The Last of Us – Saison 2 Épisode 5 : une fin brutale et révélatrice

Disponible sur MAX, The Last of Us poursuit sa saison 2 avec une intensité croissante. Après l’assassinat brutal de Joel dans l’épisode 2, Ellie n’a qu’un objectif en tête : retrouver Abby et venger la mort de celui qu’elle considérait comme un père. Pourtant, le chemin est long, semé d’embûches, et rempli de zones grises émotionnelles.

Une mission qui s’intensifie

Dans cet épisode 5, alors qu’Ellie et Dina sont piégées par des Stalkers, c’est Jesse qui vient les sauver in extremis. Il leur explique avoir quitté Jackson avec Tommy peu après leur disparition, chacun prenant une route différente pour les retrouver. Jesse réussit à localiser leur cachette à Seattle. Ce changement par rapport au jeu The Last of Us Part II (où Tommy part seul en premier) vient renforcer la dynamique du trio et la tension narrative.

Mais l’épisode prend un tournant plus sombre lorsque Ellie, seule, retourne à Lakehill. Elle y tombe sur Nora, une ancienne complice d’Abby. Ce face-à-face est lourd de non-dits et d’hostilité. Nora tente de s’enfuir, mais Ellie la poursuit jusque dans les sous-sols de l’hôpital, envahis par les spores. Là, tout bascule.

Le basculement d’Ellie

Ellie, immunisée, n’a rien à craindre des spores. Nora, elle, commence déjà à tousser – le compte à rebours est lancé. Ellie lui demande où se trouve Abby. Nora refuse. Alors Ellie frappe. Et frappe encore. Dans un accès de rage, entre vengeance et pression, elle s’abandonne à une violence crue. L’épisode se termine brutalement, dans le noir, laissant planer une question terrible : est-elle allée jusqu’au bout ?

Ce passage montre à quel point Ellie est en train de se perdre. La vengeance la ronge, l’isole, l’endurcit. Elle devient une version d’elle-même qu’on n’avait jamais vue jusqu’ici – prête à franchir les lignes rouges, même si cela signifie torturer ou tuer.

Un dernier « Hey kiddo »

Juste avant la fin, un bref flashback bouleverse l’atmosphère. On y voit Joel ouvrir doucement une porte, lançant un tendre « Hey kiddo ». Un souvenir fugace, presque irréel. Cette scène, inédite par rapport au jeu, se situerait juste après la saison 1, à Jackson. Elle rappelle tout ce qu’Ellie a perdu… et pourquoi elle est prête à tout.


Ce qu’il faut retenir ? L’épisode 5 marque un tournant. Ellie devient plus seule, plus froide, plus dangereuse. La quête de vengeance semble l’éloigner de ce qu’elle était. Et alors que la série continue de réinventer certains éléments du jeu, elle reste fidèle à son essence : montrer, sans détour, les ravages du deuil, du traumatisme… et de l’amour défiguré par la douleur.

Cœurs Noirs – Saison 2 : que faut-il comprendre de la fin ?

Cœurs Noirs, c’est bien plus qu’une série d’action : c’est une immersion brutale et bouleversante dans le quotidien des forces spéciales françaises. Disponible sur Prime Video, sa saison 2 pousse encore plus loin le réalisme et l’intensité émotionnelle. Le tournage, débuté au printemps 2024 au Maroc, a bénéficié d’une préparation hors norme : les comédiens ont été formés aux côtés de véritables commandos à Lanester, pour incarner au plus juste les gestes, les réflexes, et la mentalité de ces soldats de l’ombre.

Créée par Duong Dang-Thaï et Corinne Garfin, réalisée par Frédéric Jardin, la série ne cherche pas le spectaculaire gratuit : elle interroge la loyauté, les cicatrices invisibles, et les dilemmes humains derrière chaque mission. Et cette saison 2, marquée par l’arrivée de nouveaux visages et d’enjeux encore plus tendus, nous entraîne dans une opération où tout devient personnel.

La mission : sauver Sab, à tout prix

Le cœur de cette saison tourne autour de la tentative désespérée du Groupe 45 de retrouver Sab (Nina Meurisse), capturée à la fin de la saison précédente. Ce n’est plus seulement une mission militaire : c’est une affaire de famille. Mais pour y parvenir, il faut composer avec des négociations tendues, la présence d’un agent de la DGSE (Pierre, campé par Patrick Mille) venu « coordonner » les opérations, et la collaboration fragile avec Zaïd, un ancien de Daech au passé trouble.

