The Ride-on King – Tome 15 de Yasushi Baba

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Alexandre Ploutinov, Président à vie de la Prussie, pensait avoir tout dompté… jusqu’à ce qu’il débarque dans un monde fantastique peuplé de centaures et de dragons !

Après quatorze volumes d’aventures aussi déjantées qu’épiques, The Ride-On King poursuit son étonnant numéro d’équilibriste entre parodie politique, fantasy classique et véritable récit d’aventure. Avec ce quinzième tome, la série confirme qu’elle ne se limite plus à son concept initial — aussi savoureux soit-il — pour déployer une narration de plus en plus dense et émotionnelle.

Alexandre Ploutinov, président à vie de la Prussie et amateur invétéré de montures, poursuit sa route vers l’Yggdrasil aux côtés de Kanya. Mais là où l’on pourrait attendre une simple progression héroïque, Yasushi Baba prend une nouvelle fois le lecteur à contre-pied : l’arrivée sur place débouche sur… un examen d’entrée à l’académie de magie. Une situation absurde, évidemment taillée sur mesure pour confronter l’autorité inébranlable de Ploutinov à un système scolaire aux règles aussi strictes qu’incompréhensibles.

Cette séquence, riche en humour, fonctionne à merveille. Le décalage entre la stature politique surhumaine du héros et les exigences bureaucratiques de la magie académique produit une comédie efficace, tout en permettant d’approfondir l’univers et ses institutions. Derrière la blague, l’auteur continue d’explorer sa satire des systèmes de pouvoir, qu’ils soient politiques, militaires… ou pédagogiques.

En parallèle, le récit bascule vers un registre plus dramatique avec l’intrigue consacrée à Saki. Accompagnée de Bell, elle retourne dans le Margraviat occidental, territoire qu’elle avait fui autrefois. Ce retour aux origines marque l’un des arcs émotionnels les plus forts de la série. Les terres sont ravagées par une invasion de monstres, tandis que sa famille — son père et son frère — se retrouve acculée par un ancien fiancé cynique, prêt à sacrifier les siens pour préserver son propre pouvoir.

Cette double narration donne au tome une structure particulièrement efficace. D’un côté, l’humour absurde et la légèreté assumée de Ploutinov ; de l’autre, un drame politique et familial beaucoup plus sombre, qui rappelle que The Ride-On King sait aussi manier la tension et la tragédie.

Yasushi Baba réussit ici un bel équilibre entre comédie et gravité. Les enjeux de Saki permettent d’enrichir considérablement son personnage, jusque-là souvent cantonné au second plan. Son passé, ses blessures et son courage prennent une nouvelle dimension, apportant une profondeur bienvenue à l’ensemble du casting.

Graphiquement, le manga conserve son style clair et dynamique. Les scènes d’action gagnent en ampleur, notamment dans les séquences liées à l’invasion monstrueuse, tandis que les expressions faciales continuent de porter une grande partie de l’humour — spécialité de la série. Le charisme presque caricatural de Ploutinov reste un moteur visuel redoutablement efficace.

Ce quinzième volume confirme que The Ride-On King n’est plus seulement une parodie amusée de l’isekai, mais une œuvre capable de construire un véritable monde, avec ses conflits, ses héritages et ses dilemmes moraux. Derrière l’excentricité de son héros se cache désormais un récit solide, porté par des personnages secondaires de plus en plus nuancés.

Entre examens de magie improbables, dragons, intrigues politiques et drames familiaux, ce tome marque une étape importante dans la montée en puissance de la série.

The Ride-On King – Tome 15 réussit à divertir autant qu’à émouvoir, prouvant une fois de plus que l’aventure peut être aussi absurde que sincère — tant qu’elle se vit à dos de créature majestueuse.

ASIN ‏ : ‎ B0FVDY9M14 Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 15 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042021894

Soul Eater Perfect Edition – Tome 13 de Atsushi Ohkubo

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Retrouvez les célèbres faucheurs d’âmes dans une nouvelle édition Perfect pour le plus grand plaisir des fans de la licence !

Avec ce treizième volume de la Perfect Edition, Soul Eater entre dans l’une de ses séquences les plus sombres et les plus intenses. Atsushi Ohkubo poursuit son basculement progressif du shōnen explosif vers une œuvre profondément existentielle, où le combat n’est plus seulement physique mais mental, presque philosophique.

