Quelque chose est arrivé à Agnès. Tandis que le monde avance sans elle, son amitié avec Lydie demeure un refuge précieux. Entre rires et silences, leur lien indéfectible lui permet d’entrevoir ce qui vient après…
Avec Sorry, Baby, Eva Victor signe un premier film d’une délicatesse rare, à la fois intime, pudique et profondément humain. Le récit s’ouvre sur un événement qui ne sera jamais frontalement nommé : « quelque chose est arrivé à Agnès ». Ce choix narratif, loin de l’esquive, installe d’emblée une émotion sourde et durable, laissant au spectateur la place de ressentir plutôt que de comprendre.
Agnès avance difficilement dans un monde qui, lui, continue sans elle. Le temps semble disloqué, les gestes quotidiens chargés d’un poids invisible. Dans ce flottement, une seule chose tient bon : son amitié avec Lydie. Interprétée avec une justesse remarquable par Naomi Ackie, Lydie n’est jamais un soutien démonstratif ou héroïque, mais une présence constante, chaleureuse, essentielle. Leur relation devient le véritable cœur du film, un espace de respiration fait de silences, de rires maladroits et d’une tendresse jamais appuyée.
La mise en scène d’Eva Victor se distingue par sa sobriété : plans fixes, cadres épurés, attention portée aux corps et aux regards plutôt qu’aux dialogues explicatifs. Le film avance à pas feutrés, refusant tout pathos, préférant capter les micro-variations de l’âme, les moments où l’on croit aller un peu mieux avant de retomber. Cette retenue donne à Sorry, Baby une puissance émotionnelle d’autant plus forte qu’elle est contenue.
Le film parle de traumatisme sans jamais l’exploiter, de reconstruction sans promesse artificielle de guérison. Il s’intéresse à « l’après », à ce qui reste quand les mots manquent, quand le monde paraît légèrement décalé. Et surtout, il célèbre l’amitié comme un refuge vital, une force discrète capable de maintenir un lien avec la vie quand tout vacille.
Œuvre sensible et profondément sincère, Sorry, Baby s’impose comme un film de douceur et de résistance intérieure. Un regard juste sur la fragilité, porté par deux interprètes remarquables et une réalisatrice qui filme l’intime avec une maturité impressionnante.
Classé : Tous publics Dimensions du colis : 31,6 x 13,6 x 1,8 cm; 110 grammes Réalisateur : Eva Victor Format : PAL Durée : 1 heure et 39 minutes Date de sortie : 5 décembre 2025 Acteurs : Eva Victor, Kelly McCormack, Louis Cancelmi, Lucas Hedges, Naomi Ackie Sous-titres : : Français Langue : Anglais (Dolby Digital 5.1) Studio : Wild Side Video
C’est une nouvelle année, donc vous savez ce que ça veut dire, non ? Harlan Coben a une nouvelle série sur Netflix. Et le plus grand choc, c’est qu’elle ne met pas en scène Richard Armitage. À la place, on retrouve James Nesbitt dans le rôle de Simon, un homme à la recherche de sa fille fugueuse. On y voit des sectes, des tueurs, de nombreuses morts, et des mensonges au cœur de cette série en 8 épisodes. Une fin qui révèle la personne responsable de la mort d’Aaron, tout en laissant un goût amer, puisque la série se termine sur un énorme mensonge.
Fin expliquée
Quand on arrive à la fin de la série, elle nous tient littéralement en haleine jusqu’à la toute dernière image. Avec les différentes intrigues en cours, on voit que, pendant que Simon est convoqué pour voir Rocco une dernière fois — celui-ci affirmant avoir des informations sur la localisation de Paige — Ash et Dee se rendent au domaine pour tuer Aaron, sans savoir qu’il est déjà mort.
À ce stade, on apprend qu’Aaron était un enfant issu de la secte The Shining Truth, destiné à hériter d’une fortune, ce qui faisait de lui une cible. Ash et Dee pensent alors que Simon est à leurs trousses, car Elena a reçu un message de lui sur son téléphone, message qu’ils découvrent après l’avoir tuée. Ils suivent Simon dans le sous-sol, où ils tendent une embuscade à Rocco et le tuent, Luther étant également abattu dans l’échange de tirs. Ash est tué, puis Dee, en poursuivant Simon, est projetée par-dessus le balcon avant de pouvoir le tuer et fait une chute mortelle.
Cet acte est commis par un membre de The Shining Truth, une mère qui tentait de prévenir son fils et qui ne faisait pas réellement partie de la secte. Elle ne voulait pas que son enfant soit tué et refusait l’idée que les fils soient pourchassés. En tuant Dee, elle pensait empêcher d’autres meurtres.
Après cela, Simon se retrouve à l’hôpital. Une fois rétabli, il rend visite à sa femme Ingrid, toujours dans le coma depuis qu’elle a été blessée par balle par Luther au début de la saison. C’est là qu’il retrouve Paige, assise au chevet de sa mère. La fille qu’il cherchait désespérément est finalement venue à lui. Elle était en centre de désintoxication depuis un certain temps et essayait de remettre sa vie sur les rails après la mort d’Aaron.
Même si la quête pour retrouver Paige est terminée, la question de savoir qui a tué Aaron reste en suspens. Lorsque Ingrid se réveille et rentre chez elle, Paige révèle à son père que c’est elle qui a tué Aaron, justifiant son acte par le fait qu’il la menait sur une mauvaise voie. À ce moment-là, on pense que la série va se conclure sur Simon gardant un ultime secret : celui que sa fille est une meurtrière. Mais ce n’est pas la vérité.
La vérité, c’est qu’Ingrid a en réalité tué Aaron, le tenant pour responsable d’avoir entraîné Paige dans cette spirale. Cependant, la série réserve un dernier retournement de situation sombre et dérangeant : Ingrid faisait autrefois partie de la secte The Shining Truth, et Paige et Aaron n’étaient pas en couple. Ils étaient en réalité demi-frère et demi-sœur.
