A Kokkola, charmante petite ville finlandaise non loin du cercle arctique, ce ne sont pas les déjantés qui manquent ! Comme Romu-Mattila, un marginal qui décide de partir s’installer en Suède avec son chien, des trafiquants d’alcool accompagnés d’un cochon ou encore une gardienne de phare qui rêve de se lancer dans une grande aventure spatiale.
Avec Les Contes de Kokkola, Juho Kuosmanen, le talentueux réalisateur de Compartiment n°6, nous entraîne dans un univers à la fois givré et chaleureux, burlesque et profondément poétique. Cette trilogie muette, sous-titrée en français, rend un hommage savoureux aux origines du cinéma, tout en distillant une fantaisie très nordique.
À Kokkola, petite ville perdue au bord du cercle arctique, les excentriques peuplent le quotidien : un marginal qui part en Suède avec son chien, des trafiquants d’alcool flanqués d’un cochon, ou encore une gardienne de phare rêvant d’étoiles. Chaque segment de cette trilogie est un conte moderne, porté par l’humour visuel, la mélancolie douce et une inventivité visuelle désarmante.
Le choix du muet n’est jamais gimmick, mais un vrai parti pris cinématographique qui rappelle les chefs-d’œuvre de Keaton ou Tati, tout en captant la singularité du Grand Nord. La neige, omniprésente, devient personnage à part entière, décor rêvé pour les élans absurdes ou tendres de ces antihéros.
Les Contes de Kokkola confirme l’originalité et la maîtrise de Kuosmanen. Entre tendresse loufoque et contemplation, cette trilogie étonnante touche par son humanité discrète. Un bijou silencieux… qui parle fort.
Rapport de forme : 1.33:1
Classé : Tous publics
Dimensions du colis : 19 x 14 x 1,4 cm; 85 grammes
Réalisateur : Juho Kuosmanen
Format : PAL
Durée : 57 minutes
Date de sortie : 19 août 2025
Acteurs : Seppo Mattila, Oona Airola, Jaana Paananen, Juha Hurme, Aku-Petteri Pahkamäki
Réalisé par André Kadi et Karine Vézina, Hola Frida s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes curieux de redécouvrir l’icône mexicaine sous un jour nouveau. Porté par les voix d’Olivia Ruiz, Emma Rodriguez et Rebecca Gonzalez, ce long-métrage d’animation retrace avec tendresse l’enfance de Frida Kahlo à Coyoacán, son quartier natal aux mille couleurs.
Le film met en scène une petite fille vive, différente, passionnée par tout ce qui l’entoure. Déjà confrontée à la maladie, à la solitude et aux douleurs physiques, Frida développe un imaginaire sans limites qui l’aide à affronter les épreuves. Ce parti pris narratif, loin d’un biopic classique, permet aux jeunes spectateurs de s’identifier à une héroïne résiliente, fantasque et profondément attachante.
L’animation, signée André Kadi, est d’une grande richesse visuelle. Elle mêle textures inspirées du folklore mexicain, motifs surréalistes et palette éclatante. Les transitions entre réalité et imaginaire sont fluides, poétiques, portées par une mise en scène inventive et dynamique. La musique originale, tout en douceur et en rythmes latinos, accompagne subtilement les émotions et les décors, renforçant l’ancrage géographique et affectif du récit.
🎤 Les voix et la direction artistique
Olivia Ruiz, dans le rôle de la narratrice adulte, incarne avec chaleur et justesse l’âme de Frida. Elle donne au personnage une dimension vivante et incarnée, entre fragilité et force intérieure. Rebecca Gonzalez et Emma Rodriguez complètent le casting vocal avec naturel et fraîcheur. La direction artistique fait le choix d’une sincérité douce, sans jamais verser dans la didactique ou la solennité.
💿 Édition DVD – Image & Son
Sorti récemment en DVD, Hola Frida bénéficie d’une édition soignée qui rend pleinement justice au travail visuel des réalisateurs.