Au cœur de ce tome, une question simple et brutale : jusqu’où est-on prêt à aller pour obtenir le pouvoir que l’on désire ?

Après la destruction des vices dissimulés dans le Livre d’Eibon, Black☆Star s’engage seul vers l’ultime paragraphe afin de sauver Death the Kid. Une avancée qui prend rapidement des allures de descente aux enfers. Car Kid, confronté à une entité de pure démence, semble perdre pied, prisonnier d’une logique déformée où la raison et la symétrie — piliers de son identité — s’effondrent.

Ce tome marque un moment crucial dans l’évolution des personnages. Black☆Star, longtemps présenté comme un combattant excessif, bruyant et guidé par l’orgueil, révèle ici une maturité nouvelle. Sa quête de puissance ne repose plus uniquement sur le désir de surpasser les dieux, mais sur une conviction plus intime : protéger ceux qui comptent, quitte à se briser lui-même.

Le face-à-face entre Black☆Star et Kid est l’un des plus forts de la série. Il ne s’agit pas simplement d’un affrontement spectaculaire, mais d’un choc de visions du monde. D’un côté, la folie née du doute et de la perte de repères ; de l’autre, une détermination brute, presque primitive, qui refuse l’abandon. Les coups portés deviennent alors un langage, une tentative désespérée de ramener l’autre à la réalité.

Graphiquement, Atsushi Ohkubo livre certaines de ses planches les plus marquantes. Les déformations visuelles liées à la démence atteignent un niveau rarement égalé dans le manga grand public. Les corps se tordent, les décors se fragmentent, les visages perdent leur humanité. Le lecteur est plongé dans une esthétique cauchemardesque où le monde semble littéralement se fissurer.

La Perfect Edition sublime ce travail visuel : grand format, qualité d’impression renforcée, noirs profonds et détails plus lisibles permettent d’apprécier pleinement la richesse graphique et la créativité hallucinée de l’auteur.

Mais au-delà du spectaculaire, ce tome se distingue par sa portée thématique. Soul Eater interroge frontalement le prix du pouvoir, la frontière fragile entre ambition et folie, et la manière dont les idéaux peuvent devenir des prisons mentales. La démence n’est plus un simple antagoniste : elle devient une tentation permanente, un raccourci séduisant pour ceux qui refusent la peur et la faiblesse.

Ce treizième volume agit comme un point de rupture dans la narration. Les certitudes tombent, les héros vacillent, et la victoire n’est plus jamais garantie. Le ton est plus grave, parfois presque tragique, annonçant une dernière ligne droite où le monde lui-même semble au bord de l’effondrement.

Soul Eater Perfect Edition – Tome 13 confirme toute la puissance de la série : un shōnen d’action capable de mêler humour noir, énergie viscérale et réflexion profonde sur l’identité, la folie et le sacrifice.

Un volume intense, sombre et magistral, qui rappelle pourquoi Soul Eater demeure l’une des œuvres les plus singulières et audacieuses du manga contemporain.

Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 15 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 248 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2380716137 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2380716139

My Home Hero – Tome 26 de Naoki Yamakawa (Auteur), Masashi Asaki (Dessins)

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Que seriez-vous prêt à faire pour protéger votre famille ?

Après vingt-cinq volumes d’une tension constante, My Home Hero atteint avec ce tome 26 un point de bascule émotionnel et moral particulièrement fort. Plus que jamais, la série rappelle ce qui fait sa singularité : un thriller familial où la violence n’est jamais gratuite, mais toujours la conséquence directe d’un amour devenu absolu.

Depuis le début, Tetsuo Tosu agit par nécessité, par instinct paternel, par peur de perdre sa famille. Mais à mesure que les cadavres s’accumulent et que les mensonges s’enchevêtrent, une question n’a cessé de grandir : jusqu’où peut-on aller pour protéger ceux qu’on aime sans devenir soi-même un monstre ?

Ce vingt-sixième tome ne cherche plus à esquiver cette interrogation. Il l’affronte frontalement.

