Les brigades du chaos: Édition complète en un volume de Serge Brussolo

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Un psychopathe d’un genre nouveau sévit à Los Angeles. Il enlève des jeunes femmes, mais, au lieu de les tuer, il leur inflige d’étranges opérations chirurgicales qui, loin de les mutiler, leur confèrent des pouvoirs paranormaux.

Avec Les Brigades du chaos, Serge Brussolo livre l’un de ses récits les plus vertigineux et dérangeants, aujourd’hui réuni dans une édition intégrale en un seul volume. Un roman-choc, emblématique de l’imaginaire radical de l’auteur, où thriller urbain, science-fiction, horreur mystique et critique sociale fusionnent dans une spirale de violence visionnaire.

L’histoire s’ouvre à Los Angeles, cité tentaculaire rongée par la corruption, la misère et le fanatisme. Un tueur en série d’un genre inédit y sévit. Contrairement aux prédateurs classiques, il ne tue pas ses victimes. Il les transforme. Par d’étranges opérations chirurgicales, aussi précises que monstrueuses, il modifie le corps de jeunes femmes afin de leur conférer des capacités paranormales. Télékinésie, perception extrasensorielle, facultés physiques hors normes : ses « anges » deviennent les instruments d’une croisade personnelle.

Ce chirurgien fanatique est le fils d’un évangéliste fou. Nourri par les sermons apocalyptiques de son enfance, il voit Los Angeles comme une nouvelle Babylone — une ville à purifier par le feu, le sang et la foi. Sa réponse : créer de ses propres mains une armée de justicières surhumaines, baptisée les Brigades du Chaos.

Très vite, le roman bascule dans une course contre la montre où forces de police dépassées, institutions impuissantes et individus brisés tentent de comprendre une menace qui échappe à toute logique rationnelle.

Comme souvent chez Brussolo, le point de départ, déjà saisissant, n’est qu’un prétexte pour explorer des thèmes bien plus profonds. Derrière le thriller spectaculaire se dessine une réflexion féroce sur :

  • le fanatisme religieux et ses dérives meurtrières,
  • la fascination pour le corps modifié et l’illusion de la perfection,
  • la violence faite aux femmes, instrumentalisée sous couvert de salut,
  • la tentation du chaos comme réponse à la décadence sociale.

L’auteur pousse chaque idée jusqu’à l’extrême, refusant toute tiédeur morale. Le bien et le mal se contaminent mutuellement, et les figures de sauveurs deviennent aussi terrifiantes que les monstres qu’elles prétendent combattre.

L’écriture de Serge Brussolo reste d’une efficacité redoutable. Le rythme est haletant, les images mentales puissantes, parfois presque insoutenables. Sa plume, viscérale et sensorielle, transforme la ville de Los Angeles en un organisme malade, parcouru de néons, de déchets, de fanatismes et de violence latente. Le décor urbain devient un personnage à part entière, théâtre d’un affrontement quasi biblique.

Les « anges » créés par le tueur constituent l’une des grandes réussites du roman. Ni véritables héroïnes ni simples victimes, elles incarnent toute l’ambiguïté du pouvoir : celui qui libère autant qu’il asservit. Leur existence interroge la notion même de consentement, de libre arbitre et de responsabilité lorsque la chair devient arme.

Avec Les Brigades du chaos, Brussolo démontre une nouvelle fois son talent unique pour anticiper les obsessions contemporaines : transhumanisme, radicalisation idéologique, culte de la pureté, violence spectaculaire médiatisée. Publié bien avant que ces thèmes n’envahissent la fiction moderne, le roman conserve aujourd’hui une troublante actualité.

Cette édition complète permet de redécouvrir dans toute sa cohérence une œuvre culte, longtemps morcelée, et de mesurer l’ampleur de son ambition narrative. Plus qu’un simple roman de genre, Les Brigades du chaos est une plongée hallucinée dans les zones les plus sombres de l’âme humaine, là où la foi devient arme, où la science se mue en dogme, et où le salut peut engendrer la pire des destructions.

