Normal People (STARZPLAY) : portrait d’une génération

La relation compliquée entre Marianne et Connell depuis leurs années d’école dans une petite ville de l’ouest de l’Irlande jusqu’à leurs études universitaires au Trinity College. D’après le roman du même titre de Sally Rooney.

  • Format : 12×30
  • Durée totale de visionnage : 7 heures 42 minutes

La critique

Après une diffusion quasi simultanée sur la BBC Three au Royaume-Uni et sur la plateforme Hulu aux États-Unis, Normal People a connu un succès instantané. Mais pourquoi cette adaptation du roman de Sally Rooney a-t-elle séduite à ce point le public et les critiques ? Qu’est-ce que Normal People apporte dans le milieu très peuplé des drames romantiques sur le petit écran ?

L’histoire ici est somme toute banale et c’est bien là son aspiration première : raconter les va-et-vient sentimentaux d’un couple du lycée jusqu’à leur passage à l’âge adulte. Normal People se focalise sur ces deux personnages que tout peut opposer mais dont l’attachement va vite se révéler être une évidence. Connell semble de prime abord incarner le stéréotype du jock à l’irlandaise : un étudiant populaire notamment grâce à sa pratique sportive, entouré d’une véritable cour composée d’amis plus ou moins recommandables. Emprisonné dans ce groupe social pour le moins toxique, il aspire à d’autres horizons et se révèle au spectateur au fur et à mesure de son rapprochement avec Marianne, la paria de l’école. Rejetée pour son caractère de peste et sa posture antisociale, elle entretient un lien forcé avec Connell dont la mère est femme de ménage à son domicile.

La série s’intéresse particulièrement aux conflits intérieurs des deux personnages qui vont émerger dans leur intimité. L’image qu’ils ont d’eux-mêmes dans cette période si compliquée va se confronter au regard de l’autre. Ces questionnements sont explicités par des dialogues sobres, qui jouent la carte de l’authenticité et non du lyrisme avec des personnages parlant comme… des gens normaux. Cela n’entache en rien la profondeur du propos, car Normal People aborde des sujets tout aussi actuels comme le consentement et la santé mentale chez les jeunes.

À l’instar d’Euphoria, elle est aussi très graphique dans sa représentation des rapports intimes, mais sans voyeurisme. Dans ces scènes ainsi que dans tout le reste de la série, on remarque un refus de stylisation à outrance au profit d’une esthétique léchée favorisant la douceur de sa lumière naturelle. Cela n’empêche pas la mise en scène d’être travaillée, supportée notamment par un montage parfois remarquable, vu comme un véritable support de narration.

Le récit de ces deux amants est un parfait sujet d’étude pour une histoire sérialisée, puisque dans une période comme celle-ci, les personnages traversent une véritable crise identitaire, une période d’exploration. Avec ses nombreuses ellipses, Normal People nous montre leurs changements de personnalité, d’ambition et à quel point leur attachement perdure malgré ces transformations. Le duo d’acteurs Daisy Edgar-Jones et Paul Mescal fonctionne à merveille, développant tous les deux une partition tout en nuance basée sur les regards et les non-dits.

On regrette cependant une seconde moitié de saison un peu moins convaincante que la première, dont les 6 premiers scripts ont été écrits par l’autrice du roman elle-même, Sally Rooney. Malgré quelques moments importants, certains passages de mi-saison manquent d’intensité et d’élan dans le récit. Cette série est est au fond le portrait d’une génération dont les questionnements sont universels. C’est en ça que Normal People ne fait pas dans le jeunisme en voulant cocher des cases, mais bien en prenant le parti de l’authenticité. Un petit bijou.

SOMBRE DÉSIR, la nouvelle série sulfureuse de Netflix

Après « Control Z », Netflix a mis en ligne ce mercredi 15 juillet « Sombre désir », une nouvelle série originale mexicaine en 18 épisodes. Un thriller érotique dans la lignée de « 365 Dni » centré sur l’obsession d’un jeune homme pour une femme mariée.

De quoi ça parle ?

Alma, une femme mariée, cède à la tentation dans les bras d’un jeune inconnu à l’occasion d’un week-end d’escapade avec une amie. Mais l’histoire vire rapidement au drame et l’amène à remettre en question ce qu’elle sait de ses proches.

Un thriller caliente taillé pour les fans de 365 Dni

Quelques semaines après le film polonais 365 Dni, qui a beaucoup fait parler et est rapidement devenu un phénomène sur la plateforme, Netflix poursuit dans le genre érotique avec une nouvelle série originale venue tout droit du Mexique : Sombre désir (Oscuro deseo en VO), créée par Leticia Lopez-Margalli. Moins explicite et moins tendancieux que le long métrage porté par Michele Morrone et Anna Maria Sieklucka, ce thriller constitué de 18 épisodes d’une trentaine de minutes chacun délaisse les notions de kidnapping et de syndrome de Stockholm pour nous emmener sur un terrain plus habituel : celui de l’amour obsessionnel.