Alors que les événements se resserrent autour de la famille Tosu, les lignes morales se brouillent définitivement. Les alliances vacillent, les anciens ennemis changent de visage, et les choix posés dans l’urgence deviennent irréversibles. Le récit adopte une tonalité plus grave, presque funèbre, où chaque décision semble porter le poids d’une condamnation.

La phrase qui traverse le volume — « J’aime… mon père… » — agit comme un choc. Elle cristallise tout le paradoxe de la série : l’amour filial comme moteur de survie, mais aussi comme poison lent. Car aimer, dans My Home Hero, n’est jamais une bénédiction simple. C’est une responsabilité écrasante, parfois destructrice.

Naoki Yamakawa poursuit son travail d’écriture au scalpel. Le suspense ne repose plus uniquement sur les retournements de situation, mais sur la psychologie des personnages. Le lecteur connaît désormais les règles du jeu ; ce qui fascine, c’est de voir comment chacun tente d’y survivre sans perdre totalement son humanité.

Tetsuo, figure ordinaire devenue stratège du crime, apparaît plus fragile que jamais. Sa lucidité s’accompagne d’un épuisement palpable. Chaque manipulation, chaque mensonge supplémentaire semble l’éloigner un peu plus de l’homme qu’il était. Pourtant, il continue. Non par goût du sang, mais parce qu’il n’existe plus de retour possible.

Le dessin de Masashi Asaki accompagne parfaitement cette noirceur croissante. Les visages sont marqués, les regards souvent vides ou hagards. Les silences prennent autant de place que les dialogues, et la violence — rare mais brutale — frappe toujours sans emphase. La mise en scène privilégie l’attente, la peur diffuse, la menace invisible qui plane sur chaque page.

Ce tome 26 se distingue aussi par son rythme maîtrisé. Moins explosif que certains volumes précédents, il installe une tension psychologique lourde, presque suffocante. Le danger n’est plus seulement extérieur : il est désormais intérieur, inscrit dans les liens familiaux eux-mêmes.

My Home Hero n’a jamais été un simple polar. À ce stade de la série, il s’impose comme une tragédie moderne, où le héros n’est pas celui qui gagne, mais celui qui accepte de se perdre pour sauver les siens.

Ce nouveau volume confirme la maturité exceptionnelle du manga. Sans chercher la surenchère, il approfondit son propos sur la paternité, la culpabilité et le prix réel de la protection.

Un tome bouleversant, tendu et profondément humain, qui prépare une conclusion où chaque amour pourrait bien devenir une condamnation.

ASIN ‏ : ‎ B0FVF17FZZ Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 15 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042021603

NONAME – Tome 2 de Rafal Jaki (Auteur), Machine Gamu (Dessins)

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Alors que Ralf et Ursula poursuivent leur enquête sur les No Name, Åke, un haut placé du NNB, est assassiné. Un étrange message est retrouvé sur son corps.

Avec ce deuxième tome, NONAME quitte le terrain de l’exposition pour entrer pleinement dans celui du vertige. Là où le premier volume posait les règles d’un monde gouverné par le pouvoir des prénoms, cette suite en explore désormais les failles, les mensonges et la violence systémique.

Ralf et Ursula poursuivent leur enquête sur les mystérieux No Name, ces individus privés d’identité officielle, rejetés hors du cadre légal et devenus l’angle mort du système. Mais l’équilibre déjà fragile du Nordic Name Bureau vacille lorsqu’Åke, l’un de ses membres les plus influents, est retrouvé assassiné. Sur son corps, un message énigmatique laisse entendre que ce meurtre n’est pas un simple acte isolé, mais le symptôme d’une guerre idéologique en train de naître.

À partir de ce point de rupture, le récit prend une ampleur nouvelle. NONAME cesse d’être uniquement une enquête surnaturelle pour devenir un thriller politique, où chaque personnage incarne une position morale face au pouvoir : obéir, détourner les règles, ou les faire exploser.

Ralf, jusqu’ici fonctionnaire loyal malgré ses doutes, commence à soupçonner que la vérité se trouve du côté de ceux que le système qualifie de monstres. Sa quête personnelle le pousse à retrouver une figure du passé, révélant peu à peu que personne, pas même les enquêteurs, n’est innocent dans l’ordre établi.

