Sorti en salles le 2 juillet 2025, Jurassic World: Renaissance marque un nouveau tournant dans la saga, entre promesses de renouveau et menaces sous-jacentes. Sa fin, ouverte et dense, prépare clairement le terrain pour une suite – peut-être même une nouvelle trilogie. Décryptage.
Un ADN convoité… et trahi
Au terme du film, la mission de l’équipage – récupérer l’ADN de trois espèces majeures (le Mosasaurus, le Titanosaurus et le Quetzalcoatlus) – semble atteinte. Mais la trahison de Martin Krebs change la donne : il s’empare seul des séquences génétiques et abandonne ses coéquipiers sur l’île d’Ela St. Hubair. Sa fuite est de courte durée : il meurt, brutalement, tué par le D-Rex. Le reste de l’équipage, lui, parvient à fuir l’île.
L’ADN devient open source… mais à quel prix ?
Plutôt que de vendre l’ADN aux puissants laboratoires de Parkagenics, le Dr Henry Lumis et Azora Bennett prennent une décision radicale : le rendre accessible à tous. Une utopie en apparence. Car l’ADN prélevé sur Ela St. Hubair – un lieu peuplé de créatures mutantes et hostiles – est peut-être instable, voire dangereux. Un podcast entendu en fond suggère que ces séquences pourraient, mal utilisées, provoquer davantage de chaos que de progrès.
Les mutants : une menace dormante
Peu explorés dans ce premier opus, les mutants – dont le D-Rex – sont laissés en liberté sur l’île. Certains fans spéculent déjà qu’ils pourraient jouer un rôle clé dans la suite, notamment comme porteurs potentiels d’un remède à la mystérieuse « maladie DX ». Une hypothèse qui renforcerait l’intérêt d’un retour futur à Ela St. Hubair.
Dolores, Disease X et la chute possible de l’humanité
Parmi les éléments les plus inquiétants : Dolores, un bébé Aquilops ramené sur le continent. Inoffensif en apparence, il pourrait être le vecteur du virus DX, une maladie fictive issue des romans Jurassic Park. Transmissible à l’homme, cette infection à prions provoquerait des effets dévastateurs. Un simple contact ou une morsure pourrait suffire à déclencher une pandémie mondiale.
Parkagenics et Monsieur Parker : les nouveaux visages du mal
Enfin, l’ombre de Parkagenics plane sur tout le récit. L’entreprise semble être une version modernisée de Biosyn, la multinationale des premiers films. Mentionné brièvement, « Monsieur Parker » pourrait être une réécriture du personnage de Lewis Dodgson, figure emblématique des romans. Sa présence annonce une confrontation future entre les survivants et une industrie génétique sans éthique.
Conclusion : La fin de Jurassic World: Renaissance ne clôt pas, elle ouvre. Entre virus potentiel, ADN instable et corporations menaçantes, tout est en place pour un second volet plus sombre, plus politique, et sans doute plus tragique. La renaissance pourrait bien annoncer l’apocalypse.
Réalisé par André Kadi et Karine Vézina, Hola Frida s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes curieux de redécouvrir l’icône mexicaine sous un jour nouveau. Porté par les voix d’Olivia Ruiz, Emma Rodriguez et Rebecca Gonzalez, ce long-métrage d’animation retrace avec tendresse l’enfance de Frida Kahlo à Coyoacán, son quartier natal aux mille couleurs.
Le film met en scène une petite fille vive, différente, passionnée par tout ce qui l’entoure. Déjà confrontée à la maladie, à la solitude et aux douleurs physiques, Frida développe un imaginaire sans limites qui l’aide à affronter les épreuves. Ce parti pris narratif, loin d’un biopic classique, permet aux jeunes spectateurs de s’identifier à une héroïne résiliente, fantasque et profondément attachante.
L’animation, signée André Kadi, est d’une grande richesse visuelle. Elle mêle textures inspirées du folklore mexicain, motifs surréalistes et palette éclatante. Les transitions entre réalité et imaginaire sont fluides, poétiques, portées par une mise en scène inventive et dynamique. La musique originale, tout en douceur et en rythmes latinos, accompagne subtilement les émotions et les décors, renforçant l’ancrage géographique et affectif du récit.
🎤 Les voix et la direction artistique
Olivia Ruiz, dans le rôle de la narratrice adulte, incarne avec chaleur et justesse l’âme de Frida. Elle donne au personnage une dimension vivante et incarnée, entre fragilité et force intérieure. Rebecca Gonzalez et Emma Rodriguez complètent le casting vocal avec naturel et fraîcheur. La direction artistique fait le choix d’une sincérité douce, sans jamais verser dans la didactique ou la solennité.
