Interview : Daniel Bultreys, scénariste des Foot Furieux Kids et artisan de l’humour en BD

Ancien éditeur chez Dupuis et Glénat, Daniel Bultreys est aujourd’hui l’un des scénaristes les plus actifs dans la bande dessinée humoristique jeunesse. Avec la série Foot Furieux Kids, il conjugue sens du gag, tendresse pour ses personnages et regard lucide sur le monde du sport. Rencontre.

Vous avez longtemps travaillé comme éditeur chez Dupuis et Glénat avant de devenir scénariste. Qu’est-ce qui vous a poussé à franchir le pas vers l’écriture ?

C’est clairement Dimitri Kennes, ancien directeur général de Dupuis, puis fondateur de sa propre maison d’édition, qui m’a mis le pied à l’étrier. Il me répétait souvent que j’avais « une bonne plume » et « une bonne dose d’humour ». Un jour, faute de trouver un scénariste pour adapter en BD la série de romans Passepeur, il me l’a proposé directement.

Après quelques secondes d’hésitation, j’ai accepté. À ma grande surprise, ma proposition a plu à Jean-Marc Krings, le dessinateur, et l’aventure a commencé ainsi. J’écrivais déjà auparavant, mais sans jamais terminer mes projets, car je trouvais l’exercice trop solitaire. La BD m’a permis de découvrir une vraie dynamique d’équipe, qui me convient parfaitement.

Votre formation en lettres a-t-elle influencé votre manière d’aborder le récit et la bande dessinée ?

Probablement dans les deux sens ! Si j’ai fait des études de lettres, c’est avant tout parce que je lisais énormément, romans comme BD. J’ai toujours accordé autant d’importance à la forme qu’au fond.

Aujourd’hui, j’attache un soin extrême au choix des mots, même pour des histoires légères. J’aime quand le style résonne et que la musicalité des phrases accompagne la lecture. Ce travail invisible, je le fais avec sérieux, en espérant qu’il touche le lecteur, même inconsciemment.

Après Momie en folie ou Brèves de caissières, vous vous consacrez à l’univers du football avec Les Foot Furieux Kids. Qu’est-ce qui vous a attiré vers cette thématique jeunesse et sportive ?

Là encore, ce sont les circonstances ! Pour la sortie d’un album BD des Diables Rouges avant la Coupe du monde au Qatar, Dimitri Kennes cherchait un scénariste. Par un concours de circonstances et de désistements, j’ai été sollicité. Le délai était très court, mais le projet a très bien pris avec le dessinateur Gürcan Gürsel.

Depuis, nous formons une équipe soudée. Le football, je le connais bien, ayant joué dans une petite équipe belge, et j’en suis toujours l’actualité. Cela me fournit une matière narrative inépuisable.

Dans Fini de rire, le président Duchemin impose aux enfants des règles absurdes. Cherchez-vous à pointer certains travers du sport amateur ?

Je cherche avant tout à faire rire. Mais il est vrai que la pression que certains adultes mettent sur les enfants dans le sport est une source d’inspiration. Ces projections démesurées sont à la fois drôles, absurdes… ou inquiétantes.

Comment se déroule la collaboration avec Gürcan Gürsel ?

Nous travaillons à distance, surtout par mail et Messenger. Gürcan, qui vit entre la Belgique et la Turquie, traduit souvent mes textes via Google Translate (rires). Il comprend mes intentions, et même s’il y a parfois des malentendus, ils sont vite réglés.

Ajoutons à cela que notre coloriste vit au Brésil ! On peut dire que notre série est une des plus internationales du paysage BD.

Le ton est très burlesque, parfois absurde. Quel rôle joue l’humour dans votre écriture ?

Je suis incapable d’écrire une histoire sérieuse. L’humour est mon mode d’expression naturel, dans la vie comme dans la BD. Même quand j’essaie, je finis toujours par glisser une vanne.

À qui s’adresse Les Foot Furieux Kids selon vous ?

À tout le monde, pas seulement aux passionnés de football ! Ce sont des histoires de groupe, de dynamique adulte/enfant, où chacun peut se retrouver. Le sport est une toile de fond. Ce qui compte, ce sont les relations humaines et les situations absurdes qu’elles génèrent.