La grande force de ce tome réside dans sa capacité à complexifier son univers sans jamais le diluer. Les notions de prénom, d’héritage et de destin prennent une dimension plus tragique encore. Le nom n’est plus seulement une source de pouvoir : il devient un instrument de domination sociale, un outil de sélection et d’effacement.

Rafal Jaki affine ici son écriture avec une grande maîtrise. Les dialogues gagnent en gravité, la narration se fait plus tendue, parfois étouffante. Le rythme s’accélère sans perdre sa profondeur, laissant volontairement le lecteur dans une zone d’inconfort permanent. Rien n’est jamais totalement expliqué, et cette part d’ombre nourrit l’intensité du récit.

Visuellement, Machine Gamu poursuit son travail remarquable. Son dessin gagne en contraste, multipliant les jeux d’ombres et les compositions fragmentées. Les visages se déforment sous le poids des révélations, tandis que les décors — couloirs administratifs, zones interdites, rues anonymes — deviennent le reflet d’une société qui se fissure. Chaque planche participe à cette sensation d’effondrement progressif.

Ce tome 2 marque également un basculement émotionnel. L’univers n’est plus observé de l’extérieur : il atteint désormais ses personnages de plein fouet. La frontière entre bourreaux et victimes s’efface, laissant place à une vérité plus dérangeante : le système n’est pas corrompu, il fonctionne exactement comme prévu.

NONAME interroge alors frontalement notre rapport à l’identité, à la normalisation et à la peur de ceux qui échappent aux cases. Que devient un individu lorsqu’il n’a plus de nom ? Est-il libre… ou condamné à l’invisibilité ?

Avec ce deuxième volume, la série confirme son ambition littéraire et politique. Rarement un manga contemporain aura su mêler aussi efficacement concept fantastique, critique sociale et tension narrative.

Un tome dense, sombre et profondément intelligent, qui transforme l’enquête en acte de résistance et annonce une suite où plus rien — ni les noms, ni les institutions, ni les personnages — ne pourra rester intact.

ASIN ‏ : ‎ B0FVDY98NT Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 15 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042022006

NONAME – Tome 1 de Rafal Jaki (Auteur), Machine Gamu (Dessins)

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Dans un monde où le prénom d’une personne détermine ses pouvoirs, Ralf et Ursula travaillent pour le Nordic Name Bureau (NNB), chargé de contrôler ceux qui les attribuent.

Avec NONAME, Rafal Jaki — déjà remarqué pour son sens aigu des univers dystopiques — livre un premier tome aussi conceptuel que viscéral, porté par une idée forte : dans ce monde, le prénom détermine les pouvoirs, la destinée et parfois même la place sociale.

Un simple mot devient identité, arme ou condamnation.

Dans cette société régie par l’onomancie, le Nordic Name Bureau (NNB) agit comme une autorité de contrôle. Son rôle : surveiller ceux qui attribuent les prénoms, prévenir les abus et maintenir un fragile équilibre entre les individus. C’est au sein de cette institution que travaillent Ralf et Ursula, deux enquêteurs que tout oppose, mais unis par une même lassitude face à un système qu’ils servent sans vraiment y croire.

Lorsqu’ils sont appelés à enquêter sur la disparition inexpliquée d’une mère et de son enfant, l’affaire semble d’abord banale. Mais très vite, la piste mène à un homme nommé Bodil — un prénom chargé de symboles et de conséquences. À partir de cette rencontre, le récit bascule dans une spirale plus sombre, où chaque nom cache une vérité, et où l’identité devient une prison.

Le manga déploie alors une réflexion vertigineuse sur la fatalité sociale, la transmission et le poids du langage. NONAME interroge ce que signifie être nommé, étiqueté, défini avant même d’avoir choisi qui l’on est. Le prénom n’est plus un héritage affectif : il devient un verdict.

Graphiquement, Machine Gamu impressionne par un trait nerveux et anguleux, parfois brutal, qui épouse parfaitement l’atmosphère froide et bureaucratique du récit. Les décors urbains, massifs et oppressants, évoquent une Europe du Nord dystopique, entre brutalité industrielle et mysticisme ancien. Les visages marqués, presque sculptés, renforcent le sentiment d’un monde figé où chacun porte sur lui le poids de son nom.

