Dark gravity – La gravité obscure de Christian Clément

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À l’instant où Rebecca Houston aperçoit la foule des passants s’élever au-dessus des trottoirs de New York, elle sait que quelque chose de grave s’est produit au complexe Oméga.

Avec Dark Gravity – La gravité obscure, Christian Clément signe un roman de science-fiction spectaculaire et haletant, qui conjugue rigueur scientifique, sens aigu du rythme et ampleur cinématographique.

Le récit s’ouvre sur une vision saisissante : à New York, des passants se mettent soudain à flotter au-dessus des trottoirs. L’effondrement brutal des lois de la gravité annonce une catastrophe planétaire dont l’origine semble liée au complexe scientifique Oméga. Très vite, la panique gagne la planète tandis que Rebecca Houston, le professeur Mattis Magnusson et quelques survivants tentent de comprendre l’ampleur du désastre depuis les entrailles du métro.

En parallèle, à plus de trois cents kilomètres au-dessus de la Terre, la Station spatiale internationale dérive hors de son orbite. Coupés de toute communication, le commandant Andrew Scott et son équipage — alourdi par la présence de touristes spatiaux — se retrouvent confrontés à un dilemme vertigineux : tenter l’impossible en faisant plonger l’ISS vers la Terre pour espérer survivre.

Ces deux récits se répondent et s’entrelacent avec une efficacité remarquable. À la surface comme dans l’espace, le roman maintient une tension constante, portée par une narration chorale qui multiplie les points de vue sans jamais perdre le lecteur. L’arrivée d’Hélène, alpiniste française lancée à la recherche de son fils disparu, apporte une dimension profondément humaine à cette fresque scientifique, transformant la quête de survie en aventure émotionnelle.

Christian Clément maîtrise parfaitement les codes du techno-thriller. Les concepts scientifiques — gravitons, instabilité orbitale, effets relativistes — sont exposés avec clarté et intégrés à l’action, rendant la science accessible sans sacrifier la crédibilité. Les paysages urbains dévastés, plongés dans une étrange nuit bleutée, renforcent l’atmosphère apocalyptique du récit.

Au-delà du spectaculaire, Dark Gravity interroge notre dépendance à la technologie, la fragilité des équilibres physiques qui régissent notre monde et la responsabilité humaine face à des forces qu’elle comprend encore imparfaitement. La survie de l’humanité se joue autant dans les équations que dans les choix moraux.

Date de parution : 15/01/2026

Loin de moi de Christine Mari

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Mi-américaine, mi-japonaise, née à Tokyo mais élevée aux États-Unis, Christine s’est toujours sentie la moitié d’elle-même…

Avec Loin de moi, Christine Mari livre un récit intime et délicat sur la quête d’identité, le sentiment d’entre-deux et la difficulté de trouver sa place lorsque l’on appartient à plusieurs mondes sans jamais se sentir totalement chez soi.

Mi-américaine, mi-japonaise, née à Tokyo mais élevée aux États-Unis, l’autrice raconte le parcours d’une jeune femme convaincue qu’un retour au Japon lui permettra enfin de se réapproprier une part d’elle-même longtemps mise à distance. Ce voyage, pensé comme une réconciliation intérieure, prend la forme d’une année universitaire à Tokyo, porteuse d’espoirs et de promesses de complétude.

Mais très vite, le fantasme du « retour aux origines » se fissure. Là où Christine pensait retrouver un sentiment d’appartenance, elle découvre une autre forme d’isolement. Trop japonaise pour être perçue comme américaine, trop étrangère pour être considérée comme pleinement japonaise, elle se confronte à une identité fragmentée que ni la langue, ni les codes sociaux, ni la culture ne suffisent à réparer.

Le livre se distingue par sa grande justesse émotionnelle. Sans jamais forcer le trait, Christine Mari décrit les micro-blessures du quotidien : regards insistants, maladresses culturelles, attentes projetées par les autres. L’écriture, simple et sincère, s’accompagne d’illustrations sensibles qui traduisent visuellement le décalage intérieur de l’héroïne, souvent isolée dans des décors urbains pourtant grouillants de vie.

Loin de moi aborde avec finesse des thèmes profondément contemporains : la double culture, l’exil intérieur, la pression des origines et la construction de soi à l’âge adulte. Plus qu’un récit de voyage, l’ouvrage devient une méditation douce-amère sur ce que signifie « appartenir », et sur l’acceptation d’une identité plurielle qui ne se résout pas toujours.