💿 Édition DVD – Image & Son
Sorti récemment en DVD, Hola Frida bénéficie d’une édition soignée qui rend pleinement justice au travail visuel des réalisateurs.
Image : Le transfert est d’excellente qualité. Les couleurs éclatantes et les textures dessinées à la main conservent toute leur richesse, sans bavure ni perte de définition. Les contrastes sont nets, les contours précis, et les séquences oniriques conservent leur fluidité. Un vrai régal pour les yeux, notamment sur écran HD.
Son : La piste audio en français (Dolby Digital 5.1) est claire, bien spatialisée, avec une belle dynamique. Les voix sont parfaitement audibles, les ambiances sonores riches et équilibrées. La bande originale ressort avec ampleur, sans couvrir les dialogues. Une piste stéréo est également disponible pour les installations plus simples.
Bonus : L’édition propose un petit making-of de 10 minutes sur la fabrication du film, un jeu interactif pour les enfants, ainsi qu’un livret illustré de 12 pages retraçant les grandes lignes de la vie de Frida Kahlo.
🎯 Verdict
Hola Frida est un film d’animation rare : accessible, intelligent, esthétique, et profondément émouvant. Il réussit à parler aux enfants sans jamais simplifier à l’excès, et offre aux adultes un regard délicat sur la genèse d’une artiste majeure. L’édition DVD est à la hauteur de cette œuvre sensible et colorée, et constitue un bel objet à partager en famille. Une réussite à découvrir, à offrir, à conserver.
Rapport de forme : 1.78:1 Classé : Tous publics Dimensions du produit (L x l x h) : 13,5 x 1,6 x 19 cm; 104 grammes Réalisateur : André Kadi, Karine Vézina Format : PAL Durée : 1 heure et 18 minutes Date de sortie : 17 juin 2025 Sous-titres : : Français Langue : Français (Dolby Digital 5.1), Espagnol (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 2.0), Espagnol (Dolby Digital 2.0) Studio : Blaq Out ASIN : B0DZYTXRFX
Une abeille qui butine, un départ en vacances, une bonne couche de crème solaire, un plongeon dans la mer et un ciel étoilé…
Avec Été pop, Aurore Petit célèbre la saison estivale dans toute sa simplicité et sa poésie. Pensé pour les tout-petits, ce charmant imagier cartonné propose six scènes en pop-up, chacune évoquant un moment-clé des vacances : l’abeille qui butine, le sac prêt pour le départ, la baignade dans la mer, la sieste à l’ombre ou encore le ciel étoilé. Des instantanés sensoriels, tendres et vivants.
Aurore Petit, déjà remarquée pour son travail sur les couleurs, poursuit sa série ludique et graphique autour des saisons. Son trait épuré et coloré, associé à des pliages astucieux, capte l’attention et éveille la curiosité des enfants. Chaque page est une invitation à nommer, décrire, ressentir, et surtout partager.
Sous ses airs de petit album joyeux, Été pop est un précieux outil d’éveil visuel et langagier. Un livre-objet à manipuler encore et encore, pour faire entrer l’été dans les petites mains.
ASIN : B0DWSTSTSQ Éditeur : MARTINIERE J Date de publication : 20 juin 2025 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 12 pages ISBN-13 : 979-1040122111
Depuis ses débuts, Aurélie Wellenstein bâtit une œuvre singulière, tissée de cauchemars fantastiques, de figures animales et de personnages en quête de rédemption. Rencontre avec une autrice pour qui l’imaginaire est un miroir tendu à nos parts les plus sombres… et les plus lumineuses.
L’attirance pour l’ombre
Vos romans sont souvent traversés par une atmosphère sombre, presque suffocante. Qu’est-ce qui vous attire dans ces zones d’ombre de l’âme humaine ? C’est assez curieux, parce que je n’ai pas de réponse claire à cette question. J’ai le sentiment que beaucoup de choses s’enracinent dans l’enfance. Très tôt, j’éprouvais de l’empathie pour les anti-héros, je cherchais à comprendre les antagonistes, même dans des œuvres très manichéennes. Ce qui me fascinait, c’était les récits borderline, surtout ceux qui m’échappaient. Et puis, j’ai cette appétence pour le sombre, qui me vient naturellement. Je ne la contrôle pas. J’ai d’ailleurs constaté que c’était assez partagé parmi les auteurs de dark fantasy.
