Une histoire de la Comédie-Française T1 – C’est la faute à Molière ! de Michaël Le Galli (Auteur), Virginie Augustin (Illustrations)

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La Comédie-Française est l’une des institutions les plus anciennes de France, qui fêtait ses 400 ans en 2022 ! À la fois indépendante et soumise à l’autorité, c’est l’Histoire de France qui s’est jouée en ses murs. On attribue par ailleurs sa création à Molière, ce qui est faux, sans tout à fait l’être…

C’est une plongée aussi flamboyante qu’érudite que nous proposent Michaël Le Galli et Virginie Augustin avec C’est la faute à Molière !, premier tome d’Une histoire de la Comédie-Française, une bande dessinée ambitieuse et généreuse qui fait rimer Histoire, théâtre et passion.

Derrière ce titre espiègle, un hommage enlevé à l’héritage du dramaturge emblématique, mais surtout un récit vibrant qui retrace les débuts tumultueux de la « Maison de Molière ». Nous sommes en 1680. À la mort de Louis XIV, le théâtre français est à un tournant. Le roi décide de fusionner les deux troupes parisiennes majeures : l’Hôtel de Bourgogne et l’Hôtel Guénégaud, donnant ainsi naissance à l’institution que l’on connaît aujourd’hui.

Avec un sens du récit remarquable, Michaël Le Galli tisse les rivalités de coulisses, les tensions politiques, les ambitions artistiques et les egos enflammés de comédiens en quête de reconnaissance. Virginie Augustin, elle, restitue avec brio les ors du Grand Siècle, les décors d’époque et les expressions théâtrales des visages, dans un dessin élégant et expressif, souvent proche du storyboard de cinéma.

Le résultat ? Une BD captivante, au souffle romanesque assumé, qui rend hommage aux figures oubliées ou célèbres de la troupe (Champmeslé, Armande Béjart, Baron…) et interroge, en creux, ce qu’est une troupe, un héritage, une langue vivante.

Premier acte d’une série qui s’annonce comme une véritable comédie humaine du théâtre français, C’est la faute à Molière ! réussit à conjuguer rigueur historique et plaisir de lecture. Un coup d’éclat pour les amateurs de planches… qu’elles soient de bois ou de papier.

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES; Illustrated édition (26 mars 2025) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 120 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2810203741 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810203741

Smile! T03 de Hattori Mitei (Auteur)

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Yamamoto décide de confier tout ce qu’il sait à Kamome, avant de disparaître mystérieusement. Alors que les victimes de l’Église du Sourire Éternel s’enchaînent, Kamome découvre l’affreuse vérité et comprend que la situation lui échappe peu à peu.

Avec Smile!, Hattori Mitei nous entraîne une fois encore dans les méandres d’un thriller aussi oppressant que captivant. Ce troisième tome marque un tournant décisif : Yamamoto, détenteur de secrets trop lourds, confie tout à Kamome avant de disparaître sans laisser de trace. Pendant ce temps, l’inspecteur Uozumi, en dépit des ordres de sa hiérarchie, s’attaque à l’Église du Sourire Éternel, mû par une rancœur dont l’origine reste à élucider.

À mesure que Kamome découvre l’ampleur du cauchemar qui se joue, une question se pose : comment lutter quand la vérité devient un fardeau insoutenable ? L’Église, tentaculaire et insaisissable, ne compte pas rester les bras croisés…

Smile! s’impose comme une œuvre sombre et haletante, où la tension psychologique se mêle à une enquête aux allures de descente aux enfers. Ce troisième opus confirme le talent de Hattori Mitei pour bâtir une atmosphère suffocante, où chaque page semble marquer un pas de plus vers l’inéluctable. Un thriller incontournable pour les amateurs d’intrigues immersives et de mystères glaçants.

Éditeur ‏ : ‎ Mangetsu; Illustrated édition (2 avril 2025) Langue ‏ : ‎ Français Poche ‏ : ‎ 208 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2382819855 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2382819852

La Forêt magique de Hoshigahara T4 de Hisae Iwaoka

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Suite à l’impitoyable incendie qui a ravagé la forêt de Hoshigahara, la nature semble avoir du mal à reprendre ses droits et les habitants de la ville se méfient plus que jamais des environs. Malgré la situation complexe et le traumatisme ambiant, Sôichi parviendra-t-il à continuer de protéger la faune et la flore locales ?

