NONAME – Tome 2 de Rafal Jaki (Auteur), Machine Gamu (Dessins)

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Alors que Ralf et Ursula poursuivent leur enquête sur les No Name, Åke, un haut placé du NNB, est assassiné. Un étrange message est retrouvé sur son corps.

Avec ce deuxième tome, NONAME quitte le terrain de l’exposition pour entrer pleinement dans celui du vertige. Là où le premier volume posait les règles d’un monde gouverné par le pouvoir des prénoms, cette suite en explore désormais les failles, les mensonges et la violence systémique.

Ralf et Ursula poursuivent leur enquête sur les mystérieux No Name, ces individus privés d’identité officielle, rejetés hors du cadre légal et devenus l’angle mort du système. Mais l’équilibre déjà fragile du Nordic Name Bureau vacille lorsqu’Åke, l’un de ses membres les plus influents, est retrouvé assassiné. Sur son corps, un message énigmatique laisse entendre que ce meurtre n’est pas un simple acte isolé, mais le symptôme d’une guerre idéologique en train de naître.

À partir de ce point de rupture, le récit prend une ampleur nouvelle. NONAME cesse d’être uniquement une enquête surnaturelle pour devenir un thriller politique, où chaque personnage incarne une position morale face au pouvoir : obéir, détourner les règles, ou les faire exploser.

Ralf, jusqu’ici fonctionnaire loyal malgré ses doutes, commence à soupçonner que la vérité se trouve du côté de ceux que le système qualifie de monstres. Sa quête personnelle le pousse à retrouver une figure du passé, révélant peu à peu que personne, pas même les enquêteurs, n’est innocent dans l’ordre établi.

La grande force de ce tome réside dans sa capacité à complexifier son univers sans jamais le diluer. Les notions de prénom, d’héritage et de destin prennent une dimension plus tragique encore. Le nom n’est plus seulement une source de pouvoir : il devient un instrument de domination sociale, un outil de sélection et d’effacement.

Rafal Jaki affine ici son écriture avec une grande maîtrise. Les dialogues gagnent en gravité, la narration se fait plus tendue, parfois étouffante. Le rythme s’accélère sans perdre sa profondeur, laissant volontairement le lecteur dans une zone d’inconfort permanent. Rien n’est jamais totalement expliqué, et cette part d’ombre nourrit l’intensité du récit.

Visuellement, Machine Gamu poursuit son travail remarquable. Son dessin gagne en contraste, multipliant les jeux d’ombres et les compositions fragmentées. Les visages se déforment sous le poids des révélations, tandis que les décors — couloirs administratifs, zones interdites, rues anonymes — deviennent le reflet d’une société qui se fissure. Chaque planche participe à cette sensation d’effondrement progressif.

Ce tome 2 marque également un basculement émotionnel. L’univers n’est plus observé de l’extérieur : il atteint désormais ses personnages de plein fouet. La frontière entre bourreaux et victimes s’efface, laissant place à une vérité plus dérangeante : le système n’est pas corrompu, il fonctionne exactement comme prévu.

NONAME interroge alors frontalement notre rapport à l’identité, à la normalisation et à la peur de ceux qui échappent aux cases. Que devient un individu lorsqu’il n’a plus de nom ? Est-il libre… ou condamné à l’invisibilité ?

Avec ce deuxième volume, la série confirme son ambition littéraire et politique. Rarement un manga contemporain aura su mêler aussi efficacement concept fantastique, critique sociale et tension narrative.

Un tome dense, sombre et profondément intelligent, qui transforme l’enquête en acte de résistance et annonce une suite où plus rien — ni les noms, ni les institutions, ni les personnages — ne pourra rester intact.

ASIN ‏ : ‎ B0FVDY98NT Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 15 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042022006

NONAME – Tome 1 de Rafal Jaki (Auteur), Machine Gamu (Dessins)

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Dans un monde où le prénom d’une personne détermine ses pouvoirs, Ralf et Ursula travaillent pour le Nordic Name Bureau (NNB), chargé de contrôler ceux qui les attribuent.

Avec NONAME, Rafal Jaki — déjà remarqué pour son sens aigu des univers dystopiques — livre un premier tome aussi conceptuel que viscéral, porté par une idée forte : dans ce monde, le prénom détermine les pouvoirs, la destinée et parfois même la place sociale.

Un simple mot devient identité, arme ou condamnation.