Image : Le transfert est d’excellente qualité. Les couleurs éclatantes et les textures dessinées à la main conservent toute leur richesse, sans bavure ni perte de définition. Les contrastes sont nets, les contours précis, et les séquences oniriques conservent leur fluidité. Un vrai régal pour les yeux, notamment sur écran HD.
Son : La piste audio en français (Dolby Digital 5.1) est claire, bien spatialisée, avec une belle dynamique. Les voix sont parfaitement audibles, les ambiances sonores riches et équilibrées. La bande originale ressort avec ampleur, sans couvrir les dialogues. Une piste stéréo est également disponible pour les installations plus simples.
Bonus : L’édition propose un petit making-of de 10 minutes sur la fabrication du film, un jeu interactif pour les enfants, ainsi qu’un livret illustré de 12 pages retraçant les grandes lignes de la vie de Frida Kahlo.
🎯 Verdict
Hola Frida est un film d’animation rare : accessible, intelligent, esthétique, et profondément émouvant. Il réussit à parler aux enfants sans jamais simplifier à l’excès, et offre aux adultes un regard délicat sur la genèse d’une artiste majeure. L’édition DVD est à la hauteur de cette œuvre sensible et colorée, et constitue un bel objet à partager en famille. Une réussite à découvrir, à offrir, à conserver.
Rapport de forme : 1.78:1 Classé : Tous publics Dimensions du produit (L x l x h) : 13,5 x 1,6 x 19 cm; 104 grammes Réalisateur : André Kadi, Karine Vézina Format : PAL Durée : 1 heure et 18 minutes Date de sortie : 17 juin 2025 Sous-titres : : Français Langue : Français (Dolby Digital 5.1), Espagnol (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 2.0), Espagnol (Dolby Digital 2.0) Studio : Blaq Out ASIN : B0DZYTXRFX
Dora, témoin du suicide de son mari, se fait interner en hôpital psychiatrique. Lorsqu’elle retrouve enfin sa liberté, elle retourne vivre dans son ancienne maison, avec Bruno, son nouveau compagnon et son fils Marco, issu de son premier mariage.
Sorti en 1977 sous le titre original Shock, Les Démons de la nuit est le dernier long-métrage signé par le maître italien de l’horreur Mario Bava. Co-réalisé en partie avec son fils Lamberto (non crédité), le film se démarque par sa tension psychologique étouffante, ses atmosphères domestiques inquiétantes et une performance mémorable de Daria Nicolodi, alors muse de Dario Argento.
Ici, Bava délaisse les excès gothiques ou baroques de ses œuvres précédentes pour une horreur plus intime, presque clinique. Le récit s’ancre dans le traumatisme post-psychiatrique de Dora, mère fragile qui tente de reconstruire sa vie dans une maison chargée d’ombres et de souvenirs. Mais très vite, les frontières entre réalité, psychose et surnaturel se brouillent. Le jeune Marco, enfant mutique à l’étrangeté troublante, devient le catalyseur d’un malaise grandissant. Sa fascination malsaine pour un mur de briques au sous-sol rappelle les terreurs enfantines de Poltergeist, anticipant de plusieurs années le cinéma horrifique domestique des années 80.
La mise en scène de Bava, toujours inventive malgré des moyens limités, use de travellings lents, d’angles déformés et de montages suggestifs. Loin des effets spectaculaires, c’est une horreur rampante, invisible, qui s’installe. Le film est un pont entre deux époques : le giallo et le film d’épouvante psychologique.
Image :
Sidonis Calysta propose un transfert honnête, issu d’une copie italienne restaurée. Si l’image manque parfois de netteté sur les plans sombres, la colorimétrie est globalement bien respectée, avec des tons chauds légèrement désaturés typiques des productions 70s. Le grain pellicule est conservé, ce qui contribue à l’ambiance rétro du film. Quelques artefacts demeurent, mais rien qui entache sérieusement l’expérience.
