Prosper De Yohann Gloaguen Avec Jean-Pascal Zadi, Cindy Bruna, Mamadou Minté

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Prosper, chauffeur Uber à côté de ses pompes, prend comme passager un homme mourant qui vient de se faire tirer dessus.

Avec Prosper, Yohann Gloaguen signe une comédie urbaine hybride et culottée, qui mêle polar métaphysique, buddy movie intérieur et satire sociale, le tout porté par un Jean-Pascal Zadi en très grande forme. Le point de départ – un chauffeur Uber qui hérite de la conscience d’un gangster en chaussant ses bottines – aurait pu verser dans la farce gratuite, mais le film assume son absurdité avec un sens rare du rythme et du ton.

Prosper, loser attachant, est le prototype du mec qui n’a jamais eu de chance. Quand il se retrouve malgré lui possédé par « King », un caïd charismatique tout droit sorti d’un polar 90s, c’est le début d’une cohabitation aussi explosive qu’improbable. Le duo – bien qu’incarné par une seule personne – devient l’atout comique du film : Zadi se démultiplie avec brio, incarnant tantôt l’ingénuité naïve de Prosper, tantôt la froide assurance de King, avec un jeu très physique et une diction impeccablement contrastée.

La mise en scène de Gloaguen, vive et nerveuse, multiplie les clins d’œil au cinéma de genre (de L’Échine du diable à Get Out, en passant par Freaky Friday), tout en gardant un ancrage très français : on navigue entre banlieue parisienne, trafics de rue et Uberisation du quotidien. La photographie nocturne, signée Claire Mathon (Portrait de la jeune fille en feu), donne une densité visuelle inattendue à cette fable déjantée.

Côté casting, Cindy Bruna surprend dans un rôle tout en ambiguïté, oscillant entre love interest et potentiel suspecte. Mamadou Minté, lui, campe un lieutenant de quartier magnifiquement caricatural, entre menace sérieuse et comédie pure.

Une allégorie sociale masquée

Sous ses atours de film loufoque, Prosper aborde des thématiques bien plus profondes : la dépossession de soi, l’identité masculine, la gentrification violente des quartiers populaires, ou encore la tentation du pouvoir. Que fait-on quand on a enfin des « bottines à sa taille » ? Jusqu’où peut-on aller quand on a les outils, mais pas la vocation ?

Le film évite le piège du discours moralisateur en gardant toujours l’humour au premier plan. Certaines scènes frôlent même l’absurde kafkaïen, notamment lorsque Prosper/King se rend dans une réunion d’anciens détenus… sans être jamais allé en prison.

mage :

Le master proposé affiche une très bonne définition pour un DVD. La palette nocturne du film, riche en néons, reflets urbains et contrastes marqués, est bien rendue, avec une colorimétrie fidèle à la photographie originale signée Claire Mathon. Les noirs restent profonds et les scènes en basse lumière conservent leur lisibilité. Quelques pertes de détails se font sentir dans les plans les plus sombres ou les mouvements rapides, mais rien de rédhibitoire. Un encodage propre qui flatte le style visuel urbain et nerveux du film.


Son :

Le mixage Dolby Digital 5.1 en version originale française est une vraie réussite. Les dialogues – souvent internes, entre Prosper et « King » – sont clairs et bien spatialisés. Les ambiances urbaines (klaxons, rues animées, course-poursuites) sont parfaitement restituées dans les canaux arrière, tandis que la bande originale, à mi-chemin entre trap élégante et jazz digital, donne de l’ampleur aux scènes d’action. Le caisson de basses est sobre mais bien utilisé lors des séquences tendues. Une piste audio vivante et immersive, qui soutient le film sans jamais l’écraser.

Classé ‏ : ‎ Tous publics Réalisateur ‏ : ‎ Yohann Gloaguen Format ‏ : ‎ PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 28 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 9 juillet 2025 Acteurs ‏ : ‎ Jean-Pascal Zadi, Cindy Bruna, Makita Samba, Salimata Kamate, Mamadou Minté Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ Warner Bros. Entertainment France

DAFFY ET PORKY SAUVENT LE MONDE

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L’un des plus grands duos comiques de l’Histoire, Daffy Duck et Porky Pig, fait son grand retour au cinéma dans une nouvelle comédie déjantée.

Avec Daffy et Porky sauvent le monde, les studios Warner relancent la dynamique Looney Tunes sur grand écran dans un format long-métrage, en conservant l’ADN irrévérencieux et anarchique qui a fait le succès de la franchise. Derrière la caméra, Pete Browngardt (déjà à l’origine de la série Looney Tunes Cartoons sur HBO Max) orchestre un hommage débridé aux cartoons d’antan, tout en injectant une énergie contemporaine et un sous-texte bien plus grinçant qu’il n’y paraît.