Un univers cohérent, hanté et viscéral
Depuis Le Roi des Fauves, vous développez un univers singulier. Quel en est, selon vous, le fil conducteur ? Je suis partie de ce que j’appelais les « devenir-démon », des trajectoires de chute. J’aime cette idée de « voix de l’ombre », ce petit murmure sombre et dissonant dans nos têtes. Un temps, j’ai vu l’écriture comme un exorcisme. Aujourd’hui, je considère que je n’exorcise plus mes démons, je les incarne. Je les fais passer dans notre monde.
Métamorphoses et douleurs du corps
Le corps, la douleur, la transformation sont récurrents dans vos romans. Pourquoi cette fascination ? Ça remonte au mythe du loup-garou. J’aurais adoré me transformer en loup à la pleine lune. Presque tous mes romans parlent de cette métamorphose, que j’ai fait évoluer pour ne pas me répéter. Le Roi des fauves, par exemple, devait au départ mettre en scène des personnages qui deviennent tous des loups. Souvent, je me dis en écrivant : « arrête avec tes loups ! » et l’histoire bifurque.
Animalité et empathie
L’animal est omniprésent dans vos livres. Pourquoi ? Il y a un aspect symbolique, totemique. Mais surtout, il y a une volonté militante : en incarnant les animaux, la fiction permet au lecteur de les voir comme des individus, avec des émotions, un passé. Cela favorise l’empathie. L’émotion est un levier puissant pour défendre la cause animale.
Des héros cabossés
Vos personnages ne sont pas des héros classiques… Pourquoi ce choix ? Je trouve plus intéressant de suivre des personnages blessés, borderline, porteurs de traumatismes. Cela dit, j’explore aussi des figures plus « héroïques ». Nathanaël (La Fille du Feu), Kabalraï (Le Désert des couleurs), ou Isaiah, le héros de mon prochain roman, sont tous porteurs d’une force positive tournée vers les autres. J’aime aussi raconter des « gentils ».
Évolution de l’œuvre
Avez-vous l’impression d’avoir affiné ou radicalisé vos thématiques ? Je cherche toujours le bon axe pour défendre la cause animale. Blé noir était frontal, presque trop. Mers mortes a mieux fonctionné car j’ai adopté le point de vue des animaux. J’ai repris cette idée dans La Fille du feu. Mon prochain roman, Isaiah, me semble incarner plus profondément encore la rage qui m’habite depuis l’enfance… même si je suis encore trop plongée dedans pour être objective.
Une fiction réparatrice
La Fille du Feu semble plus lumineuse. D’où vient ce virage ? Je voulais écrire une fiction « réparatrice », à l’opposé du destructeur Roi des fauves. La Fille du feu met en scène un personnage moralement aligné, incapable de fermer les yeux sur la souffrance, agissant sans cynisme. Ce qui le rend vulnérable, mais profondément humain.
Le choc originel
Quelle image a déclenché l’écriture de La Fille du Feu ? Les incendies en Australie. Ces koalas brûlés qui sortaient des forêts dévastées m’ont bouleversée. Ces scènes mêlaient compassion et horreur. Le roman cherche à incarner cette double dimension, traumatique et solidaire.
Une œuvre en écho permanent
Ce roman vous paraît-il plus intime que les précédents ? Pas nécessairement. On met toujours de soi dans un texte. Certains romans contiennent des éléments vécus, méconnaissables car fondus dans la fiction. Pas La Fille du feu. Mais c’est un texte très habité, comme tous les autres.
S’inscrit-il dans un dialogue avec vos œuvres passées ? Oui. Mes romans se donnent la main. Chaque livre laisse une trace dans le suivant. La Fille du feu est aussi la reconstruction d’un roman précédent, refusé par tous les éditeurs car trop radical.
L’image comme point de départ
Qu’est-ce qui déclenche un roman chez vous ? Souvent une image forte, un concept visuel. Une mer fantôme, un désert qui efface la mémoire, un enfant dans l’œil d’un cerf… Cela commence flou, comme une vision dans une boule de cristal, puis l’image prend forme.
Une fin, pour frapper juste
Vous apportez un soin particulier à vos fins. Que doivent-elles produire selon vous ? Je veux que ça choque, que ça marque. Pas nécessairement un twist, mais une fin forte. Je crois qu’on se souvient plus d’un roman moyen avec une bonne fin que d’un excellent roman à la fin faible. Je ne prévois jamais mes fins à l’avance : je les laisse surgir.
Pour découvrir votre univers…
Quel roman conseilleriez-vous à un nouveau lecteur ? S’il lit déjà de l’imaginaire : L’Épée, la Famine et la Peste. Sinon : Mers mortes ou Le Désert des couleurs, selon sa sensibilité au sombre.
