Hilda & Twig: Pas nés de la dernière pluie Relié – 5 février 2025 de Luke Pearson

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Hilda et Twig ne sont pas du genre à laisser un peu de pluie contrarier leur soif de découverte

Chronique : Préparez-vous à plonger dans une aventure hors du commun avec Hilda & Twig : Pas nés de la dernière pluie, le nouvel album relié de Luke Pearson qui paraîtra le 5 février 2025. Connu pour son univers tendre et fantastique, l’auteur revient ici avec une histoire enlevée, destinée aux enfants dès 6 ans, et qui saura également charmer les plus grands.

Dès les premières pages, nous retrouvons Hilda, la courageuse fillette aux cheveux bleus, et son fidèle compagnon Twig. Rien ne saurait entamer leur soif de découverte : ni le froid, ni la pluie battante, ni même un orage qui les surprend en pleine exploration de la forêt. Lorsqu’ils se réfugient dans un étrange monticule de terre, le récit prend alors une tournure inattendue : Twig, malgré sa peur, sent qu’une menace scaliforme rôde. Par amitié pour Hilda, il fera tout pour la protéger, quitte à se confronter à ses pires craintes.

Entre humour, magie et rebondissements, l’album offre un cocktail savoureux qui émerveillera les jeunes lecteurs comme leurs parents. Le trait dynamique de Luke Pearson donne vie à des scènes pleines de fantaisie, et le rythme soutenu ne laisse aucune place à l’ennui. On retrouve l’esprit singulier de la série Hilda, qui réussit une nouvelle fois le pari de mêler sens de l’aventure et bienveillance.

A tous les garçons que j’ai aimés Broché – Illustré, 21 novembre 2024 de Jenny Han (Auteur), Véronique Grisseaux (Auteur), Akimaro (Illustrations), Li Lu (Dessins)

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Le best-seller de Jenny Han, comédie romantique star de Netflix adapté en BD !

Que se passerait-il si tous les garçons pour lesquels vous avez éprouvé des sentiments découvraient en même temps ce que vous ressentez pour eux ?

Lara Jean Song est une adolescente de 16 ans, rêveuse et discrète, qui garde précieusement ses lettres d’amour dans une boîte à chapeau offerte par sa mère. Ces lettres ne sont pas faites pour être lues : elles servent de catharsis, de manière de poser sur le papier les sentiments qu’elle n’ose jamais exprimer à voix haute.
Jusqu’au jour où, par un étrange concours de circonstances, ces cinq lettres (chacune destinée à un ancien béguin) sont mystérieusement envoyées. À partir de cet instant, la vie tranquille de Lara Jean se transforme en véritable tourbillon, car les garçons concernés découvrent tout ce qu’elle a écrit dans ces missives pourtant privées.


Des personnages profondément humains

Au cœur de cette BD, on retrouve la douceur et la sincérité qui faisaient déjà le charme du roman. Lara Jean, avec sa timidité, son sens de la famille et sa propension à rêver, est on ne peut plus touchante.

  • Margot, la sœur aînée, jongle entre ses responsabilités et son désir d’émancipation.
  • Kitty, la benjamine pleine de malice, apporte une dose de spontanéité et d’humour.
  • Et bien sûr, il y a tous les garçons impliqués — ami d’enfance, camarade de lycée, crush inattendu — qui se retrouvent malgré eux au cœur de cette intrigue aussi embarrassante que drôle.

Un mélange de légèreté et d’émotion

Si l’histoire se veut avant tout une comédie romantique, elle aborde également les thèmes de l’adolescence, de la famille et de l’acceptation de soi. Les problématiques de la confiance, de l’identité et des premiers émois amoureux y sont dépeintes avec justesse.
En version BD, cet équilibre entre comédie, romantisme et moments plus émouvants est parfaitement conservé. Les planches colorées et dynamiques nous plongent dans le quotidien de Lara Jean, alternant scènes de vie de famille chaleureuse et bouleversements sentimentaux au lycée.