  • Éditeur ‏ : ‎ Delcourt
  • Date de publication ‏ : ‎ 22 janvier 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 304 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2413088083
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2413088080

Le Test de Rungholt – La Méthode Belloc – tome 1 de Laurent Genefort

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L’humanité est sur le point d’entrer dans la Mosaïque, une vaste communauté extraterrestre.

Avec Le Test de Rungholt, premier tome de La Méthode Belloc, Laurent Genefort signe une entrée en matière particulièrement solide dans le champ de la science-fiction contemporaine francophone, mêlant enquête policière, hard science accessible et réflexion politique sur la cohabitation des espèces.

L’humanité s’apprête à rejoindre la Mosaïque, immense alliance extraterrestre. Avant toute intégration officielle, un test grandeur nature est imposé : une ville européenne, Rungholt, devient pendant vingt ans une zone expérimentale de coexistence entre humains et milliers d’espèces venues d’ailleurs. Une utopie diplomatique en apparence, mais rapidement fragilisée par la complexité biologique, culturelle et sociale de cette cohabitation forcée.

C’est dans ce contexte qu’intervient Ingrid Belloc, médecin légiste au caractère tranchant et à l’esprit rigoureusement scientifique. Affectée aux enquêtes criminelles impliquant des aliens, elle fait équipe avec l’inspecteur Mendoza, sous la supervision d’un contrôleur extraterrestre chargé de garantir la neutralité des investigations. Chaque affaire devient un défi inédit : comment déterminer une cause de mort quand les corps obéissent à des lois biologiques inconnues ? Comment distinguer crime, accident ou incompréhension culturelle ?

Laurent Genefort excelle dans la création d’écosystèmes extraterrestres crédibles. Chaque autopsie devient une exploration fascinante d’anatomies improbables, de logiques vitales étrangères et de systèmes biologiques cohérents, sans jamais noyer le lecteur sous la technicité. La science nourrit le suspense plutôt qu’elle ne le ralentit, et l’enquête policière sert de fil conducteur à une réflexion beaucoup plus large.

Au-delà du polar SF, Le Test de Rungholt interroge la notion même de coexistence : peut-on réellement vivre ensemble quand tout — physiologie, langage, morale, rapport à la mort — nous sépare ? La ville devient un microcosme politique où se croisent intérêts diplomatiques, peur du rejet, tentations xénophobes et manipulations institutionnelles.

Porté par une héroïne atypique, abrasive mais brillante, le roman impose un ton mature et exigeant, fidèle à la réputation de son auteur. Laurent Genefort démontre une nouvelle fois sa capacité à conjuguer imagination scientifique, sens du récit et profondeur thématique.

Un premier tome captivant, ambitieux et remarquablement maîtrisé, qui installe une série de science-fiction policière aussi intelligente que passionnante.

  • Éditeur ‏ : ‎ Albin Michel
  • Date de publication ‏ : ‎ 14 janvier 2026
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 304 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2226506489
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2226506481

Sorry, Baby de Eva Victor (Acteur, Réalisateur), Naomi Ackie (Acteur)

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Quelque chose est arrivé à Agnès. Tandis que le monde avance sans elle, son amitié avec Lydie demeure un refuge précieux. Entre rires et silences, leur lien indéfectible lui permet d’entrevoir ce qui vient après…

Avec Sorry, Baby, Eva Victor signe un premier film d’une délicatesse rare, à la fois intime, pudique et profondément humain. Le récit s’ouvre sur un événement qui ne sera jamais frontalement nommé : « quelque chose est arrivé à Agnès ». Ce choix narratif, loin de l’esquive, installe d’emblée une émotion sourde et durable, laissant au spectateur la place de ressentir plutôt que de comprendre.

Agnès avance difficilement dans un monde qui, lui, continue sans elle. Le temps semble disloqué, les gestes quotidiens chargés d’un poids invisible. Dans ce flottement, une seule chose tient bon : son amitié avec Lydie. Interprétée avec une justesse remarquable par Naomi Ackie, Lydie n’est jamais un soutien démonstratif ou héroïque, mais une présence constante, chaleureuse, essentielle. Leur relation devient le véritable cœur du film, un espace de respiration fait de silences, de rires maladroits et d’une tendresse jamais appuyée.

