La Forêt d Oreka – Tome 2 – Au coeur des arbres de Sordo Paco

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Pour sauver son grand-père transformé en pierre et mettre fin à la nuit éternelle, Hannah s’aventure dans la forêt, guidée par Roland, le lutin râleur.

La Forêt d’Oreka – Tome 2 : Au cœur des arbres, signé Paco Sordo, poursuit avec inventivité et malice cette aventure jeunesse aux accents de conte initiatique. Hannah, toujours déterminée à sauver son grand-père changé en pierre et à briser la nuit éternelle qui menace son monde, s’enfonce plus profondément dans une forêt aussi fascinante qu’imprévisible, accompagnée de Roland, lutin grincheux mais profondément attachant.

Ce deuxième volume développe pleinement la dimension fantastique de la série en multipliant les rencontres improbables : fantôme manipulateur, escargots vampires étonnamment coriaces ou encore loups gastronomes composent une galerie de personnages aussi absurdes que savoureux. Chaque étape ralentit la progression des héros mais enrichit le récit, transformant la quête en véritable parcours initiatique où l’humour sert constamment de moteur narratif.

Derrière son ton léger et accessible, l’album aborde avec finesse des thèmes universels : la confiance, l’acceptation de soi et le respect d’un monde naturel régi par ses propres lois. La forêt d’Oreka devient ici un personnage à part entière, mystérieux et exigeant, qui met Hannah à l’épreuve autant moralement qu’émotionnellement. Convaincre son esprit gardien ne relève pas de la force, mais d’une compréhension plus profonde de l’équilibre entre humains et nature.

Graphiquement, Paco Sordo déploie un univers foisonnant, coloré et expressif. Son trait dynamique accentue le comique des situations tout en donnant vie à une nature vibrante et organique, riche en détails. L’ensemble crée une lecture fluide et immersive, parfaitement adaptée aux jeunes lecteurs tout en séduisant un public plus large grâce à son second degré et sa créativité visuelle.

Avec Au cœur des arbres, la série confirme son identité : une fantasy pleine d’humour et de tendresse, où l’aventure se mêle à une réflexion douce sur la place de chacun dans le monde. Une suite réussie, inventive et généreuse, qui consolide l’univers singulier de La Forêt d’Oreka.

#LaforêtdOreka #NetGalleyFrance

Éditeur ‏ : ‎ DUPUIS Date de publication ‏ : ‎ 6 février 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 104 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2808509618 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2808509619

Sex Friends de Richard Mèmeteau (Auteur), Colin Atthar (Dessins)

Les sites et applications de rencontres représentent plus qu’un simple outil pour trouver l’âme soeur ou jouer les dons Juans. En hameçonnant les utilisateurs par la promesse d’une abondance sexuelle et amoureuse, ces interfaces nous confrontent à nos propres frustrations.

Avec Sex Friends, Richard Mèmeteau et Colin Atthar signent une bande dessinée aussi caustique que lucide sur les amours à l’ère des applications de rencontre. Sous ses airs de comédie contemporaine, l’album propose une véritable radiographie des relations affectives et sexuelles à l’heure des interfaces numériques.

Fanny, fraîchement quittée par Olga, décide de se jeter à corps perdu dans l’univers des applis. Plus qu’une revanche sentimentale, c’est une exploration méthodique – parfois euphorique, parfois désabusée – des promesses d’abondance amoureuse que vendent ces plateformes. Autour d’elle gravitent Félicie, collègue attentive, et Marius, ami fidèle : chacun projette ses propres fantasmes, espoirs et contradictions sur ces espaces virtuels où l’on swipe autant pour exister que pour rencontrer.

Le scénario joue habilement sur la mise en abyme lorsqu’un compte mystérieux semble commenter leurs expériences les plus intimes. Cette figure énigmatique agit comme une conscience collective, révélant la dimension performative de nos vies connectées : sommes-nous encore dans l’authenticité, ou déjà dans la mise en scène ?