Dans ce quatrième tome de La Forêt magique de Hoshigahara, Hisae Iwaoka poursuit l’exploration de l’équilibre fragile entre l’homme et la nature, un équilibre qui, après l’incendie dévastateur, semble plus précaire que jamais. La forêt, autrefois regorgeant de vie et de mystère, peine à se régénérer, et les craintes des habitants de la ville grandissent face à un environnement devenu hostile et incertain. Ce volume nous plonge dans un monde où la beauté de la nature se confronte aux cicatrices laissées par l’humanité, et où la lutte pour la préservation de la faune et de la flore devient plus urgente que jamais.

Au cœur de ce drame écologique, Sôichi, toujours fidèle à sa mission, tente de maintenir son rôle de protecteur de la forêt, mais les défis s’accumulent. Le traumatisme de l’incendie pèse lourdement sur la communauté locale, et les relations entre les hommes et la nature deviennent tendues. La défiance des habitants à l’égard de la forêt brûlée reflète une peur irrationnelle du changement, une peur des forces naturelles qu’ils ne comprennent plus. Cependant, Sôichi, malgré la lourdeur de la situation, continue de lutter, avec toute la détermination et la bienveillance qu’il a toujours manifestées.

Iwaoka, avec sa maîtrise de l’atmosphère, réussit à nous immerger dans un paysage à la fois désolant et empreint de poésie. Le déclin de la forêt se mêle à la résilience des quelques créatures qui osent encore s’aventurer dans ces terres marquées par le feu. Les illustrations, à la fois douces et poignantes, captent cette tension entre la destruction et la renaissance, cette fragilité qui caractérise si bien les cycles de la nature.

La Forêt magique de Hoshigahara T4 est une œuvre d’une grande profondeur, traitant non seulement de la reconstruction de l’écosystème mais aussi de la réparation intérieure des personnages, notamment Sôichi, qui doit affronter ses propres doutes tout en continuant à croire en la possibilité d’un renouveau. La question de la réconciliation entre l’homme et la nature est au cœur de ce volume, tout comme celle du courage nécessaire pour surmonter les traumatismes du passé.

Ce tome, tout en étant une méditation sur les cicatrices laissées par la catastrophe, reste un hommage à la persévérance de ceux qui œuvrent, sans relâche, pour protéger ce qui demeure. Un volume poignant, où chaque page invite à réfléchir sur notre relation avec le monde naturel et la nécessité de préserver ce fragile équilibre.

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES; Illustrated édition (9 avril 2025) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 224 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 281020781X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810207817

La Faim des 7 ours nains de Emile Bravo

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C’est l’hiver. Les Ours nains n’ont plus rien à manger.

Dans La Faim des 7 Ours Nains, Émile Bravo nous plonge à nouveau dans l’univers décalé et irrésistible des sept ours nains, figures burlesques de contes de fées. Après le succès du premier tome, l’auteur revient avec une suite aussi gourmande qu’hilarante, qui combine un humour absurde, une dynamique de personnages unique et une bonne dose de réflexion sur la solidarité et la quête de l’abondance.

L’histoire commence en hiver, une saison qui met à rude épreuve nos chers ours. Affamés et à court de provisions, ils sont confrontés à la dure réalité de la famine. Mais comme dans tout bon conte de fées, une rencontre inattendue va tout changer : un chat rusé, dont l’apparence dissimule des intentions mystérieuses, frappe à leur porte et vient bousculer leur quotidien déjà bien chaotique. Cette nouvelle arrivée marque le début d’une épopée où les sept ours nains vont devoir faire face à la faim, aux pièges de leur propre gourmandise et à une série de péripéties inattendues.

Les sept ours, toujours aussi bêtes et attachants, incarnent avec brio la quintessence de la comédie. Chacun de leurs défauts – leur naïveté, leur manque de réflexion et surtout leur voracité – devient une source inépuisable de gags et de situations comiques. Ils sont à la fois sympathiques et un peu ridicules, ce qui les rend encore plus humains et attachants. Ce sont des personnages qui ne cessent de nous faire rire, mais qui, malgré leurs travers, nous rappellent les valeurs simples de l’amitié et de la solidarité.