Un livre brutal, visionnaire, profondément dérangeant — et totalement inoubliable.
Une lecture essentielle pour comprendre pourquoi Serge Brussolo demeure l’un des écrivains les plus radicaux et prophétiques de la littérature française de l’imaginaire.

ASIN ‏ : ‎ B0GJDYCNG4 Éditeur ‏ : ‎ H&O Accessibilité ‏ : ‎ En savoir plus Date de publication ‏ : ‎ 23 janvier 2026 Langue ‏ : ‎ Français Taille du fichier ‏ : ‎ 2.4 MB Lecteur d’écran  ‏ : ‎ Pris en charge Confort de lecture ‏ : ‎ Activé Word Wise ‏ : ‎ Non activé Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 396 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2845474390

Dire Bound – The Wolves of Ruin Tome 1 de Sable Sorensen

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À Sturmfrost, les loups ne pardonnent pas.

Avec Bound – The Wolves of Ruin, tome 1, Sable Sorensen signe une entrée remarquée dans la fantasy romantique sombre, portée par un univers puissant, une héroïne combative et une tension émotionnelle constante. Entre épreuves initiatiques, créatures mythiques et jeux de pouvoir, ce premier volume pose les bases d’une saga aussi immersive que addictive.

À Sturmfrost, royaume glacé perpétuellement menacé par des monstres immortels, les loups géants ne sont pas de simples bêtes de guerre : ils sont liés mentalement à une élite de guerriers capables de ressentir leurs pensées, leurs douleurs et leurs instincts les plus sauvages. Ces “liés” incarnent à la fois la gloire et le sacrifice absolu. Un destin que Meryn Cooper n’a jamais convoité.

Lorsque sa sœur est enlevée par l’ennemi ancestral du royaume, toute prudence disparaît. Meryn s’engage dans l’armée avec une seule obsession : franchir le front et la retrouver. Mais pour cela, elle doit survivre aux Épreuves du Lien — une sélection brutale où la mort fait partie de l’apprentissage — puis affronter quatre mois d’entraînement impitoyable au château.

Très vite, le roman dépasse le simple schéma de la fantasy militaire. Le cœur du récit repose sur le lien psychique entre humains et loups, traité avec une vraie originalité. La relation entre Meryn et sa louve, farouche, violente et mutique, devient une métaphore poignante du traumatisme, de la peur et de la reconstruction. Là où d’autres liés communiquent instinctivement avec leur compagnon, Meryn doit apprendre à écouter autrement, à composer avec le silence et la défiance.

Sable Sorensen excelle dans la description des entraînements : ascensions mortelles, combats réalistes, discipline extrême, rivalités entre recrues. La violence n’est jamais gratuite, mais toujours chargée d’enjeux physiques et psychologiques. Chaque victoire se paie cher, chaque faiblesse peut être fatale.

En parallèle, l’autrice développe un second terrain de bataille : celui de la cour. Derrière les bals étincelants, les alliances politiques, les sourires polis et les robes brodées se cachent trahisons, ambitions et manipulations. Le contraste entre la brutalité du champ de bataille et l’hypocrisie des salons royaux renforce l’atmosphère de tension permanente.

Les personnages secondaires apportent une réelle profondeur au récit. Stark Therion, instructeur aussi cruel que magnétique, incarne la dureté du système militaire, tandis que Killian Valtiere, prince héritier charismatique, offre une alternative troublante, où séduction rime avec danger. La romance, subtilement distillée, évite les clichés faciles et s’inscrit pleinement dans les conflits de loyauté, de pouvoir et de survie.

Mais la grande force du roman reste son héroïne. Meryn n’est ni invincible ni naïve. Elle doute, chute, échoue, se relève. Sa détermination ne repose pas sur une prophétie ou un don exceptionnel, mais sur l’amour, la colère et la peur de perdre ce qui lui reste. Un personnage profondément humain, auquel le lecteur s’attache instantanément.