Graphiquement, Colin Atthar adopte un trait expressif, nerveux, parfaitement accordé à l’énergie fragmentée des échanges numériques. Les dialogues fusent, les silences pèsent, et les cases traduisent autant l’excitation des débuts que la lassitude des répétitions. L’humour, souvent grinçant, évite toute moralisation : l’album observe, dissèque, expose.

Au-delà du simple récit générationnel, Sex Friends interroge la marchandisation du désir, la logique d’optimisation affective et l’illusion du choix infini. Les auteurs montrent comment ces applications, en promettant la liberté, exacerbent aussi la comparaison, la frustration et la peur de manquer mieux.

À la croisée de l’essai philosophique et de la chronique sentimentale, cette bande dessinée réussit à capter l’air du temps avec intelligence et irrévérence. Une œuvre fine et actuelle, qui parle moins de sexe que de solitude, de quête d’attention et de la difficulté persistante à aimer – même à l’ère du swipe infini.

#SexFriends #NetGalleyFrance

Éditeur ‏ : ‎ Steinkis Date de publication ‏ : ‎ 12 février 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 184 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2368469362 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2368469361 Poids de l’article ‏ : ‎ 630 g

Amère de Lucrèce Andreae

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Après une entrée remarquée dans le dessin animé et le roman graphique, Lucrèce Andreae partage son expérience de la maternité dans une autobiographie percutante, parfaite illustration du malaise de toute une génération.

Avec Amère, Lucrèce Andreae signe une autobiographie frontale et sans fard sur la maternité, loin des images idéalisées et des récits lissés. Après avoir marqué le cinéma d’animation et le roman graphique par un regard sensible et acéré, l’autrice plonge ici dans l’intime pour livrer un récit aussi dérangeant que salutaire.

Tout commence par une promesse. Celle d’une maternité consciente, moderne, respectueuse. Une femme jeune, amoureuse, convaincue d’être prête. Elle connaît les enfants, les aime, pense avoir les codes. Elle se jure qu’elle ne sera pas de celles qui crient, qui débordent, qui cèdent à l’épuisement. Elle ambitionne une parentalité éclairée, presque théorique, nourrie d’idéaux contemporains.

Puis la réalité s’impose.

Amère raconte le choc. L’irréversibilité. L’effritement des certitudes. Andreae explore avec une honnêteté désarmante ce que beaucoup taisent : la fatigue chronique, la perte d’identité, la colère rentrée, la culpabilité omniprésente. Le livre ne cherche ni l’excuse ni la provocation gratuite ; il expose un malaise générationnel, celui d’une époque qui exige des mères qu’elles soient à la fois accomplies professionnellement, émotionnellement disponibles, pédagogues, patientes et épanouies.

Graphiquement — si l’ouvrage conserve la force visuelle propre à Andreae — le trait épouse cette tension intérieure : expressif, parfois brutal, souvent ironique. Le dessin devient un exutoire, un espace où le trop-plein peut enfin se dire. L’humour noir affleure, salvateur, pour désamorcer la violence des sentiments contradictoires.

Ce qui frappe, c’est la lucidité. Andreae n’accuse pas l’enfant ; elle interroge les injonctions, les fantasmes sociaux, les narrations trompeuses autour de la maternité. Elle met des mots sur l’ambivalence, sur l’amour mêlé d’épuisement, sur la difficulté à rester soi quand tout semble absorbé par le rôle de mère.

Amère est un livre courageux, inconfortable parfois, mais profondément nécessaire. En refusant le mythe de la maternité naturellement radieuse, Lucrèce Andreae ouvre un espace de parole rare. Un récit intime qui touche à l’universel et qui, sous son titre tranchant, porte aussi une forme de tendresse lucide.

