Dragons (2025) : une fin fidèle mais enrichie – Explication et différences majeures

Attention, spoilers ! Si vous avez vu Dragons (2025), vous vous interrogez peut-être sur sa fin et sur les différences avec le film d’animation original. Voici notre décryptage.


Un remake attendu… et stratégique

Sorti au cinéma le 21 mai 2025, Dragons (2025) marque l’entrée de DreamWorks dans l’arène des remakes en prises de vue réelles. Après le succès durable de la trilogie animée initiée en 2010 avec How to Train Your Dragon, le studio emboîte logiquement le pas à Disney, qui exploite depuis longtemps la veine nostalgique des relectures live-action, du Livre de la jungle à Lilo & Stitch (2024).

Ce remake mise à la fois sur la découverte pour les nouvelles générations et sur la fibre nostalgique de ceux qui ont grandi avec Harold et Krokmou. Et le pari semble réussi : sans bouleverser le récit original, Dragons (2025) en reprend la trame tout en apportant quelques nuances bienvenues.


Explication de la fin : une fidélité quasi intégrale

La conclusion du film reste très proche de celle de la version animée. Harold, désormais accepté par son père Stoick, tente de le convaincre de la nature pacifique de Krokmou. Mais Stoick, méfiant, capture le dragon pour qu’il les mène au repaire de la redoutable Mort Rouge.

Avec l’aide de ses amis et montés sur leurs propres dragons, Harold mène une attaque courageuse contre la créature. Ils parviennent à la vaincre, au prix d’un lourd tribut : Harold perd une jambe lors de la bataille.

Malgré cette blessure, la fin est lumineuse. Le peuple de Berk change de regard sur les dragons et les intègre pleinement dans la vie du village. Une cohabitation pacifique et symbolique s’installe, portée par le lien indéfectible entre Harold et Krokmou.


Qu’est-ce qui change dans Dragons (2025) ?

Les grandes lignes restent, mais plusieurs personnages secondaires bénéficient ici d’un traitement plus riche, notamment Astrid et Snoutlout (Rustik le Morveux en VF).

Astrid : une rivalité avant l’amour

Dans le remake, Astrid gagne en stature. Elle est dépeinte comme une aspirante cheffe, déterminée, respectée par les autres jeunes Vikings. Face à Harold, qu’elle perçoit d’abord comme un rival inexpérimenté mais privilégié, elle nourrit une forme de jalousie mêlée d’admiration. Ce développement rend leur romance plus crédible et moins soudaine que dans l’original. Elle devient également une sorte de mentor de terrain, porteuse d’un leadership naissant.

Snoutlout : plus qu’un simple faire-valoir

Snoutlout, autrefois réduit au rôle de brute jalouse et comic relief, gagne ici en humanité. Moins antagoniste envers Harold, il est davantage montré comme un jeune homme en quête de reconnaissance paternelle. La présence de son père, qui le juge durement tout au long du film, renforce ce thème. Dans la bataille finale, sa bravoure lui vaut enfin une forme de validation familiale, illustrée par une simple tape sur l’épaule qui en dit long. Ce geste anodin rend le personnage plus touchant et moins caricatural.


Une adaptation fidèle, mais nuancée

En somme, Dragons (2025) reste très respectueux de l’original, jusque dans sa conclusion, qui reprend les mêmes enjeux et aboutissements. La transition vers le live-action ajoute un peu plus de gravité à certaines scènes, notamment la perte de la jambe de Harold, traitée avec davantage de réalisme.

Mais ce qui distingue vraiment ce remake, ce sont les efforts apportés à l’écriture de certains personnages secondaires. Le développement d’Astrid et Snoutlout apporte de nouvelles dimensions aux dynamiques du récit sans jamais trahir son esprit.

Un remake donc inutile ? Pas forcément. Car même si le film n’invente rien, il approfondit avec intelligence, et offre aux fans une relecture plus mature de cette histoire de dragons, de famille, et d’amitié.

Mario Kart World

Achat : https://amzn.to/43M5m9e

Embarquez pour des courses effrénées autour du monde. Ensemble, où vous voulez, quand vous voulez.

