Nos accords imparfaits de Cécile Dupuis (Dessins, Rédacteur), Gilles Marchand (Scenario)

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Face A. Anton et Hélène vivent ensemble, dansent ensemble, écoutent de la musique ensemble, font tout ou presque ensemble : ils s’aiment.

Avec Nos accords imparfaits, Cécile Dupuis et Gilles Marchand livrent une bande dessinée délicate et profondément sensible, qui explore la fragilité des liens amoureux et la difficulté de communiquer lorsque les mots viennent à manquer. Construit comme un disque vinyle, avec une Face A et une Face B, l’album joue brillamment sur cette structure pour raconter à la fois une histoire intime et une traversée presque onirique.

Dans la première partie, le récit s’ancre dans le quotidien d’Anton et Hélène, un couple uni par l’amour et la musique. Elle est violoncelliste, lui livreur, et leur relation semble d’abord harmonieuse, rythmée par les gestes partagés et les silences complices. Mais peu à peu, un autre silence s’installe, plus lourd, plus inquiétant. Anton perd les mots, se replie sur lui-même, incapable d’exprimer ses sentiments. Cette disparition du langage devient le symptôme d’un malaise plus profond : la perte de sens, dans le couple comme dans la vie professionnelle. La Face A capte avec une grande justesse cette lente dérive, faite de non-dits, de solitude à deux et de musique comme dernier refuge.

La Face B bascule dans une dimension plus symbolique. Une panne, un dernier colis à livrer, une adresse qui n’existe sur aucune carte : le récit quitte le réalisme pour emprunter les chemins du conte et de l’errance intérieure. La ville étrange dans laquelle Anton s’enfonce agit comme un miroir de son état émotionnel, un labyrinthe mental où se mêlent culpabilité, espoir et désir de réparation. Ce voyage devient une quête, non seulement pour retrouver Hélène, mais aussi pour se retrouver lui-même et renouer avec ce qui a été perdu.

Le dessin de Cécile Dupuis accompagne magnifiquement cette double narration. Son trait, à la fois doux et expressif, sait se faire intimiste dans les scènes du quotidien et plus déroutant dans les passages oniriques. La musique, omniprésente, est rendue visible par le rythme des planches, la composition des pages et les silences graphiques, qui disent parfois plus que les dialogues.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 7 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 160 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 220329566X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203295667

Les Moribonds de Florence Dupré la Tour

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Gabriel erre dans les décombres d’un monde contemporain ravagé par une épidémie de morts-vivants.

Avec Les Moribonds, Florence Dupré la Tour s’empare des codes du récit post-apocalyptique et du mythe du vampire pour livrer une bande dessinée aussi mordante qu’intelligente, où l’humour noir sert une réflexion politique et sociale d’une redoutable efficacité.

Dans un monde contemporain ravagé par une épidémie de morts-vivants, Gabriel erre parmi les ruines. Il a faim, il est seul, et surtout, il est un vampire. Or dans cet univers où les humains ont presque disparu, cette condition autrefois dominante devient une malédiction. Le sang se raréfie, la survie devient incertaine, et Gabriel se retrouve confronté à une angoisse inédite : celle de manquer de ressources, d’être inutile, dépendant, vulnérable.

Toute la force de l’album réside dans ce renversement des rapports de domination. En détournant la figure classique du vampire — traditionnellement associée à l’aristocratie, à la rente et à l’exploitation — Florence Dupré la Tour propose une satire sociale brillante. Les anciens prédateurs se retrouvent à la merci des plus fragiles, les hiérarchies s’effondrent, et la question du travail, de la valeur et de l’interdépendance entre les êtres devient centrale. Que devient celui qui vivait du travail et du sang des autres lorsque ce système disparaît ?

Le ton oscille avec une grande justesse entre tragédie existentielle et comédie absurde. Gabriel est un anti-héros profondément attachant, pathétique parfois, lucide souvent, dont les errances font naître autant de rires grinçants que de moments de mélancolie. L’autrice parvient à traiter de thèmes lourds — exploitation, fin d’un modèle social, survie collective — sans jamais alourdir le récit, grâce à une écriture précise et un sens aigu du décalage.

Graphiquement, le dessin de Florence Dupré la Tour accompagne parfaitement cette atmosphère de fin du monde désenchantée. Le trait, expressif et nerveux, donne une vraie personnalité aux personnages et aux décors en ruine, tandis que la mise en scène privilégie le rythme et l’efficacité narrative. Le monde dévasté n’est jamais spectaculaire : il est sale, banal, presque ordinaire, ce qui renforce la portée satirique de l’ensemble.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 7 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 96 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203300019 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203300019

The O.D.D. Squad: Captain Bad Vs Captain Worse (English Edition) de Stuart Heritage (Auteur), Vincent Batignole (Illustrations)

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Discover the newest book in this brilliant full-colour, illustrated series. Perfect for reluctant readers aged 6+, and for fans of Bunny vs Monkey, Dog Man and The Investigators.