Avec son écriture fluide, immersive et visuelle, Bound – The Wolves of Ruin s’inscrit dans la lignée des grandes sagas de romantasy contemporaine tout en affirmant sa propre identité. Loups géants, magie mentale, formation militaire, intrigues politiques et passions interdites s’entrelacent dans un récit haletant qui ne relâche jamais la pression.

Un premier tome solide, sombre et captivant, qui pose les fondations d’un univers riche et prometteur. Une lecture idéale pour les amateurs de fantasy intense, de romances dangereuses et d’héroïnes prêtes à affronter la meute — quitte à y laisser une part d’elles-mêmes.

Éditeur ‏ : ‎ Hachette Lab Date de publication ‏ : ‎ 1 avril 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 660 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2017293830 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2017293835

Mi-Mouche – Tome 2 – Duels au collège de Cazot Vero (Auteur), Maurel Carole (Illustrations)

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Punie par sa mère pour lui avoir caché qu’elle faisait de la boxe malgré son interdiction formelle, trahie par Élias, son ex-meilleur ami, qui a tout cafté, harcelée par ses camarades de classe qui ne ratent pas une occasion de se moquer de son format réduit, Colette manque terriblement de moments un peu excitants dans sa vie.

Avec Mi-Mouche – Tome 2 : Duels au collège, Vero Cazot et Carole Maurel poursuivent avec justesse et sensibilité l’un des récits jeunesse les plus forts et les plus sincères de ces dernières années. Plus qu’une simple histoire de sport, la série s’impose comme une chronique bouleversante de l’adolescence, de ses violences invisibles et de ses combats intérieurs.

Colette n’a rien d’une héroïne classique. Trop petite, trop discrète, souvent moquée, elle encaisse les humiliations quotidiennes avec une résilience fragile. Punie par sa mère pour avoir pratiqué la boxe en cachette, trahie par son ancien meilleur ami, elle se retrouve isolée dans un collège où chaque jour ressemble à une épreuve. Jusqu’au moment où Astrid, son harceleuse de toujours, lui propose un pacte glaçant : quelques combats clandestins dans la salle de sport de l’établissement contre l’arrêt des brimades.

Ce point de départ, aussi choquant que réaliste, donne naissance à un récit d’une rare intelligence. Sans jamais glorifier la violence, l’album explore ce que représente le combat pour une adolescente : un moyen de reprendre possession de son corps, de sa colère, de sa dignité. La boxe devient ici un langage, une respiration, presque une nécessité vitale face au mépris et à la solitude.

Le scénario de Vero Cazot évite tous les écueils moralisateurs. Les adultes sont dépassés, parfois aimants, parfois maladroits. Les bourreaux ne sont jamais caricaturaux. Les victimes ne sont jamais réduites à leur souffrance. Tout sonne juste, profondément humain, avec une écriture qui alterne humour, tension et émotion brute.

Le dessin de Carole Maurel sublime cette sincérité. Son trait expressif capte les silences, les regards fuyants, la violence sourde des couloirs scolaires comme l’intensité physique des combats. Les scènes de boxe, nerveuses et dynamiques, contrastent avec la douceur fragile de Colette, renforçant la puissance émotionnelle du récit. La couleur accompagne subtilement les variations de ton, passant de la légèreté du quotidien à la gravité des affrontements.

Avec Duels au collège, Mi-Mouche confirme qu’il ne s’agit pas seulement d’une série sur le sport, mais d’une œuvre profondément engagée sur le harcèlement scolaire, le rapport au corps, la reconstruction de soi et le courage d’être différent. Une bande dessinée nécessaire, accessible aux jeunes lecteurs comme aux adultes, qui frappe juste, sans jamais frapper gratuitement.