Dans cette aventure, Daffy Duck, éternel cabotin mégalo, et Porky Pig, son acolyte bègue et stoïque, doivent empêcher une intelligence artificielle malveillante (et délicieusement caricaturale) de prendre le contrôle des satellites mondiaux. À leurs côtés, Petunia Pig fait une entrée remarquée, apportant une touche de fraîcheur féminine à ce duo masculin emblématique. Le scénario, coécrit par Erik Adahl et Audrey Diehl, ne se contente pas d’empiler les gags : il offre également une relecture malicieuse des films de science-fiction dystopiques, parodiant Matrix, Terminator ou encore Ready Player One.

Qualité technique : une édition DVD solide mais sans extravagance

Image : Le transfert DVD (format 1.78:1) se révèle très convaincant pour un support standard. Les couleurs sont éclatantes, le trait net et l’animation fluide. On note toutefois quelques effets de compression mineurs lors des scènes très dynamiques, sans que cela nuise au plaisir visuel.

Son : Le mixage audio Dolby Digital 5.1, disponible en VO comme en VF, respecte pleinement l’univers sonore cartoonesque des Looney Tunes : bruitages percussifs, musiques bondissantes, et voix survoltées s’accordent dans un équilibre maîtrisé. Mention spéciale aux comédiens de doublage français, qui s’en sortent avec brio.


Verdict critique

Daffy et Porky sauvent le monde s’inscrit dans la lignée des grands retours de franchises animées en jouant la carte de la nostalgie, mais avec une vraie finesse d’écriture et une lecture double : les enfants rient des gags visuels, les adultes sourient aux multiples clins d’œil et au second degré politique. L’édition DVD, bien que modeste dans ses ajouts éditoriaux, offre une restitution technique soignée du film. Un indispensable pour les amateurs de cartoons, les collectionneurs Warner et les curieux d’animation post-moderne.

Note globale : 4/5

Classé ‏ : ‎ Tous publics Réalisateur ‏ : ‎ Peter Browngardt Format ‏ : ‎ PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 27 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 18 juin 2025 Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ Warner Bros. Entertainment France

Les Enquêtes du département V : promessee Ole Christian Madsen Avec Ulrich Thomsen, Sofie Torp, Afshin Firouzi

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Le détective Carl Mørck envoie Rose (sa jeune collègue du département Q) sur l’île danoise isolée de Bornholm pour répondre aux demandes répétées de son ancien collègue Christian Habersaat.

Dans ce cinquième opus des Enquêtes du département V, Ole Christian Madsen livre un polar nordique sombre et maîtrisé, fidèle à l’univers rugueux et énigmatique de Jussi Adler-Olsen. Exit le binôme classique : ici, c’est Rose – interprétée avec intensité par Sofie Torp – qui prend le relais en éclaireuse, envoyée sur l’île de Bornholm pour répondre à l’appel désespéré d’un ex-policier au bord du gouffre.

Le décor – une île danoise battue par les vents – devient rapidement un personnage à part entière. Lorsque Carl Mørck (Ulrich Thomsen, taiseux et glaçant à souhait) et Assad le rejoignent, l’enquête prend une tournure plus personnelle et inquiétante : une adolescente retrouvée pendue à un arbre, des témoins silencieux, et une communauté qui garde ses secrets derrière des sourires figés.

La mise en scène de Madsen joue habilement sur les codes du thriller nordique : paysages brumeux, tension sourde, silences lourds de sens. Mais Promesse creuse aussi le terrain psychologique, notamment à travers Rose, dont les fêlures personnelles viennent se mêler à la noirceur de l’affaire.

L’intrigue, à la fois policière et existentielle, interroge la fidélité, la responsabilité, les non-dits qui pourrissent lentement les âmes. Le trio fonctionne avec une sobriété efficace, porté par une direction d’acteurs précise et une photographie glacée qui renforce l’atmosphère oppressante.

Promesse mise avant tout sur l’atmosphère et la psychologie des personnages, ménageant un crescendo émotionnel, comme en témoignent cette image et ce son. Pour les amateurs de tension psychologique et d’esthétique nordique, l’expérience promet d’être marquante.

Classé ‏ : ‎ 12 ans et plus Dimensions du colis ‏ : ‎ 19,4 x 13,8 x 1,7 cm; 100 grammes Audio description : ‏ : ‎ Français Réalisateur ‏ : ‎ Ole Christian Madsen Format ‏ : ‎ PAL Durée ‏ : ‎ 2 heures et 1 minute Date de sortie ‏ : ‎ 4 juin 2025 Acteurs ‏ : ‎ Ulrich Thomsen, Sofie Torp, Afshin Firouzi, Hedda Stiernstedt, Joachim Fjelstrup Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1), Danois (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ Warner Bros. Entertainment France ASIN ‏ : ‎ B0F2BC8K6M

Dis-Moi Juste Que tu m’aimes avec Omar Sy Élodie Bouchez de Anne Le Ny

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Au bout de quinze ans de mariage, une crise met à l’épreuve l’union de Julien et Marie. Dans le couple, cette dernière a toujours été celle qui aimait le plus, aussi, au moment où Anaëlle, le grand amour de jeunesse de son mari Julien, réapparait dans le paysage, Marie panique.