Les derniers épisodes sont d’une tension constante : Zaïd disparaît au pire moment, Moktar – un chef de guerre fanatique – échappe à tout contrôle, et les membres du Groupe 45 doivent se débrouiller seuls, une fois de plus. L’unité est mise à rude épreuve, jusqu’au sacrifice d’Olivier, tombé au combat. Sa mort fracture le groupe, mais soude aussi leur détermination : Sab doit être sauvée, coûte que coûte.

Une libération… mais à quel prix ?

Sab est finalement retrouvée et exfiltrée. Mais cette victoire n’efface rien. Elle laisse même un goût amer : le silence d’Adèle, accablée par le deuil ; le regard perdu de Spit, rongé par un traumatisme qui ne dit pas son nom ; la relation glaciale avec la DGSE, que les méthodes « hors protocole » du groupe ont irritée. Car le commando a pris des libertés : en particulier, l’utilisation de Soraya comme informatrice.

Et c’est là que le coup final tombe : Soraya, cette femme courageuse qui a mis sa vie en jeu pour aider les Français, est capturée par « le Bourreau », figure glaçante des rangs ennemis. Dans les dernières minutes, aucun sauvetage n’a lieu. Aucun hélicoptère ne surgit. Juste une silhouette qu’on emporte dans la nuit. Une injustice insupportable. Et un appel silencieux à une saison 3.

Une fin ouverte, chargée de sens

Ce final laisse les nerfs à vif. Oui, Sab est libre. Mais à quel prix ? Le deuil, les blessures invisibles, la trahison politique… Cœurs Noirs ne fait pas de happy end artificiel. Il montre le coût humain de ces missions. Et sur le plan géopolitique, la série souligne un chaos toujours aussi dense : factions islamistes fragmentées, rivalités entre services occidentaux, alliances fragiles.

La saison 2 se termine comme un cri retenu : un soulagement mêlé de colère. On ne peut que souhaiter retrouver ces personnages, cabossés mais entiers, dans une prochaine saison. Et, surtout, voir enfin justice rendue à Soraya.

Nonnas : Explication de la fin – Quel avenir pour le restaurant ?

Le film Nonnas se conclut sur une note à la fois incertaine et porteuse d’espoir pour Joe, le fondateur de l’Enoteca Maria. Malgré son dévouement à faire vivre un restaurant italien porté par l’âme de quatre « nonnas » venues des quatre coins du monde, Joe voit son rêve vaciller. Face aux normes rigides de l’industrie gastronomique et à la jalousie des concurrents, son projet semble condamné.

Mais Joe ne lâche rien. Il continue à croire en une cuisine humaine, transmise, faite d’histoires et de mains ridées. Dans un ultime effort, il tente de convaincre le critique culinaire réputé Edward Durant de donner une chance à son restaurant. Durant refuse d’abord poliment, prétextant un agenda plein. Pourtant, il envoie discrètement un collaborateur à la soirée de fermeture, preuve que Joe a su éveiller sa curiosité.

Le discours sincère de Joe, prononcé en plateau télé, fait mouche : « Les gens ne vont pas au restaurant uniquement pour manger, mais pour partager un moment, créer un souvenir. » Cette vision touche Durant, qui finit par écrire une critique positive sur l’Enoteca Maria. Et ce n’est pas le pot-de-vin sucré (des desserts faits maison) qui change la donne, mais bien l’authenticité de l’expérience proposée.

Côté cœur, la relation entre Joe et Olivia évolue en douceur. Olivia, encore en deuil de son mari, garde ses distances. Mais Joe respecte son rythme. Inspiré par un conseil d’Antonella, il recrée le bal de promo de leur jeunesse pour raviver leur complicité. Dans la scène finale, Olivia déplace subtilement son alliance à l’autre main : un geste discret, mais lourd de sens. Joe l’embrasse alors, en réponse à ce signe d’ouverture.

