Le jeu de la dame sur netflix, le bijou que nul n’a vu venir

Les spécialistes du jeu des échecs, dont je ne fais pas partie malheureusement, pourront sans doute trouver un sous-titre directement inspiré d’une technique de jeu pour illustrer cet article. Pour la part je me suis contenté de souligner à quel point cette mini-série fut une véritable surprise pour les abonnés de la plateforme netflix.

Le jeu de la dame, the queen’s gambit en vo, est une mini-série créée par Scott Franck et Allan Scott, adapté du roman de Walter Tevis paru en 1983. On y suit Beth Harmon une orpheline qui se prend de passion pour les échecs, seule échappatoire à un morne quotidien. Dans le rôle de cette jeune femme au caractère obsessionnel on retrouve Anya Taylor-Joy dont le regard magnétique va en captiver plus d’un. Le reste du casting rassemble des jeunes visages connus du cinéma britannique tel que Thomas Brodie-Sangster, le garçonnet tout mignon de love actually, ou bien encore Harry Melling, l’odieux Dudley dans la saga harry Potter.

Magnétique on vous dit

L’intrigue est le récit d’un destin, celui de Beth Harmon, qui va devoir apprendre à grandir seule, par elle-même, dans une époque où la place des femmes est encore à la maison. Avec sa passion pour les échecs et sa détermination à montrer aux hommes qu’elle peut les affronter, elle sort du rang. Malgré un handicap social qui l’empeche de nouer des relations amicales où tout simplement de vivre une vie en dehors des échecs, elle fait la rencontre de personnages secondaires qui vont grandement contribuer à faire d’elle une championne d’échecs. À commencer par Mr Shaibel, le concierge de l’école, avec qui elle va nouer une relation touchante et fondatrice. Dans l’ombre, cependant, le spectre de l’addiction vieille au grain.

Une relation touchante et fondatrice

Le passage à l’âge adulte sera pour Beth l’occasion de s’affirmer aux yeux du monde et de faire ses propres choix. Elle est aidée en cela par le personnage D’Alice, sa mère adoptive, qui va laisser s’épanouir sa passion pour les échecs et sa soif de victoires. Bien qu’elle agisse pour des raisons bassement pécuniaires ce personnage deviendra le seul modèle féminin pour Beth, pour le meilleur et pour le pire. Alice sera la première à l’initier à l’alcool et à l’entrainer dans un tourbillon de voyage, de tournois et d’hôtels qui finira par lui coûter cher. Mais c’est aussi avec elle que Beth va prendre conscience qu’elle n’est pas faite pour vivre une vie de femme rangé lorsqu’elle constate la profonde tristesse de sa mère adoptive contrainte de remiser sa passion pour le piano pour complaire à son mari.

Un tourbillon donc, ainsi sera la vie de Beth, jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus faire face à ses démons et que ceux-ci manquent de l’emporter. La série aurait pu s’achever sur une note bien sombre mais la rédemption sera offerte à Beth pour offrir aux spectateurs une conclusion touchante. Beth renoue avec son passé et saisit l’occasion de faire taire ses démons. La jeune femme peut alors réaliser ce que peut d’entre nous ont l’occasion de faire au cours de leurs vies réconcilier les rêves d’enfant et la passion adulte afin d’atteindre une maturité salvatrice.

La misogynie est bien évidemment au centre du récit. Pas tellement par le biais des hommes, qui restent globalement des personnages positifs mais par plutôt par le biais d’une société qui laisse peu de places aux femmes pour s’exprimer. La série va régulièrement la mettre face à d’autres personnages féminins qui ont fait des choix différents, parfois conforme à ce que l’on attend d’elles et parfois non. L’occasion pour Beth de confronter ses choix personnels avec ceux des autres femmes qui croisent son chemin et de se conforter dans ses décisions ou au contraire les remettre en cause.

Une reine dans un monde de cavalier

Une bien belle surprise, une jolie découverte que cette série. Une ode féminine à la passion et au droit à chaque femme à vivre comme elle l’entend. Une pépite à découvrir sur netflix.

Synopsis: En pleine Guerre froide, le parcours de huit à vingt-deux ans d’une jeune orpheline prodige des échecs, Beth Harmon. Tout en luttant contre une addiction, elle va tout mettre en place pour devenir la plus grande joueuse d’échecs du monde.

2020 / 60min / Drame

Titre original : The Queen’s Gambit
Nationalité U.S.A.

Chaîne d’origine Netflix

‘The Mandalorian’ Saison 2, Épisode 1 Récapitulatif et Analyse: The Passenger

Le dernier épisode de « The Mandalorian » est aussi proche du genre d’horreur que « Star Wars » peut l’être, grâce à un monstre terrifiant impressionnant.

"Le Mandalorien"

Le deuxième épisode de la saison 2 de «The Mandalorian» est… très bien.

Ce n’est probablement pas ce que les fans de la série à méga budget de Disney «Star Wars» espèrent, mais pour tout le battage médiatique sans fin de la série, les taquineries et les possibilités illimitées permises par la riche histoire de la franchise, «The Passenger» est juste plus de la même.

Voici l’intrigue: Le Mandalorien est pris en embuscade dans un désert par des méchants qui veulent prendre The Child, alias Baby Yoda (dans les magasins maintenant!). Ensuite, il y a un voyage dans la Mos Eisley Cantina, où Mando reçoit une autre mission qui pourrait l’aider à réunir Baby Yoda avec l’espèce de la créature. Baby Yoda fait des gesticulations adaptées aux médias sociaux, il y a une scène de poursuite avec les pilotes de New Republic, et le Mandalorien écrase son navire sur une planète de glace et est obligé de repousser le méchant de la semaine.