Les scènes caliente en plus, les amateurs de téléfilms Lifetime (souvent diffusés en France l’après-midi sur TF1), où une jeune femme devient la proie d’un harceleur, seront donc certainement conquis par le destin trouble d’Alma, une avocate et professeure d’université de renom qui, pour faire oublier son divorce à sa meilleure amie et laisser derrière elle ses soupçons d’adultère à l’égard de son propre mari, se lance dans un week-end de débauche qui la mènera à passer la nuit avec Dario, un éphèbe de 25 ans ayant immédiatement flashé sur elle. Mais ce qui n’aurait dû être qu’une aventure sans lendemain, qu’un moment torride éphémère, va rapidement prendre une tournure inattendue lorsqu’Alma, de retour chez elle, auprès de son mari et de sa fille, va avoir la mauvaise surprise de voir Dario débarquer dans sa vie. Bien décidé à ne pas la perdre et à poursuivre leur histoire. Le début d’une passion amoureuse, puis d’une obsession qui va vite se révéler dangereuse pour Alma et pour ses proches. Jusqu’où Dario est-il prêt à aller pour être avec l’objet de son obsession ? Une question qui va émailler Sombre désir tout au long de cette première saison et à laquelle va se mêler une histoire de meurtres et les secrets des uns et des autres, qui ne vont pas tarder à refaire surface.

Laissant quelque peu la psychologie et la profondeur au placard, cette nouvelle série Netflix cherche avant tout à divertir et à émoustiller, grâce à ses codes du thriller respectés à la lettre et à ses corps dénudés (mais pas trop). En misant visiblement quasiment tout sur la plastique de ses deux acteurs principaux, la comédienne et chanteuse Maite Perroni, star de nombreuses telenovelas au Mexique, et Alejandro Speitzer, vu dans El Club et La Reine du Sud. Bref, avec Sombre désir, les abonnés de Netflix ayant adoré Cinquante nuances de Grey, 365 Dni, You, ou Toy Boy devraient trouver de quoi réchauffer leurs soirées d’été.

Vidéo :

Pourquoi le pilote de “The Night Of” est un chef d’oeuvre

Et 4 ans après, on oserait même dire : un des meilleurs épisodes pilotes de l’histoire ?

Diffusé en juin 2016 sur HBO, le premier épisode de The Night Of a marqué son empreinte dans l’histoire des séries. La minisérie de Richard Price (The Wire) et de Steven Zaillan (La Liste de Schindler, The Irishman) n’a pourtant pas convaincu tout le monde, car assez inégale dans son écriture malgré de grands moments. Mais c’est ce premier épisode qui restera gravé dans les mémoires. Un pilote de 1h18 qui aurait toutes les chances d’être boursouflé rien que par sa durée, mais qui se révèle être un slow burn prenant aux tripes jusqu’à la dernière seconde.

Dans ses premières minutes, cet épisode réussit déjà à mettre en place le personnage de Nasir Khan (dit Naz) avec économie et efficacité. On découvre son environnement familial, scolaire et amical, ce même environnement au bout de seulement 10 minutes qui l’emmènera vers un chemin sans retour. C’est le reste de la série qui nous permettra d’explorer davantage le personnage et ceux qui l’entourent, il n’est pas utile ici de faire du zèle dans l’exposition. Cette économie, on la retrouve aussi dans les dialogues, qui vont à l’essentiel, mais qui surtout sonnent vrais. La rencontre de Naz et Andrea dans le taxi emprunté à son père pour se rendre à une fête semble surréaliste, tout droit sortie d’un film de David Lynch. C’est ici le début du second acte, quand Naz décide d’abandonner ses plans pour s’enliser dans la nuit avec cette jeune femme qu’il connait à peine, mais qui semble lui faire perdre tout libre arbitre.

Cette nuit si importante sera le point d’ancrage de la série, son fil conducteur auquel on reviendra sans cesse. Comme dans tout bon polar, le déroulé des évènements, leur localisation et les témoins croisés auront leur importance jusqu’au dernier épisode. Le spectateur intériorise ces informations inconsciemment tout en apprenant à connaitre Naz, ses envies, ses doutes. Mais ce qui devait n’être qu’un heureux détour dans une soirée aux autres aspirations va vite ébranler toute son existence.

