The Junction de Norm Konyu

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Lucas Jones réapparaît sur le pas de la porte de son oncle, dans sa ville natale de Medford, après 12 ans d’absence. La joie des retrouvailles laisse rapidement place aux doutes et au mystère.

Avec The Junction, Norm Konyu confirme magistralement la singularité de son univers et s’impose, après Downlands, comme l’un des auteurs les plus troublants et sensibles du roman graphique contemporain.

Le point de départ est d’une simplicité désarmante, presque banale : Lucas Jones réapparaît un jour sur le pas de la porte de son oncle, dans la petite ville de Medford, après douze années d’absence. Mais très vite, l’évidence se fissure. Lucas n’a pas vieilli. Il a toujours 11 ans. Son père, disparu le même jour que lui, reste introuvable. Et surtout, l’enfant est muré dans un silence inquiétant. À partir de là, The Junction déploie une enquête à la fois rationnelle et profondément métaphysique, menée par un inspecteur et une psychologue qui tentent de recomposer l’irreprésentable à partir d’indices fragmentaires : quelques Polaroids et un journal intime.

C’est dans ce carnet que le récit bascule pleinement. Lucas y décrit Kirby Junction, une ville hors du temps où les maisons surgissent sans prévenir, où les habitants attendent indéfiniment un train qui n’arrive jamais. Norm Konyu orchestre avec une grande finesse cette narration gigogne, faisant dialoguer le présent de l’enquête et l’univers mental – ou surnaturel – du journal. Plus l’histoire avance, plus la frontière entre réel, souvenir et imaginaire devient poreuse, jusqu’à troubler profondément le lecteur.

Derrière son vernis fantastique, The Junction est avant tout un récit sur la perte, le deuil et l’impossibilité de faire son deuil. Comme dans Downlands, Konyu s’intéresse à ce moment suspendu où l’absence devient une présence obsédante, où l’on reste bloqué à un carrefour émotionnel sans parvenir à avancer. La ville de Kirby Junction apparaît alors comme une métaphore saisissante : celle d’un lieu où l’on attend, où l’on refuse le mouvement, où le temps s’est arrêté pour ne pas affronter la douleur.

Graphiquement, Norm Konyu déploie une patte immédiatement reconnaissable. Son dessin épuré, presque enfantin en apparence, est traversé par une inquiétante étrangeté. Les décors semblent à la fois familiers et décalés, les visages figés dans une mélancolie sourde. La mise en page, très maîtrisée, joue sur les silences, les répétitions et les ruptures, renforçant cette sensation de malaise diffus. Chaque page contribue à installer une atmosphère à la fois douce et oppressante.

Les influences revendiquées – Twin Peaks, le cinéma de Spielberg des années 80 – ne sont jamais plaquées. Elles nourrissent un imaginaire personnel, teinté d’un absurde très britannique, qui donne à The Junction une tonalité unique. Le fantastique n’y est jamais démonstratif : il surgit par touches, comme un symptôme de blessures enfouies.

Œuvre lente, mélancolique et profondément émotive, The Junction touche juste par sa retenue et sa capacité à évoquer l’indicible. Norm Konyu signe ici un roman graphique d’une grande maturité, aussi déroutant que bouleversant, qui confirme son talent pour raconter l’absence, le manque et ces zones floues où l’enfance, le souvenir et la perte se confondent. Une lecture marquante, qui continue de résonner longtemps après la dernière page.

Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD Date de publication ‏ : ‎ 21 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 176 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2344069720 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344069721

Sibylline, chroniques d’une escort girl de Sixtine Dano

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À tout juste 19 ans, Raphaëlle ressemble à toutes les jeunes filles de son âge.

