Glacé comme la mort (5 octobre 2016) de James Hayman

Elaine Goff est une jeune et brillante avocate de Portland à qui tout  réussit. Jusqu’à ce qu’on retrouve son corps nu et gelé dans le coffre de sa BMW, abandonnée sur un quai du port. Dans sa bouche, un bout de papier sur lequel le tueur a inscrit une étrange citation biblique.
À mesure que l’enquête de l’inspecteur Mike McCabe et de sa partenaire Maggie Savage progresse, la liste des suspects s’allonge : l’un des associés du cabinet, qui était également l’amant de la défunte, un ancien prêtre qui dirige à présent un foyer pour adolescents fugueurs, un beau-père violent, le propriétaire d’Elaine, qui semble en savoir long sur sa vie privée…
Quand McCabe apprend qu’il y a eu un témoin du meurtre, il se précipite pour l’interroger. Mais la jeune femme a disparu. S’est-elle enfuie ? Ou, pire, le tueur l’a-t-il retrouvée ?
Car ce dernier n’a pas fini sa croisade sanglante…

Critique : Un roman a suspense qui pourrait avoir la ressemblance à un fait divers de notre temps : un macchabé de femme retrouvé dans le coffre d’une voiture de luxe avec dans sa bouche, un morceau de papier où est écrit un sibyllin message… L’inspecteur Mike McCacbe le personnage principal mène l’investigation avec une grande dextérité très engageant et attachant, arcanes dédales et énigmes omniprésents, plus on s’avance dans l’intrigue menues de fausses pistes, plus elle nous prend aux tripes…et nous tient en haleine jusqu’au dernier chapitre, Concomitant James haydan nous fait découvrir les attrayants ilots de Portland sous la forme de flocons blancs. Bien écrit, d’un style clair, direct, et bien ficelé.

Note : 8,5/10

 

  • Broché: 450 pages
  • Editeur : Archipel (5 octobre 2016)
  • Collection : Suspense

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Guide de survie pour parents débordés: Le mode ’emploi qui aurait dû être fourni avec votre enfant (5 octobre 2016) de Frédéric Kochman

La crise de l’autorité se fait sentir, notamment au sein de la famille. Face au comportement de leurs petits enfants, souvent difficiles à gérer, les parents peuvent se trouver désemparés.
De manière claire et résolument pratique, Frédéric Kochman s’adresse à tous ceux qui s’interrogent sur le bien-fondé et l’efficacité de leurs principes éducatifs. Il explique les mécanismes à l’œuvre dans  les principales situations de conflits et de crises entre parents et enfants, depuis la naissance jusqu’à la quatrième année.
Dans cette tranche d’âge, les petits sont parfois  hyperactifs et peuvent même devenir de véritables tyrans. Ce refus de l’obéissance donne alors lieu à des punitions inefficaces et entraîne le désarroi des parents qui se sentent impuissants face à l’insolence de leurs enfants.
Un guide pour aider les parents à comprendre le fonctionnement de leurs enfants et à gérer dans le calme la plupart des situations conflictuelles en famille, dès leur apparition.

Critique : Quand on n’a que l’amour à offrir a ses enfants, on est bien démuni – et ces conseils simples, de bon sens parfaitement expliqués et immédiatement applicables sont le fruit d’années de recherches et de consultations d’un éminent praticien, père et pédagogue; ce livre grouille d’idées et d’analyses passionnantes pour mieux comprendre et vivre le métier de parents. Le titre ne donne pas une bonne idée du contenu : c’est en fait un vrai petit traité d’éducation des enfants, pour éviter qu’ils ne deviennent des petits tyrans égoïstes et malheureux ou, à l’inverse, des petits robots formatés aux désirs des parents. C’est bien écrit, vivant. Bref hautement utile.

Note : 9/10

 

  • Broché: 216 pages
  • Editeur : Archipel
  • Collection : Psychologie

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La nuit de Peter Pan (7 septembre 2016) de Piero Degli-Antoni

Sur la côte ligure, au nord de l’Italie, la villa, construite à flanc de falaise, n’est accessible que par un long et lugubre tunnel ferroviaire désaffecté.
Y vivent seuls Leonardo, un garçon débordant d’imagination, mais introverti, rêveur et craintif, et son père David, un auteur compositeur interprète ayant connu la gloire vingt ans plus tôt.
Un soir, Leonardo, en descendant au salon, fait une terrible découverte : son père ligoté aux pieds d’un homme gigantesque, un « ogre » tout juste évadé de la prison située sur une île en face de la maison.
Qui est cet homme brutal et pervers, qui joue divinement bien du piano ? Qui semble connaître le moindre détail de la vie de Leonardo mais torture psychologiquement son père et menace de le tuer ?
Débute pour le garçon de dix ans, la nuit la plus longue de son existence, un huis-clos où l’angoisse va crescendo. Seule certitude, à l’aube plus rien ne sera comme avant…