La série Mario Kart franchit un nouveau cap avec Mario Kart World, titre de lancement événement de la Nintendo Switch 2. Fidèle à ses bases tout en se réinventant profondément, ce nouvel épisode propose une vision ambitieuse : un monde interconnecté, dynamique, où la course ne s’arrête jamais vraiment. Plus beau, plus fluide, plus vaste, plus multijoueur : Mario Kart World est un tourbillon de fun et de compétitivité qui mérite clairement son nom.


Une nouvelle philosophie du circuit

Fini les courses figées dans leur boucle. Dans Mario Kart World, les circuits sont reliés entre eux. On passe d’un tracé à l’autre sans transition, comme dans une grande carte vivante du Royaume Champignon. Exemple : la Coupe Champignon démarre sur le Circuit Mario Bros. avant d’enchaîner directement avec Trophéopolis, une métropole urbaine rutilante. Chaque course devient un segment d’un long voyage, et la topographie elle-même raconte une histoire.


24 pilotes, et personne ne reste derrière

Un record pour la série : 24 pilotes sur la ligne de départ. Le chaos est total, jouissif, géré à la perfection par les performances de la Nintendo Switch 2. Le framerate reste fluide même dans les situations les plus explosives, et le HDR fait briller les carapaces comme jamais.


Des modes inédits : Survie et Balade

Deux grands ajouts viennent dynamiter l’expérience :

  • Mode Survie : un sprint sous tension. À chaque point de passage, les derniers sont éliminés. Il ne suffit plus de gagner, il faut survivre. L’adrénaline grimpe à chaque tour, surtout dans le final, où les 4 derniers se battent pour la victoire.
  • Mode Balade : Mario Kart lève le pied. On explore, on admire les paysages, on collecte des pièces, on remplit des missions. Une manière apaisée de découvrir le monde du jeu, seul ou à plusieurs, avec même la possibilité de prendre des selfies en pleine course.

Des nouveautés de gameplay bien senties

Mario Kart World introduit une panoplie de nouvelles mécaniques :

  • Techniques : les sauts chargés permettent de franchir des obstacles ou de coller aux parois, façon parkour. Enchaînez-les pour découvrir des raccourcis secrets.
  • Objets : la fleur de glace fige les adversaires, le méga champignon vous rend géant, la plume acrobate permet d’esquiver en bondissant dans les airs, et les marteaux viennent percuter avec brutalité vos concurrents.
  • Personnages : des visages inattendus rejoignent la course — Goomba, Spike… et même une vache. Oui, une vache.

Multijoueur, GameChat et caméra : un Mario Kart social

  • Local : jusqu’à 4 joueurs en écran partagé sur une console, et jusqu’à 8 via le sans-fil local (2 joueurs par console max).
  • En ligne : affrontez des amis ou des inconnus dans tous les modes, avec un ajout majeur : GameChat. Discutez en vocal avec micro intégré, partagez vos écrans, et même vos visages si vous possédez la Camera Nintendo Switch 2 (vendue séparément). L’effet est saisissant, entre éclats de rire et provocations en direct.
  • Offre : GameChat est gratuit jusqu’au 31 mars 2026, puis nécessitera un abonnement Nintendo Switch Online.

Circuits : du neuf et du culte remixé

La diversité des tracés impressionne :

  • Nouveaux venus : Cinéma Boo, ambiance hantée et séquences en pleine obscurité ; Pic de l’observatoire, un parcours alpin ; Trophéopolis, circuit urbain flamboyant.
  • Anciens revisités : les classiques de Double Dash ou Mario Kart Wii font peau neuve avec textures HD, nouvelles routes et événements dynamiques.

Classé ‏ : ‎ 3 ans et plus Langue ‏ : ‎ Français Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 16,1 x 1 x 20,8 cm; 50 grammes Date de sortie ‏ : ‎ 5 juin 2025 Date de mise en ligne sur Amazon.fr ‏ : ‎ 1 avril 2025 ASIN ‏ : ‎ B0F3J9FTLC

Nintendo – Switch 2

Achat : https://amzn.to/4kzOTee

Jouez ensemble, où vous voulez, quand vous voulez !