Comment maintenez-vous un équilibre entre les gags et l’évolution des personnages ?

C’est fondamental ! Le format court nous permet d’alterner entre moments drôles et développement des personnages. Cette continuité est ce qui crée l’attachement chez les lecteurs. Contrairement à la série Foot Furieux, plus épisodique, ici les personnages grandissent avec les tomes.

Vous avez aussi scénarisé la série mère Les Foot Furieux. Quelles différences majeures avec Kids ?

La grande différence, c’est l’absence de personnages récurrents dans Les Foot Furieux. Cela change totalement la dynamique. On ne peut pas créer la même empathie. On est sur un format gag pur, souvent en une seule page.

Le trio enfants – coach – président fonctionne très bien. Comment avez-vous conçu cette dynamique ?

Ce sont les défauts qui font rire. Le coach est dépassé, le président autoritaire… Ce sont souvent les adultes les plus absurdes dans nos histoires, ce qui les rend drôles et attachants.

Quel est votre rythme de création ?

Je travaille le soir et le week-end, car j’ai un autre métier à temps plein. Je n’ai pas de plan détaillé en avance : j’écris au fil de l’eau, en fonction des idées, des dessins déjà réalisés, et parfois même des improvisations qui naissent d’un croquis.

Le tome 9 vient de paraître. La série évolue-t-elle avec les personnages ?

Oui, de plus en plus. Ce tome s’intitule Un seul être vous manque… et aborde les choix difficiles entre camaraderie et ambition. On tente d’ancrer la série dans des problématiques humaines, sans jamais perdre l’humour.

Comment travaillez-vous l’humour visuel avec Gürcan Gürsel ?

J’y mets évidemment mon grain de sel, à travers mes découpages, mais je dois humblement reconnaître à Gürcan une faculté incroyable à « humoriser » les personnages, notamment à travers des mimiques toutes plus drôles les unes que les autres. Il est vraiment très fort pour ça.

En tant qu’ancien éditeur, comment recevez-vous les retours des lecteurs ?

Je participe aux dédicaces avec plaisir, ce qui est rare pour un scénariste. Les retours des enfants et parents sont précieux : ils nous indiquent quels personnages plaisent, ce qui fonctionne… et ça m’aide beaucoup pour les albums suivants.

Vous avez aussi écrit Au grand magasin, plus adulte. Souhaitez-vous alterner entre genres ?

Au grand magasin, c’était certes plus adulte, mais on y a aussi remporté un Prix de l’Humour, donc je ne me refais pas ! Si j’avais plus de temps, je le ferais volontiers. Même sur des sujets plus graves, je glisserais toujours une touche d’humour. C’est plus fort que moi.

Les Foot Furieux Kids, tome 9 : Un seul être vous manque… est disponible aux éditions Kennes.

Interview ✨ Catherine Girard-Audet « La pire année de ma vie »

À l’occasion de la sortie de La pire année de ma vie, Catherine Girard-Audet, autrice québécoise bien connue des ados pour La vie compliquée de Léa Olivier, dévoile une œuvre plus intime et plus sombre. Dans ce nouveau roman jeunesse, elle aborde le deuil, la solitude, la reconstruction, tout en conservant ce ton juste et chaleureux qui lui est propre. Elle revient ici sur cette nouvelle aventure littéraire, son évolution personnelle, et le lien qui l’unit à ses lecteurs et lectrices.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire La pire année de ma vie, un roman plus brut et plus sombre que vos précédents ?
Disons qu’avec Léa, j’ai exploré mon déracinement et mon déménagement avec une touche d’humour et de caricature. Mais cette fois, je voulais toucher au côté plus sensible de l’ado en moi, et peut-être me montrer avec plus de vulnérabilité.

Aviez-vous besoin d’explorer une facette plus réaliste et parfois douloureuse de l’adolescence ?
Je crois que je voulais surtout aborder le stress de performance et mon côté un peu « nerd ». Et oui, des thématiques peut-être plus sérieuses, mais qui font aussi partie de la vie. Je crois toutefois avoir su garder une touche d’humour qui me ressemble.

