Il était une fois l’école, l’enfant et la maîtres… de Philippe Jalbert

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Il était une fois un enfant qui adorait aller à l’école avec son beau cargo…

Avec Il était une fois l’école, l’enfant et la maîtres…, Philippe Jalbert signe un album totalement décalé, qui prend à revers les codes du livre jeunesse pour mieux faire rire les petits lecteurs. Tout commence comme une histoire sage : un enfant va à l’école, enthousiaste, avec son « beau cargo »… Oui, cargo. Et c’est là que tout déraille – joyeusement.

L’auteur s’amuse avec la langue, les formules toutes faites et les maladresses de narration, qu’il pousse à l’extrême. Le récit devient un terrain de jeu où les mots dérapent, les images débordent, et où l’absurde devient une forme d’humour à part entière. Jalbert se joue aussi des attentes des lecteurs, interrompt l’histoire, la commente, s’adresse directement à nous pour mieux semer la zizanie. C’est foutraque, hilarant, et d’une grande intelligence.

Graphiquement, l’album est vif, expressif, très coloré. Les illustrations appuient le comique de situation avec un vrai sens du rythme et du détail. L’ensemble fait mouche : les enfants rient, les adultes sourient, et tout le monde y trouve son compte.

C’est un livre idéal à lire à voix haute, en classe ou à la maison, pour dédramatiser la rentrée et rappeler qu’à l’école aussi, on peut jouer avec les règles – surtout celles du récit.

ASIN ‏ : ‎ B0DWSRJNKP Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 6 juin 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 48 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023521290

Indochine en apesanteur à l’Accor Arena

En quelques secondes, la salle se transforme en constellation mouvante. Ce n’est pas (encore) la musique qui vibre, mais 40 000 poignets lumineux, reliés à un dispositif scénique d’une rare ambition. Le ciel se couvre d’étoiles artificielles, la terre se met à battre en lumière. C’est le début d’un voyage sidéral et viscéral, la promesse tenue d’un groupe qui, quarante-deux ans après ses débuts, continue de repousser les limites de ce que peut être un concert de rock.

Une entrée dans l’intimité du gigantisme

Annoncée comme une expérience totale, la nouvelle tournée d’Indochine, baptisée sobrement Arena Tour, a débuté à Paris dans un Bercy transformé. La scène principale – baptisée “A” – s’ouvre sur “Showtime”, titre électro-rock syncopé qui évoque Depeche Mode. Les bracelets clignotent au rythme des basses, la foule pulse, la frontière entre public et spectacle se brouille. C’est l’une des forces de cette mise en scène : abolir la frontalité, jouer avec l’espace et les émotions.

Trois scènes, réparties dans la salle (A, B, C), permettent au groupe de se déplacer et de jouer au plus près des spectateurs. Une façon de remettre du lien humain au cœur de la machine scénique, et de faire de cette arène un lieu de proximité malgré les dimensions.

Entre messages politiques et émotions universelles

Indochine n’a jamais été un groupe neutre. Ce concert le rappelle avec force, sans jamais tomber dans le manifeste. Dès “Victoria”, le visage de Volodymyr Zelensky apparaît, suivi d’un cortège d’instrumentistes en uniforme militaire, jouant de la trompette. Puis, sur “Sanna sur la croix”, la mémoire de l’ex-Première ministre finlandaise Sanna Marin est convoquée avec un visuel fort : son visage bâillonné ou enserré dans une croix lumineuse. Le concert devient tribune visuelle, sans jamais interrompre le flux musical.

Chaque séquence est ciselée. “Annabelle Lee”, “Seul au paradis”, puis “No Name” – titre inédit joué pour la première fois en tournée, tiré de Babel Babel, l’album de 2024 – offrent un passage intense, entre noirceur poétique et énergie rock. La musique épouse l’image, l’émotion devient globale.

Nicola Sirkis, figure magnétique et fragile

Ce qui impressionne chez Indochine, c’est la constance d’un charisme sans ostentation. Nicola Sirkis, toujours vêtu de noir, ne surjoue rien. Il observe, il écoute, il habite l’instant. Sa voix, plus éraillée, parfois posée comme un murmure, tranche avec la puissance des visuels. Il est le fil rouge d’un récit collectif, le médium d’une émotion partagée avec plusieurs générations de fans.

