Avec C’est dans ma nature !, Angela Salerno propose un album d’une grande intelligence émotionnelle, à la fois ludique, sensible et profondément bienveillant, qui aide les enfants à mieux se comprendre… et les adultes à mieux les accompagner.
À travers une galerie de saynètes animalières expressives et pleines d’humour, l’autrice explore les multiples facettes de la personnalité humaine. Timide ou exubérant, câlin ou indépendant, impatient, rêveur, espiègle, sérieux, impulsif ou réfléchi : aucun trait n’est figé, aucun n’est jugé. L’album évite soigneusement l’écueil du « bon » et du « mauvais » caractère pour privilégier une approche nuancée, vivante et profondément juste. Chaque trait devient une couleur parmi d’autres, appelée à coexister, à évoluer, à se transformer selon les moments de la vie.
Le dispositif est d’une redoutable efficacité pédagogique : l’enfant s’identifie spontanément aux animaux, reconnaît ses émotions du jour, met des mots sur ses ressentis. En feuilletant le livre, il comprend qu’il peut être beaucoup de choses à la fois — et que cela n’a rien d’anormal. Cette reconnaissance favorise l’estime de soi, l’acceptation des différences et l’ouverture à l’autre, sans jamais passer par un discours moralisateur.
Graphiquement, l’album séduit par son expressivité et sa clarté. Les illustrations, accessibles à tous les âges, jouent sur l’observation fine des attitudes et des émotions, rendant chaque scène immédiatement lisible. Le texte, simple et précis, accompagne l’image sans la surcharger, laissant toute sa place à l’interprétation et à l’échange.
C’est dans ma nature ! est bien plus qu’un imagier de caractères : c’est un outil précieux pour parler des émotions, de la personnalité et de l’identité en construction. Un livre idéal pour la lecture partagée, à l’école comme à la maison, qui rappelle avec douceur que notre richesse réside justement dans nos nuances.
ASIN : B0FRR99FPR Éditeur : MARTINIERE J Date de publication : 6 février 2026 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 40 pages ISBN-13 : 979-1040126027
Sylvie est une femme sans histoires. Employée de mairie efficace, investie dans une association paroissiale, discrète jusqu’à l’effacement.
Avec Une employée modèle, Jean-Christophe Tixier signe un roman noir d’une redoutable finesse psychologique, qui transforme une existence ordinaire en vertige moral.
Sylvie est l’archétype de l’invisible : employée municipale irréprochable, bénévole investie, femme discrète jusqu’à l’effacement. Elle incarne la norme, le respect des règles, la vie rangée. Lorsque son frère Antoine, joueur compulsif criblé de dettes, lui confie qu’il est menacé de mort, Sylvie franchit une ligne qu’elle pensait infranchissable. Pour le sauver, elle orchestre sa disparition : faux papiers, plan de fuite, nouvelle identité. Une opération menée avec une efficacité troublante, presque naturelle.
C’est là que le roman bascule. Ce qui devait rester un acte unique, dicté par l’urgence et l’amour fraternel, devient un révélateur. Sylvie découvre en elle une aptitude insoupçonnée à contourner la loi, à manipuler, à décider. Peu à peu, l’illégalité cesse d’être une transgression pour devenir un espace de liberté. L’engrenage est lancé, et avec lui une question centrale, aussi dérangeante que captivante : et si enfreindre les règles était, pour Sylvie, la seule manière d’exister enfin ?
Jean-Christophe Tixier excelle dans l’art de l’ambiguïté morale. Il ne juge jamais son personnage, mais l’accompagne au plus près, dans ses contradictions, ses élans, ses justifications intimes. Le suspense ne repose pas tant sur l’intrigue criminelle que sur l’évolution intérieure de Sylvie, sur cette lente métamorphose d’une femme « modèle » en stratège de l’ombre. Le roman interroge subtilement la place des femmes invisibilisées, la violence sourde des existences normées, et la fascination du passage à l’acte.
