Les Secrets de l’Ile (4 mai 2016) de Viveca Sten

Une froide journée de septembre, l’étudiant Marcus Nielsen est retrouvé mort dans son appartement de Nacka. Tout semble indiquer un suicide. Mais sa mère, convaincue qu’il a été assassiné, supplie la police de ne pas classer l’affaire. Quand l’inspecteur Thomas Andreasson commence à enquêter, les pistes semblent mener à la base militaire de Korsö, devant l’île de Sandhamn, où le corps d’un autre homme vient d’être retrouvé. Contactée par Thomas, Nora Linde, qui depuis sa séparation passe beaucoup de temps sur l’île, essaie d’en savoir plus sur cette base fortifiée où, pendant des décennies, ont été formées les unités d’élite des chasseurs côtiers. Y a-t-il dans ce passé-là quelque chose qui ne doit à aucun prix surgir au grand jour ? N°1 sur la liste des best-sellers en Suède, la nouvelle enquête de l’inspecteur Thomas Andreasson et de Nora Linde, le couple qui a inspiré la célèbre série télévisée Meurtres à Sandhamn diffusée sur Arte. « On aime ses héros positifs mais on frémit en découvrant la face sombre des personnages qui hantent son île trop tranquille pour être honnête. »

Critique : Les auteurs suédois sont devenu des maitres en matière de thriller et ce livre de Viveca Sten ne fait pas exception à la règle de haute qualité de ce pays. Dans ce roman on suit les aventures de l’inspecteur Thomas Andreasson et de son amie juriste Nora Linde. L’auteur va nous offrir un livre qui navigue dans les eaux troubles d’un passé qui prend racine sur une ancienne base de l’armée  Les cadavres s’accumulent dans cette histoire d’eau, et pas seulement en ce qui concerne les grandes étendues marines, le roman nous donne un aperçu historique d’une période avec celle des chasseurs côtier de l’île de Sandhamn et ses beaux paysages,
Les personnages principaux sont plus qu’intéressant parce que on va y suivre cette enquête au quotidien et les personnages sont vraiment attachants et avec Viveca Sten, telle une Agatha Christie scandinave nous concocte une enquête précise et efficace bien écrite et bien développée  qui prend le temps de poser l’enquête, sans qu’il n’y ait la moindre longueur pour autant. L’importance de la mer et des bateaux pour cette population du monde qui navigue et pêche comme elle respire, en symbiose avec la mer depuis la nuit des temps, émerge du récit,pour mieux nous surprendre à la fin qui est magnifique de précision.

Une atmosphère  à la Simenon, une petite île loin d’être paradisiaque.. tous les ingrédients sont là pour faire un policier bien agréable à lire.

Note : 9/10

 

  • Broché: 448 pages
  • Editeur : ALBIN MICHEL (4 mai 2016)
  • Collection : LITT.GENERALE

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La nuit des égrégores (1 avril 2016) de Hervé Jubert

Le tournoi des ombres entraîne Georges Beauregard en Egypte où un canal va être inauguré, à Suez, en présence des dirigeants des plus grandes puissances. Un étrange phénomène est en effet signalé dans le désert. Se peut-il qu’une menace pèse sur l’événement, voire sur le monde ? Et tout cela pourrait-il avoir un rapport avec les tragiques incidents qui menacent la Féerie, à Paris ? Beauregard, aidé de ses compagnons, ne va pas chômer. Surtout s’il souhaite, en plus, découvrir enfin la vérité sur ses origines. La nuit des égrégores conclut brillamment les aventures de Georges Beauregard, digne héritier de Rocambole et de Sherlock Holmes. Cette trilogie est, assurément, un des joyaux du steampunk.