À la découverte du corps inerte de la jeune fille, la machine se lance alors que l’épisode démarre sa partie la plus procédurale, mais aussi la plus intense. La mise en scène de Steven Zaillian restera toujours focalisée sur Naz alors qu’il observe impuissant tous ces corps de métier travailler de consorts pour comprendre le déroulé des évènements : policiers, détectives, médecins légistes, police scientifique. L’absence de musique et l’usage de champ / contre champ toujours du point de vue de Nasir permet à l’acteur d’exprimer toute la détresse du personnage. Il faut dire qu’il est fascinant de voir toutes les entrailles de ce système qu’on connait peu, ses procédures, mais son facteur humain : ces hommes et ces femmes qui utilisent leur jargon et qui ne lésinent pas sur les punchlines, forcés à travailler en heures sup parce que comme toujours, le crime ne dort pas.

C’est à ce moment-là qu’on fait la rencontre de Dennis Box, incarné par le fantastique Bill Camp, un détective érudit, grinçant, et surtout délicieusement éloquent qui sera à la fois le guide de Naz dans sa nouvelle réalité d’accusé, mais aussi son ennemi juré qui fera tout pour l’inculper. Le sens du dialogue de Richard Price s’exprime ici dans toute sa splendeur, qui allie ici son art de la concision avec la verve de ses personnages.

Mais au cœur de tout ça, on ne peut que saluer la performance de Riz Ahmed, qui porte toute la montée en tension de cet épisode. On suit son cheminement mental au fur et à mesure de la soirée, toujours avec une économie de dialogue bienvenue. Lauréat d’un Emmy Award pour le rôle en 2017, c’est clairement la grande force de la série. Comme nous le disions en début d’article d’article, The Night Of n’a pas forcément transformé l’essai sur le reste de ses épisodes. Cependant, ce pilote a permis d’accrocher les spectateurs sur la longueur .

The Twilight Zone (myCANAL) : incursion dans l’étrange

La saison 2 est-elle une renaissance pour la série produite par Jordan Peele ?

Le pitch

Les producteurs exécutifs Jordan Peele et Simon Kinberg revisitent la série culte La Quatrième Dimension et renouent avec la tradition de la narration sociale. À travers l’introspection et l’auto-analyse, la seconde saison nous emmène dans une dimension riche de possibilités infinies.

  • Format : 10×42
  • Durée totale de visionnage : 6 heures et 40 minutes

La critique

Pour rappel, The Twilight Zone est une collection d’histoires courtes clairement penchées vers l’étrange, le fantastique et le paranormal, reprenant ainsi le concept de la série de 1959 qui a tant influencé le genre encore maintenant.

Si la saison 1 avait peiné à convaincre malgré quelques moments de grâce, la saison 2 arrive-t-elle à remonter la pente ? Après le visionnage des 10 épisodes, il est compliqué d’en émettre une critique globale, car ce qui fait la force de la série (sa variété) peut aussi être sa faiblesse (son inégalité). Tout comme Black Mirror, certaines histoires sortent clairement du lot, soit par leur originalité, soit par leur relecture maline d’un concept de genre pourtant éculé.

Devant ce type de récit, le spectateur est invité à deviner le “truc” dès les premières minutes et s’efforcera de percer à jour le mystère qu’on lui propose tel un puzzle. Mais ce puzzle manque ici parfois de pas mal de pièces, tant les intrigues sont parfois cousues de fil blanc. Le twist a alors l’effet d’un coup d’épée dans l’eau une fois devant les dernières minutes de certains épisodes. Mais tout n’est évidemment pas à jeter alors voici ceux qu’on vous conseille de regarder avant de vous lancer dans le reste :

  • The Who of You (2×03) : un high concept habilement mené dans un récit qui tourne à 100 à l’heure.
  • Among the Untrodden (2×05): un épisode qui reprend habilement les codes de la fiction fantastique adolescente pour proposer une histoire finalement convaincante.
  • Try, Try, Try (2×09) : malgré des dialogues parfois ampoulés, les implications de l’intrigue sont conceptuellement intéressantes. À voir.
  • You Might Also Like (2×10) : un épisode clivant, mais qui a mis tout le monde d’accord sur son ambiance si particulière en hommage à la série de 1959

Si on préfère cette saison de The Twilight Zone à la première, la série est encore trop inégale pour nous convaincre, la faute à des twists parfois flagrants et des concepts traités sans vraiment de subtilité. Mais l’avantage de ce format dit anthologique, c’est qu’on reste pour ces quelques épisodes, ceux qui nous ont fait réfléchir plus que les autres par ces incursions dans l’étrange possibles uniquement… dans la Quatrième Dimension. (On le fait bien non ?)

Ju-On: origins saison 1 sur netflix, mais arrêtez d’entrer dans des maisons inconnues!!!