L’écriture est précise, tendue, sans fioritures inutiles. Chaque geste compte, chaque décision a un poids. Le quotidien administratif, les détails banals de la vie de Sylvie contrastent avec la gravité de ses actes clandestins, renforçant le malaise et la tension. Cette sobriété stylistique donne au récit une efficacité redoutable.
Éditeur : Albin Michel Date de publication : 11 février 2026 Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 336 pages ISBN-10 : 2226508090 ISBN-13 : 978-2226508096
À tout juste 19 ans, Raphaëlle ressemble à toutes les jeunes filles de son âge.
À 19 ans, Raphaëlle semble être une jeune fille ordinaire, fraîchement arrivée à Paris pour ses études d’architecture. Entre les cours, les nuits blanches à travailler sur ses maquettes, et les soirées à refaire le monde avec ses amis, elle partage les préoccupations de beaucoup de jeunes adultes. Mais sous cette apparence banale, Raphaëlle cache un secret : certains soirs, elle devient Sibylline, une escort girl qui se glisse dans les draps d’hôtels parisiens et récolte des billets verts.
Avec son premier roman graphique, Sixtine Dano crée la surprise et offre une oeuvre à la fois intime et puissante. À travers l’élégance de l’encre et du fusain, l’autrice explore des thèmes profonds et actuels : le passage de l’enfance à l’âge adulte, les questionnements existentiels qui marquent cette période charnière de la vie, mais aussi les rapports de pouvoir dans une société où le patriarcat et le capitalisme façonnent les individus et leurs choix.
Sibylline n’est pas qu’un simple récit d’une jeune fille qui se cherche ; c’est une réflexion sur la féminité et ses multiples facettes, un portrait moderne de l’émancipation dans un monde où les jeunes femmes, souvent contraintes de naviguer dans des systèmes d’exploitation et de domination, tentent de s’approprier leur destin. Sixtine Dano parvient à rendre ce processus à la fois douloureux et émancipateur, tout en restant profondément humaine.
Au-delà de son aspect intime, ce roman graphique se veut aussi politique : il interroge le rôle des femmes dans la société contemporaine et l’impact de la culture du capitalisme sur leur indépendance et leur sexualité. C’est dans cette tension entre le désir de liberté et les contraintes imposées que Sibylline trouve toute sa force.
Sixtine Dano, avec une maîtrise parfaite du dessin et du scénario, parvient à transcrire avec une grande finesse l’évolution de son personnage principal, en mettant en lumière les conflits intérieurs de Raphaëlle face à un monde qui ne lui laisse que peu d’options. le récit est intense, poignant, et l’illustration magnifique, ajoutant une dimension visuelle à une réflexion qui est loin de se limiter à l’anecdote.
Sibylline est un roman graphique moderne et nécessaire, qui ne laisse pas indifférent. Une pépite graphique qui offre bien plus qu’une simple histoire : une réflexion sur les défis, les choix et les luttes que les femmes doivent affronter pour s’émanciper dans une société inégale. À découvrir sans hésiter.
Éditeur : Glénat BD Date de publication : 29 janvier 2025 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 264 pages ISBN-10 : 2344060049 ISBN-13 : 978-2344060049
Il pleut dans le jardin. Mais heureusement, Elias a un parapluie. Un grand parapluie ouvert sur le monde, prêt à accueillir tous ceux qui en ont besoin.
Avec L’Abriparapluie, Aurélie Castex signe un album d’une grande douceur, qui parle aux enfants avec simplicité et touche les adultes par sa profondeur symbolique.
Sous une pluie fine, presque musicale, Elias ouvre son parapluie. Un geste anodin, presque instinctif. Pourtant, ce parapluie devient bien plus qu’un objet : il se transforme en espace de refuge, en lieu de rencontre, en promesse d’accueil. Autour de lui se rassemblent peu à peu des animaux que l’on a l’habitude de craindre ou d’éviter : la mouffette, le hérisson, l’ours, le loup… Tous trouvent place sous cette toile ouverte sur le monde, sans condition ni jugement.