Critique : Suite et fin des aventures de l’ingénieur-mage Beauregard et de son apprentie Jeanne.Dans ce tome, comme dans le précédent, le narrateur est omniscient même si le personnage principal est beauregard. Nous avons donc plusieurs histoires qui s’entremêlent pour enfin se réunir pour la conclusion de ce tome. Nous suivons ainsi plusieurs personnages dans leurs enquêtes ou leurs méfaits, comme par exemple Beauregard et son homologue New Londonien John Dee, leurs assistants . Nous avons ainsi différents éléments qui se connectent petit à petit au gré des découvertes et aventures de chacun.
Un superbe tome qui dépasse le second et qu’on espère pouvoir retrouver Beauregard dans de nouvelles enquêtes dans ce monde mi humain, mi-féérique. Mais comme on a l’impression que ce tome clôture la « série » concernant les aventures de Beauregard. Dommage donc ! On commence finalement à bien connaître celui-ci et ses amis, ainsi que les nouveaux personnages présentés dans ce tome.
Ce tome est moins axé sur la description de la ville que le précédent, et donc beaucoup plus sur l’intrigue et sa résolution. Ce qui n’est pas plus mal car c’est avant tout une enquête policière en milieu féérique. La lecture se fait donc plus facilement et à aucun moment on ne s’imagine une fin pareille. On se fait donc balader tout le long du Roman par l’auteur et c’est pour cette raison qu’on espère qu’il y aura une suite.
On ne dira rien de plus de l’intrigue en elle-même sinon qu’elle pousse à dévorer le livre en quelques heures tellement ont veut connaître le fin mot de l’histoire. Tout en étant bien écrite et bien imaginée, si le lecteur est attentif il peut deviner à l’avance certains des éléments du dénouement mais il y a tellement de choses qui ont lieu qu’on a ses moments d’étonnement tout autant que d’ah je l’avais deviné! »
Un livre a plongé dedans; du grand art pour une série qui sort de l’ordinaire!

Note : 10/10

 

  • Broché: 304 pages
  • Editeur : Folio (1 avril 2016)
  • Collection : Folio SF

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Le tournoi des ombres (1 avril 2016) de Hervé Jubert

L’ingénieur-mage Georges Beauregard est envoyé à New London par le ministère des Affaires étranges afin de sécuriser la visite prochaine de l’empereur Obéron III et de son épouse. Ceux-ci doivent, en effet, inaugurer le tunnel récemment creusé sous le Détroit. Avec l’aide de John Dee, le psychomancien de la reine albionaise, Victoria, Beauregard va devoir s’assurer qu’il n’y a aucun lien entre l’étrange smog qui s’abat sur la ville, les centaines de cadavres retrouvés ces derniers jours et la venue de l’empereur séquanais. Et il ne désespère pas de pouvoir en découvrir un peu plus sur son propre passé. Toujours aussi fin et brillant, Le tournoi des ombres poursuit les aventures de Georges Beauregard et nous en apprend plus sur ce digne héritier de Rocambole et de Sherlock Holmes. Les enquêtes de Georges Hercule Bélisaire Beauregard sont, assurément, un des joyaux du steampunk

Critique : Après un premier tome complexe qui présente l’univers de Georges Beauregard, cette suite s’avère à la hauteur de des espérances puisqu’on profite pleinement du récit et du texte. Georges Beauregard se retrouve sur une nouvelle affaire, ou plutôt il va devoir protéger Obéron et Titania lors d’une visite à New London. Ce passage dans cet autre endroit nous permet de mieux comprendre les exubérances et la tyrannie exercée par Obéron, car New London est le parfait opposé de Sequana. Alors que cette dernière persécute les fées, la seconde les laisse vivre en parfaite harmonie avec sa population. de quoi étonner mais rendre aussi un peu mal à l’aise notre héros.
Cette mission de protection va finalement se transformer en course-poursuite, car des meurtres en série envahissent New London, tout comme un smog étrange qui semble être leur allié. Qui les commet? Pourquoi? Titania et Obéron sont-ils en danger? Ou alors la reine Victoria? Georges, Jeanne et leurs acolytes auront fort à faire pour s’en sortir et dénouer la toile sinueuse dans laquelle ils se sont empêtrés et qui risque de leur coûter très cher.

Ce tome deux est à la hauteur du premier voire meilleur que celui-ci car maintenant que nous sommes familiers avec l’univers, nous pouvons prendre le temps de déguster l’histoire. le récit s’avère palpitant et rythmé, avec une enquête qui nous fait croiser une fois de plus des personnes réels et imaginaires connus, nous permettant de revisiter l’histoire une fois de plus, le tout avec le sourire aux lèvres car Georges, Jeanne et Condé sont irrésistibles avec leur humour.