À 19 ans, Raphaëlle semble être une jeune fille ordinaire, fraîchement arrivée à Paris pour ses études d’architecture. Entre les cours, les nuits blanches à travailler sur ses maquettes, et les soirées à refaire le monde avec ses amis, elle partage les préoccupations de beaucoup de jeunes adultes. Mais sous cette apparence banale, Raphaëlle cache un secret : certains soirs, elle devient Sibylline, une escort girl qui se glisse dans les draps d’hôtels parisiens et récolte des billets verts.

Avec son premier roman graphique, Sixtine Dano crée la surprise et offre une oeuvre à la fois intime et puissante. À travers l’élégance de l’encre et du fusain, l’autrice explore des thèmes profonds et actuels : le passage de l’enfance à l’âge adulte, les questionnements existentiels qui marquent cette période charnière de la vie, mais aussi les rapports de pouvoir dans une société où le patriarcat et le capitalisme façonnent les individus et leurs choix.

Sibylline n’est pas qu’un simple récit d’une jeune fille qui se cherche ; c’est une réflexion sur la féminité et ses multiples facettes, un portrait moderne de l’émancipation dans un monde où les jeunes femmes, souvent contraintes de naviguer dans des systèmes d’exploitation et de domination, tentent de s’approprier leur destin. Sixtine Dano parvient à rendre ce processus à la fois douloureux et émancipateur, tout en restant profondément humaine.

Au-delà de son aspect intime, ce roman graphique se veut aussi politique : il interroge le rôle des femmes dans la société contemporaine et l’impact de la culture du capitalisme sur leur indépendance et leur sexualité. C’est dans cette tension entre le désir de liberté et les contraintes imposées que Sibylline trouve toute sa force.

Sixtine Dano, avec une maîtrise parfaite du dessin et du scénario, parvient à transcrire avec une grande finesse l’évolution de son personnage principal, en mettant en lumière les conflits intérieurs de Raphaëlle face à un monde qui ne lui laisse que peu d’options. le récit est intense, poignant, et l’illustration magnifique, ajoutant une dimension visuelle à une réflexion qui est loin de se limiter à l’anecdote.

Sibylline est un roman graphique moderne et nécessaire, qui ne laisse pas indifférent. Une pépite graphique qui offre bien plus qu’une simple histoire : une réflexion sur les défis, les choix et les luttes que les femmes doivent affronter pour s’émanciper dans une société inégale. À découvrir sans hésiter.

Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD Date de publication ‏ : ‎ 29 janvier 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 264 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2344060049 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344060049

L’Abriparapluie de Aurélie Castex

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Il pleut dans le jardin. Mais heureusement, Elias a un parapluie. Un grand parapluie ouvert sur le monde, prêt à accueillir tous ceux qui en ont besoin.

Avec L’Abriparapluie, Aurélie Castex signe un album d’une grande douceur, qui parle aux enfants avec simplicité et touche les adultes par sa profondeur symbolique.

Sous une pluie fine, presque musicale, Elias ouvre son parapluie. Un geste anodin, presque instinctif. Pourtant, ce parapluie devient bien plus qu’un objet : il se transforme en espace de refuge, en lieu de rencontre, en promesse d’accueil. Autour de lui se rassemblent peu à peu des animaux que l’on a l’habitude de craindre ou d’éviter : la mouffette, le hérisson, l’ours, le loup… Tous trouvent place sous cette toile ouverte sur le monde, sans condition ni jugement.

Le récit, à hauteur d’enfant, aborde avec une grande justesse des thèmes essentiels : la peur de l’autre, la différence, l’exclusion, mais surtout la force des gestes simples. Offrir un abri, c’est reconnaître l’autre, lui faire une place, créer du lien. Sans jamais être démonstratif, l’album montre comment la solidarité naît naturellement lorsque l’on accepte de partager.

Visuellement et narrativement, chaque page agit comme un cocon. La forêt humide devient un espace chaleureux, presque intime. On ressent la pluie, le bruissement des feuilles, la proximité des corps, jusqu’à cette sensation très forte de communauté improvisée, fragile mais sincère. La progression des scènes mène doucement de l’abri à la fête, de la crainte à la confiance.