Un album poignant, lumineux et percutant, qui rappelle que les plus grands combats ne se livrent pas toujours sur un ring.

Éditeur ‏ : ‎ DUPUIS Date de publication ‏ : ‎ 23 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 56 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2808506821 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2808506823

Havana Split – Tome 2 – Tropicana de BRREMAUD (Auteur), Vic Macioci (Illustrations)

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Cuba, 1958. Lily a assumé sa part du deal : kidnapper Concepción, la pépée d’un mafieux local, afin que l’un de ses rivaux accepte de libérer son père, détective accro au jeu.

Avec Havana Split – Tome 2 : Tropicana, Frédéric Brémaud et Vic Macioci confirment tout le potentiel de leur polar cubain aussi explosif que séduisant. Ce deuxième volet accélère le tempo, densifie les enjeux et plonge ses personnages dans un engrenage de violence et de faux-semblants, sur fond de fin de régime batististe.

Nous sommes toujours à La Havane, en 1958. Lily a tenu parole : elle a kidnappé Concepción, la fille chérie d’un parrain local, espérant ainsi sauver son père, détective rongé par le jeu. En planque avec John, ancien agent de la CIA aussi charismatique qu’insaisissable, et José, acolyte aussi encombrant que dangereux, la jeune femme pense avoir une longueur d’avance. Mais la mafia ne tarde pas à répliquer. Et lorsqu’El Torturador, tueur psychopathe incontrôlable, est lâché dans les rues de la capitale, la situation bascule dans une spirale de chaos.

Le scénario de Brémaud joue habilement avec les codes du polar et du film noir : alliances fragiles, trahisons permanentes, personnages aux motivations troubles. À cela s’ajoute une toile historique finement intégrée, où les tensions politiques, la révolution castriste naissante et les luttes d’influence de la CIA nourrissent constamment le récit. Chaque camp poursuit ses propres intérêts, brouillant les frontières entre héros et salauds dans une atmosphère où personne ne semble digne de confiance.

Mais la grande force de Tropicana réside dans son ton. Loin du réalisme pesant, l’album cultive un humour décalé savamment dosé, faisant cohabiter dialogues piquants, situations absurdes et violence sèche. Ce mélange donne au récit une identité très marquée, à la fois jubilatoire et tendue, où le danger peut surgir à chaque page sans jamais étouffer le plaisir de lecture.

Graphiquement, Vic Macioci livre une prestation remarquable. Son dessin sensuel et élégant magnifie la Havane nocturne, ses néons, ses clubs enfumés, ses ruelles moites et ses silhouettes fatales. La mise en scène, très cinématographique, évoque autant le film noir américain que le pulp latino. La couleur chaude et contrastée accentue l’atmosphère poisseuse d’une ville au bord de l’implosion.

Avec ce deuxième tome, Havana Split gagne en ampleur et en ambition. L’intrigue s’épaissit, les personnages s’assombrissent et la fresque historique prend de plus en plus de poids. Un polar d’aventure stylisé, rythmé et audacieux, qui confirme la série comme l’un des divertissements les plus élégants et efficaces de la bande dessinée contemporaine.

Une suite maîtrisée, explosive et irrésistiblement addictive.

Éditeur ‏ : ‎ DUPUIS Date de publication ‏ : ‎ 23 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 80 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2808512015 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2808512015

Dina et le millimonde – Tome 1 – Le peuple du grenier de Lapuss’ (Auteur), Dalena (Illustrations)

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La jeune Dina, dont le père a mystérieusement disparu depuis un an, vit seule avec sa mère.

Avec Dina et le Millimonde – Le peuple du grenier, Lapuss’ signe une entrée en matière aussi inventive que chaleureuse dans l’univers de la bande dessinée jeunesse d’aventure. À mi-chemin entre le conte initiatique, la fantasy miniature et la comédie familiale, ce premier tome déploie un monde foisonnant d’imagination et d’émotion.