Avec The O.D.D. Squad: Captain Bad Vs Captain Worse, Stuart Heritage et Vincent Batignole signent un nouvel épisode aussi déjanté qu’efficace de cette série illustrée pensée pour les jeunes lecteurs… et tous ceux qui aiment l’humour absurde bien mené. Dès les premières pages, le ton est donné : ici, l’aventure rime avec non-sens, rythme effréné et imagination sans limites.

Dans Justice City, Quack Attack, Detective Octopus et Invisidog forment une équipe de super-héros aussi improbables qu’attachants. Leur force ? Une dynamique de groupe jubilatoire, portée par des dialogues ciselés et un sens du comique qui joue autant sur le visuel que sur la situation. Lorsque leur ennemi juré, Captain Bad, décide de se cloner pour vaincre définitivement l’O.D.D. Squad, l’histoire bascule dans une surenchère savoureuse : la naissance accidentelle de Captain Worse, version encore plus dangereuse et incontrôlable de lui-même, redistribue totalement les cartes.

Le scénario, volontairement excessif, fonctionne comme une mécanique comique parfaitement huilée. Stuart Heritage maîtrise l’art du gag tout en conservant une véritable progression narrative, ce qui rend la lecture addictive. Les illustrations en couleurs de Vincent Batignole jouent un rôle central : expressives, dynamiques, pleines de détails loufoques, elles accompagnent idéalement le texte et renforcent l’accessibilité de l’ouvrage, notamment pour les lecteurs réticents.

Sous ses airs de pur divertissement, le livre valorise aussi la coopération, l’acceptation des différences et l’idée que même les pires adversaires peuvent, parfois, devenir des alliés inattendus. Une approche intelligente, jamais moralisatrice, qui explique le succès de la série auprès des enfants dès 6 ans.

Drôle, inventif et visuellement très séduisant, Captain Bad Vs Captain Worse s’impose comme une lecture idéale pour donner le goût des livres, dans la lignée de séries cultes comme Dog Man ou Bunny vs Monkey. Un concentré d’humour et d’énergie, parfaitement calibré pour le jeune public d’aujourd’hui.

  • Éditeur ‏ : ‎ Puffin
  • Date de publication ‏ : ‎ 28 août 2025
  • Langue ‏ : ‎ Anglais
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 208 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 0241731550
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-0241731550
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L’Atelier des fées T2 de Akane Wakita

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Installée dans l’atelier de Kyoko, Mary se forme à ses côtés et crée ses propres modèles

Dans ce second tome, L’Atelier des fées confirme tout ce qui fait le charme singulier de la série d’Akane Wakita : une délicatesse narrative rare, un regard bienveillant sur la différence et une célébration discrète de la création comme langage universel. Installée auprès de Kyoko, Mary poursuit son apprentissage avec patience et émerveillement, tout en nourrissant une curiosité grandissante pour le monde des humains.

La rencontre avec un jeune garçon passionné de couture marque un tournant sensible du récit. Comme Kyoko avant lui, il est capable de voir Mary pour ce qu’elle est réellement, au-delà des apparences. À travers cette reconnaissance mutuelle, le manga aborde avec une grande finesse la question du regard porté sur l’autre, de l’acceptation de soi et de la liberté de suivre sa propre voie, loin des normes imposées.

Le trait d’Akane Wakita, d’une douceur aérienne, accompagne parfaitement ce récit intimiste, où chaque geste, chaque création textile devient un acte de résistance poétique face à l’invisibilisation. Sans jamais être démonstratif, ce tome 2 approfondit les thématiques de l’émancipation, du lien et de la transmission, tout en conservant une atmosphère chaleureuse et apaisante.

L’Atelier des fées s’impose ainsi comme une série précieuse, aussi réconfortante que profondément humaine, capable de toucher lecteurs jeunes et adultes par sa sincérité et sa sensibilité.

  • Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES
  • Date de publication ‏ : ‎ 7 janvier 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2810209073
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810209071

La Chanson de Lala T1 de Sui Kohno

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Le Clan de la mémoire a pour mission de recueillir les souvenirs des humains décédés et de les accompagner vers l’au-delà au travers de rituels chantés.