Ce nouveau roman parle de reconstruction après une épreuve. Est-ce inspiré d’un vécu personnel ou d’un besoin d’aborder ce genre de sujet en littérature jeunesse ?
Je crois que la vie est parsemée d’épreuves et de reconstruction, mais comme j’ai changé trois fois d’écoles et de programmes au secondaire, ce sont des thématiques qui sont assez proches de moi !

Comment avez-vous travaillé les émotions de votre héroïne, entre deuil, solitude et colère, sans tomber dans le pathos ?
Mon secret, c’est l’humour. Même dans le drame, il faut savoir en rire. Et je crois que La pire année de ma vie reflète la « vraie » réalité des jeunes, qui est parsemée de hauts et de bas. Donc, une émotion plus difficile à vivre peut être suivie d’une plus douce.

Est-ce essentiel pour vous de faire confiance à vos jeunes lecteurs, même quand le sujet est difficile ?
Le plus important, c’est surtout de sentir que mes thématiques les interpellent. Je veux qu’on puisse s’identifier aux personnages et à ce qu’ils traversent. Et oui, je leur fais entièrement confiance. S’ils n’ont pas vécu telle ou telle situation, alors ça pourra les sensibiliser au sujet, ou les préparer.

La pire année de ma vie s’adresse-t-elle aussi à celles et ceux qui ont grandi avec Léa Olivier et attendent aujourd’hui des récits plus matures ?
Je pense que je m’adresse à un public ado en 2025. Comme le récit est peut-être un peu plus mature, je sais que je pourrai aussi rejoindre certains fans de Léa plus matures qui ont envie de me suivre. C’est gagnant-gagnant !

Que représente pour vous la réédition en poche de La vie compliquée de Léa Olivier ? Est-ce une nouvelle vie pour la série ?
Léa Olivier fera toujours partie de ma vie. Et si la réédition peut lui donner un autre souffle, alors tant mieux ! Mais à mes yeux, elle n’est pas terminée, cette série. Je prépare d’ailleurs un roman de Noël de Léa Olivier au Québec. C’est comme renouer avec ma meilleure amie !

Qu’avez-vous ressenti en relisant les débuts de Léa, avec le recul de ces années de succès ?
Je ne regrette rien et je suis si fière de ce que j’ai accompli. Mais c’est sûr qu’en treize ans, je crois que ma plume s’est améliorée et a pris de l’assurance. Ceci dit, je ne changerais rien. L’aventure de Léa est parfaite comme elle est !

Pensez-vous qu’il existe un lien intime, même discret, entre Léa et l’héroïne de La pire année de ma vie ?
Bien sûr ! Ce sont deux facettes de moi. Je suis Léa, et je suis Gabrielle. Quelque part, ces héroïnes se retrouvent. Dans leur sensibilité, leur humour, leurs doutes. Il y a moi en dessous des deux !

Montrer que la force peut naître du doute, de la chute, de la douleur : est-ce le cœur de votre travail d’écrivaine ?
Oui, tout à fait. Et aussi toucher par les émotions pures et brutes. Les épreuves nous façonnent. Je veux montrer aux jeunes qu’on peut tout surmonter.

Était-ce un défi pour vous de passer d’un ton léger et dialogué à une écriture plus tendue et épurée ?
J’adore les dialogues. Même dans La pire année, c’est ma force et mon dada ! Donc oui, c’est parfois un défi de passer à une narration différente. Mais je me devais de créer un nouveau style !

Quel retour vous touche le plus : celui d’un lecteur qui rit avec Léa ou d’un autre qui se reconnaît dans la détresse de votre nouveau roman ?
Les deux vont me toucher chacun à leur façon. Savoir que Léa puisse donner le goût de la lecture à un jeune, c’est extraordinaire. Et savoir qu’un autre se sent interpelé par Gabrielle aussi !