Lorsqu’il traverse la salle pour rejoindre la scène B, la foule se scinde en deux comme la mer Rouge. Là, s’enchaînent sans répit “Salômbo”, “Electrastar”, “Canary Bay”, “Un été français”, “Punker”… Un bloc rock pur jus, parfaitement calibré, qui ressuscite l’énergie adolescente et la rage poétique des années 2000.

Une avalanche de classiques, entre euphorie et apesanteur

La dernière partie du concert tient de la célébration collective. Le public, déjà conquis, exulte sur “Miss Paramount”, “J’ai demandé à la lune”, “Alice & June” – une séquence euphorique, construite comme une montée en puissance. Puis vient “La vie est à nous”, dans un final incandescent qui semble suspendre le temps.

Mais le plus beau moment du concert n’est peut-être pas celui qu’on attendait. Lors du rappel acoustique, entre les scènes B et C, Nicola Sirkis revient seul ou presque. Lumière douce, guitare sèche, et quelques minutes suspendues sur “Kao Bang”, “La vie est belle”, “Tes yeux noirs”. Un moment d’apesanteur absolue, où 20 000 personnes retiennent leur souffle.

Le second rappel réinstalle la grandeur : “Station 13”, “Des fleurs pour Salinger”, puis “Trois nuits par semaine”. Enfin, le groupe remonte sur la scène A pour l’apothéose : “L’aventurier”, transformé en hymne générationnel, suivi d’un dernier clin d’œil avec “En route vers le futur”, comme une promesse tenue au public fidèle.

Un groupe au sommet de son art

Ce qu’Indochine prouve encore, c’est que la longévité ne se résume pas à l’endurance. Elle peut être synonyme de renouvellement, de prises de risque, d’invention scénique. Loin d’une tournée best-of, ce concert est une œuvre à part entière : narrative, visuelle, politique, musicale. Elle parle à tous les âges, à toutes les mémoires.

Indochine confirme son statut d’icône vivante de la scène hexagonale, capable d’inventer une nouvelle forme de rituel collectif à chaque tournée.

Interview : Chacma, l’ingénieur devenu scénariste BD

Charles-Louis Detournay, alias Chacma, est ingénieur, journaliste, scénariste et figure discrète mais incontournable du neuvième art. À l’occasion de la sortie du second tome de la série Deuxième Bureau, il revient sur son parcours atypique.

Parcours et impulsions

Vous êtes passé d’ingénieur industriel à journaliste BD, puis à scénariste – quelle impulsion vous a poussé à franchir ces transitions ?

En soi, je n’ai pas vraiment arrêté ces différentes activités, mais je pense qu’elles s’inscrivent dans un processus naturel pour ma part : j’ai toujours aimé raconter des histoires, appréciant les effets qu’elles pouvaient produire, sur les autres ou sur moi-même. Il faut parfois du temps et différentes étapes pour atteindre un objectif, et le plus court chemin n’est pas toujours le plus efficace 😉

Votre formation scientifique influence-t-elle encore votre approche de la narration ou vos choix thématiques ?

Parfois, lorsque je m’attèle à des sujets qui demandent plus de recherches. J’ai besoin de comprendre une thématique afin de pouvoir ensuite identifier ce que je pourrais utiliser ou au contraire laisser tomber. D’un autre côté, il m’arrive d’écrire sur des éléments qui n’ont absolument rien de scientifique. J’essaie surtout de travailler sur ce qui me passionne, car je me dis que cet intérêt devra transparaître dans le récit. Puis si cela a aiguisé ma curiosité, j’espère qu’il en sera de même pour la lectrice ou le lecteur.

De la critique à l’écriture

Vous êtes arrivé à la bande dessinée via ActuaBD – qu’avez-vous appris de cette immersion ?