Avec Dis-Moi Juste Que Tu M’aimes, Anne Le Ny livre un drame conjugal à double tranchant, entre finesse psychologique et glissement vers le thriller intime. Porté par un duo magnétique – Omar Sy, en mari rattrapé par ses fantômes, et Élodie Bouchez, bouleversante de vulnérabilité – le film ausculte avec une acuité douloureuse les failles d’un amour usé.

Julien et Marie, mariés depuis quinze ans, traversent une tempête silencieuse. Lorsque réapparaît Anaëlle, l’amour de jeunesse de Julien, les certitudes vacillent, les rancunes remontent, et Marie, celle qui a toujours aimé « plus fort », s’enfonce dans une spirale d’insécurité. Sa fuite dans les bras de Thomas, son nouveau patron au charme trouble, semble d’abord une tentative de revanche, avant de virer à la dérive émotionnelle. Jusqu’à l’irréparable.

Anne Le Ny, en scénariste habile, installe une tension douce mais implacable, où chaque regard, chaque silence, creuse le fossé entre les personnages. La mise en scène, sobre et élégante, laisse toute la place au jeu des acteurs. Omar Sy, tout en intériorité, déploie une gravité inattendue, tandis qu’Élodie Bouchez incarne avec brio la douleur sourde de celle qui doute d’elle-même.

Le film touche par ce qu’il dit des déséquilibres amoureux, du besoin d’être vu, reconnu, désiré – et de ce que l’on risque quand ce manque devient gouffre. Sans manichéisme, Dis-Moi Juste Que Tu M’aimes interroge aussi les zones grises du consentement et les violences symboliques. Car si Marie se perd, c’est aussi parce qu’un homme toxique a su s’immiscer dans ses failles.

Un drame intimiste et glaçant, où l’on passe sans prévenir de la tendresse à la menace. Et un film qui, sous ses airs feutrés, laisse une brûlure durable.

L’image – un poster à la fois élégant et chargé de tension – montre Omar Sy (Julien) dos à Élodie Bouchez (Marie). Le cadrage révèle une distance émotionnelle : lui regarde ailleurs, tandis qu’elle semble submergée, son regard baissé évoquant la nostalgie et la peur. Les couleurs sont froides, presque désaturées, suggérant une atmosphère de tension et d’incertitude dans un couple usé

La bande‑son, signée Benjamin Esdraffo, joue un rôle essentiel : elle capte les émotions intimes du film. On peut notamment écouter « Générique début », « L’Invitation » ou « L’Hôtel de charme » des titres qui portent tour à tour la douceur, la montée de tension et l’oppression émotionnelle ressenties par Marie et Julien La musique évolue avec les personnages : de la mélancolie lancinante au crescendo angoissant, elle sert magnifiquement la narration et amplifie la glissade vers le thriller.

  • Classé ‏ : ‎ Tous publics
  • Réalisateur ‏ : ‎ Anne Le Ny
  • Format ‏ : ‎ PAL
  • Durée ‏ : ‎ 1 heure et 47 minutes
  • Date de sortie ‏ : ‎ 19 juin 2025
  • Acteurs ‏ : ‎ Omar Sy, Élodie Bouchez, Vanessa Paradis, José Garcia, Marie Ayissi
  • Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1)
  • Studio  ‏ : ‎ M6 Vidéo
  • ASIN ‏ : ‎ B0DXWZWL75

Leurs Enfants après eux De Ludovic Boukherma, Zoran Boukherma Avec Paul Kircher, Angelina Woreth, Sayyid El Alami

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Adapté du roman multi-primé de Nicolas Mathieu, Leurs enfants après eux brosse le portrait d’une jeunesse en suspens, dans une vallée industrielle de l’Est de la France. Anthony, 14 ans, grandit dans un monde figé, entre espoirs flous et colères sourdes. En quatre étés, sa vie va doucement basculer, entre désillusion sociale, premiers amours et perte d’innocence.

Les frères Boukherma signent une mise en scène d’une grande finesse : la lumière d’été, les silences entre deux fêtes, les regards perdus dans les champs – tout participe d’un réalisme poétique et mélancolique. Les choix musicaux – Nirvana, Metallica, Pixies – renforcent l’inscription dans les années 90, tout en nourrissant une tension sourde.