Vos sources d’inspiration ?
Stephen King, Jack London, Serge Brussolo pour l’imaginaire. David Lynch pour l’onirisme. Le peintre Zdzislaw Beksinski. Les jeux From Software pour la dark fantasy. Et aussi… les shonen ! Naruto, Bleach, Jujutsu Kaisen, Demon Slayer. Et bien sûr, Berserk.
Une flamme d’espoir
Que souhaitez-vous que le lecteur ressente en refermant La Fille du Feu ? Une émotion douce. Une chaleur lumineuse — pas celle des flammes, mais celle de l’espoir.
Et s’il suffisait d’une toute petite erreur, d’un mauvais numéro, d’un coup de fil imprévu, pour changer votre vie à tout jamais ?
Et si une erreur d’aiguillage sur le clavier d’un téléphone suffisait à bouleverser une vie ? C’est le point de départ de Mauvais numéro – bon mec, romance contemporaine au goût de retrouvailles, signée Riley Flowers. L’autrice y convoque tous les ingrédients du genre : une héroïne forte mais vulnérable, un milliardaire aussi charismatique que blessé, un enfant inattendu et des secrets enfouis depuis trop longtemps.
L’histoire repose sur une étincelle passée — un coup de foudre sur la plage, sept ans plus tôt — et un coup de fil imprévu qui ranime des braises jamais éteintes. Kelsey, fruit de cette rencontre éphémère, n’a jamais connu son père. Mais le destin, ou plutôt un mauvais numéro, remet Jason Monroe sur la route de la narratrice. Dès lors, c’est un chassé-croisé d’émotions : entre attraction brûlante, colère contenue, et peur de révéler la vérité.
Le roman ne se contente pas de jouer la carte du « secret de paternité » : il explore aussi les conséquences du choix d’une mère de partir, seule, de protéger son enfant, de taire une vérité trop lourde à porter. Et Jason ? Loin du cliché de l’homme d’affaires inaccessible, il se révèle au fil des pages plus touchant, plus complexe, et surtout prêt à remettre en question sa vie bien rangée.
Riley Flowers excelle à faire monter la tension — émotionnelle autant que romantique. Les scènes intimes sont sensuelles sans être gratuites, et les dialogues, souvent mordants, traduisent à merveille le tiraillement intérieur des deux protagonistes. Le tout est porté par une écriture fluide, addictive, où l’on tourne les pages avec l’urgence d’en savoir plus.
Mauvais numéro – bon mec est une romance qui assume pleinement ses codes, tout en insufflant une belle dose d’humanité et de gravité. On y parle d’amour bien sûr, mais aussi de pardon, de parentalité, et de choix difficiles. Un roman qui ravira les amateurs de « seconde chance romance » et qui pourrait bien vous décrocher quelques larmes. Une lecture coup de cœur, entre appel du passé et promesse d’avenir.
Quand la populaire Isabelle Coleman disparaît, tous les habitants de la petite ville de Denton se joignent aux recherches. Ils ne trouvent aucune trace de la jolie blonde, mais à cette occasion l’inspectrice Josie Quinn trouve une deuxième jeune fille dont ils ignoraient la disparition.
Avec Jeunes disparues, Lisa Regan livre un premier tome redoutablement efficace qui donne le ton d’une série policière à haute tension. Dès les premières pages, le décor est posé : la disparition d’Isabelle Coleman, jeune fille populaire de la ville de Denton, fait éclater la tranquillité de cette petite communauté soudée, où chacun croit tout savoir sur son voisin. Et pourtant, l’horreur rôde plus près qu’on ne l’imagine.
Lorsque l’inspectrice Josie Quinn découvre une seconde victime, inconnue de tous, réduite au silence par des traumatismes indicibles, l’enquête prend un tournant vertigineux. Lisa Regan déploie alors un récit haletant, construit sur une mécanique de suspense maîtrisée : secrets de famille, affaires classées trop vite, fausses pistes, mensonges institutionnels… Rien n’est laissé au hasard.
Josie Quinn, en tête d’affiche, s’impose d’emblée comme une héroïne forte, cabossée mais déterminée. Empêtrée dans ses propres blessures, confrontée à la défiance de sa hiérarchie et à la complexité d’un système qu’elle soupçonne de complicité, elle incarne cette génération d’enquêtrices que la colère rend plus lucide, et dont la vulnérabilité n’entrave en rien la force d’action. Sa quête n’est pas seulement judiciaire : elle est personnelle, viscérale, presque rédemptrice.