La mise en scène d’Eva Victor se distingue par sa sobriété : plans fixes, cadres épurés, attention portée aux corps et aux regards plutôt qu’aux dialogues explicatifs. Le film avance à pas feutrés, refusant tout pathos, préférant capter les micro-variations de l’âme, les moments où l’on croit aller un peu mieux avant de retomber. Cette retenue donne à Sorry, Baby une puissance émotionnelle d’autant plus forte qu’elle est contenue.

Le film parle de traumatisme sans jamais l’exploiter, de reconstruction sans promesse artificielle de guérison. Il s’intéresse à « l’après », à ce qui reste quand les mots manquent, quand le monde paraît légèrement décalé. Et surtout, il célèbre l’amitié comme un refuge vital, une force discrète capable de maintenir un lien avec la vie quand tout vacille.

Œuvre sensible et profondément sincère, Sorry, Baby s’impose comme un film de douceur et de résistance intérieure. Un regard juste sur la fragilité, porté par deux interprètes remarquables et une réalisatrice qui filme l’intime avec une maturité impressionnante.

Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du colis ‏ : ‎ 31,6 x 13,6 x 1,8 cm; 110 grammes Réalisateur ‏ : ‎ Eva Victor Format ‏ : ‎ PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 39 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 5 décembre 2025 Acteurs ‏ : ‎ Eva Victor, Kelly McCormack, Louis Cancelmi, Lucas Hedges, Naomi Ackie Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Anglais (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ Wild Side Video

La Vache de Tatsu Nagata

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La vache mange de l’herbe qu’elle mâche plusieurs fois, se sert de sa queue comme tapette à mouche, est sacrée en Inde

La Vache, de Tatsu Nagata, poursuit avec brio la série des documentaires animaliers aussi pédagogiques que délicieusement décalés portés par l’inénarrable « professeur japonais ».

Pensé pour les enfants de maternelle, l’album expose des faits essentiels sur la vache — son alimentation, sa rumination, son usage ingénieux de la queue ou encore son statut sacré en Inde — dans une langue simple, directe et immédiatement accessible. Le texte, volontairement factuel et faussement scolaire, joue sur un humour discret mais constant, renforcé par des illustrations impertinentes qui détournent les codes du livre documentaire traditionnel.

La Vache réussit une nouvelle fois à conjuguer transmission du savoir et plaisir de lecture, en invitant les plus jeunes à observer le monde animal avec curiosité et amusement. Un album intelligent, joyeusement absurde et parfaitement adapté aux premières découvertes scientifiques.

ASIN ‏ : ‎ B0FRFB6VG7 Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 2 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 32 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023521399

Le Crocodile de Tatsu Nagata

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Retrouvons l’illustre professeur japonais pour une nouvelle leçon.
Le crocodile a des dents qui repoussent tous les deux ans, a le sang froid, avale sans mâcher…

Le Crocodile, signé Tatsu Nagata, s’inscrit dans la savoureuse série des documentaires animaliers menés par l’illustre « professeur japonais », aussi sérieux qu’impertinent.

Destiné aux enfants de maternelle, l’album transmet des connaissances scientifiques simples et précises — dents qui repoussent, sang froid, façon de se nourrir — dans un langage clair, direct et volontairement naïf. Le ton, faussement professoral, joue sur le décalage et déclenche le rire, tandis que les illustrations, volontairement loufoques, détournent les codes du documentaire classique.

À la fois pédagogique et réjouissamment absurde, Le Crocodile réussit le pari d’initier les plus petits à la découverte du monde animal sans jamais les ennuyer. Un album malin, drôle et parfaitement adapté à une première approche documentaire.

ASIN ‏ : ‎ B0FR8BPTHK Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 2 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 32 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023523409

Méchant Charles de Alex Cousseau (Auteur), Philippe-Henri Turin (Illustrations)

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Seuil’issime, pour découvrir ou redécouvrir les plus grands albums du Seuil jeunesse dans le format et au prix du poche : voilà une idée brillantissime !

Méchant Charles, d’Alex Cousseau et Philippe-Henri Turin, marque le retour réjouissant — et grincheux — du célèbre dragon poète dans une version poche aussi accessible qu’élégante, au sein de la collection Seuil’issime.

Toujours aussi expressif, Charles traverse une crise de mauvaise humeur mémorable. À travers un texte finement rythmé et plein d’humour, Alex Cousseau joue avec les émotions enfantines, donnant corps à la colère sans jamais la juger. En miroir, les illustrations puissantes et sensibles de Philippe-Henri Turin déploient un univers graphique riche, où le trait et la couleur traduisent avec justesse les tempêtes intérieures du héros.