Ce tome permet de montrer tout le talent de l’auteur  pour nous conter des histoires passionnantes en mélangeant les univers et les époques. La fin quant à elle est à la hauteur du reste, aussi inattendue et loufoque que cette série en général.

Un tome devrait plaire davantage que le premier à tous ceux qui ont découvert cette série. L’auteur précise sont univers et nous plonge dans une nouvelle enquête toute aussi passionnante que la première. du grand art pour une série qui sort de l’ordinaire!

Note : 9,5/10

  • Broché: 336 pages
  • Editeur : Folio (1 avril 2016)
  • Collection : Folio SF

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Magies secrètes (1 avril 2016) de Hervé Jubert

L’empereur Obéron III, aidé du préfet Hoffmann, souhaite débarrasser Sequana des êtres féeriques qui la peuplent. Georges Beauregard, ingénieur-mage au service du ministère des Affaires étranges, recueille toutefois certaines de ces créatures dans son hôtel particulier. C’est ainsi qu’il découvre et prend sous son aile Jeanne, une jeune fille amnésique aux étranges pouvoirs. Ensemble, aidés de la déesse Isis et de condé, l’automate, ils vont devoir enquêter sur la disparition du neveu de l’empereur, menacé d’être démembré par son mystérieux ravisseur. Arpentant la ville-lumière, ils iront de surprise en surprise afin de découvrir qui menace l’équilibre délicat entre êtres humains et féeriques. Exubérant, érudit et drôle, Magies secrètes entraîne le lecteur dans des aventures improbables, dignes d’un Rocambole ou d’un Sherlock Holmes. II a été récompensé par le Grand Prix de l’Imaginaire, catégorie jeunesse, en 2013. C’est la première des Enquêtes de Georges Hercule Bélisaire Beauregard, assurément un des joyaux du steampunk.

Critique : L’auteur nous projette dans un univers féérique. Il met en scène la ville de Sequana dans laquelle se mêle humains et non humains. Le côté fantastique développé par l’auteur est juste superbement bien mis en place, il sème par-ci, par-là des éléments fantasy sans nous noyer sous une avalanche de détails qui ne freinent pas la lecture. Sequana est une ville qui apparaît sombre, pleine de recoins et peuplée de créatures en tous genres: elfes, gobelins, magiciens, etc…

Le personnage principal, le mage Beauregard, appartient au ministère de l’étrange et il a pour mission de faire régner la paix entre humains et non humains. Tâche qui s’avère difficile quand une étrange malédiction semble peser sur les êtres magiques. Il va mener son enquête dans les bas fonds mais aussi les plus hautes sphères de Sequana. Il faut dire que Beauregard est un bon vivant et qu’il a ses entrées partout: il aime boire, manger et il aime les femmes, ce qui ralentit pas mal son enquête policière mais il est vraiment attachant, encore plus quand il est accompagné de Jeanne son « assistante ». Il tente de mener son enquête du mieux qu’il peut tout en assistant aux horreurs qui sont faites aux créatures de la Féerie qu’il essaie de sauver de son mieux, mais il a fort à faire… et son combat est presque perdu d’avance. Son amour pour eux est beau et touchant, et découvrir les persécutions dont ils font l’objet est horrible. Obéron est vraiment fou, tout comme sa femme, et le lecteur craint le pire à chacune de leurs apparitions, tant pour Georges que pour les habitants de Sequana.

L’enquête en elle-même est très intéressante et nous permet de bien découvrir le fonctionnement de la cité et les différentes créatures qui vivent ou vivaient dans ce monde. L’auteur réunit un grand nombre d’entre elles en ce roman, pour notre plus grand plaisir. Il est enrichissant de voir ces différentes mythologies se rejoindre dans ce récit et l’alimenter de belles façons, nous donnant envie d’en découvrir toujours plus, surtout que les ténèbres s’étendent et que le temps presse de plus en plus… Le roman est d’ailleurs truffé de références aux mythologies grecques, latines mais aussi à la littérature française comme ce poète maudit qui se pend dans une ruelle et qui fait diablement penser à Gérard de Nerval.

Magies Secrètes est un roman de fantasy riche, foisonnant, drôle à certains moments. Le lecteur est plongé au cœur de Sequana avec réalisme. Les personnages sont attachants et intelligents. Une très bonne lecture fantasy.