Nintendo Switch 2 — L’évolution tant attendue de la console hybride

Six ans après la sortie de la première Switch, Nintendo revient en force avec un nouveau modèle qui promet de redéfinir l’expérience du jeu nomade. Plus qu’une simple mise à jour, la Nintendo Switch 2 marque une rupture technologique assumée, pensée pour répondre aux attentes d’une génération de joueurs toujours plus exigeante. Voici pourquoi cette nouvelle version pourrait bien faire date.


Un affichage spectaculaire, du creux de la main à l’écran géant

Premier choc visuel : la Switch 2 adopte un écran LCD de 7,9 pouces en 1080p, compatible HDR, et capable d’atteindre jusqu’à 120 images par seconde. En mode portable, les jeux prennent un nouveau souffle, plus lumineux, plus nets, plus fluides. En mode TV, grâce à une station d’accueil repensée, la console monte jusqu’en 4K*, pour un rendu digne des standards actuels.


Un design affiné, pensé pour le confort

La console se dote d’un support arrière ultra-solide inclinable jusqu’à 150°, idéal pour le jeu sur table. Côté mémoire, on passe à 256 Go en interne, de quoi stocker une ludothèque solide sans se soucier du manque d’espace. La lecture/écriture est aussi nettement accélérée, pour des chargements quasi instantanés.


Joy-Con 2 : la souris entre dans le jeu

Les nouvelles manettes Joy-Con 2 sont un des paris les plus intrigants de cette génération. Elles se fixent à la console via un connecteur magnétique puissant, mais peuvent aussi être utilisées à la manière d’une souris, grâce à un capteur optique placé sur la tranche. Posées sur une table ou les genoux, elles ouvrent la voie à de nouveaux types de gameplay — notamment dans les jeux de stratégie ou les interfaces créatives.


GameChat : jouer, parler, partager

Nintendo modernise sa dimension sociale avec GameChat, une fonctionnalité native qui permet de discuter en vocal tout en partageant son écran. Grâce à un micro intégré capable de capter la voix à distance (et de filtrer les bruits), les joueurs peuvent chatter librement, même à plusieurs. Le tout sans accessoire, sans appli tierce, et avec une option caméra (vendue séparément) pour ajouter votre visage à l’expérience. Une évolution naturelle mais bienvenue.


Un line-up ambitieux entre exclusivités et classiques réinventés

Au rayon jeux, la Switch 2 n’arrive pas les mains vides. Mario Kart World et Donkey Kong Bananza sont parmi les exclusivités promises, tandis que des titres multi-plateformes comme Cyberpunk 2077: Ultimate Edition ou Madden NFL profitent pleinement des capacités techniques de la machine. D’autres jeux cultes sont reliftés pour l’occasion, comme Super Mario Party Jamboree ou Civilization VII dans des éditions optimisées Switch 2.


Conclusion : une Switch pour demain

La Nintendo Switch 2 ne réinvente pas le concept de la console hybride, mais elle le pousse à son plus haut niveau. Elle conjugue puissance maîtrisée, innovations concrètes (écran HDR 120 FPS, Joy-Con souris, GameChat) et compatibilité avec les jeux existants. De quoi séduire les nouveaux venus comme les fidèles de la première heure.

WOODKID for Death STRANDING 2 12″ vinyl sleeve-jacket Woodkid

Achat : https://amzn.to/3FZLYwg

Pendant plus de trois ans, Woodkid a collaboré étroitement avec Hideo Kojima et les équipes de son studio Kojima Productions pour composer et produire la bande originale du jeu vidéo DEATH STRANDING 2: ON THE BEACH,

Pendant plus de trois ans, Woodkid a façonné une bande-son organique et visionnaire pour Death Stranding 2: On The Beach, en étroite collaboration avec Hideo Kojima. Conçue comme une extension sensible du gameplay, sa musique épouse l’évolution narrative du jeu, oscillant entre tension sourde et élévation lyrique.

Les morceaux phares, comme « To the Wilder » (avec Elle Fanning) ou « Any Love of Any Kind » (avec Bryce Dessner et le Suginami Junior Chorus), enveloppent le joueur dans une ambiance onirique et grave, où chaque note devient une passerelle vers l’intime. Enregistrées entre Tokyo, Paris et Los Angeles, ces 16 compositions (dont 5 inédites) incarnent le projet le plus immersif de l’artiste.

