L’homme qui brûlait d’être Dieu (11 mai 2016) de Jean-Michel Riou

« J’ai trahi, volé, tué, commis tant de fois le mal que le diable ne me trompe jamais. Je sais quand il approche. Au premier regard, j’ai compris que cette femme, Esther Stanhope, serait un danger mortel. C’était le 3 février 1809. Jusque-là, les épreuves n’avaient pas manqué, mais je les avais surmontées, et celles que j’avais connues depuis le départ de Nantes en compagnie de Simon Le Floch et Roustam n’étaient rien, eu égard à ce que moi, François Malthus de Retz, j’avais affronté avant. Pour être précis et vrai, mes manoeuvres, mes tromperies avaient produit peu d’effets malgré ce que je détenais : une résine de myrrhe qui, distillée, était devenue un remède inestimable. J’étais la preuve « vivante » que l’onguent guérissait les plaies mortelles. Mais pour que l’alchimie se répète, il fallait trouver la vallée de l’ancien royaume de Saba où prospérait le suc des arbres à myrrhe. Une expédition risquée, même si une carte d’Arabie devait m’y conduire. Alors, si ce trésor existait, la substance qui m’avait sauvé serait reproduite des centaines, des milliers de fois ― et combien encore ? De quoi soigner et soumettre n’importe qui. Mon projet se résumait donc ainsi : posséder cette substance bienfaisante par n’importe quel moyen, quitte à commettre les pires exactions. »

Critique : Un roman d’aventure très bien documenté qui respire le coté saga de sa série « Versailles », l’écriture de Jean-Michel RIOU étant très agréable à lire, il ne faut pas hésiter à démarrer cette aventure où le lecteur est vite pris dans l’intrigue à la Indiana Jones et le côté historique, biblique est plus que visuelle  dans la construction où l’auteur  mêle habilement faits réels et imaginaires. Il place son intrigue dans un contexte ayant existé et qu’il a soigneusement étudié. Les renseignements que l’auteur a rassemblés sont insérés avec intelligence au cœur des événements présentés et on croirait presque lire un documentaire historique. L’ambiance de l’époque très bien retranscrite, les lieux, les événements ont la saveur et le vocabulaire du passé. On s’y croirait tant les personnages évoluent dans une atmosphère arabique de cette période. Ce qui est parfaitement habile, c’est le fait que les situations s’intègrent dans le contexte sans qu’on le sente. L’auteur plante un décor historique  basé sur ce qu’il a glané et qu’il va petit à petit insérer des faits dans ce qu’il présente.mais la grande habilité est de démêler ce qui est de la fiction, du réel. C’est un roman  très surprenant où l’écriture complète et raffinée fait que  le style est de qualité et le contenu très complet.

Note : 9/10

 

  • Broché: 463 pages
  • Editeur : Flammarion (11 mai 2016)
  • Collection : FICTION FRANCAI

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La Reine et l’assassin (9 mars 2016) de David Morrell

La guerre de Crimée fait rage. L’incompétence de l’état major britannique provoque la chute du gouvernement en place. L’empire vacille.
C’est dans ce contexte troublé que le sulfureux opiomane Thomas de Quincey et son «équipe» (sa fille et leurs deux acolytes de Scotland Yard) affrontent un tueur d’un genre bien particulier. Ses victimes, toutes des membres de l’aristocratie, sont autant de jalons vers un objectif  ultime : l’assassinat de la reine Victoria elle-même.
Alors que de Quincey et sa fille se démènent pour protéger la reine, ils mettent au jour les secrets tragiques du passé d’un homme rongé par sa soif de vengeance

Critique : Un roman foisonnant, intéressant et très bien documenté que nous le découvrons. L’auteur mêle habilement faits réels et imaginaires. Il place son intrigue dans un contexte ayant existé et qu’il a soigneusement étudié. Les renseignements que l’auteur a rassemblés sont insérés avec intelligence au cœur des événements présentés et on croirait presque lire un roman  historique. L’ambiance de l’époque très bien retranscrite, les lieux, les événements ont la saveur et le vocabulaire du passé. On s’y croirait tant les personnages évoluent dans une atmosphère victorienne de cette période. Ce qui est parfaitement habile, c’est le fait que les situations s’intègrent dans le contexte sans qu’on le sente. L’auteur plante un décor historique  basé sur ce qu’il a glané et qu’il va petit à petit insérer des faits dans ce qu’il présente.mais la grande habilité est de démêler ce qui est de la fiction, du réel

Les personnages sont  en haut en couleurs , Thomas De Quincey est très présent dans les pages. Il apporte un regard plus fantaisiste sur ce qu’il observe et on accès au journal intime d’Emily, sa fille, qui offre un regard exacerbé sur ce qu’elle voit. Ils vont s’allier et aider d’autres protagonistes pour tout faire, ensemble, pour coincer le tueur et empêcher le plus possible de meurtres. C’est une course conte la montre qui s’engage. Il est intéressant de décomposer les raisonnements de Thomas De Quincey. Son esprit, qui pourrait être embrumé par la drogue, est relativement vif et ses déductions valent le détour. Avec lui, les faits s’enchaînent en suivant une logique qui lui est propre et qui paraît évidente lorsqu’il la présente.

C’est un roman  très surprenant où l’écriture complète et raffinée fait que  le style est de qualité et le contenu très complet.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 384 pages
  • Editeur : Marabout (9 mars 2016)
  • Collection : Marabooks

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