Note : 8/10

 

  • Broché: 320 pages
  • Editeur : Folio (1 avril 2016)
  • Collection : Folio SF

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La Loi du silence de Anita Terpstra

Alma Meester, son mari Linc et leurs enfants Iris et Sander semblent être une famille heureuse. Tout bascule lorsque Sander, âgé de onze ans, disparaît avec un petit camarade lors d’une colonie de vacances. Le corps de ce dernier est retrouvé, mais Sander, lui, semble s’être évaporé dans la nature. Cinq ans plus tard, un jeune homme se signale à un poste de police en Allemagne. Fous de joie, Alma et Linc peuvent à nouveau serrer leur fils dans leurs bras. Il affirme être Sander, le garçon disparu des années plus tôt. Pourtant les retrouvailles sont loin d’être parfaites, et la famille commence à douter. Sander est-il vraiment celui qu’il prétend être ? Il a toujours été un garçon étrange, insaisissable, au comportement parfois malsain… Pour le savoir, ils devront se replonger dans un passé qu’ils préféreraient oublier afin de découvrir ce qui est réellement arrivé pendant la colonie de vacances. Dans ce récit brillamment construit, Terpstra dépeint avec empathie l’amour que porte une mère à son enfant, amour absolu et parfois aveugle.

Critique : L’histoire débute par un élèvement et le lecteur assiste à son retour avec sa familleSa mère n’a jamais cessé de chercher son enfant est folle de joie. Pour elle, le retour de son fils est synonyme de bonheur. En tant que lecteur on cherche à comprendre le pourquoi et le comment de la disparition du petit Sandler. Mais le père et la sœur aînée, ne sont pas d’accord et ont une réaction plus modérée. On est proche de la série américaine : The Family. et l’auteur construit son roman comme un film auquel on ne s’ennuie jamaisChaque chapitre donne envie de lire le suivant, il n’y a aucun moment de repos comme une chasse à la vérité nous allons de révélation en révélation et chaque personnage, chaque élément a son importance. C’est un livre fort et on est avec les personnages de bout en bout, l’écrivain nous présente une histoire écrite à la troisième personne ce qui vous met sur de fausses pistes, et qui arrivent à nous faire croire des choses sans rien dire et avec subtilité l’auteur nous donne au fur et à mesure des indices disséminés et des révélations tout au long du livre pour que l’a cette forge un fin idéal mais la vérité que l’ont pensé et la force de ce roman est cette fin insoutenable à laquelle le lecteur va vouloir reprendre le livre et se demander ce qu’il a raté. Un super roman qui ce lit d’une traite et que l’on vit comme un film.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 368 pages
  • Editeur : Denoël (22 avril 2016)
  • Collection : POLICIER – SUSP

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Archibald, pourfendeur de monstres, Tome 2 : Contre les loups-garous de Kim Hyun-min

Archibald et son fidèle chien Monk sont de retour. Cette fois, ils sont confrontés à une vendetta entre loups-garous et Berserkers, les hommes-ours. Le Bureau Enquête Monster est sur les dents ! Rémus, jeune garçon et dernier de la lignée des loups-garous, est capturé par ses ennemis pour devenir l’attraction d’un sinistre cirque ambulant… jusqu’à son évasion ! Errant de village en village, sa route croise celle d’Archibald, avec qui il se lie d’amitié. Mais ses ennemis sont sur ses traces..

Critique :Voici le retour d’ Archibald qui est un jeune garçon solitaire, amateur d’enquêtes, de monstres . Cette histoire peut ce lire indépendamment du tome 1.                                        Mystères, zombies, chien borgne qui parle, accessoires ensorcelés, magie, enquêtes et indices, Archibald tous les ingrédients pour les séduire: le trait cartoonesque digne des Scoubidou , des couleurs vives, avec un superbe dessin rond et expressif;  un univers peuplé de monstres et de magie, le duo atypique et bien entendu l’énigme à résoudre.           Un scénario fluide, dynamique pour un second tome réussi et qui on espère parti vers un troisième.