La fin de Nonnas célèbre les liens humains noués autour d’une table. Le film montre que l’amour, l’amitié et la transmission culturelle passent par les plats, les souvenirs et les mains qui les préparent. Le succès de Joe ne repose pas uniquement sur une idée originale ou des compétences en gestion, mais sur ce qu’il apprend des nonnas : l’humilité, le partage et la puissance des racines.

Benjamin Biolay – “Adieu Paris” : retour en grâce sur une bossa élégante

Benjamin Biolay est de retour avec Adieu Paris, un bijou de bossa nouvelle vague qui annonce son prochain double album Le Disque bleu. Ce premier extrait, enregistré entre Rio, Buenos Aires et Paris, mêle mélancolie élégante et envie d’ailleurs. On retrouve sa plume précise, son phrasé unique, et cette capacité rare à faire rimer spleen et soleil. L’arrangement est d’une finesse remarquable, porté par des musiciens brésiliens d’exception. Biolay réussit encore une fois à surprendre, à toucher, et surtout à donner envie d’en entendre plus. Un retour réussi, classieux, et déjà l’un des titres les plus raffinés de ce printemps.

Mala Influencia (Netflix) : Explication de la fin – Amour, vengeance… et meurtre ?

Disponible sur Netflix, Mala Influencia commence comme une romance adolescente classique… pour mieux nous piéger. Si vous pensiez assister à une bluette entre deux jeunes gens que tout oppose, attendez la dernière demi-heure. Car sous ses airs de teen drama, le film vire au thriller vengeur.

Une fin bien plus sombre que prévu

Alors qu’on croit suivre une histoire d’amour entre Reese et Eros, la vérité éclate brutalement : Peyton, la meilleure amie d’Eros, est la véritable antagoniste. Derrière les menaces anonymes et les tensions croissantes, c’est elle qui manipule les événements depuis le début. Pourquoi ? Par vengeance : sa mère est morte dans l’incendie du restaurant de Bruce, le père de Reese. Traumatisée et pleine de rancœur, Peyton a juré de faire payer Bruce… en s’en prenant à sa fille.

Infiltrée dans l’école de Reese, elle orchestre tout pour lui faire vivre un enfer. Et lorsque Eros découvre la vérité, il tente de l’arrêter. En vain : Peyton, submergée par la colère, abat Bruce d’une balle. Le film s’arrête avant son arrestation, mais son sort semble scellé.

Et Reese dans tout ça ?

Malgré le chaos, Reese finit par se relever. Elle intègre la compagnie de danse de ses rêves, reçoit enfin le respect de ses camarades, et entretient une relation sincère avec Eros. Quant à Bruce, bien que responsable indirect de tant de souffrances, Reese continue de lui adresser des messages vocaux pleins d’amour. La scène finale, où Eros rejoint Reese sur scène, clôt le film sur une note d’espoir : celle d’un avenir reconstruit, malgré les blessures.7

✨ Peau d’Homme avec Laure Calamy : une fable drôle, libre et nécessaire ! 🎭💥

Tout le monde connaît Peau d’Âne, ce conte où une princesse fuit les avances de son père sous la peau d’un animal magique. Mais ici, oubliez Perrault : Peau d’Homme nous plonge dans une Renaissance fantasmée, burlesque et résolument contemporaine.

Sur scène, Peau d’Homme adapte la bande dessinée culte d’Hubert et Zanzim, et c’est Laure Calamy qui en incarne la révélation. Elle joue Bianca, jeune femme à qui l’on impose un mariage. Pour découvrir qui est vraiment son futur époux, elle enfile… une peau d’homme. Ce déguisement va l’embarquer dans un voyage initiatique où se mêlent désir, identité et liberté.

Laure Calamy est tout simplement éblouissante. Avec une légèreté folle et un sens du burlesque rare, elle offre un rôle aussi drôle que touchant. Autour d’elle, une galerie de personnages savoureux l’accompagne : une marraine fantasque, un frère fanatique, une mère résignée et un fiancé mystérieux, le tout dans une ambiance entre commedia dell’arte et théâtre engagé.

Le livret signé Léna Bréban mêle humour et critique sociale avec brio. On y parle d’amour, de genre, d’homophobie et de liberté, toujours sur un ton enlevé, parfois grave mais jamais pesant.

Côté musique, Ben Mazué signe des chansons aux mots ciselés, portées par une grande simplicité instrumentale. Si les ballades intimistes touchent juste, certaines scènes auraient mérité un souffle plus épique, notamment celle du carnaval.