En tant que journaliste, j’essaie toujours de me mettre à la fois à la place du lecteur puis de l’auteur pour appréhender un récit, ce qui me pousse souvent à poser des questions assez précises aux artistes par le biais de l’interview. Il ne s’agit pas vraiment de secrets, car ils en livrent beaucoup plus lors des masterclasses, mais je suis certain que m’être ainsi projeté a influencé ma manière d’écrire.

Sous le pseudonyme Chacma, vous avez coscénarisé des albums très variés. Comment choisissez-vous vos projets ?

Par affinité au niveau de la collaboration ! Réaliser un album de bande dessinée nécessite beaucoup de temps et d’énergie, et je pense qu’il faut donc avant tout qu’une bonne relation se construise, doublée d’une véritable connivence. Mon style va alors s’adapter à celui du reste de l’équipe, afin que l’ensemble soit avant tout cohérent. Je ne cherche pas à travailler sur un registre, mais à m’impliquer dans un projet pourvu que je le réalise avec de belles personnes.

Deuxième Bureau : espionnage et Histoire

Qu’est-ce qui vous a attiré dans la période de 1936 et le sujet du magnétron ?

On m’a proposé il y a près de dix ans de scénariser la suite d’une série historique… Cette suite ne s’est jamais concrétisée, mais l’ensemble était suffisamment pertinent pour en faire une série en elle-même. C’est là que Brice Goepfert est entré dans la danse : Deuxième Bureau était né !

Comment collaborez-vous avec Brice Goepfert et Fabien Blanchot ?

Je découpe d’abord le récit en séquences… Ensuite, j’écris les séquences au fil du dessin de Brice, ce qui permet d’adapter ou de renforcer certains aspects selon ce qu’il propose visuellement. Avec Fabien, je résume le scénario en gardant l’essentiel des intentions et émotions, tout en suggérant quelques idées de couleurs, sans jamais imposer.

Pourquoi ajoutez-vous des dossiers documentaires en fin d’album ?

Je pense que l’Histoire a énormément à nous apprendre, mais je ne veux pas qu’elle alourdisse le récit. Le dossier permet à celles et ceux qui le souhaitent d’approfondir leur lecture, sans obligation. Cela donne une seconde vie à l’album et éclaire certains choix narratifs.

Maryse Maréchal, pilote et espionne, est une héroïne dans un univers très masculin. Pourquoi ce choix ?

La série originelle devait déjà mettre une femme au centre. J’ai poursuivi ce choix, car cela me permettait de construire un personnage plus subtil, plus complexe. Les femmes ont souvent une approche moins manichéenne, et cela enrichit la narration, notamment dans un contexte de guerre et de compromissions comme celui de 1936.

Comment avez-vous intégré les enjeux politiques sans alourdir le récit ?

J’associe le niveau de connaissance historique du lecteur à celui de mon héroïne : elle découvre, doute, et interroge. J’évite les exposés trop lourds, préférant faire émerger les tensions et enjeux au travers d’actions concrètes et de dialogues. Je m’appuie aussi sur des faits réels souvent méconnus pour interpeller le lecteur, comme la présence de la Légion Condor dans la guerre d’Espagne ou des citations véridiques d’Hitler.

Éclectisme et engagement

Vous alternez entre récits légers et plus sérieux. Est-ce un besoin d’équilibre ?

Oui, je ne peux travailler que sur un projet qui me passionne. Et heureusement, j’ai des centres d’intérêt variés ! L’humour, la science, l’Histoire, l’espionnage… Ce sont autant de portes vers des récits capables de surprendre le lecteur.

Vos travaux documentaires sur d’autres auteurs nourrissent-ils vos scénarios ?

Pas vraiment. Cela m’encourage parfois, car je découvre qu’eux aussi ont connu le doute ou les obstacles. Mais ce n’est pas une matière directe pour mes scénarios.

Quelle place pour la BD historique aujourd’hui ?

Elle reste essentielle. Accessible, populaire et documentée, elle permet de transmettre notre passé autrement. Dans les musées, on la retrouve de plus en plus comme outil pédagogique. Elle permet aussi de nous interroger sur qui nous sommes, et sur ce que nous voulons (ou ne voulons pas) répéter.