Dina, jeune héroïne vive et attachante, voit son quotidien bouleversé lors de vacances chez sa grand-mère italienne. Un matin, elle se réveille réduite à une taille minuscule : cinq millimètres à peine. La voilà projetée dans le Millimonde, un village de lilliputiens caché dans le grenier, régi par ses propres lois, ses conflits internes et ses traditions aussi farfelues que mystérieuses.

À hauteur d’enfant, mais aussi d’insecte ou de chat devenu monstre, le récit transforme le moindre objet du quotidien en terrain d’aventure. Le danger est omniprésent, mais jamais gratuit : chaque obstacle devient une étape de l’apprentissage de Dina, confrontée à la peur, à la responsabilité et au poids du secret qui entoure la disparition de son père.

Lapuss’, connu pour son sens du gag et du rythme, réussit ici un équilibre subtil entre humour et narration. Les situations comiques s’enchaînent sans jamais nuire à la progression du récit, tandis que les intrigues politiques du Millimonde, les luttes de pouvoir et l’étrange secret pâtissier apportent une profondeur inattendue à cet univers miniature.

Le dessin d’Antonello Dalena sublime l’ensemble. Son trait rond, expressif et lumineux donne vie à un monde débordant de détails, où chaque planche fourmille d’indices visuels et d’idées graphiques. L’influence du conte et de l’animation se ressent dans la lisibilité, le dynamisme et la chaleur des décors, rendant la lecture aussi immersive qu’accessible.

À travers cette aventure à taille réduite, Dina et le Millimonde aborde des thèmes universels : la perte, la transmission familiale, le courage face à l’inconnu et la capacité à grandir malgré l’absence. Un premier tome généreux, drôle et touchant, qui pose les bases d’une série prometteuse, aussi captivante pour les jeunes lecteurs que pour les adultes en quête d’évasion.

Une très belle surprise jeunesse, où l’imaginaire devient un refuge et l’aventure, une manière de se reconstruire.

Éditeur ‏ : ‎ DUPUIS Date de publication ‏ : ‎ 16 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 72 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2808512589 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2808512589

Titanic, la nuit qui changea tout de Peggy Boudeville

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UN PAQUEBOT RÉPUTÉ INSUBMERSIBLE…

Avec Titanic, la nuit qui changea tout, Peggy Boudeville livre un roman historique poignant qui replonge le lecteur au cœur de l’une des plus grandes tragédies maritimes du XXᵉ siècle, à hauteur d’enfants et d’adolescents confrontés à l’impensable.

Le 11 avril 1912, le Titanic quitte l’Europe dans l’enthousiasme et la promesse d’un nouveau monde. À son bord, Ernest, jeune garçon solitaire, et Juliette, issue d’une famille pleine d’espoirs, incarnent cette génération tournée vers l’avenir. Le paquebot, symbole du progrès et de la modernité, semble invincible. Jusqu’à la nuit du 14 au 15 avril, lorsque l’iceberg surgit et que le rêve se fissure.

En choisissant de raconter le naufrage à travers le regard de deux enfants, l’autrice donne à l’événement historique une dimension profondément humaine. Loin du spectaculaire, le récit privilégie l’émotion brute : la peur qui monte, l’incompréhension, le froid, la panique, mais aussi la solidarité qui naît dans le chaos. Ernest et Juliette ne deviennent pas des héros par bravoure spectaculaire, mais par nécessité, en tentant coûte que coûte de sauver des enfants égarés dans l’immensité du navire en train de sombrer.

La grande force du roman réside dans son équilibre entre rigueur historique et tension romanesque. Les faits sont respectés, le décor minutieusement restitué — la vie à bord, les différences de classes, l’organisation du paquebot — tout en laissant place à une narration haletante, presque cinématographique, qui transforme les dernières heures du Titanic en une véritable course contre la montre.