L’Abriparapluie est un album lumineux, profondément humaniste, qui invite à regarder autrement celles et ceux que l’on rejette trop vite. Un livre précieux pour ouvrir le dialogue avec les enfants sur l’accueil, la tolérance et l’empathie, et rappeler, avec une grande délicatesse, que l’hospitalité commence parfois par un simple parapluie ouvert sous la pluie

ASIN ‏ : ‎ B0FRDKFXH5 Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 6 février 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 40 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023522433

Connemara avec Mélanie Thierry (Acteur), Bastien Bouillon (Acteur) de Alex Lutz (Réalisateur)

Issue d’un milieu modeste, Hélène a quitté depuis longtemps les Vosges. Aujourd’hui, elle a la quarantaine. Un burn-out brutal l’oblige a quitter Paris, revenir là où elle a grandi, entre Nancy et Epinal.

Adapté du roman Connemara, Connemara marque une nouvelle étape dans le cinéma d’Alex Lutz, qui délaisse ici la verve comique pour une mise en scène feutrée, presque pudique, au service d’un récit profondément mélancolique.

Hélène, incarnée avec une justesse bouleversante par Mélanie Thierry, a quitté depuis longtemps les Vosges, son milieu modeste et ses rêves de jeunesse. À la quarantaine, un burn-out brutal la contraint à abandonner Paris et à revenir « là d’où elle vient », entre Nancy et Épinal. Elle y retrouve une forme de stabilité : un travail, une maison, une qualité de vie rassurante. Et pourtant, quelque chose manque.

Un soir, sur le parking impersonnel d’un restaurant franchisé, le passé surgit sous les traits de Christophe Marchal, ancien hockeyeur adulé des années lycée, aujourd’hui interprété par Bastien Bouillon. Ce visage familier ravive un désir enfoui, une promesse jamais formulée. Leur liaison, inattendue et fragile, devient le cœur battant du film : la rencontre de deux trajectoires qui se sont éloignées, de deux France qui ne se comprennent plus tout à fait mais rêvent encore, l’espace de quelques instants, de s’aimer.

Alex Lutz filme cette idylle sans emphase, avec une infinie délicatesse. Les silences comptent autant que les mots, les regards disent plus que les aveux. La mise en scène privilégie les cadres simples, les paysages des Vosges baignés d’une lumière douce, comme suspendue. Chaque plan semble chargé d’un poids invisible : celui des choix passés, des renoncements et des vies parallèles que l’on n’a pas vécues.

Connemara n’est pas seulement une histoire d’amour tardive ; c’est le portrait d’une génération confrontée à ses désillusions, à la violence sociale feutrée, à l’écart grandissant entre les origines et la réussite supposée. À fleur de pellicule, le film capte ce moment précis où l’on comprend que vivre, parfois, consiste à apprendre à survivre à ses propres rêves.

Une œuvre sensible, mélancolique, profondément humaine, qui laisse longtemps résonner en nous l’écho de ce qui aurait pu être.

🎥 Image

Le master vidéo se montre globalement solide. La définition est précise, avec un rendu fidèle des paysages vosgiens et des décors du quotidien, souvent filmés dans des teintes naturelles et légèrement désaturées.
Le grain cinéma est bien respecté, sans lissage excessif, ce qui conserve à l’image sa texture organique. Les contrastes sont maîtrisés, même dans les nombreuses scènes en lumière douce ou crépusculaire, chères à la mise en scène d’Alex Lutz. Les noirs restent stables, jamais bouchés, et les visages – essentiels dans ce film de regards et de silences – bénéficient d’un très beau rendu.