Alors que « The Mandalorian » a régurgité beaucoup de battements d’histoire dans les épisodes précédents, ce résumé de « The Passenger » peut sembler particulièrement familier. L’épisode montre une ressemblance frappante avec le deuxième épisode de la première saison de la série , qui a commencé avec The Mandalorian repoussant les méchants dans un désert qui veulent emmener Baby Yoda, suivi du Mandalorian incapable de faire fonctionner son navire, suivi du Mandalorian combattre un gros monstre spatial. Comme pour la première de la saison passablement divertissante de la semaine dernière, la durée d’exécution prolongée de 37 minutes de «The Passenger» ne fait que souligner à quel point il se passe peu de choses dans l’épisode, même par rapport aux épisodes épisodiques de la saison 1. Contrairement au deuxième épisode de la première saison, il n’y a pas de soulagement de la bande dessinée Jawa, Nick Nolte n’est pas là pour répéter un slogan amusant, et le mandalorien ne fait pas beaucoup de liens significatifs avec Baby Yoda.

Avec peu d’avancement dans l’intrigue, le développement du personnage ou un jeu d’acteur convaincant, le succès de «The Mandalorian» dépend de ses scènes d’action et de ses décors. « The Passenger » revendique les deux, et bien que ce ne soit pas suffisant pour compenser le manque des éléments susmentionnés, il est difficile de nier les forces de la série. Le mât de tente Disney + affiche toujours des valeurs de production époustouflantes, et le méchant de la semaine de l’épisode 2 est incroyablement effrayant. Le Mandalorien, Baby Yoda et la mère extraterrestre qu’ils transportent tout au long de l’épisode tombent dans une grotte gelée à l’apogée de l’épisode, qui s’avère être le lieu de nidification d’un Krykna – une très grande araignée de glace, en termes simples. Une séquence de poursuite déchirante s’ensuit et l’action est probablement aussi proche du genre de l’horreur que la franchise «Star Wars» est jamais arrivée. Les enfants qui sont juste là pour Baby Yoda et les arachnophobes doivent être avertis: les Krykna sont légitimement des bêtes terrifiantes.

Even the diminutive Baby Yoda knows that crash on a frozen planet is good.

« The Passenger » est l’un des meilleurs films de la série Villain of the Week, mais cela est particulièrement dû à l’approche centrée sur l’horreur de l’épisode, qui a été relativement inexplorée dans diverses histoires de « Star Wars ». Mis à part le Krykna, il n’y a pas grand chose à différencier de l’épisode de ses prédécesseurs, et «The Passenger» présente toujours les mêmes problèmes qui ont entravé la série depuis sa première. Le dialogue est soit une exposition guindée sur la mission des protagonistes, soit des plaisanteries restantes qui ne feraient pas la coupe dans l’univers cinématographique Marvel, et il n’y a rien qui remettra en question les idées préconçues des téléspectateurs sur l’univers de «Star Wars» ou poussera autrement la franchise dans une nouvelle direction convaincante. C’est épisodique, ce qui n’est pas intrinsèquement mauvais, mais le matériel de semaine en semaine doit être plus engageant pour justifier ces nombreuses quêtes ponctuelles. L’action est indéniablement forte, mais il est difficile de rester investi dans les combats alors que tout le reste de la série est aussi découragé.

L’empire oktober fest saison 1 sur netflix, que coule la bière…et le sang

C’est inévitable. Inévitable que certains programmes mis en ligne sur la plus fameuse des plateformes de streaming soient occultés par d’autres plus fédérateurs, plus attendus ou tout simplement mieux mis en avant par la plateforme. C’est ce qui est arrivé à cette série allemande, qui aurait sans doute pu profiter d’une promotion gratuite de la part de la réelle fête de la bière munichoise si celle-ci s’était effectivement déroulé cette année mais malheureusement aucun fût de bière n’a été percé en septembre dans la Therensienwiese (la plaine de Thérèse, terrain vague proche de Munich où se déroule l’oktober fest).

On va se bourrer la gueule, au sens propre et figuré

Pourtant cette série mérite l’attention des spectateurs qui se passionnent pour les sagas historiques où les passions humaines se mêlent à l’histoire. C’est précisément ce que se propose de mettre en scène le réalisateur Hannu Salonen. Dès le premier épisode on se retrouve happé dans ces temples de la bière où bien évidemment se joue en coulisses de bien sombres drames. Car la réputation de l’oktober fest, son rayonnement national, sa durée et le nombre de visiteurs en font le théâtre idéal de nombreuses tragédies où l’ambition, la cupidité, l’amour, la passion et la haine seront les ingrédients principaux de cette cuvée impitoyable.

Bon qui vais-je pouvoir anéantir aujourd’hui ?

Le casting d’origine allemande n’évoquera aucune figure connue au spectateur français mais il se révèle solide et convaincant. À l’heure actuelle aucune information n’a filtré sur une possible saison deux mais ces six épisodes, au rythme soutenu, offrent une intrigue complète et satisfaisante. Après un premier épisode qui plante le décor, l’intrigue se déroule sans laisser le temps de lambiner au comptoir, trahison, meurtre, passage à tabac, passion amoureuse, alliance contre nature, revendications féministes, folie et malversations, l’intrigue ne laisse pas le spectateur reprendre son souffle et la mousse n’a pas le temps de disparaître dans la chope.

Les personnages féminins ne sont pas éclipsée

Tous les amateurs de séries tels que peaky blinders ou de films tels que gangs of New York devraient jeter un œil sur cette saga historique, accompagné d’une bonne mousse artisanale allemande bien sûr.