Accessible sans jamais être simpliste, Titanic, la nuit qui changea tout aborde avec justesse des thèmes universels : le courage face à l’adversité, l’entraide, la perte brutale de l’innocence et la fragilité des certitudes humaines face à la nature. Le roman rappelle que derrière les chiffres et la légende se cachent avant tout des destins individuels, des regards, des mains tendues dans la nuit.

Un récit bouleversant et pédagogique, qui permet aux jeunes lecteurs de découvrir l’Histoire autrement, par l’émotion et l’identification, et qui transforme une catastrophe mythique en une leçon d’humanité inoubliable.

Éditeur ‏ : ‎ FLEURUS Date de publication ‏ : ‎ 16 janvier 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 208 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2215197412 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2215197416

La mémoire des vaincus T1 de Bleuenn Guillou

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À Novi Zora, tout s’achète, même les souvenirs.

Avec La Mémoire des Vaincus, Bleuenn Guillou signe un roman de fantasy politique d’une remarquable densité, où l’intime et le collectif s’entrelacent autour d’une question vertigineuse : que reste-t-il d’un peuple lorsqu’on lui a volé sa mémoire ?

À Novi Zora, cité meurtrie par une guerre perdue, les souvenirs sont devenus une monnaie d’échange. Dans cette société brisée, la poussière mémorielle permet d’effacer les douleurs… ou de les exploiter. Anastasia, voleuse de souvenirs, survit en pillant le passé des autres, quitte à y laisser peu à peu le sien. À l’opposé de cette existence clandestine, Lev tente de se construire une place au sein du Parlement des Trente, cœur politique d’un régime fondé sur l’oubli organisé. Fils de traîtres condamnés à la damnatio memoriae, il rêve de restaurer la grandeur d’une nation humiliée.

En croisant ces deux trajectoires que tout semble opposer, Bleuenn Guillou compose un récit d’une grande intelligence narrative, où chaque souvenir devient enjeu de pouvoir. Le roman explore avec finesse la manipulation de l’Histoire, la fabrication des mythes nationaux et la violence symbolique de l’effacement. Ici, oublier n’est jamais neutre : c’est un acte politique.

L’univers, solidement construit, se distingue par sa cohérence et sa profondeur. Le système mémoriel n’est jamais un simple artifice de fantasy, mais un véritable moteur dramatique, utilisé pour interroger la responsabilité individuelle face au passé. Les scènes de vol de souvenirs, souvent saisissantes, donnent lieu à des passages sensoriels puissants, où les émotions, les traumatismes et les mensonges se confondent.

La force du roman tient également à ses personnages. Anastasia, marquée par la perte de son identité, incarne une génération sacrifiée, contrainte de survivre dans les ruines morales de la défaite. Lev, quant à lui, est animé par une ambition sincère mais dangereuse, révélant toute l’ambiguïté du patriotisme lorsque celui-ci s’appuie sur un passé reconstruit. Aucun n’est totalement innocent, aucun entièrement coupable : tous sont prisonniers d’une mémoire fragmentée.

Portée par une écriture élégante et tendue, La Mémoire des Vaincus évite le manichéisme pour proposer une réflexion profondément actuelle sur la réécriture de l’Histoire, la tentation du révisionnisme et la valeur du souvenir dans les sociétés traumatisées. Le suspense politique s’y mêle à une émotion constante, jusqu’à un final qui interroge autant qu’il bouleverse.

Éditeur ‏ : ‎ Didier Jeunesse Date de publication ‏ : ‎ 14 janvier 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 576 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2278132156 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2278132157

Pas de fumée sans feu de M. J. Arlidge

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Nulle part où se cacher.

Avec Pas de fumée sans feu, M. J. Arlidge signe l’un de ses romans les plus sombres et les plus nerveux, offrant une plongée implacable dans la violence urbaine et la solitude morale de son héroïne emblématique, Helen Grace.