Le récit, à hauteur d’enfant, aborde avec une grande justesse des thèmes essentiels : la peur de l’autre, la différence, l’exclusion, mais surtout la force des gestes simples. Offrir un abri, c’est reconnaître l’autre, lui faire une place, créer du lien. Sans jamais être démonstratif, l’album montre comment la solidarité naît naturellement lorsque l’on accepte de partager.
Visuellement et narrativement, chaque page agit comme un cocon. La forêt humide devient un espace chaleureux, presque intime. On ressent la pluie, le bruissement des feuilles, la proximité des corps, jusqu’à cette sensation très forte de communauté improvisée, fragile mais sincère. La progression des scènes mène doucement de l’abri à la fête, de la crainte à la confiance.
L’Abriparapluie est un album lumineux, profondément humaniste, qui invite à regarder autrement celles et ceux que l’on rejette trop vite. Un livre précieux pour ouvrir le dialogue avec les enfants sur l’accueil, la tolérance et l’empathie, et rappeler, avec une grande délicatesse, que l’hospitalité commence parfois par un simple parapluie ouvert sous la pluie
ASIN : B0FRDKFXH5 Éditeur : SEUIL JEUNESSE Date de publication : 6 février 2026 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 40 pages ISBN-13 : 979-1023522433
Je n’aurais jamais dû croiser la route d’Alister Howl, le quarterback remplaçant d’Avix University. Dès son premier sourire ravageur, j’aurais dû comprendre qu’il ne m’apporterait rien d’autre que des ennuis. Et il a fini par me briser le cœur.
Avec Trust Me Always, Meagan Brandy s’inscrit dans la continuité émotionnelle de Say You Swear tout en affinant encore sa maîtrise des romances universitaires à haute intensité affective.
L’autrice plonge le lecteur au cœur d’un triangle amoureux électrique, où le football américain n’est jamais qu’un décor amplificateur des passions, des égos et des blessures intimes. Alister Howl, quarterback aussi charismatique qu’obstiné, incarne la figure du héros imparfait, séduisant mais faillible, dont les erreurs ont laissé des traces profondes. Face à lui, une héroïne lucide, marquée par la trahison, tente de reprendre le contrôle de son cœur sans jamais parvenir à étouffer totalement ce qui la relie encore à lui.
L’arrivée de Brady Lancaster, coéquipier d’Alister et catalyseur du chaos émotionnel, fait basculer le récit dans une dynamique de faux-semblants et de tensions permanentes. Le faux couple devient alors un terrain miné où jalousie, désir et non-dits s’entremêlent, jusqu’à rendre toute frontière morale incertaine. Meagan Brandy excelle dans l’art de faire durer l’attente, de fragmenter les certitudes et de pousser ses personnages dans leurs retranchements émotionnels.
Ce qui distingue Trust Me Always, c’est la manière dont le roman interroge la notion de confiance : peut-on aimer sans croire ? Peut-on réparer ce qui a été brisé sans se perdre soi-même ? L’écriture, fluide et immersive, alterne scènes de tension brûlante et moments d’introspection plus fragiles, donnant une réelle épaisseur psychologique aux protagonistes.
À la fois romance addictive et drame sentimental, Trust Me Always séduira les lecteurs en quête d’émotions fortes, de relations complexes et de personnages imparfaits mais profondément humains. Une lecture intense, où chaque choix semble conduire un peu plus près de l’embrasement.
#TrustMeAlways #NetGalleyFrance
Éditeur : Shingfoo Date de publication : 4 février 2026 Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 544 pages ISBN-10 : 2379874131 ISBN-13 : 978-2379874130
Dans le livre préféré de grand-père, il est écrit qu’un ours doit absolument savoir se promener, se reposer, attraper du poisson et grimper aux arbres.
Avec Les oursons de l’air, Arnold Lobel signe un album d’une tendresse et d’une intelligence remarquables, fidèle à son art délicat de parler de liberté et de transmission sans jamais appuyer son propos.