Visuellement, le spectacle joue la carte d’une Renaissance poétique : costumes soignés, décor stylisé et quelques trouvailles magiques – comme le laboratoire végétal de la marraine. Dommage qu’un certain statisme s’installe dans la dernière partie, avec un prêche un peu trop long.

Mais ne boudons pas notre plaisir : Peau d’Homme est une fable drôle, tendre, brillante et nécessaire. Un spectacle d’émancipation porté par une actrice en état de grâce. À voir absolument.

MAY Un film de Lucky McKee Avec Angela Bettis, Jeremy Sisto, Anna Faris

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May travaille dans un cabinet vétérinaire. C’est une jeune fille timide et complexée qui a beaucoup du mal à se faire des amis et dont l’attitude est étrange aux yeux des autres. Elle partage son appartement avec sa seule vraie amie, une poupée que lui a donné sa mère quand elle était petite.

Œuvre à part dans le cinéma d’horreur américain des années 2000, May est un conte macabre sur la solitude, la marginalité et le besoin déchirant d’amour. Lucky McKee signe ici son premier long métrage, et impose déjà une patte singulière, entre esthétique gothique, horreur psychologique et poésie morbide.

Angela Bettis incarne une héroïne inoubliable : May, jeune femme introvertie et fragile, mal à l’aise dans son corps et face aux autres. Incapable de tisser des liens durables, elle finit par se replier sur une idée délirante : construire un partenaire « parfait » à partir des « plus belles parties » de ceux qu’elle a croisés. Le film glisse progressivement du malaise au cauchemar, avec une lente montée en tension qui culmine dans un final tragique et démentiel.

La grande force du film repose sur son ton profondément empathique. McKee ne juge jamais son personnage. Il filme May avec tendresse, sans la réduire à une « folle » ou une tueuse. C’est ce qui rend le basculement vers l’horreur d’autant plus saisissant : c’est une douleur extrême, et non une pulsion sadique, qui pousse l’héroïne vers l’irrémédiable.


🎧 LE SON : INTROSPECTION ET DISSONANCES

La bande-son, oscillant entre compositions minimalistes et bruitages organiques, renforce l’enfermement psychique du personnage principal. Les silences sont pesants, et les rares moments de musique plus rythmée marquent des ruptures émotionnelles violentes. Le travail de design sonore rend palpable la porosité entre l’univers intérieur de May et la réalité qui l’entoure.


🎨 L’IMAGE : UNE ESTHÉTIQUE INTIMISTE ET VISCÉRALE

Visuellement, May navigue entre douceur pastel et crudité clinique. Les décors étriqués, les jeux d’ombres dans l’appartement, et la lumière blafarde de la clinique vétérinaire participent à créer un monde refermé sur lui-même. Le regard que porte la caméra sur Angela Bettis est d’une rare subtilité, captant ses tics, ses hésitations, ses fêlures — comme autant d’indices d’une psyché en lente dislocation.


📀 LES BONUS : UN ÉCLAIRAGE PRÉCIEUX ET INTIME

Cette édition Combo DVD + Blu-ray enrichit l’expérience du film avec une série de suppléments inédits et pertinents :

🎙 Commentaire audio de Lucky McKee

Un commentaire humble, passionné et profondément sincère. Le réalisateur revient sur la genèse du projet, ses influences (de Carrie à Frankenstein), son lien personnel avec le personnage de May, et le casting d’Angela Bettis, qu’il considère comme son alter ego féminin à l’écran.

🎬 « Morceaux choisis » : sur le tournage de May

Un documentaire de plateau rare, montrant McKee à l’œuvre avec son équipe. On y découvre une ambiance de tournage artisanale, presque familiale, où chaque détail compte. L’alchimie entre le réalisateur et son actrice principale est palpable.

🧸 « Le Fabricant de jouets » : entretien inédit avec Lucky McKee

Un échange riche et analytique où McKee aborde May comme une métaphore sur la création artistique. Pour lui, fabriquer un être à partir de morceaux épars revient à construire un film à partir de fragments émotionnels. Un bonus précieux pour comprendre l’intimité de son geste cinématographique.