Paige faisait des recherches sur ses gènes et son histoire familiale, et c’est ainsi qu’elle découvre qu’Aaron et elle étaient liés par le sang. Ce détail était d’ailleurs sous nos yeux depuis le début : il y avait deux matelas dans l’appartement où ils vivaient, et non un seul, montrant qu’ils ne dormaient pas ensemble. Comme le dit Simon : pourquoi un jeune couple dormirait-il sur des matelas séparés ?
J’ai aimé le fait que cet indice soit dissimulé de manière si subtile, juste sous nos yeux, sans que l’idée ne me traverse l’esprit. Une fois révélé qu’Ingrid était la mère d’Aaron — et qu’après avoir fui la secte, elle ignorait qu’Aaron était son fils — on comprend qu’elle a en réalité tué son propre enfant.
Paige ne veut pas que Simon révèle à Ingrid qu’Aaron était son fils, car elle pense que cela la briserait totalement. Ainsi, même si Simon promet de ne plus avoir de secrets au sein de la famille, celui-ci restera enfoui, pour préserver la santé mentale d’Ingrid.
Les secrets sont précisément ce qui a détruit la famille au départ, puisque Paige n’a jamais révélé à ses parents qui était réellement Aaron. Ce qui a causé leur chute devient donc le fondement de leur avenir.
Le lent travelling final vers Simon, le montrant face aux deux femmes les plus importantes de sa vie — sa fille et sa femme — illustre parfaitement le conflit qui le ronge intérieurement. Son visage troublé montre qu’il ne pourra jamais se débarrasser de ce secret, et qu’il le portera en lui pour l’éternité. Qui sait, ce cycle destructeur pourrait bien recommencer. Même si ce secret protège Ingrid, il pourrait détruire la santé mentale de Simon.
La toute dernière image le montre regardant directement la caméra, comme s’il nous posait la question : que ferions-nous à sa place ? Garder le secret ou dire à la personne que l’on aime qu’elle a tué son propre enfant ?
En dehors de la mort d’Aaron et de la responsabilité d’Ingrid, on apprend également que la secte The Shining Truth est exposée et démantelée. Le corps d’Elena est retrouvé, des funérailles ont lieu auxquelles Simon assiste, et l’on découvre aussi l’existence de la fille biologique du mari d’Elena, qu’il lui avait cachée.
Critique de Run Away
En ce qui concerne les séries adaptées des romans de Harlan Coben, j’ai l’impression de dire la même chose chaque année. Elles manquent souvent de profondeur. Le jeu d’acteur est très superficiel, peu convaincant, donnant parfois l’impression de regarder un soap opera comme Hollyoaks. L’écriture du scénario n’est pas particulièrement stimulante.
Cela dit, la série se regarde facilement et sait parfaitement créer des cliffhangers efficaces, au point de nous donner envie de lancer l’épisode suivant. Cela m’est arrivé à plusieurs reprises pendant le visionnage.
L’intrigue autour de Dee et Dash aurait presque pu être une série à part entière. J’ai plutôt apprécié de les suivre dans leur traque méthodique des personnes figurant sur leur liste noire. En revanche, l’aspect secte m’a semblé ajouté tardivement et ne m’a pas vraiment captivé. J’ai trouvé que cela compliquait inutilement l’histoire, même si le reste des intrigues s’imbriquait plutôt bien.
J’ai été profondément choqué par la mort d’Elena. C’était probablement mon personnage préféré, et je ne pensais absolument pas qu’elle allait mourir. J’ai lancé l’épisode suivant immédiatement pour comprendre ce qui lui était arrivé.
Concernant la disparition de Paige, même si je comprends le désespoir de Simon, c’est l’intrigue qui m’a le moins convaincu. Elle apparaît simplement au chevet du lit d’hôpital à la fin, ce que j’ai trouvé décevant. Toute la série repose sur sa fuite, les accusations contre elle, et l’argent que Simon dépense pour la retrouver… pour qu’elle réapparaisse soudainement à la toute fin.
Le nombre de morts et la manière dont elles sont montrées sont particulièrement violents. La série ne détourne pas le regard, ce qui est assez rafraîchissant, même si cela m’a surpris au départ.
Côté interprétation, j’ai trouvé la majorité des performances assez faibles. Seuls trois acteurs m’ont réellement convaincu : James Nesbitt (Simon), Ruth Jones (Elena) et Maeve Courtier-Lilley (Dee). Pour les autres, on a souvent l’impression qu’ils récitent leur texte, avec un niveau proche du théâtre scolaire. C’est particulièrement flagrant pour Ash et Sam, le fils de Simon.
Globalement, cela frôle souvent le niveau d’un soap. C’est sans doute pour cela que j’ai du mal à vraiment apprécier les séries de Harlan Coben : je n’arrive jamais à m’immerger totalement, et le jeu d’acteur ne correspond pas à la gravité des thèmes abordés.
Alors, est-ce que la série vaut le coup ? Malgré ses faiblesses, elle reste regardable. Elle ne pousse pas vraiment à s’attacher aux personnages ni à s’investir émotionnellement, mais elle est prenante. On comprend pourquoi elle est numéro un sur Netflix : elle donne constamment envie de connaître la suite.
L’intrigue peut devenir confuse par moments, et l’aspect secte frôle parfois le ridicule, mais l’ensemble permet de se laisser happer pendant huit heures sans avoir l’impression de perdre son temps. À titre de comparaison, Fool Me Once était meilleure, et Missing You l’an dernier aussi.
Run Away est divertissante, mais il ne faut pas en attendre trop. Si vous avez déjà vu les autres séries de Harlan Coben, vous savez exactement dans quoi vous vous engagez.