Dans cette société régie par l’onomancie, le Nordic Name Bureau (NNB) agit comme une autorité de contrôle. Son rôle : surveiller ceux qui attribuent les prénoms, prévenir les abus et maintenir un fragile équilibre entre les individus. C’est au sein de cette institution que travaillent Ralf et Ursula, deux enquêteurs que tout oppose, mais unis par une même lassitude face à un système qu’ils servent sans vraiment y croire.

Lorsqu’ils sont appelés à enquêter sur la disparition inexpliquée d’une mère et de son enfant, l’affaire semble d’abord banale. Mais très vite, la piste mène à un homme nommé Bodil — un prénom chargé de symboles et de conséquences. À partir de cette rencontre, le récit bascule dans une spirale plus sombre, où chaque nom cache une vérité, et où l’identité devient une prison.

Le manga déploie alors une réflexion vertigineuse sur la fatalité sociale, la transmission et le poids du langage. NONAME interroge ce que signifie être nommé, étiqueté, défini avant même d’avoir choisi qui l’on est. Le prénom n’est plus un héritage affectif : il devient un verdict.

Graphiquement, Machine Gamu impressionne par un trait nerveux et anguleux, parfois brutal, qui épouse parfaitement l’atmosphère froide et bureaucratique du récit. Les décors urbains, massifs et oppressants, évoquent une Europe du Nord dystopique, entre brutalité industrielle et mysticisme ancien. Les visages marqués, presque sculptés, renforcent le sentiment d’un monde figé où chacun porte sur lui le poids de son nom.

La narration, volontairement dense, refuse toute facilité. Le lecteur avance à tâtons, comme les enquêteurs eux-mêmes, découvrant peu à peu les règles de ce monde inquiétant. Cette exigence renforce l’immersion et donne au récit une vraie maturité, rare pour un premier tome.

Mais NONAME ne se contente pas d’un concept brillant. Il s’attache aussi à ses personnages, à leurs failles, à leurs doutes. Ralf incarne l’obéissance fatiguée ; Ursula, la colère contenue. Tous deux évoluent dans un univers où même la rébellion semble déjà écrite à l’avance.

Entre polar surnaturel, dystopie politique et fable philosophique, NONAME – Tome 1 pose les bases d’une série ambitieuse, sombre et profondément contemporaine. Une œuvre qui parle de contrôle social, de déterminisme et de liberté individuelle sans jamais sacrifier le suspense ni l’émotion.

Un manga aussi stimulant qu’inquiétant, qui transforme une simple question — comment t’appelles-tu ? — en interrogation existentielle majeure.

Un premier volume dense, audacieux et prometteur, qui marque une entrée remarquable dans le paysage du manga de genre.

ASIN ‏ : ‎ B0FVDLBR6Z Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 15 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 208 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042020903

La Fin du Courage Avec Isabelle Adjani et Laure Calamy – Théâtre de l’Atelier, Paris

Isabelle Adjani et Laure Calamy explorent le courage féminin dans une adaptation théâtrale captivante de La Fin du courage au Théâtre de l’Atelier.

Il est rare qu’une pensée philosophique trouve une traduction scénique aussi juste, aussi incarnée et profondément humaine que La fin du courage. Adaptée librement de l’essai éponyme de Cynthia Fleury, cette lecture mise en scène transforme une réflexion intellectuelle majeure en expérience sensible, portée par la puissance du théâtre et la grâce de l’interprétation.

Sur scène, deux femmes se font face. Une auteure — philosophe, penseuse du politique et de l’intime — et une journaliste. Deux figures contemporaines, deux manières d’habiter le monde, deux postures face à la violence sociale, à l’usure morale, au sentiment d’impuissance. À travers quatre actes, quatre situations, leurs échanges dessinent une cartographie du découragement moderne : fatigue démocratique, effritement du sens, brutalité du réel, difficulté à « tenir » sans se renier.

Le texte avance par fragments, par élans et résistances, refusant toute démonstration figée. Ici, la philosophie ne surplombe jamais l’émotion : elle la traverse. Les mots interrogent la chute, le doute, la honte parfois, mais aussi la nécessité vitale du courage — non comme héroïsme spectaculaire, mais comme exercice quotidien, fragile, recommencé.

