Les générations de Flavia Biondi, vibrant appel à l’acceptation de soi-même

Au travers du parcours du jeune Matteo la jeune artiste italienne Flavia Biondi opère une brillante analyse sur ce que signifie l’acceptation de soi-même et l’acceptation des autres.

Cette oeuvre touchante et sincère nous invite à suivre deux histoires, celle de Matteo d’abord, jeune homme perdu dans un monde où il ne se sent nulle part à sa place. Son retour dans sa ville natale après une rupture amoureuse résonne pour lui comme un échec. Alors qu’elle sera en fait l’occasion de renouer avec ses racines, ses proches et finalement avec lui-même. C’est au gré des rencontres qu’il va progressivement prendre conscience que faire son coming-out ce n’est pas seulement affirmé son identité sexuelle mais aussi accepter le regard des autres et ses racines.

Un retour à la maison difficile

La seconde histoire est celle de la famille de Matteo, les Vanni, personnages secondaires qui illuminent chacun à leurs façons cette tendre bande-dessiné. L’artiste parvient à faire vivre chacun des membres de cette famille qui s’aiment passionnément et se détestent avec tout autant de passion. Chacune des trois tantes de Matteo lui apporte quelque chose il partage une complicité évidente avec Tatie A., qui lui rappelle que la vie est aussi faite de légèreté et de rires comme lorsqu’il vivait à Milan. Sa tante C. , à travers son histoire déchirante, lui permet de lancer sa réflexion autour des liens familiaux et comment ceux-ci sont fondateurs de notre identité. Ce personnage est particulièrement réussi et offre l’un des passages le plus émouvant du récit. Quant à Tatie B., par son intransigeance et son intégrisme elle permet à Matteo de se confronter au monde qui l’effraie tant. Ce personnage est mon seul regret dans ma lecture, il aurait mérité d’être approfondi afin de faire craquer ce vernis de droiture et de colère qui semble cacher une profonde blessure.

Une famille unie malgré ses désaccords

Les dessins en noir et blanc sont d’une précision admirable, surtout sur les visages, et accompagnent le parcours du personnage principal. Des cases très resserrées au début qui nous transmettent la dépression de Matteo, son avenir incertain et son oisiveté. Puis à mesure qu’il s’ouvre au monde et aux autres, les cases s’aèrent et nous plongent dans cette campagne italienne que Matteo redécouvre. Ses escapades salvatrices illustrent ses réflexions sur lui-même, son parcours, sa relation avec son père et sa famille. Son cheminement intérieur est plaisant à suivre, agissant comme des interludes philosophiques qui peuvent se lire et se relire indépendamment et contibue à faire de lui un jeune homme en paix avec lui-même et les autres.

Je ne remercie jamais assez mon libraire de m’avoir fait découvrir cette oeuvre touchante et émouvante qui sera assurément l’un de mes coups de coeur de cette année.

Résumé : Après trois années passées à Milan, Matteo rentre au pays avec pas mal d’appréhension. Il faut dire que son départ, provoqué par son coming out et une violente dispute avec son père, ne s’était pas passé de la meilleure des manières. Vivre dans une métropole urbaine comme Milan a été pour le jeune homme un changement radical, une expérience libératrice, loin de l’étroitesse d’esprit de la petite ville où il avait grandi. Mais aujourd’hui, Matteo n’a plus le choix. Sans argent, sans travail, paumé comme tant d’autres « millennials » de sa génération, il doit rentrer à la maison. Ce retour aux sources sera pour lui l’occasion de se confronter à son passé et à ses peurs, mais aussi de découvrir pas mal de choses sur ses proches… et sur lui-même.

  • Relié : 144 pages
  • Editeur : Glénat BD (11 mars 2020)
  • Collection : Hors Collection
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2344030824

Découverte musicale : Bishop Briggs, pop primal et rafraîchissante

Au détour d’un forum consacré à la chanteuse P!nk, je surpris une évocation d’une artiste dont un membre affirmait que P!nk ferait bien de s’inspirer. Après avoir vérifié sur Spotify ce que cette artiste avait à proposer je ne pût que tomber d’accord avec lui.

Cette première chanson résume tout le talent de celle qui est ma découverte musicale de cet été. Incroyable qu’une artiste comme Bishop Briggs puisse passer inaperçu auprès du grand public surtout lorsque l’on voit les sons que l’on doit endurer à la radio. Pourtant cette jeune chanteuse de 28 ans, originaire de Londres mais ayant grandi à Hongkong et résidant à Los Angeles, a tout pour séduire les programmateurs radios. À part cette touche hip-hop qui est tant à la mode en ce moment, Bishop possède une voix puissante, des productions à mi-chemin entre la pop, le folk et le rock et des chansons courtes, efficaces qui vont à l’essentiel.