Sous ses airs bougons, Méchant Charles reste un album d’une grande tendresse, qui parle aux enfants comme aux adultes, rappelant que même les dragons ont droit à leurs mauvais jours. Une redécouverte idéale d’un classique du Seuil jeunesse, désormais proposé dans un format poche intelligent, à petit prix, sans rien perdre de sa force littéraire et artistique.

ASIN ‏ : ‎ B0FRDLKWWH Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 2 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 48 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023522853

10 minutes par jour pour penser moins et mieux: Ma, une méthode de transformation intérieure en provenance du Japon de David Perroud

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Entre votre stress et votre paix intérieure, il existe un espace. Ce carnet, unique en son genre, vous apprend à l’habiter.

10 minutes par jour pour penser moins et mieux : Ma, signé par David Perroud, propose une approche singulière et profondément contemporaine du bien-être mental. À mi-chemin entre carnet guidé, outil de transformation intérieure et manifeste contre la surcharge cognitive, cet ouvrage s’inscrit dans la lignée des pratiques douces mais exigeantes, qui misent sur la régularité plutôt que sur la performance.

Au cœur du livre se trouve le concept japonais du Ma : cet espace invisible mais essentiel entre deux choses, deux gestes, deux pensées. Là où nos vies occidentales tendent à saturer chaque instant, David Perroud invite au contraire à redonner une place au vide, à l’intervalle, à la respiration mentale. Ce n’est pas un simple appel à la méditation, mais une méthode structurée, pensée pour s’intégrer au quotidien sans bouleverser l’agenda ni culpabiliser le lecteur.

Construit comme un journal de 66 jours, l’ouvrage repose sur une promesse claire : dix minutes par jour suffisent pour modifier durablement notre rapport aux pensées anxieuses et répétitives. Loin des discours abstraits, le livre s’appuie sur les apports récents de la neuroplasticité, expliquant avec pédagogie comment l’attention, lorsqu’elle est entraînée avec constance, peut littéralement remodeler nos circuits mentaux. Chaque page devient ainsi un espace d’expérimentation intime, où l’écriture sert de médiation entre le tumulte intérieur et le calme recherché.

La force du livre réside dans son ton juste : jamais prescriptif, toujours accompagnant. David Perroud ne promet ni illumination instantanée ni bonheur permanent, mais une relation plus apaisée à soi-même, construite pas à pas. Le dispositif du carnet — questions ouvertes, exercices simples, temps de pause assumés — favorise l’appropriation personnelle et laisse au lecteur la liberté de cheminer à son rythme.

Élégant dans sa forme, sobre dans son propos, 10 minutes par jour pour penser moins et mieux s’adresse autant aux lecteurs déjà familiers des pratiques introspectives qu’à ceux qui s’en méfient ou pensent ne « pas savoir méditer ». Un ouvrage précieux, accessible et intelligent, qui rappelle que le changement intérieur ne naît pas de l’accumulation, mais de l’espace que l’on accepte enfin de se donner.

Éditeur ‏ : ‎ JOUVENCE Date de publication ‏ : ‎ 13 janvier 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 244 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2889840603 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2889840601

Agence Lockwood & associés T1: Les fantômes, c’est mon métier de Rachele (Illustration), Jonathan Stroud (Auteur)

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Depuis 50 ans, l’Angleterre est en quarantaine : les âmes des défunts ne trouvent plus le repos et hantent les vivants.

Agence Lockwood & associés T1 : Les fantômes, c’est mon métier ouvre une série aussi jubilatoire que sombre, dans laquelle Jonathan Stroud déploie tout son talent pour mêler fantastique, aventure et humour britannique très sec.

Depuis cinquante ans, l’Angleterre vit sous la menace permanente du Problème : les morts refusent de quitter le monde des vivants. Les fantômes hantent les maisons, les rues et les monuments, et le moindre contact peut s’avérer fatal. Face à ce danger invisible, seuls les adolescents, plus sensibles aux manifestations surnaturelles, sont capables de détecter et de combattre les esprits. Une situation aussi absurde qu’inquiétante, devenue la norme dans une société organisée autour de la peur… et du profit.