#Amère #NetGalleyFrance

Éditeur ‏ : ‎ Delcourt Date de publication ‏ : ‎ 12 février 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 233 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2413083006 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2413083009

La Vie en plus: Guérir le cancer de Izabo (Scenario), Juliette Vaast (Dessins)

Marion est une mère de famille épanouie. Alors, le jour où le diagnostic tombe, son monde vacille. Car Marion est atteinte d’un cancer du sein, comme « tante Catherine » avant elle. Très vite, la jeune femme est orientée vers Gustave Roussy, premier centre français et européen de lutte contre le cancer. C’est entre les murs de cet établissement d’excellence, où se croisent de nombreux patients, qu’elle va entamer un chemin vers la guérison.

Avec La Vie en plus : Guérir le cancer, Izabo et Juliette Vaast signent une bande dessinée rare, nécessaire, et profondément humaine, qui ouvre les portes de Gustave Roussy, premier centre français et européen de lutte contre le cancer, sans jamais tomber dans le didactisme froid ni le pathos.

Le récit adopte le point de vue de Marion, mère de famille épanouie, dont la vie bascule au moment du diagnostic : un cancer du sein, écho douloureux à une histoire familiale déjà marquée par la maladie. Très vite, elle est orientée vers Gustave Roussy, lieu à la fois redouté et porteur d’espoir, où va s’engager un parcours de soins complexe, éprouvant, mais aussi profondément transformateur.

La grande force de La Vie en plus réside dans son équilibre remarquable entre récit intime et approche documentaire. À travers Marion, le lecteur découvre non seulement les étapes du traitement — examens, chirurgie, recherche, prévention — mais aussi l’envers du décor : la précision des équipes médicales, la rapidité des diagnostics, la coordination des soins, l’importance cruciale de l’innovation scientifique. Chaque information est intégrée avec finesse, toujours incarnée par une situation vécue, une rencontre, un échange.

Le dessin de Juliette Vaast, clair, lumineux et d’une grande douceur, accompagne parfaitement le propos. Les visages sont expressifs sans excès, les décors hospitaliers jamais anxiogènes, et certaines séquences pédagogiques s’insèrent naturellement dans le récit, sans rompre l’émotion. Le trait, accessible et sensible, permet de rendre visibles des réalités complexes tout en préservant l’humanité des personnages.

Loin de se concentrer uniquement sur la maladie, l’album met en avant ce qui gravite autour : les liens familiaux, la solidarité entre patients, l’écoute des soignants, la reconstruction psychologique. Il rappelle avec force que derrière chaque dossier médical se cache une histoire singulière, une vie suspendue, mais aussi une formidable capacité de résilience.

Co-construit avec les équipes de Gustave Roussy et les éditions Glénat, La Vie en plus : Guérir le cancer propose une vision contemporaine de la cancérologie : engagée, innovante, mais avant tout humaine. C’est une bande dessinée qui informe sans effrayer, qui émeut sans jamais forcer le trait, et qui transmet un message essentiel : la guérison est possible, et chaque avancée médicale est une victoire collective.

Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD Date de publication ‏ : ‎ 4 février 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 96 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2344069836 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344069837

Le Visage du créateur de Laurent-Frédéric Bollée (Auteur), Cristiano Spadoni (Illustrations)

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Fin des années 90, un père et son fils pêcheurs, remontent dans leurs filets un mystérieux débris estampillé du logo de la NASA.

Avec Le Visage du créateur, Laurent-Frédéric Bollée et Cristiano Spadoni livrent une bande dessinée grave, pudique et profondément humaine, qui revient sur l’un des traumatismes les plus marquants de l’histoire contemporaine : l’explosion de la navette Challenger, le 28 janvier 1986.

Le récit s’ouvre à la fin des années 1990, loin des pas de tir et des images d’archives. Un père et son fils, pêcheurs, remontent dans leurs filets un débris portant le logo de la NASA. Ce fragment venu de l’océan agit comme un déclencheur intime : pour le père, c’est le retour brutal d’un souvenir enfoui, celui du drame de Challenger, survenu dix ans plus tôt. À partir de ce point d’ancrage modeste et quotidien, le livre déploie une narration à la fois historique et introspective, où la grande Histoire se mêle aux blessures silencieuses des individus.