Le roman joue habilement sur les nerfs du lecteur, entre tension psychologique et rebondissements narratifs. Lisa Regan excelle à distiller les indices avec parcimonie, à poser ses révélations là où on s’y attend le moins. L’atmosphère de Denton, faussement paisible, devient au fil des pages un véritable personnage secondaire, pesant, inquiétant, nourri d’ombres et de non-dits.
Si certaines scènes flirtent avec l’insoutenable, elles ne tombent jamais dans le voyeurisme gratuit. La violence y est toujours ancrée dans la logique du récit, au service d’une dénonciation implicite : celle du silence complice, de l’aveuglement volontaire, et de l’incapacité des institutions à protéger les plus vulnérables.
Jeunes disparues est un page-turner dans la plus pure tradition du thriller nord-américain, mais il a ce petit supplément d’âme qui le rend inoubliable : une héroïne en clair-obscur, une intrigue percutante, et une tension qui ne relâche jamais. Premier opus d’une série qui promet de s’installer durablement dans les bibliothèques des amateurs de polar, ce roman vous tiendra éveillé bien au-delà de la dernière page. Un début fracassant.
Le jour où Jeanne a croisé le chemin de Lord Barton Hosting Shicton-Wave, son existence a viré au cauchemar. Séduite, dupée, la jeune femme est devenue la mère d’un enfant non désiré aux pouvoirs fabuleux et inquiétants.
Avec Les Démoniaques, Serge Brussolo signe l’un de ses textes les plus sombres et les plus fascinants. Publié initialement dans les années 1990 et longtemps introuvable, ce diptyque ressort enfin dans une édition soignée qui redonne toute sa puissance à un récit aujourd’hui considéré comme un classique du steampunk et du fantastique à la française. Plus qu’un simple roman d’horreur ou d’aventures ésotériques, il s’agit ici d’une relecture magistrale du roman gothique anglais, portée par une langue flamboyante et une imagination aussi fertile que dérangeante.
Dès les premières pages, Brussolo nous immerge dans un univers où le bizarre est la norme, où la science se confond avec la magie noire, et où la monstruosité ne réside pas toujours là où on l’attend. Le personnage de Jeanne, jeune femme piégée dans une spirale infernale après sa rencontre avec l’énigmatique Lord Barton Hosting Shicton-Wave, incarne à la fois l’innocence sacrifiée et la résilience face à l’indicible. Enceinte d’un enfant doté de pouvoirs surnaturels qu’elle n’a pas souhaité porter, manipulée par un protecteur plus démon que noble, elle est le point d’ancrage émotionnel d’un récit qui n’a de cesse de brouiller les frontières entre le rationnel et le cauchemar.
Lord Barton, figure d’aristocrate décadent à mi-chemin entre le savant fou et l’alchimiste, incarne quant à lui toute l’ambiguïté morale et esthétique du roman. À travers lui, Brussolo interroge le pouvoir, la manipulation, la fascination du mal et l’orgueil humain face aux forces qu’il croit pouvoir maîtriser. À ses côtés défilent une galerie de personnages secondaires tour à tour grotesques, inquiétants ou pathétiques, tous pris au piège d’un monde dont les lois obéissent davantage aux pulsions et à l’ésotérisme qu’à la logique.
Ce premier volume est marqué par un rythme haletant et une atmosphère dense, presque suffocante, renforcée par une écriture sensorielle, baroque et visuelle. Brussolo excelle à décrire les décors — châteaux délabrés, laboratoires décadents, brumes lourdes de présages — comme à instiller l’inquiétude dans les gestes les plus anodins. Tout dans ce récit évoque la démesure : des dialogues ciselés, des scènes à la limite du grotesque et du sublime, des visions hallucinées qui convoquent les maîtres du genre, de Mary Shelley à Lovecraft, en passant par Poe et Lautréamont.
Mais Les Démoniaques ne se limite pas à un exercice de style. Derrière le vernis du fantastique, Brussolo tisse une réflexion sur la condition féminine, sur le pouvoir patriarcal et sur les enfants comme objets de fantasme et de contrôle. C’est un roman où le politique affleure dans les plis de l’horreur, où le destin individuel devient métaphore d’une époque hantée par ses excès scientifiques et moraux.
La réédition de ce premier volume constitue donc un véritable événement littéraire. Pour les lecteurs déjà familiers de l’œuvre de Brussolo, elle permet de redécouvrir l’une de ses œuvres les plus ambitieuses et les plus abouties. Pour les autres, c’est une porte d’entrée idéale dans un univers littéraire singulier, foisonnant, et profondément marquant. Le second tome viendra, on l’espère, clore cette fresque avec autant de souffle et d’éclat.