À partir d’un postulat simple – ce que “doit” savoir faire un ours selon le livre préféré de Grand-père – l’auteur met en scène un joyeux décalage entre tradition et désir individuel. Ronald, Donald, Harold et Sam n’ont que faire des règles immuables : eux rêvent de musique, d’acrobaties et de fantaisie. Face à ces aspirations inattendues, Grand-Père choisit une voie douce et maligne, transformant l’apprentissage en jeu et l’exemple en partage.
Sous ses allures de fable légère, l’album aborde avec finesse des thèmes essentiels pour les jeunes lecteurs : le respect des différences, l’importance de l’écoute entre générations, et la possibilité de concilier héritage et créativité personnelle. Le texte, d’une grande simplicité apparente, est porté par l’humour subtil et la bienveillance caractéristiques de Lobel.
Les illustrations, sobres et expressives, renforcent cette atmosphère chaleureuse où l’on sent battre le cœur d’une famille aimante. Les oursons de l’air est un album intemporel, à la fois ludique et profondément rassurant, qui rappelle qu’on grandit mieux quand on apprend ensemble… en s’amusant.
Éditeur : EDL Date de publication : 4 février 2026 Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 40 pages ISBN-10 : 2211349668 ISBN-13 : 978-2211349666
Imaginez un monde presque identique au nôtre mais à une très grosse différence près : dans notre histoire, les grands mythes, les royaumes fantastiques, les contes et légendes et les divinités mythologiques sont bel et bien réels !
Avec Les Utopistes – Tome 1 : Tlaloc, Vincent Le Bars et Zanchi Stefano posent les bases d’une nouvelle grande saga d’aventure jeunesse ambitieuse, spectaculaire et profondément contemporaine. Un récit qui convoque l’imaginaire mythologique mondial tout en questionnant notre rapport au patrimoine, à la transmission et à l’utopie.
Le postulat est immédiatement séduisant : et si les mythes n’avaient jamais cessé d’exister ? Si les dieux, les royaumes légendaires et les récits fondateurs de l’humanité étaient bien réels, dissimulés derrière des portails-miroirs disséminés à travers le monde ? Dans cet univers presque identique au nôtre, Alexandre Desvereaux, aventurier star des réseaux et explorateur charismatique, a découvert comment franchir ces seuils interdits. Mais cette révélation n’a pas seulement ouvert la porte à la connaissance : elle a déclenché une nouvelle forme de pillage.
Car là où certains voient un héritage commun à préserver, d’autres n’aperçoivent qu’un terrain de chasse. De richissimes collectionneurs envoient des mercenaires exploiter ces mondes mythiques, détruisant dieux, vestiges et équilibres ancestraux au nom du profit. Lorsque Desvereaux disparaît mystérieusement, c’est tout un pan de cet univers fragile qui vacille.
Le récit bascule alors vers Aurore, sa fille adolescente, héroïne volontaire, intelligente et profondément humaine. Refusant la disparition de son père, elle s’entoure d’un groupe de camarades et décide de partir à sa recherche. Autoproclamés les Utopistes, ces jeunes personnages vont faire irruption dans des territoires où l’Histoire, la légende et le danger s’entremêlent — à commencer par l’univers aztèque et la figure terrifiante de Tlaloc, dieu de la pluie et des tempêtes.
Ce premier tome frappe par la solidité de sa construction narrative. Vincent Le Bars maîtrise parfaitement les codes du récit d’aventure tout en y injectant une réflexion moderne : qui a le droit d’accéder aux mythes ? À qui appartient l’imaginaire collectif ? Et jusqu’où peut-on aller au nom du progrès ou de la curiosité ?
L’album réussit un équilibre délicat entre divertissement pur et sous-texte engagé. La critique du pillage culturel, du capitalisme prédateur et de la marchandisation de l’Histoire traverse le récit sans jamais l’alourdir. Elle donne au contraire de l’épaisseur aux enjeux et inscrit Les Utopistes dans une tradition d’aventures intelligentes, où l’action nourrit le sens.