Intimité et réception

Comment conciliez-vous votre métier et votre vie de famille ?

Mon fils étant en situation de handicap, je reste souvent à la maison. Le scénario est une activité qui se prête bien à cette organisation souple. J’écris tôt le matin, tard le soir, entre deux soins ou activités. Mon espace de travail est au cœur de la maison, ce qui facilite les choses.

Quels retours avez-vous eus sur Deuxième Bureau ?

Les lecteurs y trouvent des choses différentes : de l’Histoire, de la technique, de l’émotion, de la réflexion. C’est très gratifiant de voir que chacun s’approprie l’histoire à sa manière, selon ses valeurs ou son vécu.

Quels sont vos projets ?

Si les ventes du tome 2 le permettent, nous prolongerons la série. En attendant, je travaille sur un autre scénario historique et un nouveau projet avec Brice Goepfert. Nous aimons beaucoup collaborer, donc l’aventure continue !

📚 Deuxième Bureau – Scénario : Chacma · Dessin : Brice Goepfert · Couleurs : Fabien Blanchot

L´ARCHE DES MAUDITS : UNE AVENTURE DE SHAGAN ET JUNIA de Serge Brussolo

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L’île où ils allaient bientôt débarquer était très dange­reuse. Il y régnait une force inconnue cachée au cœur de la jungle, et qui, jusqu’ici, avait toujours tenu ses envahisseurs en échec, à tel point que même les requins évitaient de s’en approcher.

Dans L’Arche des Maudits, Serge Brussolo poursuit l’édification de son univers déjanté et terriblement cohérent, avec une nouvelle incursion aux frontières du réel. Une aventure autonome, mais qui s’inscrit dans une série de récits consacrés au tandem improbable de Shagan et Junia, mercenaires désabusés, survivants endurcis, figures quasi mythologiques d’un monde en ruines.

L’intrigue nous plonge dès les premières pages dans une mission à haut risque : une expédition sur une île cauchemardesque où nul n’ose plus mettre les pieds, un territoire saturé de légendes morbides et de rumeurs technomystiques. À la manière d’un huis clos à ciel ouvert, l’île devient l’ultime champ de bataille entre science oubliée, magie pervertie, et pulsion de destruction. Un espace de l’extrême, où la nature elle-même semble contaminée, mutante, hostile à toute présence humaine.

Le point de départ est simple, presque cinématographique : une jungle dense, infranchissable, apparemment protégée par une force invisible qui élimine toute tentative d’intrusion. Un danger flou, tapi, insaisissable — qui rend l’ennemi d’autant plus angoissant qu’il reste sans visage. Ni la cause de la menace ni sa nature exacte ne sont connues. Ce flou angoissant, Brussolo en fait une arme de tension narrative d’une efficacité redoutable.

Pour tenter de percer ce mystère, une faction en appelle à Shagan et Junia, des professionnels du sale boulot, réputés pour accomplir ce que personne n’ose entreprendre. Ni héros ni monstres, ils incarnent ce que Brussolo aime tant explorer : des figures ambivalentes, profondément humaines dans leurs contradictions, écorchées, mais jamais sentimentales. Shagan, le guerrier pragmatique, porté par une logique de survie pure ; Junia, plus ambiguë, intuitive, dotée d’un instinct de conservation presque animal, parfois proche de la folie douce.

Le récit alterne entre séquences d’exploration, scènes de combat brutales, dialogues acérés et moments de pure hallucination sensorielle. La jungle, omniprésente, semble devenir une entité à part entière. Elle évolue, résiste, digère les intrus. Les pièges qu’elle tend ne sont pas toujours mécaniques ou physiques : ce sont des pièges psychologiques, mentaux, symboliques. Brussolo installe un climat de menace permanente, où même les certitudes les plus élémentaires — le sol sous nos pieds, la direction d’une boussole — peuvent se retourner contre nous.