Contient 14 films en Blu-ray : – La Vie des morts – La Sentinelle – Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle) – eSTheR KaHN (nouvelle restauration) – Léo en jouant dans la compagnie des hommes – Rois & reine (nouvelle restauration) – « Un conte de Noël » (nouvelle restauration) – « Jimmy P. (Psychothérapie d’un Indien des Plaines) » – « Trois souvenirs de ma jeunesse » – « Les Fantômes d’Ismaël » – « Roubaix, une lumière » – « Tromperie » – « Frère et soeur » – Spectateurs ! – un livret (28 pages) – 6 cartes postales – une planche de stickers
Avec ce Coffret Desplechin – 14 films, c’est tout un pan du cinéma français contemporain qui se trouve réuni dans un écrin éditorial ambitieux et cohérent. Plus qu’une simple compilation, ce coffret propose une traversée sensible et intellectuelle de l’œuvre d’Arnaud Desplechin, cinéaste majeur de l’intime, de la parole et de la complexité des êtres.
La sélection embrasse l’ensemble de sa filmographie, des débuts fulgurants (La Vie des morts, La Sentinelle) aux œuvres plus récentes (Frère et sœur, Spectateurs !), en passant par les films devenus emblématiques (Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle), Rois & reine, Un conte de Noël). Les nouvelles restaurations, particulièrement soignées, redonnent une vigueur saisissante à des films souvent très dialogués, où la précision des regards, des silences et des corps est essentielle.
Visionner ces films dans leur continuité permet de mesurer la cohérence profonde du cinéma de Desplechin : une obsession pour la famille comme champ de bataille affectif, pour la psychanalyse, la mémoire, la culpabilité et la transmission. On y retrouve cette manière unique de faire cohabiter le romanesque et l’autobiographique, la légèreté apparente et la douleur brute. Des œuvres comme Trois souvenirs de ma jeunesse ou Tromperie prennent une résonance particulière replacées dans cet ensemble, comme des variations tardives sur des thèmes fondateurs.
Le coffret se distingue aussi par la richesse de ses compléments matériels. Le livret de 28 pages, les cartes postales et la planche de stickers ne relèvent pas du gadget, mais participent d’une véritable volonté éditoriale : accompagner le spectateur dans une relation presque charnelle à l’œuvre, fidèle à l’idée d’un cinéma vécu, pensé, revisité.
Sur le plan technique, les Blu-ray offrent un confort de visionnage à la hauteur de l’ambition du projet, respectant les textures originales tout en gagnant en lisibilité. Cette édition s’adresse autant aux cinéphiles avertis qu’aux spectateurs désireux de découvrir un auteur dont chaque film dialogue avec les autres.
Dense, exigeant, profondément humain, ce coffret s’impose comme une référence. Une invitation à se perdre — et se retrouver — dans un cinéma de la parole et des failles, où penser et ressentir ne sont jamais dissociés. Un indispensable pour comprendre l’œuvre d’Arnaud Desplechin, et, à travers elle, une certaine idée du cinéma français.
Classé : Tous publics Dimensions du colis : 18 x 14,4 x 12,9 cm; 1,35 kilogrammes Réalisateur : Arnaud Desplechin Format : Blu-ray Durée : 13 heures et 20 minutes Date de sortie : 2 décembre 2025 Acteurs : Chiara Mastroianni, Ian Holm, Roch Leibovici, Summer Phoenix, Thibault de Montalembert Sous-titres : : Français Langue : Français (Audio DTS-HD High Resolution), Français (Audio DTS-HD High Resolution) Studio : Le Pacte ASIN : B0FL88GW64
Une mère célibataire et ses deux filles arrivent à Taipei pour ouvrir une petite cantine au cœur d’un marché nocturne de la capitale taiwanaise. Chacune d’entre elles doit trouver un moyen de s’adapter à cette nouvelle vie et réussir à maintenir l’unité familiale.
Avec Left Handed Girl, la réalisatrice Tsou Shih-Ching livre un film d’une grande délicatesse, à la frontière du drame social et du portrait intime, qui capte avec une précision rare les fragilités du lien familial face au déracinement. Ancré dans le tumulte sensoriel des marchés nocturnes de Taipei, le film raconte l’installation d’une mère célibataire et de ses deux filles dans une ville aussi vibrante qu’indifférente.
Dès les premières scènes, le décor devient un personnage à part entière. Les néons, les odeurs de friture, la foule compacte et le vacarme permanent contrastent avec la solitude intérieure des protagonistes. La petite cantine qu’elles ouvrent agit comme un fragile refuge, mais aussi comme un révélateur de tensions enfouies. Chacune des trois femmes affronte cette nouvelle vie à sa manière, entre désir d’émancipation, sentiment d’abandon et besoin vital de rester soudées.
La mise en scène de Tsou Shih-Ching se distingue par sa sobriété. Elle privilégie les gestes du quotidien, les silences, les regards qui s’évitent ou se cherchent. Le récit progresse sans effets appuyés, laissant au spectateur le soin de percevoir les micro-fractures qui menacent l’équilibre familial. Cette approche quasi documentaire donne au film une authenticité bouleversante, sans jamais tomber dans le misérabilisme.
Janel Tsai incarne la mère avec une retenue remarquable. Son jeu, tout en intériorité, traduit la fatigue d’une femme qui porte seule la responsabilité du foyer, tout en tentant de préserver ses filles de ses propres renoncements. À ses côtés, Nina Ye impressionne par la justesse avec laquelle elle exprime les contradictions de l’adolescence : le besoin de liberté face à la peur de trahir les siens. La cadette, plus silencieuse, agit comme un miroir sensible de cette cellule familiale en recomposition.
Au-delà de son récit intime, Left Handed Girl esquisse une réflexion plus large sur la place des femmes dans une société urbaine en perpétuel mouvement, où la réussite économique se paie souvent d’une grande solitude. Le film parle de transmission, de résilience et de cette capacité à réinventer une famille malgré les fractures.
Œuvre discrète mais profondément humaine, Left Handed Girl touche par sa douceur mélancolique et par la justesse de son regard. Un cinéma du sensible, qui s’attarde sur l’essentiel : la difficulté d’aimer et de rester ensemble quand tout pousse à la dispersion.