🔊 Son

La piste sonore (VF) fait le choix de la discrétion, en parfaite adéquation avec le ton du film. Les dialogues sont clairs, bien centrés, et jamais écrasés par la musique ou les ambiances.
Le mixage met en valeur les silences, les respirations, les bruits de fond du quotidien (parking, intérieurs, paysages), renforçant cette impression de réel et d’intimité. La musique, utilisée avec parcimonie, s’intègre harmonieusement à l’ensemble sans chercher à surligner l’émotion. Un travail subtil, qui privilégie l’écoute attentive plutôt que l’effet.


🎁 Bonus – Interview d’Alex Lutz (6 min)

Seul bonus de cette édition, mais non des moindres : une interview d’environ six minutes d’Alex Lutz.
Le réalisateur y revient avec beaucoup de sincérité sur son rapport au roman de Nicolas Mathieu, sur son désir de filmer les « vies ordinaires » sans les juger, et sur la dimension profondément sociale et intime de Connemara. Lutz évoque également son approche de la mise en scène, son travail avec les comédiens et l’importance des non-dits. Un complément court mais éclairant, qui prolonge intelligemment le film et en affine la lecture.

Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 13,5 x 1 x 17,5 cm; 90 grammes Audio description : ‏ : ‎ Français Réalisateur ‏ : ‎ Alex Lutz Format ‏ : ‎ PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 50 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 14 janvier 2026 Acteurs ‏ : ‎ Bastien Bouillon, Clémentine Célarié, Eliot Giraud, Jacques Gamblin, Mélanie Thierry Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ Studiocanal ASIN ‏ : ‎ B0FVN9WJ32

Unfamiliar Saison 1 : Explication de la fin !

Qui est la taupe ? Quelle vérité est cachée à Nina ?
⚠️ Spoilers

Disponible sur Netflix, Unfamiliar s’inscrit dans la lignée des thrillers allemands soignés qui ont fait la réputation de la plateforme. En six épisodes denses, la série mêle espionnage, drame familial et secrets enfouis, avec en toile de fond une réflexion sur l’identité et les mensonges construits par amour. Un exercice solide, porté notamment par un visage familier aux fans de Dark, souvent citée comme la référence absolue du genre.

La révélation centrale : la taupe était Ben

Le final de la saison 1 révèle que Ben, récemment arrivé pour remplacer Gregor, était en réalité la taupe au sein du BND. Julika, analyste brillante mais émotionnellement fragilisée, comprend progressivement qu’une infiltration est à l’œuvre, notamment après que Josef a réussi à localiser la planque de Gregor.

Pour détourner les soupçons, Ben orchestre une manipulation méthodique visant Alice, agente du BND et compagne de Julika. Profitant de son russe approximatif et de sa présence lors de l’affrontement entre Josef, ses hommes, Simon et Meret, il suggère qu’Alice pourrait être compromise. Amoureuse, Julika refuse d’abord d’y croire, avant d’admettre que le doute est possible.

Alice tente de se défendre : si elle n’a pas tiré, c’est faute de renforts. Julika n’étant pas une agente de terrain, elle ne pouvait pas l’épauler sans risque. Trop tard. Ben assassine Alice et maquille son meurtre en suicide. La série reste volontairement floue sur la méthode, Ben admettant simplement que l’opération n’a pas été simple.

Simon et Meret face à leur passé

Dans le même temps, Simon et Meret affrontent Josef et ses hommes lors d’une opération qui tourne mal. Simon est grièvement blessé. Leur fille Nina, laissée dans l’ignorance, attend ses parents sur un parking, accompagnée de Katya. Avant de disparaître, Meret lui a confié une clé USB contenant la vérité.

Inquiète, Nina visionne la vidéo et découvre que ses parents sont d’anciens agents secrets, loin de la vie ordinaire qu’ils lui ont toujours présentée. Un détail majeur reste toutefois absent : son adoption. La vidéo, enregistrée six ans plus tôt, ne mentionne ni la Biélorussie ni Katya, que Meret croyait morte à l’époque.