Son premier album,sorti en 2018, baptisé Church of scars, est un condensé d’hymnes puissant alliant les gimmick pop, comme sur Wild horses, et une batterie rock qui épouse parfaitement la voix puissante de la chanteuse, comme sur River.

Un premier opus balayé par un vent folk qui se ressent dans les textes où l’esprit de Patti Smith est invoqué. Sa voix rauque balaye les trente minutes d’écoutes d’une émotion à fleur de peau et d’une sensibilité touchante que l’on peut ressentir notamment sur la ballade Lyin’ ou Hi-lo (Hollow).

Consacré par les critiques, ce premier opus lui a permis de se faire un nom sur la scène internationale et de signer son premier contrat publicitaire avant de revenir l’année suivante avec un second opus.

Étrangement, alors que le premier album s’intitulait église des cicatrices une fois traduit en français mais nous emportait dans une chevauchée sauvage en pleine nature, c’est dans avec son second album que l’on a l’impression d’être en pleine messe gospel. Baptisé CHAMPION, ce deuxième opus est plus minimaliste dans sa production. Il fonctionne beaucoup à coup de claquement de main et de choeur comme sur LONELY par exemple ou bien TATTOOED ON MY HEART.

On peut même entendre le son d’un orgue au début de la chanson JEKYLL & HYDE. mais quoi d’étonnant pour celle qui a pris comme nom de scène le nom de son village natal, qui signifie peu ou prou, brique d’évêque ?

Sa voix se fait plus susurrante avant d’exploser tel un torrent qui n’attendait que le dégel pour faire entendre à nouveau son rugissement, la chanson WYLD en ait un parfait exemple. C’est sans doute pour cela qu’elle est son équipe ont décidé d’écrire les titres des chansons en majuscules comme si chacune d’entre elles étaient un cri du cœur impérieux pour la chanteuse.

Mon seul regret est qu’avec deux albums uniquement assez courts, le deuxième ne dépasse pas les trente minutes, on a envie d’en écouter plus de cet artiste qui n’a sans doute pas fini de nous surprendre.

DCEASED: Unkillables, cours de débitage de bidoche en accéléré

Surfant sur le succès de la mini-série DCEASED, qui n’a plus de mini que le nom étant donné le nombre de suite semi-officiel qui va lui être consacrée dans les prochains mois, DC a lancé un spin-off qui a pour tête d’affiche, non plus les héros mais leurs pendants plus violents, les super-criminels.

Enfin un nombre assez réduit du large panorama qu’offre l’univers DC en matière de hors-la loi, le récit contenant à peine trois numéros, le malicieux scénariste Tom Taylor a dû faire des choix. Ce dernier prouve encore une fois qu’il maîtrise l’univers DC sur le bout des doigts, il n’a pas son pareil pour planter des personnages en quelques répliques et à nous attacher à ses personnages en quelques cases. Le récit est parcouru par une tension dramatique et fataliste avec quelques touches d’humour, avec notamment l’utilisation d’un personnage sous-employé, le creeper qui se réserve les dialogues les plus drôles et absurdes. On pourra aussi noter l’ironie bienvenue dont sait user Tom Taylor comme lorsque la masse orgueilleuse qu’est Vandal Savage se fait surprendre pour la dernière fois de son interminable existence.

Une belle brochette de crapules et de psychopathes

En trois numéros à peine, le scénariste réussit à nous conter deux relations parents-enfants, la création d’un groupe de survivants, une relation touchante entre des enfants et une bande de super-criminels instables et une course-poursuite pour la survie des derniers êtres humains. Évidemment le récit est perclus d’ellispe et de raccourcis, le combat final entièrement féminin aurait mérité plus de pages mais les contraintes éditoriales ont conduit l’auteur à aller à l’essentiel.

La partie graphique est assurée par Karl Mostert, un artiste qui m’était inconnu jusqu’à présent. Son style se rapproche beaucoup de celui de Franck Quitely et même si j’adore toujours autant admirer ce style qui allie pose majestueuse et case gore et sanguinolente je trouve regrettable que cet artiste ne développe pas plus son propre style. D’autant plus que son travail sur les visages, très détaillés lors des deux premiers numéros, s’effiloche sur la fin et c’est surtout cette pauvre Cheetah qui en fait les frais.

Ça découpe à tout va, soyez prévenu

En espérant que DC n’épuise pas trop vite la source créatrice qui rend cette lecture si jouissive, cette lecture de la destruction d’un univers DC reste un plaisir jubilatoire en ces temps estivaux.

Résumé :

Un virus issu de l’équation Anti-Vie, l’arme fatale de Darkseid, a contaminé l’humanité, la plongeant dans une folie cannibale.

Les héros se retrouvent décontenancés et peinent à se réunir pour contrer cette épidémie. De leur côté, les super-criminels sont également dépassés et le jeu de la survie du plus fort commence au sein de cette communauté où tous les coups sont permis !