Plutôt que de reconstituer frontalement la catastrophe, Bollée choisit un angle sensible et mémoriel. Il s’attache aux conséquences humaines du drame : les vies brisées, les espoirs fauchés, la sidération collective d’un pays entier figé devant ses écrans. Challenger n’est pas seulement ici un accident technologique, mais un basculement symbolique, la fin d’une certaine innocence liée à la conquête spatiale, et la révélation brutale de la fragilité humaine face à la démesure des ambitions.

Le scénario avance avec retenue, évitant toute emphase. Les faits sont là, précis, documentés, mais toujours mis au service d’une réflexion plus large sur la responsabilité, la mémoire et la transmission. Le regard du père, relayé par celui de l’enfant, inscrit le drame dans une temporalité longue : comment un événement collectif continue-t-il à résonner, des années plus tard, dans des existences ordinaires ?

Le dessin de Cristiano Spadoni accompagne cette approche avec une grande justesse. Son trait réaliste, parfois presque austère, privilégie les ambiances aux effets spectaculaires. Les silences, les regards, les paysages marins ou les images figées de la catastrophe portent une charge émotionnelle forte. La composition des planches, souvent épurée, laisse respirer le récit et renforce l’impression de gravité sourde qui traverse l’album.

Le Visage du créateur se distingue ainsi par son refus du sensationnalisme. Il ne cherche ni à glorifier ni à accabler, mais à comprendre et à faire ressentir. En interrogeant ce que signifie créer, explorer, repousser les limites — et en assumer les conséquences — l’album pose des questions toujours actuelles sur le progrès, le risque et le prix humain de l’ambition.

Une bande dessinée sobre et puissante, qui transforme un drame historique en méditation universelle sur la mémoire et la responsabilité. Un ouvrage important, aussi émouvant qu’intelligent, qui rappelle que derrière chaque grande tragédie se cachent des visages, des familles et des silences que le temps n’efface jamais.

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES Date de publication ‏ : ‎ 11 février 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 264 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2810205302 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810205301

The Junction de Norm Konyu

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Lucas Jones réapparaît sur le pas de la porte de son oncle, dans sa ville natale de Medford, après 12 ans d’absence. La joie des retrouvailles laisse rapidement place aux doutes et au mystère.

Avec The Junction, Norm Konyu confirme magistralement la singularité de son univers et s’impose, après Downlands, comme l’un des auteurs les plus troublants et sensibles du roman graphique contemporain.

Le point de départ est d’une simplicité désarmante, presque banale : Lucas Jones réapparaît un jour sur le pas de la porte de son oncle, dans la petite ville de Medford, après douze années d’absence. Mais très vite, l’évidence se fissure. Lucas n’a pas vieilli. Il a toujours 11 ans. Son père, disparu le même jour que lui, reste introuvable. Et surtout, l’enfant est muré dans un silence inquiétant. À partir de là, The Junction déploie une enquête à la fois rationnelle et profondément métaphysique, menée par un inspecteur et une psychologue qui tentent de recomposer l’irreprésentable à partir d’indices fragmentaires : quelques Polaroids et un journal intime.

C’est dans ce carnet que le récit bascule pleinement. Lucas y décrit Kirby Junction, une ville hors du temps où les maisons surgissent sans prévenir, où les habitants attendent indéfiniment un train qui n’arrive jamais. Norm Konyu orchestre avec une grande finesse cette narration gigogne, faisant dialoguer le présent de l’enquête et l’univers mental – ou surnaturel – du journal. Plus l’histoire avance, plus la frontière entre réel, souvenir et imaginaire devient poreuse, jusqu’à troubler profondément le lecteur.

Derrière son vernis fantastique, The Junction est avant tout un récit sur la perte, le deuil et l’impossibilité de faire son deuil. Comme dans Downlands, Konyu s’intéresse à ce moment suspendu où l’absence devient une présence obsédante, où l’on reste bloqué à un carrefour émotionnel sans parvenir à avancer. La ville de Kirby Junction apparaît alors comme une métaphore saisissante : celle d’un lieu où l’on attend, où l’on refuse le mouvement, où le temps s’est arrêté pour ne pas affronter la douleur.