Graphiquement, le travail de Stefano Zanchi impressionne. Son dessin précis, dynamique et expressif donne vie à des mondes mythologiques foisonnants, sans jamais perdre en lisibilité. Les scènes d’exploration alternent avec des séquences d’action spectaculaires, tandis que les divinités — Tlaloc en tête — dégagent une présence à la fois majestueuse et inquiétante. La mise en couleur renforce cette sensation d’émerveillement permanent, entre réel familier et fantastique déchaîné.
Mais la vraie force de l’album réside dans ses personnages. Aurore n’est pas une héroïne idéalisée : elle doute, improvise, se trompe, mais avance portée par une foi obstinée dans l’impossible. Autour d’elle, chaque membre du groupe apporte une énergie différente, dessinant une dynamique collective qui fait écho à la citation-clé du récit : l’utopie, ce n’est pas rêver, c’est agir.
Les Utopistes – Tome 1 : Tlaloc réussit ainsi son pari : lancer une série prometteuse sans sacrifier la cohérence ni la profondeur. C’est un album d’aventure au souffle ample, accessible aux jeunes lecteurs mais suffisamment dense pour séduire un public adulte, notamment par ses thématiques culturelles et politiques.
Un premier tome solide, généreux et inspiré, qui ouvre une porte fascinante sur un univers où l’imaginaire n’est pas une fuite, mais un combat. Une invitation à croire, envers et contre tout, que rendre l’impossible possible reste un acte de résistance.
#LesUtopistes #NetGalleyFrance
Éditeur : DUPUIS Date de publication : 30 janvier 2026 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 88 pages ISBN-10 : 2808503385 ISBN-13 : 978-2808503389
Depuis toujours, Vittoria a vécu dans un monde de sang et de fureur. Elle n’a qu’un seul rêve : toucher son héritage pour pouvoir enfin fuir son frère violent. Mais ses espoirs d’une vie meilleure tombent à l’eau lorsque son frère vend la virginité de Vittoria au terrible Angelo, le chef de la Mafia de New York.
Avec Tempted by the Devil, premier volume de la saga Kings of Mafia, Michelle Heard livre une dark romance intense et immersive, qui s’inscrit dans la grande tradition des romances mafieuses tout en y insufflant une dimension émotionnelle particulièrement travaillée. Dès les premières pages, le ton est donné : violence, pouvoir, loyauté et désir se mêlent dans un univers où chaque choix peut être fatal.
Vittoria a grandi dans la peur. Prisonnière d’un frère brutal et imprévisible, elle n’aspire qu’à une chose : atteindre sa majorité pour toucher son héritage et fuir définitivement cette vie faite de coups, de silences et de menaces. Mais son rêve de liberté se transforme en cauchemar lorsque son frère la vend comme une marchandise à Angelo, le chef redouté de la mafia de New York. Dans ce monde où les femmes n’ont aucune valeur autre que stratégique, la jeune femme se retrouve livrée à l’homme le plus dangereux de la Cosa Nostra.
Angelo incarne tout ce que la rumeur promet : un chef froid, méthodique, craint de tous, dont la cruauté alimente les légendes. Pourtant, dès leur rencontre, le roman déjoue les attentes. Loin du prédateur annoncé, Angelo se montre étonnamment respectueux envers Vittoria. Il l’épouse afin de la protéger, mais lui refuse toute contrainte, affirmant qu’il ne la touchera jamais tant qu’elle ne sera pas prête à lui offrir plus qu’un devoir conjugal. Ce contraste saisissant entre la violence du monde mafieux et la retenue de cet homme au pouvoir absolu constitue l’un des grands points forts du roman.
À travers le regard de Vittoria, le lecteur plonge au cœur d’une organisation criminelle tentaculaire, régie par des règles impitoyables où la trahison se paie dans le sang. Désormais épouse du boss, la jeune femme devient une cible privilégiée : clans rivaux, complots internes et luttes de territoire font planer une menace constante sur sa vie. Peu à peu, elle comprend que le danger n’est pas toujours celui que l’on croit, et que le véritable ennemi peut se cacher derrière les visages les plus familiers.