La famille Hoflinger ne sortira pas indemme de cette lutte de pouvoir

HIS HOUSE | Film sur NETFLIX | Critique & Explication de la fin du film

Après avoir fui les horreurs de la guerre au Soudan du Sud, un jeune couple de réfugiés peine à s’adapter à la vie dans une ville anglaise rongée par un mal profond.

Chronique : Le genre de petit film d’épouvante qui sort de nulle part -en l’occurrence aujourd’hui sur Netflix sans grande promotion- et qui surprend agréablement en s’attaquant à une problématique sociétale majeure dans un contexte chargé de surnaturel. À travers ce couple de Soudanais fraîchement arrivé en Angleterre et aux prises avec une mystérieuse entité dans leur logement social, c’est évidemment la difficile condition des réfugiés dans son ensemble qui est abordée. Entre un passé, toute une culture, qu’on leur demande de renier et un futur où le processus d’intégration à une nouvelle vie se résume à un parcours quasi-carcéral accompagné de regards sans cesse suspicieux, le sort de Bol (Sope Dirisu) et Rial (Wunmi Mosaku, vue dans « Lovecraft Country ») permet une charge critique féroce contre le système d’accueil anglais des réfugiés qui s’incarne plus particulièrement dans cette maison carrément hostile envers ses locataires étrangers. Si l’on s’en tient seulement au registre de l’épouvante, on pourrait rapprocher « His House » du récent « The Vigil » par l’utilisation d’un folklore fantastique spécifique, rattaché à ses victimes et qui cherche avant tout à jouer avec les traumatismes encore très vifs de leur passé. D’abord très classique dans sa montée en puissance d’apparitions malgré tout efficaces, « His House » se montre bien plus impressionnant une fois révélée la nature de la malédiction qui pèse sur le couple et lorsque la menace joue de manière pernicieuse avec des remords qui ne peuvent rester éternellement enfouis. Ainsi, la construction ambitieuse de véritables tableaux fantastiques nous emmenant par-delà la réalité se conjuguera à des scènes en apparence plus anodines mais où le fantastique s’immisce en toile de fond pour trahir la perte de repères de ses protagonistes (la première sortie de Rial à l’extérieur est en ce sens très bien pensée avec ce paysage urbain si commun prenant des allures de dédales infernaux). Enfin, la dernière partie, celle par laquelle nous sera révélé la pire attache qui retient ce couple à son passé et la manière d’en envisager une possible rédemption, achèvera de rappeler de manière bouleversante que les réfugiés sont avant tout des êtres humains avec leur passé et leurs propres défaillances que tout un système oublie sciemment, par facilité, de prendre en compte. « His House » divisera forcément les spectateurs entre ceux qui viennent y chercher un frisson facile, d’autres plus sensibles à son discours, etc. Personnellement, j’adore ce genre de proposition qui nous rappelle que l’épouvante peut sortir avec intelligence de son terrain de confort pour aller pointer du doigt les travers de nos sociétés modernes. Certes, il manque un petit quelque chose pour que « His House » soit un très grand film mais j’ai vraiment apprécié sa découverte, surtout sur Netflix où il est désormais susceptible d’être vu par le plus grand monde.

His House : Affiche

His house de Remi Weekes sur netflix, bienvenue chez vous

Un premier article à propos de ce film est déjà disponible sur le blog signé par mon compère mais cela fait tellement longtemps que je n’ai pas ressenti un tel enthousiasme pour un film netflix que j’ai décidé d’écrire une chronique à mon tour.

Par bien des aspects ce film m’a fait penser à un autre film angoissant, Mister Babadook sorti en 2014 et réalisé par Jennifer Kent. His house est malheureusement un ton en dessous de ce dernier, dont la réalisation est plus maîtrisée, mais offre quand même des similitudes dans son sujet et son approche qui me pousse à le placer dans le haut du panier des récents films d’horreur proposés par la plateforme.

Le voisinage à l’air sympathique chérie non ?

Le long métrage de Rémi Weekes met en scène deux réfugiés soudannais hébergés en Angleterre après une fuite éprouvante marquée de drame et de traumatismes. Les deux acteurs principaux, qui sont Sope Dirisu et Wummi Mosaku, sont terriblement convaincant, deux acteurs émouvants dont le jeu tout en pudeur renforce le côté envoûtant du film. L’intrigue est l’occasion de revenir sur un thème social malheureusement d’actualité, l’immigration et l’accueil fait au réfugié dans le monde occidental mais aussi d’aborder divers sujets tels que la culpabilité du survivant, la difficulté de s’intégrer dans un pays inconnu et la résilience.

Niveau déco il y a du boulot

Avare en dialogue et maîtrisant les effets horrifiques pour ne pas trop en faire, le film instaure une ambiance glauque et oppressante proche du huis-clos malgré quelques scènes en extérieur. Mais même celles-ci n’échappent pas à l’aspect oppressant voulu par le réalisateur, en témoigne la scène où Rial se perd dans le morne quartier de banlieue où on les a assignés à résidence alors qu’elle cherche une clinique. Car le nouveau départ voulu par le couple se révèle être une prison aussi bien physique que mental dont ils vont devoir affronter les geôliers pour espérer s’en extirper.

Là où Jennifer Kent, avec son Mister babadook, misée sur une angoisse métaphorique pour mettre en avant le traumatisme de ces personnages, Remi Weekes met en scène une angoisse plus frontale, plus palpable, à l’aide de quelques jumpscares bien trouvées et des scènes d’horreurs pures. Le réalisateur n’apporte rien de neuf au genre horrifique mais il prouve qu’il a parfaitement assimilé les codes du genre et parvient même à mettre en scène de purs moments de grâce qui rappellent aux spectateurs que l’horreur qui se joue sous leurs yeux est avant tout un drame humain.