Son :
Disponible en VO italienne et VF d’époque (toutes deux en mono), le mixage est correct. La version originale est à privilégier pour l’interprétation nuancée de Daria Nicolodi. Les effets sonores — bruits de pas, respiration, bruits de cave — sont d’une efficacité troublante. La musique de Libra (groupe prog rock italien) ajoute une touche psychédélique singulière, bien mise en avant.
Rapport de forme : 1.85:1 Classé : 12 ans et plus Dimensions du colis : 19 x 14 x 1,4 cm; 100 grammes Réalisateur : Mario Bava Format : Blu-ray Durée : 1 heure et 33 minutes Date de sortie : 12 juillet 2025 Acteurs : Daria Nicolodi, David Colin Jr., John Steiner, Ivan Rassimov, Paul Costello Sous-titres : : Français Langue : Anglais (Dolby Digital 2.0 Mono), Français (Dolby Digital 2.0 Mono) Studio : Sidonis Calysta
Sandra, quinquagénaire farouchement indépendante, partage soudainement et malgré elle l’intimité de son voisin de palier et de ses deux enfants. Contre toute attente, elle s’attache peu à peu à cette famille d’adoption.
Avec L’Attachement, Carine Tardieu poursuit son exploration fine et sensible des liens humains, entre résistance à l’autre et élans imprévus. Après Les Jeunes Amants ou Ôtez-moi d’un doute, la réalisatrice confirme sa capacité à capter l’invisible : les déplacements intérieurs, les silences chargés, les gestes minuscules qui transforment une vie.
Valeria Bruni Tedeschi incarne Sandra, femme mûre, rigide en apparence, qui voit sa vie de célibataire tranquille bousculée par l’arrivée impromptue de ses voisins de palier — un père un peu paumé (Pio Marmaï) et ses deux enfants à la dérive. De cette cohabitation imposée naît une forme d’adoption mutuelle, lente, rugueuse, mais profondément émouvante. Sandra s’ouvre malgré elle, au contact du chaos, de l’imprévisible, de l’affection brute.
Carine Tardieu filme cette transformation avec douceur et acuité. Elle évite tout pathos, tout angélisme, préférant des scènes du quotidien, des regards fuyants, des maladresses tendres. Le film touche par sa justesse émotionnelle et sa pudeur. Valeria Bruni Tedeschi est bouleversante dans la retenue, tandis que Vimala Pons offre une partition lumineuse en mère absente dont l’ombre plane sur toute l’histoire.
Image :
Le transfert numérique est soigné, respectant pleinement la lumière douce et feutrée du film. Les tons pastel, les clairs-obscurs en intérieur, et les ambiances de fin d’automne sont bien restitués. Le cadre, souvent intimiste, conserve sa précision, et l’image reste stable même dans les scènes nocturnes. Un encodage propre, fidèle à l’esthétique sobre de Tardieu.
Son :
Le mixage Dolby Digital 5.1 offre une belle clarté aux dialogues, toujours audibles même dans les moments de murmures. Les ambiances domestiques (enfants, portes qui grincent, bruits de palier) sont discrètement mais finement rendues. La bande originale, subtile et émotive, vient renforcer les émotions sans jamais les surligner. Une piste sonore au service de l’émotion contenue du film.
Rapport de forme : 1.85:1 Classé : Tous publics Dimensions du colis : 19 x 14 x 1,5 cm; 100 grammes Réalisateur : Carine Tardieu Format : PAL Durée : 1 heure et 41 minutes Date de sortie : 1 juillet 2025 Acteurs : Valeria Bruni Tedeschi, Pio Marmaï, Vimala Pons, Raphaël Quenard, César Botti Langue : Français (Dolby Digital 5.1) Studio : Diaphana
Prosper, chauffeur Uber à côté de ses pompes, prend comme passager un homme mourant qui vient de se faire tirer dessus.
Avec Prosper, Yohann Gloaguen signe une comédie urbaine hybride et culottée, qui mêle polar métaphysique, buddy movie intérieur et satire sociale, le tout porté par un Jean-Pascal Zadi en très grande forme. Le point de départ – un chauffeur Uber qui hérite de la conscience d’un gangster en chaussant ses bottines – aurait pu verser dans la farce gratuite, mais le film assume son absurdité avec un sens rare du rythme et du ton.