Rapport de forme : 2.35:1 Classé : Tous publics Dimensions du colis : 17 x 14 x 14 cm; 85 grammes Réalisateur : Tsou Shih-Ching Format : Blu-ray Durée : 1 heure et 48 minutes Date de sortie : 22 janvier 2026 Acteurs : Blaire Chang, Huang Teng-Hui, Janel Tsai, Ma Shi-Yuan, Nina Ye Sous-titres : : Français Langue : Mandarin (DTS-HD 5.1) Studio : Le Pacte ASIN : B0FWG3548W
Elsa, 40 ans, célibataire, a renoncé aux histoires d’amour. Un don un peu spécial la garde à distance des autres : elle peut voir et parler aux morts.
Avec L’Âme Idéale, Alice Vial signe une comédie romantique singulière, teintée de fantastique, qui détourne avec finesse les codes du genre pour mieux interroger la solitude, le deuil et la peur de l’attachement. Le film suit Elsa, 40 ans, femme indépendante et désabusée, dotée d’un don encombrant : elle voit et parle aux morts. Une faculté qui, loin d’être un pouvoir, agit comme une barrière invisible entre elle et les autres.
Le scénario, coécrit avec Jean-Toussaint Bernard, installe d’abord une chronique douce-amère du célibat contemporain, avant de glisser progressivement vers une romance aussi séduisante que troublante. La rencontre avec Oscar, homme solaire et plein d’esprit, redonne à Elsa le goût du possible. Mais très vite, le film instille un doute : et si cette histoire d’amour reposait sur une illusion plus profonde qu’un simple malentendu sentimental ? Ce basculement narratif, mené avec délicatesse, confère au film une tonalité mélancolique inattendue.
Magalie Lépine Blondeau livre une interprétation tout en nuances. Son Elsa est à la fois ironique, fragile et profondément humaine. Elle évite l’écueil du personnage “à concept” pour incarner une femme blessée, qui s’est protégée du monde par lucidité autant que par peur. Face à elle, Jonathan Cohen surprend par une composition plus retenue qu’à l’accoutumée. Son Oscar, charmeur et sensible, apporte une vraie douceur au récit, tout en conservant une part d’étrangeté qui nourrit le mystère du film. Florence Janas complète le casting avec justesse, apportant un contrepoint émotionnel essentiel.
La mise en scène d’Alice Vial privilégie l’intime : plans resserrés, lumières douces, décors du quotidien qui contrastent avec l’irruption du surnaturel. Le fantastique n’est jamais spectaculaire ; il s’insinue discrètement dans le réel, à l’image des morts qui entourent Elsa. Le travail sonore, subtil, accompagne cette frontière floue entre présence et absence, réalité et projection affective.
Sous ses airs de romance décalée, L’Âme Idéale pose une question universelle : peut-on aimer pleinement quand on est hanté par le passé ? Le film parle moins des fantômes que de ce qui nous empêche de vivre : les regrets, les peurs, les histoires inachevées. Une œuvre sensible et originale, qui touche par sa sincérité et par sa capacité à faire cohabiter légèreté, émotion et réflexion existentielle.
Pierrot, 45 ans, est autiste et vit dans un foyer médicalisé. Déterminée à lui offrir une vie digne, sa sœur Camille le prend chez elle et se met en quête d’un endroit mieux adapté à sa différence. Le chemin est long mais c’est la promesse d’une nouvelle vie, au sein de laquelle chacun trouvera sa place.
Avec Une place pour Pierrot, Hélène Medigue signe un film profondément humain, d’une grande délicatesse, qui aborde l’autisme adulte sans pathos ni simplification. Le récit s’attache à Pierrot, 45 ans, autiste vivant en foyer médicalisé, et à sa sœur Camille, qui décide de le prendre chez elle pour lui offrir une existence plus digne et plus juste. Un geste d’amour, mais aussi un parcours semé d’obstacles administratifs, émotionnels et intimes.
La force du film réside dans son regard posé, respectueux, presque pudique. La mise en scène choisit la sobriété : peu d’effets, une caméra discrète, souvent à hauteur d’homme, qui accompagne les personnages sans jamais les enfermer dans un discours démonstratif. Le quotidien de Pierrot est montré dans sa complexité, entre routines nécessaires, fragilités, mais aussi désirs et élans d’autonomie. Le film rappelle avec justesse que l’inclusion ne se décrète pas : elle se construit, lentement, au prix d’efforts partagés.
L’interprétation est l’un des grands atouts du long métrage. Grégory Gadebois incarne Pierrot avec une retenue admirable, loin de toute caricature. Son jeu repose sur les silences, les gestes, les regards, et donne au personnage une épaisseur bouleversante. À ses côtés, Marie Gillain compose une Camille crédible, tiraillée entre amour, fatigue, culpabilité et détermination. Leur relation fraternelle, au cœur du film, est traitée avec une rare justesse émotionnelle. Patrick Mille apporte quant à lui une présence secondaire mais précieuse, ancrant le récit dans une réalité sociale concrète.
Sur le plan de l’image et du son, Une place pour Pierrot privilégie le naturel. La photographie, douce et réaliste, accompagne les variations d’humeur sans les souligner excessivement. Le travail sonore est particulièrement soigné : les ambiances du quotidien, parfois envahissantes pour Pierrot, deviennent un outil de mise en empathie avec son ressenti, sans jamais basculer dans l’effet appuyé.
Sans angélisme ni misérabilisme, Une place pour Pierrot interroge la notion de “place” dans la société, la famille et le regard porté sur la différence. Un film sensible, nécessaire, qui touche par sa sincérité et par la dignité qu’il accorde à ses personnages. Une œuvre discrète mais profondément marquante.
Rapport de forme : 2.35:1 Classé : Tous publics Dimensions du colis : 19 x 14 x 1,4 cm; 85 grammes Réalisateur : Hélène Médigue Format : PAL Durée : 1 heure et 35 minutes Date de sortie : 20 janvier 2026 Acteurs : Grégory Gadebois, Marie Gillain, Mathilde Labarthe, Patrick Mille, Vincent Elbaz Langue : Français (Dolby Digital 5.1) Studio : Diaphana ASIN : B0FVRJY3P2
Alpha, 13 ans, est une adolescente agitée qui vit seule avec sa mère. Leur monde s’écroule le jour où elle rentre de l’école avec un tatouage sur le bras.