La mise en scène de Jacques Vincey choisit la retenue et la précision. Une scénographie épurée, presque nue, laisse toute la place aux corps, aux silences et aux regards. Rien n’illustre : tout accompagne. Le théâtre devient un espace de pensée vivante, un lieu où l’écoute importe autant que la parole.

La singularité du projet réside dans son dispositif : six duos de comédiennes se relaient pour incarner les deux personnages. Chaque duo apporte sa couleur, sa respiration, sa tension propre. Cette pluralité de voix, loin d’affaiblir le propos, l’enrichit. Elle prolonge la pensée de Cynthia Fleury elle-même, pour qui le courage ne peut se construire qu’à plusieurs, dans la confrontation des expériences et des sensibilités.

Parmi ces interprétations, la rencontre entre Isabelle Adjani et Laure Calamy frappe par sa justesse. L’une, habitée par une intensité presque tellurique ; l’autre, ancrée dans une modernité nerveuse, lucide, souvent traversée d’ironie. Ensemble, elles donnent chair à ce dialogue où la gravité n’exclut jamais l’humour, où la lucidité se pare d’autodérision, où la pensée respire.

La fin du courage ne propose ni réponse toute faite ni leçon morale. Elle pose une question essentielle : comment continuer à faire face quand le monde devient brutal, instable, parfois vulgaire ? Comment ne pas céder au cynisme ni à la fuite ? Où puiser la force — et auprès de qui ?

À mesure que le spectacle avance, quelque chose se déplace. Ce qui semblait opposition devient reconnaissance. Ce qui paraissait faiblesse devient point d’appui. Le courage n’est plus une injonction, mais un lien. Une capacité à tenir ensemble.

Plus qu’une lecture théâtralisée, La fin du courage est une traversée intérieure, une fable contemporaine sur la dignité, le doute et la persévérance. Un moment rare où la philosophie cesse d’être abstraite pour redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une manière de vivre.

Le Presque dernier des dinosaures de Barroux

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Dino est le dernier des dinosaures. Malgré tout, il traverse la vie, heureux et confiant.

Avec Le Presque dernier des dinosaures, Barroux signe un album tout carton grand format d’une rare délicatesse, destiné aux tout-petits mais traversé par une émotion universelle. Au cœur du récit, Dino, qui se croit seul au monde, avance dans la vie avec une sérénité désarmante. Autour de lui, le temps passe, les saisons se succèdent, la nature change — et Dino continue de rêver, de jouer et de grandir, porté par une confiance tranquille.

Le texte, volontairement épuré, laisse toute la place au rythme du quotidien : le jour et la nuit, la pluie et la neige, l’attente et l’émerveillement. Cette simplicité narrative permet une lecture fluide, parfaitement adaptée aux jeunes enfants, tout en ouvrant un espace de projection sensible pour l’adulte lecteur.

Les illustrations de Barroux, reconnaissables entre toutes, mêlent aplats de couleurs, textures douces et compositions aérées. Le regard expressif de Dino et les paysages changeants créent une atmosphère à la fois chaleureuse et contemplative, propice à l’éveil visuel et émotionnel.

Puis vient la surprise : un événement inattendu qui transforme le regard porté sur la solitude et ouvre l’histoire à une fin lumineuse et rassurante, parfaitement pensée pour les plus jeunes.

À la croisée du récit initiatique et de la poésie graphique, Le Presque dernier des dinosaures aborde avec finesse la solitude, la découverte de l’autre et la joie de la rencontre, sans jamais être anxiogène.

ASIN ‏ : ‎ B0FR8BRB2G Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 2 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 28 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023522617

Hiver pop de Aurore Petit

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L’arrivée du grand froid, le feu dans la cheminée, la descente en luge, la bonne tasse de chocolat chaud, l’ours qui hiberne, le feu d’artifice du Nouvel an… ouvrez cet imagier tout carton et découvrez 6 adorables pop-up pour célébrer l’hiver.

Avec Hiver pop, Aurore Petit invite les tout-petits à plonger au cœur de la saison froide à travers un imagier tout carton aussi tendre que ludique. Pensé pour les jeunes lecteurs, l’album célèbre les petits bonheurs de l’hiver : la neige qui tombe, la luge qui dévale la pente, la chaleur du feu de cheminée, le chocolat chaud fumant, l’ours qui s’endort pour l’hibernation ou encore les lumières du Nouvel An.