Prosper, loser attachant, est le prototype du mec qui n’a jamais eu de chance. Quand il se retrouve malgré lui possédé par « King », un caïd charismatique tout droit sorti d’un polar 90s, c’est le début d’une cohabitation aussi explosive qu’improbable. Le duo – bien qu’incarné par une seule personne – devient l’atout comique du film : Zadi se démultiplie avec brio, incarnant tantôt l’ingénuité naïve de Prosper, tantôt la froide assurance de King, avec un jeu très physique et une diction impeccablement contrastée.
La mise en scène de Gloaguen, vive et nerveuse, multiplie les clins d’œil au cinéma de genre (de L’Échine du diable à Get Out, en passant par Freaky Friday), tout en gardant un ancrage très français : on navigue entre banlieue parisienne, trafics de rue et Uberisation du quotidien. La photographie nocturne, signée Claire Mathon (Portrait de la jeune fille en feu), donne une densité visuelle inattendue à cette fable déjantée.
Côté casting, Cindy Bruna surprend dans un rôle tout en ambiguïté, oscillant entre love interest et potentiel suspecte. Mamadou Minté, lui, campe un lieutenant de quartier magnifiquement caricatural, entre menace sérieuse et comédie pure.
Une allégorie sociale masquée
Sous ses atours de film loufoque, Prosper aborde des thématiques bien plus profondes : la dépossession de soi, l’identité masculine, la gentrification violente des quartiers populaires, ou encore la tentation du pouvoir. Que fait-on quand on a enfin des « bottines à sa taille » ? Jusqu’où peut-on aller quand on a les outils, mais pas la vocation ?
Le film évite le piège du discours moralisateur en gardant toujours l’humour au premier plan. Certaines scènes frôlent même l’absurde kafkaïen, notamment lorsque Prosper/King se rend dans une réunion d’anciens détenus… sans être jamais allé en prison.
mage :
Le master proposé affiche une très bonne définition pour un DVD. La palette nocturne du film, riche en néons, reflets urbains et contrastes marqués, est bien rendue, avec une colorimétrie fidèle à la photographie originale signée Claire Mathon. Les noirs restent profonds et les scènes en basse lumière conservent leur lisibilité. Quelques pertes de détails se font sentir dans les plans les plus sombres ou les mouvements rapides, mais rien de rédhibitoire. Un encodage propre qui flatte le style visuel urbain et nerveux du film.
Son :
Le mixage Dolby Digital 5.1 en version originale française est une vraie réussite. Les dialogues – souvent internes, entre Prosper et « King » – sont clairs et bien spatialisés. Les ambiances urbaines (klaxons, rues animées, course-poursuites) sont parfaitement restituées dans les canaux arrière, tandis que la bande originale, à mi-chemin entre trap élégante et jazz digital, donne de l’ampleur aux scènes d’action. Le caisson de basses est sobre mais bien utilisé lors des séquences tendues. Une piste audio vivante et immersive, qui soutient le film sans jamais l’écraser.
Classé : Tous publics Réalisateur : Yohann Gloaguen Format : PAL Durée : 1 heure et 28 minutes Date de sortie : 9 juillet 2025 Acteurs : Jean-Pascal Zadi, Cindy Bruna, Makita Samba, Salimata Kamate, Mamadou Minté Langue : Français (Dolby Digital 5.1) Studio : Warner Bros. Entertainment France
L’un des plus grands duos comiques de l’Histoire, Daffy Duck et Porky Pig, fait son grand retour au cinéma dans une nouvelle comédie déjantée.