Mais L’Arche des Maudits n’est pas qu’un roman d’action ou un survival. Comme souvent chez Brussolo, la critique sociale et politique affleure sous les oripeaux de l’imaginaire. Cette île, cette arche prétendument maudite, devient le miroir grossissant d’une humanité arrogante qui se croit maîtresse de territoires qu’elle ne comprend pas. Le récit pose alors la question : jusqu’où aller pour détruire ce que l’on craint ? Que reste-t-il quand on combat un mal qu’on ne sait même pas nommer ?

Sur le plan stylistique, Brussolo est fidèle à lui-même : un foisonnement baroque, des descriptions luxuriantes, des phrases tendues comme des arcs. Il compose un univers à la fois organique et mécanique, où les machines ont des dents, où les végétaux saignent, où les corps sont des interfaces entre le biologique et le technologique. La prose est rapide, tranchante, mais parfois presque poétique, notamment dans les moments de délire sensoriel ou de désorientation mentale.

C’est aussi un roman qui brasse les genres : on y trouve du pulp, du fantastique, de la science-fiction post-apocalyptique, et même une touche d’enquête paranoïaque. L’Arche des Maudits pourrait se lire comme une variation tropicale de Predator revue par J.G. Ballard, avec un soupçon de Lovecraft sous acide.

Enfin, le grand mérite du roman, c’est sa capacité à captiver tout en perturbant. On tourne les pages avec frénésie, tout en sentant une forme de gêne, de vertige. Chaque scène apporte sa part de désorientation, chaque découverte un nouveau mystère. On ne lit pas Brussolo pour être rassuré — on le lit pour être bousculé. Et en cela, cette nouvelle aventure de Shagan et Junia est une franche réussite.

Éditeur ‏ : ‎ H&O Date de publication ‏ : ‎ 28 août 2025 Édition ‏ : ‎ Première édition Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2845474318 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2845474314

The Waterfront : que vaut la nouvelle série du créateur de Dawson ?

Trente ans après Dawson, Kevin Williamson retourne en Caroline du Nord avec The Waterfront, un soap noir et familial disponible dès aujourd’hui sur Netflix. Cette fois, pas d’adolescents tourmentés au bord de la mer, mais une dynastie de pêcheurs engluée dans les dettes et la criminalité.

Un empire familial au bord du naufrage

Bienvenue à Havenport, ville côtière dominée par la famille Buckley, à la tête d’un empire de la pêche aujourd’hui menacé. Patriarche vieillissant, Harlan Buckley (Holt McCallany) tente de maintenir à flot l’entreprise avec sa femme Belle (Maria Bello) et son fils Cane (Jake Weary), quitte à replonger dans des affaires douteuses. Leur fille Bree (Melissa Benoist), ex-toxico en quête de rédemption, tente quant à elle de retrouver la garde de son fils.

Breaking Bad au bord de l’océan

Difficile de ne pas penser à Breaking Bad, Yellowstone ou Les Soprano devant ce clan d’anti-héros, prêts à tout pour sauver leur territoire. Harlan, patriarche brutal mais attachant, évoque un Tony Soprano marin, tandis que Belle devient stratège en second plan et Cane, le fils mal marié, lutte contre sa propre violence et les attentes paternelles.

Si la série flirte avec le soap – trahisons, drogue, adultères, fils caché –, elle n’élude pas la violence, ni l’héritage toxique transmis de génération en génération. Kevin Williamson puise d’ailleurs dans sa propre histoire : son père, pêcheur, a réellement été impliqué dans un trafic de drogue dans les années 1980. Une inspiration qu’il a longtemps gardée sous silence à la demande de ce dernier.

Dawson version noir corbeau ?

Visuellement, The Waterfront reprend les codes chers à Williamson : pontons au coucher du soleil, baisers sous les porches, bateaux dans le port… Mais la douceur nostalgique de Dawson laisse place ici à un réalisme plus âpre. Les thématiques paternelles restent présentes – la relation conflictuelle entre Cane et Harlan rappelle celle de Pacey et son père dans Dawson – mais dans une version beaucoup plus sombre et désenchantée.

Cane ressemble d’ailleurs à une version adulte de Pacey qui aurait raté le coche : resté à Capeside, englué dans un mariage tiède, alcoolique et en colère. L’autodestruction est ici un mode de survie.