✂️ « Des mains de maître » : entretien inédit avec Jeremy Sisto

L’acteur évoque son personnage — un homme fasciné par l’étrangeté de May, puis repoussé par sa fragilité. Il revient aussi sur la direction d’acteurs fine et intuitive de McKee, et sur la difficulté à maintenir l’équilibre entre sensualité et malaise.

🧟‍♀️ « De Frankenstein à May » : analyses de Miranda Corcoran

Une intervention universitaire captivante, qui replace May dans la tradition du monstre créé par rejet. Corcoran établit des ponts entre Mary Shelley, la figure du golem et le cinéma de genre féminin, en soulignant la modernité et la profondeur du film.

📽 Bande-annonce

Un trailer envoûtant, presque trompeur, qui met l’accent sur la bizarrerie du film plus que sur sa charge émotionnelle. Il reflète bien l’ambiguïté de l’œuvre : ni purement horreur, ni purement drame.

Rapport de forme ‏ : ‎ 1.85:1 Classé ‏ : ‎ 16 ans et plus Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 13,5 x 1 x 17,5 cm; 90 grammes Format ‏ : ‎ Couleur, Importé Durée ‏ : ‎ 1 heure et 33 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 4 juin 2025 Acteurs ‏ : ‎ Angela Bettis, Jeremy Sisto, Anna Faris, James Duval, Nichole Hiltz Sous-titres : ‏ : ‎ Français Studio  ‏ : ‎ ESC Editions

DÉTOUR MORTEL de Rob Schmid avec Eliza Dushku, Emmanuelle Chriqui, Jeremy Sisto, Kevin Zegers

Achat : https://amzn.to/42PB4C2

Sur une autoroute de Virginie, un accident paralyse totalement la circulation. Chris quitte l’autoroute et s’engage dans un chemin de terre pour tenter de contourner l’embouteillage

Détour Mortel s’inscrit dans la tradition du survival horrifique américain, croisement entre Massacre à la tronçonneuse et Délivrance. L’histoire est simple mais redoutablement efficace : un groupe de jeunes se retrouve piégé dans une forêt reculée de Virginie, traqué par une famille de mutants cannibales. La structure narrative est linéaire, mais parfaitement rythmée. Dès l’accident qui lance l’intrigue, la tension grimpe et ne redescend plus.

Rob Schmidt livre un film sans prétention, mais remarquablement tenu. En moins d’1h30, il exploite à fond l’espace forestier, multipliant les cachettes, les pièges, les poursuites, et surtout les scènes de mise à mort, souvent brutales, parfois inventives. Le film évite l’ironie et joue la carte du sérieux, avec une réalisation propre et une économie de dialogues qui favorise l’action pure.

Côté casting, Eliza Dushku impose un vrai charisme de final girl, athlétique et farouche, loin des héroïnes tremblotantes. À ses côtés, Desmond Harrington incarne un citadin pragmatique et volontaire. Les autres personnages sont rapidement écartés, mais apportent assez d’épaisseur pour que leurs morts suscitent un frisson d’empathie.


🔊 LE SON : UN ENVIRONNEMENT QUI RÉSONNE DE TERREUR

La bande-son signée Elia Cmiral mêle nappes anxiogènes et silences tendus. Les ambiances sonores — branches qui craquent, respirations paniquées, hurlements lointains — participent grandement à l’immersion. Le mixage accentue chaque moment de violence avec un réalisme saisissant, donnant parfois l’impression d’être physiquement à côté des victimes.


🖼 L’IMAGE : UNE FORÊT DEVENUE PIÈGE

Visuellement, Détour Mortel est dense et poisseux. Le chef opérateur John S. Bartley joue sur les contrastes entre lumière naturelle et pénombre totale. La forêt n’est pas un simple décor : elle devient un organisme vivant, écrasant les personnages. Les plans larges sur les cimes des arbres laissent place à des cadrages serrés, étouffants, dès que le groupe entre dans le territoire des tueurs. La violence est montrée frontalement, sans voyeurisme mais avec une volonté d’impact brut.


📀 LES BONUS (Édition collector DVD/Blu-ray)

Un soin particulier a été apporté aux suppléments, qui permettent de mieux comprendre la fabrication du film et le contexte de sa sortie.