Avec Daffy et Porky sauvent le monde, les studios Warner relancent la dynamique Looney Tunes sur grand écran dans un format long-métrage, en conservant l’ADN irrévérencieux et anarchique qui a fait le succès de la franchise. Derrière la caméra, Pete Browngardt (déjà à l’origine de la série Looney Tunes Cartoons sur HBO Max) orchestre un hommage débridé aux cartoons d’antan, tout en injectant une énergie contemporaine et un sous-texte bien plus grinçant qu’il n’y paraît.
Dans cette aventure, Daffy Duck, éternel cabotin mégalo, et Porky Pig, son acolyte bègue et stoïque, doivent empêcher une intelligence artificielle malveillante (et délicieusement caricaturale) de prendre le contrôle des satellites mondiaux. À leurs côtés, Petunia Pig fait une entrée remarquée, apportant une touche de fraîcheur féminine à ce duo masculin emblématique. Le scénario, coécrit par Erik Adahl et Audrey Diehl, ne se contente pas d’empiler les gags : il offre également une relecture malicieuse des films de science-fiction dystopiques, parodiant Matrix, Terminator ou encore Ready Player One.
Qualité technique : une édition DVD solide mais sans extravagance
Image : Le transfert DVD (format 1.78:1) se révèle très convaincant pour un support standard. Les couleurs sont éclatantes, le trait net et l’animation fluide. On note toutefois quelques effets de compression mineurs lors des scènes très dynamiques, sans que cela nuise au plaisir visuel.
Son : Le mixage audio Dolby Digital 5.1, disponible en VO comme en VF, respecte pleinement l’univers sonore cartoonesque des Looney Tunes : bruitages percussifs, musiques bondissantes, et voix survoltées s’accordent dans un équilibre maîtrisé. Mention spéciale aux comédiens de doublage français, qui s’en sortent avec brio.
Verdict critique
Daffy et Porky sauvent le monde s’inscrit dans la lignée des grands retours de franchises animées en jouant la carte de la nostalgie, mais avec une vraie finesse d’écriture et une lecture double : les enfants rient des gags visuels, les adultes sourient aux multiples clins d’œil et au second degré politique. L’édition DVD, bien que modeste dans ses ajouts éditoriaux, offre une restitution technique soignée du film. Un indispensable pour les amateurs de cartoons, les collectionneurs Warner et les curieux d’animation post-moderne.
Note globale : 4/5
Classé : Tous publics Réalisateur : Peter Browngardt Format : PAL Durée : 1 heure et 27 minutes Date de sortie : 18 juin 2025 Sous-titres : : Français Langue : Français (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby Digital 5.1) Studio : Warner Bros. Entertainment France
Le détective Carl Mørck envoie Rose (sa jeune collègue du département Q) sur l’île danoise isolée de Bornholm pour répondre aux demandes répétées de son ancien collègue Christian Habersaat.
Dans ce cinquième opus des Enquêtes du département V, Ole Christian Madsen livre un polar nordique sombre et maîtrisé, fidèle à l’univers rugueux et énigmatique de Jussi Adler-Olsen. Exit le binôme classique : ici, c’est Rose – interprétée avec intensité par Sofie Torp – qui prend le relais en éclaireuse, envoyée sur l’île de Bornholm pour répondre à l’appel désespéré d’un ex-policier au bord du gouffre.
Le décor – une île danoise battue par les vents – devient rapidement un personnage à part entière. Lorsque Carl Mørck (Ulrich Thomsen, taiseux et glaçant à souhait) et Assad le rejoignent, l’enquête prend une tournure plus personnelle et inquiétante : une adolescente retrouvée pendue à un arbre, des témoins silencieux, et une communauté qui garde ses secrets derrière des sourires figés.
La mise en scène de Madsen joue habilement sur les codes du thriller nordique : paysages brumeux, tension sourde, silences lourds de sens. Mais Promesse creuse aussi le terrain psychologique, notamment à travers Rose, dont les fêlures personnelles viennent se mêler à la noirceur de l’affaire.
L’intrigue, à la fois policière et existentielle, interroge la fidélité, la responsabilité, les non-dits qui pourrissent lentement les âmes. Le trio fonctionne avec une sobriété efficace, porté par une direction d’acteurs précise et une photographie glacée qui renforce l’atmosphère oppressante.