Le film Ju-on ,ou the grudge comme il fut renommé après sa traversée de l’océan Pacifique, reste l’un des souvenirs de visionnage le plus terrifiant de toute ma vie. Je me souviens être resté tétanisé pendant le générique de fin, complètement paralysé par cette histoire de fantôme vengeur sans pitié. Lorsque la dernière image du générique fut passé l’écran de mon ordinateur devint noir, je me retrouvais donc seul dans ma chambre, dans le noir complet, avec des images toutes plus glauques les unes des autres imprimées sur ma rétine. Des années après ce film reste une référence du film d’horreur, avec son ambiance mélancolique imprégnée de solitude et de tristesse. Je n’ai pas vu les suites, qui n’ont pas la réputation d’être à la hauteur du premier opus mais l’annonce d’une série en partie produite par netflix a su titiller ma curiosité.

C’est donc parti pour une petite séance de frisson, petite car la série contenant six épisodes de trentes minutes, générique compris, on peut rapidement la binge watcher. Par contre il n’y a pas de doublage en français alors qu’un doublage allemand est possible, parfois il ne faut pas chercher à comprendre. Certains sous-titres sont complètement à côté de la plaque dans leurs traductions mais rien de bien méchant.

QUI? QUAND? COMMENT ?

Le vrai problème de la série vient des choix scénaristiques faits par les producteurs. La narration est décousue, non seulement l’on va nous raconter plusieurs histoires avec différents personnages mais en plus celles-ci ne se passent pas en même temps. Certains récits s’étalent sur plusieurs années alors que d’autres à tiennent en quelques jours ou mois. Autant ce choix peut s’expliquer dans le cadre d’une intrigue plus complexe aux ramifications multiples mais là il s’agit d’une histoire d’épouvante, pourquoi compliquer un sujet qui se doit d’être simple pour captiver le spectateur? Arrivé au sixième épisode j’étais incapable de’savoir si l’on était en 1988, 1995 ou à une autre époque. La série n’est parvenue à me faire peur qu’à de rares occasions mais elle sera parvenue à m’embrouiller complètement dans sa narration.

Les différentes trames narratives se suivent sans réelle passion. La série instaure une certaine atmosphère mystérieuse et glauque avec quelques fulgurances gores il faut lui reconnaître cela. Mais elle échoue complètement à nous faire ressentir quoique soit pour ses différents personnages, sans même parler de suspens. Si la série s’était concentrée sur deux ou trois personnages elles auraient pu brosser des portraits convaincants mais là non seulement ces personnages n’ont pas le temps d’exister mais ils paraissent également assez antipathiques pour la plupart.

Prenons par exemple le personnage de Yasuo Odajima, l’enquêteur du paranormal, qui passe les premiers épisodes à déambuler en posant les mêmes questions avant de se souvenir subitement du drame familial qui le relie à la maison la plus flippante de la banlieue tokyoïte en fin de saison. Le jeu impassible de son interprète, Yoshiyoshi Arakawa, n’aide pas à donner consistance à ce personnage qui est pourtant l’un des principaux de cette première saison. Les autres personnages sont à l’avenant, la lycéenne traumatisée et traumatisante est complètement incohérente dans ces décisions et la jeune actrice débutante, Haruka Honjo, est sous-développée.

-Ca va faire peur? -Bof, par contre on va bien se faire chier

UNE MACABRE DÉCOUVERTE…

Il va falloir m’expliquer également cette obsession pour les faits divers sordides qui parcourt la saison, si c’était pour servir de marqueur temporel il y avait d’autres moyens d’ancrer la série dans les différentes époques parcourus. Si la volonté des producteurs était de relier la série aux films à travers ces faits divers, qui jouent un rôle dans le premier film, c’est que l’héritage de celui-ci est bien pauvre ou incompris. La série dresse un portrait bien sombre et misérable de la société japonaise où les conflits familiaux se règlent dans le sang mais cela paraît artificiel et creux à tel point que je n’ai pas pu m’empêcher de lever les yeux au ciel lorsqu’un énième fait diver sanglant n’ayant même pas de rapport lointain avec le thème de la série est évoqué dans les derniers épisodes.

Toi après avoir regardé le journal télévisé japonais

De l’esprit du film il ne reste plus grand-chose dans cette série qui passe complètement à côté de son sujet, à savoir l’épouvante. À part quelques images fugaces qui rappelleront l’ambiance du premier long-métrage. La saga Ju-On mérite mieux que ces origines brouillonnes et creuses.

Synopsis: Un chasseur de phénomènes paranormaux cherche désespérément une maison maudite où une mère et son enfant ont été les victimes d’un drame il y a bien longtemps.

Depuis 2020 / Epouvante-horreur
Titre original : Ju-On: Origins
Nationalité Japon

Chaîne d’origine Netflix

Bande-annonces : https://youtu.be/MJqHpN9b0U4

Dark sur Netflix : Comment ça se termine ? Que comprendre de la scène finale ?