SCÉNARISTE : TAYLOR TOM – DESSINATEUR : Karl Mostert

L’emprise de Marc Dugain, qu’il est profond ce mal qui les ronge

Écrire sur la plus vieille ambition humaine ? Oui mais avec un style bien affirmé. Peindre une fresque réaliste et ambitieuse ? Oui mais avec un style propre et sans emphase. Ainsi agit Marc Dugain.

Ce premier tome de la trilogie sur la politique française de Marc Dugain pose les bases de ce qui s’annonce comme son projet le plus ambitieux. Avec un sujet aussi fort et qui remue des passions humaines complexes et diverses on aurait pu s’attendre à ce que l’auteur s’engage dans un récit où les émotions des protagonistes occupent le devant de la scène, c’est mal connaître l’auteur. Au déchaînement de la passion, il préfère la froideur des phrases assassines qui donnent à voir une piètre image du monde politique. On a parfois l’impression de lire le reportage d’un journaliste qui aurait réussi à s’infiltrer dans l’intimité des rouages du pouvoir politique français tout en conservant une certaine distance avec son sujet.

Sa plume d’une précision chirurgicale dissèque la vie politique française dans une expérience d’un réalisme glaçant. Peu d’humour dans cette autopsie qui ne laisse rien au hasard, mis à part dans les quelques portraits au vitriol qu’affectionne l’auteur et dans ces dialogues qui sont autant de piques envoyées à une caste qui n’a même plus conscience d’évoluer en dehors du monde dans lequel le peuple se débat jour après jour. À travers son intrigue aux ramifications internationales c’est un constat amer et pessimiste qui se dresse sous nos yeux. Les rivaux sont assassinés, au propre comme au figuré, sans qu’une voix ne se hausse. Les alliances avec les ennemis d’hier sont noués alors que les menaces n’étaient même pas voilées la veille. Quant aux rares bonnes décisions qui sont prises, elles sont acceptées avec tant de compromission et de mépris pour la vérité et la vie humaine que l’on en vient à douter de leur pérennité.

Un récit dense donc mais qui possède son propre rythme, plus posé que celui auquel on est en droit de s’attendre vu le sujet abordé. L’ambition de l’auteur n’est pas de produire un énième polar politique aux pages vite tournés, vite oubliés mais de développer un début de réflexion sur les cercles de pouvoir politiques et financiers et sur la manière dont ces hommes, que ni les sentiments ni la loi n’arrêtent, se positionnent sur l’immense échiquier de la politique en constant mouvement.

Pour conclure on peut se demander quelle est l’emprise réellement évoquée par le titre. La logique voudrait que l’on considère ces hommes de pouvoirs comme ayant une réelle maîtrise sur le jeu politique et par ricochet sur nos vies à tous. Mais les différents portraits d’hommes rongés par leurs ambitions nous amènent à voir les choses différemment, et si la véritable emprise était celle qu’exerce la soif de pouvoir sur ces êtres dénués de scrupules ? Une question qui renverse l’échiquier et nous amènent à les voir d’une autre manière, beaucoup plus humaine et misérable.

Nul doute que l’auteur appronfondira cette réflexion dans les tomes suivants de sa trilogie.

Résumé : Un favori à l’élection présidentielle, le président d’un groupe militaro-industriel, un directeur du renseignement intérieur, un syndicaliste disparu après le meurtre de sa famille, une photographe chinoise en vogue… Qu’est-ce qui peut les relier ? Lorraine, agent des services secrets, est chargée de faire le lien. De Paris, en passant par la Bretagne et l’Irlande, pourra-t-elle y parvenir ? Rien n’est moins certain. Neuf ans après La malédiction d’Edgar, Marc Dugain nous offre une plongée romanesque sans concession au coeur du système français où se mêlent politiques, industriels et espions.

  • Broché : 368 pages
  • Editeur : Folio (19 mars 2015)
  • Collection : Folio
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2070463044

Le lecteur de cadavres de Antonio Garrido, Candide au pays du soleil levant

Un auteur espagnol qui s’intéresse à la Chine antique ? Voilà qui avait de quoi susciter mon intérêt, je me plongeais rapidement dans la lecture de ce pavé de plus de 700 pages. Froide fût la douche que je reçus lorsque j’eus compris que l’auteur et moi n’étions pas du tout sur la même longueur d’onde.

Le sous-titre que j’ai donné à ma chronique donnera un indice quant à la direction que j’ai choisie de prendre. Voltaire et son personnage de Candide auront traumatisé assez de collégiens pour laisser une empreinte indélébile dans les esprits des lecteurs. Cette oeuvre figure-t-elle au chevet de l’auteur italien ? Difficile de croire le contraire lorsqu’on le voit à quel point son personnage est coulé dans le moule du célèbre récit publié au XVIII siècle.