La narration, volontairement dense, refuse toute facilité. Le lecteur avance à tâtons, comme les enquêteurs eux-mêmes, découvrant peu à peu les règles de ce monde inquiétant. Cette exigence renforce l’immersion et donne au récit une vraie maturité, rare pour un premier tome.

Mais NONAME ne se contente pas d’un concept brillant. Il s’attache aussi à ses personnages, à leurs failles, à leurs doutes. Ralf incarne l’obéissance fatiguée ; Ursula, la colère contenue. Tous deux évoluent dans un univers où même la rébellion semble déjà écrite à l’avance.

Entre polar surnaturel, dystopie politique et fable philosophique, NONAME – Tome 1 pose les bases d’une série ambitieuse, sombre et profondément contemporaine. Une œuvre qui parle de contrôle social, de déterminisme et de liberté individuelle sans jamais sacrifier le suspense ni l’émotion.

Un manga aussi stimulant qu’inquiétant, qui transforme une simple question — comment t’appelles-tu ? — en interrogation existentielle majeure.

Un premier volume dense, audacieux et prometteur, qui marque une entrée remarquable dans le paysage du manga de genre.

ASIN ‏ : ‎ B0FVDLBR6Z Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 15 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 208 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042020903

Bourricorne de José Fragoso

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Bruno le bourricot en a assez de sa vie monotone à la ferme Bellevue. Il sent bien qu’il n’est pas un animal comme les autres: il est né pour être une bête de scène et il fera tout pour le devenir.

Avec Bourricorne, José Fragoso signe un album jeunesse plein d’énergie, d’humour et de fantaisie, porté par un héros aussi attachant qu’absurde : Bruno, un bourricot persuadé qu’il est destiné à la gloire.

Las de la routine de la ferme Bellevue, Bruno rêve de projecteurs, de costumes et d’applaudissements. Convaincu qu’il n’est pas un âne comme les autres, il décide de tenter sa chance au Théâtre des Merveilles en se faisant passer pour une licorne… ou presque. Car Bruno n’est pas une licorne ordinaire : il est un bourricorne, composé de 99 % de bourricot et d’1 % de licorne — un détail qu’il juge largement suffisant pour entrer dans la légende.

Le récit joue avec jubilation sur le décalage entre l’ambition démesurée du héros et la réalité parfois cruelle du spectacle. Entre quiproquos, rivalités et numéros plus ou moins convaincants, l’histoire interroge avec légèreté la quête d’identité, le besoin de reconnaissance et le droit de croire en ses rêves, même les plus farfelus.

Graphiquement, l’album déploie un univers expressif et coloré, où le mouvement et la théâtralité dominent. Les illustrations accentuent le comique de situation tout en donnant une véritable personnalité aux personnages secondaires, notamment cette mystérieuse fan prête à percer le secret de Bruno.

Sous ses allures de comédie loufoque, Bourricorne délivre un message bienveillant sur l’acceptation de soi, la différence et le courage d’oser être qui l’on est — même si l’on n’est licorne qu’à un pour cent. Un album joyeux, rythmé et irrésistible, parfait pour célébrer l’imagination et la confiance en soi dès le plus jeune âge.

Éditeur ‏ : ‎ Nopp Date de publication ‏ : ‎ 23 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ 1er Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 64 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 8412928954 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-8412928952

Loin de moi de Christine Mari

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Mi-américaine, mi-japonaise, née à Tokyo mais élevée aux États-Unis, Christine s’est toujours sentie la moitié d’elle-même…

Avec Loin de moi, Christine Mari livre un récit intime et délicat sur la quête d’identité, le sentiment d’entre-deux et la difficulté de trouver sa place lorsque l’on appartient à plusieurs mondes sans jamais se sentir totalement chez soi.

Mi-américaine, mi-japonaise, née à Tokyo mais élevée aux États-Unis, l’autrice raconte le parcours d’une jeune femme convaincue qu’un retour au Japon lui permettra enfin de se réapproprier une part d’elle-même longtemps mise à distance. Ce voyage, pensé comme une réconciliation intérieure, prend la forme d’une année universitaire à Tokyo, porteuse d’espoirs et de promesses de complétude.

Mais très vite, le fantasme du « retour aux origines » se fissure. Là où Christine pensait retrouver un sentiment d’appartenance, elle découvre une autre forme d’isolement. Trop japonaise pour être perçue comme américaine, trop étrangère pour être considérée comme pleinement japonaise, elle se confronte à une identité fragmentée que ni la langue, ni les codes sociaux, ni la culture ne suffisent à réparer.