Après 3 saisons, Dark se termine sur Netflix avec un final en apothéose. Mais que comprendre du dernier épisode et de la scène finale ? Attention, spoilers.

Attention, spoilers. Les paragraphes suivants contiennent des spoilers sur Dark et son dénouement. Si vous ne voulez rien savoir, ne lisez pas ce qui suit.

Entre passé, présent et futur, les voyages dans le temps dans Dark auront donné pas mal de maux de crâne aux fans. Surtout que la fin de la saison 2 de la série allemande avait introduit une difficulté de compréhension supplémentaire : un monde parallèle avec une autre Martha qui apparaît à Jonas pour qu’il puisse réparer les failles temporelles et que tout rentre dans l’ordre. Sauf qu’au fur et à mesure de sa quête, on fait croire à Jonas que les deux mondes parallèles sont en conflit, l’un étant régi par Adam, une version plus vieille de Jonas, et l’autre par Eva, une version plus vieille de Martha.

Adam veut tout détruire et rompre le noeud, la faille créée entre les deux mondes, tandis qu’Eva veut faire perdurer les mondes parallèles et les cycles en faisant reproduire toutes les actions du passé, du présent et du futur et donc en maintenant le noeud qui lie les deux mondes parallèles. Comme le mantra Sic Mundus Creatus Est (« Ainsi fut créé le monde », en latin), la saison 3 de Dark s’oriente vers une métaphore de la création de l’humanité avec Adam et Eve, comme géniteurs de l’arbre généalogique assez conséquent des habitants de Winden, tous reliés les uns aux autres. Selon Adam et Eva, le noeud ou la faille qui a entremêlé les deux mondes parallèles est l’amour entre le Jonas du premier monde et la Martha du deuxième monde, introduite à la fin de la saison 2. De leur union est né un fils, décliné en trois versions, un petit garçon, un jeune homme et un vieillard, qui aide Eva à accomplir son dessein.

Une merveilleuse histoire du temps

Sauf que la réalité est toute autre. Ce n’est pas deux mais trois mondes qui existent : un original et deux mondes parallèles qui ont été créés par H.G. Tannhaus, l’inventeur de la machine à voyager dans le temps. Dans le dernier épisode de la saison 3 de Dark, on comprend que la série allemande est avant tout l’histoire d’un homme prêt à tout pour sauver la vie de sa famille. L’histoire de Dark commence le 8 novembre 1971 lorsque H.G. Tannhaus se dispute un soir pluvieux avec son fils Marek. Ce dernier part en voiture avec sa compagne Sonja et leur fille Charlotte. Ils auront un accident de la route en traversant un pont. Plein de remords, H.G. Tannhaus crée alors une machine à remonter le temps pour sauver son fils mais sa tentative désespérée va créer une faille temporelle à partir du 21 juin 1986, date de la première ouverture du passage, qui engendre deux mondes parallèles.

 

Dans ces deux mondes où les voyages dans le temps sont possibles, la vie des habitants est perturbée notamment avec la disparition de Mikkel, devenu Michael, le père de Jonas. Les rencontres et les voyages au fil des époques crée alors un incroyable arbre généalogique dans lequel tous les protagonistes sont liés, comme l’indique la fresque au sol dans l’antre d’Eva. Mais ni elle ni Adam n’ont conscience de n’être que des simples créations et non des créateurs comme ils pensaient l’être. C’est grâce à Claudia, qui a découvert la vérité après de multiples tentatives, que les choses vont pouvoir rentrer dans l’ordre. Elle empêche Adam de tuer Eva comme dans chaque cycle et lui explique la situation. Il prend alors soin de prévenir le jeune Jonas qui va embarquer Martha du deuxième monde avec lui et empêcher l’accident de Marek et sa famille.

Jonas et Martha se réfugient alors dans la grotte, assistent à la création du passage en 1986 et empruntent un couloir d’espace-temps dans lequel ils se revoient enfants. Ils se rendent ensuite en 1971 au carrefour connu de Winden et bloquent Marek et Sonja peu de temps avant l’accident. Jonas arrive à faire comprendre à Marek qu’il ne doit pas prendre la route avec une réplique : « Ce qu’on sait c’est une goutte d’eau, ce qu’on ne sait pas c’est l’océan », qui fait écho à la phrase répétée par son père H.G. Tannhaus, toujours la tête dans les étoiles : « Le monde est plein de secrets, ce que l’on sait est une goutte dans l’océan ». L’accident étant empêché et leur mission accomplie, Jonas et Martha se désintègrent peu à peu et disparaissent dans la nature, tout comme les protagonistes des deux mondes parallèles.

 
Que comprendre de la scène finale ?