Graphiquement, Norm Konyu déploie une patte immédiatement reconnaissable. Son dessin épuré, presque enfantin en apparence, est traversé par une inquiétante étrangeté. Les décors semblent à la fois familiers et décalés, les visages figés dans une mélancolie sourde. La mise en page, très maîtrisée, joue sur les silences, les répétitions et les ruptures, renforçant cette sensation de malaise diffus. Chaque page contribue à installer une atmosphère à la fois douce et oppressante.

Les influences revendiquées – Twin Peaks, le cinéma de Spielberg des années 80 – ne sont jamais plaquées. Elles nourrissent un imaginaire personnel, teinté d’un absurde très britannique, qui donne à The Junction une tonalité unique. Le fantastique n’y est jamais démonstratif : il surgit par touches, comme un symptôme de blessures enfouies.

Œuvre lente, mélancolique et profondément émotive, The Junction touche juste par sa retenue et sa capacité à évoquer l’indicible. Norm Konyu signe ici un roman graphique d’une grande maturité, aussi déroutant que bouleversant, qui confirme son talent pour raconter l’absence, le manque et ces zones floues où l’enfance, le souvenir et la perte se confondent. Une lecture marquante, qui continue de résonner longtemps après la dernière page.

Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD Date de publication ‏ : ‎ 21 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 176 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2344069720 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344069721

C’est où, le plus loin d’ici ? (3) de BOSS/ROSENBERG TYLER/MATTHEW

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Au fil des rencontres et des dangers qui ponctuent son voyage, Sid parvient enfin à trouver La Ville.

Avec C’est où, le plus loin d’ici ? – Tome 3, Boss, Rosenberg Tyler et Matthew livrent une conclusion puissante et profondément humaine au premier cycle de cette série de science-fiction dystopique aussi âpre que bouleversante.

Au terme d’un long périple marqué par la fuite, la peur et l’apprentissage de la survie, Sid atteint enfin La Ville, ce lieu presque mythique dont l’existence semblait incertaine. Cette arrivée n’est pas un aboutissement confortable, mais le point de bascule du récit. La Ville révèle peu à peu sa véritable nature : une société organisée, régie par des règles implacables, où l’ordre apparent dissimule une violence plus insidieuse encore. Sid y découvre les raisons de sa différence, ce mal étrange qui transforme son corps, et surtout la place qu’on cherche à lui assigner dans un système qui tolère mal ce qui échappe à la norme.

Le scénario frappe par sa justesse émotionnelle. Sans jamais tomber dans le pathos, le récit explore des thèmes lourds : le contrôle des corps, la peur de l’altérité, la reproduction des violences sociales, mais aussi la transmission, l’attachement et la résistance intime. Sid n’est pas une héroïne idéalisée : elle doute, souffre, se trompe, mais avance, portée par une détermination farouche à protéger ce qui lui reste de plus précieux. Cette humanité fragile fait toute la force du livre.

Graphiquement, l’album maintient une atmosphère oppressante et tendue. Le dessin, sec et expressif, sert parfaitement un univers rude, où chaque décor semble hostile et chaque visage marqué par la fatigue ou la résignation. La mise en scène, très maîtrisée, renforce le sentiment d’urgence et d’enfermement, notamment dans les séquences situées au cœur de La Ville, où l’espace lui-même devient un instrument de domination.