Envisagez-vous de continuer à explorer cette veine plus mature dans vos projets futurs ?
Ce que je veux, c’est continuer de parler des sujets d’actualité et de résonner chez les jeunes. Depuis les débuts de Léa, les temps ont changé aussi. Mais quoi que je fasse, j’y mettrai mon cœur, et on pourra toujours rire en lisant mes romans.

Comment parvenez-vous à concilier vos rôles d’autrice, traductrice, maman et conférencière tout en gardant votre souffle créatif ?
Cette année, je me consacre uniquement à deux rôles : autrice et maman. Sinon, j’avoue que je me sentais un peu épuisée et à sec. J’ai besoin de nourrir mon imaginaire dans mon quotidien. Ma fille est par ailleurs une préado qui me sert de grande source d’inspiration !

Quel message aimeriez-vous transmettre aujourd’hui à vos lecteurs, anciens ou nouveaux, à travers vos livres ?
Qu’ils ne sont pas seuls. Et que tout, même les pires tempêtes, finit toujours par passer.


La pire année de ma vie, de Catherine Girard-Audet, est publié aux Éditions Kennes. Disponible en librairie.

Beowulf de J. R. R.Tolkien

Achat : https://amzn.to/3FYzg0R

La traduction par Tolkien du plus vieux récit épique de la littérature anglaise.

Les quatre textes réunis ici, dont la parution a été longtemps attendue, nous offrent un tableau remarquable d’un poème et d’un héros qui furent une source d’inspiration majeure pour J.R.R. Tolkien.

Bien avant que Frodo ne porte l’Anneau ou que Gandalf ne chevauche les ombres, J.R.R. Tolkien se penchait sur un autre mythe fondateur : celui de Beowulf, le plus ancien poème épique de la littérature anglaise. Avec cette traduction longtemps inédite, le lecteur plonge dans les racines profondes de l’imaginaire tolkienien – un monde de monstres, de dragons, de héros solitaires et de royaumes oubliés.

Tolkien, philologue avant d’être romancier, livre ici bien plus qu’une simple traduction en prose. Il redonne souffle et chair au texte originel, tout en respectant la sobriété rugueuse de la langue vieil-anglaise. Sous sa plume, Beowulf n’est pas seulement un guerrier mythique doté de la force de trente hommes : il devient un homme confronté à sa propre finitude, luttant contre les ténèbres extérieures comme contre l’écho de la mort.

L’ouvrage s’enrichit de commentaires passionnants, érudits mais accessibles, où l’on découvre la vision intime que Tolkien portait sur le texte : son admiration pour sa structure dramatique, sa mélancolie profonde, et ses valeurs de loyauté, d’honneur et de tragique grandeur. Sellic Spell, le « récit merveilleux » qu’il imagine pour reconstituer la légende d’origine, vient compléter ce travail d’explorateur littéraire, tout comme les versions bilingues du Lai de Beowulf.

L’ensemble est un véritable trésor pour tout amateur de Tolkien, de littérature médiévale ou de mythes. Car lire Beowulf par Tolkien, c’est un peu comme remonter la lignée des héros : on y entend les échos de ce qui deviendra plus tard Le Seigneur des Anneaux, mais on y goûte surtout une pureté brute, l’essence même de l’épopée.

Éditeur ‏ : ‎ Pocket Date de publication ‏ : ‎ 5 juin 2025 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 464 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266344862 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266344869

L’Enfant prodige de Eva Garcia Saenz de Urturi

Achat : https://amzn.to/3FMXDyA

La nouvelle enquête du profiler espagnol Kraken !

Avec L’Enfant prodige, Eva García Sáenz de Urturi offre une nouvelle plongée dans l’esprit torturé du profiler Kraken, ce héros aussi méthodique que hanté. Mais cette fois, l’enquête dépasse la simple logique criminelle : elle devient une chasse intime, labyrinthique, où les morts semblent plus agissants que les vivants.

Unai López de Ayala pensait avoir enterré ses douleurs, et surtout sa mère. Pourtant, un appel venu de nulle part rouvre brutalement le caveau familial : il a une semaine pour retrouver un mystérieux livre d’heures noir du XVe siècle, sinon sa mère… mourra. Absurde ? Sauf que dans l’univers d’Eva García Sáenz, la frontière entre réel, mémoire et manipulation est toujours trouble.

