrative pour contourner cette absence.

Une transition vers la saison 5

La saison 5, déjà confirmée, adaptera Resurrection Walk. Dans les romans, cette intrigue repose sur une collaboration étroite entre Mickey Haller et Harry Bosch. Dans la série, la sœur secrète introduite en fin de saison pourrait reprendre ce rôle d’enquêtrice, ouvrant une nouvelle dynamique prometteuse.

Avec ce final, La Défense Lincoln boucle un arc narratif sombre et tendu, tout en préparant un renouveau narratif ambitieux. Une conclusion à la fois politique, intime et stratégiquement ouverte.