Chaque double page réserve une surprise grâce à six pop-up délicats et robustes, parfaitement adaptés aux mains des enfants. Le mécanisme est simple, fluide et résistant, permettant une véritable interaction tout en favorisant la découverte sensorielle.

Le trait d’Aurore Petit, immédiatement reconnaissable, mêle formes épurées, couleurs douces et personnages expressifs, créant un univers rassurant et joyeux. L’ensemble dégage une atmosphère chaleureuse qui contraste avec le froid extérieur et accompagne les premières lectures partagées.

À la fois livre-jeu et imagier poétique, Hiver pop stimule la curiosité, enrichit le vocabulaire et développe l’observation, tout en transformant chaque page en petit spectacle visuel.

ASIN ‏ : ‎ B0FRRCH2HC Éditeur ‏ : ‎ MARTINIERE J Date de publication ‏ : ‎ 2 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 12 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1040124313

Bourricorne de José Fragoso

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Bruno le bourricot en a assez de sa vie monotone à la ferme Bellevue. Il sent bien qu’il n’est pas un animal comme les autres: il est né pour être une bête de scène et il fera tout pour le devenir.

Avec Bourricorne, José Fragoso signe un album jeunesse plein d’énergie, d’humour et de fantaisie, porté par un héros aussi attachant qu’absurde : Bruno, un bourricot persuadé qu’il est destiné à la gloire.

Las de la routine de la ferme Bellevue, Bruno rêve de projecteurs, de costumes et d’applaudissements. Convaincu qu’il n’est pas un âne comme les autres, il décide de tenter sa chance au Théâtre des Merveilles en se faisant passer pour une licorne… ou presque. Car Bruno n’est pas une licorne ordinaire : il est un bourricorne, composé de 99 % de bourricot et d’1 % de licorne — un détail qu’il juge largement suffisant pour entrer dans la légende.

Le récit joue avec jubilation sur le décalage entre l’ambition démesurée du héros et la réalité parfois cruelle du spectacle. Entre quiproquos, rivalités et numéros plus ou moins convaincants, l’histoire interroge avec légèreté la quête d’identité, le besoin de reconnaissance et le droit de croire en ses rêves, même les plus farfelus.

Graphiquement, l’album déploie un univers expressif et coloré, où le mouvement et la théâtralité dominent. Les illustrations accentuent le comique de situation tout en donnant une véritable personnalité aux personnages secondaires, notamment cette mystérieuse fan prête à percer le secret de Bruno.

Sous ses allures de comédie loufoque, Bourricorne délivre un message bienveillant sur l’acceptation de soi, la différence et le courage d’oser être qui l’on est — même si l’on n’est licorne qu’à un pour cent. Un album joyeux, rythmé et irrésistible, parfait pour célébrer l’imagination et la confiance en soi dès le plus jeune âge.

Éditeur ‏ : ‎ Nopp Date de publication ‏ : ‎ 23 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ 1er Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 64 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 8412928954 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-8412928952

Dark gravity – La gravité obscure de Christian Clément

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À l’instant où Rebecca Houston aperçoit la foule des passants s’élever au-dessus des trottoirs de New York, elle sait que quelque chose de grave s’est produit au complexe Oméga.

Avec Dark Gravity – La gravité obscure, Christian Clément signe un roman de science-fiction spectaculaire et haletant, qui conjugue rigueur scientifique, sens aigu du rythme et ampleur cinématographique.

Le récit s’ouvre sur une vision saisissante : à New York, des passants se mettent soudain à flotter au-dessus des trottoirs. L’effondrement brutal des lois de la gravité annonce une catastrophe planétaire dont l’origine semble liée au complexe scientifique Oméga. Très vite, la panique gagne la planète tandis que Rebecca Houston, le professeur Mattis Magnusson et quelques survivants tentent de comprendre l’ampleur du désastre depuis les entrailles du métro.

En parallèle, à plus de trois cents kilomètres au-dessus de la Terre, la Station spatiale internationale dérive hors de son orbite. Coupés de toute communication, le commandant Andrew Scott et son équipage — alourdi par la présence de touristes spatiaux — se retrouvent confrontés à un dilemme vertigineux : tenter l’impossible en faisant plonger l’ISS vers la Terre pour espérer survivre.