Avec Alpha, Julia Ducournau poursuit son exploration radicale des corps, de la peur et de la filiation, dans un film à la fois intime et profondément dérangeant. Plus frontal que Grave, moins spectaculaire que Titane, Alpha s’inscrit dans une veine plus sourde, presque clinique, où l’horreur naît du réel et de l’incompréhension.
Alpha a 13 ans. Elle est nerveuse, abrasive, sur le fil. Elle vit seule avec sa mère, dans une relation déjà fragile, tendue par les non-dits et une inquiétude diffuse. Le récit bascule lorsqu’elle rentre de l’école avec un tatouage sur le bras. Un geste anodin en apparence, mais qui agit comme un déclencheur. Chez Ducournau, le corps parle toujours avant les mots. Ici, cette marque devient symptôme, menace, fracture. Elle ouvre une brèche où s’engouffrent la peur sociale, la transmission du traumatisme et l’angoisse parentale.
La mise en scène est d’une rigueur implacable. Plans serrés, cadres oppressants, lumière froide : la réalisatrice enferme ses personnages dans un espace mental autant que physique. Le film avance par sensations plus que par explications, laissant volontairement le spectateur dans l’incertitude. Cette ambiguïté, signature de Ducournau, nourrit un malaise constant, sans jamais céder à l’esbroufe.
La révélation du film est Mélissa Boros, impressionnante de justesse. Son Alpha est brute, instable, traversée de pulsions contradictoires. Elle impose une présence magnétique, capable de passer de la provocation à une vulnérabilité désarmante en un regard. Face à elle, Tahar Rahim incarne une figure adulte trouble, ambiguë, dont la seule présence fait planer un danger latent. Son jeu, tout en tension contenue, renforce le sentiment d’insécurité permanente.
Le travail sonore mérite une mention particulière : respirations, silences lourds, bruits étouffés composent une bande-son anxiogène qui amplifie la sensation d’étouffement. L’image et le son avancent de concert pour traduire l’état émotionnel des personnages, sans jamais expliciter inutilement.
Alpha est un film exigeant, parfois inconfortable, mais d’une cohérence remarquable. Julia Ducournau y ausculte l’adolescence comme un territoire de métamorphose et de danger, et interroge la peur de l’autre, du corps qui change, de ce qui échappe au contrôle. Une œuvre radicale, organique, qui confirme la singularité d’une cinéaste désormais incontournable du cinéma contemporain.
Rapport de forme : 2.35:1 Classé : 12 ans et plus Dimensions du colis : 19 x 14 x 1,4 cm; 85 grammes Réalisateur : Julia Ducournau Format : PAL Durée : 2 heures et 3 minutes Date de sortie : 6 janvier 2026 Acteurs : Emma Mackey, Finnegan Oldfield, Golshifteh Farahani, Mélissa Boros, Tahar Rahim Langue : Français (Dolby Digital 5.1) Studio : Diaphana ASIN : B0FVRYSW1F
Floria est une infirmière dévouée qui fait face au rythme implacable d’un service hospitalier en sous-effectif.
En première ligne s’impose comme un film d’une justesse rare, tendu et profondément humain, qui plonge le spectateur au cœur d’un service hospitalier à bout de souffle. En première ligne, réalisé par Petra Biondina Volpe, adopte un point de vue resserré, presque en temps réel, pour raconter une journée – et surtout une nuit – où tout peut basculer.
La mise en scène privilégie l’immersion : caméra à hauteur d’épaule, cadres serrés, déplacements incessants dans les couloirs, tout concourt à faire ressentir l’épuisement physique et mental du personnel soignant. Volpe évite tout pathos inutile pour s’en tenir à une observation précise, presque documentaire, de la surcharge de travail, du manque de moyens et de la violence sourde que génère l’urgence permanente.
Au centre du film, Leonie Benesch livre une performance remarquable. Son interprétation de Floria, infirmière à la fois solide, empathique et progressivement débordée, repose sur une palette de micro-émotions : un regard qui vacille, une respiration qui s’accélère, une fatigue qui s’inscrit dans les gestes. À ses côtés, Sonja Riesen apporte un contrepoint tout en retenue, renforçant la crédibilité et la densité humaine du récit.
Sur le plan de l’image, la photographie froide et réaliste épouse parfaitement le décor hospitalier : néons implacables, couleurs désaturées, absence de toute esthétisation superflue. Le film trouve sa force dans cette sobriété visuelle, qui accentue le sentiment d’urgence et d’enfermement. Le travail sonore est tout aussi essentiel : bips des machines, appels incessants, voix qui se superposent, silences trop courts… Le mixage crée une pression constante, presque oppressante, plaçant le spectateur dans le même état de tension que l’héroïne.
En première ligne n’est pas seulement un film sur l’hôpital, c’est un film sur le soin comme combat quotidien, sur l’impossibilité de « bien faire » quand tout manque, et sur la dignité de celles et ceux qui tiennent malgré tout. Un cinéma engagé, mais jamais démonstratif, qui touche par sa précision, son humanité et sa lucidité.
Rapport de forme : 1.85:1 Classé : Tous publics Réalisateur : Petra Biondina Volpe Format : PAL Durée : 1 heure et 29 minutes Date de sortie : 16 janvier 2026 Acteurs : Alireza Bayram, Leonie Benesch, Selma Adin, Selma Jamal Aldin, Sonja Riesen Sous-titres : : Français Langue : Allemand (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1) Studio : Wild Side Video
Le final de Pluribus est enfin là et s’intitule « Lashika Oil Mundo », ce qui se traduit par « la fille ou le monde ». Cet épisode met littéralement ces deux options en opposition directe. À mes yeux, il fonctionne comme un puissant écho au deuxième épisode de la saison, lorsque Carol retrouvait les autres survivants à Bilbao et se montrait insistante, agressive, imposant ses opinions aux autres. Mais cette fois-ci, les rôles sont inversés : Carol est celle qui subit cette pression, et elle y réagit beaucoup moins bien.