Note:  9/10

 

  • Editeur : Editions Sarbacane (6 avril 2016)
  • Collection : BD JEUNESSE

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La fille de Brooklyn de Guillaume Musso

Je me souviens très bien de cet instant. Nous étions face à la mer.
L’horizon scintillait. C’est là qu’Anna m’a demandé :  » Si j’avais commis le pire,
m’aimerais-tu malgré tout ? « 

Vous auriez répondu quoi, vous ?
Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l’aimerais quoi qu’elle ait pu faire.
Du moins, c’est ce que je croyais, mais elle a fouillé dans son sac d’une main fébrile, et m’a tendu une photo.
– C’est moi qui ai fait ça.
Abasourdi, j’ai contemplé son secret et j’ai su que nos vies venaient de basculer pour toujours.
Sous le choc, je me suis levé et je suis parti sans un mot.
Lorsque je suis revenu, il était trop tard : Anna avait disparu.
Et depuis, je la cherche.

Critique: Dans ce nouveau roman on retrouve vraiment les codes de Musso. L’enquête, déjà, sur une histoire sombre, floue. Qui est Anna ? Est-elle vraiment coupable de ce qu’elle montre en photo à son futur époux ? Pourquoi aurait-elle fait une chose pareille ? Et surtout pourquoi avoir si soudainement disparu ? Aucune trace d’elle non plus à Paris, Raphaël ne va être obligé de remonter loin le passé de la jeune femme pour connaître sa réelle identité et son terrible passé. L’enquête ne laisse aucun temps mort. Alternant les avancées de Raphaël et de son voisin, Marc, nous apprenons beaucoup de choses pages après pages. Certains autres passages, consacrés à d’autres personnages qui nous livrent alors leur histoire, enrichissent encore l’enquête et les découvertes. Nos deux enquêteurs recoupent régulièrement leurs informations et petit à petit les pièces du puzzle s’emboîtent. Ici, une nouvelle fois, Musso nous prouve l’amour de la France mais aussi celui des États-Unis qu’il nous fait parcourir dans de nombreux romans. Raphaël, écrivain, y a déjà ses repères mais de là à connaître Brooklyn, c’est autre chose et il est vraiment loin d’imaginer que sa recherche va le plonger loin, très loin du passé de certaines personnes et le moins qu’on puisse dire c’est que cela ne plaira pas à tout le monde. Et si Anna était liée à beaucoup plus lourd que ce qu’ils pensaient au départ . Les personnages sont comme toujours chez Musso assez attachants. Raphaël est un homme dévoué, amoureux, qui s’occupe à merveille de son fils (dont les comportements sont bien détaillés et ce petit bout de chou est mignon) et qui est prêt à tout pour sauver Anna. Il ne la croit pas responsable de ce qu’elle lui a montré. Marc, son voisin ex-flic, est un personnage un peu plus bourru qui a su garder ses entrées où il faut (pratique dans ce genre d’enquête) et qui va se montrer d’une aide incroyable auprès de Raphaël. Il est également très proche du petit Théo dont il s’occupe régulièrement. Quant à Anna, bien qu’elle soit le coeur central de cette enquête, nous n’aurons pas vraiment l’occasion de la connaître. Nous avons juste sa vie, vue par les autres et elle nous est présentée sous une forme très attachante, on ne peut que ressentir de l’empathie pour cette femme. La rencontre avec sa famille est un véritable choc pour Raphaël comme pour la famille et il est pourtant alors loin d’imaginer tous les fils qu’il va lui falloir démêler. Il est difficile de vous en dire plus sans vous dévoiler des points-clés de l’histoire. Musso a vraiment bien travaillé son intrigue et nous allons de surprises en surprises, de rebondissements en révélations scandaleuses, on passe par de l’angoisse, de l’horreur, de l’empathie et puis d’un coup, comme toujours avec notre cher écrivain, les dernières pages qui vous donnent une claque monumentale. Alors que vous pensiez le tout résolu, une nouvelle page s’ouvre…

Le roman est addictif, difficile de le reposer avant de savoir qui est Anna, qui est cette mystérieuse Fille de Brooklyn. Il faut dire qu’à mesure que l’enquête avance, les secrets se déterrent et pas des moindres. C’est du très lourd que nous sert Musso ici. Un roman à la hauteur de son succès qui confirme qu’il n’a pas son pareil pour ménager le suspens et qu’il sait entraîner son lecteur dans une course haletante entre la France et les Etats Unis, le passé mystérieux d’une femme et l’urgence présente de la retrouver.