Deux acteurs talentueux et touchants

Au début du film, allongée sur une simple couverture, Rial confie à Bol que cette maison est comme une renaissance, elle oublie juste de lui dire que toute naissance se fait dans la douleur et les larmes. Un film intimiste et angoissant à ne pas louper disponible sur netflix.

Mister babadook, quant à lui, est disponible sur Amazon prime vidéo.

30 octobre 2020 sur Netflix / 1h 33min / Thriller, Epouvante-horreur, Drame
De Remi Weekes
Nationalité Britannique
Synopsis: Après avoir fui les horreurs de la guerre au Soudan du Sud, un jeune couple de réfugiés peine à s’adapter à la vie dans une ville anglaise rongée par un mal profond.

« The Undoing » avec Nicole Kidman et Hugh Grant sur OCS

Thérapeute à succès sur le point de publier son premier livre, Grace Sachs a un mari aimant et un fils qui fréquente une école privée de prestige. Mais soudain, avec une mort violente, un mari qui disparaît et de terribles révélations concernant celui qu’elle pensait connaître, sa vie bascule…

Chronique : Comme une vague qui emporte tout sur son passage, Big Little Lies crée l’événement à sa sortie, en 2017, et gagne tous les plus grands prix l’année suivante. De nombreux talents ont contribué à ce phénomène, notamment le créateur et scénariste David E. Kelley et Nicole Kidman qui, en plus de livrer une performance mémorable, produisait la série. Trois ans plus tard, ces deux grands noms de la fiction réitèrent l’expérience avec The Undoing, une adaptation du roman Les premières impressions, écrit par Jean Hanff Korelitz et publié en 2014. Derrière la caméra, c’est la réalisatrice Susanne Bier – lauréate de l’Oscar du meilleur film étranger en 2011 pour Revenge – qui met en scène les six épisodes.

Les aficionados d’intrigues policières seront probablement déçus par The Undoing, qui se renferme dans une enquête plutôt classique, peu surprenante, usant des ficelles bien connues du genre. En réalité, c’est dans sa dimension sociale que la série parvient à susciter un véritable intérêt. Susanne Bier plonge les téléspectateurs en immersion dans la haute société new-yorkaise, milieu dans lequel Grace Sachs (Nicole Kidman) et Jonathan Fraser (Hugh Grant) sont les rois, et où seules les apparences et la réputation ont une véritable importance. C’est la descente aux enfers, poussant l’héroïne à déconstruire son environnement pour mieux se reconstruire elle-même, qui donne tout le charme au récit.

Portrait amer des élites

Critique acerbe de l’univers mondain, The Undoing s’intéresse également à des sujets de société actuels, comme le fossé qui divise les classes sociales ou encore le privilège des personnes riches et blanches – le terme « white privilege » est par ailleurs utilisé à de multiples reprises au cours des épisodes. En France, c’est le film de Marc Fitoussi, Les Apparences, avec Karin Viard et Benjamin Biolay, qui s’emparait habilement de ces thématiques. Si le long métrage navigue entre la comédie et le thriller hitchcockien, la série de Susanne Bier se veut très sombre, laissant aucune place au second degré, avec des couleurs automnables et un New York grisâtre et filmé comme un personnage à part entière. Très vite, la mégalopole prend des allures de prison qui se referme sur les héros de l’histoire, enfermés dans leurs appartements luxueux.

Une fois encore, Nicole Kidman – qui produit le programme avec sa société Blossom Films – offre une performance impeccable. Au centre de l’intrigue, elle apparaît dans la plupart des scènes et parvient à monopoliser l’attention grâce à son magnétisme naturel. De son côté, Hugh Grant met à mal son image de gentlemen idéal pour se glisser dans la peau d’un protagoniste plus torturé avec talent. Toute la série se focalise majoritairement sur ses deux têtes d’affiche, quitte à sacrifier des visages de second plan à fort potentiel, comme l’enquêteur joué par Édgar Ramírez ou le personnage incarné par Ismael Cruz Cordova.

Susanne Bier prend du plaisir à filmer l’intranquilité des élites, piégés dans leur entre-soi. C’est cette malice communicative – et plutôt cruelle – qui fait de The Undoing une fiction intéressante, malgré un aspect thriller assez convenu. La série ne retrouve peut-être pas l’intensité et le niveau d’écriture de Big Little Lies, mais les admirateurs de Nicole Kidman et de Hugh Grant ne perdront pas leur temps. Les adeptes d’intrigues dramatiques non plus.

The Undoing : Affiche

Bronx (30 octobre 2020) /De Olivier Marchal Avec Lannick Gautry, Stanislas Merhar, Kaaris sur NETFLIX

Dans les quartiers Nord de Marseille, une tuerie orchestrée par le clan Bastiani a lieu. Deux rivaux sont en charge de l’enquête, Vronski, un flic de la brigade antigang et Costa, un chef de groupe de la BRB aux pratiques douteuses. La situation dégénère lorsqu’un témoin-clé est assassiné durant sa garde à vue. En pleine guerre des gangs, Vronski et ses hommes, pour sauver leur peau, seront obligés de faire des choix lourds de conséquences…

Chronique : Un très bon Olivier Marchal dans la lignée des Lyonnais, Carbone et Borderline. On y retrouve toute la noirceur et la violence qui caractérisent si bien la triste réalité du métier de flic et qui l’accompagnent tragiquement jusque dans sa vie privée. Outre Jean Reno, Gérard Lanvin et Claudia Cardinale, on retrouve une grande partie des acteurs fétiches du réalisateur qui crèvent l’écran de par leurs « gueules » patibulaires et négligées de flics ripoux désabusés ou de voyous sans foi ni loi. Une fois de plus, et pour notre plus grand plaisir, Marchal suit sa thématique préférée en nous montrant dans sa fiction que la ligne entre les bons et les méchants reste théorique, floue et si facilement franchie. Les dialogues sont souvent des punchlines å la manière de 36, quai des orfèvres et malgré leur vulgarité ont un petit semblant d’Audiard et ses répliques mythiques des polars français des années 70. L’ancien policier nous offre une rėalitė crue qu’il équilibre parfois avec quelques moments lyriques, influence universelle du parrain de Coppola, et nous livre un film noir et sans pitié, un polar efficace et marquant.