Entre son histoire d’amour douce-amère, un sentiment de jalousie naissant, et une plongée plus profonde dans la réalité de sa relation avec Helen — qui n’était peut-être pas aussi heureuse qu’on le pensait — cet épisode apporte beaucoup d’éléments clés.
La scène d’ouverture
Le début du final se déroule à peu près au même moment que la fin de l’épisode, soit environ 71 jours après la Jonction. La première image que nous voyons est celle d’un avion survolant un village isolé dans les montagnes. Au départ, je me demandais ce que c’était et qui pouvait bien se trouver à bord. Mais dès que Kusimayu apparaît — l’une des rares survivantes anglophones introduite dans l’épisode 2, qui avait clairement exprimé à Carol son désir de rejoindre la Jonction — j’ai compris qu’elle allait enfin réaliser son rêve.
Et ce rêve se matérialise par ce qui est transporté dans l’avion, puis protégé dans une voiture avec une ceinture de sécurité, soulignant à quel point cet objet est précieux pour les Autres.
Ce qui est particulièrement glaçant, c’est que Kusimayu semble vivre une sorte de dernier repas, presque comme un condamné à mort. Les autres lui expliquent qu’ils lui ont préparé son plat préféré. Ce sera la dernière fois qu’elle goûtera ce qu’elle aime en tant qu’individu à part entière.
On la voit aussi balayer inlassablement le même endroit du sol, ce qui traduit une forme d’ennui profond. Les autres s’occupent de tout dans le village, et elle n’a plus rien à faire. Contrairement à Kumba ou Busos, elle ne cherche ni à changer le monde ni à le sauver. Dans ce petit village de montagne, elle attend simplement que quelque chose change.
Avant la Jonction, on la voit s’occuper d’une chèvre dans un enclos. Or, les chèvres symbolisent souvent l’indépendance et la curiosité. C’est donc très symbolique, car ces deux qualités vont lui être retirées à jamais. En tant que membre de l’esprit collectif, elle n’aura plus jamais besoin d’être curieuse : elle saura tout.
Un détail intéressant de cette scène est que deux membres des Autres parlent à voix haute. L’un commente la couleur du ciel, l’autre évoque l’odeur de l’air et un sentiment d’espoir. Or, c’est un comportement inhabituel, puisqu’ils communiquent normalement par connexion électromagnétique. Peut-être parlent-ils à voix haute parce que Kusimayu n’a pas encore rejoint la Jonction, afin de lui offrir une dernière illusion de normalité.
Bien que son choix soit volontaire, le fait qu’elle soit assise dans l’enclos avec les animaux donne l’impression qu’elle est enfermée, attendant sa sentence. Tout évoque une fin de vie imminente.
Lorsqu’elle sort de l’enclos et marche avec les membres de la Jonction, leurs mouvements sont déjà synchronisés, annonçant ce qui l’attend. On comprend également qu’elle a déjà donné ses cellules souches. Lorsqu’on lui dit « N’aie pas peur », et qu’elle répond « Je n’ai pas peur », il est clair que la promesse de paradis a pris le dessus sur sa solitude.
La tension demeure : son corps va-t-il accepter la Jonction ou la rejeter ? La scène rappelle la Jonction de l’épisode 1. Kusimayu est allongée sur le sol, presque comme si elle renaissait, en harmonie avec la terre. Lorsqu’elle ouvre les yeux, la première chose qu’elle voit, ce sont les Autres.
Une fois la Jonction achevée, elle sourit. Mais la réaction collective est glaçante : aucun mot, aucune célébration. Le village devient silencieux. Les habitants se lèvent, vident les maisons et s’en vont. Kusimayu n’est plus une personne, elle est simplement une partie du tout.
Le moment le plus symbolique est sans doute lorsqu’elle libère les animaux de l’enclos. Tant qu’elle était la dernière survivante, les animaux étaient confinés. Désormais, ils sont libres. La chèvre la suit un instant, puis part. Les Autres quittent également le village.
À une échelle plus large, Kusimayu était la « chèvre » que les Autres protégeaient dans cet enclos naturel. Une fois intégrée, la porte s’ouvre, et tout le monde peut partir.
Cette scène montre deux choses essentielles :
Les survivants peuvent changer d’avis et rejoindre la Jonction.
Les Autres ne bluffaient pas : ils ont trouvé un moyen de convertir même les individus immunisés.
Cela fait directement écho à la révélation finale sur les ovules de Carol et l’extraction de cellules souches.
Manus et Carol – la fracture
60 jours, 16 heures et 30 minutes plus tard, un drone suit Manus arrivant chez Carol après un périple de milliers de kilomètres. Carol et Zosa observent les images. Lorsque Carol demande ce que Manus veut, Zosa répond : « Il ne nous parlera pas. » Ironiquement, c’était exactement l’attitude de Carol dans l’épisode 2 : méfiante, secrète, refusant que les Autres soient présents.
Un moment tendre entre Carol et Zosa révèle leur nouvelle dynamique : Zosa pose la main dans le dos de Carol pour la rassurer, un geste intime qu’ancienne Carol n’aurait jamais accepté. Mais on comprend plus tard que cette tendresse est une manipulation calculée destinée à maintenir Carol calme et sous contrôle.
L’ignorance des Autres à propos de Manus est aussi mise en avant lorsqu’ils disent : « Nous ne pensons pas qu’il te ferait du mal. » Une phrase inquiétante, car elle montre leur incapacité à garantir la sécurité humaine.
Lorsque Manus arrive et voit la Rolls-Royce dans l’allée, son regard traduit la confusion. Lui n’a rien pris. Carol, si. Elle a changé.
Leur confrontation révèle deux visions irréconciliables. Manus pense :
« Si on ne peut pas les réparer, ils sont mieux morts. »
Carol n’a jamais cru cela. Les tensions s’accumulent : où parler, utiliser le téléphone ou non, rester chez les voisins… Rien ne se passe comme prévu.