L’adaptation : une réussite visuelle

Le défi d’adapter un roman qui a déjà conquis un large public, et dont l’adaptation cinématographique est elle-même un succès, était de taille. Pourtant, Véronique Grisseaux au scénario, Akimaro et Li Lu à la partie graphique, réussissent à insuffler une atmosphère douce et lumineuse. Les expressions faciales, les décors, tout est pensé pour retranscrire l’esprit « feel-good » et le charme un brin vintage qui se dégage de l’œuvre de Jenny Han.


Robespierre, le sphinx mélancolique de Simone Gabrielli Makyo

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1791. Robespierre, dit l’Incorruptible, est député au sein de la première assemblée constituante. Depuis la tribune, il harangue ses confrères pour les convaincre d’abolir la peine de mort, et pourtant, deux ans plus tard, il leur intimera de voter l’exécution de Louis XVI… Comment le jeune avocat d’Arras, défenseur d’une justice sociale, peut-il participer à instaurer la Terreur ?

Chronique : Maximilien de Robespierre : voilà un nom qui, deux siècles plus tard, suscite encore passion et controverse. Député du Tiers état à la première Assemblée constituante, orateur tenace, il se fait remarquer par son acharnement à défendre l’égalité des droits et l’abolition de la peine de mort. Deux ans plus tard pourtant, ce même homme, surnommé « l’Incorruptible », n’hésite pas à réclamer l’exécution du roi déchu Louis XVI. Cette apparente contradiction — comment passe-t-on d’un combat pour la sauvegarde de toutes les vies au vote de la peine capitale pour le souverain ? — est au cœur du livre Robespierre, le sphinx mélancolique (1791) de Simone Gabrielli Makyo.

Une figure fascinante et énigmatique

Le titre ne ment pas : Robespierre est ici décrit comme un véritable sphinx, c’est-à-dire une figure aussi charismatique qu’insaisissable. Le qualificatif « mélancolique » suggère un être tourmenté, en proie au doute et aux questionnements moraux. Alors que l’on a souvent dressé de Robespierre le portrait d’un révolutionnaire implacable, Gabrielli Makyo rappelle son parcours d’avocat d’Arras, défenseur des opprimés, sensible au sort des plus faibles.

Aux origines d’une contradiction

Le livre met en lumière la genèse de son engagement politique : animé d’un profond désir de réforme sociale, Robespierre se veut la voix de la justice. Or, la Révolution, dans sa dynamique effrénée, va rapidement le confronter à la violence des soubresauts politiques. De fervent défenseur de la vie, il en arrive à soutenir la mort du roi, au nom de la République et de la souveraineté populaire.

L’autrice explore avec finesse les méandres de ce revirement : la pression populaire, le climat de guerre civile larvée, la menace des puissances étrangères, et surtout, la conviction de Robespierre qu’il n’y a pas d’autre choix pour sauver la jeune République. On plonge alors dans la complexité de sa pensée : l’Incorruptible en vient à estimer que la clémence envers un roi serait une trahison envers la Nation qui vient de conquérir sa liberté.

Une plongée dans la Terreur

Le récit suit le parcours de Robespierre jusqu’à l’instauration de la Terreur en 1793-1794. Ce moment sombre et décisif interroge la notion même de justice : comment un homme qui plaidait contre la peine de mort peut-il justifier l’usage massif de la guillotine ? C’est tout le talent de Simone Gabrielli Makyo de nous confronter à la complexité du contexte révolutionnaire, à la frénésie d’un régime en proie à la guerre et aux complots.

La Terreur n’est pas présentée ici comme un simple élan sanguinaire, mais comme l’aboutissement d’une logique politique extrême, où l’idéal révolutionnaire ne souffre aucun compromis. Les protagonistes, et Robespierre en tête, sont emportés par les contradictions même de la Révolution : la volonté d’instaurer la liberté et l’égalité par des moyens coercitifs.

Une écriture documentée et poignante

Simone Gabrielli Makyo réussit le pari de conjuguer la rigueur historique à une écriture romanesque. À travers des sources d’époque, des discours authentiques et des témoignages, elle éclaire d’un jour nouveau la trajectoire de Robespierre. On découvre un homme habité par la peur de trahir l’idéal révolutionnaire, tout autant que par le désir de protéger la République d’ennemis intérieurs et extérieurs.