L’épisode final se termine sur un repas par un temps très orageux qui semble se tenir le 27 juin 2020 avec les habitants de Winden qui ont réellement existé sans les voyages dans le temps, à savoir Regina Tiedemann, Hannah Krüger et Torben Wöller, Katharina Albers, Peter Doppler et sa compagne transgenre Benni. Mais alors qu’ils célèbrent tous Regina pour une raison inconnue et que Torben veut leur raconter son accident à l’oeil, une panne de courant survient. Hannah panique et évoque une sensation de déjà-vu en voyant un imperméable jaune (comme celui de Jonas). Elle raconte qu’elle a rêvé d’une apocalypse et qu’elle l’a vécue comme une libération : « Pas d’hier, pas d’aujourd’hui, pas de demain ». Ils trinquent alors à un monde sans Winden et le courant revient. On comprend alors qu’Hannah est enceinte de Torben et lorsqu’on lui demande quel prénom elle a choisi, elle déclare que « Jonas est un joli prénom ».

Puisque Jonas et Martha ont remis de l’ordre dans l’espace temps, Ulrich, Aleksander et Charlotte n’existent pas, ainsi que leurs aïeux et leurs descendants. Si l’apocalypse n’a pas eu lieu, les voyages dans le temps et les évènements survenus dans les deux mondes parallèles semblent avoir laissé quelques traces puisqu’on voit un imperméable jaune, qu’Hannah veut appeler son enfant Jonas, que l’on voit Egon et Claudia dans le cadre photo avec Regina et que Torben a une trace à l’oeil comme l’avait Helge, le père de Peter. Ces indices un peu troublants laissent à penser qu’il y a peut-être des évènements inexpliqués et que les voyages dans le temps sont peut-être possibles. Après tout, si Jonas et Martha ont empêché l’accident de voiture du fils de H.G. Tannhaus et donc la création des mondes parallèles, rien n’indique que l’horloger n’a pas essayé de créer sa machine à remonter le temps malgré tout. Cette fin ouverte ne répond pas à toutes les questions posées dans Dark et laisse libre cours à l’imagination des spectateurs.

Série : DARK sur Netflix

Ce 27 juin débarque sur Netflix la troisième et ultime saison de Dark, l’occasion de revenir sur cette série allemande de SF qui impressionne par la qualité tant de son écriture que de sa mise en scène.

Prêts pour l’apocalypse ?

Dark s’ouvre sur une séquence de suicide qui impose d’emblée la noirceur extrême de la série et le caractère inéluctable de l’intrigue qu’elle va dérouler. On ne va pas prendre le risque d’essayer de résumer ici le synopsis, tant celui-ci est complexe, mais juste dire que la série revisite le voyage dans le temps pour en faire une tragédie moderne au sens propre du terme. Le cœur de la série est clairement ses (multiples) personnages, enfermés dans des destinés vouées à la destruction, mais essayant quand même de reprendre le contrôle de leurs vies. Dans Dark le fait de remonter dans le passé ne permet pas de réécrire le présent, au contraire, le temps élastique ne fait que renforcer le fait que tout est déjà écrit, que toutes les époques sont liées et que tous les événements du passé ne vont que concourir à la perte des personnages.

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Théories

Dark doit une grande partie de sa réussite à la qualité de son écriture. Les voyages dans le temps sont souvent source de scénarios assez casse-gueule où se multiplient les incohérences. Il doit bien y en avoir quelques-unes ici, mais elles passent inaperçues au regard de l’extraordinaire maîtrise d’une intrigue qui multiplie les temporalités et les personnages (et les différentes versions de ces derniers) tout en conservant sa structure globale intacte, et ce y compris d’une saison à l’autre. Une telle complexité narrative pourrait laisser craindre une lisibilité peu évidente. S’il vaut mieux, il est vrai, ne pas trop se déconcentrer, la série arrive malgré tout à rester relativement fluide à regarder, grâce notamment à un montage impeccable facilitant grandement sa lecture.

Par ailleurs, elle peut être regardée de différentes façons. D’abord, en se laissant plutôt porter par son versant émotionnel, en s’attachant avant tout aux personnages (nombreux mais tous bien définis et fouillés) et à leurs intrigues personnelles. Ensuite, ceux qui le souhaitent pourront essayer d’étayer des théories en s’attardant sur les références métaphysiques, philosophiques, ou encore bibliques et mythologiques, disséminées un peu partout.

Enfin, il ne faut pas oublier le versant plus politique de la série. Bien que située dans une ville imaginaire (qui renforce du coup sa dimension universelle) et ne reniant pas sa part de fantastique, Dark n’en fait pas moins écho à la situation actuelle du monde. Avec la menace permanente de sa centrale nucléaire, une année 1986 qui a son importance (c’est l’année de la catastrophe de Tchernobyl), l’époque contemporaine charnière dans l’évolution des choses, et des personnages qui ne cessent de vouloir agir sur le passé pour éviter qu’un futur sombre ne se mette en place, Dark interroge sans conteste sur l’état actuel de l’humanité et de notre monde, des erreurs qui ont été commises et de l’importance de changer rapidement les choses s’il n’est pas déjà trop tard.