Le personnage principal, le jeune Ci Song, et la manière dont celui-ci est développé constituent le principal problème. Le début de l’intrigue nous le présente comme un jeune paysan mais on apprend rapidement qu’il a étudié pendant quatre ans à l’université de la capitale Lin’an. Il a donc pu se frotter aux us et coutumes de la société chinoise de l’époque, il a même pu seconder un juge dans ses enquêtes criminelles. C’est donc un jeune homme de vingt-deux ans que nous introduit le récit, certes encore innocent à propos des choses de la vie mais pas non plus le campagnard reculé que l’on pourrait croire au premier abord. Pourtant ce pauvre Ci fait preuve d’une extrême naïveté et ce tout au long du récit. Une fois, deux fois passe encore, surtout sous le coup de l’émotion, mais à la troisième puis la quatrième fois où on le voit se faire berner par des antagonistes qui ont maintes fois fais preuve de leur duplicité la formule ne fonctionne plus.

Et ce trait de caractère constant se révèle être incohérent avec le don qui fait de lui un ancêtre de Sherlock Holmes, les déductions qu’il livre lors de ses investigations sont toujours bien amenées et surprenantes. Il s’agit des meilleurs passages du récit. De plus il sait faire preuve d’une grande malignité lorsqu’il s’agit de s’extirper de situations périlleuses avant de se remettre dans le pétrin cent pages plus loin. Comment expliquer qu’un personnage aussi instruit et intuitif lors de ses enquêtes soit complètement aveugle à la malveillance humaine à peine dissimulée ? Cette linéarité dans la construction du personnage lui ôte son authenticité, malgré l’aspect historique de l’œuvre et empêche de s’attacher à lui.

La plume de l’auteur est fluide, l’immersion dans le récit est immédiate et, si le récit n’échappe pas à quelques longueurs, il n’est jamais inintéressant. La représentation de la chine antique paraît fidèle même si je regrette le manque de subtilité des personnages. Les antagonistes que croise Ci durant son périple possèdent des traits grossiers alliant la cupidité, la cruauté et le mépris qui finit par décrédibiliser encore un peu plus le récit. Un peu de subtilité dans cet empire du soleil levant n’aurait pas fait de mal. Ce portrait grossier de la société chinoise de l’époque plus l’écriture de ce pauvre Ci font que le roman tient plus du conte que du polar historique et m’a personnellement empêché d’apprécier le récit dans son ensemble.

En somme les lecteurs qui attendent d’un récit qui les transportent ailleurs, à la découverte d’un monde disparu seront ravis. Ceux qui ,comme moi, attendent d’un récit qu’il fasse évoluer ses personnages à coups d’épreuves initiatiques, d’échecs fondateurs et de prise de conscience salvatrice seront déçus.

Résumé : Ci Song est un jeune garçon d’origine modeste qui vit dans la Chine du XIIIe siècle. Après la mort de ses parents, l’incendie de leur maison et l’arrestation de son frère, il quitte son village avec sa petite sœur malade. C’est à Lin’an, capitale de l’empire, qu’il devient fossoyeur des « champs de la mort » avant d’accéder à la prestigieuse Académie Ming. Son talent pour expliquer les causes d’un décès le rend célèbre. Lorsque l’écho de ses exploits parvient aux oreilles de l’empereur, celui-ci le convoque pour enquêter sur une série d’assassinats. S’il réussit, il entrera au sein du Conseil des Châtiments ; s’il échoue, c’est la mort. C’est ainsi que Cí Song, le lecteur de cadavres, devient le premier médecin légiste de tous les temps. Un roman, inspiré par la vie d’un personnage réel, captivant et richement documenté où, dans la Chine exotique de l’époque médiévale, la haine côtoie l’ambition, comme l’amour, la mort.

  • Editeur : Le Livre de Poche (3 juin 2015)
  • Collection : Policiers
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2253184195

Tout les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois, un style concis au service d’un destin tragique

Jean-Paul Dubois restait pour moi un auteur inconnu, j’avais entendu parler de certaines de ces oeuvres tel que Kennedy et moi, Vous plaisantez monsieur Tanner ou encore Une vie française mais sans jamais franchir le pas. Alors lorsque l’occasion s’est présentée je me suis dis que tant qu’à découvrir un auteur aussi prolifique autant commencer par son dernier ouvrage en date.

En refermant la dernière page l’impression qu’il m’en est resté est que l’auteur maîtrise sa narration à la perfection. Faire tenir les mémoires d’un homme en moins de 300 pages n’est pas donné à la première plume venue. Là où d’autres auteurs auraient eu besoin du double de page pour conter les malheurs de Paul Hansen, Jean-Paul Dubois parvient à tracer un chemin de vie en allant à l’essentiel.