Derrière le glaçant « Incorruptible » transparaît un être vulnérable, hanté par ses dilemmes. Le lecteur est alors invité à interroger la dimension tragique d’un personnage qui, pour sauver la Révolution, s’est trouvé peu à peu dévoré par sa propre intransigeance.

Instinct : le premier manga d’Inoxtag de Inoxtag (Auteur), Charles Compain (Illustrations), Basile Monnot (Rédacteur)

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Haki, 19 ans, a le don de voir les intentions d’autrui. Il perçoit l’aura de ceux qui l’entourent et doit constamment supporter la nature humaine.

« Instinct » marque l’arrivée d’Inoxtag dans le monde du manga, accompagné par les illustrations de Charles Compain et les textes de Basile Monnot. Ce premier tome nous plonge dans l’univers d’un jeune homme au destin tragique, Haki, âgé de 19 ans. Haki possède une capacité particulière : il est capable de percevoir les intentions des autres à travers l’aura qui les entoure. Ce don, à première vue fascinant, s’avère être un fardeau qui l’oblige à voir le véritable visage des gens, parfois bien plus sombre qu’il ne le souhaiterait.

Alors que Haki apprend qu’il est atteint d’un virus incurable qui le condamne à quelques mois de vie, il est submergé par le désespoir. Ce diagnostic ne lui laisse guère d’espoir, et le poids de sa capacité à ressentir les intentions humaines lui semble soudain encore plus lourd. Cependant, au cœur de cette lutte contre sa propre mortalité, il croise le chemin de Luna, une jeune fille mystérieuse et fascinante. Luna est tout ce que Haki n’a jamais connu : elle est à la fois douce et énigmatique, et elle semble lui ouvrir les portes d’un monde plus lumineux, un univers où il pourrait échapper à la fatalité et trouver un semblant de paix.

Pour Haki, Luna devient rapidement bien plus qu’une simple rencontre : elle incarne une promesse de rédemption et d’espoir, mais aussi une échappatoire à l’isolement émotionnel dans lequel il est enfermé. Cependant, cette relation naissante n’est pas sans conséquences. Plus Haki s’attache à elle, plus il se rend compte que ce nouvel espoir a un prix, et que son propre don pourrait jouer un rôle crucial dans un mystère plus vaste qui dépasse sa compréhension. Ses jours étant comptés, il se lance dans une quête pour donner un sens à sa vie, mais il découvre rapidement que son pouvoir pourrait être à la fois une bénédiction et une malédiction, et que certaines vérités sont peut-être mieux laissées dans l’ombre.

« Instinct » se distingue par son approche unique des thèmes de la nature humaine, du libre arbitre, et des limites de l’existence. En explorant les luttes intérieures de Haki, ce manga aborde des questions profondes sur la mort imminente, la valeur de la vie et ce que signifie véritablement être humain face à des choix déchirants. À travers un récit visuellement captivant et une intrigue dense en mystères, Inoxtag livre une histoire où l’émotion et la réflexion s’entremêlent, interrogeant le lecteur sur ce qu’il est prêt à sacrifier pour saisir un dernier fragment de bonheur et de vérité.

Avec « Instinct », Inoxtag propose une œuvre riche et poignante, entre le drame psychologique et la quête existentielle, dans laquelle le lecteur est invité à explorer les profondeurs de l’âme humaine et à s’interroger sur les choix, les rencontres, et les sacrifices qui façonnent notre vie, même lorsqu’elle touche à sa fin.

Éditeur ‏ : ‎ Michel Lafon (21 novembre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 216 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2749958180 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2749958187

Version 1.0.0

Maison du peuple 65 de Bérengère Marquebreucq (Couleurs), Baudouin Deville (Dessins), Patrick Weber (Rédacteur)

Venise, 1964. Désormais journaliste à la RTB, Kathleen couvre le Congrès International des Architectes et des Techniciens des Monuments Historiques.