Le chat, quant à lui, n’est pas qu’un simple personnage secondaire. Il incarne la ruse et la malice, et s’inscrit parfaitement dans l’histoire comme un agent de perturbation. Son rôle dans l’aventure des ours nains est crucial, car il va entraîner nos héros dans une série de mésaventures et de réflexions qui les amènent à confronter leurs désirs et leurs faiblesses. Mais ce chat n’est pas là pour rendre service : ses intentions, tout comme ses méthodes, sont mystérieuses, et il faudra bien plus que de simples haricots et pain d’épice pour démêler son jeu.

Émile Bravo, avec son style graphique unique, réussit à allier humour et poésie dans ce deuxième tome des aventures des 7 ours nains. Ses illustrations, à la fois simples et expressives, accompagnent parfaitement le ton du récit, ajoutant une touche de légèreté et d’exubérance à chaque scène. Les personnages prennent vie sous son pinceau, avec des expressions faciales qui amplifient les émotions et les situations comiques. L’univers visuel est riche de détails, et les couleurs chaudes créent une ambiance cosy malgré le contexte de froid et de famine.

Mais La Faim des 7 Ours Nains n’est pas seulement une histoire de faim et de quête de nourriture ; c’est aussi une réflexion sur la solidarité, la famille et la résilience face aux difficultés. Les ours nains, bien que constamment affamés et souvent un peu idiots, montrent une forme de solidarité exemplaire, se soutenant mutuellement malgré leurs travers. Dans leur quête de leur septième frère égaré dans les bois, ils démontrent que l’union fait la force, et que même dans les moments de crise, il est possible de trouver de l’espoir.

À travers son humour absurde et son regard tendre sur ses personnages, Bravo nous offre une aventure pleine de rythme, de surprises et de sensibilité. La Faim des 7 Ours Nains est un livre qui plaît autant aux enfants qu’aux adultes, avec son mélange de légèreté, de comédie et de réflexion sous-jacente.

Que vous soyez déjà familier avec les 7 Ours Nains ou que vous découvriez leur univers, ce deuxième tome est un véritable régal, tant sur le plan narratif que visuel. Une aventure parfaite pour tous ceux qui aiment les contes de fées réinventés, où l’humour et les bons sentiments se mêlent dans un tourbillon de folie et de tendresse.

ASIN ‏ : ‎ B0DQGCJJ74 Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE; Illustrated édition (14 mars 2025) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 32 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023521993

On ne parle pas de ces choses-là de Alexandra Petit (Dessins), Marine Courtade (Rédacteur)

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Le tabou des tabous. La journaliste Marine Courtade décortique les mécanismes de silence autour de l’inceste.

Dans On ne parle pas de ces choses-là, Marine Courtade, journaliste engagée, s’attaque à un sujet délicat et douloureux : l’inceste. Mais elle ne se contente pas de décortiquer ce tabou omniprésent ; elle choisit de l’explorer à travers une perspective personnelle et intime, en plongeant dans son propre passé familial. Ce livre n’est pas un simple reportage ou une enquête journalistique classique, mais une véritable quête, une exploration du silence qui entoure l’inceste et des mécanismes qui le préservent dans l’ombre.

Le projet de Marine Courtade est audacieux et particulièrement dérangeant, à la fois pour l’autrice et pour ses proches. En partant sur les routes de France, elle décide de confronter ses oncles et tantes à une question simple, mais profondément perturbante : pourquoi se sont-ils tus ? Pourquoi, au sein de sa propre famille, la violence et l’abus ont été niés, étouffés et dissimulés ? Ce tour de France, qui pourrait paraître provocateur, devient une exploration à la fois intime et sociale du silence, du déni et du poids de l’héritage familial.

Ce qui frappe d’emblée dans On ne parle pas de ces choses-là, c’est le mélange de rigueur journalistique et de dérision subtile que l’autrice adopte. À travers des témoignages glaçants et parfois dérangeants, elle parvient à exposer la réalité crue de l’inceste, sans jamais verser dans le voyeurisme. Elle garde une distance nécessaire tout en naviguant dans le dédale de son propre passé, un équilibre fragile qui fait tout le sel de cette enquête. En interrogeant ses proches, elle met en lumière la manière dont le silence familial devient une chape de plomb, un mur invisible mais terriblement présent.