🎙 Commentaire audio de l’équipe du film

Un commentaire classique mais plaisant, réunissant le réalisateur Rob Schmidt et quelques membres du casting. Ils reviennent sur les conditions de tournage en extérieur, les choix esthétiques, et les scènes marquantes du film. Quelques anecdotes savoureuses parsèment la piste.

🎥 Making of promotionnel (4 min)

Une courte featurette d’époque, au format EPK, montrant rapidement les coulisses du tournage. Les interviews sont très calibrées, mais donnent un aperçu du climat sur le plateau.

🧟 « De la viande fraîche » – Les maquillages de Détour Mortel (9 min)

Un module passionnant consacré aux effets spéciaux sanglants. On y découvre les techniques de prothèses utilisées pour les mutants et les cadavres mutilés. L’accent est mis sur le réalisme organique : sang, chairs ouvertes, os apparents, tout est fait main. Un bel hommage au savoir-faire artisanal.

👹 « Stan Winston : le seigneur des monstres » (5 min)

Petit portrait du mythique concepteur de créatures, à qui l’on doit également les dinosaures de Jurassic Park ou les monstres de Predator. Winston a supervisé la création des mutants, leur donnant une identité visuelle forte, grotesque mais crédible. Ce bonus permet de comprendre son influence capitale sur le film.

🌲 « Eliza Dushku : la petite fille dans les bois » (4 min)

Interview centrée sur l’actrice, qui parle de son approche du rôle, de son goût pour les films de genre et des cascades physiques qu’elle a effectuées elle-même. Un supplément qui met en lumière son implication.

🎤 Interviews de l’équipe (7 min)

Un condensé d’interviews plus libres, dans lesquelles les comédiens et le réalisateur évoquent leurs inspirations, les conditions climatiques difficiles, et l’aspect viscéral du film.

🎬 Behind-the-scenes (9 min)

Une immersion plus organique dans le tournage. On voit les techniciens à l’œuvre, les répétitions de cascades, les essais de prothèses. Un complément idéal pour les curieux des effets spéciaux pratiques.

💀 Scène coupée – La cascade & le meurtre de Francine (3 min)

Une séquence inédite violente et bien montée, qui renforce encore la sauvagerie des antagonistes. Elle n’apporte rien de crucial à l’intrigue mais vaut le détour pour les amateurs de gore.

📽 Bande-annonce d’époque

Une bande-annonce dans la pure tradition du survival US : voix off grave, plans rapides, musique saturée, slogans accrocheurs. Un bel objet rétro.

Rapport de forme ‏ : ‎ 1.85:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 13,5 x 1 x 17,5 cm; 130 grammes Format ‏ : ‎ Blu-ray et DVD Durée ‏ : ‎ 1 heure et 24 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 7 mai 2025 Acteurs ‏ : ‎ Rob Schmidt Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Anglais (DTS-HD 5.1), Français (DTS-HD 5.1) Studio  ‏ : ‎ ESC Editions

Avis sur la pièce de théâtre : Je m’appelle Adèle Bloom – L’intime brûlure de l’enfermement

Avec Armelle Deutsch, Sophie-Anne Lecesne, Laura Elko, Philippe d’Avilla ou Franck Harscouët​

Dans l’ombre glaciale d’un hôpital psychiatrique canadien de l’après-guerre, Je m’appelle Adèle Bloom nous plonge dans un huis clos troublant où la folie n’est plus une échappée, mais un territoire conquis, balisé, mutilé. Sous la plume acérée et poétique de Franck Harscouët, cette pièce bouleversante dévoile les contours violents d’une époque où l’on « soignait » à coups de lobotomies transorbitales et de sentences médicales totalitaires.

Placée par sa mère, Adèle Bloom, jeune postière et autrice en devenir, se retrouve projetée dans un monde suspendu où l’écriture devient sa dernière boussole. Face à Miss Wilbord, infirmière en chef tyrannique, et au docteur Freeman, tortionnaire au scalpel idéologique, Adèle lutte pour ne pas sombrer. Une amitié fragile avec Poppie, internée depuis longtemps, vient troubler ce cauchemar éveillé d’une humanité à bout de souffle.

La mise en scène volontairement cloisonnée, presque statique, accentue cette sensation d’étouffement collectif. Les corps semblent figés dans une prison mentale saturée d’angoisses, où les murs ne protègent rien, sinon l’orgueil aveugle d’un corps médical qui se prend pour Dieu.