En refermant ce troisième tome, une idée s’impose avec évidence : C’est où, le plus loin d’ici ? n’est pas seulement un récit de fuite géographique, mais une quête existentielle. Ce premier cycle se conclut sur une affirmation forte et lucide : face à des systèmes qui broient, se battre pour sa vie et celle de ses proches est déjà un acte de résistance. Une conclusion dense, courageuse et mémorable, qui confirme la série comme l’une des propositions les plus sensibles et percutantes de la bande dessinée de science-fiction contemporaine.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 4 février 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203296135 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203296138

Les Utopistes – Tome 1 – Tlaloc Broché – Illustré, 30 janvier 2026 de Vincent Le Bars (Auteur), Zanchi Stefano (Illustrations)

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Imaginez un monde presque identique au nôtre mais à une très grosse différence près : dans notre histoire, les grands mythes, les royaumes fantastiques, les contes et légendes et les divinités mythologiques sont bel et bien réels !

Avec Les Utopistes – Tome 1 : Tlaloc, Vincent Le Bars et Zanchi Stefano posent les bases d’une nouvelle grande saga d’aventure jeunesse ambitieuse, spectaculaire et profondément contemporaine. Un récit qui convoque l’imaginaire mythologique mondial tout en questionnant notre rapport au patrimoine, à la transmission et à l’utopie.

Le postulat est immédiatement séduisant : et si les mythes n’avaient jamais cessé d’exister ? Si les dieux, les royaumes légendaires et les récits fondateurs de l’humanité étaient bien réels, dissimulés derrière des portails-miroirs disséminés à travers le monde ? Dans cet univers presque identique au nôtre, Alexandre Desvereaux, aventurier star des réseaux et explorateur charismatique, a découvert comment franchir ces seuils interdits. Mais cette révélation n’a pas seulement ouvert la porte à la connaissance : elle a déclenché une nouvelle forme de pillage.

Car là où certains voient un héritage commun à préserver, d’autres n’aperçoivent qu’un terrain de chasse. De richissimes collectionneurs envoient des mercenaires exploiter ces mondes mythiques, détruisant dieux, vestiges et équilibres ancestraux au nom du profit. Lorsque Desvereaux disparaît mystérieusement, c’est tout un pan de cet univers fragile qui vacille.

Le récit bascule alors vers Aurore, sa fille adolescente, héroïne volontaire, intelligente et profondément humaine. Refusant la disparition de son père, elle s’entoure d’un groupe de camarades et décide de partir à sa recherche. Autoproclamés les Utopistes, ces jeunes personnages vont faire irruption dans des territoires où l’Histoire, la légende et le danger s’entremêlent — à commencer par l’univers aztèque et la figure terrifiante de Tlaloc, dieu de la pluie et des tempêtes.

Ce premier tome frappe par la solidité de sa construction narrative. Vincent Le Bars maîtrise parfaitement les codes du récit d’aventure tout en y injectant une réflexion moderne : qui a le droit d’accéder aux mythes ? À qui appartient l’imaginaire collectif ? Et jusqu’où peut-on aller au nom du progrès ou de la curiosité ?

L’album réussit un équilibre délicat entre divertissement pur et sous-texte engagé. La critique du pillage culturel, du capitalisme prédateur et de la marchandisation de l’Histoire traverse le récit sans jamais l’alourdir. Elle donne au contraire de l’épaisseur aux enjeux et inscrit Les Utopistes dans une tradition d’aventures intelligentes, où l’action nourrit le sens.

Graphiquement, le travail de Stefano Zanchi impressionne. Son dessin précis, dynamique et expressif donne vie à des mondes mythologiques foisonnants, sans jamais perdre en lisibilité. Les scènes d’exploration alternent avec des séquences d’action spectaculaires, tandis que les divinités — Tlaloc en tête — dégagent une présence à la fois majestueuse et inquiétante. La mise en couleur renforce cette sensation d’émerveillement permanent, entre réel familier et fantastique déchaîné.

Mais la vraie force de l’album réside dans ses personnages. Aurore n’est pas une héroïne idéalisée : elle doute, improvise, se trompe, mais avance portée par une foi obstinée dans l’impossible. Autour d’elle, chaque membre du groupe apporte une énergie différente, dessinant une dynamique collective qui fait écho à la citation-clé du récit : l’utopie, ce n’est pas rêver, c’est agir.