Le livre se distingue par sa grande justesse émotionnelle. Sans jamais forcer le trait, Christine Mari décrit les micro-blessures du quotidien : regards insistants, maladresses culturelles, attentes projetées par les autres. L’écriture, simple et sincère, s’accompagne d’illustrations sensibles qui traduisent visuellement le décalage intérieur de l’héroïne, souvent isolée dans des décors urbains pourtant grouillants de vie.

Loin de moi aborde avec finesse des thèmes profondément contemporains : la double culture, l’exil intérieur, la pression des origines et la construction de soi à l’âge adulte. Plus qu’un récit de voyage, l’ouvrage devient une méditation douce-amère sur ce que signifie « appartenir », et sur l’acceptation d’une identité plurielle qui ne se résout pas toujours.

  • Éditeur ‏ : ‎ Delcourt
  • Date de publication ‏ : ‎ 22 janvier 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 304 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2413088083
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2413088080

Agence Lockwood & associés T1: Les fantômes, c’est mon métier de Rachele (Illustration), Jonathan Stroud (Auteur)

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Depuis 50 ans, l’Angleterre est en quarantaine : les âmes des défunts ne trouvent plus le repos et hantent les vivants.

Agence Lockwood & associés T1 : Les fantômes, c’est mon métier ouvre une série aussi jubilatoire que sombre, dans laquelle Jonathan Stroud déploie tout son talent pour mêler fantastique, aventure et humour britannique très sec.

Depuis cinquante ans, l’Angleterre vit sous la menace permanente du Problème : les morts refusent de quitter le monde des vivants. Les fantômes hantent les maisons, les rues et les monuments, et le moindre contact peut s’avérer fatal. Face à ce danger invisible, seuls les adolescents, plus sensibles aux manifestations surnaturelles, sont capables de détecter et de combattre les esprits. Une situation aussi absurde qu’inquiétante, devenue la norme dans une société organisée autour de la peur… et du profit.

C’est dans ce contexte que Lucy Carlyle, jeune chasseuse de fantômes talentueuse mais fauchée, rejoint la petite agence Lockwood & associés. À sa tête, Antony Lockwood : charismatique, imprudent, légèrement arrogant et farouchement indépendant. L’agence, minuscule face aux grandes firmes ultra-capitalisées du secteur, survit tant bien que mal, entre missions dangereuses et dettes accumulées. Rapidement, une enquête qui semblait anodine va révéler des enjeux bien plus inquiétants que prévu.

Jonathan Stroud excelle dans l’installation d’une atmosphère à la fois oppressante et ludique. Les scènes de chasse aux fantômes sont tendues, parfois franchement effrayantes, mais toujours traversées par un humour pince-sans-rire qui désamorce la terreur sans jamais la nier. L’univers est remarquablement construit : règles claires du surnaturel, hiérarchie sociale fondée sur la peur, adultes incompétents laissant les adolescents risquer leur vie – un choix narratif qui renforce la dimension critique du récit.

La grande force du roman réside aussi dans ses personnages. Lucy, narratrice lucide et ironique, apporte une voix moderne et attachante. Lockwood, figure ambiguë, fascine autant qu’il intrigue, tandis que les relations au sein de l’agence se construisent sur la confiance, le danger et une solidarité forgée dans l’urgence. Derrière l’aventure fantastique, le roman parle aussi de solitude, de classe sociale et de la difficulté à trouver sa place dans un monde verrouillé.

Accessible, rythmé et visuellement très évocateur, Les fantômes, c’est mon métier pose les bases d’une saga addictive, capable de séduire aussi bien les jeunes lecteurs que les amateurs de fantasy urbaine plus mature. Un premier tome efficace, intelligent et terriblement divertissant, qui prouve que Jonathan Stroud maîtrise à la perfection l’art du fantastique populaire de qualité.

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES Date de publication ‏ : ‎ 14 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 64 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2810207283 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810207282

Picsou Magazine Hors-Série HS02. Souvenirs du Klondike Une BD de Corrado Mastantuono

Contient les 6 épisodes de la série « Blue Peaks Valley » + une interview de l’auteur.