Entre Vitoria et Madrid, l’autrice tisse un thriller d’une tension constante, mêlant histoire de l’art, marché noir et collectionneurs fous. Le livre ancien devient objet de convoitise, mais aussi clé symbolique du passé, catalyseur d’une vérité bien plus déstabilisante qu’un simple vol.

La grande force de ce roman réside dans son équilibre entre érudition et suspense : on y apprend, on frissonne, on doute. Et Kraken, plus vulnérable que jamais, nous entraîne dans une course contre le temps qui est aussi une quête existentielle.

L’Enfant prodige confirme qu’Eva García Sáenz de Urturi est passée maîtresse dans l’art du thriller cérébral et émotionnel.

Éditeur ‏ : ‎ Fleuve éditions Date de publication ‏ : ‎ 15 mai 2025 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 400 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 226515640X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2265156401

Version 1.0.0

La Fille du feu de Aurélie Wellenstein

Achat : https://amzn.to/44cAJtE

Laissez-vous emporter par le chant du feu…

Avec La Fille du feu, Aurélie Wellenstein nous offre un roman à la beauté sauvage, où les blessures humaines se mêlent aux brûlures de la Terre. Dans les immensités glacées du Grand Nord, trois âmes fêlées se frôlent, s’affrontent et se reconnaissent, liées par un élément indomptable : le feu.

Mia, petite fugitive hantée par la perte, avance comme un spectre incandescent, une enfant au regard de braise dans un monde de givre. Nathanaël, lui, tente de panser ses propres plaies dans les traditions inuit qu’il recueille, tandis que Cadzow, figure taciturne et ancestrale, semble porter la mémoire de la Terre elle-même. Trois figures, trois cendres vivantes, qui se rencontrent au bord de la rupture — celle de l’homme avec la nature, celle du silence avec la colère.

Wellenstein signe un roman d’une rare puissance poétique. Son écriture est sensorielle, charnelle, traversée d’images fulgurantes et de paysages qui hurlent autant qu’ils apaisent. La Fille du feu est un conte furieux et onirique, qui parle d’écologie, d’exil, de transmission, mais surtout de survie. De renaissance, aussi, dans les flammes du chaos.

Éditeur ‏ : ‎ Fleuve éditions Date de publication ‏ : ‎ 7 mai 2025 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 256 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 226515900X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2265159006

Les Vacances, maman et moi de Clothilde Delacroix

Achat : https://amzn.to/4kEAFc7

Dans cette famille de lapins, on vit, ensemble, chaque situation avec intensité !

Clothilde Delacroix signe une nouvelle pépite d’humour tendre avec Les Vacances, maman et moi, petit bijou de quotidien décalé raconté à hauteur de museau de lapin. Une mère, une fille, quelques valises et beaucoup de complicité : il n’en faut pas plus pour faire un album à la fois hilarant, touchant et diablement juste.

Ici, les vacances ne sont pas un récit d’exploits ou de cartes postales rêvées. Elles sont faites de moments apparemment ordinaires, de trajets en train, de bouderies, de pique-niques dans le sable… Et de ces instants absurdes que seuls les enfants savent ériger en souvenirs fondateurs : une mauvaise glace, une salle de bain rigolote, un maillot trop petit. Ce que les adultes oublient, les enfants le magnifient.

Avec un dessin expressif, simple en apparence mais d’une grande finesse d’observation, Delacroix nous parle de lien, de regard, d’écoute. Elle capte cette alchimie silencieuse entre mère et fille, ce fil invisible qui passe par les silences, les fous rires et les petits agacements quotidiens.

À travers cette famille de lapins au charme irrésistible, l’autrice dessine le portrait de vacances réelles, parfois chaotiques, toujours précieuses. Un livre à lire ensemble, avant de partir ou juste pour se souvenir que le bonheur, souvent, est dans les détails.