Les dessins d’Alexandra Petit apportent une dimension visuelle forte à ce récit. Leur traitement épuré et parfois presque minimaliste sert à renforcer la froideur du silence et la violence sous-jacente qui imprègne ces conversations. Parfois, le dessin fait écho aux mots, parfois il les complète, amplifie l’émotion ou l’absurdité de certaines réponses. Ce jeu entre texte et illustration accentue le paradoxe central du livre : l’horreur cachée derrière une façade de normalité. Les personnages dessinnés sont souvent réduits à des silhouettes anonymes, presque fantomatiques, ce qui permet de maintenir une distance émotionnelle tout en plongeant le lecteur dans un univers où l’indicible semble suspendu dans l’air.

Ce qui rend ce livre particulièrement puissant, c’est la manière dont il déconstruit le tabou de l’inceste, non seulement à travers l’enquête, mais aussi par la construction de l’introspection personnelle. À chaque étape du voyage, l’autrice se confronte à ses propres blessures et aux complices passifs de ce silence. Elle donne la parole à ceux qui l’ont perpetué, mais aussi, et surtout, à ceux qui ont souffert de ce silence. La question qui revient sans cesse dans le livre – pourquoi vous êtes-vous tus ? – n’est pas seulement celle de l’indifférence ou du déni, mais aussi celle de la culpabilité, de la peur, et des mécanismes sociaux et psychologiques qui rendent ce silence presque inébranlable.

Marine Courtade ne cherche pas seulement à dénoncer ; elle veut comprendre. Comprendre pourquoi, dans des familles comme la sienne, les victimes sont réduites à des ombres et les agresseurs parfois considérés comme des membres respectés de la communauté. L’ouvrage met en lumière le poids des non-dits, l’impact destructeur d’un secret familial qui finit par infecter les relations et détruire la possibilité même d’une vie saine et épanouie. Les entretiens avec ses oncles et tantes, souvent tendus et chargés d’émotions, ne livrent pas toutes les réponses, mais chaque réponse, chaque silence, révèle davantage que de simples mots.

Ce livre est avant tout un cri. Un cri contre le tabou le plus intime et le plus silencieux. L’inceste, un mot trop souvent murmuré, chuchoté à demi-mots, reste une vérité difficile à affronter, même lorsqu’elle se cache au sein de la famille. Marine Courtade réussit à percer ce silence avec une persévérance rare, tout en respectant la dignité des victimes et des témoins. On ne parle pas de ces choses-là n’est pas seulement un livre sur l’inceste, mais sur le poids du silence et l’urgence de le briser.

Le travail de Courtade nous rappelle l’importance de lever le voile sur des réalités cachées, et l’importance de comprendre, d’écouter et de parler, même quand la vérité est insupportable. Il est aussi une invitation à la réflexion collective : combien de familles partagent ces secrets enfouis ? Combien de souffrances restent invisibles à force de silence ?

À travers cette enquête courageuse et cette introspection bouleversante, On ne parle pas de ces choses-là devient bien plus qu’un livre. C’est un acte de résistance, un acte de parole libératrice. Il n’y a pas de meilleure manière de lutter contre l’inceste que de briser le silence qui l’entoure. Et Marine Courtade, avec une plume acérée et un regard sans concession, nous le montre de manière poignante.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN; Illustrated édition (2 avril 2025) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 224 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203292873 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203292871

Versatile de CLOTHILDE CHAUVIN / MARIE-HOSANNA CHAUVIN (Auteur), Clothilde Chauvin (Dessins)

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Versatile est un monde, inspiré du XVIIIᵉ siècle européen, dans lequel le rang social des habitants est déterminé par le nombre de piastres qu’ils possèdent.

Avec Versatile, Clothilde Chauvin et Marie-Hosanna Chauvin nous invitent à pénétrer un monde fascinant où la société est régie par une monnaie universelle : les piastres. Dans cet univers d’inspiration XVIIIᵉ siècle, la réputation et le rang social ne sont pas déterminés par la naissance ou l’honneur, mais par la quantité de cette monnaie qu’un individu détient. Les piastres ne sont pas seulement une unité de valeur, elles incarnent le pouvoir, la popularité et la reconnaissance. À mesure que le nombre de piastres augmente, la place de l’individu dans la hiérarchie sociale grimpe. Mais attention, cet équilibre fragile est toujours susceptible de basculer : la perte de réputation, ou un faux pas, peut faire tomber l’ascension la plus prometteuse.