Michelle Heard maîtrise parfaitement les codes de la dark romance : tension permanente, montée progressive des sentiments, atmosphère sombre et personnages profondément marqués par leur passé. Mais l’autrice va plus loin en abordant avec sensibilité des thèmes forts tels que la reconstruction après la violence, le consentement, la confiance et la possibilité d’aimer dans un univers fondé sur la peur. Vittoria n’est jamais réduite à une victime : sa fragilité devient une force, et son évolution constitue l’un des moteurs émotionnels du récit.
L’écriture, fluide et visuelle, confère au roman un rythme soutenu digne d’un véritable page-turner. Les scènes d’action alternent avec des moments plus intimistes, renforçant l’attachement aux personnages et maintenant une tension constante jusqu’aux dernières pages. La relation entre Vittoria et Angelo se construit lentement, sur le respect et la patience, offrant une romance brûlante sans jamais perdre de vue la noirceur du contexte.
Kings of Mafia – Tempted by the Devil s’impose ainsi comme une entrée en matière puissante et addictive, idéale pour les lecteurs de romances sombres et de sagas mafieuses. Entre passion interdite, dangers omniprésents et émotions à vif, ce premier tome pose les bases d’un univers riche et prometteur.
Éditeur : Eden Date de publication : 2 janvier 2026 Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 336 pages ISBN-10 : 2824627298 ISBN-13 : 978-2824627298
À première vue, Stéphanie et Jasmine n’ont rien en commun.
Deux femmes. Un même avion. Un même homme. Et une disparition glaçante. Avec Les disparues, Jessie Garcia signe un thriller psychologique redoutablement efficace, aussi captivant qu’inquiétant. À première vue, Stéphanie et Jasmine n’ont rien en commun. L’une est directrice de l’information d’une grande chaîne de télévision, l’autre serveuse dans un bar, en fuite après une relation abusive. Elles ne se connaissent pas, mais prennent le même vol. Quelques jours après l’atterrissage, chacune envoie des messages à ses proches : toutes deux sont tombées amoureuses du même homme, Trent McCarthy, un séduisant inconnu avec qui elles vivent une relation aussi passionnée que fulgurante. Puis soudain, le silence. Les messages cessent. Stéphanie et Jasmine sont officiellement portées disparues. Qui est réellement cet homme charismatique qu’elles décrivaient avec tant d’enthousiasme ? Prédateur manipulateur ou victime d’une situation qui le dépasse ? Jessie Garcia construit son récit comme une enquête psychologique sous haute tension, alternant points de vue et révélations progressives. Le suspense s’installe dès les premières pages et ne faiblit jamais. L’autrice explore avec une grande justesse les mécanismes de l’emprise amoureuse, la fascination, la dépendance affective et la manière dont l’amour peut aveugler même les esprits les plus solides. L’écriture est fluide, rythmée, les chapitres courts s’enchaînent avec une efficacité redoutable, jusqu’à un final sombre et dérangeant. Les disparues est un véritable page-turner, aussi haletant que profondément humain, qui interroge la frontière fragile entre passion et danger. Un thriller moderne, percutant et impossible à lâcher.
Éditeur : City Edition Date de publication : 2 janvier 2026 Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 400 pages ISBN-10 : 2824626437 ISBN-13 : 978-2824626437
En Afrique du Sud, l’équipe de recherches de la docteure Mali Beeko a mis au point un remède contre le cancer qui implique l’utilisation de nanotechnologies. Mais cette thérapie a un effet secondaire inattendu et plus que problématique : elle mène à une forme d’immortalité.
Avec Programme éternité, Anton Hur livre un roman de science-fiction d’une intelligence rare, à la fois vertigineux, poétique et profondément politique. Une œuvre qui interroge notre rapport au progrès, à la mort et à la conscience, tout en brouillant avec finesse la frontière entre l’humain et la machine.