Bronx : Affiche

‘The Mandalorian’ Saison 2, Épisode 1 Récapitulatif et Analyse: The Marshal

Le mandalorien

Mandalorien est de retour de manière très importante. L’épisode le plus long et le plus somptueux à succès de la série démarre la saison 2 en beauté. Et un dragon Krayt.

Nous avons déjà vu des extraterrestres et des monstres dans cette série, mais la bête de la première de la saison 2 était plus grande et plus bestiale que toute autre chose dans Star War depuis l’ exogorth «Space Slug» d’ Empire Strikes Back . Grâce aux merveilles du CGI moderne, le monstre du Mandalorien était bien plus beau que le ver géant qui a presque mangé Han Solo, la princesse Leia, Chewie et C-3PO.

J’ai déjà regardé cet épisode deux fois et je l’ai aimé les deux fois. «The Marshal» est un autre épisode parallèle. Plutôt que de reprendre là où nous nous étions arrêtés – avec Moff Gideon sortant de son TIE Fighter abattu avec l’aide du Darksaber – l’épisode nous a emmenés dans une aventure sur Tatooine, où Mando est dit qu’il trouvera un autre mandalorien qui pourra aider à guider lui à un ponceau où son peuple pourra l’aider davantage dans sa quête pour trouver le Jedi.

Le mandalorien

Il glane ces informations sur un personnage borgne louche nommé Gor Koresh (John Leguizamo), une sorte de chef du crime connaissant les mandaloriens. Il s’avère qu’il cherche à traquer les Mandaloriens et à les tuer pour leur précieux acier Beskar. Après avoir essayé d’amener Mando à jouer son armure, Koresh sort son blaster, tue l’un des deux Gamorréens qui se battent sur le ring et allume l’arme sur Mando. Plusieurs de ses sbires font de même.

Baby Yoda, assis dans son berceau stationnaire, appuie rapidement sur le bouton pour fermer le couvercle. Il sait que les choses sont sur le point de se compliquer. C’est adorable.

Les choses se compliquent. Koresh dit à Mando que s’il lui donne l’armure, il le laissera sortir vivant. Mando lui dit que s’il lui donne les informations qu’il veut, il ne tuera pas Koresh. «Je pensais que tu n’étais pas un joueur de jeu», répond Koresh. «Je ne suis pas», dit Mando, et tire ses «oiseaux sifflants». Les premiers crétins sont en panne, mais d’autres – le Gamorréen survivant, le portier Twi’lek et un autre combattant – se précipitent. Koresh, quant à lui, se précipite.

Naturellement, Mando travaille rapidement sur ses adversaires et rattrape les cyclopes dans lesquels il s’accroche avec son grappin et se bloque à l’envers à un lampadaire. Koresh plaide pour sa vie et Mando promet que «vous ne mourrez pas de ma main». Alors Koresh lui dit qu’il y a un Mandalorien sur Tatooine. Mando dit qu’il a passé beaucoup de temps là-bas et n’a jamais vu un de ses gens sur la planète, mais Koresh insiste.

Puis Mando s’éloigne, laissant Koresh pendu. Il projette la lumière en jetant Koresh dans les ténèbres. De redoutables créatures aux yeux rouges, auparavant tenues à l’écart par la lumière, se déplacent rapidement en grognant. Koresh hurle son dernier.

Le mandalorien

De là, nous nous retrouvons sur Tatooine. Mando atterrit à Mos Eisley où il se réunit brièvement avec Peli Motto (Amy Sedaris) qui dit à ses droïdes mécaniciens de faire chier jusqu’à ce que Mando dise que tout va bien, ils peuvent travailler sur son navire. « Oh, alors tu aimes les droïdes maintenant? » dit-elle. Et c’est vrai. Depuis que IG-11 a gagné l’affection et le respect de Mando lors de la finale de la saison 1, avant sa disparition tragique.

Peli Motto aide Mando à trouver la ville qu’il recherche: Mos Pelgo. Ce n’est pas sur les cartes et a apparemment été anéanti par des bandits.

Ce n’est pas le cas, ou du moins pas tout à fait. Nous apprenons que Mos Pelgo a un passé riche. Il a été attaqué par Sand People (Tusken Raiders) et a été, à un moment donné, repris par le Mining Collective, ses citoyens réduits en esclavage jusqu’à ce qu’ils soient sauvés par Cobb Vanth.

Vanth est le personnage titulaire de l’épisode: The Marshal. Quand nous le voyons pour la première fois, il porte l’ancienne armure de Boba Fett:

Le mandalorien

Il y a un moment où vous pensez: «Putain de merde, c’est Boba Fett», mais vous êtes désabusé de cette notion assez rapidement. Il est clairement habillé différemment de ce que Fett n’a jamais été, d’une part. Mais c’était la voix qui était le cadeau mort. J’ai tout de suite su que c’était Timothy Olyphant.

Auraient-ils pu choisir un meilleur maréchal dans ce rôle? Je ne pense pas. Olyphant a joué le maréchal américain Raylan Givens dans l’excellente émission Justified (que vous devriez regarder si vous ne l’avez pas encore). Il a également joué Seth Bullock dans Deadwood de HBO. Il est shérif dans cette émission, mais Bullock était maréchal au Montana avant de déménager à Deadwood.