Une histoire tendre aux couleurs de l’été avec des reflets dorés sur toutes les pages !
Avec Cap sur l’été !, Jo Hoestlandt signe une histoire ensoleillée pleine de fraîcheur, d’humour et de tendresse, superbement illustrée par Crescence Bouvarel. C’est l’été, il fait chaud, très chaud dans la forêt… alors les animaux se rassemblent au bar-nénufar de Verte la grenouille pour se rafraîchir. L’ambiance est à la sieste, jusqu’à ce que surgisse Colette la mouette : dynamique, fantasque, elle pousse la bande à partir… à la mer !
L’aventure est lancée, et le récit devient une belle odyssée collective, où chacun participe à sa façon, entre enthousiasme, inquiétude et solidarité. Comment traverser les collines, les rivières, les obstacles ? Ensemble, ils trouveront les solutions – et la magie du voyage opère.
Ce qui frappe dès les premières pages, c’est la qualité graphique : des couleurs éclatantes, des détails tendres et surtout, des reflets dorés qui illuminent chaque illustration. L’effet scintillant donne à cette histoire une dimension sensorielle, presque magique, qui capte l’œil autant que le cœur.
Un album joyeux, idéal à lire à l’ombre d’un arbre ou avant un départ en vacances. Une fable lumineuse sur l’élan collectif, la découverte et la beauté de l’été partagé. À offrir sans hésiter aux petits explorateurs
Éditeur : Grund Date de publication : 5 juin 2025 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 32 pages ISBN-10 : 232403722X ISBN-13 : 978-2324037221
The Bear est revenu pour une quatrième saison. Ce n’est pas présenté comme la dernière, et pourtant… tout dans cette saison laisse penser à une fin. Une fin douce-amère, sans fanfare, mais profondément marquante. Après une saison 3 un peu en retrait, qui avait divisé les fans, cette quatrième saison parvient à redonner du souffle à la série. Et surtout, elle réussit quelque chose de très difficile : refermer un chapitre sans claquer la porte.
Ce qui frappe d’abord, c’est le ton général. Moins explosif que les premières saisons, mais plus introspectif. Moins d’urgences, plus de silences. Plus de regards, de choix posés, d’aveux contenus. Carmy n’est plus le chef incandescent prêt à tout pour faire fonctionner la cuisine parfaite. Il doute, il se fatigue, il change. Et cette fatigue, elle est partout dans la saison. Pas une fatigue négative, mais une usure naturelle, celle qu’on ressent quand on a trop donné, trop encaissé, trop espéré aussi.
Dès les premiers épisodes, on sent que Carmy est ailleurs. Il continue à bosser, bien sûr. Il fait tourner la cuisine, il tente des ajustements, il cherche encore la perfection. Mais l’obsession n’est plus là. L’étincelle s’est éteinte. Il se répète. Il se lasse. Il compare sa vie à Un jour sans fin, et c’est exactement ça : chaque service ressemble au précédent, chaque tension se rejoue comme un refrain usé. Il commence à se demander : pourquoi je fais encore ça ?
Autour de lui, les autres personnages continuent à avancer. Sydney, par exemple, prend de plus en plus d’assurance. Elle doute parfois, mais elle ne se pose plus les mêmes questions. Elle, elle a encore faim. Elle a encore envie. Et surtout, elle comprend ce que représente le Bear : un lieu fragile, chaotique, mais humain. Un espace où les liens comptent autant que les plats. Elle aurait pu partir, accepter une belle proposition ailleurs. Mais elle reste. Non pas par fidélité aveugle, mais parce qu’elle a trouvé là une forme de famille.
Et c’est exactement ce que creuse cette saison : la famille. Pas la famille biologique seulement, mais celle qu’on choisit, celle qu’on construit. L’épisode 7, centré sur le mariage de Tiff et Frank, illustre ça parfaitement. Ce qui aurait pu tourner au désastre devient un moment de communion improbable. Chacun met ses armes de côté, partage ses peurs, danse, rit, s’abandonne. Et Tiff, qui craignait de perdre ce groupe à cause de son divorce avec Richie, découvre qu’ils sont tous là. Toujours. Qu’ils ne partent pas.