C’est dans ce contexte que Lucy Carlyle, jeune chasseuse de fantômes talentueuse mais fauchée, rejoint la petite agence Lockwood & associés. À sa tête, Antony Lockwood : charismatique, imprudent, légèrement arrogant et farouchement indépendant. L’agence, minuscule face aux grandes firmes ultra-capitalisées du secteur, survit tant bien que mal, entre missions dangereuses et dettes accumulées. Rapidement, une enquête qui semblait anodine va révéler des enjeux bien plus inquiétants que prévu.

Jonathan Stroud excelle dans l’installation d’une atmosphère à la fois oppressante et ludique. Les scènes de chasse aux fantômes sont tendues, parfois franchement effrayantes, mais toujours traversées par un humour pince-sans-rire qui désamorce la terreur sans jamais la nier. L’univers est remarquablement construit : règles claires du surnaturel, hiérarchie sociale fondée sur la peur, adultes incompétents laissant les adolescents risquer leur vie – un choix narratif qui renforce la dimension critique du récit.

La grande force du roman réside aussi dans ses personnages. Lucy, narratrice lucide et ironique, apporte une voix moderne et attachante. Lockwood, figure ambiguë, fascine autant qu’il intrigue, tandis que les relations au sein de l’agence se construisent sur la confiance, le danger et une solidarité forgée dans l’urgence. Derrière l’aventure fantastique, le roman parle aussi de solitude, de classe sociale et de la difficulté à trouver sa place dans un monde verrouillé.

Accessible, rythmé et visuellement très évocateur, Les fantômes, c’est mon métier pose les bases d’une saga addictive, capable de séduire aussi bien les jeunes lecteurs que les amateurs de fantasy urbaine plus mature. Un premier tome efficace, intelligent et terriblement divertissant, qui prouve que Jonathan Stroud maîtrise à la perfection l’art du fantastique populaire de qualité.

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES Date de publication ‏ : ‎ 14 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 64 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2810207283 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810207282

J’aime votre peur de Karine Giebel

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La reine de la littérature noire vous présente ses plus belles nouvelles rassemblées dans un recueil à la fabrication ultra soignée.

J’aime votre peur s’impose comme une porte d’entrée idéale – et redoutablement efficace – dans l’univers de Karine Giebel, figure incontournable de la littérature noire contemporaine. Avec ce recueil de quatorze nouvelles, l’autrice propose une traversée dense et maîtrisée de son œuvre, condensant en peu de pages ce qui fait la singularité et la puissance de son écriture.

Thriller psychologique, récit d’angoisse, mystère, texte engagé ou échappée romanesque : la diversité des formes et des tons témoigne d’une remarquable liberté narrative. Karine Giebel joue avec les codes du genre pour mieux les détourner, surprendre et désarçonner le lecteur. Chaque nouvelle fonctionne comme un piège soigneusement refermé, où la tension s’installe dès les premières lignes et ne se relâche qu’au moment de la chute, souvent implacable.

Au cœur de ces récits, on retrouve les thèmes chers à l’autrice : la violence sous toutes ses formes, la cruauté ordinaire, l’injustice sociale, mais aussi la capacité de résistance face à l’effondrement. Les personnages, toujours finement dessinés, luttent contre la noirceur du monde et celle, plus intime, qui les habite. Victimes, bourreaux ou simples témoins, ils restent longtemps en mémoire, tant leurs trajectoires sont chargées d’émotions et de contradictions.

Ce qui frappe particulièrement dans J’aime votre peur, c’est l’équilibre entre ténèbres et humanité. Si Karine Giebel ne recule jamais devant la brutalité des situations qu’elle décrit, elle laisse toujours affleurer des lueurs de résilience, de courage ou d’amour. Ces éclats fragiles, souvent arrachés à la souffrance, donnent aux textes une profondeur émotionnelle rare et évitent tout sensationnalisme gratuit.

La fabrication soignée de l’ouvrage renforce encore l’impression de recueil-manifeste : une œuvre pensée comme un écrin, à la hauteur de textes qui condensent le meilleur du savoir-faire de l’autrice. J’aime votre peur est ainsi bien plus qu’une compilation : c’est une déclaration d’intention littéraire, un panorama cohérent et percutant de l’univers de Karine Giebel.

Un livre à la fois exigeant et accessible, qui séduira les lecteurs fidèles autant qu’il convaincra celles et ceux qui souhaitent découvrir une écriture noire, engagée et profondément humaine.

Éditeur ‏ : ‎ Pocket / Recamier Date de publication ‏ : ‎ 27 novembre 2025 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 444 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266361074 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266361071