Un plan très symbolique montre un parapluie formant une frontière nette entre eux. Ils voulaient autrefois la même chose, mais ils sont désormais devenus deux individus radicalement différents.
La révélation finale
Zosa finit par avouer qu’elle ne peut pas mentir et qu’elle doit répondre à Manus. Carol réalise alors que l’amour qu’elle croyait exclusif ne l’était pas. Lorsque Zosa dit :
« Nous l’aimons autant que toi », Carol comprend que ce lien n’était qu’une illusion.
La manipulation atteint son sommet lorsqu’on révèle que les Autres peuvent désormais extraire les cellules souches de Carol à partir de ses ovules congelés. Elle n’a plus que trois mois avant que la procédure ne soit effective.
C’est à cet instant que Carol comprend tout.
« Si tu m’aimais, tu ne ferais pas ça. »
Zosa répond :
« Tu dois le faire parce que je t’aime. »
Ce « je » au lieu de « nous » est la preuve ultime de la manipulation.
Carol revient alors à la réalité. L’amour était un mensonge. Et lorsqu’elle rentre chez elle, une bombe atomique l’attend sur son allée — un rappel brutal de la démesure et du danger des Autres.
Conclusion et saison 2
74 jours, 18 heures et 30 minutes. Manus reste à Albuquerque pour étudier les champs électromagnétiques, les nœuds de courant et les interférences potentielles. Une piste claire pour une méthode de sabotage de la communication de l’esprit collectif.
Lorsque Carol dit enfin à Manus :
« Tu as gagné. On va sauver le monde. »
La saison 1 s’achève. Le compte à rebours est lancé.
Mon avis sur le final
Ce final est solide, tendu et intelligemment structuré. Pluribus est une série à combustion lente, rare et précieuse dans le paysage télévisuel actuel. Elle fait confiance à l’intelligence du spectateur, pose de vraies questions sur l’individualité, l’amour, le consentement et le libre arbitre.
Vince Gilligan signe ici l’une des meilleures séries de l’année, peut-être même l’une des meilleures de la décennie.
Une saison 2 est confirmée, même si elle prendra du temps. Mais vu le succès massif sur Apple TV+, le retour est inévitable.
Alors qu’il ne reste plus qu’un seul épisode de Stranger Things avant que la série ne s’achève définitivement, je pense qu’on peut dire sans se tromper que beaucoup d’entre nous sont un peu inquiets quant à la façon dont la série pourrait se terminer, surtout après ce qui nous a été montré dans le volume 2 de la saison 5. Ce dernier n’a pas vraiment été à la hauteur du premier volume. Et avec l’équivalent d’un long-métrage encore à venir, il y a désormais énormément de choses à conclure. À quelques jours seulement de la diffusion de l’épisode final, j’avais envie de partager ce que je pense qu’il pourrait se passer dans cet ultime épisode et comment, selon moi, la série se terminera au final. Alors, entrons dans le vif du sujet. Voici l’explication des théories autour de Stranger Things, saison 5, volume 3.
Le retour du Flagelleur Mental
Le Flagelleur Mental sera révélé. L’une des choses majeures que je pense que nous verrons dans l’épisode final de Stranger Things, et quelque chose qui, selon moi, doit arriver, c’est le retour du Flagelleur Mental. Le Flagelleur Mental est le plus ancien antagoniste de l’univers. Et même si Vecna semble être celui qui tire les ficelles, je pense que l’épisode final va littéralement renverser toutes nos certitudes.
D’après la pièce de théâtre The First Shadow, Henry Creel a obtenu ses pouvoirs lorsqu’il est entré dans l’abîme et qu’il a été mis en contact avec le Flagelleur Mental. Celui-ci a essentiellement placé les ténèbres à l’intérieur de Henry et, lorsqu’il est revenu dans sa dimension après douze heures, il était devenu une autre personne.
Je pense que le groupe réussira à tuer Vecna dans le cadre de l’opération Beanstalk. On a d’ailleurs vu un Vecna affaibli dans le volume le plus récent, notamment à travers la manière dont Will a réussi à pénétrer son esprit et même à provoquer la fracture de son pied. Il n’est donc plus aussi puissant qu’il l’était dans la saison 4.
Avec l’opération Beanstalk mise en avant, une fois que le groupe entrera dans l’abîme, nous verrons Vecna être tué. Et alors qu’ils penseront avoir accompli leur mission, c’est à ce moment-là que le Flagelleur Mental se révélera.
Ils ne sont jamais allés dans l’abîme auparavant, seulement dans l’Upside Down, que l’on sait désormais être un trou de ver. Et une fois sur place, ils se retrouveront sur le terrain de jeu du Flagelleur Mental. Cela permettra de reconnecter la série à la toute première saison et de nous montrer le foyer de cette entité obscure qui a, en quelque sorte, tout créé.
Vecna a pour mission de fusionner les mondes et d’engloutir Hawkins dans les ténèbres. Mais si cette obscurité a en réalité été implantée en lui, il est possible que ce soit le Flagelleur Mental qui soit réellement aux commandes, et que ce soit là son véritable plan.
Le groupe devra alors trouver un moyen de vaincre le Flagelleur Mental. C’est là que je pense que les pouvoirs d’Eleven, de Kali et de Will entreront en jeu, et que nous pourrions assister à une mort majeure.
Will a vu le Flagelleur Mental il y a toutes ces années. Est-il capable de puiser dans l’obscurité de la créature, ou allons-nous voir Eleven utiliser ses pouvoirs d’une manière totalement inédite ? Je pense que ces deux possibilités sont plausibles.
Ils se trouveront dans le monde d’origine des ténèbres, donc quoi qu’ils fassent, ils devront très probablement être poussés à leurs limites.
Kali va trahir Eleven
Kali trahira Eleven. Depuis le retour de Kali dans la première partie du volume, je me suis demandé quel serait son rôle réel. Et il semble désormais clair que son objectif est de provoquer des tensions et de pousser Eleven à se sacrifier littéralement pour le bien du monde.