Katya, la vérité et la trahison finale

Sur le point de révéler à Nina qu’elle est sa mère biologique, Katya est interrompue par l’arrivée de Simon et Meret. À l’hôpital, Meret supplie Katya d’attendre le « bon moment ». Mais Katya refuse désormais de se taire.

Dans la dernière séquence de Unfamiliar, elle contacte Julika et lui fait une proposition radicale : livrer la localisation de Simon et Meret en échange d’un passage sûr pour elle et Nina. Épuisée par les demi-vérités, Katya choisit de forcer le destin, quitte à trahir ceux qui ont élevé son enfant. Nina, au centre de ce jeu d’adultes, reste totalement inconsciente de ce qui se trame autour d’elle.

Une conclusion amère et introspective

Après son hospitalisation, Simon est opéré de son anévrisme et son état s’améliore. Meret entrevoit enfin une issue : quitter Berlin et recommencer ailleurs. Mais Simon est rongé par la culpabilité. Seize ans plus tôt, il a volé l’enfant d’une autre femme pour sauver son mariage. Il finit par l’admettre : cette décision, prise par peur de perdre Meret, était une erreur irréparable.

La saison 1 de Unfamiliar se conclut ainsi sur une tension morale forte, sans résolution nette. Entre espionnage et tragédie intime, la série rappelle que certains secrets, même dissimulés par amour, finissent toujours par réclamer leur dû. Une fin sombre, prometteuse, et ouverte vers une saison 2 où la vérité pourrait enfin éclater.

La Défense Lincoln – Saison 4 : explication de la fin

Qui a tué Sam Scales et pourquoi Mickey a-t-il été piégé ?
⚠️ Spoilers

Disponible sur Netflix, La Défense Lincoln conclut sa saison 4 sur un final dense et politique, où vérité judiciaire, manipulation institutionnelle et enjeux de réputation s’entremêlent étroitement autour de Mickey Haller.

Un piège minutieusement orchestré

La saison s’ouvre sur un choc : le corps de Sam Scales est retrouvé dans le coffre de la mythique Lincoln de Mickey, lors d’un contrôle de routine mené par l’agent Collins. Immédiatement accusé, Mickey est incarcéré et se retrouve au cœur de l’affaire la plus personnelle et la plus dangereuse de sa carrière.

Avec l’aide de Lorna, il tente d’abord de faire face à la procureure Dana, surnommée « Death Row Dana ». Mais la pression judiciaire et l’épuisement de Lorna finissent par fragiliser leur défense. C’est alors que Maggie revient dans l’équation, renforçant l’équipe au moment crucial du procès.

Les éléments factuels établissent rapidement que Sam a été abattu dans le garage de Mickey, alors que celui-ci se trouvait chez lui. Son corps a ensuite été dissimulé dans la voiture afin de faire croire à une tentative d’élimination du cadavre dans le désert. Une mise en scène presque parfaite, déjouée uniquement par une plaque d’immatriculation manquante.

Le véritable coupable : une vengeance déguisée

Pour prouver son innocence, Mickey doit identifier le véritable meurtrier et le mobile. L’enquête révèle un lien décisif entre Sam Scales et Alex Garizian, figure de la pègre arménienne déjà connue de Mickey.

Garizian était à la tête d’une vaste escroquerie baptisée Bleeding the Beast, via sa société Biogreen. Le système reposait sur des subventions fédérales pour du biocarburant fictif : les mêmes barils étaient simplement réétiquetés et recyclés pour simuler une production inexistante. Sam, chauffeur routier impliqué dans l’opération, a commencé à détourner de l’argent à son profit.

Lorsque Garizian découvre la trahison, il saisit l’occasion idéale pour régler deux comptes à la fois. Sam est exécuté, et Mickey — déjà responsable de pertes financières pour Garizian lors du procès Lisa Trammel — est choisi comme coupable idéal. Le meurtre devient une arme de vengeance.