Paul Kircher est d’une justesse bouleversante. Il incarne Anthony avec une intensité retenue, déchirante. À ses côtés, Sayyid El Alami livre une performance magistrale, tout en failles et en non-dits. Angelina Woreth complète ce trio avec grâce et subtilité. Ensemble, ils donnent corps à une adolescence brute, loin des clichés, pleine de désir, de maladresse et de rage contenue.

Si le film ne reprend pas toute la richesse chorale du roman, il opte pour une ligne plus sensorielle, centrée sur Anthony. Ce choix resserre le récit autour du corps, du regard, de la pulsion. Moins politique que le livre, l’adaptation n’en demeure pas moins profondément sociale – mais par la forme, plus que par le discours.

📷 Image

Le transfert HD est superbe. La photographie naturelle du film est parfaitement respectée, avec des contrastes maîtrisés et des couleurs chaudes fidèles à l’atmosphère estivale. Les détails sont fins, notamment dans les paysages ou les scènes nocturnes. L’image garde toute sa texture granuleuse, sans être artificiellement lissée.

🔊 Son

Deux pistes audio DTS‑HD Master Audio sont proposées (5.1 et stéréo). Le mixage est équilibré, immersif sans surenchère. Les ambiances de lac, les bruits de motos, les musiques de fêtes et les dialogues se détachent avec clarté. Les arrière-plans sonores (foule, feux d’artifice) sont rendus avec beaucoup de

justesse.

Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du colis ‏ : ‎ 17,1 x 13,6 x 1,5 cm; 60 grammes Audio description : ‏ : ‎ Français Réalisateur ‏ : ‎ Ludovic Boukherma, Zoran Boukherma Durée ‏ : ‎ 2 heures et 26 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 14 mai 2025 Acteurs ‏ : ‎ Paul Kircher, Angelina Woreth, Sayyid El Alami, Gilles Lellouche, Ludivine Sagnier Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Français (DTS-HD 5.1) Studio  ‏ : ‎ Warner Bros. Entertainment France

MAY Un film de Lucky McKee Avec Angela Bettis, Jeremy Sisto, Anna Faris

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May travaille dans un cabinet vétérinaire. C’est une jeune fille timide et complexée qui a beaucoup du mal à se faire des amis et dont l’attitude est étrange aux yeux des autres. Elle partage son appartement avec sa seule vraie amie, une poupée que lui a donné sa mère quand elle était petite.

Œuvre à part dans le cinéma d’horreur américain des années 2000, May est un conte macabre sur la solitude, la marginalité et le besoin déchirant d’amour. Lucky McKee signe ici son premier long métrage, et impose déjà une patte singulière, entre esthétique gothique, horreur psychologique et poésie morbide.

Angela Bettis incarne une héroïne inoubliable : May, jeune femme introvertie et fragile, mal à l’aise dans son corps et face aux autres. Incapable de tisser des liens durables, elle finit par se replier sur une idée délirante : construire un partenaire « parfait » à partir des « plus belles parties » de ceux qu’elle a croisés. Le film glisse progressivement du malaise au cauchemar, avec une lente montée en tension qui culmine dans un final tragique et démentiel.

La grande force du film repose sur son ton profondément empathique. McKee ne juge jamais son personnage. Il filme May avec tendresse, sans la réduire à une « folle » ou une tueuse. C’est ce qui rend le basculement vers l’horreur d’autant plus saisissant : c’est une douleur extrême, et non une pulsion sadique, qui pousse l’héroïne vers l’irrémédiable.


🎧 LE SON : INTROSPECTION ET DISSONANCES

La bande-son, oscillant entre compositions minimalistes et bruitages organiques, renforce l’enfermement psychique du personnage principal. Les silences sont pesants, et les rares moments de musique plus rythmée marquent des ruptures émotionnelles violentes. Le travail de design sonore rend palpable la porosité entre l’univers intérieur de May et la réalité qui l’entoure.


🎨 L’IMAGE : UNE ESTHÉTIQUE INTIMISTE ET VISCÉRALE

Visuellement, May navigue entre douceur pastel et crudité clinique. Les décors étriqués, les jeux d’ombres dans l’appartement, et la lumière blafarde de la clinique vétérinaire participent à créer un monde refermé sur lui-même. Le regard que porte la caméra sur Angela Bettis est d’une rare subtilité, captant ses tics, ses hésitations, ses fêlures — comme autant d’indices d’une psyché en lente dislocation.


📀 LES BONUS : UN ÉCLAIRAGE PRÉCIEUX ET INTIME

Cette édition Combo DVD + Blu-ray enrichit l’expérience du film avec une série de suppléments inédits et pertinents :

🎙 Commentaire audio de Lucky McKee

Un commentaire humble, passionné et profondément sincère. Le réalisateur revient sur la genèse du projet, ses influences (de Carrie à Frankenstein), son lien personnel avec le personnage de May, et le casting d’Angela Bettis, qu’il considère comme son alter ego féminin à l’écran.