Chronique : Dans Maison du peuple 65, Bérengère Marquebreucq, Baudouin Deville et Patrick Weber nous immergent dans le Bruxelles des années 60, où la journaliste Kathleen se retrouve au cœur d’un thriller palpitant mêlant architecture, trahison, et mystères hérités du génie de l’Art nouveau, Victor Horta. À Venise, lors du Congrès International des Architectes, Kathleen rencontre Serge Durand, défenseur acharné de la Maison du Peuple, chef-d’œuvre d’Horta, menacé par des promoteurs sans scrupules. Mais Durand meurt dans des circonstances suspectes avant de livrer ses révélations, laissant Kathleen face à un mystère captivant.

De retour à Bruxelles, la journaliste apprend l’existence d’un testament secret de Victor Horta, dissimulé derrière un rébus qui en fait un véritable jeu de pistes architectural. Aidée par la professeure Antoinette Legein, spécialiste de l’Art nouveau, Kathleen arpente les rues et les bâtiments emblématiques de Bruxelles dans une course contre la montre pour déchiffrer les indices d’Horta et sauver un patrimoine en péril.

La patte graphique de Baudouin Deville et la palette colorée de Marquebreucq évoquent un Bruxelles vibrant mais menacé, où la beauté architecturale est prise dans la tourmente des démolitions et des transformations urbaines. Patrick Weber, avec sa maîtrise des récits historiques, enrichit l’intrigue d’un contexte sociopolitique captivant et rend hommage à l’héritage de Victor Horta tout en dénonçant la perte d’un patrimoine irremplaçable.

Éditeur ‏ : ‎ ANSPACH; Illustrated édition (8 novembre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 64 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2931105325 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2931105320

Version 1.0.0

Spa 1906 de Drac (Couleurs), Olivier Wozniak (Dessins), Patrick Weber (Rédacteur)

Spa, 1906. La très cossue et très huppée station thermale belge est en effervescence : un mystérieux maître chanteur menace la haute société locale de révéler d’embarrassants secrets. Plusieurs notables ont ainsi reçu des courriers menaçants signés par un certain Pierre Le Grand. Même la famille royale belge pourrait être éclaboussée !*

Chronique : Avec Spa 1906, le trio Drac, Olivier Wozniak, et Patrick Weber nous entraîne au cœur d’un thriller historique au charme vénéneux, dans l’ambiance feutrée mais troublée de la célèbre station thermale belge. Dans cette ville où se mêlent élégance et secrets, un mystérieux maître chanteur, répondant au nom de Pierre Le Grand, sème la terreur parmi les notables de la haute société. Entre menaces, suicides, et scandales qui menacent même la famille royale, le silence devient aussi précieux que dangereux.

L’arrivée de l’inspecteur Hendrikus Ansor, un enquêteur ostendais au caractère bien trempé, donne à l’affaire une tournure intrigante. Envoyé en secret par la Princesse Clémentine, Ansor se lance dans une enquête peu conventionnelle, usant de méthodes pragmatiques et d’un esprit de déduction digne des meilleurs détectives littéraires. Le charme du personnage réside dans son mélange de ruse, de simplicité et de goût pour les plaisirs de la table, loin des ronds de jambe de l’aristocratie locale.

Le dessin soigné d’Olivier Wozniak restitue magnifiquement l’atmosphère du début du XXe siècle, mêlant élégance des lieux et ombres menaçantes. La palette de Drac, aux couleurs feutrées et contrastées, confère aux scènes une tension palpable, tout en respectant le raffinement de cette époque. La plume de Patrick Weber, quant à elle, donne une profondeur historique et une densité narrative qui font de Spa 1906 une bande dessinée captivante et immersive.

Éditeur ‏ : ‎ ANSPACH; Illustrated édition (8 novembre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 64 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2931105279 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2931105276

La Vie compliquée de Léa Olivier BD T12: Résolutions de Alcante (Auteur), Ludo Borecki (Dessins)

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La météorite qui s’est abattue lors de la fête d’Halloween a non seulement fait éclater le cœur de Léa en miettes, elle lui a également offert un teint aussi radieux que celui d’une carpe et le dynamisme d’un poteau de téléphone.