Avec La Chanson de Lala – Tome 1, Sui Kohno propose une œuvre singulière et profondément mélancolique, à la croisée du fantastique, du thriller et du récit initiatique. Dès les premières pages, le manga installe une atmosphère feutrée, presque suspendue, où la mort n’est ni brutale ni spectaculaire, mais intime, ritualisée, chargée de mémoire et d’émotion.

Le concept du Clan de la mémoire, chargé d’accompagner les âmes des défunts par le chant, est d’une grande richesse symbolique. Le chant devient ici un acte sacré, un passage entre les mondes, mais aussi un outil de contrôle, régi par des règles strictes que nul ne doit remettre en question. C’est précisément dans cette tension que s’inscrit Lala, héroïne curieuse et sensible, dont le regard neuf fissure peu à peu l’ordre établi. Face à sa sœur Aridela, figure déjà intégrée au système, Lala incarne le doute, la désobéissance et le désir de comprendre ce qui se cache derrière les traditions.

Narrativement, le manga avance avec retenue, préférant la suggestion à l’explication frontale. Les révélations autour du clan des Kalm et de la véritable nature de la mort s’insinuent progressivement, créant un suspense discret mais constant. Cette lente montée en tension renforce l’impact émotionnel et donne au récit une profondeur rare, où chaque souvenir collecté semble résonner avec les interrogations existentielles de l’héroïne.

Graphiquement, le trait de Sui Kohno accompagne parfaitement le propos : délicat, épuré, parfois presque fragile. Les visages expriment beaucoup avec peu, les silences pèsent autant que les dialogues, et les scènes rituelles dégagent une beauté sombre, presque hypnotique. Le travail sur la lumière et les regards accentue ce sentiment d’entre-deux, de frontière floue entre la vie et la mort.

La Chanson de Lala s’impose ainsi comme un premier tome remarquable, aussi introspectif que captivant. Un manga qui interroge notre rapport à la mémoire, à la perte et à l’humanité, tout en posant les bases d’un univers original et profondément émouvant. Une œuvre à part, qui séduira les lecteurs en quête de récits sensibles, mystérieux et chargés de sens.

  • Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES
  • Date de publication ‏ : ‎ 7 janvier 2026
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 228 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2810208603
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810208609

La Grande Histoire de Picsou – Tome 01 de Don Rosa (Auteur)

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L’œuvre de Don Rosa dans un nouveau format !

Avec La Grande Histoire de Picsou, Don Rosa signe bien plus qu’une simple série d’aventures : il bâtit une véritable mythologie autour de l’un des personnages les plus emblématiques de l’univers Disney. Ce premier tome pose les fondations d’un récit ample et ambitieux, retraçant la jeunesse de Balthazar Picsou et donnant enfin une profondeur historique, émotionnelle et psychologique à un personnage souvent réduit à sa légendaire avarice.

Héritier direct de l’œuvre de Carl Barks, Don Rosa ne se contente pas de rendre hommage : il prolonge, éclaire et structure un univers foisonnant, en reliant entre elles des décennies d’histoires. Chaque épisode s’inscrit dans une continuité rigoureuse, nourrie par une érudition impressionnante et un profond respect du matériau original. Picsou y apparaît tour à tour aventurier, migrant, bâtisseur, parfois dur, souvent obstiné, mais toujours animé par une volonté farouche de s’élever par son travail.

Graphiquement, le trait dense et expressif de Don Rosa regorge de détails, de gags visuels et de références cachées qui enrichissent la lecture à plusieurs niveaux. Son dessin, plus anguleux que celui de Barks, apporte une énergie particulière aux scènes d’action comme aux moments plus intimes, renforçant la dimension épique et parfois mélancolique du récit.

Ce premier volume impose ainsi La Grande Histoire de Picsou comme une œuvre fondatrice, capable de séduire aussi bien les lecteurs de longue date que ceux qui découvrent le personnage. À la croisée du récit d’aventure, de la fresque familiale et du conte moderne sur l’ambition et le prix du succès, Don Rosa offre à Picsou une profondeur rarement atteinte dans la bande dessinée grand public. Un classique incontournable, enfin présenté dans un format à la hauteur de son importance.

  • Éditeur ‏ : ‎ Glénat Disney
  • Date de publication ‏ : ‎ 3 décembre 2025
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 208 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2344072578
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344072578

Les Fleurs du mal (Ledroit) de Olivier Ledroit (Auteur), Charles Baudelaire (Auteur original)

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Au-delà des mots, une rencontre picturale et sensorielle avec Charles Baudelaire

Olivier Ledroit ne se contente pas d’illustrer Les Fleurs du mal : il en propose une véritable réincarnation visuelle. Loin de l’exercice académique ou décoratif, l’artiste s’immerge dans l’univers mental de Charles Baudelaire pour en restituer la fièvre, les obsessions et la sensualité trouble. Chaque image semble naître d’un même vertige que celui du poète, entre spleen urbain, fascination pour la beauté et attirance pour la chute.