Désormais loin de la police, Helen pensait avoir enfin tourné la page. Mais lorsque, témoin d’une agression nocturne, elle voit une jeune femme se faire enlever sous ses yeux, l’instinct reprend le dessus. Incapable de rester spectatrice, elle replonge dans l’ombre — sans badge, sans protection, sans filet.

Privée du soutien de ses anciens collègues, Helen mène seule une enquête officieuse qui la confronte à une réalité terrifiante : la disparition de la victime n’est pas un cas isolé. D’autres femmes sont menacées. Et plus elle s’approche de la vérité, plus le danger se resserre autour d’elle.

Arlidge excelle une nouvelle fois dans l’art du thriller urbain sous haute tension. Les chapitres courts s’enchaînent à un rythme effréné, chaque scène se terminant sur une menace, une révélation ou un compte à rebours. Le suspense est constant, presque étouffant, porté par une écriture sèche et visuelle qui ne laisse aucun temps mort.

Mais au-delà de l’intrigue, Pas de fumée sans feu approfondit brillamment la psychologie d’Helen Grace. Loin de l’héroïne invincible, elle apparaît ici plus vulnérable que jamais, tiraillée entre son besoin de justice et la peur de perdre ceux qu’elle aime. En quittant l’institution policière, elle a gagné sa liberté — mais aussi son isolement.

Le roman interroge frontalement la notion de justice individuelle, la responsabilité morale du témoin et le prix du courage lorsqu’il n’existe plus de cadre légal pour le protéger. Jusqu’où peut-on aller pour sauver une vie ? Et à partir de quand le justicier devient-il une cible ?

Avec ce nouvel opus, M. J. Arlidge confirme sa maîtrise du polar britannique contemporain, mêlant efficacité narrative, noirceur sociale et héroïne iconique. Un thriller haletant, brutal et profondément humain, qui rappelle que lorsque la fumée apparaît… le feu n’est jamais bien loin.

Éditeur ‏ : ‎ Les escales éditions Date de publication ‏ : ‎ 5 février 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 448 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 238698012X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2386980121

Une pension en Italie de Philippe Besson

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Mêlant suspense et sensualité, Une pension en Italie est un roman solaire sur le prix à payer pour être soi, en écho à Chambre avec vue et Sur la route de Madison.

*Une pension en Italie s’inscrit dans la lignée la plus sensible et maîtrisée de l’œuvre de Philippe Besson. Avec ce roman aux parfums d’été brûlant et de secrets enfouis, l’écrivain livre une méditation bouleversante sur la mémoire familiale, le désir et le poids du silence.

Nous sommes au milieu des années 1960, en Toscane. La chaleur écrase les corps autant que les certitudes. Une famille française passe quelques jours dans une pension italienne, lieu hors du temps, suspendu entre insouciance et vertige. En l’espace de trois jours, un événement inattendu vient fissurer l’équilibre apparent. Quelque chose se produit, irréversible, et le monde d’avant cesse d’exister. La stupeur commande alors le silence — un silence qui durera des décennies.

Des années plus tard, un écrivain, héritier indirect de cette histoire, entreprend de remonter le fil du passé. À travers sa quête, Philippe Besson déploie une narration à double temporalité, où l’enquête intime se mêle au souvenir, et où chaque révélation éclaire autant qu’elle brûle.

L’écriture, d’une grande sensualité, capte la lumière italienne avec une précision presque cinématographique : les pierres chauffées par le soleil, les corps alanguis, les regards qui s’attardent trop longtemps. La Toscane devient un personnage à part entière, écrin de liberté autant que théâtre du basculement. Le désir y affleure partout, fragile, interdit, incandescent.

Comme souvent chez Besson, le roman interroge le prix à payer pour être soi dans une époque corsetée par les normes sociales. Les sentiments y sont tus plus qu’exprimés, les gestes retenus plus lourds que les mots. L’auteur excelle dans l’art de suggérer, de faire naître l’émotion dans l’ellipse, laissant au lecteur le soin de combler les silences.