Chronique : Pauvre Léa ! Entre un chagrin d’amour qui la laisse aussi radieuse qu’une carpe, un défilé de mode imposé par Bibi et les rumeurs qui circulent à son sujet, la vie d’adolescente n’est pas de tout repos. Heureusement, elle peut compter sur ses amies, Katherine, Jeanne et Marilou, pour la soutenir et l’aider à y voir plus clair.

Dans ce 12ème tome de la série en BD, Alcante et Ludo Borecki nous plongent à nouveau dans l’univers déjanté de Léa Olivier. On rit, on s’émeut et on se reconnaît dans les situations cocasses et les questionnements de ces adolescentes attachantes.

Le dessin expressif de Ludo Borecki donne vie aux personnages avec humour et dynamisme. Les dialogues sont percutants et les répliques fusent, créant une lecture fluide et agréable.

Ce nouvel album aborde avec légèreté et humour des thèmes importants comme l’amitié, l’amour, la confiance en soi et le passage à l’âge adulte.

Un vent de fraîcheur et de bonne humeur qui ravira les fans de la série et les nouveaux lecteurs.

Éditeur ‏ : ‎ Kennes les 3 As; Illustrated édition (30 octobre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 48 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2380759413 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2380759419

Le Mystère Henri Pick de Pascal Bresson (Auteur), Ilaria Tebaldini (Dessins)

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Delphine Despero est une jeune éditrice prometteuse. En visite à Crozon, elle découvre une bibliothèque pour le moins insolite puisqu’elle possède un rayon unique en son genre où les auteurs peuvent déposer leurs manuscrits de romans refusés…

Chronique : Pascal Bresson et Ilaria Tebaldini nous livrent une adaptation en bande dessinée du roman à succès de David Foenkinos, Le Mystère Henri Pick. Si le récit conserve son intrigue captivante, l’ensemble manque toutefois de profondeur et d’émotion.

L’histoire, vous la connaissez peut-être : Delphine Despero, jeune éditrice, découvre un manuscrit extraordinaire dans une bibliothèque bretonne. L’auteur ? Henri Pick, un pizzaiolo décédé, dont personne ne soupçonnait le talent littéraire. Le roman devient un best-seller, suscitant interrogations et fascination.

Bresson retranscrit fidèlement l’intrigue du roman, conservant les éléments clés qui ont fait son succès. Le mystère autour d’Henri Pick, l’engouement médiatique, les doutes et les suspicions, tout y est. Tebaldini, quant à elle, offre un style graphique agréable, avec des personnages expressifs et des décors soignés.

Malgré ces points positifs, la bande dessinée peine à égaler l’intensité du roman. La narration, parfois trop rapide, ne laisse pas assez de place aux émotions et aux réflexions des personnages. On regrette également l’absence de certaines scènes clés du roman, qui auraient pu apporter davantage de profondeur à l’histoire.

Cette adaptation du Mystère Henri Pick se laisse lire avec plaisir, mais sans véritablement surprendre. Les amateurs du roman original risquent d’être quelque peu déçus, tandis que les nouveaux lecteurs pourront y trouver une introduction agréable à cet univers intrigant.

Éditeur ‏ : ‎ La Boîte à Bulles; Illustrated édition (6 novembre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 176 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2849535168 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2849535165

Au temps de Botchan de Jirô Taniguchi (Dessins), Natsuo Sekikawa (auteur)

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1905. Le Japon, bouleversé en profondeur par sa toute récente ouverture à l’Occident, sort vainqueur d’une guerre l’opposant à la puissante Russie.

Chronique : Dans Au temps de Botchan, Jirô Taniguchi, nous plonge au cœur du Japon de 1905, une période charnière marquée par des bouleversements sociaux et culturels profonds. À travers le personnage de Natsume Soseki, cet ouvrage propose une exploration riche et nuancée de la naissance de la littérature japonaise moderne, tout en peignant le portrait d’une société en pleine mutation.