L’objet, quant à lui, est à la hauteur de l’univers Kojima : deux vinyles translucides logés dans un coffret métallique orné de visuels du jeu, avec un bandeau translucide qui affiche titres et crédits.

Une expérience sonore à la fois spectrale et viscérale, où chaque battement épouse l’empreinte du pas de Sam sur la plage du néant.

Fabricant ‏ : ‎ Masterworks Label ‏ : ‎ Masterworks ASIN ‏ : ‎ B0F9LR6LWL Pays d’origine ‏ : ‎ France

Les Guerres invisibles de Marina Lisa Komiya

Achat : https://amzn.to/3ZwSCAZ

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, dans un Tokyo en ruines et occupé par l’armée américaine, l’heure est à la survie et à la reconstruction.

Avec Les Guerres invisibles, Marina Lisa Komiya signe un premier roman puissant et incarné, où l’Histoire sert d’écrin à des trajectoires individuelles marquées par la souffrance, la résistance et l’amour. Le décor est celui d’un Tokyo en ruines, encore fumant des bombardements et sous occupation américaine. Mais ce n’est pas une guerre de fusils et de drapeaux que l’autrice raconte ici : ce sont celles, souterraines, que mènent celles et ceux qu’on empêche d’exister.

Quatre personnages, tous marginalisés – par leur nationalité, leur sexualité, leur identité de genre ou leurs origines – tentent de se frayer un chemin dans un monde qui les rejette. Ils se croisent, se cherchent, s’aiment, se blessent parfois, mais surtout, ils refusent de disparaître. À travers eux, Komiya explore la douleur du silence imposé, la complexité du désir, le poids des loyautés, et la violence des normes sociales – au Japon comme aux États-Unis.

Le style est à la fois sensible et maîtrisé, porté par une langue dense, souvent poétique, mais jamais décorative. Marina Lisa Komiya excelle dans l’art de faire ressentir ce qui se joue derrière les regards, les gestes retenus, les mots qu’on ne peut pas dire. Il y a dans ce roman une tension constante entre flamboyance intérieure et invisibilisation sociale.

Les Guerres invisibles est un roman choral, mais jamais confus. Chaque voix porte un souffle singulier, une colère contenue, une tendresse profonde. La dimension politique est là, bien sûr, mais elle n’écrase jamais le récit : elle l’habite, avec subtilité et justesse. C’est un roman qui parle autant de résistance que de vulnérabilité.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 18 juin 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 336 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203290579 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203290570

L’École des dragons sur la montagne de Ryoko Kui

Achat : https://amzn.to/3FUVEs1

Un héros est de retour dans son village, un ange s’interroge sur son orientation après le collège, les centaures triment comme chevaux de trait et, comme d’habitude, des dragons volent au-dessus de l’école.

Avec L’École des dragons sur la montagne, Ryoko Kui – autrice déjà culte propose un recueil de neuf récits où le merveilleux côtoie le trivial avec une grâce déconcertante. Ici, les dragons survolent les écoles, les centaures peinent dans un monde qui les traite comme bêtes de somme, un ange doute de sa vocation, et les héros revenus de guerre cherchent leur place dans un village qui ne les attendait pas vraiment.

C’est toute la magie de Ryoko Kui : prendre les codes de la fantasy pour en faire autre chose. Quelque chose de plus humain, de plus doux, parfois drôle, parfois mélancolique. Elle détourne les créatures et les mythes, non pour épater ou effrayer, mais pour interroger nos propres vies, nos choix, nos fatigues.

Le trait est net, expressif, précis. Chaque case respire l’intelligence et l’ironie, avec un sens du détail qui rend chaque univers pleinement crédible. Les récits sont courts, mais profonds ; ils tiennent en quelques pages et pourtant laissent une trace durable. Pas de longues sagas ici, mais des instantanés d’âmes, de pensées, d’êtres en marge ou en transition.