Au centre de ce monde impitoyable, se trouve Célimène, une jeune chiffonnière des bas-fonds de la ville. Sans richesse, sans famille influente, elle n’a rien d’autre que son courage et sa détermination. À première vue, rien ne prédestine cette jeune femme à se faire une place dans l’élite de cette société rigide et intransigeante. Mais Célimène est animée par un désir irrépressible de s’élever. Elle se lance dans ce que l’on pourrait appeler « La Course aux honneurs », une aventure périlleuse où la ruse, la manipulation et le sacrifice personnel sont les seules armes efficaces. Cette quête désespérée pour s’arracher à la misère va la mener bien plus loin qu’elle ne l’aurait imaginé, car dans ce monde, tout est échangeable… sauf la loyauté.

Célimène, fille du peuple, décide de se battre pour une place parmi les puissants, avec l’espoir ultime de devenir reine. Mais chaque victoire dans ce monde cruel exige une perte, chaque avancée est teintée de trahison, et la frontière entre le bien et le mal est souvent floue. Les obstacles qui se dressent devant elle sont nombreux : la corruption omniprésente, les intrigues, les failles du système qui favorisent ceux qui savent jouer du pouvoir au lieu de ceux qui le méritent. Dans ce tourbillon, l’ambition de Célimène va la forcer à se transformer, à faire des choix qui, bien que difficiles, lui permettront d’atteindre des sommets.

Les dessins de Clothilde Chauvin, tout en contrastes, donnent une dimension visuelle intense à cette ascension sociale. Le style graphique, avec ses lignes nettes et ses ombrages profonds, illustre parfaitement la violence de ce monde où les apparences sont aussi tranchantes que les couteaux qui se cachent dans les dos des protagonistes. Chaque case semble être un reflet de l’âme de la société qu’elle dépeint : une dualité entre le faste des classes supérieures et la crasse des rues où se trament les rêves des plus démunis. L’ambiguïté des personnages, entre héros et anti-héros, confère à l’œuvre une tension palpable.

Mais au-delà du récit d’une ascension sociale, Versatile interroge aussi notre propre société. Dans un monde où l’image et la réputation sont devenues des marchandises, la quête de célébrité et de reconnaissance devient une monnaie de plus en plus précieuse. La pièce nous pousse à réfléchir sur la fragilité des apparences et sur les sacrifices que nous sommes prêts à consentir pour atteindre la reconnaissance. Est-ce que la valeur d’une personne se résume à ce qu’elle possède, à l’image qu’elle projette ? Dans une époque où l’apparence l’emporte souvent sur le fond, Versatile nous invite à questionner les fondements de nos propres sociétés modernes.

À travers cette histoire de survie, de ruse et de trahison, Versatile devient un miroir sombre de l’ambition humaine. L’auteur et la dessinatrice créent une œuvre où l’on suit le parcours d’une jeune femme prête à tout pour s’extraire de la pauvreté, mais à quel prix ? Dans cette course effrénée, il n’est pas certain que le sommet de la hiérarchie sociale soit la victoire ultime, ou que la réputation soit véritablement synonyme de bonheur. L’histoire de Célimène est celle de tous ceux qui croient qu’un changement de statut peut changer leur vie, mais qui risquent de perdre leur âme dans le processus.

À la croisée des chemins entre fiction historique et conte dystopique, Versatile est une fable impitoyable sur le prix du pouvoir et le prix de l’ambition. Il ne s’agit pas simplement d’une ascension sociale ; c’est une plongée dans les abysses de l’âme humaine, où l’on apprend qu’aucune montée n’est sans sacrifice, et qu’aucun honneur n’est jamais acquis sans une part d’ombre.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN; Illustrated édition (26 mars 2025) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 160 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203251123 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203251120

Reborn Rich – Tome 2 de SK (Auteur), JP (Auteur), BG (Dessins)

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Entre vengeance et influence, découvrez les côtés les plus sombres du pouvoir.

Dans ce second tome de Reborn Rich, la tension monte d’un cran alors que Dojun poursuit sa quête de revanche et de pouvoir. Armé de ses connaissances du futur et d’un instinct redoutable pour les affaires, il joue ses cartes avec une précision chirurgicale. Son objectif : bâtir une fortune qui lui permettra de rivaliser avec son impitoyable grand-père, le P-DG du conglomérat Sunyang.

L’histoire se densifie avec des stratégies financières pointues et des jeux d’influence qui rappellent les plus grandes sagas d’entreprises familiales. Entre manipulations, coups de poker et luttes intestines, Dojun ne cesse de surprendre. Le récit, toujours aussi haletant, mêle avec brio tension dramatique et enjeux économiques, tandis que le trait dynamique de BG sublime chaque confrontation.