Ces deux récits se répondent et s’entrelacent avec une efficacité remarquable. À la surface comme dans l’espace, le roman maintient une tension constante, portée par une narration chorale qui multiplie les points de vue sans jamais perdre le lecteur. L’arrivée d’Hélène, alpiniste française lancée à la recherche de son fils disparu, apporte une dimension profondément humaine à cette fresque scientifique, transformant la quête de survie en aventure émotionnelle.

Christian Clément maîtrise parfaitement les codes du techno-thriller. Les concepts scientifiques — gravitons, instabilité orbitale, effets relativistes — sont exposés avec clarté et intégrés à l’action, rendant la science accessible sans sacrifier la crédibilité. Les paysages urbains dévastés, plongés dans une étrange nuit bleutée, renforcent l’atmosphère apocalyptique du récit.

Au-delà du spectaculaire, Dark Gravity interroge notre dépendance à la technologie, la fragilité des équilibres physiques qui régissent notre monde et la responsabilité humaine face à des forces qu’elle comprend encore imparfaitement. La survie de l’humanité se joue autant dans les équations que dans les choix moraux.

Date de parution : 15/01/2026

Loin de moi de Christine Mari

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Mi-américaine, mi-japonaise, née à Tokyo mais élevée aux États-Unis, Christine s’est toujours sentie la moitié d’elle-même…

Avec Loin de moi, Christine Mari livre un récit intime et délicat sur la quête d’identité, le sentiment d’entre-deux et la difficulté de trouver sa place lorsque l’on appartient à plusieurs mondes sans jamais se sentir totalement chez soi.

Mi-américaine, mi-japonaise, née à Tokyo mais élevée aux États-Unis, l’autrice raconte le parcours d’une jeune femme convaincue qu’un retour au Japon lui permettra enfin de se réapproprier une part d’elle-même longtemps mise à distance. Ce voyage, pensé comme une réconciliation intérieure, prend la forme d’une année universitaire à Tokyo, porteuse d’espoirs et de promesses de complétude.

Mais très vite, le fantasme du « retour aux origines » se fissure. Là où Christine pensait retrouver un sentiment d’appartenance, elle découvre une autre forme d’isolement. Trop japonaise pour être perçue comme américaine, trop étrangère pour être considérée comme pleinement japonaise, elle se confronte à une identité fragmentée que ni la langue, ni les codes sociaux, ni la culture ne suffisent à réparer.

Le livre se distingue par sa grande justesse émotionnelle. Sans jamais forcer le trait, Christine Mari décrit les micro-blessures du quotidien : regards insistants, maladresses culturelles, attentes projetées par les autres. L’écriture, simple et sincère, s’accompagne d’illustrations sensibles qui traduisent visuellement le décalage intérieur de l’héroïne, souvent isolée dans des décors urbains pourtant grouillants de vie.

Loin de moi aborde avec finesse des thèmes profondément contemporains : la double culture, l’exil intérieur, la pression des origines et la construction de soi à l’âge adulte. Plus qu’un récit de voyage, l’ouvrage devient une méditation douce-amère sur ce que signifie « appartenir », et sur l’acceptation d’une identité plurielle qui ne se résout pas toujours.

  • Éditeur ‏ : ‎ Delcourt
  • Date de publication ‏ : ‎ 22 janvier 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 304 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2413088083
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2413088080

Le Test de Rungholt – La Méthode Belloc – tome 1 de Laurent Genefort

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L’humanité est sur le point d’entrer dans la Mosaïque, une vaste communauté extraterrestre.

Avec Le Test de Rungholt, premier tome de La Méthode Belloc, Laurent Genefort signe une entrée en matière particulièrement solide dans le champ de la science-fiction contemporaine francophone, mêlant enquête policière, hard science accessible et réflexion politique sur la cohabitation des espèces.

L’humanité s’apprête à rejoindre la Mosaïque, immense alliance extraterrestre. Avant toute intégration officielle, un test grandeur nature est imposé : une ville européenne, Rungholt, devient pendant vingt ans une zone expérimentale de coexistence entre humains et milliers d’espèces venues d’ailleurs. Une utopie diplomatique en apparence, mais rapidement fragilisée par la complexité biologique, culturelle et sociale de cette cohabitation forcée.

C’est dans ce contexte qu’intervient Ingrid Belloc, médecin légiste au caractère tranchant et à l’esprit rigoureusement scientifique. Affectée aux enquêtes criminelles impliquant des aliens, elle fait équipe avec l’inspecteur Mendoza, sous la supervision d’un contrôleur extraterrestre chargé de garantir la neutralité des investigations. Chaque affaire devient un défi inédit : comment déterminer une cause de mort quand les corps obéissent à des lois biologiques inconnues ? Comment distinguer crime, accident ou incompréhension culturelle ?