🎬 « Morceaux choisis » : sur le tournage de May

Un documentaire de plateau rare, montrant McKee à l’œuvre avec son équipe. On y découvre une ambiance de tournage artisanale, presque familiale, où chaque détail compte. L’alchimie entre le réalisateur et son actrice principale est palpable.

🧸 « Le Fabricant de jouets » : entretien inédit avec Lucky McKee

Un échange riche et analytique où McKee aborde May comme une métaphore sur la création artistique. Pour lui, fabriquer un être à partir de morceaux épars revient à construire un film à partir de fragments émotionnels. Un bonus précieux pour comprendre l’intimité de son geste cinématographique.

✂️ « Des mains de maître » : entretien inédit avec Jeremy Sisto

L’acteur évoque son personnage — un homme fasciné par l’étrangeté de May, puis repoussé par sa fragilité. Il revient aussi sur la direction d’acteurs fine et intuitive de McKee, et sur la difficulté à maintenir l’équilibre entre sensualité et malaise.

🧟‍♀️ « De Frankenstein à May » : analyses de Miranda Corcoran

Une intervention universitaire captivante, qui replace May dans la tradition du monstre créé par rejet. Corcoran établit des ponts entre Mary Shelley, la figure du golem et le cinéma de genre féminin, en soulignant la modernité et la profondeur du film.

📽 Bande-annonce

Un trailer envoûtant, presque trompeur, qui met l’accent sur la bizarrerie du film plus que sur sa charge émotionnelle. Il reflète bien l’ambiguïté de l’œuvre : ni purement horreur, ni purement drame.

Rapport de forme ‏ : ‎ 1.85:1 Classé ‏ : ‎ 16 ans et plus Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 13,5 x 1 x 17,5 cm; 90 grammes Format ‏ : ‎ Couleur, Importé Durée ‏ : ‎ 1 heure et 33 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 4 juin 2025 Acteurs ‏ : ‎ Angela Bettis, Jeremy Sisto, Anna Faris, James Duval, Nichole Hiltz Sous-titres : ‏ : ‎ Français Studio  ‏ : ‎ ESC Editions

DÉTOUR MORTEL de Rob Schmid avec Eliza Dushku, Emmanuelle Chriqui, Jeremy Sisto, Kevin Zegers

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Sur une autoroute de Virginie, un accident paralyse totalement la circulation. Chris quitte l’autoroute et s’engage dans un chemin de terre pour tenter de contourner l’embouteillage

Détour Mortel s’inscrit dans la tradition du survival horrifique américain, croisement entre Massacre à la tronçonneuse et Délivrance. L’histoire est simple mais redoutablement efficace : un groupe de jeunes se retrouve piégé dans une forêt reculée de Virginie, traqué par une famille de mutants cannibales. La structure narrative est linéaire, mais parfaitement rythmée. Dès l’accident qui lance l’intrigue, la tension grimpe et ne redescend plus.

Rob Schmidt livre un film sans prétention, mais remarquablement tenu. En moins d’1h30, il exploite à fond l’espace forestier, multipliant les cachettes, les pièges, les poursuites, et surtout les scènes de mise à mort, souvent brutales, parfois inventives. Le film évite l’ironie et joue la carte du sérieux, avec une réalisation propre et une économie de dialogues qui favorise l’action pure.

Côté casting, Eliza Dushku impose un vrai charisme de final girl, athlétique et farouche, loin des héroïnes tremblotantes. À ses côtés, Desmond Harrington incarne un citadin pragmatique et volontaire. Les autres personnages sont rapidement écartés, mais apportent assez d’épaisseur pour que leurs morts suscitent un frisson d’empathie.


🔊 LE SON : UN ENVIRONNEMENT QUI RÉSONNE DE TERREUR

La bande-son signée Elia Cmiral mêle nappes anxiogènes et silences tendus. Les ambiances sonores — branches qui craquent, respirations paniquées, hurlements lointains — participent grandement à l’immersion. Le mixage accentue chaque moment de violence avec un réalisme saisissant, donnant parfois l’impression d’être physiquement à côté des victimes.


🖼 L’IMAGE : UNE FORÊT DEVENUE PIÈGE

Visuellement, Détour Mortel est dense et poisseux. Le chef opérateur John S. Bartley joue sur les contrastes entre lumière naturelle et pénombre totale. La forêt n’est pas un simple décor : elle devient un organisme vivant, écrasant les personnages. Les plans larges sur les cimes des arbres laissent place à des cadrages serrés, étouffants, dès que le groupe entre dans le territoire des tueurs. La violence est montrée frontalement, sans voyeurisme mais avec une volonté d’impact brut.