Un soap efficace, mais convenu

Si le décor portuaire et le casting solide (Maria Bello, Melissa Benoist, Jake Weary, et un Topher Grace étonnant en mafieux guilleret) apportent du relief, The Waterfront coche toutes les cases du soap familial blanc version Netflix : trahisons, argent sale, rédemption et meurtres. Le traitement manque parfois de subtilité, et l’humour propre à Williamson se fait discret.

Côté représentations, on reste sur sa faim : là où Dawson avait bousculé la télévision avec l’introduction du personnage de Jack, The Waterfront se contente d’un personnage gay secondaire, sans arc notable.

Verdict ?

The Waterfront ne révolutionne pas le genre, mais séduit par son ambiance, son rythme soutenu et son casting. Ceux qui cherchent un drame familial sombre, bien exécuté, y trouveront leur compte. Les nostalgiques de Dawson, en revanche, risquent d’être déconcertés par ce virage plus rugueux, presque nihiliste.

En somme, un soap criminel maritime bien ficelé, idéal pour les soirées d’été, à condition d’aimer l’odeur de la sueur, du sang… et de l’eau salée.

KPop Demon Hunters – Explication de la fin : Rumi, Jinu, Huntrix… que faut-il comprendre ?

La fin de KPop Demon Hunters, désormais disponible sur Netflix, a marqué les esprits. Entre musique, magie et rédemption, que signifie vraiment ce dernier acte explosif ? Voici notre analyse. Attention, spoilers !

Une apocalypse évitée grâce à la musique

Dans le dernier acte, le pouvoir maléfique de Gwi-Ma menace d’engloutir le monde. Face à cette montée en puissance, le groupe Huntrix, qui puise sa force dans la musique et l’unité de ses fans, vacille. L’arrivée des Saja Boys vient aggraver la situation, remettant en cause un fragile équilibre forgé sur plusieurs générations.

Alors que tout semble perdu, Rumi se libère de ses chaînes intérieures. Sa chanson, bouleversante, touche Mira et Zoey, qui sortent de leur contrôle mental pour la rejoindre sur scène. L’union musicale du trio devient un acte de résistance puissant contre l’ombre.

Rumi, révélée et transcendée

Le cœur du récit repose sur Rumi. Son secret, longtemps caché, fragilise l’unité du groupe, mais sa sincérité et son courage finissent par ressouder Huntrix. Sa chanson-phare, What It Sounds Like, devient le catalyseur de cette réconciliation : elle rappelle que la valeur d’un être humain dépasse les apparences, et repose sur l’authenticité de son cœur.

Le sacrifice de Jinu et la chute de Gwi-Ma

Alors que Gwi-Ma entre lui-même dans la bataille, bien décidé à écraser toute forme de résistance, Jinu fait un choix décisif. Tiraillé par ses fautes passées, il trouve enfin la paix en se sacrifiant pour Rumi. Ce geste héroïque libère une vague d’âmes captives qui alimente la dernière attaque musicale de Huntrix.

Rumi, épaulée par Mira et Zoey, invoque alors le nouveau Honmoon, une onde musicale qui purifie la ville entière du mal. Le ciel s’illumine, la menace démoniaque est vaincue. Huntrix, unies et apaisées, s’élèvent dans les airs sous les regards émerveillés.

L’héritage de Jinu et la promesse d’un avenir

Dans ses derniers instants, Jinu remercie Rumi : grâce à elle, il a pu se libérer de ses démons intérieurs. Leur lien, né d’un flirt tendu et forgé par une passion commune pour la musique, devient une véritable rédemption. Il affirme qu’elle a sauvé son âme — et peut-être vit-il encore à travers sa voix, dans une forme de présence spirituelle.

Le film se conclut sur une note d’espoir : les deux trios, jadis opposés, se promettent de protéger la paix retrouvée. Mais cette harmonie est fragile… et laisse présager une suite pleine d’enjeux.

Olympo – Saison 1 : Explication de la fin. Amaia s’est-elle dopée ?