L’École des dragons sur la montagne n’est pas un recueil comme les autres. C’est une série de miroirs tendus vers nous, où l’on voit, derrière les plumes, les sabots ou les ailes, les questions très humaines que chacun porte : où vais-je ? Que vaut ce que je fais ? Suis-je à ma place ? Et comment vivre avec les autres, quand on est un peu… différent ?

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 18 juin 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 288 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203295554 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203295551

Les Années douces de HIROMI KAWAKAMI / JIRO TANIGUCHI

Achat : https://amzn.to/4l0CxfD

 » Siroter du saké, l’un à côté de l’autre, dans notre habituel troquet… C’est plutôt cela, notre style de rencontre.  » Tsukiko est une jeune célibataire attachée à son indépendance.

Avec Les Années douces, Jirô Taniguchi s’empare pour la première fois d’un récit centré sur une relation amoureuse, mais fidèle à son style, il en fait tout sauf une romance banale. Adaptant le roman intimiste et contemplatif de Hiromi Kawakami, il offre un manga d’une rare élégance, à la fois pudique, profond et infiniment mélancolique.

Tsukiko, une femme célibataire d’une trentaine d’années, mène une existence paisible et solitaire à Tokyo. Un soir, dans le petit bistrot où elle a ses habitudes, elle reconnaît un vieil homme qui lui semble familier. C’est son ancien professeur de japonais au lycée, qu’elle commence, presque par jeu, à appeler simplement « le Maître ». Ils se croisent, puis se recroisent. Lentement, sans qu’aucun d’eux ne le décide, leurs rencontres deviennent régulières. Le lien se tisse dans le creux des habitudes : partager un plat, commenter un saké, se promener au marché ou sous les cerisiers en fleur.

Ce qui fait la force de ce récit, c’est la lenteur assumée de la relation, la façon dont le quotidien se fait le vecteur d’un attachement d’abord imperceptible. Pas de drame, pas de rebondissements : Les Années douces est un récit de surface tranquille, mais aux courants émotionnels profonds.

Taniguchi et Kawakami composent un duo de personnages profondément humains et touchants. Tsukiko est une héroïne atypique : elle n’est ni particulièrement belle ni extravertie. Elle est rêveuse, parfois maladroite, souvent perdue dans ses pensées. Le Maître, lui, est tout en retenue, d’un raffinement suranné, presque hors du temps. Leur lien repose sur la pudeur, l’attention aux détails, la cohabitation silencieuse des solitudes. C’est une forme d’amour que l’on ne lit pas souvent : celui qui s’insinue, avec le respect du temps, des silences, de la distance.

Jirô Taniguchi déploie ici tout son art de la narration silencieuse. Son dessin est sobre, clair, réaliste, presque photographique dans sa capacité à capter la lumière d’un lieu, la texture d’un plat, le vent qui fait voler un manteau. Chaque case semble suspendue dans le temps. Les visages parlent avec peu, mais tout y est : la gêne, le trouble, la douceur, le regret.

Il donne à voir un Tokyo sans fard, entre immeubles fades et ruelles familières, où l’on ressent chaque saison, chaque rituel. Le découpage lent, contemplatif, installe une atmosphère feutrée, à l’image du lien qui se crée entre les deux personnages. Le lecteur est invité à ralentir, à observer, à ressentir sans que l’histoire ne dise tout.

Les Années douces interroge aussi la différence d’âge, la solitude en ville, et les formes discrètes de l’amour qui ne se vivent pas comme des passions brûlantes mais comme une présence, une fidélité du cœur. C’est un manga sur le temps qui passe, sur ce que l’on n’a pas dit mais qu’on aurait voulu, sur l’amour tardif, celui que l’on reconnaît une fois qu’il s’en va.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 18 juin 2025 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 432 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203281634 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203281639

Beowulf de J. R. R.Tolkien

Achat : https://amzn.to/3FYzg0R

La traduction par Tolkien du plus vieux récit épique de la littérature anglaise.

Les quatre textes réunis ici, dont la parution a été longtemps attendue, nous offrent un tableau remarquable d’un poème et d’un héros qui furent une source d’inspiration majeure pour J.R.R. Tolkien.