Ce deuxième opus confirme la puissance narrative de la série : une fresque palpitante où le destin se réécrit à coups de décisions audacieuses. Dojun réussira-t-il à renverser le cours des événements ou sera-t-il lui-même pris au piège de cette guerre impitoyable ? Une suite captivante pour les amateurs de récits de vengeance et de stratégies d’influence.

Éditeur ‏ : ‎ Kotoon; Illustrated édition (20 mars 2025) Langue ‏ : ‎ Français Poche ‏ : ‎ 320 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2494102561 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494102569

Les Tortues Ninja – TMNT Reborn, T4 : Qui sème le vent… de Sophie Campbell

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Oroku Saki, plus connu sous le nom du Shredder, est revenu de l’enfer.

Les Tortues Ninja – TMNT Reborn, T4 : Qui sème le vent… de Sophie Campbell est un véritable tourbillon d’émotions et de rebondissements. Ce quatrième tome de la série voit le retour inattendu d’Oroku Saki, alias le Shredder, qui surgit des ténèbres de l’enfer. Mais ce retour ne marque pas simplement une reprise de son rôle d’ennemi juré des Tortues Ninja. Le Shredder, dans cet épisode, semble prêt à embrasser un rôle bien plus ambigu, et ses motivations risquent de chambouler l’équilibre fragile qui régnait jusque-là. Peut-il devenir un allié de circonstance ou est-il en train de tisser un autre plan machiavélique ?

Dans ce contexte chaotique, New York devient un terrain de guerre pour ses habitants mutants. Une manifestation contre Old Hob et ses mutanimaux dégénère, menaçant de faire tomber la paix précaire qui régnait sur le quartier mutant. Ce soulèvement exacerbe les tensions entre les factions, et les Tortues Ninja, déjà affaiblies par des conflits internes et externes, doivent faire face à une situation de plus en plus instable. D’autant plus que les actions d’April O’Neil contre Baxter Stockman se révèlent être une arme à double tranchant, ayant des répercussions dramatiques pour les Tortues et leurs alliés.

Ce tome met en lumière la complexité des alliances et des trahisons dans un monde où les frontières entre le bien et le mal sont floues. Les personnages, confrontés à des dilemmes moraux de plus en plus profonds, doivent prendre des décisions difficiles qui risquent de changer à jamais le cours de leurs vies. L’apparition de nouvelles alliances, mais aussi de trahisons inattendues, dynamise le récit et accroît la tension. Dans un univers où la loyauté n’est jamais garantie, Qui sème le vent… nous rappelle que chaque action a des conséquences, et que l’issue de cette guerre pourrait ne pas être celle que les héros espèrent.

Sophie Campbell, avec son style narratif fluide et captivant, nous plonge dans une histoire où les rebondissements sont omniprésents et où chaque chapitre pousse à remettre en question ce que l’on croyait savoir des personnages emblématiques de l’univers des Tortues Ninja. Les scènes d’action sont toujours aussi palpitantes, mais ce qui rend ce tome particulièrement fascinant, c’est sa capacité à explorer des zones d’ombre chez ses personnages. Même les alliés d’hier peuvent devenir les ennemis de demain, et inversement. Cette dynamique d’alliance fragile entre le bien et le mal est un des moteurs du récit.

Les illustrations de Campbell, toujours aussi vibrantes et détaillées, ajoutent une profondeur visuelle à cet album, rendant chaque scène encore plus intense. L’ambiance urbaine de New York, remplie de mutants et de tensions, est parfaitement capturée, offrant au lecteur un cadre propice à l’escalade de la violence et des conflits internes.

Éditeur ‏ : ‎ HiComics; Illustrated édition (19 mars 2025) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 144 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2378874766 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2378874766

Les tutos de Maélie T02 de Marilou Addison (d’âpres l’œuvre de ), Lisette Morival (Scénario), Luisa Russo (Dessins)

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Après avoir été harcelée dans sa ville, Maélie est partie vivre à la camapgne chez Sam un ami de ses parents adoptifs. Mais qui est vraiment ce Sam et pourquoi l’a-t-il accueillie ?