Laurent Genefort excelle dans la création d’écosystèmes extraterrestres crédibles. Chaque autopsie devient une exploration fascinante d’anatomies improbables, de logiques vitales étrangères et de systèmes biologiques cohérents, sans jamais noyer le lecteur sous la technicité. La science nourrit le suspense plutôt qu’elle ne le ralentit, et l’enquête policière sert de fil conducteur à une réflexion beaucoup plus large.

Au-delà du polar SF, Le Test de Rungholt interroge la notion même de coexistence : peut-on réellement vivre ensemble quand tout — physiologie, langage, morale, rapport à la mort — nous sépare ? La ville devient un microcosme politique où se croisent intérêts diplomatiques, peur du rejet, tentations xénophobes et manipulations institutionnelles.

Porté par une héroïne atypique, abrasive mais brillante, le roman impose un ton mature et exigeant, fidèle à la réputation de son auteur. Laurent Genefort démontre une nouvelle fois sa capacité à conjuguer imagination scientifique, sens du récit et profondeur thématique.

Un premier tome captivant, ambitieux et remarquablement maîtrisé, qui installe une série de science-fiction policière aussi intelligente que passionnante.

  • Éditeur ‏ : ‎ Albin Michel
  • Date de publication ‏ : ‎ 14 janvier 2026
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 304 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2226506489
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2226506481

Sorry, Baby de Eva Victor (Acteur, Réalisateur), Naomi Ackie (Acteur)

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Quelque chose est arrivé à Agnès. Tandis que le monde avance sans elle, son amitié avec Lydie demeure un refuge précieux. Entre rires et silences, leur lien indéfectible lui permet d’entrevoir ce qui vient après…

Avec Sorry, Baby, Eva Victor signe un premier film d’une délicatesse rare, à la fois intime, pudique et profondément humain. Le récit s’ouvre sur un événement qui ne sera jamais frontalement nommé : « quelque chose est arrivé à Agnès ». Ce choix narratif, loin de l’esquive, installe d’emblée une émotion sourde et durable, laissant au spectateur la place de ressentir plutôt que de comprendre.

Agnès avance difficilement dans un monde qui, lui, continue sans elle. Le temps semble disloqué, les gestes quotidiens chargés d’un poids invisible. Dans ce flottement, une seule chose tient bon : son amitié avec Lydie. Interprétée avec une justesse remarquable par Naomi Ackie, Lydie n’est jamais un soutien démonstratif ou héroïque, mais une présence constante, chaleureuse, essentielle. Leur relation devient le véritable cœur du film, un espace de respiration fait de silences, de rires maladroits et d’une tendresse jamais appuyée.

La mise en scène d’Eva Victor se distingue par sa sobriété : plans fixes, cadres épurés, attention portée aux corps et aux regards plutôt qu’aux dialogues explicatifs. Le film avance à pas feutrés, refusant tout pathos, préférant capter les micro-variations de l’âme, les moments où l’on croit aller un peu mieux avant de retomber. Cette retenue donne à Sorry, Baby une puissance émotionnelle d’autant plus forte qu’elle est contenue.

Le film parle de traumatisme sans jamais l’exploiter, de reconstruction sans promesse artificielle de guérison. Il s’intéresse à « l’après », à ce qui reste quand les mots manquent, quand le monde paraît légèrement décalé. Et surtout, il célèbre l’amitié comme un refuge vital, une force discrète capable de maintenir un lien avec la vie quand tout vacille.

Œuvre sensible et profondément sincère, Sorry, Baby s’impose comme un film de douceur et de résistance intérieure. Un regard juste sur la fragilité, porté par deux interprètes remarquables et une réalisatrice qui filme l’intime avec une maturité impressionnante.

Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du colis ‏ : ‎ 31,6 x 13,6 x 1,8 cm; 110 grammes Réalisateur ‏ : ‎ Eva Victor Format ‏ : ‎ PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 39 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 5 décembre 2025 Acteurs ‏ : ‎ Eva Victor, Kelly McCormack, Louis Cancelmi, Lucas Hedges, Naomi Ackie Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Anglais (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ Wild Side Video