Chronique: Ce roman de suspens mérite son prix. On entre dans une histoire glauque à souhait et dérangeant le lecteur se retrouvera avec une bille au ventre durant tout le roman, cela est que Piero Degli-Anton joue avec nos peurs enfantine en jouant avec les thèmes et lieux tels que l’obscurité, l’orage, etc. Vu que l’auteur nous fait suivre le parcours du petit garçon on s’enfonce avec lui peu à peu dans les ténèbres, l’angoisse et la violence sans jamais retomber et allant de situation en situation de pire en pire jusqu’à un véritable cauchemar sans jamais stopper ce qui rend le tout insoutenable mais l’angoisse qui résulte de lire est très fort et quand on arrive à la fin on peut enfin souffler face à un superbe livre mais aussi une expérience cauchemardesque.

Note : 9/10

 

  • Broché: 300 pages
  • Editeur : Archipel (7 septembre 2016)
  • Collection : Suspense

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La conjuration de Göttingen (1 septembre 2016) de Jérôme Legras

Juin 1954. On retrouve le corps sans vie du bibliothécaire adjoint de l’université Princeton, William Wein. Avant de mourir, avec son sang, il parvient à tracer sur une stèle la lettre epsilon.
Le chef adjoint de la police locale, Michael Rumford, est chargé de l’enquête. Mais celui-ci, épaulé par l’inspecteur Bill Barlowe, va découvrir peu à peu que ce meurtre n’a rien d’un crime de routine…
En se rapprochant de physiciens allemands ayant fui le nazisme, les deux enquêteurs se trouvent mêlés à d’anciens complices de la Wehrmacht comme à de fervents tenants du maccarthysme.
Albert Einstein a-t-il plagié un article d’Henri Poincaré sur la découverte de la relativité ? Edgar Hoover, le patron du FBI, cherche à faire chanter le physicien pour s’assurer qu’il cessera de s’opposer publiquement à la bombe H.
Espionnage industriel, soupçons d’amitiés communistes, guerres entre scientifiques sur fond de rideau de fer, Michael Rumford n’est pas au bout de ses peines…

Critique : L’auteur va nous offrir une intrigue haletante, qui met face à face les grands hommes tourmentés et des justiciers ordinaires. L’envers du décor que découvre Michael Rumford permet de voir sous un jour nouveau l’histoire de l’arme atomique. Armé d’une très grande imagination, Jérôme Legras retrace l’évolution fascinante d’une science dont les bases sont révolutionnées tout au long du XXe siècle. Le style de l’auteur impressionne. Il reste pourtant simple mais ce style et le propos touchent directement à l’âme. Le propos est mélancolique voire dépressif. Toute victoire contient une défaite. Seule la défaite est réelle, la victoire est illusion.
Pourtant en filigrane on comprend que si la cause est juste et surtout sincère, la guerre peut-elle être justifiée. D’où nous vient cette volonté forte d’auto-destruction? Pourquoi l’humanité passe-t-elle plus de temps à s entre-tuer qu’à jouir pacifiquement? Écoutez nos défaites, écoutez le silence de plomb qui suit la bataille, regardez les morts qui gisent à nos pieds, regardez les larmes qui coulent sur les visages des mères endeuillées.
À travers les époques, les continents, Jérôme Legras traque les mystères de l’epsilon sanglant avec une grande habileté. La structure travaillée du livre permet d’avancer dans l’assemblage les pièces de ce puzzle aux formes saugrenues. Car derrière chaque triste victoire, se cache une défaite, celle de l’opposant vaincu mais surtout celle du vainqueur. Un lien est patiemment construit entre les remords de Max Planck vieillissant, l’assassinat d’un bibliothécaire de province et les efforts d’Edgar Hoover, le chef du FBI, pour épingler Robert Oppenheimer, présumé communiste. La trame narrative joue sur un temps habilement éclaté qui permet au lecteur de reconstruire progressivement le récit à plusieurs niveaux. Un très bon livre à découvrir.

Note : 9/10

 

  • Broché: 450 pages
  • Editeur : Archipel (1 septembre 2016)
  • Collection : Suspense

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