Le rôle trouble du FBI

Alors que Mickey et son équipe reconstituent patiemment le puzzle, le FBI intervient en coulisses. Les agents expliquent au procureur général que Mickey est innocent, mais surtout que son procès menace une enquête fédérale de longue haleine sur Biogreen. Si Mickey appelle le FBI à la barre, l’opération s’effondre.

Sous pression, les poursuites sont abandonnées. Mais Mickey refuse une victoire en demi-teinte. Être libéré ne suffit pas : il veut laver son nom publiquement. Il exige alors que Dana organise une conférence de presse affirmant clairement son innocence, afin de restaurer sa réputation, celle de son cabinet et de sa famille.

Un twist final majeur

Dans les toutes dernières minutes de la saison, Mickey croise une femme mystérieuse à l’épicerie, interprétée par Cobie Smulders. Visiblement désireuse de lui parler mais tétanisée par la peur, elle finit par lui sauver la vie dans un parking… avant de révéler sa véritable identité : elle est sa sœur.

Si la série suit les romans de Michael Connelly, elle serait sa demi-sœur, partageant le même père que Mickey. Dans les livres, Mickey Haller est notamment lié à Harry Bosch — un personnage absent de la série pour des raisons de droits. Cette nouvelle sœur pourrait donc devenir une solution narrative pour contourner cette absence.

Une transition vers la saison 5

La saison 5, déjà confirmée, adaptera Resurrection Walk. Dans les romans, cette intrigue repose sur une collaboration étroite entre Mickey Haller et Harry Bosch. Dans la série, la sœur secrète introduite en fin de saison pourrait reprendre ce rôle d’enquêtrice, ouvrant une nouvelle dynamique prometteuse.

Avec ce final, La Défense Lincoln boucle un arc narratif sombre et tendu, tout en préparant un renouveau narratif ambitieux. Une conclusion à la fois politique, intime et stratégiquement ouverte.

Anaon – Saison 1 : explication de la fin

Diffusée sur France 2, Anaon s’impose dès ses premiers épisodes comme une proposition singulière dans le paysage des séries françaises. En mêlant thriller surnaturel et drame familial, la minisérie ancre son récit dans une Bretagne contemporaine où le réel dialogue avec l’invisible, sans jamais céder à l’esbroufe spectaculaire.

Au cœur de ces six épisodes, Max, major de gendarmerie interprété par Guillaume Labbé, tente de se reconstruire après la mort de sa femme dans un incendie. Chargé d’enquêter sur la disparition inexpliquée d’une lycéenne dans le village de Harz, il se heurte à une réalité qui dépasse peu à peu le cadre rationnel. En parallèle, sa fille Wendie (Capucine Malarre), adolescente en rupture et en quête de repères, voit émerger en elle des capacités surnaturelles incontrôlables. Avec ses amis, elle est confrontée à des visions inquiétantes liées aux anaon, ces âmes errantes issues du folklore breton.

Une révélation intime plutôt qu’un monstre à abattre

La fin de la saison 1 révèle que l’entité qui terrorise Harz n’est pas un ennemi extérieur à vaincre, mais la manifestation collective d’âmes en peine piégées par un rituel ancien mal refermé. Ces anaon ont été réveillés par des deuils non résolus, des douleurs enfouies, dont celle de Max, encore prisonnier de la perte de sa femme.

Wendie comprend alors qu’elle est devenue, malgré elle, le réceptacle de cette fracture entre les mondes. Dans un climax tendu au cœur des Monts d’Arrée, elle accomplit un sacrifice symbolique : elle ne meurt pas, mais renonce à une part d’elle-même afin de refermer la brèche. Guidant les âmes vers l’apaisement avec l’aide de ses amis et de Sarah, figure druidique du groupe, elle libère les victimes plongées dans un étrange coma — y compris l’adolescente disparue au début de la série.