Note : 8,5/10

 

  • Broché: 473 pages
  • Editeur : XO (24 mars 2016)
  • Langue : Français

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Le destin funeste de Michael Rockefeller de Carl Hoffman

21 novembre 1961. Michael C. Rockefeller, vingt-trois ans, jeune héritier de la célèbre et richissime famille Rockefeller, disparaît lors d une expédition en Nouvelle-Guinée néerlandaise. Le jeune homme avait pour mission d acheter des oeuvres d art tribales de l ethnie Asmat destinées aux collections du musée d Art primitif que son père, Nelson Rockefeller, gouverneur de New York, avait fondé en 1957. Alors que des millions de dollars sont investis dans la recherche de sa dépouille (à ce jour jamais retrouvée), une rumeur se répand : Michael Rockefeller aurait été tué puis dévoré par les villageois d Otsjanep, qui se seraient partagé son corps…Fasciné par cette histoire mêlant l une des familles les plus influentes du monde à une tribu dite primitive, Carl Hoffman signe un incroyable roman à énigme. Il étaye l hypothèse d un clash des civilisations qui aurait eu pour conséquence la mort d un rejeton parmi les plus puissants de la société occidentale

Critique : L’auteur a fait un travail formidable de recherche pour tenter de découvrir la vérité autour de la disparition et la mort de Michael Rockefeller en 1961 sur la Nouvelle-Guinée. Rockefeller, petit-fils de John D. et fils du gouverneur puis NY Nelson Rockefeller, étudiait la tribu Asmat native et leur art «primitif» en Nouvelle-Guinée. Tout en voyageant sur un catamaran avec un collègue néerlandais et deux guides indigènes, le bateau a chaviré dans l’eau rugueuse 10-15 miles du rivage. Les deux guides renflouées et tandis que son collègue néerlandais est resté sur une épave. Une recherche intense a suivi avec les autorités coloniales hollandaises, l’Australie et les États-Unis. En fin de compte la cause officielle de la mort a été jugé une noyade, mais des questions persistent. La Nouvelle-Guinée avait une partie du territoire des plus éloignés dans le monde, de nombreuses tribus autochtones avaient peu ou pas de contact avec quoi que ce soit moderne et certaines tribus pratiqué l’headhunting» ou autrement dit étaient cannibales. Est-ce que Michael c’est vraiment se noyer? A-il été mangé par un requin? ou a-t-il été mangé par une tribu indigène?

Hoffman a découvert de nombreuses sources primaires jamais vues ou examiné par la famille Rockefeller. l’auteur y a passé beaucoup de temps avec les tribus locales et conservées et avec les missionnaires néerlandais qui étaient présents lorsque Michael a disparu. Dans l’ensemble, la persistance et la volonté de l’auteur de se plonger sur une piste, où qu’elle conduira seront fournie et suffisamment concluante à cette histoire, sans parler des sources qu’il a à sa disposition.

Un très bon livre avec de belles recherches et une vraie volonté de découvrir la vérité sur ce qu’il sait réellement passer.

 

Note : 9/10

  • Roman: 280 pages
  • Editeur : GLOBE (13 avril 2016)

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Carnets noirs de Stephen King

En prenant sa retraite, John Rothstein a plongé dans le désespoir les millions de lecteurs des aventures de Jimmy Gold. Rendu fou de rage par la disparition de son héros favori, Morris Bellamy assassine le vieil écrivain pour s’emparer de sa fortune, mais surtout, de ses précieux carnets de notes. Le bonheur dans le crime ? C’est compter sans les mauvais tours du destin… et la perspicacité du détective Bill Hodges. Après Misery, King renoue avec un de ses thèmes de prédilection : l’obsession d’un fan. Dans ce formidable roman noir où l’on retrouve les protagonistes de Mr. Mercedes (prix Edgar 2015), il rend un superbe hommage au pouvoir de la fiction, capable de susciter chez le lecteur le meilleur… ou le pire.