L’histoire débute avec Soseki, récemment rentré d’un séjour décevant en Angleterre, cherchant à trouver sa place dans un pays en pleine transformation après avoir triomphé de la Russie. La scène d’ouverture, où l’écrivain se coupe les ongles au soleil, est une belle métaphore de sa quête d’identité et de renouveau. Le chaton noir qui s’invite à ses pieds symbolise également cette légèreté, une petite touche de bonheur dans un monde qui l’oppresse.

L’écriture de Sekikawa, tout en finesse, explore les réflexions intérieures de Soseki alors qu’il s’apprête à écrire Botchan, un roman qui le propulsera vers la renommée. À travers ses pensées, le lecteur découvre un homme tourmenté, mais passionné, qui cherche à exprimer les contradictions de son époque. L’ouvrage se lit comme une lettre ouverte sur les défis auxquels étaient confrontés les intellectuels japonais au début du XXᵉ siècle, tiraillés entre traditions et influences occidentales.

Les dessins de Taniguchi, quant à eux, sont d’une délicatesse remarquable. Son style épuré et poétique donne vie aux personnages et à l’environnement, rendant hommage à la beauté et à la nostalgie de l’époque. Chaque illustration, empreinte de douceur, capture des instants de vie quotidienne, des rencontres fugaces et des réflexions introspectives, tout en tissant un lien fort avec les émotions des protagonistes.

Au temps de Botchan ne se limite pas à retracer la vie de Soseki ; il dépeint également une fresque plus large de la société japonaise en pleine évolution. À travers des thèmes tels que l’aliénation, la recherche de soi et le poids des traditions, l’œuvre résonne encore aujourd’hui. Taniguchi et ses co-auteurs réussissent à capturer l’esprit d’une époque tout en restant universels dans leurs questionnements sur l’identité et le changement.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN; Illustrated édition (25 septembre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 256 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203218045 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203218048

La Ligne de vie de Hugo Pratt (Auteur), Rubén Pellejero (Dessins)

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Fin des années 1920, Corto Maltese est au Mexique, dans une nouvelle mission pour Bouche Dorée.

Chronique : Dans La Ligne de vie, Hugo Pratt, accompagné des illustrations de Rubén Pellejero, nous plonge à nouveau dans l’univers captivant de Corto Maltese. Cette bande dessinée, située à la fin des années 1920 au Mexique, mêle habilement aventure, histoire et réflexion sur la nature humaine, tout en maintenant le style inimitable qui a fait la renommée de Pratt.

Corto Maltese, ce marin ténébreux au charme indéniable, se retrouve embarqué dans une mission intrigante commandée par Bouche Dorée. Sa tâche initiale est de négocier un lot d’antiquités mayas avec un archéologue peu scrupuleux. Mais, fidèle à l’esprit d’aventure qui caractérise ses péripéties, les choses ne vont pas se dérouler comme prévu. La situation prend un tournant inattendu lorsque Corto est contraint de transporter des armes pour les Christeros, un groupe de révoltés catholiques en lutte contre le gouvernement républicain et ses lois anticléricales.

Pratt, avec sa plume habile, nous offre une exploration des tensions politiques de l’époque tout en mettant en avant des personnages complexes et nuancés. La confrontation entre Corto et les différents protagonistes, dont deux de ses vieilles connaissances — Raspoutine, désormais dans les ordres, et Banshee O’Dannan, la révolutionnaire irlandaise — ajoute une profondeur supplémentaire à l’intrigue. Les dialogues, savoureux et pleins d’esprit, illustrent la maîtrise de Pratt pour créer des échanges dynamiques et mémorables.

Les dessins de Rubén Pellejero apportent une dimension visuelle saisissante à cette œuvre. Chaque planche est une invitation à plonger dans des paysages riches et variés, où le Mexique se dévoile sous ses multiples facettes. Les personnages, aux traits expressifs, prennent vie grâce à des lignes fluides et des couleurs vibrantes qui soulignent les émotions et les tensions de l’histoire.

La Ligne de vie n’est pas seulement une aventure palpitante ; c’est aussi une réflexion sur les choix, la loyauté et le prix de la liberté. Corto Maltese, en tant qu’anti-héros, navigue entre des idéaux contradictoires, illustrant ainsi la complexité des luttes humaines.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN (30 octobre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 80 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203276479 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203276475