Promesse mise avant tout sur l’atmosphère et la psychologie des personnages, ménageant un crescendo émotionnel, comme en témoignent cette image et ce son. Pour les amateurs de tension psychologique et d’esthétique nordique, l’expérience promet d’être marquante.
Classé : 12 ans et plus Dimensions du colis : 19,4 x 13,8 x 1,7 cm; 100 grammes Audio description : : Français Réalisateur : Ole Christian Madsen Format : PAL Durée : 2 heures et 1 minute Date de sortie : 4 juin 2025 Acteurs : Ulrich Thomsen, Sofie Torp, Afshin Firouzi, Hedda Stiernstedt, Joachim Fjelstrup Sous-titres : : Français Langue : Français (Dolby Digital 5.1), Danois (Dolby Digital 5.1) Studio : Warner Bros. Entertainment France ASIN : B0F2BC8K6M
Au bout de quinze ans de mariage, une crise met à l’épreuve l’union de Julien et Marie. Dans le couple, cette dernière a toujours été celle qui aimait le plus, aussi, au moment où Anaëlle, le grand amour de jeunesse de son mari Julien, réapparait dans le paysage, Marie panique.
Avec Dis-Moi Juste Que Tu M’aimes, Anne Le Ny livre un drame conjugal à double tranchant, entre finesse psychologique et glissement vers le thriller intime. Porté par un duo magnétique – Omar Sy, en mari rattrapé par ses fantômes, et Élodie Bouchez, bouleversante de vulnérabilité – le film ausculte avec une acuité douloureuse les failles d’un amour usé.
Julien et Marie, mariés depuis quinze ans, traversent une tempête silencieuse. Lorsque réapparaît Anaëlle, l’amour de jeunesse de Julien, les certitudes vacillent, les rancunes remontent, et Marie, celle qui a toujours aimé « plus fort », s’enfonce dans une spirale d’insécurité. Sa fuite dans les bras de Thomas, son nouveau patron au charme trouble, semble d’abord une tentative de revanche, avant de virer à la dérive émotionnelle. Jusqu’à l’irréparable.
Anne Le Ny, en scénariste habile, installe une tension douce mais implacable, où chaque regard, chaque silence, creuse le fossé entre les personnages. La mise en scène, sobre et élégante, laisse toute la place au jeu des acteurs. Omar Sy, tout en intériorité, déploie une gravité inattendue, tandis qu’Élodie Bouchez incarne avec brio la douleur sourde de celle qui doute d’elle-même.
Le film touche par ce qu’il dit des déséquilibres amoureux, du besoin d’être vu, reconnu, désiré – et de ce que l’on risque quand ce manque devient gouffre. Sans manichéisme, Dis-Moi Juste Que Tu M’aimes interroge aussi les zones grises du consentement et les violences symboliques. Car si Marie se perd, c’est aussi parce qu’un homme toxique a su s’immiscer dans ses failles.
Un drame intimiste et glaçant, où l’on passe sans prévenir de la tendresse à la menace. Et un film qui, sous ses airs feutrés, laisse une brûlure durable.
L’image – un poster à la fois élégant et chargé de tension – montre Omar Sy (Julien) dos à Élodie Bouchez (Marie). Le cadrage révèle une distance émotionnelle : lui regarde ailleurs, tandis qu’elle semble submergée, son regard baissé évoquant la nostalgie et la peur. Les couleurs sont froides, presque désaturées, suggérant une atmosphère de tension et d’incertitude dans un couple usé
La bande‑son, signée Benjamin Esdraffo, joue un rôle essentiel : elle capte les émotions intimes du film. On peut notamment écouter « Générique début », « L’Invitation » ou « L’Hôtel de charme » des titres qui portent tour à tour la douceur, la montée de tension et l’oppression émotionnelle ressenties par Marie et Julien La musique évolue avec les personnages : de la mélancolie lancinante au crescendo angoissant, elle sert magnifiquement la narration et amplifie la glissade vers le thriller.