Critique: Comme tous les plus grands romanciers, le dernier King est toujours tant attendu avec grande impatience, et celui-ci ne fait pas défaut. Ce roman est une véritable déclaration d’amour à la littérature et au métier d’auteur, le livre est basé sur l’obsession et le fanatisme, ce qui n’est pas sans nous rappeler Misery. Les deux livres abordent un thème similaire mais d’une manière totalement opposée. On n’est pas dans un huis-clos ici, plutôt sur une chasse à l’homme mais les raisons sont les mêmes : l’amour inconditionnel pour un auteur. Ce livre est aussi une sorte de suite à Mr Mercedesoù l’on retrouve Bill Hodges et on y découvre des nouveaux personnages comme Pete mais aussi, et surtout, Morris Bellamy. Les personnages ne font pas tout, l’intrigue est aussi importante et ici, cette seconde partie n’est pas du tout un polar comme avait pu l’être Mr Mercedes, avec une enquête. King ne cherche rien d’autre que de distraire, et tant qu’à faire en le faisant de manière intelligente. Ce roman n’est sans doute pas à classer parmi ses écrits les plus majeurs. Effectivement, il a déjà abordé cette thématique. Et pourtant, il arrive encore à surprendre. Il arrive à se renouveler et à ne jamais radoter. Après toutes ces années et tous ces livres, ça tient réellement du miracle. La construction du roman est très intéressante car elle est en trois parties distinctes, un avant, un pendant et un après. Stephen King place des liens partout, que ce soit entre le tome précédent et celui-ci ou les personnages, dans un premier temps, on souhaite les comprendre puis on veut voir sur quoi cela va aboutir. La seconde partie se passe sur un même espace temporel mais les points de vue qui s’alternent, Stephen King nous embarque très vite dans son récit en nous faisant languir et prenant le temps de poser son récit et ses personnages pour ensuite accélérer le rythme.

A chaque livre on s’en étonne encore : l’auteur reste fidèle à lui-même tout en arrivant à se réinventer. C’est ça le pouvoir de la fiction. Stephen King en détient le pouvoir absolu.

Note : 9/10

 

  • Relié: 427 pages
  • Editeur : Editions Albin Michel (2 mars 2016)
  • Collection : LITT.GENERALE

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Trois jours et une vie de Pierre Lemaitre

« À la fin de décembre 1999, une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt.
Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.
Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien… »

Critique : Ce nouveau livre de Pierre Lemaître est une histoire touchante que celle de ce jeune garçon de douze ans confronté à une situation dramatique. Un drame absolu, dont il est le protagoniste, et à travers lequel il devra survivre et se construire. Tout ça, découlant de la mort du chien des voisins… C’est un roman qui raconte tout autant ce drame indicible que la vie dans une petite bourgade entourée de forêts, où tout le monde se connaît et où tout le monde se juge. Une description de la vie d’un village à la fin de l’année 1999. On va traverser cette tragédie aux côtés du jeune Antoine ; au plus près de lui, de ses pensées, de sa perception d’une telle situation du haut de ses douze ans. on le suit, pas à pas, durant les premiers jours qui suivent la disparition d’un autre enfant. Nous découvrons, à travers lui les relations interpersonnelles des habitants. L’histoire est touchante parce qu’elle parle d’enfants et décrit ce drame humain avec beaucoup de délicatesse et de subtilité, ce qui est dommage c’est que ce roman soit court. On aurait aimé passer davantage de temps à Beauval, à côtoyer ces personnages, leurs failles et leurs doutes. Le style paraît moins enlevé et c’est vrai que je n’ai pas interpellé mon époux pour lui lire quelques passages dont la musique des mots transporte … tout est diffèrent ici mais la magie opère: le talent de Pierre Lemaître de nous installer le décor, les personnages, le suspens.
Et la fin surtout, vous pensez que c’est classique en réalité on y repense encore et encore après avoir fermé le livre… Est-ce un « accident » qui fait basculer votre vie ou le poids de l’entourage, les secrets de chacun, la lâcheté?
C’est un roman simple, limpide et prenant, proche des gens et dégageant une belle sensibilité. À lire sans aucun doute.

Note 9/10

 

  • Broché: 288 pages
  • Editeur : ALBIN MICHEL (2 mars 2016)
  • Collection : LITT.GENERALE

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