ASIN ‏ : ‎ B07P8HWKDF Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 6 juin 2019 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 96 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023511420

Heavenly Tyrant: Iron Widow tome 2 de Xiran Jay Zhao

Achat : https://amzn.to/43XlhR3

Zetian a réalisé l’impensable : renverser le pouvoir et prendre la tête de l’empire d’Huaxia avec l’aide de l’empereur Qin Zheng, qui s’impose pour gouverner à ses côtés.

Zetian n’est plus seulement l’Iron Widow. Dans ce second tome aussi haletant que subversif, elle devient souveraine — ou presque. Heavenly Tyrant propulse la jeune héroïne au sommet du pouvoir d’Huaxia, mais la question reste entière : comment diriger un empire construit sur la violence, sans devenir elle-même un tyran ?

Xiran Jay Zhao poursuit avec maestria sa fresque de science-fantasy flamboyante, en mêlant robots géants, politique impériale, mythologie revisitée et féminisme radical. Zetian, toujours enragée, toujours brillante, tente cette fois non pas de survivre, mais de changer les règles du jeu. Face à elle, Qin Zheng, empereur révolutionnaire, charismatique… et dangereux. La guerre contre les Hunduns n’est plus le seul front : les ennemis viennent aussi de l’intérieur, de l’ancienne caste dominante qui voit d’un très mauvais œil l’ascension d’une femme prête à tout renverser.

La plume de Zhao est toujours aussi vive, nourrie d’ironie et de fureur contenue. Les scènes de bataille sont épiques, les dialogues acérés, et les dilemmes moraux d’une rare densité. Car ici, la vraie question n’est pas seulement : « Peut-on gagner ? », mais « Peut-on vaincre sans trahir ce qu’on est ? »

Heavenly Tyrant confirme que la saga Iron Widow est l’une des plus audacieuses du genre young adult. Elle bouscule les conventions, brise les carcans genrés, et ne craint pas de flirter avec la tragédie.

Éditeur ‏ : ‎ MARTINIERE J Date de publication ‏ : ‎ 30 mai 2025 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 688 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2732499331 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2732499338

Le King et le prophète de Héloïse Guay De Bellissen

Achat : https://amzn.to/4ea13Z2

Un enfant issu d’un milieu modeste américain, que rien ne prédestinait à un destin exceptionnel, se révèle un chanteur au style et au talent hors du commun.

On croyait tout savoir sur Elvis Presley : le gamin du Mississippi devenu légende, le sex-symbol tremblant de gospel et de blues, le King éternel des salles de concert et des cœurs. Mais Héloïse Guay de Bellissen, elle, vient souffler un vent nouveau sur le mythe. Dans Le King et le Prophète, elle explore un pan méconnu et bouleversant de l’icône : sa passion secrète pour Le Prophète de Khalil Gibran, ce recueil de sagesse orientale qu’il a lu, annoté, offert, jusqu’à l’obsession.

Avec son écriture vive et nerveuse, l’autrice mêle les pulsations du rock’n’roll à la douceur mystique de Gibran, dans un roman hybride, sensoriel, parfois halluciné. Mais la vraie audace tient au narrateur : Jesse, le frère jumeau d’Elvis, mort-né, devenu la conscience invisible du King. À travers son regard flottant, on suit l’ascension d’un homme en quête de sens, écartelé entre la ferveur du public et le vide intérieur, entre la chair et l’âme.

Ce portrait d’Elvis, loin du strass et des clichés, dévoile un homme en perpétuel dialogue avec lui-même, nourri de solitude et de soif d’absolu. La littérature devient alors refuge, ancrage, peut-être même planche de salut. Et sous les projecteurs, le Prophète éclaire une autre scène : celle de l’intime.

Héloïse Guay de Bellissen livre un texte singulier, passionné, où la poésie le dispute au rock, et la spiritualité à la célébrité. Un roman qui ne fait pas que raconter Elvis : il le réinvente. À lire comme un chant intérieur, une confession posthume, un dernier souffle vibrant.