Le récit se partage entre les souvenirs de Paul et sa vie actuelle au pénitencier de Bordeaux, dans la province de Montréal. Ses chroniques de prisonniers sont les plus accessibles car elles recèlent un humour burlesque incarné par son compagnon de cellule Horton, un Hell’s Angel accusé de meurtre qui a la phobie des rongeurs et des coiffeurs. Ses élucubrations apportent une respiration dans un récit qui possède par ailleurs une grande part de mélancolie.

Il faut dire qu’entre le couple improbable formé par ses parents, les déménagements, l’industrie minière et l’amiante ce pauvre Paul Hansen n’a pas eu une vie facile. Sa capacité à assimiler les drames de son existence et à les digérer est impressionnante. Une résilience qui fait de lui le témoin idéal d’une époque en plein changement.

Le style concis et précis de l’auteur lui permet d’intégrer de nombreux personnages secondaires sans surcharger son récit. On fait ainsi la connaissance de ses parents, de sa femme Winona, son voisin et ami Kieran Read ou encore l’ignoble Sedgwick. Sous sa plume c’est un destin tragiquement banal qui prend forme, celui d’un homme ballotté par la vie et qui atteint son point de rupture alors que la vie vient de lui infliger une nouvelle et tragique épreuve.

Cet ouvrage qui a remporté le prix Goncourt en 2019 est le premier mais sans doute pas le dernier signé par cet auteur dans lequel je me plongerais.

Résumé: Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal. Il y partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre.
Retour en arrière: Hansen est superintendant a L’Excelsior, une résidence où il déploie ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et – plus encore – de réparateur des âmes et consolateur des affligés. Lorsqu’il n’est pas occupé à venir en aide aux habitants de L’Excelsior ou à entretenir les bâtiments, il rejoint Winona, sa compagne. Aux commandes de son aéroplane, elle l’emmène en plein ciel, au-dessus des nuages. Mais bientôt tout change. Un nouveau gérant arrive à L’Excelsior, des conflits éclatent. Et l’inévitable se produit.
Une église ensablée dans les dunes d’une plage, une mine d’amiante à ciel ouvert, les méandres d’un fleuve couleur argent, les ondes sonores d’un orgue composent les paysages variés où se déroule ce roman.
Histoire d’une vie, Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon est l’un des plus beaux livres de Jean-Paul Dubois. On y découvre un écrivain qu’animent le sens aigu de la fraternité et un sentiment de révolte à l’égard de toutes les formes d’injustice.

  • Broché : 256 pages
  • Editeur : L’Olivier; Édition : 01 (14 août 2019)
  • Collection : Littérature Française
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2823615164

Ju-On: origins saison 1 sur netflix, mais arrêtez d’entrer dans des maisons inconnues!!!

Le film Ju-on ,ou the grudge comme il fut renommé après sa traversée de l’océan Pacifique, reste l’un des souvenirs de visionnage le plus terrifiant de toute ma vie. Je me souviens être resté tétanisé pendant le générique de fin, complètement paralysé par cette histoire de fantôme vengeur sans pitié. Lorsque la dernière image du générique fut passé l’écran de mon ordinateur devint noir, je me retrouvais donc seul dans ma chambre, dans le noir complet, avec des images toutes plus glauques les unes des autres imprimées sur ma rétine. Des années après ce film reste une référence du film d’horreur, avec son ambiance mélancolique imprégnée de solitude et de tristesse. Je n’ai pas vu les suites, qui n’ont pas la réputation d’être à la hauteur du premier opus mais l’annonce d’une série en partie produite par netflix a su titiller ma curiosité.

C’est donc parti pour une petite séance de frisson, petite car la série contenant six épisodes de trentes minutes, générique compris, on peut rapidement la binge watcher. Par contre il n’y a pas de doublage en français alors qu’un doublage allemand est possible, parfois il ne faut pas chercher à comprendre. Certains sous-titres sont complètement à côté de la plaque dans leurs traductions mais rien de bien méchant.

QUI? QUAND? COMMENT ?

Le vrai problème de la série vient des choix scénaristiques faits par les producteurs. La narration est décousue, non seulement l’on va nous raconter plusieurs histoires avec différents personnages mais en plus celles-ci ne se passent pas en même temps. Certains récits s’étalent sur plusieurs années alors que d’autres à tiennent en quelques jours ou mois. Autant ce choix peut s’expliquer dans le cadre d’une intrigue plus complexe aux ramifications multiples mais là il s’agit d’une histoire d’épouvante, pourquoi compliquer un sujet qui se doit d’être simple pour captiver le spectateur? Arrivé au sixième épisode j’étais incapable de’savoir si l’on était en 1988, 1995 ou à une autre époque. La série n’est parvenue à me faire peur qu’à de rares occasions mais elle sera parvenue à m’embrouiller complètement dans sa narration.