📀 LES BONUS (Édition collector DVD/Blu-ray)

Un soin particulier a été apporté aux suppléments, qui permettent de mieux comprendre la fabrication du film et le contexte de sa sortie.

🎙 Commentaire audio de l’équipe du film

Un commentaire classique mais plaisant, réunissant le réalisateur Rob Schmidt et quelques membres du casting. Ils reviennent sur les conditions de tournage en extérieur, les choix esthétiques, et les scènes marquantes du film. Quelques anecdotes savoureuses parsèment la piste.

🎥 Making of promotionnel (4 min)

Une courte featurette d’époque, au format EPK, montrant rapidement les coulisses du tournage. Les interviews sont très calibrées, mais donnent un aperçu du climat sur le plateau.

🧟 « De la viande fraîche » – Les maquillages de Détour Mortel (9 min)

Un module passionnant consacré aux effets spéciaux sanglants. On y découvre les techniques de prothèses utilisées pour les mutants et les cadavres mutilés. L’accent est mis sur le réalisme organique : sang, chairs ouvertes, os apparents, tout est fait main. Un bel hommage au savoir-faire artisanal.

👹 « Stan Winston : le seigneur des monstres » (5 min)

Petit portrait du mythique concepteur de créatures, à qui l’on doit également les dinosaures de Jurassic Park ou les monstres de Predator. Winston a supervisé la création des mutants, leur donnant une identité visuelle forte, grotesque mais crédible. Ce bonus permet de comprendre son influence capitale sur le film.

🌲 « Eliza Dushku : la petite fille dans les bois » (4 min)

Interview centrée sur l’actrice, qui parle de son approche du rôle, de son goût pour les films de genre et des cascades physiques qu’elle a effectuées elle-même. Un supplément qui met en lumière son implication.

🎤 Interviews de l’équipe (7 min)

Un condensé d’interviews plus libres, dans lesquelles les comédiens et le réalisateur évoquent leurs inspirations, les conditions climatiques difficiles, et l’aspect viscéral du film.

🎬 Behind-the-scenes (9 min)

Une immersion plus organique dans le tournage. On voit les techniciens à l’œuvre, les répétitions de cascades, les essais de prothèses. Un complément idéal pour les curieux des effets spéciaux pratiques.

💀 Scène coupée – La cascade & le meurtre de Francine (3 min)

Une séquence inédite violente et bien montée, qui renforce encore la sauvagerie des antagonistes. Elle n’apporte rien de crucial à l’intrigue mais vaut le détour pour les amateurs de gore.

📽 Bande-annonce d’époque

Une bande-annonce dans la pure tradition du survival US : voix off grave, plans rapides, musique saturée, slogans accrocheurs. Un bel objet rétro.

Rapport de forme ‏ : ‎ 1.85:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 13,5 x 1 x 17,5 cm; 130 grammes Format ‏ : ‎ Blu-ray et DVD Durée ‏ : ‎ 1 heure et 24 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 7 mai 2025 Acteurs ‏ : ‎ Rob Schmidt Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Anglais (DTS-HD 5.1), Français (DTS-HD 5.1) Studio  ‏ : ‎ ESC Editions

EN FANFARE avec Benjamin Lavernhe (Acteur), Pierre Lottin (Acteur), Emmanuel Courcol (Réalisateur)

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Thibaut est un chef d’orchestre de renommée internationale qui parcourt le monde. Lorsqu’il apprend qu’il a été adopté, il découvre l’existence d’un frère, Jimmy, employé de cantine scolaire et qui joue du trombone dans une fanfare du nord de la France.

Dans En Fanfare, Emmanuel Courcol livre une comédie dramatique pleine de sensibilité et de musique, où la rencontre improbable de deux frères, que tout oppose, devient le fil conducteur d’une histoire émouvante et pleine d’espoir. Thibaut, un chef d’orchestre de renommée internationale, découvre qu’il a un frère, Jimmy, employé de cantine scolaire et tromboniste dans une fanfare du nord de la France. Si tout semble les séparer, à commencer par leur milieu et leur parcours, un point commun va les réunir : leur amour inébranlable pour la musique.

Le film se déploie autour de l’évolution de leur relation, alors que Thibaut, touché par les talents musicaux exceptionnels de Jimmy, décide de lui offrir une chance de briller. C’est un film qui explore la fraternité, les liens familiaux et les inégalités sociales avec une grande finesse, mais aussi avec une bonne dose de chaleur humaine. L’histoire de cette rencontre improbable devient alors une quête de rédemption et de changement de destin, où la musique est le catalyseur d’une transformation personnelle et familiale.