Avec Picsou Magazine Hors-Série HS02 – Souvenirs du Klondike, Corrado Mastantuono livre un hommage vibrant et profondément incarné aux grandes heures de la ruée vers l’or, en s’inscrivant dans la plus pure tradition des récits fondateurs de l’univers de Picsou.

Réunissant les six épisodes de la série Blue Peaks Valley, ce hors-série séduit par son souffle romanesque et son approche plus réaliste, presque mélancolique, du Klondike. Mastantuono y déploie un dessin somptueux, ample et expressif, qui donne toute sa densité aux paysages enneigés, à la rudesse du froid et à la solitude des chercheurs d’or. Le trait, très cinématographique, privilégie les atmosphères, les silences et les regards, renforçant la dimension humaine de l’aventure.

Loin de l’or clinquant, Souvenirs du Klondike s’attache à la mémoire, à l’effort et au prix à payer pour les rêves de fortune. Le récit explore la naissance des mythes et la part d’ombre de l’épopée, dans un équilibre subtil entre aventure, introspection et tragédie. L’interview de l’auteur, incluse en fin d’ouvrage, éclaire avec intelligence ses choix artistiques et son rapport à l’héritage de Carl Barks et Don Rosa.

Un hors-série élégant et ambitieux, qui s’adresse autant aux amateurs de Picsou qu’aux lecteurs sensibles aux grands récits d’aventure humanistes, et qui confirme Corrado Mastantuono comme l’un des auteurs majeurs du canard milliardaire contemporain.

L’Addiction s’il vous plait: Les confessions d’un alcoolique qui se soigne de Terreur Graphique

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Né sur Instagram, L’Addiction, s’il vous plaît est bien plus qu’un témoignage : c’est une plongée sans filtre dans le combat de Terreur Graphique contre l’alcool.

Avec L’Addiction, s’il vous plaît, Terreur Graphique livre une œuvre d’une puissance brute et d’une honnêteté désarmante, qui dépasse largement le cadre du simple témoignage. Né sur les réseaux sociaux, le projet trouve ici une forme aboutie, cohérente et profondément littéraire, où le dessin devient un outil de survie autant qu’un moyen de compréhension.

L’auteur y raconte son combat contre l’alcool sans fard ni posture héroïque. Tout est montré : les rechutes, les justifications, les mensonges à soi-même, la honte, mais aussi l’humour comme bouclier, la lucidité comme arme et l’autodérision comme respiration. Terreur Graphique ne cherche jamais à édulcorer son récit ni à donner des leçons. Il expose, frontalement, ce que signifie vivre avec une addiction qui s’insinue partout : dans l’héritage familial, les relations amoureuses, le rapport au travail, à la fête, à la création et au regard des autres.

La force de l’ouvrage réside dans sa capacité à articuler l’intime et le collectif. À travers son histoire personnelle, l’auteur interroge la place de l’alcool dans notre société, sa banalisation, son omniprésence culturelle et la violence silencieuse qu’elle engendre. La pop culture, les codes de la virilité, la pression sociale et la quête de reconnaissance sont autant de fils que le livre tisse pour montrer que l’addiction n’est jamais un simple problème individuel.

Graphiquement, le style de Terreur Graphique, immédiatement reconnaissable, accompagne parfaitement le propos. Le dessin, volontairement brut, parfois presque agressif, traduit l’urgence, la colère et la confusion intérieure. Les pages alternent entre fulgurances visuelles, silences lourds et punchlines implacables, créant un rythme qui épouse celui de la dépendance elle-même : chaotique, obsessionnel, épuisant.

Mais L’Addiction, s’il vous plaît n’est pas un livre désespéré. Il parle aussi du soin, de la lente reconstruction, de la difficulté à se regarder en face et de la fragilité du chemin vers la sobriété. Sans promettre de miracle, Terreur Graphique rappelle que le combat est quotidien, imparfait, et profondément humain.

Œuvre à la fois drôle, violente et bouleversante, ce livre s’impose comme le travail le plus abouti de son auteur. Un récit nécessaire, courageux, qui touche par sa sincérité et laisse une empreinte durable, bien au-delà de la dernière page.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 7 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 144 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 220329793X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203297937