La première saison d’Olympo est disponible sur Netflix, et sa fin a laissé de nombreux spectateurs perplexes. Que faut-il comprendre du dernier épisode ? Attention, spoilers !

De quoi parle Olympo ?

La série suit de jeunes athlètes d’élite du centre HPC Pyrénées en Espagne. Ambition, dépassement de soi et dérives du sport de haut niveau : Olympo explore jusqu’où certains sont prêts à aller pour devenir les meilleurs. Au cœur de ce système, une mystérieuse organisation – Olympo – fournit en secret des substances dopantes à ses athlètes, sous couvert de contrats et d’accords de confidentialité.

Récapitulatif de la fin de la Saison 1

Dans l’épisode final, Amaia parvient à battre un record du monde en natation synchronisée, mais sombre immédiatement après. La scène la montre seule, en train de couler, laissant planer le doute : a-t-elle succombé au même sort que son ancienne coéquipière Nuria, victime d’un malaise similaire au début de la série ? On craint une overdose ou une crise cardiaque provoquée par les produits dopants.

Zoe, quant à elle, découvre enfin la vérité lorsqu’on lui injecte une substance contre son gré. Choquée, elle croise Nunu, qu’elle croyait disparue. Malgré tout, Amaia accepte d’être sponsorisée par Olympo, tout en élaborant un plan avec Zoe pour alerter les autorités. Mais la situation dégénère : Olympo étend son emprise sur l’école, et les athlètes commencent à se retourner les uns contre les autres.

Pendant ce temps, un documentaire sur l’équipe de rugby révèle un baiser entre Roque et Sebas, provoquant une violente bagarre. Roque quitte finalement Olympo pour se réconcilier avec Sebas.

Alors que l’ADA annonce des contrôles sanguins imminents, Hugo et Jana paniquent. Zoe gagne sa course, mais est brusquement disqualifiée. Amaia, elle, est exclue de la compétition à cause d’un accident impliquant Fatima. De plus en plus isolée, elle semble sombrer.

Que comprendre de cette fin ?

Les derniers instants de la saison montrent Amaia et Nunu livrant une performance impressionnante… puis Amaia perd connaissance dans la piscine. A-t-elle, elle aussi, cédé à la pression et pris les drogues ? Le doute est permis, d’autant plus que Zoe remet à Yolanda une fiole contenant la substance utilisée par Olympo. La révélation pourrait signer la fin de l’organisation.

Mais une surprise de taille attend les spectateurs : les tests de l’ADA sur Nunu reviennent… négatifs. Cela relance toutes les hypothèses. La stratégie de Hugo et Jana est-elle plus sophistiquée qu’on ne le croit ? Ou les tests ont-ils été manipulés ?

Une critique du dopage systémique

Olympo ne livre pas toutes les réponses, mais propose une réflexion percutante sur la spirale du dopage. Tant qu’un athlète cherchera à être « meilleur », il y aura des structures prêtes à exploiter cette soif de victoire. Zoe semble déterminée à briser ce cycle. L’ADA détient désormais la fiole : un premier pas vers la vérité… ou un simple contretemps pour Olympo ?

Comment sympathiser avec un ours ?: Le meilleur guide pour partir à l’aventure

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Un livre indispensable pour les aventuriers en herbe, les exploratrices intrépides et celles et ceux qui veulent être prêts à toute éventualité.

Voici un livre qui devrait séduire tous les petits (et grands) curieux avides d’exploration : Comment sympathiser avec un ours ? est un savoureux mélange d’humour, de pédagogie et de frissons d’aventure. Présenté comme un guide de survie pour les enfants intrépides, il aborde avec un ton décalé et plein d’entrain les grands défis de l’exploration : requins affamés, jungles impénétrables, volcans menaçants, déserts brûlants ou banquises glacées.

Chaque chapitre propose des astuces concrètes, des conseils de survie intelligemment adaptés à un jeune public, et surtout, une bonne dose d’anecdotes étonnantes et ludiques. On y apprend comment ne pas paniquer face à un ours (spoiler : on ne sympathise pas vraiment…), comment éviter les erreurs de débutant en milieu hostile, et pourquoi l’humilité est sans doute la meilleure des boussoles.