Une série qui porte bien son nom

Visuellement, Dark porte bien son nom, sa photographie, sublime, retranscrit parfaitement la noirceur et le désespoir de la série. Les séquences alternent les tons résolument froids avec des images plus chaudes mais où la lumière sera souvent atténuée et où les ombres domineront. La mise en scène ne laisse globalement rien au hasard, tout est fait pour assurer un continuité dans l’ambiance d’ensemble, tout en s’adaptant à l’émotion de l’instant, et permettre aussi au spectateur de se resituer rapidement dans chaque époque.

On soulignera également l’importance des décors qui, qu’ils soient naturels ou en studios, concourent à donner à la série son climat si particulier. Ils sont presque un prolongement des angoisses des personnages. Personnages par ailleurs portés par un casting impeccable qu’il ne faudrait pas oublier. D’autant que la partition n’est sûrement pas si simple à jouer qu’elle en a l’air, notamment par la pluralité des acteurs jouant le même rôle (à des époques différentes). Chacun a su sonder la complexité de son personnage, en faire ressortir toutes ses aspérités, et le défendre haut la main.

C’est donc peu dire que l’on attend avec impatience le dernier cycle de Dark. La fin de la saison deux nous avait offert un twist qui nous avait laissé dans un premier temps perplexes mais qui, avec le temps, paraît finalement assez logique et a su éveiller notre excitation. Par ailleurs, la confirmation que cette troisième saison serait bien la dernière a de quoi rassurer, les créateurs ne tireront pas en longueur le concept de Dark. La cohérence jusqu’alors parfaite de la série devrait donc également être de mise pour ce dernier chapitre. Prêts pour l’Apocalypse ?

 Saison 3 disponible le 27 juin 2020 sur Netflix

Chronique de Fabien Genestier

Hamilton (Disney+) : comment la comédie musicale inspire les manifestants du mouvement Black Lives Matter

Acclamée par les amateurs du genre, la critique, ainsi que le président Obama, la comédie musicale Hamilton bat des records depuis ses débuts en août 2015. Devenue un réel phénomène culturel aux États-Unis, la comédie musicale se félicite sur son site officiel d’avoir eu “un profond impact dans les domaines de la culture, de la politique et de l’éducation”. Une affirmation qui semble aujourd’hui se confirmer à l’approche de la sortie de la captation en vidéo d’Hamilton sur la plateforme Disney+ le 3 juillet prochain.

The Great (Starzplay) : une farce politique savoureuse

Elle Fanning est Catherine II dans la nouvelle série du scénariste de “La Favorite”.

Le Pitch

La relation amoureuse tumultueuse entre Catherine II et le tsar Peter de Holstein-Gottorp qui se marient alors que la jeune fille n’a que 16 ans… La série se concentre sur le complot de Catherine pour assassiner son mari et prendre le trône de Russie.

  • Plateforme : Starzplay
  • Format : 10 épisodes de 49 à 55 minutes
  • Durée totale de visionnage : 8 heures 40 minutes

La critique

Suite au succès du film La Favorite et de sa nomination aux Oscars, le scénariste australien Tony McNamara a profité de sa récente notoriété outre-Atlantique pour adapter sa propre pièce sur la vie de Catherine The Great, impératrice de Russie. Si la série prend la forme de drame historique, il ne faut pas s’attendre ici à une quelconque velléité d’authenticité : The Geat altère les faits à sa guise pour en proposer en relecture satirique et parfois grotesque. Les personnages jurent toutes les deux répliques dans des situations à l’humour noir omniprésent et à la limite de l’anachronisme.

On se prête à rire face à des dialogues incisifs et mordant qui bénéficient de l’écriture théâtrale du matériel d’origine. Les amateurs de bons mots et de rhétorique dévastatrice seront ravis. Surtout avec un casting aussi convaincant : Nicholas Hoult est parfait en figure de proue de l’amoralité politique, même si l’irrévérence de son personnage semble parfois forcée. Il montre en tout cas tous ces talents en incarnant un dirigeant détestable et pourtant touchant à plusieurs égards. Elle Fanning en Catherine joue parfaitement le registre de l’idéaliste face à la dure réalité de la vie, alors que son personnage se verra transformé par la relation toxique d’un mari abject et dangereux. Les deux acteurs semblent s’amuser comme des petits fous.