Bien avant que Frodo ne porte l’Anneau ou que Gandalf ne chevauche les ombres, J.R.R. Tolkien se penchait sur un autre mythe fondateur : celui de Beowulf, le plus ancien poème épique de la littérature anglaise. Avec cette traduction longtemps inédite, le lecteur plonge dans les racines profondes de l’imaginaire tolkienien – un monde de monstres, de dragons, de héros solitaires et de royaumes oubliés.

Tolkien, philologue avant d’être romancier, livre ici bien plus qu’une simple traduction en prose. Il redonne souffle et chair au texte originel, tout en respectant la sobriété rugueuse de la langue vieil-anglaise. Sous sa plume, Beowulf n’est pas seulement un guerrier mythique doté de la force de trente hommes : il devient un homme confronté à sa propre finitude, luttant contre les ténèbres extérieures comme contre l’écho de la mort.

L’ouvrage s’enrichit de commentaires passionnants, érudits mais accessibles, où l’on découvre la vision intime que Tolkien portait sur le texte : son admiration pour sa structure dramatique, sa mélancolie profonde, et ses valeurs de loyauté, d’honneur et de tragique grandeur. Sellic Spell, le « récit merveilleux » qu’il imagine pour reconstituer la légende d’origine, vient compléter ce travail d’explorateur littéraire, tout comme les versions bilingues du Lai de Beowulf.

L’ensemble est un véritable trésor pour tout amateur de Tolkien, de littérature médiévale ou de mythes. Car lire Beowulf par Tolkien, c’est un peu comme remonter la lignée des héros : on y entend les échos de ce qui deviendra plus tard Le Seigneur des Anneaux, mais on y goûte surtout une pureté brute, l’essence même de l’épopée.

Éditeur ‏ : ‎ Pocket Date de publication ‏ : ‎ 5 juin 2025 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 464 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266344862 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266344869

Les Enquêtes du département V : promessee Ole Christian Madsen Avec Ulrich Thomsen, Sofie Torp, Afshin Firouzi

Achat : https://amzn.to/3FUsSaT

Le détective Carl Mørck envoie Rose (sa jeune collègue du département Q) sur l’île danoise isolée de Bornholm pour répondre aux demandes répétées de son ancien collègue Christian Habersaat.

Dans ce cinquième opus des Enquêtes du département V, Ole Christian Madsen livre un polar nordique sombre et maîtrisé, fidèle à l’univers rugueux et énigmatique de Jussi Adler-Olsen. Exit le binôme classique : ici, c’est Rose – interprétée avec intensité par Sofie Torp – qui prend le relais en éclaireuse, envoyée sur l’île de Bornholm pour répondre à l’appel désespéré d’un ex-policier au bord du gouffre.

Le décor – une île danoise battue par les vents – devient rapidement un personnage à part entière. Lorsque Carl Mørck (Ulrich Thomsen, taiseux et glaçant à souhait) et Assad le rejoignent, l’enquête prend une tournure plus personnelle et inquiétante : une adolescente retrouvée pendue à un arbre, des témoins silencieux, et une communauté qui garde ses secrets derrière des sourires figés.

La mise en scène de Madsen joue habilement sur les codes du thriller nordique : paysages brumeux, tension sourde, silences lourds de sens. Mais Promesse creuse aussi le terrain psychologique, notamment à travers Rose, dont les fêlures personnelles viennent se mêler à la noirceur de l’affaire.

L’intrigue, à la fois policière et existentielle, interroge la fidélité, la responsabilité, les non-dits qui pourrissent lentement les âmes. Le trio fonctionne avec une sobriété efficace, porté par une direction d’acteurs précise et une photographie glacée qui renforce l’atmosphère oppressante.

Promesse mise avant tout sur l’atmosphère et la psychologie des personnages, ménageant un crescendo émotionnel, comme en témoignent cette image et ce son. Pour les amateurs de tension psychologique et d’esthétique nordique, l’expérience promet d’être marquante.