Autant dire qu’Olyphant a joué quelques maréchaux. C’est amusant de le voir dans ce rôle, surtout compte tenu de la façon dont Wild West The Mandalorian va. Cela a toujours été un western, mais cet épisode prend un cran ou dix.

Mando rencontre le maréchal vêtu d’un équipement mandalorien complet. Mais quand il s’assoit, le maréchal enlève son casque et vous pouvez (en quelque sorte) voir le registre de choc sur le «visage» de Mando. Le choc se transforme assez rapidement en colère. Il dit à Vanth de lui donner l’armure ou autre. Une personne normale peut avoir peur à ce stade, mais Vanth est tout sauf. Il ne bronche pas.

«Oh on fait ça?» dit-il, sa main allant à sa hanche où son blaster est dans l’étui.

Le mandalorien

C’est alors qu’il souligne The Child. Le petit gars traîne près de ce crachoir, juste en train d’explorer. «On va faire ça devant l’enfant?» il demande.

«Il voit pire», répond Mando. Ils sont tous les deux cool comme des concombres, mais si ça se résumait à ça, Vanth serait un toast.

Heureusement, l’impasse est évitée lorsque le sol commence à trembler. Vanth se dirige vers l’extérieur et Mando le suit.

Quelque chose arrive. Quelque chose de gros. Il gronde à travers la ville, poussant à travers le sable juste sous la surface. La petite ville tremble. Les choses tombent. Ensuite, nous voyons un bantha solitaire se détendre près de la périphérie de la ville et nous savons que le pauvre laineux n’est pas long pour ce monde.

Quelques instants plus tard, une énorme créature émerge du sable, ses énormes mâchoires s’ouvrent et avale le bantha en entier. La bête est si vaste qu’elle peut avaler un bantha entier – et les banthas ne sont en aucun cas petits.

Cette nouvelle menace, apprenons-nous, est un dragon Krayt. Cela terrorise Mos Pelgo depuis aussi longtemps que l’on s’en souvienne. Vanth a une idée.

Il dit à Mando qu’il a pu protéger sa ville et son peuple avec l’aide de l’armure, mais il ne peut pas éliminer le dragon. Si Mando l’aidera à tuer la bête, il remettra volontiers son armure sans se battre. Tout le monde y gagne. Naturellement, Mando est d’accord.

Le mandalorien

Ce qui suit est une aventure passionnante et de loin la créature CGI la plus magnifique de l’histoire de Star Wars .

Mando et Vanth se dirigent vers son repaire – une fosse de Sarlacc abandonnée. «Les fosses Sarlacc ne sont jamais abandonnées», dit Mando. Il s’avère que le dragon Krayt a tué le Sarlacc et a pris sa fosse. Putain de merde.

Sur le chemin du repaire, ils rencontrent des Tusken Raiders et leurs étranges chiens. Ceux-ci sont en fait appelés Massifs, et ils semblent vraiment menaçants au début jusqu’à ce que Mando commence à leur parler dans un langage guttural étrange. Ils se réchauffent aussitôt et on vient se faire gratter la tête. Féroce à mignon en cinq secondes.

Vanth est évidemment confus, mais la confusion se transforme en hostilité lorsque le peuple des sables émerge. Mando, nous découvrons, parle couramment Tusken, et il apaise les tensions et dit à Vanth que les Tuskens veulent que le dragon Krayt soit également mort et sont prêts à aider. Le maréchal n’est pas ravi de l’idée, mais se rend compte qu’ils vont avoir besoin de toute l’aide possible.

Ils campent avec les gens du sable cette nuit-là et Vanth et l’un de leurs hôtes en viennent presque aux coups quand il ne boit pas leur étrange jus de spores. Mando arrête le combat et leur dit à tous de se comporter.

Le mandalorien

Il s’avère que même entre eux et les Tusken Raiders, ils n’ont toujours pas assez de puissance de feu pour affronter le dragon Krayt. C’est tout simplement trop massif. Ils vont avoir besoin d’aide, et Mando offre les services des citoyens de Mos Pelgo.

Vanth dit qu’ils n’aimeront pas ça mais accepte d’essayer de les convaincre. Alors ils retournent à Mos Pelgo et font exactement cela. Les citadins n’en sont pas contents, mais tout le monde se rend compte que c’est nécessaire. Le Dragon Krayt pouvait avaler toute sa ville pour le petit déjeuner. Ils ont de la chance d’être encore en vie. De plus, c’est une chance de faire la paix avec les Tusken Raiders.

Les tensions sont fortes lorsque les gens des sables se présentent et commencent à aider à charger des explosifs sur leurs banthas. Quand on laisse tomber accidentellement une bombe explosive, l’un des hommes de Mos Pelgo se met à lui crier dessus. Cette fois, c’est Vanth qui intervient pour maintenir la paix. «C’était un accident», lui dit-il.

Ils retournent au repaire du dragon et le font sortir de la fosse. Ils ont tout un ensemble. Balistes géantes qui ont du sens pour ce type de dragon au sol. Pas comme les balistes stupides et ridicules de la dernière saison de Game Of Thrones qui pourraient éliminer des dragons volants avec une précision surprenante. Mon Dieu, rien que d’y penser me donne envie de frapper quelque chose.

En outre, le dragon Krayt est juste bien plus cool que les dragons dans Game of Thrones. Cela ne se fera certainement pas sans combat.

Le plan est de l’amadouer suffisamment loin de son repaire pour déclencher un tas d’explosifs qu’ils ont enterrés dans le sol. Le ventre est le seul point assez faible pour faire de réels dégâts, disent les gens du sable à Mando. Il s’avère que même une énorme explosion de ventre ne fait pas l’affaire.