Richie, d’ailleurs, est l’un des grands gagnants de cette saison. Lui qui, au début de la série, paraissait paumé, inutile, maladroit, trouve enfin sa place. Il évolue énormément. Il devient un vrai moteur dans le restaurant, quelqu’un qui comprend l’âme du lieu, l’importance du service, la mémoire des détails. Il se voit lui-même comme “le sable sous les cailloux”. Une belle image pour dire qu’il est celui qui relie tout le monde, sans forcément en avoir l’air.
Et puis il y a Carmy. La grande décision de la saison, c’est la sienne. Il finit par dire stop. Par admettre qu’il n’a plus envie. Qu’il ne peut plus faire semblant. Qu’il a monté ce restaurant non pas pour son frère, mais pour fuir le deuil. Pour ne pas affronter l’absence, le vide, la culpabilité. Il n’était pas là quand Mikey est mort. Et il s’est plongé dans le travail pour ne pas y penser. Mais la douleur est toujours là, et elle l’épuise.
C’est une discussion avec sa mère qui va tout débloquer. Cette mère qu’il a fuie, avec qui il n’a pas parlé depuis des années. Ils se revoient. Ils se parlent. Elle s’excuse. Elle reconnaît ses erreurs. Elle dit qu’elle a échoué avec ses enfants. Et dans ce moment de vérité, Carmy voit enfin quelqu’un d’aussi brisé que lui. Quelqu’un qui essaie de faire mieux. Il se reconnaît en elle. Et il comprend que lui aussi doit changer. Qu’il doit se libérer de ce qu’il porte. Alors il prend la décision de partir.
Il laisse le Bear entre les mains de Sydney et Sugar. Et c’est un geste fort. Ce n’est pas un abandon. C’est une passation. Un choix lucide. Il reconnaît que ce projet n’est plus le sien. Que d’autres peuvent le faire vivre mieux que lui. Il leur fait confiance. Et il se libère, en quelque sorte.
La fin est donc ouverte. On ne sait pas vraiment ce que deviendra le restaurant. On ne sait pas si Carmy reviendra. On ne sait pas si la série reviendra, d’ailleurs. Mais ce qu’on sait, c’est que quelque chose s’est clôturé. Pas dans le drame, pas dans le pathos, mais dans la maturité. On a souvent dit que The Bear était une série sur la cuisine. Mais en réalité, c’est une série sur les deuils, les traumas, les familles qu’on choisit, les liens qu’on tente de réparer.
Et c’est aussi une série sur les secondes. Le fameux “Every second counts” revient dans cette saison comme une forme d’écho. Cette fois, c’est un compte à rebours symbolique : celui de Jimmy, l’investisseur, qui menace de tout arrêter. Mais c’est aussi le compte à rebours personnel de Carmy, celui de sa passion qui s’effondre. Celui de la nécessité de se réinventer.
Visuellement, la saison est toujours aussi maîtrisée. Les plans de cuisine sont hypnotiques. Les dialogues claquent. Le rythme est plus lent, mais ça fonctionne. On respire un peu plus. On laisse les émotions se poser. Certains épisodes brillent vraiment : l’épisode 4, centré sur Sydney dans la maison de sa famille, où le temps semble suspendu ; l’épisode 7, dont on a parlé ; et quelques scènes magnifiques entre Marcus, Tina, Sugar, qui viennent apporter de la chaleur à l’ensemble.
Certains regretteront peut-être l’intensité des premières saisons. Les flashbacks, les épisodes solo, les prises de risques narratives. Il est vrai que cette saison 4 est plus linéaire, plus posée. Mais c’est aussi une façon d’achever un cycle. Il fallait du calme après la tempête.
Et puis, il y a cette phrase que Carmy dit à Sydney, qui résume tout : “Tu es le Bear.” C’est une passation, mais aussi une reconnaissance. Elle incarne tout ce que lui n’arrive plus à être. Elle a la patience, la créativité, la foi. Elle est la suite logique.
Alors, est-ce que The Bear va revenir ? Peut-être. Est-ce que c’est nécessaire ? Pas forcément. Cette saison 4 peut suffire. Elle referme doucement l’histoire. Elle ne clôt pas tout, mais elle apaise. Et surtout, elle nous laisse avec l’essentiel : une famille chaotique, bruyante, fragile, mais réelle. Une cuisine pleine de cris, de rires, de fatigue et d’amour. Et un sentiment étrange, à la fin, entre la nostalgie et la gratitude.
C’était une saison moins spectaculaire, mais profondément humaine. Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.
La série la plus regardée de tous les temps vient de s’achever après 23 épisodes. Nous avons enfin la conclusion de l’histoire de Jiun et, peut-être, la fin définitive des jeux Squid Game. Mais est-ce vraiment terminé ?