Les Utopistes – Tome 1 : Tlaloc réussit ainsi son pari : lancer une série prometteuse sans sacrifier la cohérence ni la profondeur. C’est un album d’aventure au souffle ample, accessible aux jeunes lecteurs mais suffisamment dense pour séduire un public adulte, notamment par ses thématiques culturelles et politiques.

Un premier tome solide, généreux et inspiré, qui ouvre une porte fascinante sur un univers où l’imaginaire n’est pas une fuite, mais un combat. Une invitation à croire, envers et contre tout, que rendre l’impossible possible reste un acte de résistance.

#LesUtopistes #NetGalleyFrance

Éditeur ‏ : ‎ DUPUIS Date de publication ‏ : ‎ 30 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 88 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2808503385 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2808503389

Dire Bound – The Wolves of Ruin Tome 1 de Sable Sorensen

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À Sturmfrost, les loups ne pardonnent pas.

Avec Bound – The Wolves of Ruin, tome 1, Sable Sorensen signe une entrée remarquée dans la fantasy romantique sombre, portée par un univers puissant, une héroïne combative et une tension émotionnelle constante. Entre épreuves initiatiques, créatures mythiques et jeux de pouvoir, ce premier volume pose les bases d’une saga aussi immersive que addictive.

À Sturmfrost, royaume glacé perpétuellement menacé par des monstres immortels, les loups géants ne sont pas de simples bêtes de guerre : ils sont liés mentalement à une élite de guerriers capables de ressentir leurs pensées, leurs douleurs et leurs instincts les plus sauvages. Ces “liés” incarnent à la fois la gloire et le sacrifice absolu. Un destin que Meryn Cooper n’a jamais convoité.

Lorsque sa sœur est enlevée par l’ennemi ancestral du royaume, toute prudence disparaît. Meryn s’engage dans l’armée avec une seule obsession : franchir le front et la retrouver. Mais pour cela, elle doit survivre aux Épreuves du Lien — une sélection brutale où la mort fait partie de l’apprentissage — puis affronter quatre mois d’entraînement impitoyable au château.

Très vite, le roman dépasse le simple schéma de la fantasy militaire. Le cœur du récit repose sur le lien psychique entre humains et loups, traité avec une vraie originalité. La relation entre Meryn et sa louve, farouche, violente et mutique, devient une métaphore poignante du traumatisme, de la peur et de la reconstruction. Là où d’autres liés communiquent instinctivement avec leur compagnon, Meryn doit apprendre à écouter autrement, à composer avec le silence et la défiance.

Sable Sorensen excelle dans la description des entraînements : ascensions mortelles, combats réalistes, discipline extrême, rivalités entre recrues. La violence n’est jamais gratuite, mais toujours chargée d’enjeux physiques et psychologiques. Chaque victoire se paie cher, chaque faiblesse peut être fatale.

En parallèle, l’autrice développe un second terrain de bataille : celui de la cour. Derrière les bals étincelants, les alliances politiques, les sourires polis et les robes brodées se cachent trahisons, ambitions et manipulations. Le contraste entre la brutalité du champ de bataille et l’hypocrisie des salons royaux renforce l’atmosphère de tension permanente.

Les personnages secondaires apportent une réelle profondeur au récit. Stark Therion, instructeur aussi cruel que magnétique, incarne la dureté du système militaire, tandis que Killian Valtiere, prince héritier charismatique, offre une alternative troublante, où séduction rime avec danger. La romance, subtilement distillée, évite les clichés faciles et s’inscrit pleinement dans les conflits de loyauté, de pouvoir et de survie.

Mais la grande force du roman reste son héroïne. Meryn n’est ni invincible ni naïve. Elle doute, chute, échoue, se relève. Sa détermination ne repose pas sur une prophétie ou un don exceptionnel, mais sur l’amour, la colère et la peur de perdre ce qui lui reste. Un personnage profondément humain, auquel le lecteur s’attache instantanément.