Le mandalorien

Le dragon Krayt ne crache pas de feu, mais il pulvérise un acide mortel de sa bouche gargantuesque. Alors que le peuple des sables et les citoyens se moquent de la bête pour la faire sortir de son repaire en utilisant l’ordonnance dont ils disposent – blasters, grenades, etc. – elle commence à pulvériser, éliminant ainsi un groupe de combattants. Lorsque l’explosion se déclenche, le monstre disparaît sous terre, mais il n’est pas mort. Loin de là.

Quelques instants plus tard, il émerge au sommet de la montagne au-dessus de son repaire, rugissant et pulvérisant de l’acide sur ses ennemis. Mando et Vanth jetpack pour voir de plus près. Mais tirer sur la créature avec des blasters ne fait que l’ennuyer, et ils se retirent juste à temps pour éviter d’être avalés en entier.

Rien ne fonctionne et tout semble perdu. Mais Mando propose un plan. Il doit faire manger le dragon Krayt et un bantha chargé d’explosifs. Une fois avalée, la créature disparaît sous terre. Quand il réapparaît, Mando choque la créature (avec ce qui ressemble presque à la foudre Sith) et vole hors de sa bouche en arrière. Il vise son blaster et tire les explosifs sur le bantha.

Le dragon Krayt est tué et il y a beaucoup de joie. Dans leur accord avec Mos Pelgo, les Tuskens revendiquèrent le dragon Krayt et son ichor. Cela inclut le Krayt Dragon Pearl – une pierre massive qui ressemble à une vraie (et vraiment grosse) perle. Apparemment, ils jouent un rôle dans l’estomac du dragon Krayt pour les aider à digérer les aliments. Ils valent une petite fortune.

Mando prend une partie de la viande de la bête et dit ses adieux. Vanth lui dit qu’il espère que leurs chemins se croiseront à nouveau un jour. J’espère aussi.

La scène finale est la «grande révélation». Nous voyons une sorte d’ermite chauve debout dans le désert en train de regarder Mando s’éloigner. Il s’agit de Temuera Morrison, l’acteur qui a joué Jango Fett dans les films préquels. Il est crédité comme Boba Fett dans The Mandalorian (du moins selon IMDB), ce qui signifierait que Fett a survécu à la fosse de Sarlacc et vit en secret depuis. Il a abandonné son acier Beskar et sa vie de mandalorien avec lui. Il y a du mystère là-dedans et je suis sûr que nous en apprendrons plus au fur et à mesure que la série se déroulera.

Le mandalorien

Verdict

J’ai adoré cet épisode. Là encore, je suis fan de la façon dont cette émission combine la narration procédurale et la narration en série. Cela me rappelle un peu The X-Files . Certains épisodes sont des aventures uniques de style «monstre de la semaine» où Mando et Baby Yoda aident un village ou un criminel ou pourchassent quelqu’un. D’autres suivent l’intrigue plus large, avec Moff Gideon et sa recherche de l’enfant.

Beaucoup de gens s’attendaient probablement à ce que la première de la saison 2 (écrite et réalisée par Jon Favreau) appartienne davantage à ce dernier, mais c’était plutôt le premier. Nous n’avons rien appris de nouveau sur Moff Gideon ou sur la grande image, et avons passé tout notre temps sur Tatooine à tuer des dragons à la place. Je n’ai rien à redire. Le caractère d’Olyphant était génial. Dur, charmant avec une trame de fond intéressante (son personnage était déjà établi dans l’univers de Star Wars et le spectacle s’en tient pour la plupart à la même histoire).

Le dragon Krayt était tout simplement magnifique. Les effets spéciaux exposés ici rivalisent avec tout ce qui se trouve dans les films. En effet, je dirais que tout, du CGI aux effets pratiques en passant par les rivaux costumés, tout ce que nous avons vu dans les films.

«  The Marshal  » parvient également à marcher assez bien entre le nouveau et la nostalgie, mélangeant de nouvelles idées avec des rappels vers le passé. Clairement, se diriger (encore une fois) vers Tatooine va être nostalgique, mais on va à Mos Pelgo au lieu de Mos Eisley pour l’essentiel de l’histoire. Nous rencontrons Sand People d’une toute nouvelle manière, en tant qu’alliés au lieu d’ennemis (ou victimes d’un emo Jedi déchaîné). Le dragon Krayt était complètement inattendu et génial et tout l’épisode du début à la fin était excitant, drôle et amusant. Quand Baby Yoda sort de sa cachette dans le crachoir, j’ai éclaté de rire. C’était vraiment long pour ce spectacle, avec 54 minutes (avec crédits) mais cela n’a jamais traîné, avec un excellent mélange d’action et de construction de personnage.

J’ai hâte d’en savoir plus sur Moff Gideon et le Darksaber et tout ça, mais je ne suis pas pressé. Avec The Mandalorian, comme avec la vie, c’est plus le voyage que la destination.