Un deuil transformé, pas effacé

Confronté de plein fouet au surnaturel, Max abandonne enfin son déni. Ayant frôlé la mort, il accepte l’existence de l’invisible et rejoint sa fille dans cette réalité nouvelle. Leur étreinte finale scelle une réconciliation silencieuse : le deuil demeure, mais il n’est plus un obstacle entre eux.

La série s’achève sur une note douce-amère. Wendie conserve une trace infime de ses pouvoirs — un éclat furtif dans son regard face à la mer — laissant entendre que la frontière entre les mondes reste fragile. Le rituel final, enveloppé par la brume de Huelgoat, privilégie l’intime au spectaculaire : aucun affrontement grandiloquent, mais un geste de transmission et de réparation.

La dernière image, celle de Max et Wendie marchant côte à côte sur une plage bretonne au crépuscule, résume parfaitement l’esprit de Anaon. Une fin ouverte, mélancolique et lumineuse à la fois, où le deuil se transforme en lien plutôt qu’en poison. Une conclusion élégante, fidèle à l’ADN de cette fable fantastique ancrée dans les terres et les silences de la Bretagne.

Anaon Avec Guillaume Labbé, Capucine Malarre, Eugénie Derouand

Veuf depuis un mois, Max, major de la gendarmerie de Harz en Bretagne, est chargé d’enquêter sur la disparition mystérieuse d’une adolescente

Avec Anaon, la fiction française s’aventure avec une belle audace sur le terrain du fantastique intime, ancré dans un territoire fort : la Bretagne, ses légendes, ses brumes et son folklore inquiétant. La série tisse habilement un récit à double regard, entre enquête policière et éveil surnaturel, porté par une émotion constamment à fleur de peau.

Veuf depuis un mois, Max, major de la gendarmerie, est interprété avec une sobriété poignante par Guillaume Labbé. Chargé d’élucider la disparition d’une adolescente dans la petite ville de Harz, il s’enfonce dans une affaire qui semble d’abord relever du crime en série. Mais très vite, le réel se fissure. En parallèle, sa fille Wendie, incarnée avec justesse par Capucine Malarre, tente de survivre à son deuil et à une adolescence brutalement fragilisée. Autour d’elle, les événements se font de plus en plus troublants, presque menaçants.

La grande force d’Anaon réside dans ce jeu de miroirs entre le père et la fille. Tandis que Max s’accroche à la rationalité de son métier, Wendie découvre que quelque chose d’anormal est à l’œuvre — et surtout en elle. Des pouvoirs qu’elle ne comprend pas encore, qu’elle cache, et qui semblent liés à un folklore local ancien, sombre, profondément enraciné dans la terre bretonne. Le surnaturel n’est jamais gratuit : il agit comme une métaphore du deuil, des non-dits, de la transmission et de la peur de perdre ceux qu’on aime.

La série excelle aussi dans son atmosphère : une Bretagne filmée comme un personnage à part entière, entre forêts opaques, villages silencieux et légendes murmurées. La mise en scène privilégie la tension diffuse plutôt que l’effet choc, laissant planer une inquiétude constante. À leurs côtés, Eugénie Derouand apporte une densité supplémentaire à cet univers où chacun semble porter ses propres secrets.

Anaon est avant tout une série sur la reconstruction familiale. Malgré la douleur, les silences et les peurs, chaque avancée de l’enquête rapproche Max et Wendie. Pour comprendre ce qui se passe — et survivre — ils devront réapprendre à faire famille, à se regarder en face, et à accepter que certaines réponses dépassent la logique humaine.

Une série sombre, sensible et élégamment fantastique, qui prouve que le genre peut être un formidable outil pour raconter l’intime. Un vrai pari narratif, tenu avec intelligence et émotion.