À la croisée du récit d’été, du roman de filiation et du drame intime, Une pension en Italie dialogue ouvertement avec les grandes histoires d’amours empêchées, évoquant la mélancolie de Sur la route de Madison ou la tension élégante de Chambre avec vue. Mais Philippe Besson y imprime sa signature : une pudeur douloureuse, une nostalgie lumineuse et cette capacité rare à transformer le non-dit en vertige.

Roman du souvenir et de la révélation, Une pension en Italie est une œuvre solaire et grave, où la beauté des paysages contraste avec la violence intime des choix impossibles. Un livre sur ce que l’on tait pour survivre, et sur ce que la vérité, même tardive, peut enfin réparer.

Éditeur ‏ : ‎ Julliard Date de publication ‏ : ‎ 8 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ 1er Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 240 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2260056784 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2260056782

Ce cri que personne n’entend de Jan-Erik Fjell (Auteur), Jørn Lier Horst (Auteur)

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Norvège, le pays où la nuit domine le jour

Avec Ce cri que personne n’entend, Jan-Erik Fjell et Jørn Lier Horst signent un polar nordique d’une intensité remarquable, à la fois profondément humain et implacablement sombre, fidèle à la grande tradition scandinave du genre.

Ancien militaire devenu enquêteur indépendant, Markus sillonne les routes désertes de Norvège à bord de son van. Il vit en marge, dort près des fjords, traverse les villages oubliés et consacre son existence à un podcast consacré aux affaires criminelles non résolues. Parmi elles, une l’obsède depuis quinze ans : la disparition de Leah, une fillette volatilisée sans laisser de traces. Aucun corps, aucun suspect, seulement le silence — et ce cri que personne n’a jamais entendu.

Dès les premières pages, le roman impose une atmosphère lourde et hypnotique. Les paysages norvégiens deviennent un véritable personnage : rivières glacées, montagnes abruptes, fermes isolées battues par le vent. Une nature magnifique mais hostile, miroir des blessures enfouies et des secrets que chacun préfère taire. Fjell et Horst exploitent cette géographie avec une précision quasi cinématographique, donnant au récit une puissance sensorielle rare.

Le personnage de Markus s’inscrit dans la lignée des grands enquêteurs nordiques : solitaire, hanté par le passé, guidé moins par la gloire que par un besoin presque vital de vérité. Sa voix de podcasteur, moderne et intime, apporte une dimension contemporaine au polar, tout en interrogeant notre rapport à la mémoire, à la médiatisation du crime et au besoin collectif de comprendre l’incompréhensible.

L’enquête progresse lentement, méthodiquement, sans artifices. Les auteurs privilégient la tension psychologique à l’action spectaculaire. Chaque témoignage, chaque retour sur le passé révèle les failles d’une communauté rurale refermée sur elle-même, où la culpabilité se transmet parfois de génération en génération. Rien n’est jamais totalement noir ou blanc, et la vérité, quand elle se rapproche, s’avère souvent plus douloureuse que le mystère lui-même.

La force du roman réside aussi dans son regard profondément empathique sur les victimes. Ce cri que personne n’entend n’est pas seulement un roman policier : c’est une réflexion poignante sur l’oubli, la persistance du deuil et la violence du silence. Que devient une famille quand aucune réponse ne vient ? Comment vivre quand le passé refuse de se taire ?

Comparé à juste titre à Henning Mankell pour son ton mélancolique et sa gravité morale, Jørn Lier Horst trouve ici, avec Jan-Erik Fjell, un partenaire idéal. Leur écriture conjointe allie rigueur policière — héritée de l’expérience d’enquêteur de Horst — et profondeur psychologique, donnant naissance à un thriller aussi glaçant qu’émouvant.

ASIN ‏ : ‎ B0G4VJJX7L Éditeur ‏ : ‎ MARTINIERE BL Date de publication ‏ : ‎ 3 avril 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 384 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1040124061