Les différentes trames narratives se suivent sans réelle passion. La série instaure une certaine atmosphère mystérieuse et glauque avec quelques fulgurances gores il faut lui reconnaître cela. Mais elle échoue complètement à nous faire ressentir quoique soit pour ses différents personnages, sans même parler de suspens. Si la série s’était concentrée sur deux ou trois personnages elles auraient pu brosser des portraits convaincants mais là non seulement ces personnages n’ont pas le temps d’exister mais ils paraissent également assez antipathiques pour la plupart.

Prenons par exemple le personnage de Yasuo Odajima, l’enquêteur du paranormal, qui passe les premiers épisodes à déambuler en posant les mêmes questions avant de se souvenir subitement du drame familial qui le relie à la maison la plus flippante de la banlieue tokyoïte en fin de saison. Le jeu impassible de son interprète, Yoshiyoshi Arakawa, n’aide pas à donner consistance à ce personnage qui est pourtant l’un des principaux de cette première saison. Les autres personnages sont à l’avenant, la lycéenne traumatisée et traumatisante est complètement incohérente dans ces décisions et la jeune actrice débutante, Haruka Honjo, est sous-développée.

-Ca va faire peur? -Bof, par contre on va bien se faire chier

UNE MACABRE DÉCOUVERTE…

Il va falloir m’expliquer également cette obsession pour les faits divers sordides qui parcourt la saison, si c’était pour servir de marqueur temporel il y avait d’autres moyens d’ancrer la série dans les différentes époques parcourus. Si la volonté des producteurs était de relier la série aux films à travers ces faits divers, qui jouent un rôle dans le premier film, c’est que l’héritage de celui-ci est bien pauvre ou incompris. La série dresse un portrait bien sombre et misérable de la société japonaise où les conflits familiaux se règlent dans le sang mais cela paraît artificiel et creux à tel point que je n’ai pas pu m’empêcher de lever les yeux au ciel lorsqu’un énième fait diver sanglant n’ayant même pas de rapport lointain avec le thème de la série est évoqué dans les derniers épisodes.

Toi après avoir regardé le journal télévisé japonais

De l’esprit du film il ne reste plus grand-chose dans cette série qui passe complètement à côté de son sujet, à savoir l’épouvante. À part quelques images fugaces qui rappelleront l’ambiance du premier long-métrage. La saga Ju-On mérite mieux que ces origines brouillonnes et creuses.

Synopsis: Un chasseur de phénomènes paranormaux cherche désespérément une maison maudite où une mère et son enfant ont été les victimes d’un drame il y a bien longtemps.

Depuis 2020 / Epouvante-horreur
Titre original : Ju-On: Origins
Nationalité Japon

Chaîne d’origine Netflix

Bande-annonces : https://youtu.be/MJqHpN9b0U4

Dceased de Tom Taylor et Trevor Hairsine, lorsque super-héros et post-apo font bon ménage

Les grands éditeurs de comics que sont DC et marvel adorent construire un univers cohérent aux ramifications multiples. L’aspect négatif de ces immenses châteaux de cartes où se côtoient la science, l’espace, la magie et les dieux c’est que tout est un peu figé et progresse lentement à coups de crossovers* qui promettent de tout changer et de retcon* plus ou moins bien amenés. C’est la raison pour laquelle, de temps en temps, ces deux mastodontes de l’industrie du comics aiment bousculer leurs univers très codifiés à travers des mini-série qui laissent plus de marges de manœuvre aux scénaristes même si elles se situent en dehors de la continuité officielle et ne provoquent aucun changement majeur.

DÉVORER LES TOUS

Alors que Marvel a déjà franchi le pas il y a cela plusieurs années avec la série Marvel zombie, DC n’a lancé la publication de Dceased que l’année dernière. Les deux big two s’étant souvent influencé au cours des décennies, le reproche a encore été fait à DC ajoutant à cela que la mode des zombies est passé depuis un moment. Mais là où Marvel a voulu poursuivre le succès de sa série de héros putréfiés jusqu’à la perte d’inventivité DC a décidé dès le départ que Dceased serait une mini-série qui s’achevait au sixième numéro. De plus l’éditeur a eu l’excellente idée de confier la réalisation de cette mini-série à Tom Taylor qui chapeaute déjà la série Injustice qui, dans le thème de la déconstruction d’univers envoie du lourd. Le scénariste est un fin connaisseur de l’univers DC et nul doute qu’il a pris un grand plaisir à redistribuer les cartes pour nous conter sa fin d’un monde.