Classé : Tous publics
Réalisateur : Anne Le Ny
Format : PAL
Durée : 1 heure et 47 minutes
Date de sortie : 19 juin 2025
Acteurs : Omar Sy, Élodie Bouchez, Vanessa Paradis, José Garcia, Marie Ayissi
Adapté du roman multi-primé de Nicolas Mathieu, Leurs enfants après eux brosse le portrait d’une jeunesse en suspens, dans une vallée industrielle de l’Est de la France. Anthony, 14 ans, grandit dans un monde figé, entre espoirs flous et colères sourdes. En quatre étés, sa vie va doucement basculer, entre désillusion sociale, premiers amours et perte d’innocence.
Les frères Boukherma signent une mise en scène d’une grande finesse : la lumière d’été, les silences entre deux fêtes, les regards perdus dans les champs – tout participe d’un réalisme poétique et mélancolique. Les choix musicaux – Nirvana, Metallica, Pixies – renforcent l’inscription dans les années 90, tout en nourrissant une tension sourde.
Paul Kircher est d’une justesse bouleversante. Il incarne Anthony avec une intensité retenue, déchirante. À ses côtés, Sayyid El Alami livre une performance magistrale, tout en failles et en non-dits. Angelina Woreth complète ce trio avec grâce et subtilité. Ensemble, ils donnent corps à une adolescence brute, loin des clichés, pleine de désir, de maladresse et de rage contenue.
Si le film ne reprend pas toute la richesse chorale du roman, il opte pour une ligne plus sensorielle, centrée sur Anthony. Ce choix resserre le récit autour du corps, du regard, de la pulsion. Moins politique que le livre, l’adaptation n’en demeure pas moins profondément sociale – mais par la forme, plus que par le discours.
📷 Image
Le transfert HD est superbe. La photographie naturelle du film est parfaitement respectée, avec des contrastes maîtrisés et des couleurs chaudes fidèles à l’atmosphère estivale. Les détails sont fins, notamment dans les paysages ou les scènes nocturnes. L’image garde toute sa texture granuleuse, sans être artificiellement lissée.
🔊 Son
Deux pistes audio DTS‑HD Master Audio sont proposées (5.1 et stéréo). Le mixage est équilibré, immersif sans surenchère. Les ambiances de lac, les bruits de motos, les musiques de fêtes et les dialogues se détachent avec clarté. Les arrière-plans sonores (foule, feux d’artifice) sont rendus avec beaucoup de
justesse.
Classé : Tous publics Dimensions du colis : 17,1 x 13,6 x 1,5 cm; 60 grammes Audio description : : Français Réalisateur : Ludovic Boukherma, Zoran Boukherma Durée : 2 heures et 26 minutes Date de sortie : 14 mai 2025 Acteurs : Paul Kircher, Angelina Woreth, Sayyid El Alami, Gilles Lellouche, Ludivine Sagnier Sous-titres : : Français Langue : Français (DTS-HD 5.1) Studio : Warner Bros. Entertainment France
May travaille dans un cabinet vétérinaire. C’est une jeune fille timide et complexée qui a beaucoup du mal à se faire des amis et dont l’attitude est étrange aux yeux des autres. Elle partage son appartement avec sa seule vraie amie, une poupée que lui a donné sa mère quand elle était petite.
Œuvre à part dans le cinéma d’horreur américain des années 2000, May est un conte macabre sur la solitude, la marginalité et le besoin déchirant d’amour. Lucky McKee signe ici son premier long métrage, et impose déjà une patte singulière, entre esthétique gothique, horreur psychologique et poésie morbide.
Angela Bettis incarne une héroïne inoubliable : May, jeune femme introvertie et fragile, mal à l’aise dans son corps et face aux autres. Incapable de tisser des liens durables, elle finit par se replier sur une idée délirante : construire un partenaire « parfait » à partir des « plus belles parties » de ceux qu’elle a croisés. Le film glisse progressivement du malaise au cauchemar, avec une lente montée en tension qui culmine dans un final tragique et démentiel.