Éditeur ‏ : ‎ Rivages Date de publication ‏ : ‎ 2 avril 2025 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 240 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2743666234 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2743666231

Rue Daguerre de Élodie Llorca

Achat : https://amzn.to/4kBdvTP

Sarah habite avec sa famille rue Daguerre, adresse pittoresque du XIVe arrondissement de Paris. Rien ne la satisfait plus : ni son travail de casteuse pour des jeux télévisés ni son mariage avec Marin.

Sous les pavés tranquilles du XIVe arrondissement, Rue Daguerre dissèque les désordres invisibles de la vie ordinaire. Élodie Llorca y tisse un roman à la fois intime et acide, où chaque certitude se lézarde lentement, jusqu’à faire trembler l’édifice familial. Rien de spectaculaire, mais une tension feutrée, continue, comme un malaise qu’on ne nomme pas.

Sarah, héroïne en clair-obscur, mène une existence bien rangée, entre un emploi creux de casteuse et un mariage à bout de souffle. Elle habite une rue de carte postale, mais ses pensées sont ailleurs, plus sombres, plus troubles. Elle doute de son amour pour son mari, puis de celui pour son propre fils. La réapparition de Justine, ex-fantôme du passé conjugal, agit comme un catalyseur. D’autant que Justine semble bien décidée à se rapprocher de Germain, l’enfant.

Llorca excelle dans l’art d’ausculter les émotions contenues, les gestes automatiques, les silences lourds. Son écriture, fluide et affûtée, saisit avec précision la fatigue existentielle, les frustrations rentrées, les pensées inavouables. C’est un roman où l’on scrute plus qu’on agit, où l’intime devient suspense, où les sentiments sont des pièges.

Mais Rue Daguerre, ce n’est pas seulement l’histoire d’un effritement — c’est aussi celle d’un éveil brutal à soi-même. Le désordre, ici, devient révélateur. Élodie Llorca signe un drame psychologique d’une justesse mordante, qui interroge nos rôles de femme, d’épouse, de mère, avec une lucidité presque cruelle.

Un livre court, tendu, mais d’une densité remarquable. Et une autrice qui confirme, roman après roman, son talent à faire parler ce que l’on tait.

Éditeur ‏ : ‎ Rivages Date de publication ‏ : ‎ 7 mai 2025 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 224 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2743667710 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2743667719

Le Livre de mes émotions – Entre frère et sœur de Stéphanie Couturier (Auteur), Maurèen Poignonec (Illustrations)

Achat : https://amzn.to/3FRIfAX

Une histoire sur les relations entre frères et sœurs pour les plus petits !

Avec cette nouvelle aventure issue de la collection Le Livre de mes émotions, Stéphanie Couturier s’attaque à un terrain aussi universel que délicat : la relation entre frère et sœur. Et comme toujours, elle le fait avec une justesse admirable, en mêlant narration sensible et pédagogie douce.

Dès les premières pages, les enfants s’y reconnaîtront : Andrew rentre de l’école, prêt à jouer avec sa figurine préférée… mais celle-ci a disparu. Et le coupable n’est autre que sa petite sœur Emma, qui n’a rien trouvé de mieux que de la recouvrir de gommettes à paillettes. La scène est aussi drôle qu’authentique, et la dispute qui suit sonne terriblement vrai — entre cris, larmes, frustration et incompréhension.

Mais plutôt que de s’arrêter au conflit, l’autrice et la talentueuse illustratrice Maurèen Poignonec invitent à la compréhension mutuelle. Grâce à la voix bienveillante de l’histoire et aux dialogues simples, les enfants apprennent à mettre des mots sur ce qu’ils ressentent : la colère d’Andrew, la maladresse d’Emma, la tristesse, puis le besoin de réparer et d’aimer malgré tout. Car dans cette tempête miniature, c’est l’amour fraternel qui finit toujours par refaire surface.

Ce petit livre, conçu par une sophrologue et psychomotricienne, est bien plus qu’un récit : c’est un outil précieux pour accompagner les plus jeunes dans la reconnaissance et l’accueil de leurs émotions. Les illustrations pleines de tendresse ajoutent une dimension vivante et rassurante à cette exploration intérieure.

Éditeur ‏ : ‎ Grund Date de publication ‏ : ‎ 15 mai 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 32 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 232403669X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2324036699