Cassez vous je ne suis pas câlin

COURT MAIS INTENSE

L’aspect mort-vivant n’est finalement pas tellement développé. Les victimes ne sont pas simplement des rôdeurs affamés mais des vecteurs d’une malédiction qui veut la mort de toute chose. On passera rapidement sur l’aspect incongru et irréaliste du mode de propagation. Le but est ailleurs, comment des héros, habitués à triompher de leurs adversaires à coups de poing, vont pouvoir lutter face à un ennemi insaisissable, qui se répand à la vitesse de la lumière et qui les obligent à se dresser face à leurs anciens alliés ? Tom Taylor réussit parfaitement le challenge de conter le dernier combat désespéré des plus grands héros de DC, il réussit en quelques deux cents pages à mettre en scène l’apocalypse de manière grandiose. Un souffle épique balaie les sept numéros de cette mini-série. Pourtant aussi maîtrisée que soit son scénario, certaines situations auraient mérité plus de développement. On sent parfois que l’auteur aurait voulu s’attarder sur des scènes comme la bataille des amazones ou la chute d’Atlantis mais il fallait que le récit tienne en sept numéros alors des choix ont dû être faits.

SANGLANTS CROQUIS

Trevor Hairsine assure la majeure partie de la partie graphique. Un artiste que j’ai tendance à trouver brouillon mais il faut reconnaître qu’il s’en sort plutôt bien lorsqu’on lui laisse le temps. Les infectés sont très détaillés, écorchés et sanguinolents, contrairement aux arrières plans mais c’est souvent le cas dans les comics américains. On trouve aussi les dessins de James Harren en complément pour le premier numéro ainsi que Darick Robertson et Laura Braga pour un épisode spécial. Le titre parvient à conserver une hégémonie artistique, malgré des styles très différents, puisque ces artistes talentueux ne sont là que pour illustrer des interludes.

Superman tient la tête d’affiche grâce à une écriture fine et touchante

Dceased a donc tout du divertissement honnête, sans réel propos de fond mais avec un sens de l’héroïsme et du sacrifice qui revient aux fondamentaux du rôle de super-héros. Le tout au service d’une intrigue tendue de la première à la dernière page. Une nouvelle déclinaison de l’univers DC qui ravira tous les amateurs de récit apocalyptique qu’ils soient passionnés par l’univers de DC ou pas.

Résumé:

Darkseid a de nombreuses fois tenté de conquérir la Terre et de réduire à néant les super-héros qui la défendent.

Mais aujourd’hui, il y est parvenu. Lors d’un combat contre la Ligue de Justice, le seigneur d’Apokolyps a déchaîné toute la puissance de l’équation d’anti-vie, faisant ainsi du monde un enfer habité d’individus contaminés et hystériques qui se dévorent les uns les autres. Et face au chaos planétaire de l’anti-vie, les héros sont aussi vulnérables que désemparés.

*un crossovers est la rencontre entre différents héros d’un même éditeur ou d’une autre maison d’édition autour d’une histoire commune souvent conté dans une mini série dédié

*le retcon est une pratique scénaristique qui consiste à insérer de nouveaux éléments dans le passé d’un personnage. Le terme est issue de la contraction de rétro continuité. Le meilleur exemple est la création du personnage d’Elektra dans le comics Daredevil par Franck Miller.

Zombie story tome 2 zombie nation de David Wellington, regarde le monde brûler

Après un premier tome fantasque qui réunissait tous les ingrédients de la bonne grosse série Z décomplexée, David Wellington revient avec un second tome de son apocalypse zombie. Alors que le premier volume mettait en scène un combat du bien contre le mal somme toute assez classique malgré les tentatives de l’auteur d’insérer de nouveaux éléments, ce second volume fait plutôt penser à un road-movie crépusculaire.

Les 100 premières pages n’offrent rien d’original, le monde s’effondre, personne n’y peut rien et c’est la panique générale. Du déjà vu mais les afficionados de lecture apocalyptique y trouveront leurs comptes. Le récit se concentre rapidement sur deux personnages principaux. Le premier n’est rien d’autre qu’une morte-vivante amnésique mais toujours consciente tandis que le deuxième est un capitaine de la garde nationale qui tente tant bien que mal de garder le contrôle de la situation.

Si ces deux personnages principaux avaient été correctement écrits le récit auraient pu être vraiment plaisants à suivre mais malheureusement ce n’est pas le cas. Clark se révèle complètement impuissant face à la menace mondiale et son personnage se résume à celui de bon petit soldat sans imagination. Il est tout juste bon à constater l’anéantissement de son monde. Le choix d’en faire un personnage sans attache ne contribue pas à en faire un héros attachant. Son profil est sans relief et son arc narratif ne parvient jamais à lui accorder ce sursaut d’instinct de survie pourtant nécessaire à ce genre de personnage.

Le cas de Nilla est plus problématique, son personnage de zombie amnésique en quête de réponse aurait pu être intéressant mais cela n’est jamais développé de manière passionnante. Nilla est une page blanche, donc elle aussi sans attache, qui doit aller d’un point A à un point B. Alors que son trajet aurait pu être original et palpitant. À la place on se retrouve avec une fuite éperdue qui n’utilise jamais les caractéristiques du personnage à son avantage, on aurait pu voir Nilla éviter des chasseurs humains ou tenter de communiquer avec ses pairs putréfiés au lieu de ça Nilla parlemente avec un mage mort et un télépathe reclus sortis de nulle part.