Au-delà du côté satirique, la série sait se renouveler en se focalisant sur son intrigue : le complot de Catherine pour détrôner son propre mari. Il faut dire qu’elle réussit brillamment ses changements de tonalité quand elle passe parfois brutalement dans le registre du drame historique. Malgré quelques soucis de rythme, The Great évite les écueils du « Film de 10 heures » pour proposer une véritable sérialité dans sa narration. Chaque épisode permet d’aborder une partie de tout ce petit monde : la Cour, l’adultère, la diplomatie ou encore la famille. On découvre avec Catherine les hauts et (surtout) les bas d’une société dépravée bien plus soucieuse sur la qualité de sa vodka que du bien être de son peuple.

Si The Great ne fait pas toujours mouche dans son irrévérence, la série nous offre de francs moments de rire et des performances d’acteurs absolument réjouissantes. Ajoutez à ça une réalisation léchée et des dialogues ultra efficaces, on n’est pas si loin du Great. Si Hulu décide de renouveler la série pour plusieurs saisons, comme prévu par les producteurs, alors la plateforme tient là sa réponse décalée à The Crown.

Les 10 épisodes de The Great sont disponibles sur la plateforme Starzplay

Rick & Morty Saison 4 Partie 2 : Quelle date de sortie pour l’épisode 6 ?

Toutes les infos concernant la Partie 2 de la Saison 4 de Rick & Morty sur Netflix en France ! Date de sortie de l’épisode 6 etc.

La Saison 4 de Rick & Morty est enfin sortie sur Netflix en France. Seulement voilà, il n’y a pas encore la Partie 2 et les fans veulent savoir quand arrive l’épisode 6 ! Les temps d’attente entre les nouvelles saisons de Rick et Morty ont été historiquement si extrêmes. Qu’ils sont devenus une plaisanterie courante à la fois avec les fans et dans la série elle-même. Après la saison 1 qui a débuté en décembre 2013, la saison 2 n’est sortie qu’un an et demi plus tard, en juillet 2015. Il s’en est suivi un écart d’environ deux ans pour la saison 3. Mais l’attente entre les saisons 3 et 4 a été de loin la plus longue avec deux ans et demi.

Les créateurs de la série, Dan Harmon et Justin Roiland, ont promis que l’attente entre les saisons ne serait plus jamais aussi extrême. C’est probablement en partie pour cette raison qu’Adult Swim a choisi de diviser la saison 4 de Rick & Morty en 2 parties. Bien que tous les épisodes soient terminés. Les cinq premiers épisodes de la saison 4 ont été diffusés en novembre et décembre 2019. Avec la promesse que d’autres épisodes suivront dans un avenir proche. Maintenant les fans veulent savoir quand sortira la Partie 2 de la Saison 4 de Rick & Morty !

Quelle date de sortie pour la Partie 2 de la Saison 4 de Rick & Morty sur Netflix ?

C’est compliqué à dire actuellement, Adult Swim a laissé écouler 6 mois entre la Partie 1 et la Partie 2 de la Saison 4 de Rick & Morty. L’épisode 6 est sorti en Mai alors que l’épisode 5 a été dévoilé en décembre. Netflix va t’il appliquer le même délai ? Ce que nous savons cependant, c’est que la Saison 4 de Rick & Morty compte 10 épisodes. Les titres des épisodes dans l’ordre sont : Never Ricking Morty, Promortyus, The Vat of Acid Episode, Childrick of Mort, Star Mort Rickturn of the Jerri. Concernant la date de sortie de la Partie 2 de Rick & Morty, nous ne pensons pas que l’attente soit si longue qu’aux US. Il y a de fortes chances de l’épisode 6 et le reste arrivent cet été. Autrement, nous devrons attendre la fin de l’année !

rick et morty saison 4 partie 2

Que peut on attendre de la Partie 2 de la Saison 4 de Rick & Morty ?

Il y a beaucoup de titres d’épisodes prometteurs dans ce prochain lot. Nous avons déjà vu quelques séquences de ces épisodes. L’excellent titre “Star Mort Rickturn of the Jerri” semble être un clin d’œil à Star Wars avec un penchant pour les Jerry. La première bande-annonce de la saison 4, partie 2, a vu Summer combattre la traîtresse Tammy avec un sabre laser. Sur cette base, il semble que nous ayons vu un soupçon de notre finale. Si l’on se base également sur l’armée de Ricks dans le premier plan de la bande-annonce. Et sur le fait que la Citadelle de Ricks a élu un Morty. Il semble probable que nous ayons déjà eu un aperçu de “Childrick of Mort” prêt pour la bataille.

Généralement, les titres des épisodes de Rick et Morty sont remplis à ras bord de jeux de mots forcés de Rick, Morty et parfois de Beth ou Jerry. Mais à maintes reprises, les épisodes aux noms les plus simples se sont avérés les plus forts.