Kali pense que même si l’Upside Down est détruit ou si le Dr Brenner est tué, il y aura toujours quelqu’un pour vouloir poursuivre son projet. Selon elle, la seule manière de mettre fin à l’obsession des scientifiques est de s’assurer qu’il n’existe plus aucun “numéro” porteur du sang de Henry que les scientifiques pourraient traquer.
Cela signifierait qu’il n’y aurait plus de nouveaux monstres créés, et que les amis d’Eleven seraient en sécurité, puisque les scientifiques cesseraient de la pourchasser.
Personnellement, même si Kali affirme qu’elle se sacrifierait aussi et resterait dans l’Upside Down pendant sa destruction aux côtés d’Eleven, je n’y crois pas. Je pense qu’elle n’a absolument pas cette intention.
Kali a été capturée et soumise à des expériences parce que les scientifiques voulaient Eleven, et qu’elle était le second choix. Eleven n’a plus jamais parlé à Kali après l’avoir quittée des années plus tôt. De son côté, Kali a vu toutes les personnes qu’elle aimait mourir, a été enfermée et n’a jamais été secourue. Elle pourrait nourrir une profonde rancœur envers Eleven.
Cela pourrait être la façon dont Kali cherche à se venger, à faire ressentir à Eleven une part de la douleur qu’elle a elle-même endurée lors des expériences.
Cela pourrait aussi s’inscrire dans l’arc narratif de Hopper, qui veut être le père qu’Eleven mérite. Il pourrait alors être celui qui se sacrifie ou qui tente de combattre Kali. Peut-être que Kali finit par le tuer ou par le blesser gravement, ce qui pousserait Eleven à tuer sa “sœur”.
Kali n’est pas un personnage particulièrement aimable, et je pense que c’est volontaire. Elle est là pour semer le chaos au sein du groupe, et ce chaos pourrait bien prendre la forme de la mort de Hopper. Il est moins présent que d’habitude, ce qui me fait penser que les scénaristes préparent sa fin.
La trahison de Kali envers Eleven apporterait une vraie tension dramatique, et j’espère sincèrement que nous verrons quelque chose de ce genre.
Le flashback dans la grotte
Nous verrons le flashback dans la grotte. Je pensais que nous l’aurions dans le volume 2 de la saison 5, et j’ai été très déçu que ce ne soit pas le cas. Nous avons eu quelques aperçus de Henry dans la grotte, mais je pense que l’épisode final nous offrira enfin le flashback que nous attendons tous.
La dernière chose que nous avons vue, c’est Henry ouvrant la mallette du scientifique, contenant une technologie capable d’envoyer quelqu’un dans la Dimension X. Dans le final, je pense que nous verrons précisément cela se produire.
C’est là que le Flagelleur Mental a insufflé les ténèbres en Henry, déclenchant les événements de la saison 4 : le meurtre de sa famille et le canalisation de cette obscurité.
Je pense aussi que nous verrons la chronologie de 1959 et le souvenir où le nom de Patty apparaît sur une affiche de pièce de théâtre à l’école. Henry avait un lien fort avec Patty, mais il lui a finalement fait du mal au point de croire qu’elle était morte, sous l’influence du Flagelleur Mental.
Cela nous permettra de découvrir Henry Creel — et Vecna — avant les ténèbres, ainsi que l’impact immédiat du Flagelleur Mental sur son esprit. Ce serait fascinant, car cela montrerait que Henry était presque comme Will, et qu’il représente ce que Will aurait pu devenir si l’obscurité était restée en lui.
Cela montrerait aussi que l’humanité d’Henry était toujours présente dans Vecna, et que c’est le contrôle du Flagelleur Mental qui l’a conduit à commettre ces atrocités.
Nous ne connaissons toujours pas l’origine exacte des pouvoirs d’Henry en dehors de la pièce The First Shadow. J’espère donc que ces événements seront évoqués dans l’épisode final, même si je crains que ce ne soit pas le cas, afin de préserver l’intérêt de la pièce de théâtre.
Quels personnages vont mourir ?
Quels personnages vont mourir ? Je pense qu’on peut désormais affirmer que ni Jonathan ni Nancy ne mourront. Je le pensais au moment des bandes-annonces, mais leur arc narratif menait surtout à une rupture.
En revanche, je pense que plusieurs personnages pourraient mourir dans cet épisode final. Ce ne sera pas un massacre, mais Kali pourrait très probablement être tuée par Eleven. Hopper pourrait mourir de la main de Kali, ou au moins être gravement blessé, ce qui pousserait Eleven à tuer Kali.
Je pense aussi que Vecna sera tué et que le Flagelleur Mental sera probablement détruit. Je ne vois pas un scénario où l’un des membres principaux du groupe meurt. Ils ont eu de nombreuses occasions de le faire au fil des saisons, sans jamais oser franchir le pas.
Si quelqu’un devait mourir, ce serait plutôt un personnage secondaire, comme Murray.
Pour l’instant, voilà les principaux événements que je pense voir se produire dans l’épisode final de Stranger Things. Je ne prédis pas exactement la fin, mais ce sont, selon moi, les éléments majeurs qui pourraient y mener.
Je pense que l’Upside Down sera détruit et que l’abîme sera définitivement coupé de Hawkins. Je ne vois pas un monde où la série se termine sur une victoire des ténèbres. Toutefois, je pense que cette fin comportera une part d’ombre, notamment à travers la mort de certains personnages.
Comme vous l’avez sans doute compris, je suis convaincu du retour du Flagelleur Mental. C’est quelque chose que je souhaite voir et qui me semble nécessaire pour boucler la boucle avec la saison 1 et offrir une conclusion mémorable.
C’est une entité terrifiante précisément parce qu’on en sait très peu à son sujet. Et avec le groupe se rendant littéralement dans son monde, je ne vois pas comment il pourrait ne pas apparaître.
À quelques jours de la diffusion du final, espérons simplement qu’il soit meilleur que le volume 2 et qu’il retrouve le niveau de l’épisode 4 de la saison 5, ou même de l’intégralité de la saison 4.