L’intrigue ne décolle jamais vraiment et les ajouts de l’auteur paraissent forcés, importants mais développés de manière bancale et finalement ils n’apportent pas grand chose au récit. Un récit qui paraît brouillon et très loin de l’action débridée que proposait le premier volume. L’auteur a voulu engager une réflexion sur l’humanité, la solitude et le sentiment d’abnégation mais le tout est maladroit et manque de profondeur.

Il ne reste plus qu’à espérer que l’auteur se sera débarrassé de ses démons pour le troisième et dernier tome et parvienne à revenir aux fondamentaux qui faisaient tout l’intérêt de son intrigue apocalyptique.

Résumé: Un jour les morts se sont relevés… Une vague de terreur et de cannibalisme se répand aux États-Unis. Bannerman Clark, capitaine de la Garde nationale, est chargé d’une mission capitale : découvrir l’origine de ce désastre et l’empêcher de gagner Los Angeles. Son enquête le mène en Californie où une femme détiendrait le secret de l’Épidémie. Mais elle est frappée d’amnésie. Et pour la protéger, Bannerman doit venir à bout de zombies de plus en plus nombreux, invisibles ou dotés de pouvoirs dignes de super-héros. Apprenez comment l’horreur a commencé…

  • Poche : 416 pages
  • Editeur : Bragelonne (14 juillet 2010)
  • Collection : Terreur
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2811203648
  • ISBN-13 : 978-2811203641

La Légion de la terreur: La Guerre des démons, T1 de Raymond E. Feist | 10 JUIN 2020

À l’autre bout de l’univers, un peuple est harcelé par une horde de démons terrifiants. Le monde des Taredhels était autrefois un vaste empire. Désormais, il n’est plus que ruine et cauchemar. Seul un espoir subsiste : une planète ancrée dans l’histoire de leurs lointaines origines… Convaincus que Midkemia est cette planète, les Taredhels souhaitent la reconquérir.

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Chronique : C’est quand même incroyable, le monde de Midkemia ne peut jamais avoir la paix alors qu’il se remet à peine d’une guerre et que Pug est parvenu à créer une organisation secrète composée de guerriers aux profils divers, voilà que ces maudits démons, que l’on pensait exterminés, pointent à nouveau leurs cornes.

Raymond E. Feist applique une recette qu’il maîtrise à la perfection avec cette nouvelle saga qui se passe dans le même univers qu’il peaufine depuis maintenant plus de trente ans. Sa narration simple et fluide permet d’arpenter ce vaste univers de manière complètement sereine sans se sentir complètement perdu. L’intrigue des tomes précédents est résumée de manière à permettre à chacun de prendre ses marques. De nouveaux personnages font leur apparition et renforce ce sentiment de découverte pour les nouveaux lecteurs qui ne connaissent pas encore cet univers qui s’étend même sur d’autres mondes.

En ce qui concerne les personnages il faut bien avouer qu’il est plus facile de s’attacher à ceux qui ont un rythme biologique semblable aux nôtres, comme Sandreena par exemple, que ceux qui annoncent leurs longévités comme qui rigolent. Difficile de s’identifier à un personnage qui affiche plusieurs siècles au compteur. Le choix de l’auteur de faire du peuple elfes, les Taredhels, des êtres hautains et méprisants paraît un peu étrange. Comment ressentir de l’empathie pour un peuple qui passe son temps à clamer son aversion pour les autres races ? Les prochains volumes apporteront peut-être une réponse en indivisualisant un peu plus ces réfugiés désespérés mais antipathiques.

Pug, qui a tenu le haut de l’affiche lors de nombreuses aventures précédentes, est plus en retrait dans ce tome. Tome qui introduit parfaitement l’intrigue de la saga mais qui souffre aussi de cet état malheureusement. En effet, arrivé à la fin de l’ouvrage on a l’impression d’avoir assisté à une longue introduction de 400 pages. L’auteur n’en finit pas de mettre en place son intrigue à l’aide de chapitres explicatifs très bavards durant lesquels les redondances se multiplient. Les derniers chapitres offrent des scènes qui laissent enfin place à l’action, la situation se dénoue enfin et certains antagonistes qui n’étaient que nommaient depuis le début du récit font enfin leurs apparitions, mais par rapport au potentiel que laisse entrevoir la saga, ces quelques scènes d’action ne sont pas une mise en bouche suffisante.

Nul doute que l’auteur saura rendre plus consistant les tomes suivants afin de rendre cette guerre des démons un peu moins sage et un peu plus trépidante.

Note : 8,5/10

 

  • Poche : 440 pages
  • Editeur : Bragelonne (10 juin 2020)
  • Collection : La Guerre des démons (1)
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028108373

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