Le style est vif, drôle, très visuel, et parfait pour maintenir l’attention. Les illustrations dynamiques, les encadrés malins et les situations cocasses rendent la lecture à la fois captivante et formatrice, sans jamais tomber dans la leçon magistrale.

Un ouvrage qui parvient à conjuguer le rêve de l’aventure et le réalisme du terrain, dans un format accessible à partir de 8 ans environ. À glisser dans tous les sacs à dos avant de partir camper, randonner, ou juste rêver… dans sa chambre.

ASIN ‏ : ‎ B0DWSBZTTJ Éditeur ‏ : ‎ MARTINIERE J Date de publication ‏ : ‎ 6 juin 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 112 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1040122258

Comme les cigales de Fiore Manni

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Comme chaque été, Teresa part en Toscane, au bord de la mer, où elle retrouve ses copains d’enfance. Mais cette fois, tout le monde a grandi et a changé… sauf elle.

Avec Comme les cigales, Fiore Manni livre un roman d’une délicatesse rare, un de ces récits d’été suspendus entre insouciance et révélation, entre enfance qui s’efface et adolescence qui s’impose. Au cœur du décor solaire de la Toscane, Teresa retrouve ses repères d’enfance… qui ne sont plus vraiment à sa taille. Les copains ont grandi, changé, pris de l’assurance — et elle, elle se sent décalée, en retard sur sa propre vie.

Puis arrive Agata, sublime, affirmée, entourée de mystère. Teresa est fascinée, troublée, puis renversée. Ce qu’elle prend d’abord pour de l’admiration se mue en battements de cœur. Son désir naissant, discret et maladroit, bouscule tout son monde intérieur. Sous le chant des cigales, c’est tout un bouleversement intime qui prend forme — à la fois doux, lumineux, et profondément émouvant.

Fiore Manni capte avec finesse les tâtonnements de l’adolescence, la beauté des sensations nouvelles, mais aussi les peurs, la jalousie, le sentiment d’exclusion. L’écriture, simple et sensible, donne une voix juste à Teresa, à ses contradictions, à sa pudeur, à son courage aussi.

Comme les cigales est un roman initiatique tout en lumière, un récit sur l’amitié, la différence, l’acceptation de soi et la naissance des sentiments. C’est aussi une très belle histoire d’amour — celle que l’on commence d’abord avec soi-même.

ASIN ‏ : ‎ B0DWRTWKDR Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 6 juin 2025 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023521016 Poids de l’article ‏ : ‎ 222

L’Ecureuil qui aimait le bleu de Eve Gomy

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Suivez cet adorable écureuil qui nous entraîne à la découverte du monde et de ses mille et un éclats de bleu.

Avec L’Écureuil qui aimait le bleu, Eve Gomy signe un album tendre et poétique, où la curiosité du monde passe par une couleur : le bleu, décliné à l’infini, du ciel d’azur à l’ombre douce des sous-bois. Loin d’un simple livre sur les couleurs, c’est une invitation à regarder autrement, à ralentir, à s’émerveiller.

Le petit écureuil, tout en douceur et en sensibilité, nous entraîne dans son périple sensible, où chaque découverte – une fleur, une plume, une goutte d’eau – devient prétexte à s’émouvoir, à contempler, à aimer. Ce bleu qu’il cherche devient presque une quête intérieure : celle du beau, du calme, de l’harmonie.

Les illustrations accompagnent à merveille cette balade sensorielle, mêlant teintes délicates et jeux de textures. Le rythme du texte, simple et musical, en fait une lecture idéale pour les plus petits, à partager en fin de journée, quand tout invite au calme.

Un album lumineux, plein de poésie et de sérénité, qui célèbre à la fois la nature, l’éveil artistique et la richesse des émotions. À offrir à tous les petits rêveurs… et aux grands qui ont gardé leur âme bleue.

ASIN ‏ : ‎ B0DWSVFBL3 Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 6 juin 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 20 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023521634