Sous Tibère (29 mars 2017) de Nick Tosches

Dans un recoin des archives secrètes de la bibliothèque vaticane, Nick Tosches découvre un codex vieux de deux mille ans qui relate les mémoires d’un aristocrate romain : Gaius Fulvius Falconius. Orateur de talent chargé d’écrire les discours de l’empereur Tibère, il tombe un jour en disgrâce et doit s’exiler en Judée. Il y fait la connaissance d’un jeune vagabond juif sans foi ni loi, obsédé par l’argent et le sexe, qui le fascine littéralement. Lui vient alors une idée : faire passer ce jeune homme au charisme indéniable pour le Messie tant attendu… Jésus de Nazareth revu et corrigé par l’auteur du Roi des Juifs : il fallait l’irrévérence et l’érudition de l’un des derniers hors-la-loi de la littérature américaine pour s’emparer d’un tel sujet. Se moquant de la religiosité et la morale, Nick Tosches dérange, choque, bouscule, et confirme une fois de plus sa virtuosité.

Chronique : Tosches s’aventure dans le monde de la fiction historique ici, présentant un récit de Jésus alternatif. Si Dan Brown était un grand écrivain et avait des informations plus précises concernant les premiers chrétiens, il aurait produit ce livre. La vanité narrative est un auteur qui découvre un manuscrit perdu depuis longtemps dans les archives du Vatican, qui se révèle être une lettre confessionnelle écrite par un patricien romain à son jeune petit-fils dans lequel il est révélé que Jésus-Christ était le produit d’un produit élaboré . La masse écrasante du livre est exprimée comme une traduction de cette lettre latine découverte.
Il y aura beaucoup  de chose ici pour offenser ceux qui ont un investissement personnel dans la tradition chrétienne, mais il y a aussi beaucoup qui reflète et renforce certains éléments centraux de la tradition. Le Jésus de Tosches est prédicat en grande partie sur les évangiles gnostiques découverts à Nag Hammadi et, en tant que tel, sert à faire avancer la figure de Jésus comme l’ont imaginé certaines communautés chrétiennes anciennes. La vanité du livre – que c’est le «vrai» Jésus qui a été supprimé ou ignoré au cours des siècles – s’avère être vrai, peut-être seulement peu. Mais au-delà de cela, le récit culmine comme une histoire tragique d’hommes entraînés par des forces qui échappent à leur contrôle et à leur compréhension, un homme simple rencontrant une mort horrible et imméritée à cause des mensonges et des tromperies d’autrui et d’un autre sur son lit de mort déconné de culpabilité Sa culpabilité dans cette mort et sans espoir d’expiation.
En aucun cas, Tosches ne peut être considéré comme un chrétien ou même comme nécessairement sympathique à la religion, mais dans cette exploration de la dépravation humaine et de l’échec, il a peut-être présenté par inadvertance une histoire qui pose des profondeurs similaires aux œuvres de la Grands théologiens.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 358 pages
  • Editeur : Albin Michel (29 mars 2017)
  • Collection : Les Grandes Traductions

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Curieux objets, étranges histoires(27 avril 2016) de Pierre Bellemare

Ce sont souvent de simples objets du quotidien : un biscuit, un pendentif, un bout de tissu délavé, un journal intime, une caméra, une petite valise, etc. Leur apparence semble si anodine qu’on pourrait les prendre pour des vieilleries inutiles. Dans une brocante, ils partiraient pour quelques pièces et personne, ensuite, n’en aurait plus parlé. Or chacun d’entre eux est rattaché à un destin extraordinaire qui a changé parfois l’Histoire. A travers 33 récits riches en rebondissements, Pierre Bellemare et Véronique Le Guen font revivre autant d’objets singuliers ayant miraculeusement traversé les âges. De l’étui à lunettes qui sauva Roosevelt au foulard qui tua Isadora Duncan, du violon du Titanic à la gourmette de Saint-Exupéry, de la cuisinière de Landru aux carnets secrets d’un bourreau, d’un bagage revenu des camps de la mort à la part d’un gâteau de mariage princier, ces histoires intriguent, fascinent, émeuvent. Une chose est sûre : après la lecture de cet ouvrage vous ne verrez plus jamais les antiquités du même oeil.

Critique: Pierre Bellemare et Véronique le Guen nous parlent des objets qui ont un passé chargé en émotions.
Nous découvrons ici 33 histoires qui contrairement à d’habitude nous racontent le destin d’objets, des objets simples, de tous les jours, mais qui ont eu une importance hors du commun dans une ou plusieurs vies.
Des moments émouvants dans un recueil d’histoires agréables, des protagonistes plus ou moins connus, des rappels culturels, des petits moments ignorés au centre d’événements historiques.
Une ballade au fil des siècles. Objets et personnages à la fois étranges et attachantes pour certains. Pour d’autres, plus énigmatiques.

Note : 9/10

 

  • Broché: 336 pages
  • Editeur : FLAMMARION (27 avril 2016)
  • Collection : DOCS, TEMOIGNAG
  • Prix : 20,90 euros
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