Trust Me Always: Dans le même univers que Say You Swear de Meagan Brandy

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Je n’aurais jamais dû croiser la route d’Alister Howl, le quarterback remplaçant d’Avix University. Dès son premier sourire ravageur, j’aurais dû comprendre qu’il ne m’apporterait rien d’autre que des ennuis. Et il a fini par me briser le cœur.

Avec Trust Me Always, Meagan Brandy s’inscrit dans la continuité émotionnelle de Say You Swear tout en affinant encore sa maîtrise des romances universitaires à haute intensité affective.

L’autrice plonge le lecteur au cœur d’un triangle amoureux électrique, où le football américain n’est jamais qu’un décor amplificateur des passions, des égos et des blessures intimes. Alister Howl, quarterback aussi charismatique qu’obstiné, incarne la figure du héros imparfait, séduisant mais faillible, dont les erreurs ont laissé des traces profondes. Face à lui, une héroïne lucide, marquée par la trahison, tente de reprendre le contrôle de son cœur sans jamais parvenir à étouffer totalement ce qui la relie encore à lui.

L’arrivée de Brady Lancaster, coéquipier d’Alister et catalyseur du chaos émotionnel, fait basculer le récit dans une dynamique de faux-semblants et de tensions permanentes. Le faux couple devient alors un terrain miné où jalousie, désir et non-dits s’entremêlent, jusqu’à rendre toute frontière morale incertaine. Meagan Brandy excelle dans l’art de faire durer l’attente, de fragmenter les certitudes et de pousser ses personnages dans leurs retranchements émotionnels.

Ce qui distingue Trust Me Always, c’est la manière dont le roman interroge la notion de confiance : peut-on aimer sans croire ? Peut-on réparer ce qui a été brisé sans se perdre soi-même ? L’écriture, fluide et immersive, alterne scènes de tension brûlante et moments d’introspection plus fragiles, donnant une réelle épaisseur psychologique aux protagonistes.

À la fois romance addictive et drame sentimental, Trust Me Always séduira les lecteurs en quête d’émotions fortes, de relations complexes et de personnages imparfaits mais profondément humains. Une lecture intense, où chaque choix semble conduire un peu plus près de l’embrasement.

#TrustMeAlways #NetGalleyFrance

Éditeur ‏ : ‎ Shingfoo Date de publication ‏ : ‎ 4 février 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 544 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2379874131 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2379874130

Les oursons de l’air de Arnold Lobel

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Dans le livre préféré de grand-père, il est écrit qu’un ours doit absolument savoir se promener, se reposer, attraper du poisson et grimper aux arbres.

Avec Les oursons de l’air, Arnold Lobel signe un album d’une tendresse et d’une intelligence remarquables, fidèle à son art délicat de parler de liberté et de transmission sans jamais appuyer son propos.

À partir d’un postulat simple – ce que “doit” savoir faire un ours selon le livre préféré de Grand-père – l’auteur met en scène un joyeux décalage entre tradition et désir individuel. Ronald, Donald, Harold et Sam n’ont que faire des règles immuables : eux rêvent de musique, d’acrobaties et de fantaisie. Face à ces aspirations inattendues, Grand-Père choisit une voie douce et maligne, transformant l’apprentissage en jeu et l’exemple en partage.

Sous ses allures de fable légère, l’album aborde avec finesse des thèmes essentiels pour les jeunes lecteurs : le respect des différences, l’importance de l’écoute entre générations, et la possibilité de concilier héritage et créativité personnelle. Le texte, d’une grande simplicité apparente, est porté par l’humour subtil et la bienveillance caractéristiques de Lobel.

Les illustrations, sobres et expressives, renforcent cette atmosphère chaleureuse où l’on sent battre le cœur d’une famille aimante. Les oursons de l’air est un album intemporel, à la fois ludique et profondément rassurant, qui rappelle qu’on grandit mieux quand on apprend ensemble… en s’amusant.

Éditeur ‏ : ‎ EDL Date de publication ‏ : ‎ 4 février 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 40 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2211349668 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2211349666