Avec son écriture fluide, immersive et visuelle, Bound – The Wolves of Ruin s’inscrit dans la lignée des grandes sagas de romantasy contemporaine tout en affirmant sa propre identité. Loups géants, magie mentale, formation militaire, intrigues politiques et passions interdites s’entrelacent dans un récit haletant qui ne relâche jamais la pression.

Un premier tome solide, sombre et captivant, qui pose les fondations d’un univers riche et prometteur. Une lecture idéale pour les amateurs de fantasy intense, de romances dangereuses et d’héroïnes prêtes à affronter la meute — quitte à y laisser une part d’elles-mêmes.

Éditeur ‏ : ‎ Hachette Lab Date de publication ‏ : ‎ 1 avril 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 660 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2017293830 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2017293835

Mi-Mouche – Tome 2 – Duels au collège de Cazot Vero (Auteur), Maurel Carole (Illustrations)

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Punie par sa mère pour lui avoir caché qu’elle faisait de la boxe malgré son interdiction formelle, trahie par Élias, son ex-meilleur ami, qui a tout cafté, harcelée par ses camarades de classe qui ne ratent pas une occasion de se moquer de son format réduit, Colette manque terriblement de moments un peu excitants dans sa vie.

Avec Mi-Mouche – Tome 2 : Duels au collège, Vero Cazot et Carole Maurel poursuivent avec justesse et sensibilité l’un des récits jeunesse les plus forts et les plus sincères de ces dernières années. Plus qu’une simple histoire de sport, la série s’impose comme une chronique bouleversante de l’adolescence, de ses violences invisibles et de ses combats intérieurs.

Colette n’a rien d’une héroïne classique. Trop petite, trop discrète, souvent moquée, elle encaisse les humiliations quotidiennes avec une résilience fragile. Punie par sa mère pour avoir pratiqué la boxe en cachette, trahie par son ancien meilleur ami, elle se retrouve isolée dans un collège où chaque jour ressemble à une épreuve. Jusqu’au moment où Astrid, son harceleuse de toujours, lui propose un pacte glaçant : quelques combats clandestins dans la salle de sport de l’établissement contre l’arrêt des brimades.

Ce point de départ, aussi choquant que réaliste, donne naissance à un récit d’une rare intelligence. Sans jamais glorifier la violence, l’album explore ce que représente le combat pour une adolescente : un moyen de reprendre possession de son corps, de sa colère, de sa dignité. La boxe devient ici un langage, une respiration, presque une nécessité vitale face au mépris et à la solitude.

Le scénario de Vero Cazot évite tous les écueils moralisateurs. Les adultes sont dépassés, parfois aimants, parfois maladroits. Les bourreaux ne sont jamais caricaturaux. Les victimes ne sont jamais réduites à leur souffrance. Tout sonne juste, profondément humain, avec une écriture qui alterne humour, tension et émotion brute.

Le dessin de Carole Maurel sublime cette sincérité. Son trait expressif capte les silences, les regards fuyants, la violence sourde des couloirs scolaires comme l’intensité physique des combats. Les scènes de boxe, nerveuses et dynamiques, contrastent avec la douceur fragile de Colette, renforçant la puissance émotionnelle du récit. La couleur accompagne subtilement les variations de ton, passant de la légèreté du quotidien à la gravité des affrontements.

Avec Duels au collège, Mi-Mouche confirme qu’il ne s’agit pas seulement d’une série sur le sport, mais d’une œuvre profondément engagée sur le harcèlement scolaire, le rapport au corps, la reconstruction de soi et le courage d’être différent. Une bande dessinée nécessaire, accessible aux jeunes lecteurs comme aux adultes, qui frappe juste, sans jamais frapper gratuitement.

Un album poignant, lumineux et percutant, qui rappelle que les plus grands combats ne se livrent pas toujours sur un ring.

Éditeur ‏ : ‎ DUPUIS Date de publication ‏ : ‎ 23 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 56 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2808506821 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2808506823