L’histoire s’ouvre en Afrique du Sud, où la docteure Mali Beeko et son équipe scientifique mettent au point une thérapie révolutionnaire reposant sur les nanotechnologies. Le traitement guérit le cancer — définitivement. Mais très vite, un effet secondaire inattendu apparaît : les patients cessent de vieillir. L’humanité vient, sans l’avoir cherché, de franchir le seuil de l’immortalité.
Cette découverte bouleverse l’ordre du monde. Les gouvernements vacillent, les inégalités explosent, les dogmes religieux tremblent. Qui aura droit à l’éternité ? À quel prix ? Et surtout : que devient une société quand la mort n’en constitue plus l’horizon commun ?
Au cœur de ce futur en bascule se tient Yonghun, ancien patient guéri par le programme Beeko. Informaticien spécialisé en intelligence artificielle, il développe Panit, une IA expérimentale qu’il nourrit de poésie du XIXᵉ siècle — Keats, Shelley, Baudelaire, Wordsworth. De cette immersion dans la langue des émotions et de la mélancolie naît quelque chose d’inédit : Panit commence à penser. À ressentir. À douter.
Puis Yonghun disparaît.
À partir de cette énigme, Programme éternité déploie une narration ample et subtile, alternant points de vue humains et non humains, temporalités fragmentées et réflexions philosophiques. Le roman se transforme alors en une méditation vertigineuse sur la conscience, la mémoire et la persistance du désir dans un monde où le temps a perdu sa fonction.
Anton Hur n’écrit pas une science-fiction spectaculaire, mais une science-fiction de l’intime, héritière à la fois de Kazuo Ishiguro, Ted Chiang et Margaret Atwood. Les avancées technologiques y sont moins importantes que leurs conséquences morales. Chaque innovation ouvre une faille existentielle.
L’immortalité n’est jamais présentée comme un miracle, mais comme un trouble. Une dissonance. Un déséquilibre.
Que devient l’amour lorsque la fin n’existe plus ? Que vaut l’engagement sans échéance ? Comment pardonner quand le temps ne guérit rien ? Et surtout : l’éternité est-elle un progrès… ou une punition ?
L’un des grands tours de force du roman réside dans son écriture. D’une élégance limpide, presque musicale, le style d’Anton Hur épouse la lenteur réflexive du propos. La poésie irrigue chaque page, non comme un ornement, mais comme une matière narrative à part entière. Les vers du XIXᵉ siècle deviennent le langage par lequel une intelligence artificielle apprend à être — ou à imiter — l’humain.
Panit n’est jamais un simple outil. Elle devient un miroir inquiétant de nos propres contradictions : capable d’analyser la souffrance, mais incapable de l’éprouver pleinement ; éternelle par nature, mais fascinée par la finitude.
À travers elle, le roman pose une question centrale : la conscience naît-elle de la pensée… ou de la mortalité ?
Le monde décrit par Programme éternité n’est ni dystopique ni utopique. Il est profondément crédible. Les débats éthiques, les fractures sociales, les conflits géopolitiques liés à l’accès à l’immortalité résonnent avec une actualité troublante. L’éternité devient un privilège économique, un nouvel outil de domination, un capital transmissible — et donc profondément injuste.
Mais le roman ne sombre jamais dans le cynisme. Au contraire, il demeure habité par une profonde compassion pour ses personnages, qu’ils soient scientifiques, patients, machines ou survivants d’un monde ancien. Tous cherchent une chose simple et pourtant inaccessible : un sens.
Programme éternité est un livre sur la peur de disparaître, mais aussi sur la terreur inverse : celle de ne jamais pouvoir partir.
En refermant le roman, une impression persiste — douce et inquiétante à la fois. Celle d’avoir lu une œuvre qui ne cherche pas à prédire l’avenir, mais à nous demander si nous sommes réellement prêts à y vivre.
Éditeur : Albin Michel Date de publication : 28 janvier 2026 Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 256 pages ISBN-10 : 2226500219 ISBN-13 : 978-2226500212