Une saison sombre et pleine de contrastes
Cette troisième saison s’ouvre immédiatement après l’échec de la rébellion de Jiun, dans une atmosphère pesante et désespérée. Condamné à rester en vie, Jiun est forcé d’assister à la continuation de l’horreur. Dès le premier jeu, une version tordue du cache-cache, les thèmes de la trahison et de la duplicité sont mis en avant : certains joueurs reçoivent un couteau pour traquer, d’autres une clé pour fuir. L’égoïsme domine, chacun luttant pour sa survie, au mépris des autres.
Le mysticisme du personnage de la chamane se révèle être une manipulation politique. En parallèle, Kangnal tente de sauver le joueur 246, en le menant jusqu’à la salle de prélèvement d’organes — un geste motivé par son propre passé de transfuge nord-coréenne. Elle finit par tuer tout le personnel de la salle.
Épreuves cruelles et bouleversements moraux
Le jeu du cache-cache atteint son apogée lorsque Jiun tue le joueur 388, mû par un désir de vengeance. La joueuse 120 meurt héroïquement, tandis que 222 accouche — son bébé deviendra un élément central de l’histoire. L’un des moments les plus poignants est celui où une mère tue son propre fils, bouleversant et tragique.
Le second jeu, le Cholu, mélange de saut à la corde et de jeu de dalles, pousse la cruauté à un niveau psychotique, notamment par la présence du nourrisson. 222, blessée, refuse l’aide de son ex-mari 333 et choisit de mourir. La plupart des autres joueurs périssent non à cause du jeu lui-même, mais par sabotage.
L’homme en noir, toujours dans l’ombre, propose un pacte à Jiun : tuer pour sauver le bébé. Flashback à l’appui, on découvre que lui-même a fait ce choix dans le passé. C’est un affrontement idéologique : foi contre cynisme. Jiun refuse.
Le sacrifice final
Dans le dernier jeu, 333, père biologique du bébé, s’allie à Jiun contre une coalition de cinq joueurs. Il trahit finalement l’alliance, mais tente ensuite de sacrifier son propre enfant. Jiun s’y oppose et, dans un dernier acte de courage, tue 333. Mais cela ne suffit pas : le jeu exige encore une mort.
Jiun se tourne alors vers la caméra, s’adresse aux VIP et au maître du jeu : « Nous ne sommes pas des chevaux, nous sommes des humains ». Il saute, mettant fin à ses jours. Son sacrifice permet au bébé de survivre. Fidèle à ses convictions jusqu’au bout, Jiun n’a jamais cherché l’argent. Il est resté humain dans un monde déshumanisé.
Les survivants et les conséquences
Quelques personnages clés s’en sortent :
Le bébé, grâce à Jiun.
Le joueur 246, sauvé par Neole.
Neole, en vie également.
La garde numéro 11, qui triomphe du successeur du Frontman.
Le frère du Frontman, qui s’enfuit avec l’enfant.
Ino, l’homme en noir, qui échappe à l’île avant sa destruction.
À l’aéroport, une dernière scène bouleversante montre le frère de Sebbiok (la joueuse 67 de la saison 1) retrouvant la mère de Sangu, finaliste de cette même saison. Une boucle se referme.
De son côté, Wo, libéré de prison, récupère le Pink Motel et projette de le transformer. L’argent de Jiun, mystérieusement retiré, a été transmis à sa fille par Ino, désormais repenti.
La fille de Jiun, qui avait fini par détester son père pour son absence, est dévastée à l’annonce de sa mort. Preuve ultime que l’argent n’est jamais la réponse à tout.
Une fin ouverte… et mondiale ?
Dans une scène finale, Ino, désormais à Los Angeles, aperçoit une nouvelle recruteuse jouant au Ddakji — incarnée par Cate Blanchett. Les jeux Squid Game sont désormais mondialisés. Est-ce le début d’un nouveau cycle ? Ino semble vouloir tourner la page, ou bien renverser le système de l’intérieur.
Une conclusion forte pour une série culte
La saison 3 est la plus courte de la saga, avec seulement six épisodes. Pourtant, elle parvient à condenser une tension dramatique remarquable, notamment dans les deux derniers épisodes, parmi les meilleurs de toute la série. Le casting brille par sa justesse, rendant chaque mort plus intense, chaque dilemme plus cruel.
Si la première saison reste inégalée, cette conclusion offre une lecture puissante sur la nature humaine, le libre arbitre illusoire, et la capacité à résister à l’inhumanité. Le parcours de Jiun, de simple joueur à héros sacrificiel, marque profondément.