Les performances des deux acteurs principaux, Benjamin Lavernhe (membre de la Comédie-Française) et Pierre Lottin (révélé dans Les Tuches), sont absolument remarquables. Leur alchimie à l’écran est palpable et leur interprétation pleine de nuances fait de ce duo un véritable moteur émotionnel du film. Ils incarnent à merveille la complémentarité de leurs personnages, oscillant entre humour, tendresse et moments de pure émotion.

Le film, au-delà de l’histoire simple et belle qu’il raconte, porte un message puissant sur la fraternité et la solidarité. Il questionne aussi le déterminisme social, en montrant comment la musique et la passion peuvent parfois transcender les barrières imposées par la naissance et l’environnement.

La réalisation de Courcol, à la fois intime et engagée, fait de En Fanfare une œuvre poignante et profondément humaine. Le film séduit par sa capacité à aborder des thèmes lourds avec légèreté, offrant ainsi au spectateur une expérience à la fois divertissante et émouvante.

Les bonus du DVD enrichissent l’expérience avec un making-of intitulé Vents et Baguettes (réalisé par Antonin Cloteau), qui permet de découvrir les coulisses du film ainsi qu’un entretien avec le réalisateur et les deux acteurs principaux. Ces ajouts offrent une immersion dans l’univers du film, en dévoilant le travail de préparation et la chimie entre les acteurs.

En Fanfare est donc un véritable coup de cœur, un film où l’émotion se mêle à la musique, et où chaque note jouée à l’écran résonne bien au-delà des scènes. Une ode à l’humain, à la solidarité et à la puissance de la musique, qui mérite largement d’être vu et revu.

Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 13,6 x 1,6 x 19,1 cm; 104 grammes Réalisateur ‏ : ‎ Emmanuel Courcol Format ‏ : ‎ PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 39 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 1 avril 2025 Acteurs ‏ : ‎ Benjamin Lavernhe, Pierre Lottin, Sarah Suco, Jacques Bonnaffé, Clémence Massart-Weit Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ Diaphana

Dar l’invincible De Don Coscarelli Avec Marc Singer, Tanya Roberts, Rip Torn Titre original The Beastmaster

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Les aventures et les exploits de Dar, surnommé « l’invincible », parce qu’il possède le pouvoir de commander les bêtes et qu’il est accompagné dans sa quête par une panthère noire et un aigle qui le protège tous deux.

Sorti en 1982, Dar l’Invincible (The Beastmaster) de Don Coscarelli s’inscrit dans la lignée des films d’heroic fantasy des années 80, aux côtés de Conan le Barbare ou Krull. Porté par Marc Singer dans le rôle-titre, ce film d’aventure propose un voyage initiatique où magie, vengeance et communion avec la nature s’entremêlent dans un univers à la fois brutal et fascinant.

Le film repose sur un schéma narratif simple mais efficace : Dar, héritier d’un royaume qu’il ignore, est enlevé à la naissance par une sorcière aux ordres du maléfique Maax (Rip Torn), un tyran qui craint une prophétie annonçant sa chute. Sauvé in extremis et élevé dans un paisible village, Dar découvre progressivement son don unique : il peut communiquer avec les animaux par télépathie. Mais son destin bascule lorsque son village est détruit par les troupes de Maax. Devenu le dernier survivant, il se lance dans une quête vengeresse qui le mènera à forger des alliances inattendues.

Si l’histoire suit des codes bien établis du genre, Dar l’Invincible se distingue par son attachement au lien homme-nature. Les compagnons animaux de Dar – deux furets malicieux, un majestueux aigle et une panthère – ne sont pas de simples mascottes, mais de véritables partenaires de combat, jouant un rôle clé dans l’aventure. Cet élément donne une originalité certaine au film et renforce son côté mythologique.

Marc Singer incarne un héros charismatique, aussi agile qu’attachant, même si son jeu reste parfois limité. Son physique sculpté et sa prestance martiale en font néanmoins un protagoniste convaincant. Tanya Roberts, en princesse captive, offre une présence séduisante mais un rôle malheureusement peu développé, cantonné aux clichés de l’époque. Rip Torn, quant à lui, cabotine avec délice en grand méchant, conférant à Maax une aura inquiétante avec son regard perçant et son sourire carnassier.

Visuellement, le film bénéficie d’un tournage en extérieurs naturels, qui accentuent son atmosphère de conte épique. Si les effets spéciaux et les costumes ont pris un coup de vieux, ils conservent un charme rétro indéniable. Les scènes d’action, bien que parfois rudimentaires, sont rythmées et portées par une mise en scène dynamique.

Dar l’Invincible n’échappe pas aux faiblesses typiques des productions de son époque : dialogues un peu naïfs, quelques longueurs et un budget modeste qui se ressent dans certains décors et effets visuels. Pourtant, il a su marquer les esprits grâce à son ambiance unique, son ton sincère et son attachement à l’aventure pure.