Les tutos de Maélie T02 de Marilou Addison, avec le scénario de Lisette Morival et les dessins de Luisa Russo, poursuit les aventures de Maélie dans un deuxième tome où l’intrigue s’intensifie tout en conservant la fraîcheur et la légèreté propres à la série. Après avoir fui le harcèlement dans sa ville natale, Maélie s’installe dans un village à la campagne chez Sam, un ami de ses parents adoptifs. Mais rapidement, elle se rend compte que Sam n’est pas simplement un bienfaiteur désintéressé. Il cache de lourds secrets liés à sa mère biologique, une femme décédée dans des circonstances mystérieuses. Pourquoi sa mère fuyait-elle le village, laissant Maélie derrière elle ? Et qui est vraiment son père ?

Ce tome s’ouvre sur une quête personnelle et un mystère familial qui pousse Maélie à se confronter à son passé. Loin de la ville, dans ce village isolé, les réponses semblent à portée de main, mais elles se cachent derrière des non-dits et des énigmes qui invitent la jeune héroïne à mener une véritable enquête. Pourquoi sa mère était-elle si mystérieuse, et qu’a-t-elle fui ? Ce retour aux racines de Maélie est aussi une occasion pour elle de découvrir qui elle est réellement, de comprendre les secrets qui ont façonné sa vie et son identité.

Mais l’histoire ne se limite pas aux zones d’ombre et aux interrogations lourdes. Maélie, dans ce cadre plus apaisant, découvre également d’autres plaisirs de la vie à la campagne, comme son nouveau projet de bricolage avec sa camarade Paméla, mais aussi les premières effluves de l’adolescence. Elle se demande si elle rencontrera un premier petit ami dans ce village éloigné du tumulte urbain. Les tensions entre sa quête de vérité et les plaisirs plus légers de l’adolescence, comme les amitiés et les premiers amours, apportent à l’histoire une dimension humaine et touchante, bien qu’en même temps remplie de suspense.

Le scénario de Lisette Morival, soutenu par les magnifiques illustrations de Luisa Russo, réussit à capturer la dualité de l’adolescence : un mélange de curiosité, de découvertes et d’intrigues. Le tout est magnifiquement mis en valeur par le style graphique de Russo, qui joue avec des tons doux, mais intenses, pour illustrer à la fois les moments tendres et les instants plus sombres du récit. La douceur de ses dessins contraste habilement avec la gravité du mystère familial que Maélie cherche à résoudre.

Les tutos de Maélie T02 nous plonge dans un mélange réussi de mystère familial et de légèreté adolescente. Le tome explore des thèmes universels, comme la quête d’identité et la recherche de vérité, tout en offrant une dimension plus quotidienne et sympathique à travers les interactions de Maélie avec ses amis et ses premiers émois amoureux. C’est une lecture qui mêle suspense, émotion et amusement, et qui ne manquera pas de captiver les lecteurs à la fois par son intrigue poignante et ses personnages attachants

Éditeur ‏ : ‎ Kennes les 3 As; Illustrated édition (12 février 2025) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 48 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2380759200 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2380759204

Ça va aller, mademoiselle de Blandine Denis

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Je ne suis pas folle, vous savez ! Ça va aller, mademoiselle est le récit autobiographique d’un séjour en hôpital psychiatrique.

Ça va aller, mademoiselle de Blandine Denis est bien plus qu’un simple témoignage sur l’internement psychiatrique. C’est une plongée intime et profondément humaine dans l’univers souvent invisible des patients psychiatriques, une traversée des paysages intérieurs, des peurs, des révoltes et des silences. À travers le regard de l’auteure, nous découvrons la complexité de l’expérience de l’hospitalisation psychiatrique, mais aussi la résilience qui peut naître dans les lieux les plus sombres.

Le récit est celui d’une expérience vécue, celle de Blandine, qui, après une période de souffrance psychologique, se voit internée dans un hôpital psychiatrique. Le livre nous invite à la suivre dans cette étape de sa vie, du moment où elle est admise dans l’établissement, jusqu’à son quotidien morcelé, rythmé par des rituels implacables et des rencontres parfois surprenantes. Ce qui pourrait apparaître comme une expérience angoissante, déshumanisante, se transforme sous sa plume en une chronique sensible et parfois même drôle de la vie dans un tel lieu.

