Le Paris des Merveilles, III : Le Royaume Immobile (4 mai 2017) de Pevel,Pierre

Le tout-Paris des Merveilles bruisse d’une incroyable nouvelle : les prochaines élections du Parlement des Fées seront ouvertes à des représentants de la Terre. Griffont se voit, quant à lui, proposé d’être le représentant du Cercle Cyan. Il a, toutefois, bien d’autres chats (fussent-ils ailés) à fouetter. Son jeune ami François-Denis de Troisville lui a demandé d’être son témoin lors d’un duel face au redoutable Victor Dalmas, mage du Cercle Incarnat à la triste réputation. Mais celui-ci va mystérieusement disparaître, ravivant, s’il en était besoin, les tensions entre les Cyan et les Incarnat. Une fois de plus, Griffont et Isabel de Saint-Gil vont devoir mener l’enquête. Le Royaume Immobile clôt en beauté le cycle du Paris des Merveilles, une trilogie steampunk aussi drôle qu’érudite.

Chronique : Ce tome 3 se passe en 1910, quelques mois après les événements du tome 2. L’intrigue est intéressante et le rythme est très bon ainsi que les péripéties où nous retrouvons nos personnages. L’escrime est ici au centre de l’action et de l’histoire, là encore dans la logique continuité du tome 2. Pierre Pevel démontre une fois de plus qu’ont peut être français et faire jeu égal avec les grands auteurs anglo-saxons de Fantasy. La langue est belle, les références stylistiques (Dumas/Leblanc/Leroux sont un peu partout…)amusantes pour l’amateur, l’histoire suffisamment prenante pour garantir un moment de vrai plaisir.Les personnages sont riches (sur le plan de leur psychologie), attachants et drôles (les dialogues sont parmi les plus savoureux qu’il m’ait été donné de lire). Griffont évoque une sorte de Sherlock Holmes moyennement doué pour l’enquête croisé avec un magicien d’une puissance et d’une expérience respectables (Gandalf, Pug, etc, chacun aura sa référence), le côté Gentleman parisien en plus. La baronne, elle, évoque irrésistiblement un Arsène Lupin au féminin croisé avec Catwoman et Mata Hari. Enfin, leur histoire commune, remontant à plusieurs siècles, évoque la série Highlander. Une fin de cycle avec un  roman mêlant la vie parisienne des années 1909 / 1910 telle qu’elle était et magie et merveilleux, superbement écrit (écriture fluide et colorée, dialogues savoureux, personnages riches et hautement attachants, ambiance et convenances de l’époque très bien rendues), à la couverture superbe, à l’histoire fort sympathique pour cette belle fin.

Note : 9,5/10

  • Editeur : Folio (4 mai 2017)
  • Collection : Folio SF
  • Langue : Français

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La voie des Oracles, I : Thya (3 janvier 2017) de Faye,Estelle

Thya est la fille de Gnaeus Sertor, général romain et héros de l’Empire. Mais Thya est aussi une Oracle, peut-être la dernière élue capable de démêler les fils de l’avenir. Elle est donc contrainte de se cacher en Gaule, au fin fond de la forêt d’Aquitania car, à Rome, comme partout ailleurs dans l’Empire, les chrétiens règnent en maîtres et font impitoyablement la chasse aux adorateurs des dieux anciens. Mais lorsque son père est laissé pour mort par des Pictes, Thya n’a plus d’autre solution que de fuir vers le nord pour suivre une étrange vision dans laquelle son père est toujours en vie. Premier tome de la trilogie La voie des Oracles, Thya confirme qu’Estelle Faye compte désormais parmi les auteurs de fantasy à suivre. Le roman a d’ailleurs reçu, dans la catégorie « Jeunesse », le prix Imaginales et le prix Elbakin en 2015.

Critique : Super histoire, on découvre le changement entre l’Antiquité mythologique et l’Antiquité chrétienne. Thya est une oracle et sa vie est en danger. Elle fuit, protégée par les créatures et dieux mythologique. Elle va se faire des alliés inattendus…En entamant la lecture on ne s’attend pas à plonger dans une intrigue aussi sombre entre manipulations et trahisons, secrets de famille et luttes de pouvoir. On ce laisse embarquer bien volontiers dans le monde en pleine mutation décrit par Estelle Faye qui mêle romains, vandales et autres créatures mythologiques qui font partie intégrante du décor. La plume de l’auteure est agréable à suivre et très visuelle. Ce premier tome d’une trilogie s’impose comme un roman initiatique qui délivre une histoire marquante ne ressemblant à aucune autre. L’univers est fouillé et complexe et les personnages suffisamment captivants pour pousser le lecteur à vouloir se procurer la suite.

Note : 9/10

 

  • Poche: 368 pages
  • Editeur : Folio (3 janvier 2017)
  • Collection : Folio SF

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