Avec le temps, le film a acquis un statut culte, notamment grâce à ses diffusions télévisées répétées et son impact sur la pop culture. Il a donné naissance à plusieurs suites et à une série télévisée dans les années 90, preuve que son univers continue de fasciner les amateurs de fantasy old-school.

Si Dar l’Invincible n’a pas la noirceur et l’ampleur de Conan le Barbare, il possède une identité propre et un charme indéniable. Son mélange d’aventure, de magie et de bestiaire fantastique en fait une œuvre attachante, à savourer avec un regard indulgent et une nostalgie bienveillante pour cette époque où les films de fantasy avaient un parfum d’évasion brute et sincère.

Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 13,5 x 1 x 17,5 cm; 90 grammes Format ‏ : ‎ Couleur Durée ‏ : ‎ 1 heure et 58 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 26 mars 2025 Acteurs ‏ : ‎ Don Coscarelli Sous-titres : ‏ : ‎ Français Studio  ‏ : ‎ ESC EDITIONS ASIN ‏ : ‎ B0DN77Y1CY

Une part manquante De Guillaume Senez Avec Romain Duris, Judith Chemla, Mei Cirne-Masuki

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Tous les jours, Jay parcourt Tokyo au volant de son taxi à la recherche de sa fille, Lily. Séparé depuis 9 ans, il n’a jamais pu obtenir sa garde. Alors qu’il a cessé d’espérer la revoir et qu’il s’apprête à rentrer en France, Lily entre dans son taxi…

Avec Une part manquante, Guillaume Senez livre un film poignant sur la paternité, la séparation et l’espoir ténu d’une reconnection. Porté par un Romain Duris d’une justesse rare, ce drame intime nous plonge dans les rues vibrantes de Tokyo, où un père français, privé de la garde de sa fille depuis neuf ans, s’accroche à un dernier espoir avant de repartir en France.

Dès les premières minutes, le film nous embarque dans la routine nocturne de Jay, chauffeur de taxi à Tokyo. Son visage fatigué, ses regards perdus dans le vide, ses gestes mécaniques racontent une histoire sans mots : celle d’un homme brisé, mais incapable d’abandonner complètement. Jay sillonne la ville, non pas pour fuir, mais pour chercher – même s’il sait que sa quête est vouée à l’échec. Jusqu’au jour où, par un incroyable coup du destin, Lily, sa fille, entre dans son taxi.

Guillaume Senez filme cette rencontre avec une pudeur bouleversante. Il ne tombe jamais dans le mélo facile, préférant capturer les silences, les hésitations et la fragilité des retrouvailles. Comment parler après tant d’années ? Comment rattraper le temps perdu en une course de taxi ? Le film ne cherche pas à répondre brutalement à ces questions, mais les laisse résonner en nous, longtemps après le générique.

Romain Duris livre ici l’une de ses plus belles performances. Loin de ses rôles de charmeur ou d’électron libre, il incarne un homme usé, rongé par le manque et la culpabilité. Son jeu repose sur des détails subtils : un regard fuyant, une voix qui se brise à peine, un sourire timide, comme s’il n’osait plus y croire. Face à lui, la jeune Mei Cirne-Masuki est une révélation. Son Lily n’est ni dans le rejet brutal ni dans l’acceptation immédiate. Elle oscille entre méfiance, curiosité et une envie, presque inconsciente, de comprendre qui est cet homme qu’elle ne connaît pas mais dont elle porte le sang.

Judith Chemla, qui joue la mère de Lily, apporte une autre dimension au récit. Sans jamais être diabolisée, son personnage incarne les dilemmes d’une mère qui a dû faire des choix douloureux dans un pays où la garde exclusive était la norme jusqu’à récemment. Le film ne juge pas, il observe, et c’est en cela qu’il est si puissant.

La mise en scène de Guillaume Senez est d’une grande délicatesse. Plutôt que d’insister sur les dialogues, il laisse parler les images : Tokyo de nuit, ses néons, ses rues humides après la pluie, ses visages anonymes croisés derrière les vitres du taxi. La ville devient un personnage à part entière, écrasante et indifférente, reflet du combat intérieur de Jay.

La photographie est soignée, jouant sur les contrastes entre les lumières artificielles et l’obscurité des ruelles. La bande-son, discrète, accompagne avec justesse cette errance, oscillant entre mélancolie et espoir ténu.

Une part manquante n’est pas un film qui cherche à donner des réponses toutes faites. Il parle de paternité, de filiation, de ces liens invisibles mais indestructibles qui survivent au temps et à la distance. Il questionne aussi les différences culturelles et les injustices d’un système qui prive certains parents de leurs enfants.

Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 13,5 x 1 x 17,5 cm; 90 grammes Format ‏ : ‎ Couleur, PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 38 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 19 mars 2025 Acteurs ‏ : ‎ Guillaume Senez Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ ESC EDITION