Le livre se présente comme un objet d’art à part entière. Le grand format à l’italienne permet à Ledroit de déployer toute la richesse de son trait, d’une précision presque baroque. Femmes fatales, corps languissants, visages hallucinés, monuments parisiens et symboles macabres s’entrelacent dans des compositions foisonnantes, où l’érotisme côtoie la mort avec une grâce vénéneuse. La couleur, tantôt éclatante, tantôt assombrie par des teintes sépulcrales, accompagne les variations émotionnelles du texte baudelairien.

Ce qui frappe surtout, c’est la cohérence entre le fond et la forme. Ledroit ne cherche pas à illustrer chaque poème de manière littérale, mais à recréer l’atmosphère culturelle, artistique et spirituelle dans laquelle Baudelaire a plongé. Paris devient un théâtre fantasmé, les figures féminines incarnent tour à tour l’idéal inaccessible, la tentation et la damnation, tandis que les motifs récurrents — chats, crânes, visions oniriques — agissent comme des échos visuels aux thèmes majeurs de l’œuvre.

Cette adaptation est aussi une rencontre entre deux artistes séparés par un siècle et demi mais unis par une même sensibilité : le goût de l’excès, la recherche d’une beauté absolue et la lucidité cruelle sur la condition humaine. Les Fleurs du mal version Ledroit n’est ni une bande dessinée classique ni un simple livre illustré : c’est une expérience sensorielle, presque immersive, qui invite le lecteur à redécouvrir Baudelaire à travers un prisme résolument contemporain.

Un ouvrage somptueux, exigeant et envoûtant, destiné autant aux amateurs de bande dessinée qu’aux passionnés de poésie et d’art, et qui confirme Olivier Ledroit comme l’un des grands passeurs visuels de l’imaginaire littéraire.

  • Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD
  • Date de publication ‏ : ‎ 19 novembre 2025
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 248 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2344066780
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344066782
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 2,49 Kilograms
  • Âge de lecture ‏ : ‎ Dès 16 ans

Loumi T01 L’Odyssée du poisson pané par Guillaume Meurice ; Loic Senan ; Cyril Jegou

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Mais qu’y a-t-il dans le poisson pané servi à Loumi par son tonton Marco ? Elle décide d’enquêter, envers et contre tous, auprès de pêcheurs désemparés, d’activistes déterminés et de lobbyistes retors… Une nouvelle héroïne en colère contre le monde tel qu’il est, dans une série d’humour documentaire.

Dans Loumi – L’Odyssée du poisson pané, Guillaume Meurice, Loïc Sénéan et Cyril Jégou inventent une forme aussi réjouissante qu’intelligente : la bande dessinée d’enquête politico-alimentaire, menée tambour battant par une héroïne jeune, lucide et furieusement déterminée.

Tout part d’un détail du quotidien, presque anodin : un poisson pané servi par le tonton Marco. Mais derrière cette panure dorée se cache un monde opaque, fait de surpêche, d’industries prédatrices, de discours rassurants et de silences organisés. Loumi décide de comprendre ce qu’elle mange — et, ce faisant, de questionner un système entier. L’album épouse alors les codes du reportage : rencontres avec des pêcheurs démunis, activistes engagés, experts alarmants et lobbyistes à la rhétorique bien huilée.

Le scénario de Guillaume Meurice fait mouche par sa capacité à mêler humour mordant et information rigoureuse, sans jamais tomber dans le didactisme pesant. Le rire devient une arme critique, un outil de dévoilement. Le dessin, vif et expressif, accompagne parfaitement cette dynamique : clair, lisible, souvent ironique, il donne chair aux débats et rend accessibles des enjeux complexes.

Mais Loumi ne se contente pas d’informer. L’album capte une colère générationnelle, celle d’une jeunesse qui refuse l’héritage empoisonné qu’on lui prépare et qui réclame des comptes. Loumi n’est pas une héroïne idéale : elle doute, s’emporte, se heurte aux murs du réel. Et c’est précisément ce qui la rend si actuelle et attachante.

Avec ce premier tome, la série pose les bases d’un projet ambitieux : faire de la BD un espace de réflexion politique populaire, drôle et percutant. L’Odyssée du poisson pané est à la fois une lecture divertissante et un salutaire électrochoc, qui donne envie de rire, de comprendre… et surtout de ne plus avaler n’importe quoi sans poser de questions.