Dès les premières pages, Blandine nous prend par la main et nous conduit dans son univers clos, où tout est routine, mais où chaque instant, chaque regard, chaque interaction porte un poids émotionnel. Le récit se déploie dans une alternance d’instantanés : l’attente interminable dans les files pour les médicaments, les conversations banales avec les autres patients, les moments de solitude partagée lors des pauses café-cigarette. Les journées semblent se ressembler toutes, mais au fur et à mesure, on prend conscience que derrière chaque geste quotidien se cache une bataille, une lutte pour la survie, une tentative de réapprendre à vivre.

Ce qui frappe dans ce livre, c’est la capacité de Blandine à regarder son propre internement avec une distance émotive qui n’est ni méprisante ni faussement édulcorée. Elle se montre vulnérable, mais également pleine d’une forme de force tranquille. Son écriture, fluide, presque familière, nous fait entrer dans son univers avec une simplicité déconcertante, et pourtant, chaque mot, chaque phrase résonne avec une profondeur émotive. Blandine ne cherche pas à se poser en victime ni en héroïne, mais plutôt à nous inviter dans son quotidien, celui d’une personne qui traverse une tempête intérieure tout en cherchant à maintenir une forme d’humanité intacte.

Les rencontres qu’elle fait au sein de l’hôpital sont aussi des fenêtres ouvertes sur d’autres âmes abîmées. Chaque personnage qu’elle croise, chaque patiente avec qui elle échange, est une facette de cette souffrance collective, mais aussi une source de solidarité fragile. À travers eux, Blandine nous montre qu’une forme d’amitié, de complicité, peut naître dans les endroits les plus improbables. Ces rencontres, souvent brèves et banales en apparence, sont aussi des moments où se révèlent des fragilités partagées, des blessures invisibles qui trouvent un écho dans la parole des autres. Il y a dans ces échanges une douceur cachée, une humanité brute qui nous touche profondément.

Mais l’un des aspects les plus frappants de ce livre, c’est sa capacité à déconstruire les mythes qui entourent l’hôpital psychiatrique. Trop souvent, ce lieu est perçu comme une zone d’ombre, une prison pour fous, où les individus sont traités comme des objets, des corps à soigner sans égard pour leur subjectivité. Blandine nous montre que l’hôpital est aussi un espace de recomposition, où la souffrance est une forme de réinvention de soi, où les patients, loin d’être des cas isolés, sont des êtres qui cherchent à se reconstruire à leur manière, parfois avec maladresse, mais toujours avec une envie profonde de s’en sortir.

Ça va aller, mademoiselle nous rappelle, avec une grande justesse, que l’internement psychiatrique n’est pas seulement un lieu de souffrance, mais aussi un lieu de réapprentissage. C’est un espace de transformation, où l’individu apprend, peu à peu, à se réapproprier son histoire, son corps, ses émotions. À travers ses journées monotones, Blandine nous montre que la guérison ne se fait pas en un clin d’œil, mais qu’elle se construit lentement, morceau par morceau, souvent à travers les plus petites victoires. La vraie force de ce récit réside dans sa capacité à dévoiler l’invisible : la reconstruction du moi, la recherche d’un sens là où il semble n’y en avoir aucun.

Au-delà de son histoire personnelle, Blandine Denis parvient à ouvrir une brèche dans un sujet encore largement tabou. Elle dépeint une réalité rarement mise en lumière : celle des troubles psychologiques et de l’internement. À travers sa plume, elle invite à une réflexion sur les stigmatisations et les incompréhensions qui persistent autour de la santé mentale. Le livre se fait ainsi un outil de libération de la parole, une voix pour ceux qui, comme Blandine, ont longtemps souffert en silence.

Ce récit est également une invitation à regarder l’autre avec plus de bienveillance, à comprendre que derrière chaque geste de souffrance se cache une histoire, un parcours souvent plus complexe qu’il n’y paraît. La sincérité de l’auteure, son absence de jugement et sa capacité à mêler tendresse et lucidité dans son approche de la maladie mentale en font une œuvre essentielle, tant pour ceux qui l’ont vécue que pour ceux qui, comme nous, l’appréhendent à travers ses mots.

Ça va aller, mademoiselle n’est pas seulement un livre sur l’internement psychiatrique. C’est une ode à la résilience, à l’humanité dans toute sa fragilité, et à la capacité de se relever même après les chutes les plus violentes. Un témoignage poignant et nécessaire sur un sujet qui mérite d’être abordé avec toute la complexité et la sensibilité qu’il exige.

Éditeur ‏ : ‎ Les éditions Lapin; Illustrated édition (14 mars 2025) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 176 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2377541925 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2377541928