Mais c’est surtout le jeu habité des comédiens qui saisit :
Armelle Deutsch, incandescente, campe une Adèle qui se délite tout en s’accrochant désespérément à ses mots comme à un radeau ;
Sophie-Anne Lecesne, caméléon de l’ombre, traverse les figures maternelles et soignantes avec une intensité troublante ;
Philippe d’Avilla incarne un médecin à la séduction glaçante, dont les élans visionnaires masquent la cruauté clinique ;
– et Laura Elko, tout en douceur, redonne un souffle poétique à cette tragédie grâce à sa marionnette complice.

Je m’appelle Adèle Bloom est plus qu’un spectacle : c’est une fable noire, documentée, portée par une langue précise et viscérale. Harscouët ne décrit pas seulement l’horreur : il la fait ressentir, dans toute son absurdité, sa violence et ses résonances contemporaines. Car au-delà du cadre historique, c’est bien d’un système que l’on parle — d’un regard sur les femmes, sur les déviantes, sur les rêveuses — que l’on a voulu corriger à coup de piques à glace et de sourires forcés.

On en ressort bouleversé, presque hanté, avec l’étrange impression d’avoir lu un roman à haute voix dans une salle d’audience silencieuse.

Un spectacle à vif, nécessaire, terriblement humain.

Alex Lutz, entre rire et vertige existentiel : « Sexe, Grog et Rocking Chair », un seul-en-selle au galop de l’âme

Achat spectacle : https://www.cirquedhiver.com/evenements/alex-lutz-16/

Sept ans après son dernier one-man-show, Alex Lutz revient sur scène avec un spectacle intime et puissamment incarné. Intitulé Sexe, Grog et Rocking Chair, ce troisième seul-en-scène est présenté du 4 au 27 avril au Cirque d’Hiver Bouglione, avant une tournée à travers la France. Fidèle à sa signature singulière, l’artiste y mêle théâtre, confidences et performance équestre : ses deux chevaux, Nilo et Saint-Trop, font partie intégrante de ce “seul en selle” aussi atypique que bouleversant.

Ce nouveau spectacle est marqué par un événement personnel profondément intime : la mort de son père, Gérard Lutz, survenue trois ans plus tôt. Plutôt que d’en faire un simple hommage, l’artiste choisit d’interroger, sur scène, les liens filiaux, les transmissions générationnelles, et cette faille universelle qu’est le deuil. « Plutôt que de mettre cet événement sous le tapis, j’ai voulu le convoquer dans le spectacle », confie-t-il. Le résultat est un récit pudique et sensible, tissé de souvenirs et d’humour, de tendresse et de désenchantement.

Alex Lutz évoque son père comme « un enfant de l’après-guerre », un homme habité par l’idéal de paix, capable de « mettre des œillets dans les fusils ». À cette figure lumineuse, il oppose sa propre génération, marquée par « le chômage, le sida, la gueule de bois de la fête ». Devenu père à son tour, il se dit à la fois inquiet et fasciné par les jeunes d’aujourd’hui, qu’il observe avec une admiration teintée d’humilité.

La scénographie s’appuie sur des images d’archives personnelles, retraçant la vie de son père, les compagnes successives, les foyers recomposés. « À chaque nouvelle relation, la maison changeait complètement. C’était haut en couleur, assez drôle… Une école de vie, en somme. » Ce va-et-vient entre mémoire et fiction donne au spectacle une matière organique, humaine, au bord de l’émotion mais jamais loin du rire.

Artiste multiple, Alex Lutz s’est imposé ces dernières années comme l’un des visages majeurs de la scène française. Révélé au grand public par le duo Catherine et Liliane sur Canal+ aux côtés de Bruno Sanches, il a remporté deux Molières de l’humour (2016 et 2020) et le César du meilleur acteur pour Guy, faux documentaire musical qu’il a écrit, réalisé et interprété.

Avec Sexe, Grog et Rocking Chair, il prouve une fois encore sa capacité à allier virtuosité comique et profondeur émotionnelle. Plus qu’un retour : une mue, un vertige, une traversée.

Après Paris, Alex Lutz partira sur les routes : il sera à Caluire-et-Cuire le 25 mai, à Roubaix le 16 juin. D’autres dates seront annoncées prochainement.