Zoo station (13 avril 2017) de David DOWNING

Berlin, 1939. Ancien communiste, John Russell, travaille pour la presse anglo-saxonne. Lorsqu’un agent russe lui commande une série d’articles élogieux sur l’Allemagne nazie, destinés à la Pravda, dans le but de préparer le pacte de non-agression, Russell se montre d’abord réticent, puis accepte. Ses contacts avec Moscou et Berlin attirent bientôt l’attention des services secrets anglais. Après la mort mystérieuse d’un journaliste, Russell se retrouve possesseur d’un terrible secret. Pourra-t-il rester neutre face à l’horreur qui s’annonce ?

Chronique :  Zoo Station est le premier livre d’une série de David Downing. Situé dans l’Allemagne nazie à la fin des années 1930, il trace une image sombre et un suspens d’un pays qui se déplace de manière constante vers la guerre et la solution finale. Le personnage principal, John Russell, est un journaliste indépendant d’Angleterre vivant à Berlin. Il lutte avec sa conscience avec tout compromis qu’il prend en couvrant le régime nazi, puisque son amant et son fils d’un mariage précédent sont des Allemands et veut rester en Allemagne pour eux.  Ce n’est pas un roman d’action de type Bourne avec des évasions audacieuses et des fusillades toutes les quelques pages; Plutôt, une histoire tranquille en suspens vers une conclusion éclatante. Les personnages sont assez ordinaires dans des moments extraordinaires, et l’auteur fait un très bon travail avec ses mystères, intrigues et tours d’intrigue à faible touche aident le roman à présenter l’atmosphère de la fin des années 1930.
Et à la différence de LeCarre ou de Simenon dans les périodes ultérieures, le personnage central est moins englobant dans son autorité morale ou ses dilemmes d’attitude.

Note : 9/10

  • Broché: 352 pages
  • Editeur : Le Cherche Midi (13 avril 2017)

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Votez, éliminez ! (16 février 2017) de COLUCHE

 » Si encore les hommes politiques ne racontaient que des conneries…
Le problème, c’est qu’ils racontent tous la même, à savoir que la crise, c’est la faute des autres !
On est dans une situation de crise et ces gens s’engueulent alors que nous, on préférerait les voir s’entendre.
Là, on s’intéresserait davantage à la politique. « 

Coluche

Chronique : Sous le thème de la présidence qui approche à grands pas voici les meilleures phrases de Coluche. C’est du Grand Coluche pour les nostalgiques du personnage et fera plaisir aux adeptes du rire, on se retrouve comme au bon vieux temps comme s’il revivait et il est encore bien vivant ! Il ne suffit pas d’aimer Coluche pour apprécier ce livre tellement on s’approche d’une réalité telle qu’avant mais cela ne vaut évidemment pas de voir directement les sketches, mais les blagues restent excellentes. Présentation classique, pas écrit trop petit, bref, un bon livre !

Note : 10/10

  • Poche: 128 pages
  • Editeur : Le Cherche Midi (16 février 2017)
  • Langue : Français

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Un rapport (5 janvier 2017) de Brian EVENSON

Capable de l’humour le plus noir, plongeant ses personnages dans l’acide de situations extrêmes, Brian Evenson revient aujourd’hui avec ces textes forts et dérangeants, où l’absurde cache souvent une logique instable ou une terrible vérité.
Qu’il s’agisse du cœur d’un bébé qui bat dans la poitrine de son ours en peluche, d’un homme qui perd son bras, ou de la puissance dévastatrice de la poussière sur une autre planète, ce sont, toujours, le corps humain et sa psyché fragile qu’Evenson explore, grâce à son écriture à la fois épurée et tranchante.
Distillant le doute, jouant avec le suspense et l’incompréhension, il réussit à créer des ambiances aussi tangibles qu’irréelles, avec, en perpétuelle ligne de mire, la chute sans cesse recommencée de l’homme. Avec Evenson, le cauchemar a trouvé son ambassadeur.

Critique : Éventrés, éclatés, démembrés, les corps de Brian Evenson sont ramenés à leur matérialité la plus élémentaire. Au fil de ses nouvelles l’auteur met en scène des corps mutilés à l’extrême qui dans leurs contorsions douloureuses rappellent d’autres corps, ceux de Francis Bacon, des corps obscènes et abjects réduits à l’état de chair informe. Ces corps qui portent les stigmates des ravages du mormonisme viennent critiquer de façon acerbe les dérives du fanatisme religieux. Plongés au cœur d’élucubrations mystiques, les personnages qui traversent la fiction d’Evenson viennent latéraliser les écritures saintes, dont le corps se fait le support privilégié. Cette empreinte dans le corps du discours religieux constitue l’un des tenants esthético-moraux saillants de la production complexe et protéiforme de Brian Evenson. Ces corps ainsi anéantis, vidés de toute transcendance se font les oracles muets de la signifiance du monde. Ils mettent en cause un rapport particulier entre le monde et sa représentation par le langage qui semble se faire sur le mode de la déchirure. On pourrait parler de langage de la cruauté pour qualifier cet usage unique et inquiétant des mots qui viennent blesser les corps et empoisonner l’intelligibilité du réel. Si la notion de corps constitue un point nodal de ce livre elle ne forme qu’un point d’entrée non exclusif dans cette production étrange et violente.

Note :  9,5/10

 

  • Broché: 288 pages
  • Editeur : Le Cherche Midi (5 janvier 2017)
  • Collection : LOT 49

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