La grande force du film repose sur son ton profondément empathique. McKee ne juge jamais son personnage. Il filme May avec tendresse, sans la réduire à une « folle » ou une tueuse. C’est ce qui rend le basculement vers l’horreur d’autant plus saisissant : c’est une douleur extrême, et non une pulsion sadique, qui pousse l’héroïne vers l’irrémédiable.
🎧 LE SON : INTROSPECTION ET DISSONANCES
La bande-son, oscillant entre compositions minimalistes et bruitages organiques, renforce l’enfermement psychique du personnage principal. Les silences sont pesants, et les rares moments de musique plus rythmée marquent des ruptures émotionnelles violentes. Le travail de design sonore rend palpable la porosité entre l’univers intérieur de May et la réalité qui l’entoure.
🎨 L’IMAGE : UNE ESTHÉTIQUE INTIMISTE ET VISCÉRALE
Visuellement, May navigue entre douceur pastel et crudité clinique. Les décors étriqués, les jeux d’ombres dans l’appartement, et la lumière blafarde de la clinique vétérinaire participent à créer un monde refermé sur lui-même. Le regard que porte la caméra sur Angela Bettis est d’une rare subtilité, captant ses tics, ses hésitations, ses fêlures — comme autant d’indices d’une psyché en lente dislocation.
📀 LES BONUS : UN ÉCLAIRAGE PRÉCIEUX ET INTIME
Cette édition Combo DVD + Blu-ray enrichit l’expérience du film avec une série de suppléments inédits et pertinents :
🎙 Commentaire audio de Lucky McKee
Un commentaire humble, passionné et profondément sincère. Le réalisateur revient sur la genèse du projet, ses influences (de Carrie à Frankenstein), son lien personnel avec le personnage de May, et le casting d’Angela Bettis, qu’il considère comme son alter ego féminin à l’écran.
🎬 « Morceaux choisis » : sur le tournage de May
Un documentaire de plateau rare, montrant McKee à l’œuvre avec son équipe. On y découvre une ambiance de tournage artisanale, presque familiale, où chaque détail compte. L’alchimie entre le réalisateur et son actrice principale est palpable.
🧸 « Le Fabricant de jouets » : entretien inédit avec Lucky McKee
Un échange riche et analytique où McKee aborde May comme une métaphore sur la création artistique. Pour lui, fabriquer un être à partir de morceaux épars revient à construire un film à partir de fragments émotionnels. Un bonus précieux pour comprendre l’intimité de son geste cinématographique.
✂️ « Des mains de maître » : entretien inédit avec Jeremy Sisto
L’acteur évoque son personnage — un homme fasciné par l’étrangeté de May, puis repoussé par sa fragilité. Il revient aussi sur la direction d’acteurs fine et intuitive de McKee, et sur la difficulté à maintenir l’équilibre entre sensualité et malaise.
🧟♀️ « De Frankenstein à May » : analyses de Miranda Corcoran
Une intervention universitaire captivante, qui replace May dans la tradition du monstre créé par rejet. Corcoran établit des ponts entre Mary Shelley, la figure du golem et le cinéma de genre féminin, en soulignant la modernité et la profondeur du film.
📽 Bande-annonce
Un trailer envoûtant, presque trompeur, qui met l’accent sur la bizarrerie du film plus que sur sa charge émotionnelle. Il reflète bien l’ambiguïté de l’œuvre : ni purement horreur, ni purement drame.
Rapport de forme : 1.85:1 Classé : 16 ans et plus Dimensions du produit (L x l x h) : 13,5 x 1 x 17,5 cm; 90 grammes Format : Couleur, Importé Durée : 1 heure et 33 minutes Date de sortie : 4 juin 2025 Acteurs : Angela Bettis, Jeremy Sisto, Anna Faris, James Duval, Nichole Hiltz Sous-titres : : Français Studio : ESC Editions