Classé ‏ : ‎ 12 ans et plus Dimensions du colis ‏ : ‎ 19,4 x 13,8 x 1,7 cm; 100 grammes Audio description : ‏ : ‎ Français Réalisateur ‏ : ‎ Ole Christian Madsen Format ‏ : ‎ PAL Durée ‏ : ‎ 2 heures et 1 minute Date de sortie ‏ : ‎ 4 juin 2025 Acteurs ‏ : ‎ Ulrich Thomsen, Sofie Torp, Afshin Firouzi, Hedda Stiernstedt, Joachim Fjelstrup Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1), Danois (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ Warner Bros. Entertainment France ASIN ‏ : ‎ B0F2BC8K6M

Dis-Moi Juste Que tu m’aimes avec Omar Sy Élodie Bouchez de Anne Le Ny

Achat https://amzn.to/3ZRcejt

Au bout de quinze ans de mariage, une crise met à l’épreuve l’union de Julien et Marie. Dans le couple, cette dernière a toujours été celle qui aimait le plus, aussi, au moment où Anaëlle, le grand amour de jeunesse de son mari Julien, réapparait dans le paysage, Marie panique.

Avec Dis-Moi Juste Que Tu M’aimes, Anne Le Ny livre un drame conjugal à double tranchant, entre finesse psychologique et glissement vers le thriller intime. Porté par un duo magnétique – Omar Sy, en mari rattrapé par ses fantômes, et Élodie Bouchez, bouleversante de vulnérabilité – le film ausculte avec une acuité douloureuse les failles d’un amour usé.

Julien et Marie, mariés depuis quinze ans, traversent une tempête silencieuse. Lorsque réapparaît Anaëlle, l’amour de jeunesse de Julien, les certitudes vacillent, les rancunes remontent, et Marie, celle qui a toujours aimé « plus fort », s’enfonce dans une spirale d’insécurité. Sa fuite dans les bras de Thomas, son nouveau patron au charme trouble, semble d’abord une tentative de revanche, avant de virer à la dérive émotionnelle. Jusqu’à l’irréparable.

Anne Le Ny, en scénariste habile, installe une tension douce mais implacable, où chaque regard, chaque silence, creuse le fossé entre les personnages. La mise en scène, sobre et élégante, laisse toute la place au jeu des acteurs. Omar Sy, tout en intériorité, déploie une gravité inattendue, tandis qu’Élodie Bouchez incarne avec brio la douleur sourde de celle qui doute d’elle-même.

Le film touche par ce qu’il dit des déséquilibres amoureux, du besoin d’être vu, reconnu, désiré – et de ce que l’on risque quand ce manque devient gouffre. Sans manichéisme, Dis-Moi Juste Que Tu M’aimes interroge aussi les zones grises du consentement et les violences symboliques. Car si Marie se perd, c’est aussi parce qu’un homme toxique a su s’immiscer dans ses failles.

Un drame intimiste et glaçant, où l’on passe sans prévenir de la tendresse à la menace. Et un film qui, sous ses airs feutrés, laisse une brûlure durable.

L’image – un poster à la fois élégant et chargé de tension – montre Omar Sy (Julien) dos à Élodie Bouchez (Marie). Le cadrage révèle une distance émotionnelle : lui regarde ailleurs, tandis qu’elle semble submergée, son regard baissé évoquant la nostalgie et la peur. Les couleurs sont froides, presque désaturées, suggérant une atmosphère de tension et d’incertitude dans un couple usé

La bande‑son, signée Benjamin Esdraffo, joue un rôle essentiel : elle capte les émotions intimes du film. On peut notamment écouter « Générique début », « L’Invitation » ou « L’Hôtel de charme » des titres qui portent tour à tour la douceur, la montée de tension et l’oppression émotionnelle ressenties par Marie et Julien La musique évolue avec les personnages : de la mélancolie lancinante au crescendo angoissant, elle sert magnifiquement la narration et amplifie la glissade vers le thriller.

  • Classé ‏ : ‎ Tous publics
  • Réalisateur ‏ : ‎ Anne Le Ny
  • Format ‏ : ‎ PAL
  • Durée ‏ : ‎ 1 heure et 47 minutes
  • Date de sortie ‏ : ‎ 19 juin 2025
  • Acteurs ‏ : ‎ Omar Sy, Élodie Bouchez, Vanessa Paradis, José Garcia, Marie Ayissi
  • Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1)
  • Studio  ‏ : ‎ M6 Vidéo
  • ASIN ‏ : ‎ B0DXWZWL75