Peninsula 21 octobre 2020 /De Sang-Ho YeonAvec Dong-won Gang, Do-Yoon Kim, Jung-hyun Lee

Quatre ans après Dernier train pour Busan, il ne reste que des zombies dans la péninsule. Un groupe de soldats forcés d’y retourner découvrent que des survivants non contaminés se sont regroupés dans une bande bien plus dangereuse que les zombies…

Chronique : La suite de Dernier train pour Busan, 4 ans plus tard, n’en est pas vraiment une, et le film n’utilise pas les même ressorts pur séduire le chaland. Moins de gore et d’horreur, plus d’action et de sentiments, une horde de désappointés en salles a déjà déferlé et crié sa déception, surtout que les blockbusters ne se ramassent plus à la pelle, vu les reports en cascade des sorties. Bien, mais pour le non-amateur de grosses productions et celui qui ne goûte point, en général, les zombies, Peninsula n’a finalement rien de rédhibitoire. Yeon Sang-ho est assez malin pour partir d’un postulat simple (on dirait presque un western) pour l’enrichir au fur et à mesure de nouveaux personnages, en éclatant les centres d’intérêt avant un final qui là, oui, est vraiment trop avec un deus ex machina pas très subtil, comme l’arrivée de la cavalerie dans un, c’est cela, western. Outre de nombreuses scènes dignes d’un jeu vidéo où les zombies prennent cher et des poursuites en voiture à toute berzingue qui durent un peu longtemps, il y a aussi de l’humain dans Peninsula, et pas que du bienveillant, avec notamment ces jeux du cirque qui produisent les scènes les plus saisissantes. Oui, il y a aussi un suspense bien forcé vers le dénouement et du sirupeux en guise de (faux) hallali. C’est certain que le long-métrage est bourré de défauts mais il est très divertissant pour peu que l’on ne le prenne que pour ce qu’il est : une série B vrombissante, pleine de références et finalement sans prétention excessive, pas même celle d’égaler Dernier train pour Busan. Reste à savoir comment le film sera perçu en … Corée du Nord, puisque les zombies, semble t-il, n’ont pas franchi la frontière (certains diront que le peuple y est pourtant mort-vivant). En tous cas, la Corée du mort, c’est bien celle du sud.

Peninsula : Affiche

Filles de joie 14 Octobre 2020 en VOD /De Frédéric Fonteyne, Anne Paulicevich Avec Sara Forestier, Noémie Lvovsky, Annabelle Lengronne

Axelle, Dominique et Conso partagent un secret. Elles mènent une double vie. Elles se retrouvent tous les matins sur le parking de la cité pour prendre la route et aller travailler de l’autre côté de la frontière. Là, elles deviennent Athéna, Circé et Héra dans une maison close. Filles de joie, héroïnes du quotidien, chacune se bat pour sa famille, pour garder sa dignité. Mais quand la vie de l’une est en danger, elles s’unissent pour faire face à l’adversité.

VOD : https://www.cinenews.be/fr/films/filles-de-joie/

Chronique : Filles de Joie offre un prolongement au film Bande de Filles, son versant adulte en quelque sorte, faisant alors de la cité une terre sans avenir aucun, un lieu d’emblée marginalisé au sein de la géographie urbaine, caractérisé par son architecture en tours, un espace dans lequel les familles tentent de vivre en luttant contre la misère et la violence intestine qui les menacent. Même ancrage social, même destin croisé de plusieurs femmes ici adolescente, jeune mère de trois enfants en rupture avec son conjoint et mère cinquantenaire ; trois âges de la vie contraints de se tourner vers le plus vieux métier du monde pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille respective. Néanmoins, le film a l’intelligence de l’antiphrase que porte son titre : il représente des personnages qui simulent la joie – essentiellement la jouissance – tout en étant conscients de leur impossible fuite. Les « filles de joie » sont des actrices : perruques, déguisements érotiques, accessoires, tout cela contribue à dissocier le travail de la vie privée, distinction qu’apprend à ses dépens Conso, interprétée avec puissance par Annabelle Lengronne ; elles sont des spécialistes du désir masculin, capables d’anticiper les comportements, de répondre aux besoins, de satisfaire la demande.

Filles de joie : Photo Noémie Lvovsky, Sara Forestier

Aussi le trajet en voiture vers l’étranger – la Belgique, pays où la prostitution est encadrée par la loi – est-il ambivalent : à la fois aveu d’un échec, celui de ne pouvoir s’élever socialement, et conquête d’un semblant de liberté, puisqu’il traduit le passage d’une prison subie (la tour d’immeuble) à une prison choisie, une prison de luxe dans laquelle – seul avantage véritable, si tant est que l’on puisse parler d’avantage – elles deviennent maîtres à bord, elles gouvernent leurs clients. Le long métrage se plaît à déconstruire les mythes virils qu’érige l’homme pour assurer sa suprématie : les vingt centimètres réglementaires, l’orgasme féminin comme preuve de leur vaillance au combat… Il accorde une place importante aux échanges verbaux entre les « filles de joie », au partage de leur expérience et de leurs anecdotes. Ces femmes disposent d’un pouvoir essentiel, un pouvoir de désacralisation du masculin et de reconquête de leur liberté sexuelle. Elles travaillent l’illusion, adoptent des postures. Mais sont paradoxalement les seules à savoir distinguer l’artefact de la réalité, séparer la fiction et sa concrétisation dans la douleur (à l’opposé d’un personnage comme Yann). En parallèle à cette immersion dans un milieu socio-professionnel, le long métrage de Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich est également un grand film sur l’amitié qui résiste contre vents et marées, s’affirme tel un cocon protecteur constamment sur le point d’exploser – l’arme à feu, la drogue, l’accident – mais toujours là. Malgré ses lourdeurs initiales qui laissaient présager un drame social déjà vu et revu, Filles de Joie est une œuvre surprenante qui a le mérite de convertir la puissance de ses femmes en force de mise en scène : réalisation à mi-chemin entre le documentaire et la poésie, n’ayant pas peur des ralentis (légers), montage qui pense les ellipses, les retours en arrière comme l’assemblage des pièces d’un puzzle identitaire, nappes musicales envoûtantes et mélancoliques, trio d’actrices remarquables, dont il faut, pour finir, rappeler les noms : Sara Forestier, Noémie Lvovsky et Annabelle Lengronne.

Note : 9/10