Éditeur ‏ : ‎ Delcourt Date de publication ‏ : ‎ 22 octobre 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 48 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2413091106 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2413091103

Oshi no ko – tome 16 – collector – Edition spéciale de Aka Akasaka (Auteur), Mengo Yokoyari (Auteur)

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Le coffret collector d’Oshi no Ko – tome 16 s’impose comme un véritable objet de célébration pour conclure une œuvre devenue emblématique. Pensé comme un écrin de fin de parcours, il ne se contente pas d’accompagner le dernier volume : il en prolonge l’émotion et l’empreinte visuelle.

Le soin éditorial est immédiatement perceptible. Le coffret rigide, richement illustré, met en valeur l’identité graphique de la série, entre éclat idol et mélancolie crépusculaire. Les illustrations choisies jouent sur le contraste qui a fait la force d’Oshi no Ko : la beauté lumineuse du spectacle face à sa noirceur intime. Le rendu est élégant, harmonieux, et suffisamment sobre pour éviter l’effet “goodies gratuits”.

Les contenus exclusifs renforcent l’impression d’un ensemble pensé pour les lecteurs fidèles. Les prints, cartes et éléments bonus prolongent l’univers sans le diluer, offrant à la fois des objets de collection et des supports visuels forts, idéaux pour garder une trace matérielle de cette conclusion marquante. Chaque élément trouve sa place, sans surcharge, avec une vraie cohérence esthétique.

Ce coffret se distingue aussi par sa dimension symbolique : il agit comme un point final assumé, un hommage à la série autant qu’à ses lecteurs. Là où certains collectors se contentent d’ajouter de l’ornement, celui-ci accompagne le dernier tome dans une démarche presque commémorative.

En somme, un collector abouti, élégant et respectueux de l’œuvre, qui s’adresse clairement aux fans de la première heure et s’impose comme une pièce de choix dans une collection manga. Un bel adieu, à la hauteur de l’impact émotionnel et culturel d’Oshi no Ko.

Philia Rosé : La prophétie de la couronne d’épines – tome 2 de BHD (Auteur), Youngji Kim (Auteur), RYUTA FUSE (Auteur)

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Découvrez l’histoire d’une jeune prêtresse qui ne recule devant rien pour défier le destin et les liens de la couronne.

Avec ce deuxième tome, Philia Rosé : La prophétie de la couronne d’épines confirme son statut de romantasy ambitieuse où l’intime s’entrelace brillamment avec le politique. L’univers s’élargit, les enjeux se durcissent et les auteurs approfondissent avec justesse la dualité qui anime leurs personnages, en particulier le tandem explosif formé par Philia et le prince Léo.

La jeune prêtresse gagne en densité et en complexité. Confrontée à un héritier prêt à déclencher une guerre pour s’emparer du trône, elle tente d’opposer à cette soif de conquête sa foi, sa douceur et une forme d’intelligence stratégique qu’elle n’avait jamais eu à déployer à ce niveau. C’est précisément quand elle découvre que ses mots ne suffisent plus que le récit prend toute son ampleur : Philia comprend que pour influencer Léo, il lui faudra revoir entièrement sa manière d’agir, apprivoiser ses contradictions et s’approcher d’un homme qu’elle sait capable du pire autant que du meilleur.

De son côté, le prince Léo apparaît comme un antagoniste fascinant, mû par une blessure intime autant que par une ambition farouche. Sa relation avec Philia, à mi-chemin entre confrontation, attirance et manipulation, nourrit une tension dramatique constante et parfaitement maîtrisée. Chaque échange semble pouvoir faire basculer le destin du royaume.

L’écriture dynamique, le sens du rythme et l’illustration au trait expressif donnent à l’ensemble une intensité rarement atteinte dans les séries du même genre. Qu’il s’agisse des scènes de palais, des moments de doute ou des tête-à-tête chargés d’une tension émotionnelle subtile, tout concourt à offrir une lecture captivante et visuellement superbe.

Ce deuxième tome s’impose ainsi comme une montée en puissance réussie, où la romance n’étouffe jamais la réflexion sur le pouvoir, le destin, l’éthique et la liberté individuelle. Philia, prise dans l’étau d’un avenir qui semble tracé d’avance, s’affirme comme une héroïne moderne, fragile mais déterminée, capable de remettre en cause l’ordre établi au péril de sa propre vie.

Éditeur ‏ : ‎ Kotoon Date de publication ‏ : ‎ 20 novembre 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 320 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2494102677 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494102675